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mercredi 8 mai 2019

Point d'histoire (2)

L'autre 8  MAI 1945: 
                               Les "événements" de Sétif.
                                       Le vrai début de la guerre d'Algérie...
         Un mardi pas comme les autres.
    En plein liesse de la libération officielle de la France, ce qui se déroula à Sétif et dans les environs passa, quand ce fut connu, comme une révolte sans grande importance ni portée, quand ce fut même saisi dans sa vraie dimension. Minimisés, déformés, les affrontements violents furent même longtemps refoulés.
      Le tabou et censure firent leur oeuvre. la sévère éruption ne fut pas analysée pour ce qu'elle fut, dans le cadre d'une décolonisation qui par ailleurs commençait. Par cette répression brutale des premières flambées de revendication nationale, on se préparait un avenir tragique par aveuglement.
    Ce ne fut que très tardivement que vint une reconnaissance officielle. de ce qu'on appela enfin un massacre, occulté pendant des années.
    L'enclenchement fut annonciateur des événements qui plus tard prirent des formes plus radicales et plus longues. Le bilan fut terrible et laissa des traces indélébiles dans les mémoires et marqua les esprits, surtout chez ceux qui luttèrent en France contre l'occupant.
   Certains ne se se firent pas d'illusions sur les conséquences futures d'une situation qui ne pouvait pas durer:
    En France, les forces politiques issues de la Résistance se laissent investir par le parti colonial. « Je vous ai donné la paix pour dix ans ; si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable », avait averti le général Duval, maître d’œuvre de la répression.
    Dans son rapport sur les massacres de Sétif, le général Tubert écrit :« La raison d’Etat, la commodité d’une répression aveugle et massive permettant de châtier quelques coupables parmi les milliers d’innocents massacrés, l’immunité administrative de “fait” couvrant par exemple, le sous-préfet de Guelma, fit délibérément et sans excuse arrêter et fusiller, sans autre forme de procès, des musulmans de la ville dont les familles réclament encore en vain une enquête, un jugement ou même une simple explication. »
        D'autres, comme Albert Camus, natif du pays, diagnostique bien une crise profonde et non de simples incidents et reconnaît que:

   « ...le peuple arabe existe », qu’il « n’est pas inférieur sinon par les conditions où il se trouve ». Plus encore, en proclamant que « l’Algérie est à conquérir une seconde fois », il énonce implicitement que, pour l’instant, elle est perdue pour la France - l’Algérie des Algériens s’entend. S’il traite ensuite des problèmes économiques et sociaux, il convient de porter attention à sa formulation : « La crise la plus apparente  dont souffre l’Algérie est d’ordre économique. » La misère, le dénuement, la famine, c’est en effet ce qui se voit, ce qui apparaît le plus immédiatement. Mais Camus marque bien que la crise « tient aussi à la conviction où ils [les Arabes] sont que cette faim n’est pas juste ». Ils n’admettent pas que seules les rations des Algériens soient réduites. Le fond du problème est donc une question de justice. Les articles des 18 et 20-21 mai disent tout l’essentiel de l’évolution politique algérienne. Camus a bien perçu que la politique dite d’assimilation est maintenant rejetée par toute la population algérienne. Ce qu’on appelle alors politique d’assimilation signifie l’accession des « Arabes » aux droits civils et politiques des Français - en bloc ou, plus souvent, progressivement -, éventuellement à la citoyenneté française elle-même. Quant à l’égalité sociale effective, objectif incompatible dans toute sa rigueur avec la colonisation, on s’en tient à la formule de l’« élévation » du niveau matériel des « indigènes » (terme encore officiel en 1945). Or Camus sait que l’objectif de l’assimilation, qui avait pu mobiliser une partie de l’opinion algérienne en 1936-1937 (Messali Hadj restant cependant opposé à ce mouvement), est maintenant perçu comme inaccessible ..."
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Point d'hitoire (1)

Mai 1945                                                                   [éléments pour une recherche]
                 Ils furent environ un million, du moins au début.
   Un million de soldats allemands prisonniers des forces alliées, sur le territoire français ou ailleurs, qui furent mobilisés pour travailler au titre de la reconstruction du pays, selon le principe: qui détruit répare.

