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mardi 8 juillet 2008

Consensus de Washington : fin ?

"Le constat est dramatiquement clair : le développement économique et social des pays en développement ne pourra se faire sans la constitution d'un fonds de développement conséquent et sans des réformes profondes dans l'architecture, financière et institutionnelle internationale.""(A.Zacharie)
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« Un demi-siècle après sa fondation, il est clair que le FMI a échoué dans sa mission. Il n’a pas fait ce qu’il était censé faire - fournir des fonds aux pays confrontés à une récession pour leur permettre de revenir à une situation de quasi-plein emploi. En dépit des immenses progrès accomplis depuis cinquante ans dans la compréhension des processus économiques, et malgré les efforts du FMI, les crises, dans le monde entier, se sont faites plus fréquentes depuis un quart de siècle, et aussi plus graves (si l’on excepte la Grande Dépression). Selon certains calculs, près d’une centaine de pays en ont subi. Pis : de nombreuses mesures promues par le FMI, en particulier la libéralisation prématurée des marchés des capitaux, ont contribué à l’instabilité mondiale. Et, lorsqu’un pays s’est trouvé en crise, non seulement les fonds et les prescriptions du FMI n’ont pas réussi à stabiliser sa situation mais, dans bien des cas, ils l’ont dégradée, en particulier pour les pauvres. Le FMI a échoué dans sa mission initiale, promouvoir la stabilité mondiale ; et il n’a pas été plus brillant dans les nouvelles tâches qu’il s’est fixées, par exemple guider la transition des pays ex-communistes vers l’économie de marché. »(Joseph Stiglitz: La Grande Désillusion)

-La fin du Consensus de Washington:

Le « Consensus de Washington » est la table de la loi énonçant les dix commandements du libéralisme qui déterminent depuis 20 ans les politiques économiques mondiales. Aujourd’hui, la Banque Mondiale, jusqu’alors fervente adepte du dogme, nous annonce que, désolée, elle s’est trompée, que ces régles sont néfastes, et qu’il faut restaurer le rôle de la puissance publique.

A la fin des années 1990, le modèle économique ultra libéral adopté par Thatcher et Reagan est devenu le nouveau dogme économique, et ses tables de la loi ont été rédigées par John Williamson, économiste en chef pour la région Asie à la Banque Mondiale. Devenues célèbres sous le nom de « Consensus de Washington », elles énumèrent les dix commandements auxquels devaient désormais se plier les états, et qui imposaient un revirement complet des politiques menées depuis l’après guerre.

Dérégulation, privatisation, monétarisme, réduction des dépenses publiques devenaient désormais d’ardentes obligations en dehors desquelles ils n’existait point de salut.

Le rôle de l’état, qui jusqu’alors avait été central, à la fois par les politiques économiques et budgétaires qu’il impulsait, et par son rôle redistributeur des richesses produites par les nations, devait à tout prix être réduit à la portion congrue. Ronald Reagan avait résumé cette nouvelle vision prônant le « moins d’état » lors de son discours d’investiture par sa formule fameuse : « l’état n’est pas la solution, c’est le problème ».

-Echec du Consensus de Washington
-Le « Consensus de Washington » (Amérique latine)
-Enterrer le consensus de Washington:
"...Le « Consensus » a ordonné une discipline budgétaire (la passion pour l’élimination du déficit), une réforme fiscale (profitant à ceux qui possèdent le plus), une libéralisation commerciale (démantèlement des droits de douane des pays moins développés sans contrepartie de la part des pays riches), l’ouverture aux investissements étrangers (sans normes ni contrôles), des privatisations (le patrimoine public à la portée des puissants), des déréglementations (diminution ou suppression des garanties de travail, contrôles sociaux et environnementaux), la garantie absolue du droit de propriété et le maintien ou l’installation de gouvernements de moindre poids (excepté dans leur facette policière).Ce « Consensus de Washington » a été promu et élaboré par un petit nombre, dont les intérêts ne trompaient personne. Quand on s’arrête sur les principaux défenseurs de ce monstre de politique économique, on voit très bien où se situent leurs intérêts. Le secrétaire du Trésor américain, Robert Rubin, est issu de Wall Street, de même que ses prédécesseurs, Roger C. Altman et Nicholas Brady. Tous travaillent pour des sociétés de placement. Ernest Stern, ancien président de la Banque Mondiale, est directeur de la banque J.P. Morgan, et l’actuel président, James Wolfensohn, était également directeur d’une banque de placement. Et la liste est longue.Le « Consensus » a été rédigé par un groupe d’économistes américains, des fonctionnaires du Gouvernement des Etats-Unis, de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. Un consensus très limité. Qui n’a jamais fait l’objet d’aucun débat général et n’a été soumis à aucun vote, ni même été ratifié formellement par les pays auxquels il a été imposé...."
-Consensus de washington - Google(recherche)
-The death of the globalization consensus
-Un «consensus de Washington» à l'européenne

mardi 7 juillet 2009

Fin de cycle?


Quand une religion néfaste s'effondre

La fin du Consensus de Washington :
"Le « Consensus de Washington » est la table de la loi énonçant les dix commandements du libéralisme qui déterminent depuis 20 ans les politiques économiques mondiales. Aujourd’hui, la Banque Mondiale, jusqu’alors fervente adepte du dogme, nous annonce que, désolée, elle s’est trompée, que ces régles sont néfastes, et qu’il faut restaurer le rôle de la puissance publique. A la fin des années 1990, le modèle économique ultra libéral adopté par Thatcher et Reagan est devenu le nouveau dogme économique, et ses tables de la loi ont été rédigées par John Williamson, économiste en chef pour la région Asie à la Banque Mondiale. Devenues célèbres sous le nom de « Consensus de Washington », elles énumèrent les dix commandements auxquels devaient désormais se plier les états, et qui imposaient un revirement complet des politiques menées depuis l’après guerre.

