samedi 7 novembre 2009

Femmes libérées?


Un statut équivoque

Des droits à conquérir

Vraie ou fausse libération?


"Alors que la réussite des femmes ne pouvait que bénéficier aussi aux hommes.... Alors que nous sommes encore à définir le rôle de chacun dans les espaces intimes ou publiques, que le partage des fonctions n’est pas établi, que le combat émancipateur est en roue libre ou à la remorque d’une actualité biaisée, les femmes sont toujours discriminées" (E.R.)
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Féminisme, outil inconscient du libéralisme ? - AgoraVox:
"Il serait bienvenu de revenir sur l’histoire d’un mouvement qui, à force de coups d’éclat et de revendications sociales, devait restituer les droits légitimes des femmes. D’Olympe de Gouges à Simone Veil, que de luttes menèrent celles qui, aux contours d’un nouveau monde, disparurent dans les tourments des trois derniers siècles et la traîtrise d’un monde contemporain assoiffé de biens et de pouvoir.______________________Pourtant, si notre société actuelle parle beaucoup, trop peut-être, de la condition féminine, les avancées sociales et politiques peinent à venir. L’émancipation qui fut le combat de milliers de militantes, d’écrivaines, de philosophes n’est pas au rendez-vous. Le rapport annuel du Secours Catholique tire la sonnette d’alarme, de 51% des aides qu’étaient allouées aux femmes en 1999, nous sommes passés à 54,4% en 2008 et la crise faisant, rien ne permet de penser que cette augmentation s’infléchisse au cours des mois à venir. De plus nous apprenons que sur l’ensemble des femmes accueillies, 90% vivent sous le seuil de pauvreté.

Marie Olympe de Gouges préconisait dans sa "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" l’émancipation par l’égalité entre les sexes. Si l’émancipation semble s’être développée au long du XIX ème et du XXème siècle, elle prit un visage différent depuis les années soixante, d’égalité à conquérir dans toutes les strates de la société, le nouveau dogme promouvait la "libération de la femme" et déplaçait le mouvement sociétal solidaire vers une réflexion et des intentions plus individualistes. La lutte pour le droit à la contraception qui débutait cette mutation, puis l’avortement réduisirent à peau de chagrin les revendications autrement plus importantes que l’égalité nécessitait, d’autant plus que la globalité des aspirations aurait certainement généré ces mêmes conséquences.

D’autre part, la confusion qui fut faite par les féministes entre "liberté" et "autonomie" ne renforça pas la condition des femmes en les isolant par affinités intellectuelles, de classe ou même religieuses, tant est si bien que l’investissement social, politique ou syndical fut souvent dénoncé comme asservissement au pouvoir masculin. Il en résultat que les avancées que l’on pouvait présager après la fin de la deuxième guerre mondiale et le début des trente glorieuses se limitèrent à des combats spécifiques qui détournèrent nombre de militantes tant que de citoyennes du besoin élémentaire d’égalité. La trop grande spécialisation des batailles occulta, de fait, le but final.______Parallèlement, c’est au cours de ces décennies que le pouvoir industriel et financier croissait, trouvant un terreau propice dans ce féminisme favorable à l’individualisation féminine et à la réduction de la cellule familiale. Au même moment où la création de nouveaux besoins envahissait notre société, de plus en plus de femmes affirmaient leur "liberté" en rejoignant le marché du travail. Pour les industriels, le nouveau modèle n’était pas la famille vivotant d’un seul salaire, mais la femme libre s’épanouissant dans l’assouvissement de technologies modernes. L’aubaine de la multiplication par deux des besoins associée à la saturation du marché de l’emploi permettait l’accroissement des profits tout en réduisant les masses salariales. Pour les milieux d’affaire, économiquement, la famille ne satisfaisait pas, et ils trouvaient un allié objectif dans l’individualisation que les mouvements féministes défendaient. Dans le couple séparé le besoin doublait, en sus, la monoparentalité augmentait les biens dévoués aux enfants, et les salaires se trouvaient limités par la demande élargie.