   Un épisode mal connu jusqu'ici et vite oublié, mais qui laissa des traces.
  L'armée américaine concéda à la France une charge qu'elle ne voulait pas ou ne pouvait pas assumer elle-même.
       On trouvera ici de nombreux détails à approfondir sur une question refoulée, mais qui revient sur le devant de la scène, notamment par l'intermédiaire d'un livre lu récemment, qui se fait l'écho du témoignage d'un soldat allemand, capturé en Norvège, mais qui se retrouva pas hasard en France dans des conditions parfois extrêmes, à peine imaginables, pour être affecté notamment dans des opérations de déminage dans l'Ouest du pays. Jusqu'en 1948, le début de la guerre froide amenant les rapports franco-allemands à évoluer vers une certaine formes de réconciliation. Pour le cas du premier conflit, ce fut au maximum 1920.
    C'est en lisant le livre de Werner Schneider, écrite pas sa fille sous sa dictée, que l'on peut prendre un contact intime avec un aspect de cette captivité paradoxale. 
    Oui, ce fut vraiment un sale temps pour les Allemands, dont beaucoup vécurent dans des conditions à peine descriptibles, subissant la vindicte ou au mieux le mépris ou l'indifférence et affrontant des conditions matérielles parfois terribles. Le boche paiera, cela paraissait la norme, sauf dans les campagnes où les relations au travail furent moins rudes et où certains prisonniers se fixèrent définitivement, souvent pour ne pas retourner dans l'Est d'une Allemagne encore exsangue. Les institutions de la Croix Rouge ne fit pas vraiment leur. travail.
      La question resta longtemps taboue, comme les conditions souvent arbitraires et cruelles de certaines détentions. Les archives ne manquent pas, ainsi que de nombreux documents.  (1)
  Un dossier toujours controversé, plus par les conditions d'existence des "PG", que par le fait de leur mise au travail forcé, dans des conditions très contrastées.
     L'historien Théofilakis a consacré sans doute une des meilleures études sur ce phénomène auquel mirent fin les aléas de l'histoire, au cours de cette période tragique. (*):
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      (*)        "...Les 700 000 prisonniers allemands se sont vite transformés en main-d'oeuvre bon marché. Histoire inédite d'une captivité qui marqua les prémices de la réconciliation.  "Il est si gentil, Rodolf." A Chambéry, le patron qui l'emploie depuis 1945 comme ouvrier carrossier ne tarit pas d'éloges sur les manières irréprochables et le fabuleux rendement de son prisonnier de guerre allemand. Rodolf mange à la table familiale, accompagne ses hôtes à la promenade du dimanche et reçoit même en cadeau un dictionnaire pour améliorer son français. Un scandale aux yeux du Dauphiné libéré, qui s'émeut en août 1946 : "A lui, évidemment, nous n'avons rien à reprocher. Il aurait bien tort de repousser la gentillesse de la famille. Mais contre celle-ci - et tous ceux qui ont souffert de l'Occupation seront d'accord avec nous -, nous demandons à M. le préfet des sanctions sévères."     L'épisode est révélateur de la situation créée par la présence en France de 700000 prisonniers allemandsentre 1944 et 1948. Une étrange captivité de guerre en temps de paix, étudiée par Fabien Théofilakis dans cette somme nourrie d'archives inédites. Histoire oubliée aux conséquences pourtant décisives sur l'avenir des relations franco-allemandes. _____Entre punition et rachat: Parmi ces prisonniers, 70% ont été cédés aux Français par les Américains, qui se délestent ainsi d'une charge onéreuse. Renversement des rôles : la défaite du Reich fait de l'occupant un captif de l'occupé. Après quatre années de souffrances et de ruines, l'Allemand doit payer. Insultes, crachats, coups de crosse, entassement dans des camps insalubres où sévissent le typhus, la faim, le froid : les soldats tombés sous la coupe des Français commencent leur captivité dans des conditions douloureuses. Prévoyant une catastrophe sanitaire, la Croix-Rouge sonne l'alarme dès 1944. 
     Comment employer ces centaines de milliers de bras ? Ils répareront tout simplement ce qu'ils sont censés avoir détruit. Pour les vainqueurs, ce labeur forcé vaut à la fois punition et rachat. Par dizaines de milliers, les prisonniers vont travailler au fond de la mine. A eux de gagner la bataille du charbon ! D'autres seront affectés au secteur agricole ou aux travaux de déminage. N'est-ce pas à ceux qui ont posé les mines de les enlever ? Il y en a plus de 100 millions sur le territoire.
    Peu à peu, la logique de rentabilité l'emporte pourtant sur la volonté de punir. Au fil des mois, les prisonniers sortent des camps pour participer à l'économie civile et sont placés chez des particuliers. A travers ces contacts quotidiens, les relations entre vainqueurs et vaincus se libèrent du manichéisme hérité de la guerre. Avant de s'évader, le captif d'un notable de Pauillac, en Gironde, lui laisse ces quelques mots : "Travail bon, mangé très bon, contant très bon. Mais liberté." 
     La captivité allemande, souligne Théofilakis, fut une étape capitale sur la longue route menant du statut de "Boche" à celui de compatriote européen. Un premier pas vers la réconciliation. A l'heure des débuts de la guerre froide, elle fut aussi un enjeu diplomatique entre la France et les Etats-Unis, soucieux de faire se relever l'Allemagne face à la menace communiste.  (Les Prisonniers de guerre allemands. France, 1944-1949, par Fabien Théofilakis. Fayard, 758p)
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- Prisonniers de guerre français en 1914-1918
-        "                   "       allemands "   "
-         "                   "       français    en 39-45
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- Retour  sur quelques vérités
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mardi 7 mai 2019

