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mercredi 2 février 2011

Gaz de schiste: et demain?

Eldorado ou malédiction écologique?


Gaz de schiste : révolution énergétique ou catastrophe environnementale ?

Le débat fait rage autour du problème des conditions d'extraction du gaz de schiste.
Dans la bataille énergétique mondiale, la fin programmée de l'ère du pétrole bon marché amène des compagnies à se ruer vers une nouvelle manne. Une nouvelle ressource abondante et présente en de nombreux pays de la planète, qui redonne des couleurs aux pétroliers. Total est totalement engagé. Un gaz pas comme les autres...
Des réserves pour cinquante ans ou peut-être plus, d'après certaines estimations.
La technique est relativement au point et simple en son principe. Les conséquences risquent d'être désastreuses.
"Une telle exploitation n'est rendue possible que grâce à la technique de fracturation hydrauliq
ue des roches, ainsi qu'à une récente amélioration des méthodes d'extraction, en particulier par forage horizontal. Les gaz de schistes étant dispersés dans la roche imperméable, il est donc nécessaire de forer d'innombrables puits en fracturant la roche. Chaque puits exploitable ne l'est que brièvement, un suivant doit donc être foré quelques centaines de mètres plus loin, et ainsi de suite… À deux ou trois mille mètres de profondeur, la réunion des micro-poches à l'aide d'un explosif détonné pour chacune des brèches occasionne un véritable séisme. La fracturation se fait par un mélange d'eau en grande quantité, de sable et de redoutables produits chimiques propulsés à très haute pression (600 bars), méthode qui génère la remontée du gaz à la surface avec une partie du redoutable liquide de fracturation. Chaque « frack » nécessite quasiment 15 000 mètres cube d'eau (soit 7 à 15 millions de litres), un puits pouvant être fracturé jusqu'à 14 fois."

_Etonnant qu'on en parle encore si peu en France alors que le débat est animé aux USA et au Canada. Cette nouvelle manne énergétique pose de nombreux problèmes, qu'on mesure mieux maintenant, après quelques années d'exploitation américaine.
__La France se prépare-t-elle à faire les mêmes erreurs que les USA et au Canada, où la demande d'un moratoire fait son chemin? L'absence de concertation est manifeste, alors que la qualité de l'environnement et de la santé humaine est en cause
"...Lourde de conséquences pour l'environnement, cette technologie est la clef à la fois géniale et monstrueuse d'une révolution énergétique qui a déjà propulsé les Etats-Unis en première place de la production mondiale de gaz naturel.En France, Jean-Louis Borloo, pourtant déclaré champion des énergies renouvelables, a signé en mars 2010 trois arrêtés autorisant leur recherche sur de vastes territoires qui s'étendent du Larzac à la Drôme en passant par les Cévennes et l'Ardèche... Et mis ainsi le feu aux poudres. Sur les Causses où la résistance s'organise, on se demande encore ce qui leur a pris de choisir ces hauts-lieux de révolte et de combat pour lancer l'exploration. Par naïveté ou par calcul ?.."
___Mais la fièvre commence à gagner notre pays. La ruée vers l'or gazeux provoque des réactions.
Un trésor empoisonné...
Un débat explosif aussi.

"Nathalie Kosciuzko-Morizet est montée au créneau . "Les permis d'exploration de gaz de schiste suscitent des inquiétudes et interrogations légitimes et grandissantes", a-t-elle reconnu. Avant de rassurer. "Il n'est pas question d'exploiter le gaz de schiste comme cela se fait notamment aux Etats-Unis. Des techniques dangereuses pour l'environnement et destructrices y sont utilisées". Un avis que José Bové conteste. "Il n'y a pas de savoir-faire français en la matière. Tous les brevets et les techniques sont américains"
Une bataille mondiale d'ampleur inédite est engagée.

Le Canada, le Québec surtout, exige un moratoire.
La presse s'engage et propose un dossier noir sur le gaz de schiste et des groupes, des associations de plus en plus nombreuses dénoncent les méfaits connus des techniques de forage. Le manque de réglementation est dénoncé.
Un document accablant fait le tour du net: Gaz De Schiste
Son auteur, Josh Fox est classé “terroriste” (!...)