Dérégulation, privatisation, monétarisme, réduction des dépenses publiques devenaient désormais d’ardentes obligations en dehors desquelles ils n’existait point de salut.Le rôle de l’état, qui jusqu’alors avait été central, à la fois par les politiques économiques et budgétaires qu’il impulsait, et par son rôle redistributeur des richesses produites par les nations, devait à tout prix être réduit à la portion congrue. Ronald Reagan avait résumé cette nouvelle vision prônant le « moins d’état » lors de son discours d’investiture par sa formule fameuse : « l’état n’est pas la solution, c’est le problème ».L’adoption par les institutions, comme le FMI et la Banque Mondiale, et les élites mondialisées de cette charte libérale a entraîné des conséquences considérables, tant dans nos sociétes que dans les pays en développement. En Europe, le principe de la « concurrence libre et non faussée », au coeur du Traité de Maastricht, qui a acté la mort des services publics, et l’interdiction de mener une politique industrielle, n’a pas d’autre origine, ni d’autre justification.Dans les pays du sud, les effets du Consensus de Washington, ont été bien plus catastrophiques. Les politiques nommées par euphémisme "Ajustements Structurels" exigées des pays en développement en échange de la renégociation de leur dette par le FMI et la Banque Mondiale ont conduit entre autres à la fin de l’encadrement des prix des aliments de base, et à la privatisation de l’eau, avec une explosion de leurs tarifs. L’auteur de ces lignes a entendu Abou Diouf, l’ancien président du Sénégal, relater comment les envoyés du FMI exigeaient de lui qu’il augmente le prix du lait dans son pays, afin de pouvoir bénéficier de l’aide internationale.Pendant vingt ans, toutes les voix critiques remettant en cause ces choix ultra libéraux ont été ignorées ou qualifiées de rétrogrades - le débat autour du referendum européen nous en a fourni le dernier exemple en date.Pendant vingt ans, armés de leurs certitudes, les hommes du FMI et de la Banque Mondiale ont accru les difficultés quotidiennes de centaines de millions d’hommes et de femmes des pays du sud. Au nom de de leur dogme, ils ont conduit l’Argentine à la ruine, plongé la Russie dans une crise sociale sans précédent, dont elle commence tout juste à se relever grace aux revenus de ses réserves énergétiques dont elle a « osé » reprendre le contrôle en contravention avec la règle du laisser faire. Au nom de ces mêmes dogmes l’Europe s’est privée de politique industrielle, de la maitrise de ses infrastructures, de son énergie, de ses transports.Devant les catastrophes sociales provoquées par cette nouvelle religion du libre échange, dont les bénéfices pour le plus grand nombre se font toujours attendre, bien que les revenus des privilégiés atteignent, eux, des niveaux stratosphériques, des voix dissidentes sont enfin parvenues à se faire entendre, qui ont osé dire ce que beaucoup pressentaient : le roi est nu. Non seulement les règles du Consensus de Washington n’ont pas produit les résultats promis par leurs adeptes, mais les effets néfastes nés de leur application sont de plus en plus criants.Et la charge la plus sévère est venue du coeur du système. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie et Vice Président de la Banque Mondiale, démissionne en 2000 de son poste et fait le procés des politiques prônées par l’institution qu’il qualifie de « solutions archaïques et inadaptées, sans tenir compte des effets qu’elles auraient sur les habitants des pays ». Dans son livre La Grande Désillusion, publié en 2003, il décrit comment l’application du Consensus de Washington a produit les effets inverses de ses objectifs affichés, en causant un enrichissement accru pour le nord et des difficultés sans nombre pour le sud .Aujourd’hui, Le Monde s’est procuré la version préliminaire du prochain Rapport mondial annuel sur le développement, préparé par la Banque Mondiale, et oh, surprise, les conclusions de Stiglitz sont reprises par l’institution, qui juge désormais que l’intervention de l’état dans les pays pauvres est nécessaire pour « encadrer et soutenir la paysannerie », remettant du même coup en cause sa doctrine de « l’ajustement structurel ».Redécouvrant bien tardivement que la petite agriculture nourrit un tiers des 6 milliards d’habitants de la planète, le rapport constate que celle-ci a été « sous-utilisée », pire encore, « avec la domination de l’industrialisation dans le débat politique, le développement par l’agriculture n’a souvent même pas été considéré comme une option », et « les bailleurs de fond ont tourné le dos à l’agriculture », ce qui a conduit à des « coûts élevés pour la croissance, le bien être et l’environnement »._Le Monde cite l’appréciation portée par Michel Griffon, un spécialiste de l’agriculture et du développement durable, qui se réjouit de voir publier un document qu’il « attendait depuis plus de vingt ans, depuis que les politiques d’ajustement structurel ont balayé les politiques publiques agricoles antérieures sans les remplacer ».Vincent Ribier, expert dans le même domaine, rappelle que « les politiques néo-libérales d’ajustement structurel » ont eu un « impact très direct et très négatif sur le monde rural dans les pays pauvres ».Effectuant un revirement a 180°, la Banque Mondiale constate que les dépenses publiques en direction du monde agricole ont baissé depuis 1980, de 1,5% en Afrique, 7,4% en Amérique Latine et 5% en Asie, et juge désormais nécessaire de relancer ces aides, en insistant sur le fait que la croissance agricole est « très dépendante du soutien du secteur public ».M. Ribier, qui a participé récemment à une réunion d’experts au Quai d’Orsay sur le rapport, y voit « la fin du consensus de Washington ».Reste maintenant pour l’Europe à entreprendre elle aussi sa révolution copernicienne, en rangeant cette religion à laquelle même ses clercs les plus zélés ne croient plus, à la place qu’elle n’aurait jamais du quitter : celle d’une extravagance idéologique .__________________________

-Quand les pauvres financent les plus riches
- Consensus de Washington : fin ?

jeudi 23 juin 2022

Fin du consensus néolibéral?

S'y achemine t-on vraiment?

                         On le murmure, on le chuchote...  Après le Consensus de Washington, qui a ouvert la voie au néolibéralisme dans toute sa splendeur, avec les effets que l'on sait, notamment la grande crise financière de 2008 et ses séquelles de rigueur durable qui a vu partout un affaiblissement de l'Etat, sommé de se plier aux lois du marché, tout en proclamant son impuissance...   


