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mercredi 11 février 2026

Duplomb...dans l'aile

Qu'attendre de la nouvelle loi?

             Une régression. Le doute rationnel n'est plus un rempart. Les lobbies veillent...

                       Les risques, bien réels, son déniés.  Aux USA: la déréglementation devient totale. Ecologie en berne.


_ Des alternatives sont possibles _

                                      Aux dépends des agriculteurs eux-mêmes.


                                  " ...Voulons-nous d’un “printemps silencieux” ? C’est la question que devraient se poser ce mercredi tous les parlementaires, alors que se tient à l’Assemblée un débat sur la “loi Duplomb”. Ce texte, qui prévoyait notamment la réintroduction de certains néonicotinoïdes, a été adopté mais censuré par le Conseil constitutionnel.
                2 131 368 ! C’est le nombre de Français qui ont signé la pétition lancée l’été dernier contre la “loi Duplomb”, qui prévoyait la réintroduction de pesticides nocifs pour les insectes pollinisateurs. Le succès de cette initiative populaire a rendu possible le débat qui s’est tenu aujourd’hui au Parlement. Il devait notamment avoir pour objectif d’évaluer les enjeux du principe de précaution et les moyens de protéger les agriculteurs contre la concurrence étrangère… tout en restant seulement informatif. La loi destinée à “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” a en effet déjà été adoptée – et la réintroduction de ces pesticides censurée par le Conseil constitutionnel, considérant que le législateur doit “veiller à ce que les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne compromettent pas la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins”. Cette décision fait directement écho à l’impératif du philosophe Hans Jonas, formulé en 1979 dans Le Principe responsabilité : “Agis de telle sorte que tes actions soient compatibles avec la permanence d’une vie authhentiquement humaine sur la Terre” !



      "Le sénateur Duplomb a cependant de l’aplomb… Il a déposé en février une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’usage de deux de ces pesticides. L’élu joue non seulement des incertitudes scientifiques qui entoureraient leurs effets – à la manière des “marchands de doute” dont parle l’historienne des sciences Naomi Oreskes –, mais il réactive aussi une fausse opposition entre l’économie et l’écologie. Or, ce que montrent les études scientifiques, ce sont plutôt les effets délétères de l’usage de ces pesticides pour l’économie elle-même. Le biologiste Marc-André Selosse, dans un bref essai qui vient tout juste de paraître De la biodiversité comme un humanisme (Libelle-Seuil), rappelle d’abord que les maladies liées à la pollution de l’environnement coûtent cher à la communauté. Mais “la perturbation de la fonction de pollinisation par les insectes affecte aussi la rentabilité […]. D’ores et déjà, selon les estimations, de 28 à 61 % des écosystèmes agricoles manquent de pollinisateurs, et cela limite la production, surtout pour les myrtilles, le café et les pommes. Le manque à gagner annuel est estimé, selon l’IPBES [Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques], entre 230 et 580 milliards d’euros par an”. Le problème n’est donc pas que de santé publique, il est aussi économique. Et philosophique ? "... (Philosophie magazine)            ______________________________

lundi 20 juillet 2026

Au mépris de la science?

Et de la vie

                             Les circonstances climatiques que nous vivons devraient nous inciter une nouvelle fois à prendre des mesures rapides et efficaces pour redonner à notre agriculture de nouvelles orientations, qui ne soient pas purement productivistes, au nom de l'exportation et de la baisse des prix, de sortir de l'agrobusiness, dont on voit aujourd'hui les effets sur l'environnement. L'alerte vient de loin et les mesures en cours ne vont pas dans le bon sens., que ce soit en ce qui concerne les problèmes du manque d'eau dramatiquement en cours ou la qualité des sols qui se dégradent, compromettant l'avenir.                                                               __  Trop d'intérêts à court terme vont dans le sens contraire de principes souvent proclamés, parfois en haut lieu. Les aides accordées aux exploitations plus écologiques sont peu à peu rognées. La possibilité d'utiliser ou de réutiliser des produits d'ordre phytosanitaires sont élargis. Bref, c'est un grand bond en arrière, qu'applaudissent les lobbies agricoles les plus puissants, profitant d'une représentation au Sénat leur étant plutôt favorable, notamment par la voix de M Duplomb, salué par la FNSEA. Les risques sont déniés.                                                  ___     Des mesures souvent contestées. Des lois ou des projets de loi qui rencontrent de moins en moins de résistance dans les milieux affairistes et conservateurs. Les lois dites d'urgence agricole sont à peine débattues ou abordées à la sauvette. Les partisans de l'agriculture productivistes n'ont jamais eu autant le vent en poupe, à l'heure où l'indifférence gagne du terrain. C'est une régression, en attendant que nous en payions les frais du point de vue sanitaire et environnemental.                                               Comme je le signalais il y a peu: Qu'attendre de la nouvelle loi?