Un débat public s'impose.
Le conseil général de l'Aveyron demande un moratoire
Le Larzac sent le gaz...
__Affaire à suivre...
Dernière nouvelle:
NKM en appelle à Matignon sur les sales gaz de schiste

__________Assurer notre avenir énergétique, oui, mais à quelles conditions?
__
Nucléaire et gaz de schiste s’invitent au Conseil européen
_
___Le mensonge (par omission) du ministère de l’écologie_
_
Gaz de schiste : Sarkozy veut copier l'Amérique
-_L
e "WikiLeaks" des gaz de schiste sur la radioactivité
_Article paru dans Agoravox

jeudi 23 août 2012

Gaz de schiste : le retour?

"Nouvelle frontière"?

_________En France, on pensait le problème réglé: exploitation trop risquée pour l'environnement, les nappes phréatiques, étant données les techniques actuelles d'exploitation.
La résistance s'organise.
Ce n'est finalement  pas l'eldorado envisagé un temps.
L'exemple des USA a servi de repoussoir, malgré les résistances là-bas, notamment en Pennsylvanie.
"... Cette zone qui s’étend sur plusieurs Etats -la Pennsylvanie, la Virginie Occidentale, l’Ohio et New York- regorgerait de gaz de schiste. Shell, Exxon, Halliburton, Anardako, Chesapeake Energy et consors n’ont pu résister. Les autorités de Pennsylvanie ont déroulé devant eux un tapis rouge. Et se sont servies au passage. La Pennsylvanie offre une version aboutie d’une démocratie en panne, où le système de collusion entre les grandes entreprises et les élus –finançant ainsi leur campagne- fonctionne à la perfection. En 2010, le gouverneur de l’Etat, le républicain Tom Corbett, aurait touché 1.3 millions de dollars de l’industrie pétrolière et gazière pour financer sa campagne, selon le National Institute on Money in State Politics.
Au début de cette ruée vers l’or, en 2008, les habitants n’ont pas tout compris au film. Les propriétaires terriens ont vu arriver des représentants des grandes firmes déjà citées, leur proposant d’exploiter leurs sous-sols contre un chèque et des royalties sur les bénéfices réalisés. Dans cette région pauvre, où la crise de 2008 n’a rien arrangé, ils ont dit « oui » en masse..."
Il arrive qu'on y manipule l'opinion
_____Mais le lobbying continue chez nous...pour repousser de quelques années la baisse sensible de la production pétrolière.
Total fait dans le volontarisme irréaliste, mais avoue son embarras et son ignorance: "Nous disposons d'énormément de ressources. Le problème, ce ne sont pas les ressources, c'est savoir comment les extraire, d'une manière acceptable." assure son PDG, tout en avançant ses pions: «On a diabolisé la technique de fracturation hydraulique, qui comporte des risques mais que l’on sait maîtriser», déplore Yves-Louis Darricarrère, le patron de la branche exploration et production de Total.
La grande crise est devant nous.
 Sachant le pic pétrolier sans doute atteint, les majors du pétrole font dans l'urgence, prêts à prendre parfois des risques insensés.
____Un certain nombre de compagnies travaillent l’opinion, par le biais de journalistes ignorants ou complaisants.(1)
Malgré l'opposition présidentielle, y a comme une  odeur de schiste schisme dans la majorité
"... Après avoir perdu la première bataille à l’automne, le  gouvernement Fillon validant puis retirant les autorisations d’exploration, les pro gaz de schistes comptent bien prendre leur revanche. Ils ont cette fois-ci un soutien de poids : Arnaud Montebourg. Enfin un soutien… Le ministre du redressement productif sait le sujet explosif. Susceptible de fâcher les Verts tout rouge.  
Mais l’idée de faire de la France un producteur important d’hydrocarbure à tout pour séduire celui qui endosse volontiers les habits gaullo-chevènementiste. Devant le lobby de l’énergie en France qu’est le corps des Mines, Arnaud Montebourg a donc expliqué que l’exploration des gaz des schistes n’étaient pas « pas un sujet interdit ». Non sans prendre quelques pincettes : « L’exploitation des gaz de schistes pose des problèmes environnementaux sérieux. Est ce qu’il y a des évolutions technologiques possibles ? La réponse est oui. Donc, il faut mettre ces questions sur la table et en débattre très tranquillement ». Une approche que ne partage pas vraiment, sa  collègue de l’écologie Delphine Batho.
  La ministre PS ne l’entend pas de cette oreille: « Rien dans l'agenda du gouvernement aujourd'hui n'envisage de revenir sur l'interdiction de la fracture hydraulique », a-t-elle affirmé. C’est la deuxième fois que ca sent le gaz entre le ministère du redressement productif et celui de l’écologie. La deuxième fois sur une question relative à l’or noir. Dans les premiers jours du gouvernements Ayrault, le refus de signer le décret autorisant la Shell et son partenaire Total à forer au large de la Guyane avait couté son portefeuille à Nicolas Bricq. Son successeur à l’écologie, Delphine Batho, n’ignore rien de cette arbitrage venu d’en haut.
Pourtant, comme la plupart des socialistes, et François Hollande plus qu’à son tour durant la primaire PS, Arnaud Montebourg avait pourtant fait son aggiornamento écologiste, lui qui, sur son site, expliquait vouloir « vaincre la résistance des industries polluantes, leur trouver de sérieuses solutions de remplacement, combattre les intérêts financiers considérables de celles qui épuisent les ressources naturelles. » Le ministre du redressement productif semble aujourd’hui plus réceptif aux arguments des pétroliers et des productivistes..."



