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mardi 3 février 2026

Détricotage

 Arrière toutes!

     Le climat attendra. Les affaires et le profit d'abord...

               Pour les objectifs climatiques, on verra demain... Attendons!. 

               "...A Davos, mardi 20 janvier, Emmanuel Macron n’a pas seulement marqué les esprits avec ses lunettes de soleil. Il a eu aussi des mots importants sur la France et l’Europe, attachées « à l’indépendance, aux Nations unies et à sa charte ». Dans ce vieux pays et ce Vieux Continent, on préfère encore « le respect aux brutes » et la « science au complotisme », a lancé le président de la République française.     Ce n’est pas la première fois que M. Macron critique implicitement les Etats-Unis de Donald Trump en s’érigeant en défenseur de la science. Dans le contexte actuel de montée des populismes climatosceptiques, alors que le président américain coupe les financements de la recherche, bannit des thématiques d’études et répète que le réchauffement climatique serait un « canular », le chef de l’Etat français a raison : les pays européens restent des refuges pour les scientifiques.                               Mais l’Europe et la France, sous la pression d’extrêmes droites qui cherchent à instrumentaliser les colères d’une partie de la population contre les élites, ne sont pas à l’abri d’une dérive plus sournoise. La comparaison avec les Etats-Unis, flatteuse, ne saurait faire oublier les récents reculs environnementaux décidés au mépris de la vérité scientifique. Jeudi 29 janvier, une proposition de loi réautorisant la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer, « principales victimes de la bonne conscience écologique », a été votée au Sénat. L’initiative est venue d’un groupe centriste proche du gouvernement et contredit à la fois la loi Hulot de 2017, les engagements d’Emmanuel Macron et les avis des scientifiques qui préconisent d’arrêter tout nouveau forage pour limiter le changement climatiqueSi cette proposition de loi aura du mal à passer à l’Assemblée nationale, le gouvernement a, mardi, préféré reporter le vote de la loi simplification. En l’état, le texte revient sur les zones à faibles émissions et amoindrit les objectifs du zéro artificialisation net, des mesures ambitieuses de la loi Climat et résilience de 2021.   Et il aura suffi de quelques centaines de tracteurs dans les rues de Paris pour que le premier ministre, Sébastien Lecornu, annonce, le 13 janvier, une loi d’urgence agricole pour « enlever des boulets aux pieds des agriculteurs », selon les termes du ministère de l’agriculture. Au menu, de nouveaux affaiblissements des mesures de protection environnementale, par exemple sur le loup et la biodiversité, sans oublier un inquiétant « moratoire des décisions sur l’eau », suspendant l’ensemble des évolutions réglementaires en cours. Comme lors de la crise agricole de l’hiver 2024, le gouvernement a cédé à de nombreuses demandes des syndicats agricoles sans associer les scientifiques et les associations de défense de l’environnementSur tous ces sujets, le gouvernement est soit trop faible pour imposer sa ligne, soit manque de courage, soit préfère les intérêts économiques aux enjeux écologiques… Il n’a en tout cas pas compris que l’époque a changé et que l’enjeu environnemental devient de plus en plus urgent. Si le malaise agricole et les différentes tensions provoquées par les mesures vertes méritent des réponses, il est plus que jamais nécessaire de mettre tous les acteurs autour de la table : les représentants des filières, les citoyens mais aussi la science..."                                                                                                                             Celle-ci serait-elle une opinion comme une autre, comme on le pense dans les sphères trumpiennes?  On n'est pas à une contradiction près.... Il est vrai que le combat contre le réchauffement climatique, qui va s'imposer de plus en plus comme une urgence absolue, n'effleure que très peu ou seulement très formellement le monde de l'industrie et de l'agrobusiness. Le réveil sera dur....

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lundi 20 juillet 2026

Au mépris de la science?

Et de la vie

                             Les circonstances climatiques que nous vivons devraient nous inciter une nouvelle fois à prendre des mesures rapides et efficaces pour redonner à notre agriculture de nouvelles orientations, qui ne soient pas purement productivistes, au nom de l'exportation et de la baisse des prix, de sortir de l'agrobusiness, dont on voit aujourd'hui les effets sur l'environnement. L'alerte vient de loin et les mesures en cours ne vont pas dans le bon sens., que ce soit en ce qui concerne les problèmes du manque d'eau dramatiquement en cours ou la qualité des sols qui se dégradent, compromettant l'avenir.                                                               __  Trop d'intérêts à court terme vont dans le sens contraire de principes souvent proclamés, parfois en haut lieu. Les aides accordées aux exploitations plus écologiques sont peu à peu rognées. La possibilité d'utiliser ou de réutiliser des produits d'ordre phytosanitaires sont élargis. Bref, c'est un grand bond en arrière, qu'applaudissent les lobbies agricoles les plus puissants, profitant d'une représentation au Sénat leur étant plutôt favorable, notamment par la voix de M Duplomb, salué par la FNSEA. Les risques sont déniés.                                                  ___     Des mesures souvent contestées. Des lois ou des projets de loi qui rencontrent de moins en moins de résistance dans les milieux affairistes et conservateurs. Les lois dites d'urgence agricole sont à peine débattues ou abordées à la sauvette. Les partisans de l'agriculture productivistes n'ont jamais eu autant le vent en poupe, à l'heure où l'indifférence gagne du terrain. C'est une régression, en attendant que nous en payions les frais du point de vue sanitaire et environnemental.                                               Comme je le signalais il y a peu: Qu'attendre de la nouvelle loi?