             Une régression. Le doute rationnel n'est plus un rempart. Les lobbies veillent...

                       Les risques, bien réels, son déniés.  Aux USA: la déréglementation devient totale. L'écologie est en berne.


[_ Des alternatives sont possibles _]

                                      Aux dépends des agriculteurs eux-mêmes.


                                  " ...Voulons-nous d’un “printemps silencieux” ? C’est la question que devraient se poser ce mercredi tous les parlementaires, alors que se tient à l’Assemblée un débat sur la “loi Duplomb”. Ce texte, qui prévoyait notamment la réintroduction de certains néonicotinoïdes, a été adopté mais censuré par le Conseil constitutionnel.
                2 131 368 ! C’est le nombre de Français qui ont signé la pétition lancée l’été dernier contre la “loi Duplomb”, qui prévoyait la réintroduction de pesticides nocifs pour les insectes pollinisateurs. Le succès de cette initiative populaire a rendu possible le débat qui s’est tenu aujourd’hui au Parlement. Il devait notamment avoir pour objectif d’évaluer les enjeux du principe de précaution et les moyens de protéger les agriculteurs contre la concurrence étrangère… tout en restant seulement informatif. La loi destinée à “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” a en effet déjà été adoptée – et la réintroduction de ces pesticides censurée par le Conseil constitutionnel, considérant que le législateur doit “veiller à ce que les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne compromettent pas la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins”. Cette décision fait directement écho à l’impératif du philosophe Hans Jonas, formulé en 1979 dans Le Principe responsabilité : “Agis de telle sorte que tes actions soient compatibles avec la permanence d’une vie authhentiquement humaine sur la Terre” !

                        "Le sénateur Duplomb a cependant de l’aplomb… Il a déposé en février une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’usage de deux de ces pesticides. L’élu joue non seulement des incertitudes scientifiques qui entoureraient leurs effets – à la manière des “marchands de doute” dont parle l’historienne des sciences Naomi Oreskes –, mais il réactive aussi une fausse opposition entre l’économie et l’écologie. Or, ce que montrent les études scientifiques, ce sont plutôt les effets délétères de l’usage de ces pesticides pour l’économie elle-même. Le biologiste Marc-André Selosse, dans un bref essai qui vient tout juste de paraître De la biodiversité comme un humanisme (Libelle-Seuil), rappelle d’abord que les maladies liées à la pollution de l’environnement coûtent cher à la communauté. Mais “la perturbation de la fonction de pollinisation par les insectes affecte aussi la rentabilité […]. D’ores et déjà, selon les estimations, de 28 à 61 % des écosystèmes agricoles manquent de pollinisateurs, et cela limite la production, surtout pour les myrtilles, le café et les pommes. Le manque à gagner annuel est estimé, selon l’IPBES [Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques], entre 230 et 580 milliards d’euros par an”. Le problème n’est donc pas que de santé publique, il est aussi économique. Et philosophique ? "... (Philosophie magazine)  
      ___ Aujourd'hui: Urgence agricole  ___     
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lundi 21 juillet 2025

Pas contente, Maya!

