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mardi 4 novembre 2025

Deux mots sur les dérives actuelles de la tech autoritaire

        ____ Sur l'IA: des questions légitimes, à débattre

                                                              _____ Conttre le techno-messianisme


____ La Silicon Valley a absorbé l’État. Les contrats publics remplacent les élections, les algorithmes décident à la place des généraux, et la souveraineté devient un service facturé au privé. ____ « Le coup d’État de la tech autoritaire », dans le Diplo de novembre.


"... Une nouvelle puissance se cristallise à Washington. Plus pressée, plus idéologisée, plus privatisée que tous les complexes militaro-industriels antérieurs, la tech autoritaire ébranle les fondations de la démocratie comme jamais cela ne s’était vu depuis les débuts du numérique. La Silicon Valley ne se contente plus de produire des applis ; elle bâtit des empires                                                                                                   E n juillet dernier, dans les tréfonds de la machine bureaucratique du Pentagone, l’armée américaine a tranquillement sacrifié un pan essentiel de sa souveraineté sous couvert de rationalisation administrative. Agrégation de soixante-quinze contrats distincts, l’accord de 10 milliards de dollars signé avec Palantir Technologies est l’un des plus ébouriffants de l’histoire du département de la défense. La transaction entérine le transfert de fonctions militaires cruciales à une entreprise privée dont le fondateur, M. Peter Thiel, déclare ouvertement que « liberté et démocratie ne sont plus compatibles (1) ». Des décisions relatives à la détermination des cibles, aux mouvements de troupes et à l’analyse des renseignements seront ainsi de plus en plus fréquemment prises à l’aide d’algorithmes régis non par le commandement militaire mais par un conseil d’administration responsable devant ses actionnaires. L’armée n’achète pas ici un simple logiciel : elle cède son autonomie opérationnelle à une plate-forme dont elle ne pourra plus se passer.                                                  Au-delà de Palantir, toute une coalition d’entreprises, d’investisseurs et d’idéologues réunis sous la bannière du « patriotisme » s’emploie à construire un système planétaire de contrôle techno-politique : la « stack autoritaire », par analogie avec la « stack technique », qui désigne l’ensemble des technologies utilisées pour construire une application. Ce système de contrôle est un empilement de plates-formes de serveurs distants, de modèles d’intelligence artificielle (IA), de rails de paiement, de réseaux de drones et de constellations de satellites. Là où l’autoritarisme traditionnel recourt à la mobilisation des masses et à la violence d’État, cette forme de pouvoir s’appuie sur l’infrastructure technologique et la coordination financière, rendant la résistance classique non seulement difficile, mais organiquement obsolète. On trouve aux commandes les figures les plus droitières de la Big Tech — MM. Thiel, Elon Musk, Marc Andreessen, David Sacks, Palmer Luckey et Alexander Karp —, dont les investissements servent un projet politique clair : redéfinir la souveraineté comme une classe d’actifs privés.                          Cette capture des infrastructures critiques de l’État se manifeste dans cinq domaines stratégiques : les données personnelles, la monnaie, la défense, les communications par satellite et l’énergie.                           Tout commence par la prise en main de l’architecture logicielle. Le contrat à 10 milliards conclu fin juillet confirme ce que les initiés savaient déjà : Palantir — cette société dont M. Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison Blanche, détiendrait pour quelque 250 000 dollars d’actions  — tient désormais lieu de système d’exploitation par défaut du gouvernement américain.                                                        Dans le domaine militaire, il intervient sur le champ de bataille, la chaîne logistique, la gestion du personnel et le renseignement. Sa plate-forme Foundry, initialement développée pour la contre-insurrection en Irak, a fait le bonheur du département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) en automatisant, via des algorithmes politiquement orientés, l’élaboration du budget, l’éligibilité aux aides sociales, les remboursements médicaux et les pensions d’anciens combattants. Un autre outil de Palantir, ImmigrationOS, permet à la police de localiser les étrangers en situation irrégulière et de gérer les flux d’arrestations et d’expulsions.                                                                                                              Si Palantir forme la colonne vertébrale de l’État autoritaire en matière de données, Anduril en est le bras armé. Cette compagnie cofondée par MM. Luckey (le créateur d’Oculus) et Trae Stephens (un ancien de Palantir) transforme la maîtrise de l’information en puissance de combat autonome. Valorisée à 30,5 milliards de dollars — un montant qui reflète autant sa réussite commerciale que son emprise croissante sur des infrastructures militaires cruciales —, elle détient plus de 22 milliards en contrats de défense. Sa plate-forme Lattice combine flux satellite, images radar et photos de terrain au sein d’un système de commandement unique capable de planifier et d’exécuter des opérations à la vitesse de l’éclair. Anduril se targue d’atteindre une autonomie de « niveau 5 » : décollage, identification de la cible, frappe et retour au bercail sans intervention humaine. « Autonomie » est aussi le maître-mot de l’initiative « Unleashing U.S. Military Drone Dominance » (débrider la domination militaire américaine en matière de drones), annoncée en juillet par le secrétaire à la défense Peter Hegseth, qui vise à l’intégration complète de systèmes d’armement autonomes d’ici à 2027.                                                                Un peu plus haut dans le ciel, Starshield, la constellation de satellites militaires secrets de SpaceX, marque la privatisation d’un domaine qui relevait jusqu’alors de la compétence exclusive de l’État : les communications en orbite terrestre basse. Promue comme une « infrastructure souveraine », elle reste en fait détenue et contrôlée par la société de M. Musk. Quand les communications sur les théâtres de guerre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) dépendent d’un homme qui soutient ostensiblement les partis d’extrême droite européens, l’autonomie de la défense devient une pure chimère. Le Pentagone étudie la possibilité d’utiliser Starship, la fusée de SpaceX, comme plate-forme logistique pour déplacer troupes et matériel à travers le globe en moins d’une heure (3). Là encore, la « souveraineté » qu’elles promettent se traduit surtout par de l’opacité pour les citoyens, qui perdent tout droit de regard, et un fil à la patte des gouvernements, de plus en plus captifs d’infrastructures industrielles privées...."     [Souligné par moi]                                   _____________________