               ____  "Le « Consensus de Washington » est la table de la loi énonçant les dix commandements du libéralisme qui déterminent depuis 20 ans les politiques économiques mondiales. Aujourd’hui, la Banque Mondiale, jusqu’alors fervente adepte du dogme, nous annonce que, désolée, elle s’est trompée, que ces règles sont néfastes, et qu’il faut restaurer le rôle de la puissance publique. A la fin des années 1990, le modèle économique ultra libéral adopté par Thatcher et Reagan est devenu le nouveau dogme économique, et ses tables de la loi ont été rédigées par John Williamson, économiste en chef pour la région Asie à la Banque Mondiale. Devenues célèbres sous le nom de « Consensus de Washington », elles énumèrent les dix commandements auxquels devaient désormais se plier les états, et qui imposaient un revirement complet des politiques menées depuis l’après guerre.   Dérégulation, privatisation, monétarisme, réduction des dépenses publiques devenaient désormais d’ardentes obligations en dehors desquelles ils n’existait point de salut. Le rôle de l’état, qui jusqu’alors avait été central, à la fois par les politiques économiques et budgétaires qu’il impulsait, et par son rôle redistributeur des richesses produites par les nations, devait à tout prix être réduit à la portion congrue. Ronald Reagan avait résumé cette nouvelle vision prônant le « moins d’état » lors de son discours d’investiture par sa formule fameuse : « l’état n’est pas la solution, c’est le problème ». L’adoption par les institutions, comme le FMI et la Banque Mondiale, et les élites mondialisées de cette charte libérale a entraîné des conséquences considérables, tant dans nos sociétés que dans les pays en développement. En Europe, le principe de la « concurrence libre et non faussée », au coeur du Traité de Maastricht, qui a acté la mort des services publics, et l’interdiction de mener une politique industrielle, n’a pas d’autre origine, ni d’autre justification.Dans les pays du sud, les effets du Consensus de Washington, ont été bien plus catastrophiques. Les politiques nommées par euphémisme "Ajustements Structurels" exigées des pays en développement en échange de la renégociation de leur dette par le FMI et la Banque Mondiale ont conduit entre autres à la fin de l’encadrement des prix des aliments de base, et à la privatisation de l’eau, avec une explosion de leurs tarifs. L’auteur de ces lignes a entendu Abou Diouf, l’ancien président du Sénégal, relater comment les envoyés du FMI exigeaient de lui qu’il augmente le prix du lait dans son pays, afin de pouvoir bénéficier de l’aide internationale. Pendant vingt ans, toutes les voix critiques remettant en cause ces choix ultra libéraux ont été ignorées ou qualifiées de rétrogrades - le débat autour du referendum européen nous en a fourni le dernier exemple en date. Pendant vingt ans, armés de leurs certitudes, les hommes du FMI et de la Banque Mondiale ont accru les difficultés quotidiennes de centaines de millions d’hommes et de femmes des pays du sud. Au nom de de leur dogme, ils ont conduit l’Argentine à la ruine, plongé la Russie dans une crise sociale sans précédent, dont elle commence tout juste à se relever grâce aux revenus de ses réserves énergétiques dont elle a « osé » reprendre le contrôle en contravention avec la règle du laisser faire. Au nom de ces mêmes dogmes l’Europe s’est privée de politique industrielle, de la maitrise de ses infrastructures, de son énergie, de ses transports. Devant les catastrophes sociales provoquées par cette nouvelle religion du libre échange, dont les bénéfices pour le plus grand nombre se font toujours attendre, bien que les revenus des privilégiés atteignent, eux, des niveaux stratosphériques, des voix dissidentes sont enfin parvenues à se faire entendre, qui ont osé dire ce que beaucoup pressentaient : le roi est nu. Non seulement les règles du Consensus de Washington n’ont pas produit les résultats promis par leurs adeptes, mais les effets néfastes nés de leur application sont de plus en plus criants. Et la charge la plus sévère est venue du coeur du système. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie et Vice Président de la Banque Mondiale, démissionne en 2000 de son poste et fait le procès des politiques prônées par l’institution qu’il qualifie de « solutions archaïques et inadaptées, sans tenir compte des effets qu’elles auraient sur les habitants des pays ». Dans son livre La Grande Désillusion, publié en 2003, il décrit comment l’application du Consensus de Washington a produit les effets inverses de ses objectifs affichés, en causant un enrichissement accru pour le nord et des difficultés sans nombre pour le sud .Aujourd’hui, Le Monde s’est procuré la version préliminaire du prochain Rapport mondial annuel sur le développement, préparé par la Banque Mondiale, et oh, surprise, les conclusions de Stiglitz sont reprises par l’institution, qui juge désormais que l’intervention de l’état dans les pays pauvres est nécessaire pour « encadrer et soutenir la paysannerie », remettant du même coup en cause sa doctrine de « l’ajustement structurel ».Redécouvrant bien tardivement que la petite agriculture nourrit un tiers des 6 milliards d’habitants de la planète, le rapport constate que celle-ci a été « sous-utilisée », pire encore, « avec la domination de l’industrialisation dans le débat politique, le développement par l’agriculture n’a souvent même pas été considéré comme une option », et « les bailleurs de fond ont tourné le dos à l’agriculture », ce qui a conduit à des « coûts élevés pour la croissance, le bien être et l’environnement »._Le Monde cite l’appréciation portée par Michel Griffon, un spécialiste de l’agriculture et du développement durable, qui se réjouit de voir publier un document qu’il « attendait depuis plus de vingt ans, depuis que les politiques d’ajustement structurel ont balayé les politiques publiques agricoles antérieures sans les remplacer ».Vincent Ribier, expert dans le même domaine, rappelle que « les politiques néo-libérales d’ajustement structurel » ont eu un « impact très direct et très négatif sur le monde rural dans les pays pauvres ».Effectuant un revirement a 180°, la Banque Mondiale constate que les dépenses publiques en direction du monde agricole ont baissé depuis 1980, de 1,5% en Afrique, 7,4% en Amérique Latine et 5% en Asie, et juge désormais nécessaire de relancer ces aides, en insistant sur le fait que la croissance agricole est « très dépendante du soutien du secteur public ».M. Ribier, qui a participé récemment à une réunion d’experts au Quai d’Orsay sur le rapport, y voit « la fin du consensus de Washington ».Reste maintenant pour l’Europe à entreprendre elle aussi sa révolution copernicienne, en rangeant cette religion à laquelle même ses clercs les plus zélés ne croient plus, à la place qu’elle n’aurait jamais du quitter : celle d’une extravagance idéologique .C'était Quand les pauvres finançaient les plus riches.                                                                                     Aujourd'hui, les principaux dogmes du néolibéralisme sont en question, du moins en partie et timidement. Les défenseurs de l'OMC, comme Pascal Lamy, se font discret et, par nécessité plus que par raison, des gouvernants se font maintenant les défenseurs de plus de souveraineté et de régulation financière.        ___Et si on revenait à l'esprit de Philadelphie?...  ___________________

lundi 22 décembre 2008

Quand les pauvres financent les plus riches



"Le consensus de Washington, qui a fait de la libéralisation des flux de capitaux et de l'ouverture des marchés financiers une des clefs de la croissance des pays émergents, a profité au pays le plus avancé dans la financiarisation, les Etats-Unis, au détriment de ceux qui étaient censés en être les bénéficiaires."

Le «consensus de Washington» a bien fonctionné... pour Washington et Wall Street | Mediapart:

"Comment un pays lourdement endetté peut-il se permettre de faire tourner à plein régime la planche à billets sans provoquer une chute de sa monnaie, une fuite panique des capitaux et l'effondrement de son économie ? C'est possible (jusqu'à présent) si ce pays s'appelle les Etats-Unis. Mais pas l'Islande ou le Zimbabwe. Au cours des trois décennies qui ont conduit à la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression, l'Amérique a utilisé deux leviers principaux pour défier les lois de l'équilibre: le privilège impérial lié au statut du dollar lui permettant de s'endetter dans sa propre monnaie; l'écart entre la sophistication de ses marchés de capitaux d'un part, le retard des autres pays avancés et le sous-développement financier des pays émergents d'autre part...

Cette analyse permet de comprendre comment les Etats-Unis ont utilisé la sophistication financière (la titrisation et les produits dérivés) pour «vendre» leur endettement au reste du monde, avec les conséquences que l'on sait. Comprendre aussi pourquoi la fragilité du système bancaire et l'étroitesse des marchés de capitaux en Chine, et dans les autres pays émergents, n'ont laissé à ces pays d'autre choix que d'investir massivement leurs réserves financières dans la dette publique ou quasi publique (les agences hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac) des Etats-Unis.Comprendre encore pourquoi le Japon, «pays émergent en termes de marché de capitaux» selon l'économiste Philip Lane du Trinity College à Dublin (à qui il revenait de faire l'analyse critique du modèle MQRR durant ces journées), a été le premier à tomber dans le piège américain. Et comment des investisseurs européens réputés «avisés» se sont fait prendre par le miroir aux alouettes tendu par Wall Street (malgré la leçon déjà reçue avec l'éclatement de la bulle Internet).Comprendre par conséquent que les pays asiatiques excédentaires pourraient payer très cher leur incapacité, après la crise financière des années 1997-1998, à construire une infrastructure financière régionale leur évitant de confier l'intermédiation de leurs ressources aux banques d'affaires de Wall Street. Où est le vaste marché obligataire asiatique dont la création impérative fut tellement débattue dans la foulée de cet énorme choc? Car, comme le souligne Philip Lane, l'écart n'a cessé de se creuser entre le poids croissant des pays émergents dans les échanges internationaux et leur place dans la mondialisation financière. Or, selon les termes de Lorenzo Bini Smaghi, «la répression financière est en fin de compte aussi pénalisante que les excès financiers, parce qu'elle ne permet pas d'appuyer une croissance interne régulière».