 Il n'y a pas que les abeilles

Soutien aux méga bassines, réautorisation des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles, autorisation de drones pulvérisateurs de pesticides, facilitation d'implantation d'élevage intensif, limitation du contrôle démocratique : le profit avant la vie –
Le texte qui a été voté ce mardi 28 janvier, intitulé "Lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur" - un titre bien vendeur- est un recul énorme pour le vivant, la santé publique, l'agriculture et la démocratie. Et pourtant, il a été adopté à l'unisson par tous les sénateurs macronistes, LR et RN. Encore une preuve de leur symbiose idéologique. Marie-Lise Brice, porte-parole de la Confédération paysanne 43 a réagi : "On peut mettre autant de pesticides qu'on veut, ils n’arrêteront ni la pluie, ni le gel printanier, ni les problèmes climatiques locaux". Mais le but n'est pas de trouver des solutions à ces problèmes, mais simplement de faire fructifier les bénéfices de l'industrie phytosanitaire et de l'agro-industrie.
🟢Un texte par et pour les industriels de la FNSEA
Ce texte est porté par le Sénateur LR Laurent Duplomb, qui était président de la FNSEA de la chambre d’agriculture de Haute-Loire et membre du conseil de surveillance de Candia, géant de l'industrie laitière.
De son côté, Annie Genevard, ministre de l'agriculture ultra conservatrice, raciste, transphobe et paillasson de la FNSEA a apporté son plein soutien au projet de loi. Rappelons le, cette dame qui réclamait une amende de 50.000 euros pour les militants et militantes filmant les élevages industriels, avait pour suppléant en tant que députée Éric Liégeon, ancien secrétaire général et vice-président de la FNSEA du Doubs. Ce projet de loi a donc été cadré par la FNSEA. En somme, ce projet de loi est directement écrit par le lobby agro-industriel. Composé de 6 articles, il est un cocktail de mesures qui sont de véritables bombes environnementales.
🟢Aperçu du désastre
L'article 1 scelle la victoire totale de l'industrie phytosanitaire. Il "revient sur la séparation de la vente et du conseil des produits phytopharmaceutiques, une mesure jugée contreproductive". Contreproductive pour qui ? Les industriels des pesticides. En effet, depuis 8 ans, il était interdit aux vendeurs de pesticides d'être également conseillers auprès des agriculteurs et agricultrices sur le sujet : le simple bon sens pour éviter le conflit d'intérêt et permettre un choix éclairé. Ce même article rend facultatif le conseil stratégique sur les pesticides. Après tout, pourquoi s'embêter à se renseigner sur les produits dangereux qui vont contaminer nos sols pour des décennies ?
Par contre, l'article réautorise les "remises, rabais et ristournes à l'occasion de la vente de produits phytopharmaceutiques". Cette mesure n'a qu'un seul objectif : faciliter la vente de grandes quantités de pesticides et d'engrais, permettre aux industriels de se gaver au détriment de tout le reste. La logique néolibérale tous azimut. Empoisonner les sols, l'eau, le vivant, la nourriture qui nous fait vivre, c'est rentable. Le média Reporterre rappelle que la France est déjà le deuxième pays à utiliser le plus de pesticides en Europe. Mais ça, Monsieur Duplomb se garde de le mentionner.
L'article 2 s'attaque au contre pouvoir démocratique en permettant au ministre de l'Agriculture de "suspendre, dans certaines conditions, une décision de l'Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail – en matière d'homologation de produits phytopharmaceutiques". Il autorise également la pulvérisation de pesticides par drones, et le grand retour des néonicotinoïdes, ces terribles insecticides tueurs d'abeilles interdits depuis 2018 après des années de lutte.
Les syndicats apicoles, qui fabriquent le miel, sont vent debout devant cette réautorisation qui les mène droit dans le mur. Un "mur de la honte" qu'ils ont décidé de matérialiser devant la permanence de Monsieur Duplomb le 1er février : "Le mur de Berlin symbolisait la scission du monde en deux idéologies. C’est bien cette opposition qui sera représentée".
L'article 3 va permettre de faciliter l'installation de fermes usines ultra polluantes en instaurant une simplification des règles. En France déjà aujourd'hui, 60% des animaux d'élevage sont concentrés dans 3% des fermes. On est bien loin du fantasme de la défense des petits éleveurs et éleveuses, un mythe mis en avant par la droite. Les recours légaux sont également rendus plus difficiles.
L'article 5 est un soutien massif aux méga bassines et un recul énorme dans la définition des zones humides. Mais surtout, il introduit un changement gravissime dans la hiérarchie des usages de l'eau. Ainsi, l'agriculture passerait en seconde position des usages prioritaires, devant la préservation de la vie aquatique et des rivières. Une mesure qui va encore une fois à l'encontre de toutes les études scientifiques sur le cycle de l'eau. Donald Trump a son "Drill baby drill" – «Fore, chéri, fore» en anglais, un slogan républicain pour intensifier l'exploitation d'hydrocarbures – pour les industriels du pétrole. Chez nous, c'est "pompe, chéri pompe" pour les agriculteurs irrigants, qui ne représentent que 6 à 10% des agriculteurs. Une mesure absurde, alors même que la méga bassine de Saint-Soline a été déclarée illégale il y a quelques semaines seulement, et que la gestion de l'eau devient chaque année un enjeu de plus en plus conflictuel.
Enfin, l'article 6 affaiblit grandement l'OFB, l'office français de la biodiversité qui serait tenu "de privilégier la procédure administrative, pour éviter autant que faire se peut des procédures judiciaires, ces dernières ayant pu être jugées infamantes". Cet office vérifie par exemple si les agriculteurs n'utilisent pas de produit chimiques interdits ou ne dépassent pas les seuils de pesticides. Autrement dit, laissez les pollueurs polluer tranquilles. Encore une fois, les macronistes et l'extrême droite qui dénoncent en permanence le « laxisme » des autorités en matière de délinquance sont en train de démanteler la police de l'environnement – déjà bien démunie – pour garantir l'impunité totale des pollueurs et de la délinquance écologique.
C'est donc ce texte, qui nous fait faire un bond en arrière phénoménal, qui a été voté cette nuit. Une nouvelle pièce dans la machine de destruction du vivant.
_____"... Le socialiste Jean-Claude Tissot, lui-même agriculteur et membre de la Confédération paysanne, a dénoncé avec cette PPL « un contresens historique » et « un populisme rétrograde en rupture totale avec la transition écologique », et rappelle qu’en avril 2023, le directeur scientifique de l’Inrae avait été auditionné dans l’enceinte du Sénat. « Il nous avait expliqué que l’acétamipride est pire que l’imidaclopride [autre néonicotinoïde interdit – ndlr], et que c’était le chlordécone de l’Hexagone, relate le sénateur de la Loire. Ce que vous faites s’appelle de l’obscurantisme. Vous niez la science car vous mettez le rendement économique devant tous les paramètres. Qu’allez-vous dire à nos petits-enfants qui vont subir des dérèglements hormonaux ? » (MDP)

