Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 22 mai 2019

Si vous m'appelez "docteur"...


Bernés par Bernays?

                 C'est tout un art que celui  de l'influence, de la persuasion et du conditionnement.
      Pour le meilleur ou pour le pire.
  Agir sur les esprits par toutes sortes de biais, notamment médiatiques, est devenu tellement courant et banal qu'on ne s'en rend souvent même plus compte. Dans toutes sortes de domaines.
    C'est ainsi que nous sommes, de manière non critique, conditionnés  à suivre telle injonction, à faire confiance à telle recommandation supposée bonne pour nous, parfois avec une caution présentée comme scientifique.
     La publicité use et abuse de procédés, toujours renouvelés, pour conditionner des habitudes de vie par des produits valorisés comme positifs, pour notre bien et parfois notre santé. Avec une prétendue caution scientifique et parfois l'utilisation de blouses blanches autoproclamées médicales.
    C'est ainsi que les Américains, les premiers, ont été incités à changer leurs modes de petit déjeuner et leurs habitudes alimentaires (pour leur bien) et même à se livrer aux délices de la cigarette et de boissons énergisantes, comme Coca-Cola.
   C'était l'époque où l'industrie alimentaire voulait se tailler des parts de marché en jouant sur le conditionnement des esprits. Plus tard, furent vantés aussi comme nécessaires les produits phytosanitaires, notamment le glyphosate, présentés comme salvateurs par des experts dûment rétribués. Il y avait de tels marchés, presque illimités...
    Bernays, au début du 20° siècle, fut la première personne a voir compris l'importance de la parole et de l'image pour inciter la publicité à prendre conscience de ses moyens et de son avenir, la malléabilité de l'esprit humain étant ce qu'il est. Le principe de compétence et d'autorité étant valorisé par l'apparition de la bouse blanche sur les écrans, pour faire vendre aussi bien du dentifrice que des produits alimentaires au bénéfice discutable.
   L'image incontesté du "docteur" s'impose, qui fait autorité.
Commence le règne de l'organisation systématique de l'influence, naïve puis subtile, qu'un auteur récent qualifie d'opération de lobbytomie.
    On ne parle plus de propaganda, on fait appel à des notions plus subtiles tirées du monde de la communication supposée neutre. On ne conditionne plus le consommateur, on l'informe, par le truchement de la blouse blanche, s'il le faut, en allant contre les résistances et les doutes. 
     Le bonheur du consommateur repose sur sa confiance, même s'il doit abandonner sa citoyenneté. Les relations publiques étaient nées. L'inconscient était au service du marché.  Avec une efficacité parfois redoutable.
   Une vraie fabrique du consentement.
  D'autres, moins scrupuleux que Bernays, sauront s'en inspirer pour le conditionnement des foules

[Textes et images]
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mardi 21 mai 2019

Le cas Bannon

Graine de division
                              Une météorite?
    Il a pris son bâton de pèlerin.
         Pour aller prêcher la bonne parole.
    Mais pas celle qui rassemble. Celle qui divise.
 Pour régner? Ou pour mieux faire régner les intérêts de son pays, Les pires du moment.
       Il est entré facilement dans le ventre mou d'une Europe sans consistance, qui se fractionne elle aussi. Il a juste à enfoncer le coin pour aider les tendances au repli, au surgissement des purs intérêts nationaux, souvent xénophobes.