-Sortir du Consensus de Washington
-La fin du consensus de Washington ?
-Qui sont les artisans de la débâcle économique ?
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-Faillite financière (suite)
-Consensus de Washington : fin ?
-Un autre système financier

dimanche 14 décembre 2008

Faillite financière (suite) 

"Contrairement aux proclamations des défenseurs du marché dérégulé, cette nouvelle donne produit un appauvrissement structurel bien réel, comme nous le rappelle chaque jour le sort subit par ceux que l’on appelle les « exclus, » toujours plus nombreux. Il est temps, grand temps, de se détourner de cette dangereuse illusion qu’est le Consensus de Washington, et de remettre en cause les traités qui lui donnent force de loi" (MH)

Une faillite financière de dimension historique :

"Depuis des années, la faible progression des salaires a été compensée dans le modèle anglo-saxon par un endettement des ménages, suppléant au manque de revenus. A cette réalité, la montée des pays émergents et la facture énergétique ont ajouté une autre dimension : l’accumulation par les exportateurs de surplus libellés le plus souvent en dollars, et réinvestis sur les places financières anglo-saxonnes. Cet afflux de capitaux a permis pendant un temps de repousser les échéances, en accumulant les dettes au-delà de toute raison, grâce à l’ingéniosité et au manque de scrupules de financiers qui trouvaient là une source de revenus en apparence intarissable. Jusqu’au moment où la prise de conscience, à l’occasion de la crise des subprimes, de l’énormité de cette bulle de papier, a conduit à une conclusion inévitable : elle ne sera pas payée. Aujourd’hui, les dégâts sont énormes, à la taille de la place prise par la sphère financière dans l’économie. La liquidation ou la restructuration de la partie irrécouvrable de cette dette prendra des mois si ce n’est des années et d’ici là, en l’absence de l’apurement des comptes, aucune véritable reprise ne peut avoir lieu. Mais ce n’est pas la seule difficulté à venir. Car les pays émergents ne laisseront pas partir en fumée les crédits accordés sans réagir. Et la Chine vient de le rappeler fermement à Paulson. Robert Peston, journaliste économique à la BBC, donne son analyse la situation - plutôt sombre - du Royaume Uni...
L’un des meilleurs indices permettant de se représenter cette accumulation d’emprunts est celui de la dette extérieure brute des banques anglaises. Elle est passée de 1 100 milliards de livres en 1997 à 4 400 milliards cette année - là encore, environ trois fois la valeur de notre production économique annuelle.Ces chiffres indiquent deux choses. Ils montrent l’énorme et insoutenable croissance qu’ont connu la City et l’activité financière. Aujourd’hui, la City subit une cure d’amaigrissement et se venge par des pertes massives d’emplois et la diminution des recettes fiscales ( il s’agit peut-être de 30 ou 40 milliards de livres de revenus pour l’Etat qui vont disparaître à jamais). Mais ils montrent également que ces dettes représentent dans une large mesure un recyclage de l’épargne en provenance d’autres pays, notamment les énormes excédents de la Chine, des pays asiatiques et du Moyen-Orient.Pour le dire crûment, durant la plus grande partie de la dernière décennie, des millions de Chinois asservis à un salaire permettant tout juste de survivre ont malgré tout réussi à épargner, à la fois en tant que nation (La Chine détient l’équivalent de 1,400 milliards de livres en réserves de change) et en tant qu’individus. Ce déséquilibre - entre l’épargne de l’Orient et notre endettement Occidental, entre leurs énormes excédents commerciaux et nos déficits - ne pouvait en aucun cas être soutenable.A mon avis, l’évènement le plus important de la semaine dernière a été la réprimande adressée par Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale chinoise, à l’attention du secrétaire au Trésor américain, Hank Paulson. M. Zhou a déclaré que « la surconsommation et une grande dépendance à l’égard de crédit sont la cause de la crise financière des Etats-Unis » et que « les États-Unis devraient prendre l’initiative d’adapter leurs politiques, de relever leur taux d’épargne de façon appropriée et de réduire leurs déficits commercial et budgétaire ».Il s’agit là d’une déclaration sans équivoque indiquant que les Chinois ne sont plus disposés à financer les dépenses des États-Unis et du Royaume-Uni : ils ne veulent pas prêter plus et ils veulent être sûrs que ce qu’ils ont déjà prêté ne va pas disparaître dans une nuée de dettes insolvables et d’inflation...
Qui faut-il blâmer ? La réponse courte est : nous tous. Mais il est difficile de nier le fait que la plus grande faute incombe aux banques et aux banquiers - parce qu’ils ont systématiquement failli à faire ce pourquoi ils sont rémunérés : c’est à dire évaluer correctement les risques associés à tous ces prêts. Désormais, la survie de ces établissements dépend entièrement de l’engagement des gouvernements et des contribuables."

- La fin du Consensus de Washington:
"« La « nouvelle économie » d’aujourd’hui n’est pas basée sur les nouvelles technologies et les investissements, comme Greenspan le clamait dans les années 1990, mais sur l’inflation des actifs qui produit des gains en capitaux. Les surplus de l’économie sont absorbés par le service de la dette et non pas par l’investissement productif ou par un partage des gains de productivité au bénéfice des salariés. Les salaires et les niveaux de vie restent stagnants pour le plus grand nombre lorsque l’économie tente de s’enrichir par le « miracle des intérêts composés, » et quand les gains en capitaux en provenance du secteur financier servent à octroyer de nouveaux crédits qui poussent à la hausse le prix des actifs, en une sorte de mouvement perpétuel de la machine du crédit et de la dette. » Depuis vingt ans, les partisans du Consensus de Washington nous répétaient « le marché y pourvoira, » promettant richesse et prospérité pour tous. La réalité leur donne tort. En généralisant la concurrence à outrance sur les facteurs de production, la mondialisation exerce une pression perpétuelle à la baisse sur les salaires. Le remplacement des industries à forte productivité par des services à faible valeur ajoutée déforme la structure de la rémunération et affaiblit la demande. Une part grandissante de la population est privée de la possibilité de s’insérer dans l’échange marchand, car elle n’est plus en mesure de défendre le niveau de salaire qui permettrait de contrebalancer le différentiel de productivité. Contrairement aux proclamations des défenseurs du marché dérégulé, cette nouvelle donne produit un appauvrissement structurel bien réel, comme nous le rappelle chaque jour le sort subit par ceux que l’on appelle les « exclus, » toujours plus nombreux. Il est temps, grand temps, de se détourner de cette dangereuse illusion qu’est le Consensus de Washington, et de remettre en cause les traités qui lui donnent force de loi..."
-La fin du Consensus de Washington

- La récession américaine, jusqu’où ?
- Sale temps pour les Hedges funds

-La stabilité internationale, menacée par la crise:
"Les crises économiques mondiales et les tempêtes sur les devises qu’elles provoquent ont un potentiel de déstabilisation dévastateur. Lorsque les économies nationales s’effondrent, que la chute des devises et des exportations ne permet plus d’honorer les dettes, de se procurer toutes les matières premières, l’énergie et parfois l’alimentation nécessaires, les troubles, la violence et les conflits ne sont jamais très loin. Nous n’en sommes heureusement pas là. Mais l’ampleur de la liquidation des créances internationales et du ralentissement économique, loin d’avoir donné leur plein effet, sont porteurs de risques géopolitiques majeurs...« La crise financière mondiale n’a pas encore atteint son maximum. Son impact se propage au niveau mondial et s’amplifie », a déclaré Zhang Pin, le directeur de la commission nationale de développement. « Les trop nombreuses faillites et fermetures d’entreprises vont provoquer un chômage massif et susciter des troubles sociaux ».Nous sommes sur le point de savoir si la Chine a fait le mauvais choix en pariant sur une stratégie de développement basée sur des investissements massifs dans des industries d’exportation, à faible valeur ajoutée, en direction des États-Unis et en Europe.Le dernier rapport de la Banque mondiale sur la Chine [1] contient une information consternante : la part des salaires dans le PIB a chuté de 52% à 40% depuis 1999. C’est la preuve d’un modèle économique désastreusement déséquilibré, qui a peu de chances de conserver le soutien populaire..."
- Questions à Jacques Attali à propos de « La crise, et après ? »:
Il existe une disparité essentielle entre démocratie et marchés : la première constitue une invention humaine, née d’un désir de pacification des relations entre les hommes, les seconds demeurent l’expression spontanée de la manière dont notre espèce réglait ses affaires à l’état sauvage : par la guerre de tous contre tous. Ce qui fait défaut à nos démocraties, n’est-ce pas de n’avoir pas encore étendu le principe démocratique aux domaines de l’économie et de la finance, d’avoir laissé en ces lieux des institutions humaines, des plages de sauvagerie ? »....
-Théorie de la crise et crise de la théorie
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Faillites et saisies : Une opération de pêche aux capitaux des géants de la finance

. Question importante : qui prend le contrôle des droits de propriété des grandes corporations industrielles en faillite ?