mercredi 29 janvier 2025

Détours

 1 __ La honte et le pilori

2 __Les chemins de la cocaïne

4__ Un monde de fou                            

5__ En famille

6 __ Exclusion et/ou  protection?

7  __  Marche arrière ____________ Sus aux écolos !  ______

                PROPOSITION DE LOI VOTÉE AU SÉNAT : PERMIS DE TUER POUR L'AGRO-INDUSTRIE

– Soutien aux méga bassines, réautorisation des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles, autorisation de drones pulvérisateurs de pesticides, facilitation d'implantation d'élevage intensif, limitation du contrôle démocratique : le profit avant la vie –
Le texte qui a été voté ce mardi 28 janvier, intitulé "Lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur" - un titre bien vendeur- est un recul énorme pour le vivant, la santé publique, l'agriculture et la démocratie. Et pourtant, il a été adopté à l'unisson par tous les sénateurs macronistes, LR et RN. Encore une preuve de leur symbiose idéologique. Marie-Lise Brice, porte-parole de la Confédération paysanne 43 a réagi : "On peut mettre autant de pesticides qu'on veut, ils n’arrêteront ni la pluie, ni le gel printanier, ni les problèmes climatiques locaux". Mais le but n'est pas de trouver des solutions à ces problèmes, mais simplement de faire fructifier les bénéfices de l'industrie phytosanitaire et de l'agro-industrie.
🟢Un texte par et pour les industriels de la FNSEA
Ce texte est porté par le Sénateur LR Laurent Duplomb, qui était président de la FNSEA de la chambre d’agriculture de Haute-Loire et membre du conseil de surveillance de Candia, géant de l'industrie laitière.
De son côté, Annie Genevard, ministre de l'agriculture ultra conservatrice, raciste, transphobe et paillasson de la FNSEA a apporté son plein soutien au projet de loi. Rappelons le, cette dame qui réclamait une amende de 50.000 euros pour les militants et militantes filmant les élevages industriels, avait pour suppléant en tant que députée Éric Liégeon, ancien secrétaire général et vice-président de la FNSEA du Doubs. Ce projet de loi a donc été cadré par la FNSEA. En somme, ce projet de loi est directement écrit par le lobby agro-industriel. Composé de 6 articles, il est un cocktail de mesures qui sont de véritables bombes environnementales.
🟢Aperçu du désastre
L'article 1 scelle la victoire totale de l'industrie phytosanitaire. Il "revient sur la séparation de la vente et du conseil des produits phytopharmaceutiques, une mesure jugée contreproductive". Contreproductive pour qui ? Les industriels des pesticides. En effet, depuis 8 ans, il était interdit aux vendeurs de pesticides d'être également conseillers auprès des agriculteurs et agricultrices sur le sujet : le simple bon sens pour éviter le conflit d'intérêt et permettre un choix éclairé. Ce même article rend facultatif le conseil stratégique sur les pesticides. Après tout, pourquoi s'embêter à se renseigner sur les produits dangereux qui vont contaminer nos sols pour des décennies ?
Par contre, l'article réautorise les "remises, rabais et ristournes à l'occasion de la vente de produits phytopharmaceutiques". Cette mesure n'a qu'un seul objectif : faciliter la vente de grandes quantités de pesticides et d'engrais, permettre aux industriels de se gaver au détriment de tout le reste. La logique néolibérale tous azimut. Empoisonner les sols, l'eau, le vivant, la nourriture qui nous fait vivre, c'est rentable. Le média Reporterre rappelle que la France est déjà le deuxième pays à utiliser le plus de pesticides en Europe. Mais ça, Monsieur Duplomb se garde de le mentionner.