 




 


 

vendredi 17 janvier 2025

Ça gaze! Toujours plus...

Drill Baby, drill!


     L'heure est au forage forcené aux USA. Et ce n'est pas près de s'arrêter...Surtout pas avec Trump, qui relancera aussi les forages offshore. Il va au charbon.  Premier producteur et premier exportateur, les USA ne vont pas s'arrêter là dans cette nouvelle ruée vers l'or. On en profite.   La guerre des pétroles continue... 


                                                                                                         Malgré tous les risques connus et constatés.  "..L'exploitation massive  des gaz de schiste aux Etats-Unis, à partir des années 2000, a entraîné une chute spectaculaire des prix de l’énergie et la relance, tout aussi spectaculaire, du secteur de la pétrochimie. Ce gaz représente aujourd’hui 35% de la production de gaz aux Etats-Unis, ce qui leur a permis de devenir un pays exportateur de gaz naturel, et sans doute de contester, à terme, la place de la Russie comme premier exportateur de gaz naturel. Mais cet essor sans précédent, qui n’est pas sans rappeler la ruée vers l’or noir, s’est aussi accompagné de nombreuses controverses quant à ses conséquences environnementales...."                         Certains Pensylvaniens, entre autres, en savent quelque chose.                                                            Difficile encore d'imaginer un monde sans pétrole. Jusqu'à la dernière goutte?                                                                                                                        Peu importe l'avenir, il faut forer, même dans les conditions les plus aventureuses. A forages extrêmes, risques extrêmes.  La politique d'Obama a mis quelques bémols à cette frénésie du forage, mais cela n'a pas empêché de continuer à produire, outre les gaz de schistes, un pétrole toujours bon marché, pour peser sur les prix, réduire le pouvoir de l'lOPEP, conserver un statut de nation énergétivore, sous la pression des lobbies.
  Chez les voisins du Nord, dans l'Alberta, on est atteint de la même fièvre, aux dépens d'une nature de plus en plus sinistrée.
    Celui qu'on appelle le  saboteur de Washington, climato-optimiste avéré, n'appréciant guère les scientifiques et la voix de la raison, privilégiant le court-terme, contrairement à ce que l'on fait en Californie, a oublié les terribles leçons de Deepwater. On ne creuse pas impunément de plus en plus profond. Mais priorité aux énergies fossiles!
   Trump n'est pas si fou que cela, il sert bien les intérêts des puissants groupes qui l'ont porté au pouvoir: il relance l’exploitation offshore, au nom de l'América first and alone, malgré les dénis concernant les risques: "Le Bureau de mise en œuvre de la réglementation environnementale (BSEE) estime que l’industrie pétrolière pourrait économiser des centaines de millions de dollars sur dix ans. « En réduisant le fardeau réglementaire sur l’industrie, nous encourageons l’augmentation de la production nationale de pétrole et de gaz tout en maintenant un niveau élevé de sécurité et de durabilité environnementale », déclarait, le 28 décembre 2017, Scott Angelle, le directeur du BSEE, en présentant la future réglementation.
   L’idée générale est que l’industrie peut se réguler elle-même, qu’elle a tiré les leçons de la catastrophe qui a coûté à BP 18,7 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros) en pénalités et dommages et intérêts, et qu’au fond, la nature est plus résiliente qu’on ne le croit.
    C’est le propos que tenait, en décembre 2017, l’universitaire Kelvin Droegemeier, secrétaire d’Etat à la science et à la technologie de l’Oklahoma. Interrogé sur l’irréversibilité ou non du réchauffement climatique, il citait en exemple l’affaire Deepwater Horizon : « Ce fut un désastre environnemental massif, et pourtant, grâce à la digestion microbienne d’une grande partie de la nappe, les impacts sont bien moindres que ce qui était craint. Il n’empêche, il n’est pas sage de tester Mère Nature. » Les associations écologistes contestent cette théorie de « nettoyage » par les microbes avancée dans une étude financée par BP. Elles soulignent au contraire les malformations constatées sur les espèces marines et estiment qu’il faudra au moins une décennie pour réellement évaluer les dégâts de Deepwater sur les écosystèmes."
      Des propos bien sût dénoncés par diverses organisations de défense de l'environnement.
  Contre la course folle aux énergies fossiles redevenue une priorité de sécurité nationale et de redressement économique, promettant d’annuler toutes les « restrictions tueuses d’emplois » et d’ouvrir les terres et les eaux fédéra les à la prospection d’hydrocarbures. Le président élu annonce à ses concitoyens une révolution énergétique, créatrice de millions d’emplois, sans dégrader la qualité de leur air, de leur eau et de leurs habitats naturels.
    Rien de moins.  Mais c'est surtout sous l'ère d'Obama que l’Amérique aura atteint les premiers rangs de la production mondiale de pétrole, aux côtés de l’Arabie saoudite et de la Russie, revenant aux niveaux de 1970, avec un record de 9,6 millions de barils par jour en 2015.
  Ce retour de l’Amérique a ébranlé le pouvoir de l’OPEP et a conduit à l’effondrement du prix du baril en 2014 et son maintien sous la barre des 50 dollars. Certes, la production américaine est redescendue aux alentours de 8,6 millions de barils, mais sous l’effet de la baisse des prix et non pas de « restrictions tueuses d’emplois »."
    La fuite en avant et à risques continue de plus belle  en relançant entre autres deux oléoducs controversés et ne sera pas forcément une bonne affaire pour les intérêts américains. Mais le long terme n'intéresse pas le locataire de la Maison Blanche.

    Le nouveau maître du pétrole a besoins d'être cru pour surmonter les tempêtes qu'il lève régulièrement, de forcer (en vain) le scepticisme des Californiens et les craintes de ceux de Floride, qui ont une certaine mémoire.                                