Les faillites et les saisies hypothécaires sont des opérations de pêche aux capitaux. Avec l'effondrement des valeurs boursières, le prix de l’action des sociétés cotées subit une importante chute, qui affecte immédiatement la solvabilité et la capacité de ces sociétés à emprunter et/ou à renégocier leur dette (qui se base sur la valeur cotée de leurs actifs).

Les spéculateurs institutionnels, fonds spéculatifs (hedge funds) et autres, ont tiré profit de butins inattendus.

Ils provoquent l'effondrement des sociétés cotées grâce à la vente à découvert et autres opérations spéculatives. Ils profitent ensuite de leurs gains de la spéculation à grande échelle.

Selon un rapport publié dans le Financial Times, il est évident que l’effondrement de l'industrie automobile des États-Unis est en partie le résultat de la manipulation : « General Motors et Ford ont perdu 31 pour cent, à 3,01 dollars, et 10,9 pour cent, à 1,80 dollars, malgré l'espoir en un possible sauvetage de l'industrie au bord de la ruine par Washington. La chute est survenue après que la Deutsche Bank ait fixé un prix cible de zéro pour GM. » (Financial Times, 4 novembre 2008)

Les financiers se livrent à une débauche de magasinage. Les 400 milliardaires étasuniens de Forbes attendent dans les limbes.

Dès qu'ils auront consolidé leur position dans le secteur bancaire, les géants financiers, incluant JP Morgan Chase, Bank of America, et autres, utiliseront leurs gains inattendus et l’argent du plan de sauvetage qui leur est fourni dans le cadre du TARP, pour étendre leur contrôle sur l'économie réelle.

La prochaine étape consiste à transformer les actifs liquides, à savoir la richesse en papier monnaie, en acquisitions dans l’économie réelle.

À cet égard, Berkshire Hathaway Inc de Warren Buffett est l'un des principaux actionnaires de General Motors. Plus récemment, à la suite de l'effondrement des valeurs boursières en octobre et novembre, Buffett a renforcé sa participation dans le producteur de pétrole ConocoPhillips, sans mentionner Eaton Corp, dont le prix à la Bourse de New York a chuté de 62% par rapport à son pic en décembre 2007 (Bloomberg).

Les cibles de ces acquisitions sont les nombreuses industries très productives et les entreprises du secteur des services, qui sont au bord de la faillite et/ou dont la valeur boursière s’est effondrée. Les gestionnaires de portefeuille ramassent les morceaux. .."(M.Chossudosky)


-2009, année noire, prévoient Roubini...
-Quel sera notre avenir ? 6 experts répondent | AgoraVox- Les pires scénarii-
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>>- Mondialisation implosive ?>>- CRISE : not under control...>>- Tour d'horizon>>- Retour à Keynes ?>>- G 20 : sommet... d'hypocrisie>>- Système qui se mord la queue ?>>- Crise : retour sur les causes

lundi 23 mai 2011

FMI: bilan mitigé


A quoi sert(encore)le FMI ?

Le FMI a mauvaise réputation
____________________Joseph Stiglitz, notamment, prix Nobel d'économie et vice-président de la Banque mondiale de 1997 à 2000, s'est attaqué au FMI dans son livre "La grande désillusion", devenu un best-seller mondial. Il l'accuse de privilégier les intérêts de son "principal actionnaire", les Etats-Unis, avant ceux des pays en difficulté. D'autre part, prenant pour exemples la crise asiatique et la transition russe, Stiglitz démontre que les politiques d'ajustement structurel préconisées par le FMI ont souvent aggravé les problèmes, entraînant des conséquences sociales dévastatrices et un accroissement de la pauvreté." (L'Internaute)
____Mais le FMI semblait vouloir esquisser un tournant, dans sa politique d'aide aux pays en difficulté et, en acceptant l'idée d'une certaine inflation, commençait à mettre en question les politiques de rigueur telles qu'elles sont pratiquées en Europe notamment. On dit même que DSK était prêt au remplacement du dollar comme monnaie de réserve internationale-(voir ici)
Est-ce pour cela que, quoi qu' on pense de l'homme, DSK apparaissait comme un gêneur pour le monde de la haute finance qui profite des fonds prêtés aux Etats pour renflouer leur dette, tout en les mettant dans des situations les rendant incapables de remboursement?
Hypothèse qui n'accrédite pas certaines théories du complot ayant provoqué sa chute, aussi brutale qu'inattendue
_________Comment expliquer autrement que
"l'inculpation de Dominique Strauss-Kahn a donné lieu, des deux côtés de l'Atlantique, à un concert de louanges pour évoquer le mandat raccourci du socialiste français à la tête du Fonds monétaire international (FMI). Vieille institution menacée d'effondrement en novembre 2007, au moment de l'entrée en fonction tonitruante de DSK comme managing director, le FMI serait désormais rajeuni, et doté d'une nouvelle légitimité. Autrefois bras armé de plans d'ajustement structurel injustes et inefficaces, il se serait converti aux vertus du keynésianisme au cours de l'année 2008. L'ex-ministre de Lionel Jospin resterait comme l'«architecte du renouveau du FMI», selon Les Echos. Le New York Times va jusqu'à vanter l'«audace» de l'ex-patron, tandis que Le Monde évoque le «grand gâchis» pour le FMI que représente à ses yeux la démission de DSK. Pour le ministre des finances brésilien, il fut tout simplement «l'un des meilleurs directeurs généraux qu'ait connu le FMI». Les commentateurs sont donc nombreux, en pleine crise de la zone euro, à regretter le départ forcé de celui que Joseph Stiglitz qualifiait de «leader sagace du FMI» dans une tribune publiée début mai – le compliment n'est pas mince, venant de la bouche d'un ex-chef économiste de la Banque mondiale, nobélisé en 2001, qui ne mâche d'habitude pas ses mots à l'encontre de l'élite économique mondiale."
Dans un rapport cinglant, publié en février 2011, le bureau indépendant d'évaluation du FMI dresse un tableau apocalyptique du Fonds d'avant DSK: non seulement le Fonds n'a rien vu venir de la crise en train de se former, mais pire encore, il a encouragé des pratiques, notamment en matière d'innovation financière, qui ont aggravé le marasme de 2008.." (L.Lamant)
__Dsk tentait de renouer avec un certain keynésianisme, en abandonnant, en paroles du moins, les vieilles lunes néo-libérales:
"Lors d'un discours à l'université George Washington, le 4 avril dernier, DSK a déclaré que «le consensus de Washington (relevait) désormais du passé». La question est centrale, pour tenter un bilan de l'action du mandat DSK – est-il parvenu, ou non, à se défaire du sinistre héritage du «consensus de Washington», cette panoplie de mesures ultralibérales destinées, dans les années 1990, aux pays trop endettés (libéralisation du commerce extérieur, privatisation d'actifs stratégiques, déréglementation, etc.)?
____Mais ces tentatives n'arrivèrent pas à se concrétiser vraiment, même si elles ont aidé à résoudre le moins mal possible le problème de la crise grecque, contre certains pays d'Europe ( ce qui est contesté par Harribey). Une petite équipe, même déterminée, ne peut pas grand chose contre cette énorme machine qu'est le FMI et les pouvoirs financiers qui en orientent la logique:
" Les fondamentaux du FMI sont donc restés les mêmes, à peu de choses près. L'ombre du consensus de Washington continue de menacer. Tout s'est en fait passé comme si le seul homme DSK, aussi motivé soit-il à faire bouger l'institution, n'a pas pu grand-chose face à la lourdeur de l'énorme machine et à ses bataillons de fonctionnaires, souvent en place depuis bien plus longtemps. On ne modifie pas en profondeur les manières de penser et de faire de milliers de salariés en quatre ans. D'autant que le FMI, en dernier recours, est soumis aux pressions de ses Etats membres, qui le financent.
Dans une tribune au Guardian, l'économiste Mark Weisbrot rappelle que les marges de manœuvre du managing director sont bien plus réduites qu'il n'y paraît, notamment face au Trésor américain: «Ni le directeur général, ni personne d'autre au FMI ne se trouve, en dernier ressort, en position de décider seul de la politique mise en place, surtout lorsqu'il s'agit de pays considérés comme importants (...) Le FMI est dirigé par des gouverneurs, et des directeurs adjoints, pour qui les autorités décisives, et de loin, sont le Trésor américain, qui comprend une forte représentation de gens de Goldman Sachs, et, dans un deuxième temps, les puissances européennes.» (L.Lamant)

