Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 17 juillet 2019

L'Evangile selon Donald

                    (Bis repetita...Il n'a pas changé une virgule.)

En vérité (alternative) je vous le dis:


_ Après le créateur, il y a MOI.

- Je twitte, donc je suis.

_ C'est MOI et moi seul qui établis les faits.

        Toute autre version, journalistique ou pas, quelle qu'elle soit, qui contredit ma vision, est à rejeter dans les ténèbres de la malveillance ou de l'incompétence.

_ JE suis LE sauveur de la nouvelle Amérique que j'incarne seul..

                   I'm the best President for ever.

_ La « Vérité », c’est ce que je pense en ce moment, ou ce que je désire maintenant, hic et nunc. 

             Le checks and balances à la Madison est dépassé...
               Ma parole est d'or, garanti par W.Street. Me contredire souvent est le signe de mon adaptabilité du réel lui-même changeant. Je suis franc du collier.
                  
_ La diplomatie est MON affaire personnelle et je la dirige selon MON bon vouloir, en gardant le droit souverain de me contredire.

_ JE fais toujours ce que je dis. Ma franchise est reconnue partout.


_ La culture n'a pas de valeur en soi, elle n'est relative qu'à MOI-MEME.


_ Pour votre salut, croyez en MOI et en ma parole, garantie par Wall Street..


_ Y résister serait sacrilège..


               Ayez confiance, je ne vous décevrai pas. Le Ciel m'assiste, ainsi que quelques collaborateurs de valeur. Attendez-vous à des miracles. C'est déjà commencé...


                                                     

GOD BLESS DONALD AND...AMERICA!
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mardi 16 juillet 2019

Finances: méfiance...

La haute finance ne fait pas dans la philanthropie
                                                                   Quand l'argent cesse de devenir un simple moyen pour devenir une fin en soi, une marchandise comme une autre, objet de spéculation à l'échelle planétaire, quand elle devient un but en soi, elle risque à tout moment de produire des effets délétères dans l'économie des hommes et leur vie quotidienne.
     Sachant que la monnaie est ambivalente, se situant toujours entre violence et confiance, il n'est pas anormal, quand, sans régulation, elle s'écarte des voies de sa normale destination.
    La récente crise de 2008 et celles qui menacent nous invitent plus que jamais à démystifier la finance, surtout depuis qu'elle est devenue entièrement libéralisée et hyper-concentrée, les échanges bancaires ne connaissant ni répit ni frontières, soumise de plus en plus au bon vouloir du trading haute-fréquence.
    Les banquiers n'ont pas vocation à être philanthropes.
     Il importe que chaque citoyen s'y intéresse, comme le préconise Michel Vincent, dans Le Banquier et le Citoyen. L’Europe face aux crises financières« La régulation est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux juristes et aux banquiers »,avertit-il. C’est particulièrement vrai au moment où Donald Trump est tenté par une nouvelle dérégulation et alors qu’a lieu le Brexit – qui va définir les relations futures entre le continent européen et son principal centre financier...."
    Etre banquier devrait redevenir "ennuyeux", comme le dit un banquier lui-même, qui connaît les dérives du métier.
   Charles Hugueux, banquier d'affaire, nous met en garde contre certaines politiques bancaires, où les responsabilités ne sont pas absentes.
Les citoyens ont leur part de responsabilité.
         Il arrive que, dans le cadre feutré des banques, certains responsables se mettent à penser à haute voix, prenant la mesure et les limites de leurs fonctions réelles et les risques du métier...qui a bien changé.
     Finie l'exubérance d'autrefois? Pas encore, mais   certains, qui ne veulent plus continuer à jouer au casino, commencent à revoir leur copie. Etre banquier devrait recommencer à être un métier ennuyeux...Mais on en est encore loin.
            L'un d'entre eux, qui n'est pas un chevalier blanc, avoue qu'il ne faut pas surestimer le pouvoir de la BCE. Le mal de la faible croissance est très profond.
        Il remet en question quelques certitudes d'hier, des dogmes souvent ressassés par nos politiques à courte vue:
 ... Attention, dit-il, à ce que les «réformes structurelles» ne pénalisent pas la «demande». Il ne faut pas glisser dans «une spirale de baisse des salaires et des prix». «Les réformes doivent être d’abord plutôt favorables à la demande qu’à l’offre.» Et d’ajouter: il est urgent que le discours passe de la «compétitivité» à la «productivité» et qu’on encourage les politiques d’innovation et de diffusion des technologies. 
    Dans le même sens, Benoît Coeuré critique les pays en excédent commercial, entendez l’Allemagne, même si son nom n’est pas écrit. Un petit pays peut avoir en solitaire une politique d’exportation en comptant sur la demande des autres, mais tous les pays ne peuvent pas jouer ce jeu ensemble. La Zone euro exportatrice nette, ce n’est pas une bonne nouvelle, c’est la traduction qu’elle est «incapable de dynamiser sa demande interne»...
                Il invite à l'humilité, prenant à rebours certaines pseudo-certitudes : «Les changements des marchés financiers internationaux compliquent sérieusement la vie des banques centrales.» Trois certitudes sont aujourd’hui ébranlées. D’abord, celle que la mondialisation allait produire un «grand basculement» positif: la croissance des pays émergents allait prendre le relais de celle du Nord, affaiblie pour des raisons démographiques. Sur une grande Terre ouverte, les capitaux allaient mieux optimiser les placements et la croissance mondiale s’en porterait mieux. Ce processus s’est peut-être déroulé un moment, mais il a aujourd’hui cessé. Les Brics ne sont plus des moteurs, les pays émergents constituent au contraire la première des inquiétudes. 

