Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 17 janvier 2020

République exemplaire?

 Oui, mais...peut mieux faire.
                                      C'est une formule et un voeu que l'on retrouve dans de nombreux propos, en premier lieu dans la bouche de responsables politiques, souvent la main sur le coeur.
    Beau programme, car la démocratie est toujours imparfaite, comme le reconnaissait Rousseau, mais elle peut sans cesse s'améliorer, comme l'annonçait Robespierre. Elle ne peut avoir de sens et de chance de s'améliorer, de fonctionner selon ses idéaux proclamés, que si la "vertu" (au sens de Montesquieu) et le service désintéressé sont les piliers des institutions et si les élus ont pour seul horizon le souci du bien commun. Voilà qui est bien. Voilà qui est républicain.
  Mais il y a l'idéal et le réel. Dans les faits, les "affaires" qui s'enchaînent, médiatiquement exploitées ou pas, montrent qu'on est encore loin du compte, que des dérives monarchiques reviennent périodiquement, qu'une certaine ploutocratie fait ou refait surface, que la constitution, même révisable, n'est plus le phare qu'elle devrait être, que la corruption est trop présente et que certains élus, et non des moindres, se servent au lieu de servir, dans un système qui les favorise, alimentant rancoeur, défiance et parfois rejet de la représentation nationale. Ce qui peut arriver de pire et faire le lit des extrêmismes de toutes sortes, des populismes les plus discutables, la démagogie et le double jeu, autant que l'arrivisme, devenant les moteurs de l'action publique.
   Les diverses affaires récentes en témoignent, malgré les prétentions au renouveau.
La sarkozie a eu  ses péripéties douteuses et ses "affaires", la hollandie a eu son Cahuzac, la macronie, qui se voulait hors de tous soupçons, commence fort avec les Benalla , Delevoye.. et un abîme entre les paroles et les actes. Le règne des copains et les coquins, dénoncé par De Gaule, semble sans cesse revenir, malgré les dénis, les démentis et parfois les aveux.
  La macronie, qui se voulait être une résurrection ou une disruption est déjà émaillée d'affaires plus que douteuses
Si l'économie et la politique sont de plus en plus imbriquées, les alliances entre les deux mondes sont de plus en plus courantes et les intérêts tendent à fusionner, les affaires et les intérêts publics se confondant trop souvent. Le lobbyisme interne et externe devient pratique courante.
    La démocratie est toujours en péril, les contre-pouvoirs ne jouant plus le rôle qui leur revient, l'indifférence générale favorisant le développement des excès.
  On pourrait se demander plus souvent qui gouverne vraiment, derrière les oripraux du pouvoir.

      _______"J'ai toujours pensé que la démocratie dite représentative n'est pas une vraie démocratie. Ses représentants ne représentent que très peu les gens qui les élisent. D'abord, ils se représentent eux-mêmes ou représentent des intérêts particuliers, les lobbies, etc. Et, même si cela n'était pas le cas, dire : quelqu'un va me représenter pendant cinq ans de façon irrévocable, cela revient à dire que je me dévêts de ma souveraineté en tant que peuple.       Rousseau le disait déjà : les Anglais croient qu'ils sont libres parce qu'ils élisent des représentants tous les cinq ans mais ils ne sont libres qu'un jour tous les cinq ans : le jour de l'élection. Et même cela n'est pas vrai : l'élection est pipée, non qu'on bourre les urnes, elle est pipée parce que les options sont définies d'avance. Personne n'a demandé au peuple sur quoi il veut voter. On lui dit : "votez pour ou contre Mastricht ", par exemple. Mais qui a fait Mastricht ? ce n'est pas nous. Il y a la merveilleuse phrase d'Aristote répondant à la question "qui est citoyen ? Est citoyen quelqu'un qui est capable de gouverner et d'être gouverné". Y a-t-il quarante millions de citoyens en France en ce moment ? Pourquoi ne seraient-ils pas capables de gouverner ? Parce que toute la vie politique vise précisément à leur désapprendre à gouverner. Elle vise à les convaincre qu'il y a des experts auxquels il faut confier les affaires. Il y a donc une contre éducation politique. Alors les que gens devraient s'habituer a exercer toutes sortes de responsabilités et à prendre des initiatives, ils s'habituent à suivre des options que d'autres leur représentent ou à voter pour elles. Et comme les gens sont loin d'être idiots, le résultat, c'est qu'ils croient de moins en moins et qu'ils deviennent cyniques dans une sorte d'apathie politique." (Cornélius Castoriadis 1996)-__À l'épreuve du politique: Claude Lefort
                  __  Déjà le vieux Tocqueville, pas franchement républicain, avait pointé quelques dérives inhérentes à un système qui se veut démocratique, si les citoyens ne jouent pas le rôle qui leur revient:
                                                                 « ...Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques. Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(…)
« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.
« Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur ; elle est esclave de son bien-être, et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître. (…)
« Il n’est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple…
« Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n’est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. » [Alexis de Tocqueville _Extrait de De la Démocratie en Amérique, Livre II, 1840]