Miracle américain ?

Trump: faiseur de miracles?
                                          Les affaires tournent du tonnerre, le business reprend comme jamais, le frein mis aux importations booste le pays, les banques de nouveau déréglementées prêtent très généreusement et même les salaires remontent...un peu.
   La fin décrétée du libre-échange relatif et du multiculturalisme a du bon pour Trump, préparant à coup sûr sa réélection. Tant que l'embellie se maintient, ce qui est un pari osé.
     Le chômage serait en voie d'être jugulé. Du rarement vu depuis longtemps, dit-on.
   Mais les chiffres annoncés du taux de chômage officiel ne sont-ils pas trop bas pour être vrai?
 Si l'on regarde de près, la réalité masquée , les angles morts d'une société encore malade, la réalité apparaît toute autre. Et dans tous les pays, on triche toujours avec les données statistiques sur ce sujet sensible, qui n'est pas sans effet sur l'opinion.
     C'est largement un outil politique
  Plus de vingt millions de personnes, si l'on en croit certaines sources, seraient rayées des listes, le sous-emploi persiste et l'exercice de plusieurs jobs assez courant, même pour un grand nombre de retraités.
 De plus les chômeurs sont trés contrôlés.
  Bref, il faut regarder la réalité dans sa complexité, qui minimise le triomphalisme, et tenir compte d'autres facteurs déterminants, comme par exemple l'état de la dette abyssale surtout et la situation d'obésité morbide dans laquelle elle se trouve, avec tous les risques de nouvelles crises redoutées par certains économistes. Certaines bulles sont inquiètantes.
 Les vieux démons ne sont pas loin...
    L'embellie, toute relative, a un prix et comme toute sortie du marasme par les temps qui courent, n'est certainement pas destinée à durer, là comme ailleurs.
         Pourvou qué ça doure, comme disait Letizia Bonaparte...
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lundi 6 mai 2019