      L'ancien militant de Tea Party, l'admirateur de Maurras, l'ex-conseiller de Trump a des repères et des références. Sous son air bonhomme et négligé, il n'est pas né de la dernière pluie.  Il sait à quoi il joue.
     A la manoeuvre, il n'est pas sûr de faire aboutir son projet. Il devient parfois gênant, voire sulfureux pour certains partis qui l'accueillent.
      Militant de l'ombre, il fait tout pour atomiser la fragile Union européenne. Une Union qui  se disloque sous nos yeux, du moins sous ses formes actuelles. Il est temps d'en reconstruire une autre.
   Il n'est heureusement pas sûr que le grand fédérateur arrive à ses fins.  Mais il aura soufflé sur les braises, au profit des plus conservateurs et réactionnaires de ses compatriotes. L'Europe unie est devenue un obstacle économique pour les intérêts à court terme de l'Oncle Sam jouant l'air du protectionnisme sans vision autre qu'électorale.
     Il se veut seulement conseiller bénévole, mais il cache bien son jeu.
  On s'interroge encore sur ses réelles motivations, mais le pèlerin de l'ombre ne se lasse pas de faire la tournée des capitales européennes. Le tremblement de terre annoncé n'aura pas lieu, mais il fait ce qu'il peut pour faire bouger les lignes...
___________"...Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, a prédit samedi 18 mai un « tremblement de terre » lors des résultats des élections européennes avec l’émergence d’un grand groupe populiste au Parlement de Strasbourg. Si Marine Le Pen a pris ses distances avec lui, son action continue de susciter l'attention. Il fut l’un des stratèges de la spectaculaire victoire de Trump en 2016, puis conseiller spécial avant d’être « remercié » en août 2017. Tenue négligée, éternelle barbe de trois jours. « Steve le débraillé », comme le surnomme Donald Trump dans ses tweets rancuniers, ne laisse pourtant rien au hasard. À 64 ans, Stephen K. Bannon (son vrai nom) cultive son image d’agitateur. 
Génie de la communication pour les uns ; dangereux complotiste pour les autres. Qui est Steve Bannon ? Proche de l’alt-right, il a déroulé les thèses de l’ultra droite raciste dans des documentaires, puis fait du site Breitbart News un brûlot nationaliste. Il s’est investi aussi dans Cambridge Analytica. Cette société d’analyses de données sera accusée, plus tard, d’avoir utilisé ses informations pour propulser Trump à la Maison-Blanche.
    Élu, le Président Donald Trump a imposé son ex-directeur de campagne comme conseiller mais ce dernier a dérapé, mis en doute les choix de son boss sur la présence américaine en Afghanistan, son attitude face à la Corée… Sept mois plus tard, il a « démissionné ».
    Puis, ses confidences sur Trump à l’écrivain Michael Wolff (Fire and Fury) lui ont coûté son poste à Breitbart, en janvier 2018. Qu’importe. Bannon le catholique poursuivra sa « défense de l’Occident judéo-chrétien » en Europe. Il y a posé des jalons dès 2014 en s’alliant au Britannique Nigel Farage, chef du parti d’extrême droite Ukip.
Hasard ? Trois mois après le lancement d’un Breitbart London, Ukip s’impose aux européennes. En 2016, au lendemain du vote sur le Brexit, Farage jubile : « Merci Bannon ! Vous nous avez aidés. Énormément. »Tricard aux États-Unis, le sulfureux Steve Bannon entend rebondir en Europe. Fin juillet 2018, dans une interview au site Daily Beast, l’idéologue a annoncé l’ouverture d’une fondation, baptisée « Le Mouvement », à Bruxelles.
     Son ambition ? Fédérer tous les partis d’extrême droite européens pour former un « super-groupe » capable de renverser l’échiquier politique aux élections de mai 2019.
Dans la revue Society, il promet de « mener une guerre culturelle » capable de déstabiliser l’ordre libéral européen.En mettant à leur disposition sa « machine de guerre » et le savoir-faire qui a, selon lui, propulsé Donald Trump à la Maison-Blanche. Ciblage électoral, réalisation de sondages, conseils en communication, élaboration des programmes de campagne, etc.
     Bannon se pose en philanthrope des extrêmes. Et joue les rabatteurs. Voilà des mois qu’il arpente l’Europe en quête de soutiens, auprès du Hongrois Viktor Orban, des ultraconservateurs du PiS polonais, des Allemands de l’AfD, comme du think thank catholique intégriste Dignitatis Humanae Institute. Invité par Marine Le Pen au Congrès du FN, en mars, il s’y est fendu d’une déclaration enflammée à… sa nièce Marion Maréchal, rencontrée dès février au grand raout des conservateurs américains, à Washington. Il prédit « un grand avenir » à cette « Jeanne d’Arc du mouvement ».
 Samedi 18 mai, Steve Bannon a affirmé être un « conseiller informel » de Marine Le Pen pour battre Emmanuel Macron. « Mon rôle est de faire des connexions, de donner des conseils généraux. Je leur ai par exemple soufflé l’idée que Macron organisait un référendum sur lui-même », souligne-t-il.
     Interrogée sur sa proximité avec Steve Bannon, Marine Le Pen a réfuté lundi 20 avril de toute collusion avec une puissance étrangère. « Nous nous sommes rapprochés de lui parce que c’est un ancien financier et nous cherchions une banque européenne pour pouvoir trouver un financement. Nous lui avons donc demandé s’il connaissait une banque européenne. Lui non plus n’a pas trouvé »a-t-elle expliqué. Steve Bannon « n’est pas un conseiller politique » du Rassemblement national, affirme Marine Le Pen.
      C’est en Italie qu’il place ses plus grands espoirs : dès mars 2018, avant même la formation du nouveau gouvernement, il est venu féliciter Matteo Salvini (Lega, extrême droite). De retour en juin, il a salué Rome comme le nouveau « centre de la politique mondiale.."
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lundi 20 mai 2019