L'article 2 s'attaque au contre pouvoir démocratique en permettant au ministre de l'Agriculture de "suspendre, dans certaines conditions, une décision de l'Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail – en matière d'homologation de produits phytopharmaceutiques". Il autorise également la pulvérisation de pesticides par drones, et le grand retour des néonicotinoïdes, ces terribles insecticides tueurs d'abeilles interdits depuis 2018 après des années de lutte.
Les syndicats apicoles, qui fabriquent le miel, sont vent debout devant cette réautorisation qui les mène droit dans le mur. Un "mur de la honte" qu'ils ont décidé de matérialiser devant la permanence de Monsieur Duplomb le 1er février : "Le mur de Berlin symbolisait la scission du monde en deux idéologies. C’est bien cette opposition qui sera représentée".
L'article 3 va permettre de faciliter l'installation de fermes usines ultra polluantes en instaurant une simplification des règles. En France déjà aujourd'hui, 60% des animaux d'élevage sont concentrés dans 3% des fermes. On est bien loin du fantasme de la défense des petits éleveurs et éleveuses, un mythe mis en avant par la droite. Les recours légaux sont également rendus plus difficiles.
L'article 5 est un soutien massif aux méga bassines et un recul énorme dans la définition des zones humides. Mais surtout, il introduit un changement gravissime dans la hiérarchie des usages de l'eau. Ainsi, l'agriculture passerait en seconde position des usages prioritaires, devant la préservation de la vie aquatique et des rivières. Une mesure qui va encore une fois à l'encontre de toutes les études scientifiques sur le cycle de l'eau. Donald Trump a son "Drill baby drill" – «Fore, chéri, fore» en anglais, un slogan républicain pour intensifier l'exploitation d'hydrocarbures – pour les industriels du pétrole. Chez nous, c'est "pompe, chéri pompe" pour les agriculteurs irrigants, qui ne représentent que 6 à 10% des agriculteurs. Une mesure absurde, alors même que la méga bassine de Saint-Soline a été déclarée illégale il y a quelques semaines seulement, et que la gestion de l'eau devient chaque année un enjeu de plus en plus conflictuel.
Enfin, l'article 6 affaiblit grandement l'OFB, l'office français de la biodiversité qui serait tenu "de privilégier la procédure administrative, pour éviter autant que faire se peut des procédures judiciaires, ces dernières ayant pu être jugées infamantes". Cet office vérifie par exemple si les agriculteurs n'utilisent pas de produit chimiques interdits ou ne dépassent pas les seuils de pesticides. Autrement dit, laissez les pollueurs polluer tranquilles. Encore une fois, les macronistes et l'extrême droite qui dénoncent en permanence le « laxisme » des autorités en matière de délinquance sont en train de démanteler la police de l'environnement – déjà bien démunie – pour garantir l'impunité totale des pollueurs et de la délinquance écologique.
C'est donc ce texte, qui nous fait faire un bond en arrière phénoménal, qui a été voté cette nuit. Une nouvelle pièce dans la machine de destruction du vivant.
_____"... Le socialiste Jean-Claude Tissot, lui-même agriculteur et membre de la Confédération paysanne, a dénoncé avec cette PPL « un contresens historique » et « un populisme rétrograde en rupture totale avec la transition écologique », et rappelle qu’en avril 2023, le directeur scientifique de l’Inrae avait été auditionné dans l’enceinte du Sénat. « Il nous avait expliqué que l’acétamipride est pire que l’imidaclopride [autre néonicotinoïde interdit – ndlr], et que c’était le chlordécone de l’Hexagone, relate le sénateur de la Loire. Ce que vous faites s’appelle de l’obscurantisme. Vous niez la science car vous mettez le rendement économique devant tous les paramètres. Qu’allez-vous dire à nos petits-enfants qui vont subir des dérèglements hormonaux ? » (MDP)
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samedi 31 mai 2025

Ecologie en berne

Vers une grande régression?