      Les bénéfices de la liberté des mouvements financiers doivent être au minimum nuancés: c’est la deuxième certitude ébranlée. Le contrôle des capitaux retrouve une légitimité lors de certains excès, comme ces dernières années (les trois quarts de la création monétaire mondiale auraient été faits au Sud, selon les économistes de la banque Citi). La répartition risques-bénéfices mérite réexamen. Enfin, l’innovation financière a eu surtout pour résultat de «rendre le monde plus dangereux», comme l’a écrit Raghuram Rajan, l’économiste gouverneur de la banque centrale de l’Inde. Coeuré nous livre une autre surprise au passage: «Selon certains indicateurs, une déglobalisation financière aurait commencé.»
   Il n'est pas le premier à mettre les pieds dans le plat.
        D'autres, à une époque, ont libéré un peu une parole emprisonnée.
            Il y a deux ans, JM Naulot n'a  pas mâché ses mots concernant le rapport perverti du pouvoir politique et du monde financier.
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lundi 15 juillet 2019

Nouveau voyage en Amazonie

                                                           (Bis repetita...)
 Un explorateur très (trop?)curieux
________________________Le regretté C.Levi-Strauss fut un des premiers ethnologues à entrer et à séjourner dans le bassin amazonien, alors très redouté, pour y découvrir les moeurs d'ethnies méconnues: les Bororos, notamment...
Il fut fasciné par un monde humain aussi varié que culturellement riche, qu'il s'efforça de comprendre de son mieux en recueillant une abondante moisson d'observations et de réflexions relatées dans des études restées célèbres. 
__L'explorateur-journaliste JB Malet a osé pénétrer lui aussi dans l'univers amazonien jugé géant, obscur et impitoyable...
Il fut d'abord heureusement frappé par une apparence très engageante des lieux, puis surpris par des moeurs assez sauvages sous un vernis de civilisation.
Il croyait être entré dans le meilleur des mondes, tel un conquistador cherchant l'eldorado,  une sorte de famille....
Mais la vie amazonienne s'est finalement révélée pleine de périls et de pièges dissimulés.
Il y a découvert un monde étrange, qui, malgré ses dangers, se révèle très favorisé et surprotégé, un univers à part
___________Il ne faut pas toujours se laisser séduire par l'Amazonie...
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dimanche 14 juillet 2019

En passant


Feu d'artifice permanent.