    La route est encore longue qui nous mène vers une forme de démocratie qui respecte l'essentiel des idéaux qu'elle proclame...Sans sursaut citoyen, comment espérer un meilleur ajustement des actes aux principes?
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jeudi 16 janvier 2020

L'île aux malheurs

La malédiction plane sur Haïti
                                          Depuis trop longtemps.
                               20 ans après, la descente aux enfers continue. La nature meurtrière et la gestion politique  désastreuse se conjuguent pour aller  à l'encontre des intérêts des habitants, qui, abandonnés, ne voient pas d'espoir.
     La solidarité ne peut pallier à l'abandon, la catastrophe sismique et la défection des institutions, de l'Etat failli. Une décennie perdue, malgré les bonnes intentions affichées des instances donatrices qui se sont précipitées sur le grand blessé.  Des promesses trahies.

    Où sont passés les milliards promis pour la reconstruction?

        "....Haïti est un pays dévasté, englouti dans de violentes crises sociales et politiques. La misère y est encore plus grande qu’avant 2010. L’État n’est plus « failli », comme le diagnostiquaient les experts avant le séisme. C’est un État disparu, évanoui, qui laisse les 12 millions d’Haïtiens à la merci d’un clan qui tient la présidence de la République et de gangs criminels qui contrôlent de larges parties du territoire (lire nos précédents reportages ici et ici).     Collision du calendrier : depuis ce lundi 13 janvier, la République haïtienne n’a plus de parlement (le mandat de ses élus a expiré et il n’y a pas eu d’élections). Le gouvernement est démissionnaire depuis le printemps 2019. Le budget n’a pas été voté depuis trois ans. L’économie est en récession. L’inflation explose. Les services de base (éducation, santé, administrations) ne sont plus assurés ou si peu.   ...l’incurie et la corruption de la classe politique haïtienne, la violence des élites exercée sur une population misérable, la prédation de la richesse nationale par une douzaine de familles qui tiennent 80 % de l’économie du pays ne suffisent pas à expliquer le désastre en cours. Le bilan est aussi celui de la communauté internationale, celui des grands acteurs de l’« aide » qui, en dix ans, a accéléré la destruction d’Haïti.      « Livrée, déshabillée, nue, Port-au-Prince n’était pourtant point obscène. Ce qui le fut, c’est sa mise à nu forcée. Ce qui fut obscène et le demeure, c’est le scandale de sa pauvreté », écrivait Yanick Lahens, dans son livre Failles, publié quelques mois après le séisme de 2010. « Haïti tient une place exemplaire dans toute généalogie de la fabrique moderne de la pauvreté », ajoute-t-elle dans un texte récent.    « La catastrophe ici est de plusieurs autres grandes villes du pays. Ban Ki-moon, alors secrétaire général de l'ONU, se proclama « grand ami d’Haïti », et propulsa Bill Clinton, autre grand ami d’Haïti, à la vice-présidence de la Commission intérimaire pour la reconstruction. Il s’agissait alors de rassurer les pays donateurs – et le Congrès américain – sur la bonne utilisation des milliards de dollars à venir…"
           "...Une catastrophe qui dure depuis dix ans et se perpétue, mais dont aujourd’hui la laideur est nue », écrit également l’écrivain Lyonel Trouillot dans une tribune publiée dans Le Club de Mediapart.   ...Dès les années 2000, bien avant le séisme, Haïti avait déjà gagné son surnom de « République des ONG ». Mis sous tutelle par l’ONU en 2004, avec l’envoi d’une force armée de maintien de la paix (Minustah), le pays allait devenir le laboratoire des expérimentations les plus folles des bonnes âmes humanitaires. S’engouffrant dans les vides laissés par un État défaillant et en crise, des ONG de bric et de broc allaient se livrer à un concours Lépine du n’importe quoi (lire ici notre article de 2009).      Tant pis pour les ONG puissantes et expérimentées. Tant pis surtout pour les Haïtiens, « la fabrique moderne de la pauvreté » pouvait commencer au nom du bien et du bon. Consultants, experts avisés, associations de toutes sortes, sectes évangéliques ou doux illuminés sont venus « sauver Haïti ». Chacun avec son avis, sa recette, ses crédits. .."      
          Bref, le pire continue.
                  Un peu d'histoire ancienne et plus récente permet de comprendre pourquoi on n'en est arrivé là, par un engrenage infernal,dans cette île autrefois prospère et exemplaire dans la région.
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mercredi 15 janvier 2020

Roule ou grève!