             Une régression. Le doute rationnel n'est plus un rempart. Les lobbies veillent...

                       Les risques, bien réels, son déniés.  Aux USA: la déréglementation devient totale. L'écologie est en berne.


[_ Des alternatives sont possibles _]

                                      Aux dépends des agriculteurs eux-mêmes.


                                  " ...Voulons-nous d’un “printemps silencieux” ? C’est la question que devraient se poser ce mercredi tous les parlementaires, alors que se tient à l’Assemblée un débat sur la “loi Duplomb”. Ce texte, qui prévoyait notamment la réintroduction de certains néonicotinoïdes, a été adopté mais censuré par le Conseil constitutionnel.
                2 131 368 ! C’est le nombre de Français qui ont signé la pétition lancée l’été dernier contre la “loi Duplomb”, qui prévoyait la réintroduction de pesticides nocifs pour les insectes pollinisateurs. Le succès de cette initiative populaire a rendu possible le débat qui s’est tenu aujourd’hui au Parlement. Il devait notamment avoir pour objectif d’évaluer les enjeux du principe de précaution et les moyens de protéger les agriculteurs contre la concurrence étrangère… tout en restant seulement informatif. La loi destinée à “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” a en effet déjà été adoptée – et la réintroduction de ces pesticides censurée par le Conseil constitutionnel, considérant que le législateur doit “veiller à ce que les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne compromettent pas la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins”. Cette décision fait directement écho à l’impératif du philosophe Hans Jonas, formulé en 1979 dans Le Principe responsabilité : “Agis de telle sorte que tes actions soient compatibles avec la permanence d’une vie authhentiquement humaine sur la Terre” !

                        "Le sénateur Duplomb a cependant de l’aplomb… Il a déposé en février une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’usage de deux de ces pesticides. L’élu joue non seulement des incertitudes scientifiques qui entoureraient leurs effets – à la manière des “marchands de doute” dont parle l’historienne des sciences Naomi Oreskes –, mais il réactive aussi une fausse opposition entre l’économie et l’écologie. Or, ce que montrent les études scientifiques, ce sont plutôt les effets délétères de l’usage de ces pesticides pour l’économie elle-même. Le biologiste Marc-André Selosse, dans un bref essai qui vient tout juste de paraître De la biodiversité comme un humanisme (Libelle-Seuil), rappelle d’abord que les maladies liées à la pollution de l’environnement coûtent cher à la communauté. Mais “la perturbation de la fonction de pollinisation par les insectes affecte aussi la rentabilité […]. D’ores et déjà, selon les estimations, de 28 à 61 % des écosystèmes agricoles manquent de pollinisateurs, et cela limite la production, surtout pour les myrtilles, le café et les pommes. Le manque à gagner annuel est estimé, selon l’IPBES [Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques], entre 230 et 580 milliards d’euros par an”. Le problème n’est donc pas que de santé publique, il est aussi économique. Et philosophique ? "... (Philosophie magazine)  
      ___ Aujourd'hui: Urgence agricole  ___     
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vendredi 29 mai 2026

Le poulet français bat de l'aile

 Est-ce ainsi que les poulets vivent?

                                                   Et que les hommes se nourrissent..

      La malbouffe est aujourd'hui pas chère, dans le  marécage alimentaire qui nous est proposé, quand on est pressé ou fauché comme un étudiant. Il faut bien survivre. Tout le monde ne peut s'offrir un poulet de Bresse, élevé comme un prince.                        Du côté de la majorité des poulets pas chers, c'est le plus souvent la folie.   Une malbouffe pas comme les autres, bien adaptée aux tout petits budgets.     Vive la concurrence internationale!   Mais pas de quoi faire ripaille....   


                                                   " ...Pour répondre à l’appétit grandissant pour la viande de poulet en Europe, la Pologne a tout misé sur les élevages intensifs, qui alimentent notamment la France. Mais près de la moitié des poulaillers industriels du pays exerceraient sans autorisation, selon une récente enquête du média The Bureau of Investigative Journalism. Des méga-fermes fantômes, qui font peser une menace sanitaire et environnementale sur l’ensemble des consommateur·ices du continent.                                                                                                              Master Poulet, Chicken Street, Tasty Crousty… Depuis quelques années, les chaînes de fast-food spécialisées dans le poulet se déploient à toute vitesse dans les grandes villes. La recette de leur succès ? Des pilons rôtis ou des « tenders » (bâtonnets) frits vendus seulement quelques euros, et promus par une myriade de vidéos sur les réseaux sociaux.              