     En matière de normes écologiques, cela semble se vérifier jour après jour. Comme si cela représentait des contraintes qui empêchaient de vivre et de se développer en rond, sans grand souci d'avenir, d'impacts de nos actions individuelles et collectives sur notre milieu de vie, en fonction des seuls intérêts économiques du moment. Un peu d'écologie, mais pas trop. Pour faire beau, semble-t-il...Or c'est l'avenir de la vie, la nôtre en particulier, dont il est question, si on se réfère au sens étymologique du mot.  La priorité est ailleurs                    Des mesures pourtant fondamentales, acquises de haute lutte, semble avoir aujourd'hui avoir DuPlomb dans l'aile...du fait de la situation économique du moment, des dénis  en cours, non seulement à la Maison Blanche, mais aussi dans les milieux d'affaires, jusque dans nos campagnes, malgré les résistances qui peinent à se faire entendre. La biodiversité est en péril. "... Dès janvier, François Bayrou, fraîchement nommé à Matignon, tapait fort et dénigrait, devant l’ensemble de la représentation nationale, la police environnementale en reprenant les éléments de langage des syndicats FNSEA et Coordination ruraleOnt suivi une loi d’orientation agricole droitisée par le Sénat, des propositions de loi aussi venues de la chambre haute pour réintroduire des insecticides dévastateurs et enterrer les objectifs du « zéro artificialisation nette », un texte pour ré-autoriser l’épandage par drones de pesticides dans les bananeraies des Antilles et les vignes de l’Hexagone, une loi de simplification économique pour supprimer toute une série de garde-fous environnementaux. Et le dernier épisode en date montre que ce pouvoir veut aller vite. Lundi soir, il n’était même plus question de suivre la procédure parlementaire et de donner la parole à l’opposition. Dans une manœuvre concertée entre Les Républicains (LR), le centre et la macronie, une disposition inédite a été actionnée afin de contourner l’Assemblée Nationale, avec le soutien unanime du Rassemblement National (RN).              Et c’est bien ce dernier qui tire son épingle du jeu. Car l’acétamipride, cet insecticide tueur d’abeilles qui revient avec le texte « Duplomb » ne lui est pas inconnu : il y a deux ans, une proposition de loi du RN demandait déjà son retour dans les champs..."                         __   Le grand détricotage est en route. Le grand aveuglement aussi. Il n'y a pas que l'effet des pesticides sur notre santé et notre reproduction. L'affaire de tous. Une dérégulation qui ne sera pas sans conséquences à l'échelle planétaire.       "...Les défenseurs de l’agriculture productiviste n’ont jamais eu autant le vent en poupe. Un an après le début de la colère agricole, rapidement instrumentalisée par les syndicats FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA) et la Coordination rurale pour faire avancer leur agenda, l’heure est au détricotage des réglementations environnementales.                      Objectif ? redonner à la « ferme France » sa « compétitivité » en la libérant des « normes ». Le droit de l’environnement ? une contrainte qui nous empêcherait de produire davantage, là où il s’agit de protéger notre santé – et celle des agricultrices et des agriculteurs en premier lieu –, et de préserver nos écosystèmes. Mais qu’importent les insectes, les arbres, les cours d’eau, les sols… quand il s’agit de faire avancer une politique à (très) courte vue sans égard pour l’intérêt général ?