-Le bonheur n'est pas dans le pré.

- La poste et ses petites mains.

Le mépris.  On pouvait s'y attendre.

- Parole de grand écologiste.
La route et le désert...

- Pauvres profs.

- Gaffe à la Gafa!

Lobbying.

- Licenciements à gogo mais un beau parachute.

- A Dubai, tout est possible, même l'improbable.

Notre-Dame en attente...
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samedi 13 juillet 2019

Une Allemagne au carrefour

Nuages et excédents commerciaux
                                       Comme sa chancelière arrivée en fin de course, l'Allemagne arrive à la fin d'un cycle, politiquement et économiquement, dans un climat d'incertitude qui en inquiète plus d'un.
   Fortement exportatrice, elle fait aujourd'hui l'expérience de sa relative fragilité, à l'heure des turbulences des marchés internationaux. A tel point que la croissance française devance cette année celle de sa voisine. L'Europe "allemande" connaît un début d'incertitudes majeures. La Deutsche Bank continue sa chute et licencie massivement. (*)
        "...Souvent citée comme un exemple en France, l’Allemagne connaît elle aussi ses mauvais jours. La Bundesbank a fortement abaissé vendredi ses prévisions de croissance, tablant désormais sur une progression de 0,6% du produit intérieur brut (PIB) allemand en 2019, soit bien en dessous de sa précédente prévision d’une croissance de 1,6% donnée en décembre et que les + 1,5% de 2018 (selon Eurostat)....  « L’économie allemande connaît actuellement un ralentissement marqué », a indiqué la banque centrale à l’occasion de l’actualisation biannuelle de ses projections. « C’est principalement dû à un ralentissement dans l’industrie, où la faible croissance des exportations se fait sentir », ajoute la Bundesbank...."
          « L’économie allemande est massivement orientée vers les exportations. Elle est donc très dépendante du contexte économique international, rappelle Oliver Holtemöller. Or depuis quelques mois, les risques augmentent. Si les tensions avec les États-Unis devaient s’accroître et si le ralentissement économique de la Chine devait se poursuivre, les conséquences seraient importantes pour le pays. »À cela s’ajoute l’incertitude liée au Brexit...."
        Il n'y a pas de mystère...Au sein des échanges commerciaux avec une monnaie unique (non pas commune), le bonheur de l'un entraîne  le malheur de l'autre.  Ou plutôt de la prospérité de l'un entraîne la stagnation ou la régression de l'autre.