Autodafé

Il arrive qu'on brûle les livres
                                       Ou qu'on les retire et les interdise parce que jugés dangereux pour le pouvoir.
 La liberté de l'esprit que représente l'écriture, la culture sous toutes ses formes, est toujours à préserver, à maintenir vivante.

   Certains aujourd'hui encore se vantent de ne jamais lire un livre et entretiennent la défaite de la pensée, souvent déjà bien mise à mal.
     Non sans arrière-pensées.
 Un peuple de non lecteurs indépendants est déjà un peuple soumis.
       Certains le savent bien. Voltaire déjà le disait. L'autocensure suit souvent la censure.
     Penser est toujours dangereux, pour le pouvoir qui se veut arbitraire.
       Il existe une politique du livre
              Trump et Bolsonaro et d'autres... en savent quelque chose.
     
           ..... Face à l'intelligence, la brutalité n'est pas un choix, mais un expédient. Ainsi Jair Bolsonaro, président du Brésil, multiplie-t-il les attaques contre la vie intellectuelle. Sa décision, confirmée le 26 avril, de diminuer les budgets alloués aux sciences sociales et aux humanités est l'aboutissement d'une passion pour la destruction qu'il avait, dès sa campagne, dévoilée. Cette attitude rappelle celle de Donald Trump qui, dès la fin de l'année 2017, annonçait la suppression de subventions pour des théâtres, des cours de musique, de danse, d'ateliers de lecture, etc., que l'État finançait afin que des personnes défavorisées y aient accès. Bolsonaro et Trump présentent ces réformes comme « rationnelles ». Elles sont, en fait, le seul remède à leur ignorance. Parce qu'ils ne comprennent rien à la vie de l'esprit, ils en veulent la mort....
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dimanche 19 mai 2019

En quelques mots

- La dette étudiante pèse lourdement sur l'avenir.
     Pas seulement aux USA

Google, outil de marketing bien particulier

-  Bolsonaro: l'opposition enfin.

- Liberté et journalisme: au sujet du Yemen

- Golden London
          Le paradis pour les ultra riches. Un eldorado, où domine l'espace privé.
              Pas seulement pour les oligarques russes.
                  Les inégalités y sont patentes.
___________________[Belle, mais inégalitaire]