mardi 2 décembre 2014

Du pétrole et des hommes

Guerre des pétroles
                               On le sait, même si on se bouche les yeux, on va en manquer.
      Inévitablement.
  Quand? Difficile à dire avec précision. Certains spécialistes pensent que le peak oil est déjà dépassé et que nous nous acheminons vers un pétrole rare, donc cher, de plus en plus cher.
   La baisse actuelle de l'essence à la pompe, qui ne reflète qu'en partie la baisse du brut, ne doit pas faire illusion. Elles est liée à une conjoncture particulière, qui n'est qu'une parenthèse, sans doute de courte durée. Si les producteurs de  l'Opep continuent d'ouvrir les vannes en grand, c'est lié à un contexte géopolitique tendu. (*)
   Il y aura toujours du pétrole, mais les conditions d'exploitation de ce qui en reste et de qui reste à découvrir deviendront de plus en plus difficiles, donc coûteuses.
       A l'heure où le problème de la transition énergétique se pose plus que jamais, avec toutes ses incertitudes, où un  changement de cap  s'impose, où la production ne peut plus augmenter, l'avenir est problématique.
     Difficile d'imaginer un monde sans pétrole. Et pourtant il faudra s'adapter et réserver les hydrocarbures restant à des usages nobles.
  Le pétrole ne disparaîtra pas, mais son prix le rendra quasi inaccessible, à un horizon qui n'est pas si lointain.
    L'ancien monde d'une croissance forte soutenue par des bas prix de l'énergie est désormais mort.
Inévitablement, le pic pétrolier affectera votre mode de vie.
   Selon JM Jancovici,"...la discussion sur le pic de production est d'une actualité brûlante pour nous autres européens, et si la "fin du pétrole" n'est pas pour demain (et cette expression devrait être bannie du discours médiatique et politique), la mise en place d'un monde avec de moins en moins de pétrole devrait bien être pour tout de suite..."
    Par certains côtés, c'est une chance.  L'excrément du diable est source de pollution,de gaspillage, de spéculation, de corruption, de dépendance, de guerres...
L'exploitation du gaz de schiste et des schistes bitumineux, notamment en Alberta, fait illusion.
________
                (*) En plus des problèmes d'ordre géologiques et techniques, se greffent des crises, où la spéculation et la  géopolitique  jouent un rôle non négligeable dans la formation des prix.
     Dans le contexte  du moment, le pétrole, plus que jamais,, est devenu une arme.
Actuellement,  l'Arabie Saoudite utilise son pétrole comme une arme politique
  "Le cours du baril de pétrole est maintenant inférieur à 80 dollars, son point le plus bas depuis 4 ans. Un cours aussi bas soulève des questions. Pourquoi l'Arabie Saoudite n’a-t-elle rien fait pour juguler cette baisse? 
  L’OPEP maintient sa production de pétrole inchangée
Même si  le  Deal  Secret  US avec les Saoudiens se retourne contre eux.
   Le  Pétrodollar semble être sur la voie du déclin  Le phénomène de dé-dollarisation continue à s’étendre, et cela surtout au profit de la monnaie chinoise.
           Est-on à l'aube d'un nouvel ordre mondial de l'énergie
_______
- Gaz de schiste, la nouvelle bulle boursière 
L'Etat de New York interdit la fracturation hydraulique
- Gaz de schiste : le film de la bataille de Pologne
-Un monde de brut 
- La Grande Réconciliation commence.. avec le pétrole
Les Etats-Unis ont ouvert une boîte de Pandore du pétrole
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lundi 8 janvier 2018

Trump: forons, forons!