Haro sur les vélos!
                         Grève à Paris et pari du vélo.
                                  Ce fut le rush chez les vélocistes. Nécessité oblige. Ça roule...
    Il y eut même ruptures de stock. Du jamais vu dans la capitale.  On a même ressorti les vieux biclous des caves poussiéreuses, on a rebricolé le vélo de papa. La petite reine fut encensée quand le métro faisait défaut. Notre-Drame de Paris fut aux anges.
    Vive la grève, qui a remis en selle un peuple frustré mais ravi!   Paris occupé, Paris outragé, Paris encombré...mais Paris libéré!..
  Pourvou qué ça doure, comme disait Laetitia.
     Tout inconvénient peut avoir ses avantages, toute crise fait apparaître de nouvelles pratiques ou stimule d'anciennes, oubliées ou délaissées. Avec le plaisir qui va avec.
    C'est bon pour le PIB, n'en déplaise à Jupiter, qui enfourche la bicyclette une fois par an au Touquet. Mais jamais sans caméras.
   La "révolution" citoyenne a provoqué une petite vélorution, du moins dans les grandes villes. Elle fléchira certes, mais des habitudes prises ne se perdront pas.
  On n'a jamais autant roulé à vélo depuis la dernière guerre, même si les deux roues ont subi quelques mutations. Merci qui?
   Mais Paris n'est pas encore capitale mondiale du vélo. Copenhague nous devance largement.  Et la prudence n'est pas encore dans nos gènes. Mais ça viendra...L'ère néo-vélocipédique commence seulement.   Renouer avec le vélo, c'est renouer avec notre passé glorieux. Dans chacune des deux guerres, il a joué un rôle parfois essentiel.  Changeons de braquet! La guerre des pavés sera gagnée. Allons enfants de la roue lî-i-bre!
          Le vélo ira loin...

mardi 14 janvier 2020

Feu la forêt?