samedi 18 mai 2019

Du côté d'Athènes

Il semblerait...
                Il semblerait... que la Grèce aille mieux, qu'elle amorce une sorte de virage. (*)
   Certains signes positifs de redressement se manifesteraient.
      (Le conditionnel étant toujours de rigueur, surtout après une période si longue de marasme, de déceptions, de souffrances collectives...)
   Enfin, pas pour tout le monde.
La raison serait-elle revenue dans ce pays en errance depuis des années, sous le coup des circonstances et des assauts bancaires et politiques, d'une politique européenne de gribouille, de pressions allemandes insoutenables.
   Même si la situation est encore difficile, la pays étant descendu bien bas, on constate nombre de signes positifs, qui font espérer un avenir enfin meilleur, un engrenage positif, un cercle vertueux. Du pire ne pouvait venir que du meilleur (relatif)...L'assainissement était nécessaire, mais la purge imposée aura été d'une extrême violence sociale et sanitaire.
   L'aide extérieure est moins nécessaire et l'emprunt devient plus facile
     Le taux de chomage, encore très élevé, redescend peu à peu. Les affaires reprennent, du moins dans les villes.
  Le problème majeur est la confiance et les signes positifs reviennent.
  Un nouvel horizon se profile, dit-on en haut-lieu à Athènes,   L'importance du tourisme ne se démentant pas.
Une embellie qu'on ne peut négliger, même si l'euphorie est encore loin, et s'il reste nombre de problèmes en suspens, comme on le voit plus bas.
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                (*)  "....De nombreux Grecs en ont énormément voulu à Tsipras d’avoir alors transformé le oxi (non) en nai (oui). Ils n’ont pas compris, ont pensé que le nouveau mémorandum d’austérité imposé par les Européens était le pire jamais signé par Athènes, que le gouvernement Syriza allait conduire le pays à sa perte.
       Quatre ans plus tard, beaucoup ont changé d’avis. « Ce gouvernement, au moins, essaye », entend-on souvent. Même dans les rangs de groupuscules d’extrême gauche, comme Antarsya, certains vont voter Syriza aux élections européennes, par peur de voir la droite revenir aux manettes : la cote de popularité de Nouvelle Démocratie est remontée ces derniers temps, et son registre nationaliste s’est durci depuis la vague d’arrivées des exilés en 2015, puis le débat, cette année, autour de l’accord trouvé avec la Macédoine voisine.
      Dernièrement, certains membres de l’aile gauche de Syriza, fâchés par le recentrage de Tsipras, sont également revenus vers le parti.
      De fait, pour la première fois depuis le début de la crise, un début de politique sociale a été mis sur pied. Cela avait commencé dès les premiers mois de 2015 avec la mise en place d’une aide humanitaire pour les plus démunis. Puis cela s’est développé ces deux dernières années : allocations logement, cartes d’achats créditées tous les mois de 100 à 500 euros en fonction des ressources, allocation de solidarité… Les foyers les plus frappés par la crise ont pu relever la tête tandis que le salaire minimum a été rehaussé de 11 % (avec objectif de rétablir progressivement le niveau d’avant la crise, soit 740 euros brut par mois), et les indemnités chômage rallongées de trois à six mois.
     « Nous avons permis à 2,5 millions de personnes qui n’étaient plus couvertes par la Sécurité sociale de retrouver une couverture santé, souligne la députée (Syriza) Anneta Kavvadia. Désormais, tout le monde a accès à l’hôpital public et nous avons supprimé le ticket modérateur qui avait été introduit par les gouvernements précédents. C’est une réforme caractéristique de la gauche : personne à droite, où l’on prône le système privé, n’avait cette ambition. Dans cette société de classes, nous avons choisi d’être du côté de ceux qui sont le plus bas dans l’échelle sociale. »
     Dans près de 1 000 écoles, situées dans les quartiers difficiles du pays, des repas chauds sont désormais distribués gratuitement, et 153 000 enfants en bénéficient. Après huit années de gel des embauches dans la fonction publique, les recrutements ont par ailleurs repris, à hauteur d’une embauche pour chaque départ en retraite.
    « Nous avons pu, parallèlement au mémorandum, mettre en place d’autres mesures », explique le numéro 2 du gouvernement et ministre de l’économie Yannis Dragassakis dans un entretien à Mediapart à paraître dans les prochains jours.
    Au-delà de ces gestes, qui peuvent être qualifiés de mesurettes au regard de l’ampleur du désastre social qu’a connu la Grèce, qui a vu son PIB s’effondrer de 25 % en six ans, le gouvernement Tsipras a essayé de s’attaquer aux intérêts des mastodontes industrialo-médiatiques du pays. L’une de ses premières réformes d’ampleur a été d’imposer le paiement des licences d’émission par les chaînes de télévision privées, qui ne s’en étaient pas acquittées jusque-là.
      Effet de la politique gouvernementale ou de la conjoncture, les chiffres macroéconomiques sont par ailleurs favorables à la majorité : la Grèce est sortie de la récession en 2017, sa croissance frôle aujourd’hui les 2 % de PIB et, sous le mandat de Syriza, le chômage est passé de 27 % à 18 %.
     Dans la capitale, cafés et tavernes ne désemplissent pas. De nouvelles enseignes ne cessent d’ouvrir quand, il y a quatre ans, les panneaux « fermé » ou « à louer » se multipliaient sur les rideaux tirés des boutiques. Après dix années de stagnation, l’activité dans le bâtiment a repris et la deuxième ligne de métro va bientôt être rallongée de trois stations pour desservir enfin une partie des quartiers populaires de la banlieue ouest d’Athènes…
                     Cependant, la plupart des emplois créés ces deux dernières années sont temporaires ou à temps partiel et sont beaucoup moins rémunérateurs qu’avant la crise.
      Christos Giovanopoulos a été, à partir de 2011, l’une des figures centrales de la coordination des différents collectifs de solidarité qui ont émergé dans tous le pays (collectes et distribution de nourriture, de vêtements, de médicaments, consultations médicales, soutien scolaire…) – initiative rapidement soutenue par Syriza, alors dans l’opposition. Aujourd'hui, il dénonce un « développement à plusieurs vitesses. Sur le plan urbain, cela se traduit par une gentrification accélérée sur le mode le plus ultralibéral que l’on puisse imaginer. Athènes est en train de se scinder entre un centre touristique, phagocyté par les loueurs d’Airbnb, et des quartiers périphériques dans lesquels rien n’a changé ».
      La seule mesure qu’a prise le gouvernement pour contenir l’expansion du marché Airbnb, qui pose maintenant des problèmes aux Grecs pour se loger – sans parler des réfugiés –, a été de limiter les locations de courte durée à 60 jours par an et les revenus locatifs à trois appartements par foyer fiscal. Mais entre-temps, des entreprises se sont constituées pour louer des dizaines de logements à la fois et tout un business s’est développé.
      « Sur le plan économique, poursuit Christos (à lire aussi dans la revue Vacarme), cette politique se traduit par un écart de plus en plus important entre les différentes couches de la société. Le nombre de travailleurs pauvres est en train d’augmenter : 40 % de la société se trouve à la limite, ou au-dessous, du seuil de pauvreté. » Quant aux chiffres du chômage, ils sont trompeurs : ils cachent une émigration massive des jeunes Grecs à l’étranger...."
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vendredi 17 mai 2019