jeudi 7 mai 2026

Palentir et ses oeuvres

   Dominer, telle est la devise de Palentir

                       Les risques d'un partenariat

                                           Un poisson pilote du Big data


         " ... Palantir, spécialisée dans les logiciels d’analyse de données provenant de sources très différentes, a été créée avec le soutien de son service de contre-espionnage, la CIA, qui n’a pas hésité à investir dans l’entreprise par le truchement de son fonds d’investissement In-Q-Tel. Certains affirment que ses technologies auraient contribué à l’élimination de Ben Laden. Elle a récemment été critiquée pour avoir mis au point des logiciels utilisés dans la politique de gestion de l’immigration clandestine à la frontière mexicaine.La société est donc sulfureuse, mais aussi talentueuse. A tel point que la France, qui tente depuis près de quatre ans de la remplacer par une société hexagonale n’y est pas parvenue. Le ministère de la défense a pourtant rameuté la fine fleur de l’excellence française, Airbus, Thales, Safran, Sopra, Atos, Naval Group, a créé de toutes pièces une « Cyber défense Factory », sorte d’incubateur spécialisé installé à Rennes. Mais rien n’y a fait. Palantir est toujours indispensable aux espions français. D’ailleurs, aux Etats-Unis, elle affronte des mastodontes comme IBM ou Microsoft...."                       _______________

vendredi 24 avril 2026

Pour ne pas en fiinr avec l'IA (suite)

  Reprendre la main

       Nous ne sommes qu'au tout début d'un processus, d'un révolution, que certains appellent prometteuse, pendant que d'autres y voient un problème d'ampleur jugé inquiétant s'il n'est pas rapidement maîtrisé. Déjà des oppositions se manifestent contre les géants de l'IA. Si toutes les inquiétudes ne sont pas fondées, elles pointent souvent un problème réel, des risques majeurs. Les nouveaux modèles de l'IA ne peuvent laisser indifférent. Pas seulement pour ceux qui sont confrontés à elle, dans le monde du travail, des services, du spectacle, de la création artistiques, etc... Il n'y a pas que la recherche qui y trouve son compte, parfois spectaculairement.                                                                                Le "grand remplacement" (ou le grand emballement?) menace des secteurs entiers. Des changements majeurs s'annoncent, que nous entrevoyons à peine. Ce ne sera pas la révolte des canuts, plutôt un immense désarroi.  La concurrence est et sera féroce entre les grandes puissances. Chine en tête, qui ne lésine pas sur les moyens et les investissements.  Là est surtout le risque, signalé de plus en plus par quelques chercheurs, se voulant lanceurs d'alerte, souvent même à l'origine de ce nouvel outil fascinant, qui n'est encore qu'au berceau, mais destiné à devenir vite une "arme de destruction massive" non maîtrisée, si rien n'est anticipé.  Certains tempèrent, en relativisant et en faisant confiance à la raison industrielle, capable de s'autoréguler, d'autres n'y croient guère et préfèrent se faire lanceurs d'alerte dès maintenant, entrevoyant des scénarios très négatifs à l'échelle de l'humanité, dans un temps qui peut être très rapproché.    Une logique de concurrence qui pourrait ne pas être maîtrisée....                                                                Comme le signale notamment Dario Amadei, qui va jusqu'à employer la notion de destruction possible par emballement incontrôlé dans un contexte de guerre économique féroce.                                                                                                                    Ré-gle-men-ter, et vite, c'est la démarche prioritaire. Pas seulement pour désarmer ou réduire les inquiètudes., parfois la paralysie... Cela va être compliqué de maîtriser un mouvement pour l'instant en roue libre. Le patron d'Anthropic lui-même invite à la vigilance. La "destruction créatrice" a ses limites. L'usage guerrier des nouveaux outils engendrés par l'IA peut légitimement effrayer. La Chine a bien compris les enjeux.     ___ En arrière-plan, un conflit majeur __                                       