Offshore, of course!
                                Drill, baby!
          C'était le mot d'ordre de Sarah Palin, à l'époque des plus beaux jours des pétroliers texans.
 Le pétrole à tout prix  malgré les risques!
   Peu importe l'avenir, il fallait forer, même dans les conditions les plus aventureuses. A forages extrêmes, risques extrêmes.
      La politique d'Obama a mis quelques bémols à cette frénésie du forage, mais cela n'a pas empêché de continuer à produire, outre les gaz de schistes, un pétrole toujours bon marché, pour peser sur les prix, réduire le pouvoir de l'lOPEP, conserver un statut de nation énergétivore, sous la pression des lobbies.
  Chez les voisins du Nord, dans l'Alberta, on est atteint de la même fièvre, aux dépens d'une nature de plus en plus sinistrée.
    Celui qu'on appelle le  saboteur de Washington, climato-optimiste avéré, n'appréciant guère les scientifiques et la voix de la raison, privilégiant le court-terme, contrairement à ce que l'on fait en Californie, a oublié les terribles leçons de Deepwater. On ne creuse pas impunément de plus en plus profond. Mais priorité aux énergies fossiles!
   Trump n'est pas si fou que cela, il sert bien les intérêts des puissants groupes qui l'ont porté au pouvoir: il relance l’exploitation offshore, au nom de l'América first and alone, malgré les dénis concernant les risques: "Le Bureau de mise en œuvre de la réglementation environnementale (BSEE) estime que l’industrie pétrolière pourrait économiser des centaines de millions de dollars sur dix ans. « En réduisant le fardeau réglementaire sur l’industrie, nous encourageons l’augmentation de la production nationale de pétrole et de gaz tout en maintenant un niveau élevé de sécurité et de durabilité environnementale », déclarait, le 28 décembre 2017, Scott Angelle, le directeur du BSEE, en présentant la future réglementation.
   L’idée générale est que l’industrie peut se réguler elle-même, qu’elle a tiré les leçons de la catastrophe qui a coûté à BP 18,7 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros) en pénalités et dommages et intérêts, et qu’au fond, la nature est plus résiliente qu’on ne le croit.
    C’est le propos que tenait, en décembre 2017, l’universitaire Kelvin Droegemeier, secrétaire d’Etat à la science et à la technologie de l’Oklahoma. Interrogé sur l’irréversibilité ou non du réchauffement climatique, il citait en exemple l’affaire Deepwater Horizon : « Ce fut un désastre environnemental massif, et pourtant, grâce à la digestion microbienne d’une grande partie de la nappe, les impacts sont bien moindres que ce qui était craint. Il n’empêche, il n’est pas sage de tester Mère Nature. » Les associations écologistes contestent cette théorie de « nettoyage » par les microbes avancée dans une étude financée par BP. Elles soulignent au contraire les malformations constatées sur les espèces marines et estiment qu’il faudra au moins une décennie pour réellement évaluer les dégâts de Deepwater sur les écosystèmes."
      Des propos bien sût dénoncés par diverses organisations de défense de l'environnement.
  Contre la course folle aux énergies fossiles redevenue une priorité de sécurité nationale et de redressement économique, promettant d’annuler toutes les « restrictions tueuses d’emplois » et d’ouvrir les terres et les eaux fédéra les à la prospection d’hydrocarbures. Le président élu annonce à ses concitoyens une révolution énergétique, créatrice de millions d’emplois, sans dégrader la qualité de leur air, de leur eau et de leurs habitats naturels.
    Rien de moins.  Mais c'est surtout sous l'ère d'Obama que l’Amérique aura atteint les premiers rangs de la production mondiale de pétrole, aux côtés de l’Arabie saoudite et de la Russie, revenant aux niveaux de 1970, avec un record de 9,6 millions de barils par jour en 2015.
  Ce retour de l’Amérique a ébranlé le pouvoir de l’OPEP et a conduit à l’effondrement du prix du baril en 2014 et son maintien sous la barre des 50 dollars. Certes, la production américaine est redescendue aux alentours de 8,6 millions de barils, mais sous l’effet de la baisse des prix et non pas de « restrictions tueuses d’emplois »."
    La fuite en avant et à risques continue de plus belle  en relançant entre autres deux oléoducs controversés et ne sera pas forcément une bonne affaire pour les intérêts américains. Mais le long terme n'intéresse pas le locataire de la Maison Blanche.
    Le nouveau maître du pétrole a besoins d'être cru pour surmonter les tempêtes qu'il lève régulièrement, de forcer (en vain) le scepticisme des Californiens et les craintes de ceux de Floride, qui ont une certaine mémoire.
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lundi 19 novembre 2012

Gaz de schiste (suite)