Où va EDF?

Incertitudes.
                     Pour Jupiter, travail d'Hercule.
                                    A l'heure de profondes remises en question, l'horizon n'est pas clair pour la veille maison, qui se trouve face à des défis de grande ampleur et à des choix majeurs, déterminant pour l'avenir., notamment des investissements massifs.
   ....avec 33 milliards d’euros de dette, il doit investir dans les prochaines années entre 55 et 75 milliards d’euros pour mettre aux normes son parc nucléaire. Sans compter l’interminable chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche) et le financement d’éventuelles nouvelles centrales. 
      Des choix, forcément politiques, s'imposent et on commence à comprendre les grandes lignes de ce qui se prépare, à l'heure où Bruxelles sonne impatiemment l'heure de la privatisation.
   Une privatisation et un démantèlement discutables, mais qui a déjà produit certains effets, notamment avec la multiplication des distributeurs, installant une fausse concurrence.
  Le monde de la distribution est déjà devenu un maquis, qui crée la confusion et le désarroi chez beaucoup de consommateurs, se trouvant acculés parfois à des choix peu clairs ou surfaits.
    Les factures, dont on annonce qu'elles vont bientôt s'élever, deviennent parfois illisibles. Mais n'est-ce pas une pratique habituelle que de brouiller les pistes, quand une certaine concurrence devient une règle imposée.
   ...La direction d’EDF mène actuellement  un lobbying intense auprès du gouvernement sur un sujet technique, mais majeur : la répartition de la rente nucléaire. Un mécanisme complexe appelé Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) impose à EDF de vendre un quart de la production nucléaire à ses concurrents, à un prix fixe. L’objectif de ce dispositif était de favoriser la concurrence et de tempérer la volonté de Bruxelles de découper l’opérateur historique.  ... EDF juge dorénavant que cette régulation tue l’entreprise à petit feu, l’obligeant à vendre à un prix inférieur au marché une part significative de sa production, qui provient de centrales largement amorties. Depuis cinq ans, Jean-Bernard Lévy demande au gouvernement de supprimer ce mécanisme, avec un argument : il empêche EDF de financer correctement ses investissements, alors que l’entreprise p produit la quasi-totalité de l’électricité en France.