Disparition programmée?
                                       Ce ne sont pas les feux de forêts en tant que tels et réguliers qui commencent à donner du souci. Il ont toujours existé.
[Feuilleter les premières pages]
    C'est leur répétition à grande échelle, leur intensité, leur durée, leur fréquence et leur extension progressive à tous les continents. Même la Sibérie n'est pas épargnée par ce phénomène qui interrogent les spécialistes eux-mêmes.
   Une répétition, voire une généralisation de ce phénomène, effet assuré du réchauffement global de la planète, c'est ce à quoi s'attendent les plus pessimistes (ou les plus lucides?) qui voient dans le global warming la cause essentielle de la multiplication des méga-feux qui semblent bien s'emballer depuis quelques années.
   L'extension de tels feux, devenus vite immaîtrisables à de quoi susciter la crainte, voire la terreur pour les premiers concernés.
   Les relations de l'homme avec le feu ont depuis l'origine été ambigüs. Avant d'être maîtrisé et ]domestiqué, il fut redouté. A la fois destructeur, mais aussi purificateur, transformateur et auxiliaire à bien des égards, il devint une force productive depuis les sociétés industrielles débutantes où l'on découvrit sa puissance motrice (Carnot)
   Il a depuis longtemps des connotations symboliques très fortes, dans les sociétés païennes et chrétiennes, vénéré ou redouté. L'enfer est encore le terme utilisé pour désigner le feu de grande ampleur. Quel tourment et châtiment supérieur que celui d'être la proie des flammes? Mourir à petit feu est passé dans nos expressions familières.
   La mythologie grecque et les proto-philosophes, dans leur chimie élémentaire, faisaient du feu un des éléments fondamentaux de l'univers, comme la terre, l'eau et l'air.
           La culture sur brûlis, fertilisant les sols pour un temps est une vieille pratique, dont on ne connaissait pas les conséquences parfois durablement néfastes, même si savait faire la part du feu.
Les mégafeux d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec les feux accidentels d'autrefois. Même les canadairs y montrent leur impuissance et les hommes leurs limites. Les embrasements immenses et auto-entretenus sur de larges fronts sont des défis nouveaux et redoutables, comme on a pu le voir en Sibérie, au Portugal, en Grèce, en Californie, notamment dans un Paradise infernal. Des scènes de guerre totale, comme on a pu les voir notamment à Dresde, dans un autre contexte.
   L' embrasement prend alors des proportions gigantesques. Malgré les dénis de Bolsonaro, les feux changent de nature et d'ampleur en Amazonie, quoi qu'en pense Amazon. On peut craindre le pire pour l'avenir. Près de 20% de la forêt amazonienne a déjà disparu en cinquante ans, pour des raisons qui ne tiennent pas toutes aux feux.
   Si l'Australie doit survivre, il est urgent qu'elle prenne des mesures rapides et draconiennes. Les animaux ne sont les seuls en péril. Jusqu'à la prochaine pluie, le "monstre" a encore de quoi s'alimenter.
   L'attentisme et le doute n'ont plus leur place.
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      ...Le premier feu de l’histoire se serait consumé il y a environ 420 millions d’années, assure le géologue Andrew C. Scott qui étudie l’histoire du charbon depuis quarante ans. Cependant précise-t-il dans son livre Burning Fire, la végétation était rare à cette époque et les incendies ne devaient donc pas être très importants. Les grands feux de forêt dateraient d’il y a 350 millions d’années. Du charbon retrouvé en Irlande laisse à penser que les flammes auraient alors ravagé une surface équivalente à celle des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg réunis
     C’est lors de l’ère du Permien, il y a 250 à 300 millions d’années, que le feu a vraiment pris ses aises, assure Scott. L’étude de couches de charbon datant de cette époque en Sibérie et en Antarctique montre que les incendies étaient alors particulièrement fréquents et intenses, plus qu’aujourd’hui. Le feu a peut-être même alors joué un rôle dans la plus importante extinction de masse de l’histoire de la Terre95 % des espèces vivantes ont disparu à la fin du Permien.
     Les causes de cette catastrophe font encore débat. Mais il semblerait que la Terre se soit brutalement réchauffée. Scott souligne qu’il n’est pas possible de savoir si les méga incendies survenus à cette époque sont la conséquence ou une des causes de ces bouleversements. Mais il suppose que de gigantesques feux auraient recouvert de cendre de grandes surfaces enneigées ou glacées. Ces étendues blanches qui renvoyaient les rayons solaires, une fois noircies, se sont mises à les absorber et donc à fondre, conduisant peu à peu au réchauffement de la Terre.Pour le feu lui-même, l’extinction de la fin du Permien a changé la donne : la baisse du niveau d’oxygène dans l’atmosphère et le peu de flore survivante ne lui a plus permis des s’embraser aussi puissamment qu’avant....
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lundi 13 janvier 2020

Les sans toit

Comme chaque hiver...
                             Un certain nombre de personnes démunies se retrouvent exposées aux rigueurs des intempéries et à d'autres dangers, parfois seules, mais pas toujours. 
     Depuis des années, des organisme caritatifs de toutes natures se mobilisent pour faire face à un scandale auquel on finit par s'habituer et que l'Etat ne prend pas sérieusement en charge, alors que cela devrait être une priorité. Quelle que soit la saison. L'hébergement n'est pas un luxe, mais une des premières nécessités. Et leur nombre connu en France ne cesse d'augmenter.
     Selon l'Insee, il y aurait environ 130 000 sans-abri en France en 2011. En 2017, ils sont 143 000 toujours selon l'INSEE, une progression de 50% en 10 ans selon la Fondation Abbé-Pierre. En 2019, ils sont près de 200 000. Une augmentation qui interroge.
  Les maladies diverses, les ravages liés à la désocialisation, la mortalité précoce font qu'ils reviennent finalement plus cher à la collectivité qu' une politique digne  de logement décent et pérenne, pour des personnes qui ne sont pas toutes sans travail ou que des accidents de la vie ont jeté sur le pavé.. Il y a parfois la voiture où l'on peut dormir, pour les plus "chanceux". Pas seulement aux USA.
  Trois sans-abri sur dix ont un emploi, en général précaire (contrat à durée déterminéeintérim) ; ce sont le coût du logement (en progression importante depuis 1995) et l'insuffisance des logements sociaux à prix très modérés qui les maintiennent à la rue ; quatre sans-abri sur dix sont inscrits à l'Agence nationale pour l'emploi.
  Un SDF meut par jour en France.
          On ne peut les ignorer, même si on détourne souvent le regard et si on extrapole facilement à partir de cas particuliers.
...Le problème de l'extrême pauvreté continue donc d'exister, avec deux publics particulièrement touchés :
  • Les femmes, qui composent 40% des personnes sans domicile fixe. "Il y a 50, 60 ans, il n'y avait aucune femme à la rue. Le phénomène s'est accentué et féminisé", analyse le sociologue. D'après une opération de comptage inédite en France, menée par 1.700 bénévoles et la mairie de Paris, en février dernier, "il y a 12% de femmes" complètement à la rue, rappelle Julien Damon.
  • Les enfants, "qui n'y peuvent strictement rien", insiste Julien Damon. "Il y a très peu d'enfants qui dorment complètement à la rue. Maintenant, dans le retour de bidonville, les campements de migrants, il y a des enfants qui ont des conditions totalement indignes au regard de notre belle République."
  •    Le bénévolat, même bien organisé,  la charité publique ne peuvent être que des pansements provisoires et des rustines limitées, qui ne peuvent résoudre le fond du problème: celui d'une société qui s'accommode d'un chômage de masse, qui instaure la précarité et se satisfait de salaires de survie, entres autres.
  •   Les intentions sont parfois louables, mais ne sont suivies que de peu d'effets.
  •     Alors, justice ou charité? Solidarité ou aumônes? Aides ponctuelles ou solutions durables et dignes?...
  •       A moins de réinstaurer les Workhouses...
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dimanche 12 janvier 2020