 Phase 3: renaissance?
____________________Le débat rebondit régulièrement, les positions se durcissent, sur fond de désinformation et de délire industriel.
En France, contrairement aux USA ou en Pologne , la résistance à la fracturation hydraulique s'est organisée et le refus est devenu pour l'instant position officielle d'Etat (« Dans l’état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement » F.Hollande) Les inconvénients des techniques utilisées jusqu'ici sont enfin pris en compte.
__Mais certains intérêts privés ne démobilisent pas, le lobbying continue, relayé par certains journalistes, et la supposée "nouvelle frontière" énergétique continue de faire rêver à un eldorado industriel, malgré résistances et désillusions en Europe et ailleurs.
On n'y coupera pas, selon certains, ce n'est qu'une question de temps, les enjeux économiques seraient trop forts, la France suivra l'exemple de l'Oncle Sam et  certains "experts", qui, " bien évidemment prêchent pour leur paroisse, (y) font valoir que grâce à l' « indépendance énergétique » procurée aux Etats-Unis par les gaz de schistes, tout un plan de la géopolitique du monde va changer. L'Amérique n'aura plus besoin des pétroles du Moyen-Orient et pourra se désinvestir, y compris militairement, de cette partie du monde où elle accumule les ennemis. Selon l'expression de Raymond Cartier, les sultans arabes n'auront plus qu'à transformer leur pétrole en shampoings. Ne parlons pas de la Russie et de l'Algérie, qui perdront une bonne partie des acheteurs de leur gaz. Par ailleurs, diminuant sa consommation de charbon dont elle est riche, l'Amérique pourra revendre celui-ci à la Chine dont la soif d'énergie est inextinguible et qui se montrera ainsi plus docile. Le Canada bénéficiera des mêmes avantages."
Dès 2020, les USA deviendraient à nouveau les rois du pétrole.
La renaissance industrielle serait à nos portes, il suffit de forer, et encore forer. 
On fantasme sur un potentiel mal connu, en escamotant les effets induits, qui apparaissent au fur et à mesure
Il serait temps d'en finir avec la désinformation.
Vous avez dit Truthland?
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- Les gaz de schiste ou la fausse bonne idée