           ___  EDF serait-elle menacée de se transformer finalement en Bad bank du nucléaire?
    C'est ce que pense Martine Orange:
               "   ...A l'avenir , EDF ne serait qu'un producteur public d'électricité nucléaire
....Jean-Bernard Lévy risque cependant d’avoir un deuxième mandat beaucoup plus compliqué, même si sa feuille de route a été très allégée. Plus question de « participer à la transition énergétique, d’anticiper les mutations à long terme, de montrer l’exemplarité du groupe en matière d’animation des filières industrielles ; d’être un acteur emblématique du service public », comme le gouvernement précédent le lui avait demandé, lors de sa nomination en 2014.      Le président d’EDF n’a plus qu’une mission, comme le lui a indiqué le gouvernement dès février : préparer une évolution de l’organisation de l’entreprise pour assurer la pérennité et le développement du nucléaire.      Ainsi se confirment nombre de rumeurs, les propos esquissés par Emmanuel Macron et les appréhensions de Nicolas Hulot lors de sa démission en fin août 2018. La transition et la sécurité énergétique, les enjeux climatiques, le service public de l’énergie, tout cela n’est que secondaire. Pour l’Élysée, EDF, c’est le nucléaire, point.    « Emmanuel Macron ne croit pas aux énergies renouvelables. Pour lui, la réponse au réchauffement du climat, la transition énergétique, passe par le nucléaire », confirme un proche du dossier. Mais un nucléaire à la main de l’État, faisant assumer toutes les charges et tous les risques au public et aux consommateurs, en masquant les échecs, les impasses et le coût véritable.    Dès sa reconduction, Jean-Bernard Lévy est prié de s’attaquer au plus vite à cette « grande transformation ». Le lancement officiel de ce projet, nommé Hercule, devait être officialisé lors d’un comité stratégique le 28 mai. Après les élections européennes.       Mais à la grande fureur de l’Élysée, les grandes lignes du projet ont été révélées par le Parisien avant. L’État projette de renationaliser EDF – il détient actuellement 83,67 % du capital – et de scinder le groupe entre la production nucléaire d’un côté et toutes les autres activités de l’autre. La seule solution, selon le gouvernement, pour permettre à EDF, déjà très endetté, de faire face au mur d’investissements qu’il doit affronter dans les années à venir pour maintenir et développer son parc nucléaire.     Normalement, la direction d’EDF a jusqu’en décembre pour présenter son projet. Dans les faits, il est déjà bien avancé. Depuis plusieurs mois, l’Agence de participations de l’État (APE) et la direction d’EDF travaillent à la demande de l’Élysée à ce projet. Aidés par des banques-conseils, dont UBS, ODDO, J.P. Morgan ou Natixis, ils ont conçu un schéma qui ressemble très fort aux idées qui trottaient dans la tête d’Emmanuel Macron quand il était ministre de l’économie.   Celui-ci estimait alors qu’il fallait revoir le statut et l’organisation d’EDF. « Autant le statut de société cotée est une solution pertinente pour se diversifier ou développer le nucléaire à l’international, autant il ne me semble pas optimal pour ce qui concerne le nucléaire en France, compte tenu des contraintes de production, du parc installé, de la régulation. (…) Il serait extrêmement difficile, toutefois, de sortir de ce statut de société cotée. Il faudrait soit trouver énormément d’argent pour racheter toutes les actions, soit rompre le lien entre les activités dans le domaine du nucléaire en France et le reste du groupe », affirmait alors Emmanuel Macron devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 22 mars 2016, en soulignant que si cette solution était choisie, elle « impliquerait donc un démantèlement du groupe ».     Heureux hasard ! L’APE et la direction d’EDF aboutissent au même plan que celui défendu par Emmanuel Macron lorsqu’il était à Bercy. C’est bien un schéma de démantèlement que le gouvernement est en train de concocter pour EDF.    Afin de pouvoir renationaliser le nucléaire, EDF serait découpé en plusieurs morceaux. D’un côté,
une structure serait créée, qui détiendrait 100 % du parc nucléaire, les principaux barrages hydrauliques (la liste ne semble pas arrêtée), ainsi que les centrales thermiques d’appoint. En gros, tous les moyens de production d’EDF. Cette structure serait totalement détenue par l’État.   De l’autre, toutes les autres activités d’EDF en aval, comme la distribution (Enedis – ex-ERDF), les énergies renouvelables (EDF EN), les services (Dalkia) seraient placées dans une autre structure dont le capital serait ouvert au privé. Dans quelles proportions ? À ce stade, tout semble encore à calculer.     Car dans un premier temps, cette scission doit permettre de faciliter l’opération de reprise publique du nucléaire. Lors du rachat par l’État, les actionnaires actuels d’EDF, selon les schémas étudiés par les banques-conseils, pourraient soit apporter leurs titres à l’opération et se faire rembourser en numéraire, soit convertir leurs actions du groupe en actions nouvelles de la société regroupant toutes les autres activités du groupe.       Cette solution d’échanges de titres pour des actions nouvelles permettrait de réduire le coût de la renationalisation complète d’EDF. Selon des chiffres qui circulent, l’État espérerait ainsi ramener le prix du rachat de l’électricien public autour de 700 à 800 millions d’euros au lieu de 6 à 8 milliards d’euros. De plus, à l’occasion de la scission, le bilan d’EDF serait « retravaillé », une partie des dettes du groupe – plus de 33 milliards d’euros – étant transférés dans la nouvelle structure.     