De tout

__ Retraites: détournement.

___Piratage.


__ Deutsche Autos en crise.


__ Déni inégalitaire.


__ Boeing boeing.


__ Nouveau pas vers la privatisation.


__ Les ruses de Philippe.

__ Radars profitables_  Machines à cash.
                                               



     Les caméras du collectif de journalistes Extra Muros, qui tentent de s’introduire dans le très secret Centre de traitement des amendes de Rennes (radars automatiques, PV électroniques...), sont invitées à rester dehors. Seuls le député François Ruffin, qui jouait le rôle de sauf-conduit, et un journaliste de l’équipe, visiblement pris pour l’un de ses collaborateurs, pourront pénétrer dans ce bunker que la directrice du site leur fera visiter au pas de course. Ils livreront leurs impressions face caméra à la sortie de l’usine à PV, qui débite plus de 90 000 contraventions par jour. Cette séquence qui ouvre ce Radar, la machine à cash, est pour le moins éloquente : l’État n’aime pas trop qu’on mette le nez dans un business ultra juteux. En 2018, les radars automatiques ont fait entrer dans ses caisses quelque 860 millions d’euros. La troisième « meilleure année » depuis l’apparition de ces boîtes grises sur nos routes en 2003, et ce malgré les « nombreuses dégradations » attribuées aux Gilets jaunes. Le hic, c’est que ce lucratif marché est essentiellement opéré par des sous-traitants privés – fabrication des radars, informatique, affranchissement des PV, etc. –, où les mises en concurrence se révèlent parfois biaisées et les surfacturations fréquentes.​​​  



          __Le feu et l'arbre                               Les fumées des gigantesques incendies qui ravagent l’Australie depuis près de quatre mois engloutissant plus de dix millions hectares de forêts ont atteint cette semaine le ciel du Chili et de l’Argentine, 12 000 kilomètres plus loin.
    Le premier feu de l’histoire se serait consumé il y a environ 420 millions d’années, assure le géologue Andrew C. Scott qui étudie l’histoire du charbon depuis quarante ans. Cependant précise-t-il dans son livre Burning Fire, la végétation était rare à cette époque et les incendies ne devaient donc pas être très importants. Les grands feux de forêt dateraient d’il y a 350 millions d’années. Du charbon retrouvé en Irlande laisse à penser que les flammes auraient alors ravagé une surface équivalente à celle des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg réunis
     C’est lors de l’ère du Permien, il y a 250 à 300 millions d’années, que le feu a vraiment pris ses aises, assure Scott. L’étude de couches de charbon datant de cette époque en Sibérie et en Antarctique montre que les incendies étaient alors particulièrement fréquents et intenses, plus qu’aujourd’hui. Le feu a peut-être même alors joué un rôle dans la plus importante extinction de masse de l’histoire de la Terre. 95 % des espèces vivantes ont disparu à la fin du Permien.
     Les causes de cette catastrophe font encore débat. Mais il semblerait que la Terre se soit brutalement réchauffée. Scott souligne qu’il n’est pas possible de savoir si les méga incendies survenus à cette époque sont la conséquence ou une des causes de ces bouleversements. Mais il suppose que de gigantesques feux auraient recouvert de cendre de grandes surfaces enneigées ou glacées. Ces étendues blanches qui renvoyaient les rayons solaires, une fois noircies, se sont mises à les absorber et donc à fondre, conduisant peu à peu au réchauffement de la Terre.Pour le feu lui-même, l’extinction de la fin du Permien a changé la donne : la baisse du niveau d’oxygène dans l’atmosphère et le peu de flore survivante ne lui a plus permis des s’embraser aussi puissamment qu’avant.
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samedi 11 janvier 2020