   Dans une Europe en mode libéral concurrentiel et financiarisée, la sacro-sainte convergence  ne peut s'opérer, bien au contraire. L'harmonisation n'est qu'une incantation, ou ne se réduit qu'à des normes juridiques et réglementaires.
     C'est ce que reconnaît même l'OFCE (*)
Une Europe victime de la baisse des importations; 
     La locomotive allemande ne joue pas son rôle. Les excédents allemands inquiètent même la Commission européenne. 
    Le problème n'est pas nouveau.    Guillaume Duval avait analysé le phénomène très pertinemment dans son étude sur le système très partiparticulier de la production allemande, Made in Germany, étude jamais contestée.
      Les intérêts allemands ont changé depuis l'époque Schröder, qui a vu l'émergence d'une patronat à la mode anglo-saxone, moins soucieux de l'intérêt global de l' Union, jouant à fond l'exportation mercantiliste, avec un euro-mark taillé à la mesure de ses intérêts, comme une camisole de force.
   Elle devient un problème pour ses partenaires, ne jouant plus dans la même cour.
     Les banques allemandes sont au centre du jeu. _On peut affirmer que la zone euro marche sur la tête.
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...Le commission européenne considère que  des excédents commerciaux régulièrement supérieurs à 6% du PIB sont dangereux pour la stabilité et a exhorté Berlin à favoriser les investissements pour doper les importations.... 
____(*) Plus dure sera la chute pour la Deutsche Bank.  Quels remèdes?
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(*)Analyse de l'OFCE": 
                                      "...La monnaie unique aboutit à ce que la situation et la politique économiques de chaque pays puissent avoir des conséquences sur ses partenaires. Ainsi, un pays dont la demande est excessive (du fait de sa politique budgétaire ou d’une exubérance financière aboutissant à un excès de crédit privé) connaît de l’inflation (ce qui peut induire une hausse du taux d’intérêt de la BCE), creuse le déficit extérieur de la zone (ce qui peut contribuer à la baisse de l’euro), oblige ses partenaires à le refinancer plus ou moins automatiquement (en particulier via Target 2, le système de transfert automatique entre les banques centrales de la zone euro) ;  son endettement peut alors devenir problématique.
Ceci amène à deux réflexions :
1. Plus un pays est grand, plus il peut avoir un impact nuisible sur l’ensemble de la zone mais plus il est aussi davantage en mesure de résister aux pressions de la Commission et de ses partenaires.
2. La nuisance doit être effective. Ainsi, un pays qui a un déficit public important ne nuira pas à ses partenaires, bien au contraire, si ce déficit compense une défaillance de sa demande privée.
Imaginons qu’un pays de la zone euro (mettons, l’Allemagne) se lance dans une politique de recherche de compétitivité en bloquant ses salaires ou en les faisant progresser nettement moins vite que la productivité du travail ; il gagne des parts de marché qui lui permettent d’impulser sa croissance grâce à sa balance extérieure tout en bridant sa demande intérieure, ceci au détriment de ses partenaires de la zone euro. Ceux-ci voient leur compétitivité se dégrader, leur déficit extérieur se creuser, leur PIB se réduire. Ils ont alors le choix entre deux stratégies : imiter l’Allemagne, ce qui plonge l’Europe en dépression par un déficit de demande ; soutenir leur demande, ce qui aboutit à creuser un fort déficit extérieur. Plus un pays réussit à brider ses salaires, plus il apparaît gagnant. Ainsi, le pays trop excédentaire peut-il se vanter d’obtenir des très bonnes performances économiques sur le plan de l’emploi, des soldes public et extérieur. Comme il prête aux autres pays membres, il est en position de force pour imposer ses choix à l’Europe. Un pays qui accumule les déficits se heurte tôt ou tard à la méfiance des marchés financiers, qui lui imposent des taux d’intérêt élevés ; ses partenaires peuvent refuser de lui prêter. Mais rien ne fait obstacle à un pays qui accumule les excédents. En monnaie unique, il n’a pas à craindre une appréciation de sa monnaie ; ce mécanisme correctif est bloqué.
    Ainsi, l’Allemagne peut jouer un rôle dominant en Europe sans avoir la politique   économique qui corresponde à ce rôle. Les Etats-Unis ont joué un rôle hégémonique à l’échelle mondiale en ayant un fort déficit courant qui compensait les déficits des pays exportateurs de pétrole et des pays d’Asie à croissance rapide, en particulier la Chine ; ils équilibraient la croissance mondiale en jouant le rôle de « consommateur en dernier ressort ». L’Allemagne fait l’inverse, ce qui déstabilise la zone euro. Elle devient automatiquement le « prêteur en dernier ressort ». Le fait est que l’accumulation d’excédents allemands doit se traduire ailleurs par l’accumulation de dettes ; elle est donc insoutenable.
    Pire, l’Allemagne veut continuer à être excédentaire tout en demandant aux pays du Sud de rembourser leurs dettes. Cela est logiquement impossible. Les pays du Sud ne peuvent rembourser leurs dettes que s’ils deviennent excédentaires, que si l’Allemagne accepte d’être remboursée, donc devenir déficitaire, ce qu’elle refuse aujourd’hui. Voilà pourquoi il est légitime que l’Allemagne soit soumise à une PDM. Et cette PDM doit être contraignante..."
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vendredi 12 juillet 2019