Enfin, cette cotation pourrait permettre de lever de l’argent et conforter les fonds propres d’EDF, nettement insuffisants par rapport aux engagements pris et à venir de l’entreprise, sans que l’État, qui a déjà dû participer à une augmentation de capital de 3 milliards d’euros en 2017 pour effacer en partie le désastre de la faillite d’Areva, ait besoin de remettre la main à la poche.   Pour l’instant, la direction d’EDF est muette sur les négociations qu’elle a engagées avec l’État. Interrogé sur les projets à venir, le groupe n’a pas répondu à nos questions. Sans information autre que celles qui fuitent dans la presse ou les rumeurs de couloir, les salariés en sont réduits à essayer de comprendre ce qui se trame. Les premières réactions cependant au projet sont largement négatives.     « Ce projet n’a aucun sens industriel. Il conduit à la désintégration du système électrique, sans apporter de réponse à un vrai problème : l’électricité n’est pas soluble dans la concurrence libre et non faussée », assure François Dos Santos, secrétaire CGT du Comité central d’entreprise d’EDF.     « L’avenir d’EDF, c’est avant tout une question de régulation dans l’intérêt du groupe et non de réorganisation dans l’intérêt des banques d’affaires », réagit de son côté Alexandre Grillat, responsable de la CFE-CGC, qui dénonce une « tambouille financière qui réduit l’avenir d’EDF à un Meccano capitalistique ».     « Il n’y a aucun projet industriel et économique derrière ce plan. Ce gouvernement, avec l’aide de l’Europe, ne sait faire qu’une chose : privatiser », ajoute Anne Debregeas, responsable de SUD Énergie. « Ce projet ? Ce n’est qu’un charcutage comptable et financier qui ignore tout des problèmes de l’électricité », renchérit un ancien responsable du groupe.     Même les salariés actionnaires s’énervent. Ils ont adressé plusieurs questions écrites aux administrateurs d’EDF avant l’assemblée générale, en leur demandant comment ils entendaient défendre « l’affectio societatis des salariés, des actionnaires et des consommateurs » dans les opérations à venir et en réclamant que les administrateurs représentant l’État ne puissent pas prendre part ni aux délibérations ni au vote sur l’éventuelle mise sur le marché des filiales d’EDF, afin de prévenir tout conflit d’intérêts.     La désintégration du groupe, séparé entre un amont nationalisé et un aval libéralisé – et sans doute à terme totalement privatisé, redoutent certains –, fait courir un grand risque à EDF, de l’avis de nombreuses personnes, et même plus largement à l’ensemble du système électrique français.    À terme, c’est toute l’organisation actuelle qui disparaît. Plus de distributeur public, disparition programmée des tarifs régulés de l’électricité, soumis alors à la libre concurrence du marché, et peut-être même remise en cause de la péréquation tarifaire qui permet d’offrir un prix équivalent aux consommateurs sur le territoire.    Mais ce sont aussi les contrats individuels et collectifs qui pourraient être remis en cause, en cas de privatisation. Enedis travaille avec des contrats de concession avec les collectivités locales, est garante des installations électriques dans les copropriétés depuis la loi Élan et est propriétaire des compteurs individuels posés dans chaque domicile. Le chambardement juridique paraît immense, voire insurmontable, sans parler des risques financiers qui y sont associés. « Une folie », à entendre ceux qui connaissent le groupe.     « C’est vraiment un projet de banquier d’affaires. Leur intérêt est de tronçonner EDF en morceaux les plus petits possible. Forcément, à chaque opération de découpage, ils touchent leurs commissions. Mais on va mettre en pièces le formidable outil dont nous disposons, à savoir un opérateur d’un service public intégré. En désintégrant EDF, on perd tous les effets de taille critique, la complémentarité des moyens de production, la gestion du réseau », relève un cadre du groupe.      « Séparer la production de la distribution, c’est exactement ce que les responsables politiques avaient juré de ne pas faire. Cela donne des catastrophes comme l’effondrement du réseau électrique en Californie en 2001. Cela a coûté des milliards par la suite », analyse Anne Debregeas. La responsable de SUD Énergie souligne elle aussi les risques de désoptimisation, de rupture du système, qui demande une gestion encore plus fine depuis l’émergence des énergies renouvelables. « On risque d’aboutir à un système complexe, opaque, illisible. C’est dans ces situations que surviennent les accidents et les crises », prévient-elle.     Même si, selon nos informations, certains directeurs d’EDF sont très opposés à ces scissions, l’APE et le gouvernement les jugeraient comme des contreparties indispensables à la nationalisation du nucléaire, pour obtenir l’accord de la Commission européenne. Renationaliser la production nucléaire serait perçu comme une subvention d’État, expliquent-ils. D’autant que le gouvernement ne veut plus privatiser les barrages, comme la Commission européenne l’exige....."
   (Affaire à suivre...)
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jeudi 16 mai 2019