lundi 3 avril 2017

Trump au charbon

Hard Power en action
                                     Après quelques déboires, la blitzkrieg est repartie.
                  Voilà en effet notre Président( dé)-fonceur qui se met à glorifier le magnifique charbon propre
     Fin du Clean Power Plan!  
       Plus propre que le gaz de schistes?
  Le porte-monnaie des consommateurs d'abord!
Si Trump n'existait pas...
                                ...Il faudrait l'inventer.
           In Trump we trust.
   Bull Trump fait (presque) tout ce qu'il a dit et suit son chemin, la tête dans le sable.
  Pas l'ombre d'un doute, d'une question, même de scepticisme raisonné.
     Réfléchir est une perte de temps... et de business.
   Foin des luttes environnementales et des  «finasseries écolo» (*)
Au moins les choses sont claires
   Et, ça va de soi,  the concept of global warming was created by and for the Chinese in order to make U.S. manufacturing non-competitive...
    L’anti-écologie, c'est la voie à suivre.
        Le court-terme, voilà l'avenir!  Vive le hard power et le business tous azimuts!
Le problème pour Trump est qu'il ne pourra pas détruire la planète à lui tout seul..
_____
______     (*)...Vous allez retrouver vos emplois », assène Trump en se tournant vers cette délégation de Virginie-Occidentale, un État où la promesse de ressusciter le charbon lui avait rapporté 68 % des suffrages le 8 novembre 2016. Trump, le-président-qui-tient-ses-promesses, dépité par le fiasco de sa loi sur l’assurance santé, martyrisé par les juges administratifs qui bloquent ses décrets anti-immigrants, et toujours aux prises avec ses affaires russes, espère redresser ses sondages par un nouveau retour au bon vieux temps de la campagne électorale. Mais ses mesures sont bien réelles.
      Une semaine après son arrivée, le boss a abrogé un décret d’Obama interdisant le déversement des déchets des mines dans les cours d’eau. Il a nommé un climatosceptique acharné à la tête de l’Agence de protection de l’environnement – un Scott Pruitt capable de nier le rôle du CO2 dans le réchauffement planétaire –. Puis, il a proposé de sabrer de 31 % le budget de la même agence. Donald Trump annonce aujourd’hui une “révision majeure” du Clean Power Plan, le plan pour l’énergie propre lancé par Barack Obama en 2015 qui vise à réduire de plus de 30 %, avant 2030 la production de gaz à effet de serre par les centrales électriques américaines, dont plus d’un tiers fonctionnent encore au charbon.
     Son décret supprime aussi les objectifs nationaux de réduction des échappements automobiles. Il abolit l’interdiction des mines et forages sur les terres détenues par l’État fédéral. Il prohibe la prise en compte de l’impact sur le réchauffement planétaire dans les décisions du gouvernement en matière économique et industrielle.  