Alimentation, premier des droits

Sécurité alimentaire en question.
                                                 Se nourrir des fruits de la terre, sous ses formes diverses, directement ou indirectement, fut, reste et restera la condition essentielle de la vie.
      La terre, mince et fragile, est notre matrice fondamentale,
    La sécurité alimentaire est notre premier droit, conditionnant tous les autres.
  Encore faut-il que les terres ne deviennent des marchandises comme les autres, objet de transactions et parfois de spéculations, privant parfois  des hommes des conditions de leur subsistance.
  La terre n'est pas une marchandise comme une autre, privant les autres de conditions dignes d'existence, comme au Nord-Est du Brésil
  Une sorte de Monipoly existe dans certains pays ou dans certaines contrées, mettant en danger, parfois de manuère irréversible, la qualité des sols.
  De plus, les terres arables et parfois des plus fécondes s'appauvrissent, se dégradent (pas seulement par les fait du manque d'eau) et parfois disparaissent.
  Tout cela exige études et mesures rapides. Mais surtout choix politiques, au sens large.
 Les pionniers ne suffisent pas.
       Nourrir la planète va devenir de plus en plus compliqué et ne peut être laissé aux multinationales.
   La gestion durable des sols est un impératif absolu, comme la conservation et l'entretien du foncier agricole.
  Il faut stopper les nouvelles conquêtes de terre, notamment en Afrique, l'accaparement des sols les plus productifs. La FAO devrait veiller à d'avantage de contrôle effectif.
         Il y va de notre avenir.
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jeudi 11 juillet 2019