__Un bilan mitigé donc, pointant le peu de pouvoir que peut avoir un homme dans un sytème si puissant et aux multiples ramifications.

Qui lui succédera?
Mme Lagarde? Ses bonnes relations avec le monde de la finance américaine prêchent en sa faveur, mais un certain rapport secret risque de compromettre son éventuelle candidature. Et pourtant, Martine la soutient!...
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FMI : une réforme urgente et à peine entamée

dimanche 22 juin 2008

Bilderberg : fantasme ou réalité ?

"Le monde est gouverné par tout autres personnages que ne se l'imaginent ceux dont l'oeil ne plonge pas dans les coulisses." (Disraëli )

Pourquoi ce cenacle de l'élite financière et politique mondiale tient-il tant à garder le secret sur le contenu de ses réunions régulières ?


Le Cercle Bilderberg ou le bal des vampires ?
"...Rien ne s’y décide formellement, peut-être. Mais il s’y élabore du consensus parmi les élites politico-médiatico-économiques. Les participants ne se perdent pas en conjecture sur les vertus du libéralisme ou du libre-échange : elles vont de soi. Dans l’enceinte du club, on ne risque pas de s’étendre sur la fracture mondiale ou la montée en puissance des ONG.
D’autant que les VIP du Bilderberg s’avèrent aussi des VRP multicartes. Beaucoup se retrouvent dans d’autres cénacles. Autant de rencontres souvent fermées qui scelleraient, selon leurs détracteurs, l’évolution des politiques internationales ou les agendas des réunions du FMI, de la Banque mondiale, de l’OMC, voire du G8.
On notera que, du côté français, outre Giscard d’Estaing et de Villepin, Jospin, Strauss-Kahn, Fabius, ont déjà participé à certaines cessions, en totale discrétion. ..
Sans tomber dans la paranoïa ni dans la théorie du complot, il paraît quand même nécessaire et salutaire, au moment où la grande majorité des citoyens du monde subit de plein fouet les dégâts d’une économie totalement dérégulée, entièrement dominée par les puissances financières et sous la coupe réglée des vampires de la spéculation, de donner un vrai coup de projecteur, sur cette sorte de "société secrète" des puissants de l’ultra-libéralisme ; tant il est toujours utile de vérifier si, comme pour leur ancètre de Transsylvanie, la mise en lumière peut annihiler leur pouvoir de nuisance.." (Sisyphe)
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-BILDERBERG : LA CREME DE L'ELITE MONDIALE
-Bilderberg & Co : le lobbying de l’European Round Table à Bruxelles
-Groupe de Bilderberg, CFR, Trilatérale
>>" Le Nouvel Ordre Mondial»:
".... Pour la Banque mondiale, la « bonne gouvernance » est aussi synonyme de bonne gestion du développement (World bank, 1992). Marie Claude Smouts la qualifie “d’outil idéologique pour une politique de l’État minimum” (1998). Derrière la politique de “bonne gouvernance”, la Banque Mondiale cherche aussi à contraindre les pays à bas salaires à mener une bonne gestion, c’est-à-dire à appliquer les plans d’ajustements structurels, basés sur une politique économique néo-libérale, fondée sur les principes du “consensus de Washington”. L’Union Européenne depuis plusieurs années développe cette même politique, dont la mise en oeuvre a été expérimentée auparavant dans les pays en développement.

David Rockefeller est le principal fondateur du groupe Bilderberg, puis de la Commission Trilatérale et du Council on Foreign Relations (Geuens, 2003 : 30). Celui-ci déclarait à Newsweek international, “quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire” (Rockefeller, 1999). Ce même personnage avait déclaré, huit ans plus tôt, devant la Commission Trilatérale: “la souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est préférable au principe d’autodétermination des peuples” (Jennar, 2005 : 17). En effet, ces derniers sont considérés par certaines élites, tels les certains experts de la gouvernance européenne comme “ignorants, émotifs et versatiles, comme nous le rapporte Hermet (2003 : 16). C’est donc, pour leur éviter de commettre des erreurs nuisant à l’intérêt du peuple lui même, que les élites proposent d’ériger la gouvernance, par les seuls experts et les élites économiques et politiques..."

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-Consensus de Washington
-Le « Consensus de Washington"
-Echec du Consensus de Washington

-Société du Mont-Pèlerin - Wikiberal
- Le prophète, le pèlerin et le missionnaire

mardi 13 octobre 2020

Vers un capitalisme numérique?

Un virage de fond

                   Le capitalisme est en train de changer de forme, en gardant ses structures, ses objectifs de fond.  Ce phénomène n'est pas nouveau, mais il a tendance à s'accélérer, sous l'effet de la crise actuelle.      Rien de fondamental ne viendra en modifier la logique, mais les modes de production et les rapports de production vont inévitablement continuer à se redéfinir en profondeur.  De nouvelles organisations du travail se préparent, qui vont approfondir et maximiser des tendances actuelles et les dépasser dans bien des domaines. Jusqu'aux projets les plus avant-gardistes , voire les plus inquiétants... 