Périls en la demeure

Du climato-scepticisme
                                    On peut légitimement se poser beaucoup de questions au sujet des causes complexes, proches et lointaines, concernant les phénomènes climatiques et environnementaux de grande ampleur et accélérés qui affectent notre planète, dans un temps aussi bref. 
   C'est aux scientifiques, pas seulement aux climatologues de mettre mieux en évidence les mécanismes en cause dans cette évolution globale, qui ne manque pas d'inquiéter. Pour que les décideurs se donnent les moyens  d'orienter autrement ce qui est maîtrisable, les grandes tendances négatives de notre système industriel et marchand, sans sombrer dans un fatalisme irrationnel et paralysant, malgré l'aspect titanesque des mutations à opérer.
  Les dramatiques incendies qui ravagent l'Australie, ajoutées au réchauffement polaire qui interroge, devraient  balayer à eux seuls les derniers arguments des climato-sceptiques par ignorance ou par calcul.
  Qu'une part de phénomènes naturels, encore à déterminer, puisse jouer un certain rôle contributeur dans ces phénomènes, comme ce fut déjà souvent le cas dans l'histoire de la terre, n'est sans doute pas à exclure, mais la convergence de plus en plus grande des analyses, pas seulement des scientifiques du Giec, amène à penser que les facteurs humains jouent un rôle majeur et déterminant, surtout depuis un siècle. Même si la prise de conscience est très récente.
     Même si toute une frange de chercheurs et d'universitaires émet encore des doutes sur le fond, comme autrefois C.Allègre.
   Le scepticisme domine surtout aux USA, où le président donne ostensiblement le ton, pour des raisons économiques,  idéologiques et électorales, nommant par provocation un climatosceptique à l’Agence de l’environnementC'est comme si on nommait un truand notoire directeur de la police.
  Même chose au Brésil, malgré les feux amazoniens, pour que l' agrobusiness progresse encore.
    En Australie, le problème est aussi politique. L'aveuglement est patent et certains se demandent si l'avenir n'est pas compromis là-bas.
    Les dénis sont encore nombreux, sur de nombreux plans. Le lobbying joue son rôle, comme le greenwasching et la récuparation 
   La France n'est pas à l'abri, certains persistant à souligner les faiblesses de la thèse anthropique ou son inanité.
 On comprend qu'en Chine on soit presque unanimement et officiellement climato-optimiste.
     Il ne s'agit pas de dogmes mais de faits suffisamment établis et convergents pour ne pas pouvoir les réfuter sur l'essentiel. Même s'il reste tant à savoir.
 L'urgence est là, qu'on le veuille ou non, que cela plaise ou non, que cela interroge une machine économique devenue folle ou non, malgré quelques modestes efforts pour modifier sa logique, à la marge ou sur le fond.
  Le débat continue au milieu de données souvent largement débattues selon les lieux.
          C'est notre avenir, notre histoire qui est concernée. L'aveuglement, l'indifférence ou la mauvaise foi les compromettent sûrement.
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vendredi 10 janvier 2020

Du berger à la bergère

On pouvait s'y attendre
                 Le processus en cours n'a rien de pastoral ou de bucolique, entre Washington et Téhéran.
            Dans l'Orient compliqué, comme disait De Gaulle, les USA se sont toujours avancés avec de gros sabots et de puissants intérêts. Le prévisible-imprévisible Trumpus destructor n'est pas prêt à faire dans la nuance, comme l'a tenté son prédécesseur,  et ne craint pas les contradictions. On se retire, mais on reste...enfin, un peu...   Jupiter, dans l'ombre, opine du bonnet.