mon-village.fr

Ils sont des milliers


Quelque part dans les Vosges...
 __Ils sont plus de 36000 en France.
          Tous ne sont pas classés officiellement comme les plus beaux.
     Mais ils sont encore nombreux, loin des villes qui grignotent l'espace rural, a avoir conservé leur identité et leur charme, malgré les mutations démographiques et les transformations de l'espace, comme celui-ci ou celui-là.
    Longtemps, le village fut déprécié, lieu d'un passé qu'on ne voulait plus voir dans la fièvre urbaine et industrielle des Trente Glorieuses, au coeur d'une modernité qui tournait le dos aux traditions ancestrales, au temps quasi immobile de la vie rurale. Signe des temps, on en recherche aujourd'hui le calme et l'authenticité, loin de la ville qui a cessé d'exercer ses irrésistibles charmes.
__Le retour aux sources, la quête des racines se font aujourd'hui évidents et massifs, soit physiquement soit intellectuellement, par l'intérêt et la recherche. Nous sommes tous des enfants de la campagne.
  Les villages de France reviennent au premier plan, l'histoire locale attire de plus en plus, pas seulement les spécialistes
  Le goût du passé reprend vigueur. La recherche des origines hante nos esprits en pleine crise d'identité.
Georges Duby, avec son Histoire de la France rurale, éleva la   recherche, de la préhistoire à nos jours, à un niveau encore jamais atteint. 
  Jacque Legoff fut un éclaireur, décrivant notamment la Fin du village, ou plutôt d'un certain type de village, ses transformations jusque dans les années 80. La naissance des villes a changé beaucoup de choses. 
Robert Fossier a contribué à des recherches pointues sur l'origine de nos villages.
   On la situe généralement en France aux alentours de l'an mille, avec sa nouvelle organisation de l'espace, ses transformations des moeurs et des structures sociales, avec l'accentuation de l'emprise ecclesiastique,  mais des études récentes, à la lumière de l'archéologie, montrent que certains se sont constitués beaucoup plus tôt.
   Les débats entre historiens sont toujours en cours:
"Définir le village comme un fait de peuplement spécifiquement médiéval, irréductible à la comparaison, c’est voir une forme émerger dans sa perfection rassurante, c’est s’interdire d’en comprendre la genèse. C’est aussi s’enfermer dans une tautologie : le village présente la quintessenc de la société rurale médiévale, car il n’y a de village que médiéval. De la campagne à la ville, de la ferme à l’agglomération, de la périphérie au centre, s’entrecroisent des liens d’une complexité infinie que le modèle du système de peuplement peut aider à comprendre en éclairant certaines lignes directrices..." 
Les villages français ont encore de beaux jours devant eux... 
 Il était une fois... mon village
 Naissance et grandeur du village médiéval 

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