Happy Silicon Valley

Le rêve?
             A quelques pas de San Francisco émergea un jour une cité idéale.
   Une sorte de paradis de la recherche de pointe, voué essentiellement au numérique, aux recherches d'avant-garde, à la pensée et l'élaboration du monde de demain, de plus en plus dématérialisé.
  D'un avenir idéal où pourrait se créer aussi l'homme futur, avec la société qui va avec,
complètement repensée, sur la base de l'horizontalité la plus parfaite.
  Certains objectifs dépassent déjà les espérances initiales, mais l'utopie concrète érigée là-bas et ailleurs révéla assez vite ses failles.
    Après avoir parlé de rêve californien, les observateurs non béats en détectent et en analysent aujourd'hui les limites, les défauts, voire parfois une certaine violence, sous des apparences cool et bon enfant.
    On est passé parfois du rêve au cauchemar (*)
 Le paradis s'est transformé dans certains secteurs en dictature douce, où l'idéal libertaire s'est transformé peu à peu en monde impitoyable, la fabrique d'un monde parfois inquiétant , où l'addiction et la captation de l'attention deviennent de fait un objectif, à des fins de marchandisation.
   Les critiques ne manquent pas, au sein même de la cité radieuse et de ses dérives institutionnelles, économiques et idéologiques. La petite souris des débuts a parfois accouché de monstres à la vocation dominatrice du monde des esprits et de la haute finance.
     La siliconisation accélérée du monde, et surtout de son esprit, parfois équivoque, parfois dangereux, suit son chemin, là, et maintenant aussi ailleurs...
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(*)       ...L’informatique et internet ont été des rêves. Des rêves de liberté, d’émancipation, d’égalité, et pour l’heure, ils sont en passe d’être dénaturés et confisqués. De lentement glisser vers la dystopie. Sacrifiés sur l’autel du profit et de la cupidité. Car si l’essor des technologies numériques a eu des effets positifs indéniables, facilitant la libre expression, la communication, la collaboration et l’accès à la connaissance, il a délaissé les aspirations et utopies originelles.
     Les années 2010 ont vu une hyper-concentration des pouvoirs au profit de quelques acteurs. Google s’accapare 90% des recherches dans le monde. Facebook compte plus de 2 milliards d’utilisateurs actifs. Ces deux géants ont une influence sur 70% du trafic sur internet.
   Les années 2010 ont aussi été synonymes de désenchantement quant aux intentions de ces multinationales. Affaire Snowden et espionnage massif des citoyens, revente des données personnelles à l’insu des utilisateurs, jeu d’influence sur les élections, fake news, culte du secret et opacité à tous les niveaux… Désormais, la liste est longue.
    Ces entreprises, de fait, ne rompent en rien avec les mauvaises pratiques de leurs aînées. S’ajoute à cela, le projet, totalement contraire à l’esprit d’internet et de ses créateurs, de rétrécir l’espace dans lequel nous évoluons, de refermer et de clôturer le vaste territoire que représente le Web.
  Comme l’avait fait remarquer le chercheur Evgeny Morozov dans un article paru en 2012, nous ne parcourons plus le Web mais le voyons à travers le prisme –réducteur– des réseaux sociaux et, aujourd’hui, des applications. Nous ne flânons plus sur le Web, nous n’explorons plus cette immense contrée qu’il a été jadis, nous naviguons dans un périmètre toujours plus réduit, borné par nos amis ou par les frontières posées par les concepteurs d’applications.
    Naviguer sur Facebook, ce n’est pas naviguer sur le Web. C’est rester prisonnier de l’écosystème façonné par Marc Zuckerberg et ne pas en sortir. Prisonnier d’une bulle...."
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dimanche 5 mai 2019

Deux, trois choses

- Trop rare pour n'être pas noté

-Paradoxe français du moment

- Italie: mauvaise santé

-La Bavière d'abord

- Aller se rhabiller

- Défaire, dit-il. Pourquoi se gêner?
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samedi 4 mai 2019

Menace à bas bruit

On n'a pas fini d'en parler
                                  Jusqu'au jour où...on n'en parlera plus.
          Ce ne sont pas les insectes qui sont une menace, mais leur disparition rapide, trop rapide.
    Même si certains sont considérés, parfois à tort, comme  véhicules de maladies ou de désagrément.
 Certains disent: il faut en finir avec les insectes. Enfin ceux qui restent.... Ces bestioles qui piquent, qui grignotent, qui puent, qui grimpent...les cafards et autres nuisibles.
    Nous ne les voyons trop souvent, sauf exception, comme inutiles ou dangereux.
 Même si leurs fonctions ne sont pas toujours claires, nous les connaissons mal. La plupart ont un rôle positif dans la biodiversité.