                  "....   Il semble qu’une stratégie du choc cohérente est en train d’émerger de la pandémie. Appelons-la le Screen New Deal. Bien plus high-tech que tout ce que nous avons vu lors des catastrophes précédentes, elle se dessine à toute vitesse, alors même que les corps continuent de s’entasser, et fait des semaines d’isolement physique que nous avons vécues non pas une douloureuse nécessité destinée à sauver des vies, mais un laboratoire à ciel ouvert, avant-goût d’un avenir sans contact, permanent et hautement profitable.   Anuja Sonalker, PDG de Steer Tech, une entreprise du Maryland qui vend des technologies de stationnement autonome, a récemment résumé le nouveau discours dominant, actualisé à la suite du virus : « On assiste à un net engouement pour les technologies sans contact et sans humain », a-t-elle déclaré. « Les humains constituent des risques biologiques, les machines non. ».....                              _____C'est le projet de l'intégration numérique du maximum de secteurs de la société qui refait surface. La 5G va servir de moteur nouveau à cette accélération apparemment sans limites. Toutes les sphères de la vie seraient peu à peu concernées dans cette fuite en avant sans perspective aucune sinon la croissance pour la croissance, la concurrence exacerbée avec la puissance chinoise et le et la profit rapide et maximal.            Avec la perspectives de nouvelles "libertés", qui sont déjà en projet ou parfois en application et qui posent des questions de fond sur le mode de fonctionnement de nos sociétés: : "...La négociation de faibles contraintes juridiques et fiscales par les grandes entreprises du numérique (fiscalité, droit du travail, contentieux etc.), les nouvelles formes d’organisation du travail que recouvre la « capitalisme de plateformes », associant des formes d’hypersalariat et un processus de précarisation/destruction d’emplois, les entraves éventuelles à l’émergence de modèles alternatifs de propriété, d’échange, de production et de redistribution (communs, coopérativisme, makers, cryptomonnaies, etc.) ou bien leur réintégration dans le fonctionnement général du capitalisme numérique, le renversement de la norme de la vie privée à travers la question de la collecte des données et du traitement de l’information..."                               Comme le signale Cedric Durant, c'est vers une forme de néo-féodalisme que nous risquons de basculer.      "....Les sources de cette régression sont à rechercher dans l’idéologie qui s’est imposée dans les années 1990-2000 et qui, au nom de l’espoir technologique, a permis de renforcer et d’accélérer le mouvement néolibéral à l’œuvre depuis déjà deux décennies. Le « consensus de la Silicon Valley » a alors rajeuni le « consensus de Washington » des années 1980 en promettant de renforcer l’efficience du capitalisme. C’est le discours de la « start-up nation » porté au pouvoir en 2017 par Emmanuel Macron et qui constitue toujours son cadre de pensée : la France a pris du retard parce qu’elle n’a pas su monter dans le train de l’innovation à cause de ses pesanteurs.  Car le consensus de la Silicon Valley formule les mêmes exigences que celui de Washington : la mise au service du capital de l’État ; les « réformes structurelles » de flexibilisation du travail et des marchés, et de financiarisation. Mais le tout est enrobé dans un discours reprenant les thèmes utopiques des années 1970, qui vise à redonner confiance dans la force du capitalisme. D’où l’insistance sur la « destruction créatrice » perçue comme le moyen de cette régénérescence...." _______________________

samedi 20 mars 2010

La Grèce de la discorde

Les problèmes grecs ne concernent pas que les Héllènes

Interrogations sur le modèle européen-

-L'UE planche sur le cas grec
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Le sens de la crise grecque
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Les leçons de la crise grecque

"Face au refus de l'Allemagne d'endosser politiquement un plan d'aide européen à la Grèce, les autorités de l'UE travaillent d'arrache-pied à une formule acceptable pour Berlin, dans laquelle le Fonds monétaire international est désormais susceptible d'être impliqué..."
-Après la Grèce, le Portugal... le scénario de contagion est en marche




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-La "mauvaise" Grèce met l'euro sous tension:
"..Les malheurs de la Grèce contaminent les autres maillons faibles de la zone, le Portugal et l'Espagne en tête, qui voient leurs conditions de financement se détériorer. Le coût de l'assurance contre un défaut (CDS) des dettes souveraines grecque, espagnole et portugaise a atteint un niveau record. Et Athènes doit toujours emprunter à dix ans au taux de 6,6 %, contre 3,1 % pour les Bunds allemands de même échéance.
Les responsables européens se sont pourtant employés à ramener le calme. Notamment Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE), qui a estimé, jeudi 4 février, qu'en matière de finances publiques, "la zone euro (pouvait) soutenir la comparaison de façon très avantageuse avec nombre de pays industrialisés".
Mais "les mouvements sur les marchés sont devenus quelque peu irrationnels et les appels à la raison n'ont pas d'impact", juge Jean-Louis Mourier, chez Aurel BGC...."


-La relation franco-allemande mise à l’épreuve par la crise financière grecque:
"...Depuis quelques jours, sans le reconnaître, MmeMerkel rejette les unes après les autres les possibilités d'un soutien européen à la Grèce, voulu par ses partenaires.
Hostile à un renflouement immédiat dont l'Allemagne serait le plus gros contributeur, elle a tergiversé sur la création d'un Fonds monétaire européen (FME) jusqu'à ce dernier coup de théâtre au Bundestag, mercredi 17mars, où elle a envisagé l'exclusion d'un membre de la zone euro… tout en prenant acte du fait que le traité institutionnel ne le permettait pas.
___Le tour est joué: il reste maintenant l'aide du FMI. La Grèce au bord du gouffre la brandit comme une menace, la France n'en veut pas, l'Allemagne a d'abord déclaré d'y être hostile.
"Plus les Grecs réclament une intervention du FMI, mieux on se porte", dit-on maintenant sans détours dans l'entourage de la chancelière. Le Conseil européen des 25 et 26mars sera l'épreuve de vérité.
A travers la question de l'aide à la Grèce se joue un match France-Allemagne, la mise en concurrence de deux conceptions de l'Europe..."
-L'Allemagne défend son modèle de croissance
_____-L'Allemagne, victime du tout export
__- Désunion européenne

-La Grèce évoque un recours au FMI, en l'absence de décision au sommet de l'UE:
"Face à l'intransigeance allemande, l'heure, à Athènes, n'est plus aux réactions passionnées et aux rappels des crimes de l'occupation nazie. Angela Merkel ayant clairement signifié qu'elle n'aurait pas été fâchée de la voir exclue de la zone euro, la Grèce choisit de se poser en parangon de la cohésion européenne : "L'Allemagne a une grande responsabilité historique (...). Je crois qu'elle comprendra finalement que le sauvetage de la Grèce est intrinsèquement lié à la stabilité et à la survie même de l'eurozone", commentait, jeudi 18 mars, Panos Béglitis, ministre adjoint de la défense et ancien porte-parole du premier ministre Georges Papandréou.___La presse était sur la même longueur d'onde : "L'Allemagne pourrait miner sa position de dirigeante au sein du système européen", mettait en garde le libéral Kathimérini, tandis qu'à gauche Elefthérotypia jugeait que "c'est l'UE qui ne tolérera pas l'égoïsme allemand"...

-La Grèce préfigure la Tiers-Mondialisation de l’Europe..."
"...
La situation de la Grèce, liée au « surendettement », n’est pas sans rappeler celle des pays du Tiers-Monde lors de la crise de la dette de 1982. En effet, pour pouvoir faire face à leurs obligations financières, les pays du Sud, en quasi cessation de paiements, ont été « aidés » par le FMI et par la Banque mondiale. Ces institutions ont accordé des prêts aux pays du Sud afin qu’ils puissent rembourser leurs banques créancières. Lesdites banques ont ainsi pu transférer au FMI et à la Banque mondiale une bonne partie de leurs créances « pourries » (ou « actifs toxiques » en langage politiquement correct). En contrepartie, les pays « aidés » se sont vus imposer des programmes d’ajustement structurel, traduction du consensus de ,Washington |d’inspiration néolibérale monétariste.
__A travers l’application de ses dix commandements, le consensus de Washington vise à permettre aux pays sous ajustement de recouvrer la capacité d’assurer le service (principal + intérêts) de leur dette extérieure. Il faut, à n’importe quel prix, dégager des fonds pour payer les créanciers...
"

-Comment la Grèce en est arrivée là
-La Grèce s'est enferrée dans un modèle peu compétitif
-Lutte des classes en Grèce - AgoraVox
-L'idée de créer un Fonds monétaire européen pour secourir un pays de la zone euro fait débat
____-Et l'Europe, combien doit-elle à la Grèce?
_____-Grèce: pourquoi l'Allemagne a décidé de faire un exemple
___-La Grèce accuse les banques allemandes de «spéculer» contre elle
-Comment la dette de la Grèce profite aux spéculateurs...