 Pas si rassurant:

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lundi 9 mars 2026

Quand l'IA entre en guerre

                           Malgré ses exploits actuels et attendus, certaines applications de l'IA et de ses dérivés commencent sérieusement à inquiéter des spécialistes en vue, qui n'hésitent plus à faire part de leur réserve, voire de leurs inquiétudes,...Il y a un revers de la médaille. Comme dans toute création humaine, les systèmes actuels et plus encore futurs, dérivés des formes très élaborées de IA, qui n'en n'est qu'à ses débuts, peuvent échapper au contrôle de leur concepteurs et/ou de leur réalisateurs. Ce n'est pas une fiction à la Frankenstein ou un cauchemar possible en soi. L'IA reste ambivalente.   Pour le meilleur ou pour le pire...


                                                                                                     Dans ses usages guerriers, dans le contexte actuel et à venir, il y a lieu de s'interroger sur la déresponsabilisation que certains de ses usages entraînent, sur le terrain ou dans les états majors. C'est ce qui était en question hier soir, dans l'excellent débat sur France 5, s'inspirant de réflexions de haut niveau de certains spécialistes de la question, comme Yoshua Bengio, soulignant l'urgence de réglementer au plus vite et à large échelle. Et au delà...                                                   Il déclare: "..« Aujourd’hui, il y a des défauts de fabrication dans la manière dont on fait les intelligences artificielles [IA] qui m’inquiètent beaucoup. » Tel Robert Oppenheimer (1904-1967), qui alerta sur la bombe atomique qu’il avait contribué à créer, Yoshua Bengio s’inquiète des risques de l’IA et a créé l’association LoiZéro pour mettre au point des IA « sûres et fiables par construction ».« Je ne me comparerai pas à Oppenheimer, explique ce professeur au département d’informatique et de recherche opérationnelle de l’université de Montréal, au Canada, dans un entretien au Monde. Ce qui me motive, c’est surtout penser à l’avenir de l’humanité, l’avenir de mes enfants. Même si les événements catastrophiques ont une probabilité très faible, mettons de 1 %, c’est important de les éviter. » Yoshua Bengio, 61 ans, n’est pas un « doomer », un prophète de l’apocalypse. Il est l’un des pères de l’intelligence artificielle. Avec le Français Yann Le Cun et le Britannique Geoffrey Hinton, ce Canadien d’origine franco-marocaine a reçu, en 2019, le prix Turing, l’équivalent du Nobel pour l’informatique.   Dans son combat, il cherche des alliés. Pas auprès du président américain, Donald Trump – il n’a pas demandé de rendez-vous à la Maison Blanche : « Je ne sais pas quelle influence je pourrais avoir, honnêtement », reconnaît-il. Pas en Chine, lancée dans une course contre les Etats-Unis. Mais d’abord auprès des démocraties libérales, que sont le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud et les pays d’Europe, pour développer une IA plus éthique. La partie n’est pas gagnée. « L’Europe doit se réveiller, met en garde M. Bengio. Les signaux politiques devraient être assez clairs pour se mobiliser comme bloc parce qu’individuellement les pays ne peuvent pas faire grand-chose que ce soit en IA ou en géopolitique. Ce n’est pas suffisant de réglementer. Il faut avoir des solutions techniques. Et si l’Europe n’a pas d’IA qui soit compétitive avec celle des Américains et des Chinois, elle ne pourra pas être à la table de la discussion sur la manière d’éviter ces catastrophes. »...                                                                       Il n'est pas le seul à interpeler les responsables politiques ou industriels.  Alex Stamos aussi. Et d'autres.  La guerre devient accro à ChatGPT et risque de le devenir toujours plus. Pour quels résultas. On peut l'imaginer. Palantir est déjà à l'oeuvre...en Iran,pour des tâches qui ne sont pas que de surveillance... Qui l'arrêtera?                              Les inquiétudes de Bengio ne sont pas du vent....  Une supervision citoyenne s'impose.
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lundi 29 septembre 2025

Société de surveillance

Nouveau pas en avant arrière   _________

               Palantir: un mastodonte à double face, une entreprise critiquée, bien utile à Trump, pour qui la vie privée est  sans grande importance. Edifiant!

         Le bébé de Peter Thiel connaît une envolée spectaculaire


                      Des complicité jusqu'à chez nous.   _________________