Image EDITO      C’est ainsi que dans sa version arrivée mardi 4 février au Sénat, la loi d’orientation agricole examinée ces jours-ci introduit une notion nouvelle : la « non-régression de la souveraineté alimentaire ». Comprendre : il faut opposer à la non-régression du droit environnemental une exception pour la production alimentaire.
    Ce principe inscrit dans la loi, qui voulait qu’en matière environnementale, on ne peut qu’aller vers le mieux, pourrait donc être remis en cause, et la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, soutient les sénateurs et les sénatrices sur ce point. « Il nous faut un changement de cap. C’est désormais l’autonomie stratégique que nous visons », a-t-elle dit lors de son discours introductif mardi soir.
    Opposer environnement et production alimentaire est un leitmotiv des syndicats productivistes comme de la droite et de l’extrême droite. Comme s’il fallait choisir l’un ou l’autre. Comme si l’on ne savait pas cultiver de manière écologique, comme si ce mode de production ne se pratiquait pas déjà en France et sur une large partie de la planète.
   Le sénateur Laurent Duplomb, corapporteur de la loi agricole et lui-même ancien président FNSEA de chambre d’agriculture, est l’une des figures de proue de ce clivage. En croisade contre « l’obscurantisme vert », cet élu Les Républicains est parvenu à faire passer, la semaine dernière, sa proposition de loi qui réintroduit – entre autres – les néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles.
    Ce clivage est aussi au cœur du discours de la Coordination rurale, qui a mené la danse de la colère agricole, allant au-devant des revendications de la FNSEA-JA jusqu’aux dernières heures de la campagne pour les élections syndicales agricoles. Ce syndicat en guerre contre les « normes », nous l’avons révélé dans notre enquête, s’est profondément métamorphosé depuis deux ans, au prix d’une brutalisation de ses équipes en interne et de rapprochements avec l’extrême droite.
    La stratégie coup de poing de la Coordination rurale portera-t-elle ses fruits ? Sans attendre les résultats du scrutin, une chose est sûre : son discours anti-écolo a gagné énormément d’espace dans les médias et infuse dans la société..." _________

lundi 14 juillet 2025

Régression manifeste

 Grand bond en arrière

                      Et rupture démocratique.    ___ Sale temps pour le climat

            Au nom de la croissance...La biodiversité menacée, comme la santé humaine.  Une catastrophe pour beaucoup.   Dans le cadre d'un écologie en berne, les dispositions de la loi portant le nom du sénateur de Haute Loire, dont le contenu est explosif,  ne passent pas dans le milieux où domine le souci d'une agriculture raisonnée, soucieuse d'avenir. "...Les défenseurs de l’agriculture productiviste n’ont jamais eu autant le vent en poupe..." : soutien aux méga-bassines, , réautorisation des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles, autorisation de drones pulvérisateurs de pesticides, facilitation d'implantation d'élevage intensif, limitation du contrôle démocratique Une loi qui va alimenter les fractures. La FNSEA a imposé ses règles. aux dépends des risques sanitaires avérés.

        « “Vous êtes les alliés du cancer et on le fera savoir. Ce sont les mots lancés mardi par Fleur Breteau, fondatrice du collectif de malades Cancer Colère, aux 316 députés qui ont voté pour la proposition de loi Duplomb. Cette dernière consiste, entre autres, à ré-autoriser des insecticides comme l’acétamipride, connu pour tuer les abeilles… et pour présenter des risques pour la santé humaine. Ce vote m’évoque une histoire qui contient le mot “saloperie”.    “Mais comment vous faites pour choper des saloperies pareilles ?” Je me souviens très précisément de cette phrase prononcée par l’une des infirmières qui me soignait lorsque je suis moi-même tombée malade, en 2011. Le “vous” désignait tous les patients du service et sans doute plus largement tous les gens très malades. J’avais trouvé la phrase brutale, et en même temps, j’avais conscience que ces mots cachaient en réalité une grande empathie, car cette soignante, certes un peu bourrue, était surtout la gentillesse même. Quand elle disait “Comment vous faites pour choper des saloperies pareilles ?”, je savais qu’elle ne s’adressait pas à “nous”, les malades. Elle faisait comme tout le monde quand la maladie surgit : elle cherchait un coupable.


               Dans mon cas, le coupable tenait en un mot : pesticides. C’est en tout cas la seule raison qui avait été mentionnée par les médecins, à l’époque. Voilà. J’avais ma cause. J’avais un truc à haïr. J’avais le nom de la saloperie qui avait créé l’autre saloperie (celle pour laquelle on me soignait). C’était abstrait, lointain, sans visage, et je suis rapidement passée à autre chose. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas que ça à faire. Parce que la maladie est avant tout un drame personnel. Comme l’écrit la philosophe Claire Marin, elle est une expérience intime, elle s’enfonce au cœur du sujet, s’y enlise, au point de se mêler profondément et douloureusement à son sentiment d’identité (La Maladie, catastrophe intime, PUF, 2014).

       Quand les traitements commencent, on n’a plus le temps d’être indigné. On arrête de chercher un coupable. On cesse d’en vouloir à la terre entière (quand bien même ce serait littéralement de la terre, et de ceux qui la rendent toxique, que vient le problème). Petit à petit, on s’approprie une idée insatisfaisante, qui finit presque par devenir apaisante : c’est la faute à personne. C’est injuste, mais c’est comme ça. On ne peut pas se permettre d’ajouter de la rage à la peine. C’est pourquoi les malades ne sont pas des animaux politiques. On n’a jamais vu des manifestations de personnes alitées sur des brancards, avec des pieds à perfusion en guise de pancartes. D’ailleurs, l’image du combat, quand il s’agit de la maladie, m’a toujours parue stupide. J’ai horreur de ces images de crabes géants qu’il faudrait combattre comme de bons petits soldats avec des épées.