Finances hors-sol

Dérives.
              Que la finance, telle quelle fonctionne, surtout depuis les années 70, soit prédatrice aux dépends des investissements dans l'économie réelle et du budget des Etats parfois en faillite, voilà qui fait encore l'unanimité chez maints économistes qui ne sont pas du sérail, surtout soucieux de diffuser la voix de son maître.
    Malgré quelques retouches et une régulation formelle, les menaces restent encore fortes
       Une crise financière peut toujours faire retour, sous une forme ou une autre.
                             Too big, too greedy, to be trusted?
_____________________________A la faveur de la crise financière, les banques les plus prospères, celles qui sont trop importantes pour faire faillite (too big to fail), donc devenues intouchables (too big to jail), bien qu'ayant été aidées très généreusement (Plan Paulson) comme Goldman Sachs, fleuron de Wall Street, ont encore gagné en taille et en puissance, en profitant notamment de la faillite des autres...Big is beautifull!
Goldman Sachs Tower N.Y.
____Il y a sur ce sujet une grande convergence des constats: la concentration financière s'achemine vers la domination de quelques mégabanques, qui se trouvent de moins en moins entravées, malgré quelques dispositions marginales et formelles.
La libéralisation financières a ouvert une boite de Pandore: " ...Des mesures libéralisant l’exercice de l’activité bancaire (mise en place du « Riegle- Neal Act » aux Etats-Unis (1994) et de la deuxième directive bancaire en Europe (1989), préparation du passage à l’Union monétaire...) constituent des éléments d’explication de l’accélération observée. La libéralisation financière s’est traduite par la disparition des barrières géographiques et par l’accentuation de la concurrence sur des marchés de plus en plus vastes où les acteurs nationaux ne bénéficient plus d’un poids significatif..." 
       Cette  concentration-globalisation financière, avec ses immenses zônes d'ombre actuelles, pose des problèmes qui risquent de mettre en péril toute tentative de revenir à une économie réelle normale, de compromettre un peu plus toute régulation politique possible et de préparer une crise de plus grande ampleur encore. Si ces puissants groupes bancaires avaient des règles claires et des pratiques relativement transparentes, ce ne serait qu'un moindre mal, mais c'est loin d'être le cas. Ils retombent dans les mêmes ornières.
____ Cela commence  à inquiéter même les penseurs économiques les plus classiques . Par exemple l'Express, dans une de ses dernières parutions, s'alarme:
Ton univers impitoyable...
"Après les subprimes,une autre crise du même genre se prépare et si les Européens ne mettent pas en place des lobbies aussi puissants que ceux des Anglo-Saxons,, nous la subirons de plein fouet."  600.000 milliards!
Oui, 600.000 milliards, soit l'équivalent de 10 fois le PIB de la planète!, si l'on en croit les chiffres donnés par Christine Kerdellant dans l'Express du 14 novembre, c'est ce que représente le montant des capitaux en jeu dans le marché des produits dérivés, dont 90% seraient opaques, échappant à une quelconque régulation. C'est le "shadow banking", un système bancaire parallèle évalué à 67.000 milliards de dollars. Même s'il n'y a pas toujours convergence sur les chiffres, ce qui s'explique par les pratiques occultes dans le milieu financiers, c'est considérable et c'est un risque énorme, non seulement un manque à investir, qui pése indirectement sur le train de vie des Etats, en manque de ressources...
 __Selon Michel Barnier , Commissaire Européen au Marché Intérieur et aux Services, "le Shadow banking représente « entre 25 et 30% des actifs gérés par l'ensemble du système financier » , soit officiellement environ 46.000 milliards d'euros."
____Cette estimation officielle est largement sous-estimée et Marc Roche, expert financier au Monde, auteur de l’ouvrage « Le capitalisme hors la loi » estime dans une longue interview accordée au Monde que "… la place    de ce que j'appelle le "capitalisme hors la loi", c'est-à-dire non réglementé, est désormais supérieure au poids de la sphère financière régulée et transparente. La crise des crédits à risque,subprimes de 2008-2009 a accentué le poids de cette économie souterraine, puisque ses acteurs ont pu compenser leurs pertes et garder leurs profits grâce au recours à cette finance parallèle, légale, mais profondément immorale : conflits d'intérêts, évasion fiscale, risques systémiques, impunité et âpreté aux gains. ».
A cela Marc Roche rajoute clairement «  Le recours aux paradis fiscaux, aux hors-bilans, aux sociétés offshore, à l'optimisation fiscale, aux liens étroits tissés avec les politiques ont    contribué à la crise de 2008-2009 comme à celle de la dette souveraine de nos jours. ». C’est logique, le Shadow Banking siphonne en fait l’économie  réelle en détournant délibérément l’argent du circuit traditionnel qui, lui, est surveillé et taxé....
______On parle de " de hors bilan, paradis fiscaux, sociétés offshore,  du grand fourre-tout de l’optimisation fiscale. En fait derrière ces beaux mots se cache en fait l’argent détourné aux Etats par le biais de l‘évasion fiscale et autres savantes turpitudes  financiarisées, des mafias des drogues et du sexe, des dictatures déchues, les mallettes et pots-de-vin des politiques, industriels et autres corrompus alimentent ce Shadow Banking. On doit également y trouver une part des milliards d’euros injectés par la BCE pour sauver le système bancaire traditionnel sous couvert d‘aide aux Etats européens. Il est clair qu’il doit être plus fourni en cash, si je puis dire, que le système  traditionnel alimenté par le crédit, le travail et la sueur des hommes et des entreprises de l’économie réelle. 
  Le Medef a fait clairement état de sa position à la Direction du Marché Intérieur et des Services de la Commission Européenne le 31 mai dernier dans  un un rapport de 5 pages. Le MEDEF rejoint la Commission Européenne dans « l’objectif d’assurer l’inscription dans le cadre des secteurs d’activités de financements européens de réglementations adaptées ». En fait, le shadow banking est tellement développé qu’il ne reste plus qu’à le légitimer en lui taillant un costume législatif sur mesure.
Le MEDEF reconnait que sous le terme générique de shadow banking se cache en fait une multitude de pratiques et techniques financières. C’est également la      reconnaissance noir sur blanc d’une « finance de l’ombre » comme le stipule le MEDEF. C’est aussi reconnaître que le système bancaire actuel n’est plus en mesure d’assurer une garantie  des investissements."
___________Le shadow banking est aussi dénoncé verbalement, seulement pour la forme,  par A.Merkel et la Commission européenne.
Ce système parallèle, où une douzaine de grandes banques sont impliquées, notamment Goldan Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan, Merrill lynch, Deutsche Bank, possédant de puissants lobbies. 
Même Mme Lagarde s'en est émue: " Il est curieux d'ntendre certaines dénoncer le caractère trop contraignant des nouvelles réglementations et de les voir dépenser des centaines de millions de dollars pour que des groupes de pression puissent y mettre fin." en ajoutant: "..Aujourd'hui, les structures que nous jugions nuisibles (en 2008) sont encore présentes." 
___________Au-dessus des lois, on ne soupçonne pas toujours la finance de l'ombre, la finance noire.
  La finance prédatrice ne baisse pas la garde, créant les conditions d'une nouvelles crise.
Comment cette situation pourrait-elle changer rapidement, quand la Maison-Blanche est si proche de Wall-Street? Obama évoquait naguère les "requins de la finance", mais il a semblé ensuite paralysé, impuissant, ligoté.
   Il y a des raisons d'être pessimiste.
     Mais selon Joseph Stiglitz, le Minotaure n'est pas invincible... 
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mercredi 10 juillet 2019