    Le message est clair. Il annonce la fin des « réglementations tueuses d’emploi » et de « l’ère des finasseries écolo », mais il mise avant tout, une nouvelle fois, sur un effet d’annonce ébouriffant. Car le Clean Power Plan n’est tout simplement pas encore entré en vigueur. Faute de pouvoir le faire voter par le Congrès en 2010, en pleine récession américaine, Obama a utilisé la voie réglementaire quatre ans plus tard, se référant à une vague loi-cadre sur l’environnement pour faire imposer par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) la priorité aux énergies renouvelables pour la production électrique du pays.
     Le décret Obama a été immédiatement attaqué en justice par 28 États, majoritairement républicains, et par les centaines d’entreprises membres du puissant lobby des énergies fossiles. Son sort était jusqu’alors entre les mains de juges saisis de plaintes pour excès de pouvoir et aurait pu, au bout du compte, être tranché par la Cour suprême. Parmi les plaignants figure toujours… l’actuel quasi-ministre de l’environnement de Trump, Scott Pruitt lui-même, patron de l’EPA qui, du temps où il était procureur général de l’Oklahoma, un État gazier par excellence, avait déposé 14 plaintes contre les mesures écologiques d’Obama.  
    Le décret de Trump se veut une Blitzkrieg contre « le canular du réchauffement planétaire » qu’il dénonçait à longueur de campagne. Mais il expose maintenant la Maison Blanche à de longues tractations légales. La loi exige que le décret supprimé soit remplacé par de nouvelles mesures alternatives, la porte ouverte à autant de recours des défenseurs de l’environnement. Dix-huit États américains et une dizaine d’associations avaient déjà déposé leur propre recours pour le maintien du Clean Power Plan. Le tollé des organisations citoyennes annonce une nouvelle offensive médiatique et judiciaire.
     Quant aux suppressions des normes sur la pollution automobile, elles conduisent déjà à l’annonce par plusieurs États, dont la toute-puissante Californie, du maintien, voire du renforcement de leurs réglementations locales, qui pourraient fermer leur marché aux constructeurs automobiles récalcitrants.
      Donald Trump a aussi promis de ressusciter l’industrie du charbon. Forte de 250 000 salariés dans les années 1980, ce secteur n’en emploie plus que 77 000 aujourd’hui, un déclin dû moins aux exigences du gouvernement qu’à l’essor du gaz naturel, produit en masse et à des prix considérablement inférieurs grâce au recours généralisé à la fracturation hydraulique. Les mines existantes sont des PME déjà menacées en Virginie-Occidentale ou dans le Wyoming, ou des exploitations à ciel ouvert très mécanisées dont les nouveaux plans de charge fourniront peu d’emplois supplémentaires. Plus encore, si le décret aide à ouvrir de nouvelles mines sur les terres fédérales, la surproduction risque d’accélérer la chute des cours du charbon et de mettre en péril les petites exploitations existantes.
      Il n’empêche. La première victoire de Trump est avant tout psychologique et idéologique. Les États-Unis, déjà confrontés à des difficultés sérieuses pour se conformer aux objectifs de la COP21, n’ont que peu de chances d’atteindre cet objectif si leur action en faveur de l’environnement est paralysée pendant quatre ou huit ans....(Mediapart)
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