_-Corrupteurs (Allemagne) et corrompus (Grèce) - AgoraVox








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-Grèce: aide allemande?
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-Aider ou lâcher la Grèce ?
-La Grèce et Goldman Sachs (2)
-La Grèce, l'euro et les spéculateurs (1)
-Goldman Sachs :santé douteuse?

jeudi 13 septembre 2012

Aspects du nomadisme (1)

 ___L'affaire Arnault fait apparaître au grand jour une pratique déjà ancienne: le nomadisme fiscal, parfois accompagné de nomadisme résidentiel.
_Rien à voir bien sûr avec le nomadisme ancestral et encore pratiqué dans certaines parties du monde._

Avant la Belgique, BA s'est installé aux USA plusieurs années avant de revenir en  France et de profiter du démantèlement de l'empire Boussac, grâce à des appuis politiques et des aides publiques, qui devaient créer les bases de sa fortune. Son partenaire belge A.Frère réside le plus souvent à Monaco ou à Paris...Les pauvres n'ont pas le choix de changer de lieu de résidence à leur guise, sauf si on leur propose, par délocalisation, un emploi mal payé en Roumanie ou en Turquie...

__ L'évasion fiscale planétaire prend une place considérable et pernicieuse dans l'économie souterraine, privant les Etats de ressources importantes, les obligeant à ponctionner les plus modestes et mettant en péril les services publics.
_Il est dans la nature des multinationales de chercher un peu partout sur la planète les lieux d'implantation les plus favorables pour leurs affaires, soit pour se rapprocher de matières premières, soit pour bénéficier de nouveaux marchés, soit par l'attractivité d'une main-d'oeuvre bon marché, soit pour plusieurs de ces raisons à la fois.
Depuis surtout les années 70, profitant des technologies permettant la transmission ultra-rapide d'informations en continu, nuit et jour, sans limites territoriales et temporelles, les échanges boursiers, des fonds financiers, même les plus douteux, se font à la vitesse de la lumière, maintenant de manière robotisée, favorisant les déplacements quasi-instantanés de  capitaux, déconnectés de l'économie réelle, pratiquement sans contrôle possible, avec le risque permanent de déstabilisation des économies, les prédations subites et l'accentuation des crises. Comme celles, surtout bancaires, qui ont inauguré lentement, puis brutalement la succession des convulsions que nous vivons, qui ne sont finalement que les effets d' une mondialisation anarchique, débridée, non régulée, censée favoriser d'elle-même le développement des richesses et leur ruissellement sur les parties les moins développées de la planète.
 ___Le Consensus de Washington a représenté la Bible de cette croyance.
"... A la fin des années 1990, le modèle économique ultra libéral adopté par Thatcher et Reagan est devenu le nouveau dogme économique, et ses tables de la loi ont été rédigées par John Williamson, économiste en chef pour la région Asie à la Banque Mondiale. Devenues célèbres sous le nom de « Consensus de Washington », elles énumèrent les dix commandements auxquels devaient désormais se plier les états, et qui imposaient un revirement complet des politiques menées depuis l’après guerre.
Dérégulation, privatisation, monétarisme, réduction des dépenses publiques devenaient désormais d’ardentes obligations en dehors desquelles ils n’existait point de salut.
Le rôle de l’état, qui jusqu’alors avait été central, à la fois par les politiques économiques et budgétaires qu’il impulsait, et par son rôle redistributeur des richesses produites par les nations, devait à tout prix être réduit à la portion congrue. Ronald Reagan avait résumé cette nouvelle vision prônant le « moins d’état » lors de son discours d’investiture par sa formule fameuse : « l’état n’est pas la solution, c’est le problème ».
 ____Nomadisme économique (délocalisations), fiscal, financier...phénomène qui s'est amplifié et généralisé, jusqu' à échapper à leurs initiateurs, comme à leurs régulateurs réels ou supposés. J. Stiglitz reconnaît que la régulation banquaire qui se met en place partiellement et par nécessité revient maintenant aux pouvoirs financiers à l'origine de la crise! Wall Street contrôle Wall Street.
____J.Attali est la figure ambiguë, le grand gourou du nomadisme des années 80, le symbole et le théoricien du monde des affaires libérées des contraintes nationales, au coeur d'une mondialisation heureuse (ou implosive?) annonçant les migrations futures et les reconfiguration culturelles en vue, dans le sillage des délocalisations.
" Ce qui est certain c’est que les migrations à venir, et celles liées au climat tout particulièrement, bouleverseront l’ordre établi, elles définiront de nouveaux rapports de société, détermineront de nouveaux enjeux. En un mot, elles marqueront l’histoire future.
Tout cela modifiera profondément la nature de la culture de nos sociétés. Nous entrons dans une société de nouveaux nomades. Non seulement des milliards de gens seront conduits à redevenir nomades pour survivre, mais encore, les plus riches seront eux aussi hyper-nomades, soucieux de préserver leurs libertés et de vivre sans contrainte de territoire ou d’appartenance." (JA)

_La migration des  Européens pauvres du 19° siècle vers les USA (Irlandais, par exemple) a-t-elle quelque chose à voir avec celles de Maliens poussés aujourd'hui vers le Nord par une pauvreté endémique? Le cosmopolitisme est limité pour les pauvres, il ne ressemble en rien au bougisme de l'homme d'affaires ou du bobo fortuné parisien, un soir à New-York, le lendemain à Dubaï
_________L'influence des idées libérales-libertaires n'a pas été pour rien dans la quasi-idéalisation mythique du nomadisme contemporain, conditionnée par les révolutions technologiques, commerciales, financières et l'évolution des moeurs.
"On peut (ainsi) observer une corrélation étroite entre la promotion de l'individu comme élément central et autonome des sociétés contemporaines et les besoins du capitalisme tardif en agents de production totalement flexibles et disponibles. En transposant sur l'individu les caractéristiques de sociétés passées et/ou exotiques, et en réemployant l'anthropologie libertaire des sociétés nomades, l'idéologie néo-libérale n'a pas seulement déshistoricisé les communautés de chasseurs collecteurs, elle leur a également emprunté, dans une optique "new age", certaines de leurs pratiques. Les coach-chamanes, la sophrologie et le "développement personnel", par exemple, font désormais partie de la panoplie d'adjuvants accompagnant la proclamation de l'autonomie de l'individu en tant qu'entrepreneur de lui-même.
Au jeune cadre dynamique toujours sur la piste d'un emploi mieux rémunéré correspond le "chasseur de têtes" qui traque les meilleurs éléments pour répondre aux besoins des multinationales qui l'emploient. Dans les sociétés de chasseurs-collecteurs, comme les Jivaros, on s'approprie le corps de son ennemi en réduisant sa tête pour l'exhiber comme trophée, dans notre société, c'est le capitalisme qui en individualisant le travailleur parvient le mieux à dévorer ses proies. Deux variantes de l'exploitation de l'homme par l'homme, en somme..."
Il y a nomadisme, nomadisme...et nomadisme fantasmatique.
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Paru dans Agoravox

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(A suivre)