Vélo et biclou

Echappée belle
                   Puisque le Grand Tour est en route, parlons vélo.
Le Tour...en marge.
       La petite reine mérite certains éloges.    Elle revient en force, sous des formes renouvelées, après une longue période d'oubli et d'abandon progressif, liée au règne démesuré de sa rivale à quatre roues.
Elle est promise à un nouveau succès, Manquent seulement encore les infrastructures suffisantes à la ville comme à la campagne
 Le vélo est le meilleur ami de l'homme...après le cheval. Tous les cardiologues vous le diront, mais pas seulement.
    Quand il se laisse aller aux confidences,  il nous apprend beaucoup sur nous-mêmes, surtout si on est un familier de ce morceau de ferraille ( ou de carbone) monté sur roues, reposant toujours sur les mêmes principes de base, malgré les variantes et quelques mutations.
    Sur l'histoire récente aussi.
Depuis le fin de XIX° siècle, les Français ont entretenu une relation particulière avec la petite reine.
  Il s'est intégré peu à peu dans leur vie de loisirs, de travail, de luttes aussi (pendant la guerre, le vélo avait une valeur militante, combattante...), d'émancipation des femmes.
" Depuis sa naissance à Paris, le vélo a parcouru toutes les évolutions de notre pays, jusqu’à devenir aujourd'hui le porte-drapeau de l’écologie. Le vélo, la bicyclette, le biclou, c'est l'histoire d'un mythe populaire, nourri par nos souvenirs personnels et par des luttes politiques et sociales...le vélo est un symbole qui incarne des évolutions économiques, environnementales et politiques, pour nos arrières grands-parents comme pour nos enfants. Le vélo n’est pas un véhicule comme les autres : véritable prolongement de notre corps, il nous rend sensibles aux autres et à l’environnement."
    Elle est devenue reine... 
Une histoire bien française
   Sa préhistoire remonte à 1817: du vélocipède à la bicyclette
 Peugeot a très tôt imposé son hégémonie dans le PVF (Paysage vélocipédique français)
_________Il y a mille et une raisons de faire du vélo
Même si on commence sur le tard.
Il ne suffit pas d'en parler.
          Tous à vélo! Mais pas tous les vélos!     
                                                          Vive le vélo!  Il va partout.

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