  La complexité échappe à sa pensée binaire, enferrée qu'elle est dans un lourd héritage et une histoire conflictuelle qui commence surtout à partir de 1979, après la période Mossadegh, où la CIA oeuvra pour les intérêts pétroliers de Washington, contre la volonté de nationalisation et de laïcisation du pays.
    Le pétrole, toujours le pétrole...Moins d'actualité aujourd'hui qu'à l'époque des néoconservateurs.
   Même si la jeunesse iranienne ne veut plus des ayatollahs, elle est prête à faire front contre le gendarme du monde. La radicalité est entretenue par la diabolisation. Le danger majeur ne vient pas de Téhéran, mais de ses "alliés" de Ryiad, qui fut le terreau des terroristes du 11 septembre.    Le provocateur de la Maison Blanche fait le jeu des pires conservateurs et compromet un peu plus les avancées obtenues sous Obama. Et s'enferme dans un piège.
  Il va falloir quitter l'Iraq, après une politique de gribouille.
 Politique intérieure oblige et réélection se présentant à l'horizon, il faut plaire aux évangélistes, qui comptent plus que le Congrès et ne pas déplaire à Netanyahou, devenu allié objectif des princes du wahhabisme.
    Dans ce climat d'escalade, présenter sans cesse l’Iran comme une menace, nucléaire ou autre, induit le message qu’il faut l’attaquer », avertit cependant Gregory Shupak, spécialiste des médias à l’université de Guelph-Humber (Canada). Pourtant, ajoute-t-il, « dire que ce sont les États-Unis qui menacent l’Iran serait beaucoup plus respectueux de la vérité que prétendre l’inverse. Après tout, c’est bien le gouvernement américain qui, en ce moment, détruit l’économie iranienne par des sanctions restreignant l’accès de la population à la nourriture et aux médicaments, et qui encercle l’Iran de bases militaires et de forces armées à la fois terrestres, maritimes et aériennes. Pour sa part, l’Iran ne fait rien de comparable avec les États-Unis. 
          Malgré ses raidissements, ses fluctuations et les révoltes d'une population excédées par les restrictions, l'Iran est plus complexe qu'on ne le dit....et a une mémoire.
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                                       L’Iran a discrètement transmis aux États-Unis, en mai 2003, un avant-projet visant à normaliser les relations entre les deux pays. Téhéran offrait la transparence totale de son programme nucléaire et le retrait de son soutien au Hamas et au Djihad islamique. L’administration américaine n’aurait même pas examiné cette proposition, raconte le journaliste Steve Coll (Books n°36, octobre 2012). Après l’assassinat ciblé du général Soleimani et les représailles iraniennes menées contre des bases américaines en Irak, Donald Trump s’est contenté d’annoncer mercredi 8 janvier de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran, semblant ainsi éloigner une possible escalade militaire
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jeudi 9 janvier 2020