   Notre rapport aux insectes, dont nous ne comprenons pas souvent la fonction ou l'utilité est le plus souvent à revoir. 
   Il n'y a pas que les "gentilles" abeilles...ou la commune fourmi.
 En tous cas la plupart des espèces disparaissent à grande vitesse pour des raisons aujourd'hui mieux connues
  Les conséquences sont redoutables et le seront de plus en plus.
          Le déclin alarmant des insectes dans le monde, mis en évidence par plusieurs études récentes, a trouvé un écho considérable dans les médias et suscité l’émotion du public. Mais les espèces d’insectes généralement choisies pour illustrer cette extinction de masse sont principalement « esthétiques » (libellules, papillons, etc.) ou d’utilité reconnue (pollinisateurs ou coccinelles par exemple).  Bref, des espèces qui disposent d’un fort capital de sympathie, et qui restent à leur place, c’est-à-dire dehors : nous sommes prêts à leur offrir l’hôtel, mais dans le jardin, pas à la maison.  Cette prise de conscience de l’insecte comme ayant droit de la biodiversité ne s’accompagne pas d’un changement de son statut. Le moins que l’on puisse dire est que notre perception des « arthropodes » – très grand groupe qui contient notamment les insectes, les araignées, les scorpions et les scolopendres – est ambiguë.
  Les campagnes de sensibilisation arrivent bien tard. Les alertes ne manquent pas, qui font le lien avec la raréfaction de oiseaux, en mal de nourriture.
  La culture intensive et ses produits phyto-sanitaires avec l'appauvrissement des sols qui l'accompagne est évidemment montrée du doigt.
            "...Quelque 86 % de papillons monarques en moins en Californie et 76 % d'insectes volants en moins au cours des trois décennies écoulées en Allemagne. Des abeilles en difficulté. Depuis quelques années, les observations scientifiques pouvaient laisser craindre le pire. Aujourd'hui, un rapport confirme le déclin généralisé des populations d'insectes à travers le monde. Selon ces chercheurs qui ont compilé 73 études menées sur 40 ans, plus de 40 % des espèces d'insectes sont en déclin dans le monde et un tiers des espèces sont en voie de disparition. « Cela se passe à une vitesse incroyable. Dans 100 ans, tous les insectes pourraient avoir disparu de la surface de notre planète, s'inquiète Francisco Sanchez-Bayo, biologiste à l'université de Sydney (Australie). Si ce déclin ne peut pas être enrayé, cela aura des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l'humanité. »    Car les insectes, s'ils ont toujours un peu mauvaise presse, apparaissent pourtant indispensables à la pollinisation des plantes. Ils savent aussi recycler les nutriments. Et ils servent de nourriture de base à un certain nombre d'autres animaux comme les oiseaux, les reptiles, les amphibiens ou encore les poissons..."
  Une espèce sur huit est directement menacée...
               Nous ne le savons pas assez: nous sommes tous dans le même bateau...___________________________