              La maladie, je crois, n’est jamais une question de courage. Comme tous les patients, Fleur Breteau n’a pas choisi de tomber malade. Elle n’est pas courageuse parce qu’elle a un cancer. En revanche, hier à l’Assemblée nationale, elle a eu la force de combattre cette idée parfois fausse : celle de la “faute à pas de chance”. Elle a souligné que la catastrophe intime de la maladie était aussi une catastrophe politique, et une question de santé publique. Elle a brisé le cercle confortable du fatalisme. Elle a fait sortir tous les malades actuels et à venir de leur chambre. Enfin, elle a répondu à la question que m’avait posée cette infirmière : “Mais d’où peut bien venir cette saloperie ?” De ceux qui votent les lois Duplomb. »                 ____________________

jeudi 31 juillet 2025

Ça commence à bien faire...

    Comme disait l'ami Sarko

           Comme répètent les amis de Duplomb de la FNSEA

                    Ou ça commence à inquiéter?



jeudi 6 février 2025

Agriculture et écologie

Arrière, toutes!

    Moins de contraintes... au nom du marché.

                Il n'y a pas que les produits phytosanitaires



Environnement versus agriculture, le faux dilemme
Les défenseurs de l’agriculture productiviste n’ont jamais eu autant le vent en poupe. Un an après le début de la colère agricole, rapidement instrumentalisée par les syndicats FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA) et la Coordination rurale pour faire avancer leur agenda, l’heure est au détricotage des réglementations environnementales.                      Objectif ? redonner à la « ferme France » sa « compétitivité » en la libérant des « normes ». Le droit de l’environnement ? une contrainte qui nous empêcherait de produire davantage, là où il s’agit de protéger notre santé – et celle des agricultrices et des agriculteurs en premier lieu –, et de préserver nos écosystèmes. Mais qu’importent les insectes, les arbres, les cours d’eau, les sols… quand il s’agit de faire avancer une politique à (très) courte vue sans égard pour l’intérêt général ?Image EDITOC’est ainsi que dans sa version arrivée mardi 4 février au Sénat, la loi d’orientation agricole examinée ces jours-ci introduit une notion nouvelle : la « non-régression de la souveraineté alimentaire ». Comprendre : il faut opposer à la non-régression du droit environnemental une exception pour la production alimentaire.
    Ce principe inscrit dans la loi, qui voulait qu’en matière environnementale, on ne peut qu’aller vers le mieux, pourrait donc être remis en cause, et la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, soutient les sénateurs et les sénatrices sur ce point. « Il nous faut un changement de cap. C’est désormais l’autonomie stratégique que nous visons », a-t-elle dit lors de son discours introductif mardi soir.
    Opposer environnement et production alimentaire est un leitmotiv des syndicats productivistes comme de la droite et de l’extrême droite. Comme s’il fallait choisir l’un ou l’autre. Comme si l’on ne savait pas cultiver de manière écologique, comme si ce mode de production ne se pratiquait pas déjà en France et sur une large partie de la planète.
   Le sénateur Laurent Duplomb, corapporteur de la loi agricole et lui-même ancien président FNSEA de chambre d’agriculture, est l’une des figures de proue de ce clivage. En croisade contre « l’obscurantisme vert », cet élu Les Républicains est parvenu à faire passer, la semaine dernière, sa proposition de loi qui réintroduit – entre autres – les néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d’abeilles.
    Ce clivage est aussi au cœur du discours de la Coordination rurale, qui a mené la danse de la colère agricole, allant au-devant des revendications de la FNSEA-JA jusqu’aux dernières heures de la campagne pour les élections syndicales agricoles. Ce syndicat en guerre contre les « normes », nous l’avons révélé dans notre enquête, s’est profondément métamorphosé depuis deux ans, au prix d’une brutalisation de ses équipes en interne et de rapprochements avec l’extrême droite.
    La stratégie coup de poing de la Coordination rurale portera-t-elle ses fruits ? Sans attendre les résultats du scrutin, une chose est sûre : son discours anti-écolo a gagné énormément d’espace dans les médias et infuse dans la société..." _________