     Un élément reste cependant bien mystérieux : l’origine de la viande utilisée par ces enseignes. Interrogé récemment sur le sujet, le dirigeant de Master Poulet, qui compte une cinquantaine de points de vente en France, avoue que sa volaille « vient principalement de Pologne et d'Espagne », sans plus de précisions. Voilà quelques années que le poulet consommé en France est en effet majoritairement importé, principalement de Pologne. Le pays en a livré pas moins de 648 540 tonnes en 2025, selon les données des douanes françaises compilées par Disclose. Entier ou désossé, frais ou congelé, vivant ou mort, le poulet polonais est acheminé en France par camion, sous toutes ses formes.       
               Face à la hausse de la demande, le nombre d’élevages intensifs se multiplie dans le pays, dans la plus grande opacité. Une enquête publiée en mars dernier par le média britannique The Bureau of Investigative Journalism révèle que près de la moitié des poulaillers industriels de Pologne exercent sans autorisation administrative. Ils ne sont, de fait, jamais contrôlés par les services sanitaires, ni par les inspecteur·ices de l’environnement.                                                                                                                         Des bactéries mortelles pour les humain·es.
Janek fait partie des victimes de ce défaut de surveillance. Alors qu’il est âgé de 11 mois, le nourrisson qui vit à Czepielin, un village de l’est de la Pologne, est touché par un mal soudain. « Au départ, le médecin nous a rassuré·es en nous disant que ce n'était qu'un mal de gorge », témoigne sa mère. Mais l’état de Janek se dégrade rapidement. Sa peau devient jaune, la fièvre monte en flèche et les vomissements ne s’arrêtent plus. Le bébé frôle la mort.    
       D’autres enfants du village sont frappés par les mêmes troubles. Devant l’inaction des autorités, les habitant·es mènent l’enquête. Ils apprennent qu’en trois ans, leur eau potable a été contaminée à huit reprises par des bactéries E. coli, des coliformes et des entérocoques. Autant de pathogènes causant des troubles digestifs ou cardiaques, qui peuvent s’avérer mortels. Très vite, les habitant·es suspectent un élevage avicole géant, qui borde le captage d’eau du village, d’être à l’origine de la pollution. Après avoir alerté l’administration locale, les villageois·es découvrent que l’élevage a multiplié les infractions : il ne disposait d’aucun permis de rejets de polluants, ni de captage d’eau ou d’épandage. Et alors qu’il était censé accueillir au maximum 70 000 volailles, il en a hébergé jusqu’à 120 000.                                                             Le cas de cette méga-ferme est loin d’être isolé. En Pologne, près de la moitié des élevages industriels de poulet ne disposent d’aucun permis de rejets de polluants, d’après l’enquête du Bureau of Investigative Journalism. La faute à un empilement d’administrations, régionales et nationales, qui estiment que l’identification des fermes non-enregistrées « ne fait pas partie de leurs missions », comme l’explique un fonctionnaire. Une faille administrative aux conséquences dramatiques : aucune inspection n’est menée dans ces fermes fantômes. De quoi mettre en danger les riverain·es, comme le petit Janek, mais aussi les consommateur·ices finaux·ales de poulet.                                                      
­ En France aussi, des élevages hors de contrôle.
    Car, et c’est là une autre spécificité des méga-fermes polonaises, les animaux y reçoivent des doses d’antibiotiques particulièrement élevées. Selon le Bureau of Investigative Journalism, un poulet polonais est traité en moyenne pendant la moitié de ses six semain
es de vie. La Pologne est, de fait, le troisième pays d’Europe qui recourt le plus à ce type de médicaments dans l’agriculture, derrière l’Espagne et Chypre. Administrés pour éviter la prolifération de maladies, les antibiotiques rendent les bactéries toujours plus résistantes aux médicaments, autant chez les animaux que pour les humains qui les côtoient ou qui les mangent. Une « antibiorésistance » que l’Organisation mondiale de la santé considère comme l'une des principales menaces sanitaires pour l'humanité.   
­     Est-ce à dire que le poulet élevé en France est plus vertueux que son voisin polonais ? Pas forcément. Si la quantité d’antibiotiques utilisée y est quatre fois plus faible qu’en Pologne, les élevages français ne sont pas épargnés par les problèmes sanitaires. À commencer par la grippe aviaire, dont plus de 100 foyers ont été identifiés ces derniers mois, faisant de la France le deuxième pays le plus touché en Europe. Favorisée par la concentration des animaux, la désormais célèbre « grippe A » est transmissible aux humains.
­  Autre entaille dans la communication bien huilée du lobby français de la volaille : la souffrance animale. En 2024, plus de la moitié des contrôles du ministère de l’agriculture dans les poulaillers industriels ont détecté des « non-conformités » en matière de bien-être animal. Et encore, ces chiffres ne concernent que les élevages inspectés cette année-là par les autorités. Soit 0,03 % du total des poulaillers, selon les données compilées par Disclose. Qu’elles soient en Pologne ou en France, les méga-fermes mettent en danger le vivant dans son ensemble. À contre-courant, le projet de loi d’urgence agricole, présenté il y a quelques jours par le gouvernement, veut faciliter leur agrandissement au nom de la « souveraineté alimentaire ».                       Lire l’enquête du Bureau of Investigative Journalism [en anglais] [Merci à Disclose]        ___________________________