vendredi 3 mai 2019

Point d'histoire

   Comme chaque année au même moment, elle revient, comme le muguet en Mai:
                                               Jeanne , idéalisée,  travestie, défigurée...récupérée
    Depuis un époque assez récente d'ailleurs.
  Elle est devenue une figure emblématique, une référence nationale en certaines périodes jugées cruciales. A la fois symbole d'identité et mythe guerrier d'une France en gestation. Paradoxale puissance féminine exaltée.
   La question de la vraie Jeanne fait encore débat et ne sera peut-être jamais résolue.
  Mais la Jeannette, même enrobée de légende survivra.
       Depuis des années, tout le monde se l'arrache, revendiquant son patronage
   C'est le propre de toutes les figures nationales que l'imagination populaire ou construite a élaboré, pour les besoins de la cause (*)
 Il faut bien se rallier à quelque chose ou à quelqu'un, à qui on fait dire ce que l'on veut.
    Certains de nos mythes historiques ont les reins solides.
_________(*) Derrière le mythe héroïque, qui se cache? que reste-t-il de sa dépouille historique?
    A son époque déjà, elle baigne dans une légende toute nationale et religieuse.
     Après une longue éclipse, elle connaît une deuxième naissance sous la plume de Michelet,  dans le contexte d'une république qui se cherche des symboles, surtout après la défaite de 70,  d'une Eglise affaiblie, éprise de restauration, qui finit par la canoniser.
      Lavisse la popularisa dans les écoles, sous la houlette de J.Ferry voulant restaurer les grandes figures historiques, "même enveloppées de légende", pour former le citoyen et le futur soldat.
   Dans sa personne héroïsée se polarise une lutte entre l'Eglise et l'Etat laïc.  (*)
Derrière les vernis successifs, les enjolivements, les relectures anachroniques, qui se cache derrière l'icône, devenue le symbole d'une France résistante, pour les patriotes, les nationalistes et ce qui reste de royalistes?
        La guerre des interprétations est toujours en cours...
Les incohérences et les silences des sources permettent les interprétations le plus diverses
                                   Les enjeux politico-religieux semblent aujourd'hui s'affaiblir, du fait des effets de la mondialisation. 
   Mais il arrive encore que des politiques se la disputent .
          Naguère, après Clovis, N. Sarkozy, le chanoine du Latran, revendiquait  l'héritage de Jeanne, pour faire surtout diversion.  
                                           Jeanne , , instrumentalisée,.héritage du XIX° Siècle, dans les conflits entre églises et République  est toujours bonne pour la propagande:
            _Maurice Barrès, au moment de l'Union sacrée en 1914, déclarait:
«Chacun de nous peut personnifier en elle son idéal. Êtes-vous catholique? C'est une martyre et une sainte que l'Église vient de mettre sur les autels. Êtes-vous royaliste? C'est l'héroïne qui a fait consacrer le fils de saint Louis par le sacrement gallican de Reims... Pour les républicains c'est l'enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies... Enfin les socialistes ne peuvent oublier qu'elle disait: "J'ai été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux."»
                                 L' histoire revisitée est toujours intéressante, au sens où elle nous en dit plus sur l'époque qui parle du passé que sur le passé lui-même, transposé en fonction des intérêts et des passions du moment.
   Nos mythes historiques, s'ils fonctionnent moins bien aujourd'hui, restent encore bien présents dans les références populaires, parfois pipolisées, avides d' héroïsme et de merveilleux dans un monde aujourd'hui laïcisé et sans relief.
    Qui était finalement Jeanne? L'énigme persiste.
Affaire en cours... 
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                                   "Dîtes-moi, où, n'en quel pays, Est Flora la belle Romaine, La reine Blanche comme un lis Qui chantait à voix de sirène, Et Jeanne, la bonne Lorraine Qu'Anglais brûlèrent à Rouen; Où sont-ils, où, Vierge souveraine? Mais où sont les neiges d'antan?» (François Villon)