Une presse malade

Et sous contrôle.
                     On ne peut pas dire que la presse en France soit actuellement diverse et diversifiée, reflétant en toute indépendance les grandes tendances de l'opinion, comme à une certaine période de son histoire. Elle s'est plutôt réduite, concentrée et homogénéisée.
               Ce n'est un secret pour personne: autour de 90% de la presse française est dépendante de grands groupes industriels et financiers qui y voient une possibilité d'influence, au moins indirecte. Peser sur l'opinion, même à perte, est l'un des objectifs des barons d'une presse écrite de moins en moins lue, où les groupes de pression et les puissants intérêts publicitaires pèsent d'un poids que peu remarquent.
     10 milliardaires possèdent quasiment toute la presse: Bouygues, Xavier Niel, Dassault, Bernard Arnault, Bolloré, Pierre Bergé, Patrick Drahi, François Pinault, Matthieu Pigasse et Lagardère.    De même, la majorité des titres de presse régionale et magazine appartient à deux fabricants d’armes : Lagardère (via Hachette) et Dassault (via la Socpresse)
      La presse française, mais pas seulement elle, est sous influence, même si elle sait se faire discrète. Par ce qu'elle ne dit pas, plus que par ce qu'elle dit. Par ses occultations plus que pas ses révélations . Par ses distorsions et ses prises de parti, aux présupposés non avoués.
    C'est reconnu parfois même en haut lieu. Mais sans conséquences.
  L'esprit critique se trouve ainsi menacé. La diversité n'étant souvent qu'un leurre, beaucoup d'organes de presse s'alimentant aux mêmes sources, reprenant peu ou prou les mêmes titres, les mêmes analyses camaleonesques, servies par une forme de journalisme de moins en moins indépendant, suivant peu ou prou, le sachant ou parfaitement formaté, une même ligne imposée. La censure silencieuse et auto-assumée est donc souvent la règle. L'impertinence ou l'exploration des sentiers non battus est de plus en plus rare. La liberté de recherche et de ton se raréfie. Il n'y a plus que des exceptions. La liberté ne peut être qu'un combat.
   Albert Londres reste une référence, qui n'hésitait à porter la plume dans la plaie.
Les conflit d'intérêts ne manquent pas.
        Après les errances de l'entre-deux guerres, le CNR avait envisagé la reconstruction d'un presse différente, attachée à une information de qualité, formatrice, citoyenne.
       Avec des titres plus nombreux, une plus grande diversité des lignes éditoriales,une variété des points de vue et des analyses de qualité, qui ne pouvaient se développer que loin des pressions financières, de l'intérêt marchand. La presse ne devait pas être un produit comme un autre et surtout pas un outil de diffusion des intérêts des puissances dominantes.
   Certains journaux se sont attachés à réaliser cet idéal, que l'Etat devait stimuler, comme Le Monde à ses débuts, avec Beuve-Méry, et plus tard, Libération, par exemple...avant de sombrer dans la logique marchande et idéologique des magnats de la presse.
    Contre l'homogénéisation actuelle de l'information et sa concentration croissante, certains organes, souvent marginaux, réagissent et font de la résistance, au non de la liberté d'écrire, tout simplement.
   Que la presse soit malade n'étonnera personne, sauf des esprits peu critiques ou des journalistes bien formatés. 
       Des medias de connivence, de  révérence, à l’impossible autocritique
  Thomas Jefferson écrivait : "Si l'on me donnait à choisir entre un gouvernement sans journaux ou des journaux sans gouvernement, je n'hésiterais pas un moment à choisir cette dernière formule."
  Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, jamais la liberté et le pluralisme de la presse n'ont à ce point été menacés. Pourtant, ce droit de savoir était au fondement de notre démocratie, garantie par l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.      Certainement serait-il bon de le rappeler, comme le note un journaliste.
    La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi....était-il stipulé.
   Que des fonds publics soutiennent un secteur toujours fragile et menacé, sans l'influencer, n'est pas illégitime. Le problème est qu'aujourd'hui l’Etat subventionne d’abord les milliardaires - (*)
   Beaucoup de journalistes sont peu conscients du délabrement d'organes souvent interchangeables par leurs contenus, relais d'agences de presses, sans réel souci d'investigation, comme le souhaitait Albert Londres..
   L'information est devenue trop souvent un enjeu de prestige, de défense idéologique, un produit aux enjeux d'abord commerciaux, avec toute la censure qui va avec. Les verrous médiatiques sont puissants.
     Le pluralisme devrait être la valeur dominante dans ce secteur sensible. Il risque de se dégrader encore. Comme le courage de penser et d'écrire.
  La transformation numérique ne règle rien pour les grands groupes, au contraire
       L'information est une chose trop sérieuse, trop décisive démocratiquement, pour être laissée à quelques groupes industriels ou financiers.
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(*)   Aider les plus riches: Le scandale continue ! Les milliardaires qui ont fait main basse sur la plupart des titres de la presse quotidienne nationale (PQN) ou de la presse quotidienne régionale (PQR) empochent l’essentiel des aides directes que l’État verse, soi-disant pour venir en aide à la presse et défendre le pluralisme. C’est ce qui ressort des tableaux statistiques portant sur l’année 2015 que le ministère de la culture et de la communication a présentés en avant-première, le 3 octobre, aux éditeurs de presse, et que Mediapart est en mesure de révéler.
Rompant avec une très longue tradition d’opacité, le ministère de la culture et de la communication publie depuis quatre ans le détail des aides directes que l’État accorde à la presse – qui viennent s’ajouter aux aides indirectes qui bénéficient à toute la presse. Ces statistiques pour 2015 seront donc bientôt publiées sur les sites internet du gouvernement : culture.gouv.fr et data.gouv.fr. Mais elles ont dès à présent été présentées en avant-première, le 3 octobre, aux éditeurs de presse, à l’occasion de la traditionnelle « conférence des éditeurs »...
 ( voir les statistiques (que l’on peut télécharger ici), qui  faisaient apparaître des aides pouvant dépasser la dizaine de millions d’euros pour certains titres.)...il y a une chose qui ne change pas : aux termes de critères de répartition absolument opaques, ce sont toujours les journaux qui sont la propriété (ou qui le sont devenus) des oligarques qui absorbent la plus grosse part du pactole.
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