    Où sont les mythes d'antan?... 
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(*)       "...Mgr Dupanloup, sénéteur réfutant le République et la modernité, qui allait en 1878, contre les célébrations du centenaire de la mort de...Voltaire. Ce prélat distingué, en 1855, se lance dans un panégyrique magnifiant le destin providentiel de Jeanne, qui reçut de Dieu la mission de sauver la nation préférée du Créateur: la France.
En 1869, le même Dupanloup écrira au pape pour souligner l'intérêt d'une canonisation, au nom d'une récupération déjà bien comprise: «Il y aurait là une proclamation éclatante de cette vérité, aujourd'hui si méconnue et si nécessaire à rapporter, que les vertus chrétiennes peuvent s'allier admirablement avec les vertus civiques et patriotiques: ce serait une réponse indirecte, mais puissante, aux accusations que les ennemis de l'Église prétendent tirer des justes condamnations portées par le Saint-Siège contre les erreurs contemporaines. Bien des gens que le malheur des temps a éloignés de l'Église seraient forcés de reconnaître la sainteté chrétienne dans les vertus qu'ils admirent; et enfin, très Saint-Père, la popularité du Saint-Siège en France, et dans le monde, en grandirait certainement.»
       Jeanne est tirée à hue et à dia. Les socialistes et les dreyfusards la revendiquent (Lucien Herr et Jaurès en pincent visiblement pour ce symbole émancipateur). Charles Maurras élucubre à rebours: «Son amour de la paix et son horreur du sang ne la dressaient donc point contre les puissances du monde. La bataille devant être, il fallait que la bataille fût, non pour établir une pandémocratie dans la République chrétienne, mais pour que, sous le Roi du ciel, régnât très régulièrement un Roi de la terre, dans un royaume organisé en vue du minimum de faiblesse humaine et du maximum d'ordre naturel.»
    L'Histoire coupe la poire en deux (ou en trois voire en quatre), à l'image de cette proclamation de Maurice Barrès, au moment de l'Union sacrée en 1914 (qu'a tenté de singer Nicolas Sarkozy le 6 janvier 2012): «Chacun de nous peut personnifier en elle son idéal. Êtes-vous catholique? C'est une martyre et une sainte que l'Église vient de mettre sur les autels. Êtes-vous royaliste? C'est l'héroïne qui a fait consacrer le fils de saint Louis par le sacrement gallican de Reims... Pour les républicains c'est l'enfant du peuple qui dépasse en magnanimité toutes les grandeurs établies... Enfin les socialistes ne peuvent oublier qu'elle disait: "J'ai été envoyée pour la consolation des pauvres et des malheureux."»
       Jeanne d'Arc, ou l'éternel marchandage et les tractations inachevées... La canonisation de 1920, par Benoît XV, n'échappe pas à la règle. Mgr Galli semble chanter à Rome, ce jour-là, une évidence de fer: «Voici donc venir l'heure que les bons attendent depuis si longtemps. L'autorité de Pierre va sanctionner la vertu universellement suréminente de Jeanne d'Arc. Que l'univers catholique dresse l'oreille et qu'il vénère dans l'héroïne, libératrice admirable de sa Patrie, une splendide lumière de l'Eglise triomphante!»
     Toutefois, le maquignonnage est patent autour de la pucelle. En mai 1920, donc, la canonisation offre à la France une sainte patronne. En compensation, dès juillet 1920, la République, bonne fille réac, vote l'interdiction de l'avortement, pénalise la contraception ainsi que toute information diffusée sur le sujet. Jeanne semble définitivement annexée par la droite.
Il faudra le désastre de 1940 pour renverser le cours des choses. La femme du refus de la défaite est dégagée de sa gangue de bondieuserie. Les patriotes retrouvent le sens de cet euphémisme placé dans la bouche de la jeune héroïne par Charles Péguy, dans sa pièce prodigieusement grandiloquente, Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc (1910): «Je crois bien qu'au fond je ne suis tout de même pas lâche.» (A. Perraud_ Mediapart)
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jeudi 2 mai 2019

Macron: rester et résister?

Revoir la copie
                     Macron va-t-il durer, dans la tourmente qui se prolonge et se durcit?

    L'état de grâce, c'est terminé.
         Déjà plus que des nuages apparaissent.
     Malgré un virage apparent, rien ne bouge fondamentalement.
  Le patron a invité ses troupes  à changer de braquet, et au plus vite.
       Le capitaine est toujours seul. Comme l'avait vu Machiavel. La situation est très, très compliquée....
             Points de vue:
                               "...Finies les grandes envolées sur le nouveau monde et le temps de l'audace. À l'image de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron choisit de gouverner pour durer.
      Mais où est donc passée cette conviction d'Emmanuel Macron que le pays aspirait à un profond changement et que l'énergie de sa propre jeunesse allait tout renverser sur son passage pour transformer le pays de manière radicale ? Après deux années de pouvoir, le mirage s'est définitivement dissous lors de la conférence de presse du chef de l'Etat le jeudi 25 avril dernier. Et c'est désormais au gouvernement, réuni en séminaire ce lundi, de s'attaquer au casse-tête de l'application et du financement des mesures annoncées par Emmanuel Macron. 
      Confronté aux difficultés, le président a rendu les armes et s'est soudain banalisé. Oubliant le nouveau monde, il est promptement rentré dans les clous de la Ve République et a choisi de gouverner pour durer, retrouvant même au passage le rôle de fusible du Premier ministre. Cette trajectoire est au fond identique à celle de tous ses prédécesseurs. Depuis Valéry Giscard d'Estaing, aucun occupant de l'Elysée n'a pu tenir ses promesses au-delà de quelques mois de pouvoir. Chacun d'entre eux a dû renoncer aux illusions de la victoire et changer de cap pour pouvoir rester à la tête de l'Etat. Les obstacles qu'ont rencontrés les présidents n'ont pas tous été de même nature mais tous ont été contraints de composer et de renoncer à bien de leurs projets.Nul doute qu'Emmanuel Macron n'imaginait pas qu'il subirait ce sort-là. Il a cru que sa victoire éclair et l'effondrement des partis traditionnels lui ouvraient tous les champs du possible. Il s'est imaginé qu'aucune force de résistance ne pourrait entraver ses projets. Il a du coup surestimé son succès, oublié que sa base électorale était étroite et que le rassemblement sur son nom au second tour était d'abord le produit du rejet de l'extrême droite. Il a pensé qu'une large majorité de Français le suivait alors que 18,19% seulement des inscrits lui avaient fait confiance au premier tour. Terrible erreur d'analyse qui l'a conduit à agir sans à chercher à connaître les tréfonds de ce pays qu'il venait de conquérir.
   Une technocratie déconnectée des réalités; Quand il s'est installé à l'Elysée, il ne connaissait de la France que ses données macro-économiques. Sa maîtrise des dossiers impressionnait mais elle était d'abord le fruit d'une culture technocratique déconnectée de la réalité quotidienne. Le grand débat a souligné cette faiblesse. Le président y a certes déployé une impressionnante énergie, affiché un grand talent de maître de conférence mais il a surtout donné le sentiment de découvrir un pays qu'il ne connaissait pas ou mal. Son échange avec la presse en a apporté la confirmation. Comment tant d'évidences avaient-elles pu lui échapper ? Fallait-il être à ce point ignorant du pays pour constater enfin la fracturation de la société, la peur des grands changements, l'attachement aux frontières, etc. Ces découvertes tardives traduisent les faiblesses d'Emmanuel Macron et éclairent ses erreurs. Il a, en quelque sorte, avoué jeudi aux Français qu'il avait été jusqu'à présent un président hors sol.
     Ses prédécesseurs ont connu, eux-aussi, de rudes atterrissages mais sans passer par la case grand déballage car ils avaient appris tout au long de leur parcours politique combien ce peuple est difficile à gouverner. Il n'est pas hostile aux réformes, contrairement à une idée reçue - il en a connu et accepté des dizaines au cours des dernières décennies – et il est beaucoup moins fantasque qu'on ne le dit mais il a en permanence le nez sur la balance de l'égalité. Cette volonté de vivre entre égaux accepte de nombreux dérèglements mais ils ne sont plus tolérés lorsque le pays juge que les réformes proposées n'ont pas pour but final de les combattre. C'est ce qui s'est passé avec la suppression de l'ISF et la théorie des premiers de cordée. Emmanuel Macron n'a pas su démontrer que cette mesure et sa philosophie conduiraient à une amélioration du principe d'égalité. Il a laissé s'installer l'idée qu'au terme de son mandat il y aurait des gagnants et des perdants. Au vrai, c'est souvent la conséquence d'une action politique mais il est essentiel en France de ne pas en faire une fatalité et d'entretenir le fonctionnement de l'ascenseur social.
   De Jupiter à Hollande bis .Tout indique qu'il est aujourd'hui en panne et les sondages montrent qu'au terme de la conférence de presse du chef de l'Etat, les deux tiers des Français pensent qu'il ne sera pas remis en état de marche. Le "je vous ai compris" présidentiel n'avait pas des accents de réelle repentance, faute peut-être de vraie compréhension de ce ressort égalitaire très gaulois. Dans cette rencontre avec la presse, Emmanuel Macron n'a pas donné de contenu puissant à son ambition pour le pays, il s'est même banalisé en refermant la porte des grandes réformes et tergiversant sur le terrain économique. Il propose de travailler plus mais clôt le dossier des 35 heures, renonce à repousser l'âge de la retraite. Il ne promet rien sur le chômage mais ne propose rien non plus pour le ramener au moins dans la moyenne de l'Union européenne. Il veut relancer la décentralisation et la déconcentration mais reste imprécis sur ses projets. Il annonce certes des réductions d'impôts et le retour de l'indexation des petites retraites mais oublie que la France demeure championne du monde des dépenses publiques. Rien ne laisse prévoir dans son propos qu'il veuille s'employer désormais à les réduire. Il se dit même prêt à renoncer à sa promesse d'alléger la fonction publique de 120.000 fonctionnaires. Comment s'y retrouver dans ce macronisme sans véritable cap ?
      Après avoir voulu foncer tout schuss, le chef de l'Etat passe en fait au slalom et à cette godille gouvernementale expérimentée par ses prédécesseurs pour durer. Malgré ses déclarations sur le thème "les transformations doivent être poursuivies et amplifiées", son objectif n'est plus de transformer le pays, faute peut-être d'imaginaire, mais de demeurer au pouvoir le plus longtemps possible. Il a beau affirmer que "diriger, c'est accepter de ne pas être populaire", il pèse l'opinion au trébuchet et fait ses calculs électoraux. Tout indique qu'il conserve un socle électoral de 20% et qu'il a toujours pour seul adversaire l'extrême droite du Rassemblement national. Il pense sans doute que cette situation le met à l'abri pour la suite de son quinquennat et lui en garantit un autre. Bref, après avoir voulu être Jupiter, Emmanuel Macron a décidé sans le dire d'être un Hollande bis, un spécialiste du flou et de la demi-mesure...."
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mercredi 1 mai 2019

Premier Mai

Point d'histoire
            Aux lecteurs réguliers ou occasionnels, ce brin de muguet, pour leur intérêt et leur indulgence.       
                     Mais pourquoi le muguet?
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Fête du travail
                            Mais aussi fête de l'amour 
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         La ballade ci-dessous a été composée par Charles d'Orléans, poète de la même époque, héros malheureux de la bataille d'Azincourt
« Le Dieu d'Amour est coutumier,
À ce jour, de fête tenir,
Pour amoureux coeurs fêter
Qui désirent de le servir;
Pour ce fait, les arbres couvrir
De fleurs et les champs de vert gai,
Pour la fête plus embellir,
Ce premier jour du mois de mai 
»

(Hérodote.net) 

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 -Splendeur des enluminures du MA
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