Ainsi, depuis les années soixante dix, les campagnes publicitaires, les médias dédiés, les biens sexués se développent dans le cadre dénaturé de la dogmatique féministe. Liberté, émancipation, individualité sont les slogans qui envahissent la sphère publique noyant le juste combat pour l’égalité dans de vaines broutilles, os à ronger d’histoires de foulard ou de berceaux congélateurs. La liberté a pris le pas sur l’autonomie qui devait mener à l’égalité._________Pour la classe dirigeante, l’individualisation de la femme hors du couple est aussi un atout majeur dans l’espace revendicatif, moins de confrontation familiale appelle moins de débat d’idée, moins de prise de conscience et moins d’intention syndicale et ce, de la part des deux sexes. De surcroît, l’entretien par les politiques de droite du succédané qu’est l’immigration, dans la destruction de l’offre, est un moyen indéfectible pour masquer les injustices promotionnelles et salariales qui sont faites aux femmes dans le milieu du travail___________.Nous sommes passé en l’espace d’un siècle d’un objectif louable, juste et légitime, par la perversion des idées menée de concert par les pouvoirs et un militantisme extrême autant que naïf, à une déstructuration quasi accomplie d’une société prometteuse. Que ce soit par l’anéantissement des prétentions féminines aux desseins égalitaires de notre république, aujourd’hui, le seul motif d’inquiétude qui fédère est la lutte contre la paupérisation et ses corollaires que sont l’insécurité et l’immigration, alors que la réussite des femmes ne pouvait que bénéficier aussi aux hommes. Alors que nous sommes encore à définir le rôle de chacun dans les espaces intimes ou publiques, que le partage des fonctions n’est pas établi, que le combat émancipateur est en roue libre ou à la remorque d’une actualité biaisée, les femmes sont toujours discriminées, leurs salaires sont toujours inférieurs, elles sont encore victime du patriarcat entretenu par la classe dominante et de traditions obsolètes défendues par cela même qui les exploitent, l’importance de leur implication sociologique demeure secondaire aux yeux du paternalisme tout puissant. Où sont les "chiennes de garde" pour défendre la légitimité, où sont "ni putes ni soumises" pour défendre l’égalité, où sont "Choisir", le "MLF" pour définir les règles d’émancipation, où sont les "Pénélopes" pour informer ? L’espace médiatique est muet, la longue litanie des récriminations, des espoirs, des martyres de la cause féminine reste silencieuse.Les mères, les épouses, les filles et aussi toutes les femmes sont trahies par celles qui portaient leur espoir d’avenir...." (Emile Red)

« Depuis quelques années, tous les organismes internationaux s’accordent à reconnaître la féminisation de la pauvreté - aujourd’hui les femmes sont 70% des pauvres de notre planète et 60% des travailleurs pauvres (1/4 des travailleurs totaux) gagnant moins d’1 dollar par jour. Ce phénomène est accompagné de la féminisation des migrations (elles sont 51% des migrants vers les pays riches et 2/3 des réfugiés), de l’augmentation de la traite et du trafic des femmes, de l’esclavage et du travail forcé, et de la croissance des inégalités. »

Liens connexes:

:http://www.marievictoirelouis.net/textes_historiques.phphttp://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article1967 ______http://www.mix-cite.org/ _______http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/

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-Histoire des femmes - Wikipédia

-«Les droits des femmes sont toujours mis en cause»

-Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

-Droits des femmes dans le monde
-Travail: outil de libération des femmes?
-Simone de Beauvoir

vendredi 6 novembre 2009

Nicolas Sarkozy: mi-parcours


Deuxième mi-temps

Une présidence inaudible...

Turbulences...:"« En pleine forme ! » A en croire un habitué de l’Elysée, Nicolas Sarkozy aborde la seconde partie de son mandat avec un moral au beau fixe, guère ébranlé par les nuages qui s’accumulent au-dessus de l’Elysée. Le chef de l’Etat connaît pourtant une popularité en berne, avec plus de 60 % de mécontents.Aucun président n’a jamais été aussi impopulaire deux ans et demi après son élection. Dans le même temps, sa majorité connaît des turbulences. Affaires Mitterrand et Jean Sarkozy, taxe carbone, réforme de la taxe professionnelle (TP) : les sujets de mécontentements sont nombreux chez les parlementaires."_________________________

-La "rupture" promise par Sarkozy mise à mal par la crise:

"...Après quelques mois d'euphorie dans les sondages, au tout début de mandat, le président n'a pas depuis réussi à remonter la pente. Sa cote de popularité est demeurée obstinément en dessous des 50%, malgré une présidence européenne, au second semestre 2008, jugée "positive", même par ses opposants, et un changement de style évident.-Au "bling bling" des premiers mois a succédé une certaine sobriété, surtout après son remariage, avec Carla Bruni, en février 2008. Ce qui n'a pas empêché quelques dérapages, comme le "casse-toi, pauvre con" lancé à un passant qui l'avait insulté au Salon de l'Agriculture.-Selon de récents sondages, une majorité de Français (de 50 à 58%) dresse un bilan "négatif" de son action depuis son élection. Ses adversaires, irrités par sa politique d'"ouverture", dénoncent sa pratique "trop personnelle" du pouvoir, ses "échecs", voire son "népotisme", comme ce fut le cas lors de la polémique suscitée par la candidature de son fils cadet, Jean Sarkozy, à la présidence de La Défense....
-Bilan morose à mi-mandat pour Sarkozy :
"Pagaille dans la majorité et au gouvernement, polémiques à répétition, sondages en baisse, explosion de la dette et des déficits publics... Elu confortablement avec 53,06% des voix le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy franchit le cap du mi-mandat dans la confusion. Aujourd'hui, deux ans et demi après son élection, près de deux Français sur trois estiment que le chef de l'Etat n'incarne pas la fonction présidentielle de façon satisfaisante.Les polémiques se sont succédé ces dernières semaines. L’affaire autour de la vie privée du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a laissé place à une nouvelle polémique autour de la candidature de Jean Sarkozy à l’Epad. "Une erreur" confessée par le président de la République mercredi soir.Sénateurs et députés communiquent à coups de tribune dans la presse, les uns pour critiquer la suppression de la taxe professionnelle voulue par le président, les autres pour venir au secours de son conseiller spécial Henri Guaino, partisan isolé et décrié d'un emprunt massif de l'Etat. Que les députés donnent de la voix n’inquiète pas le moins du monde Nicolas Sarkozy. Pour lui, ce qui compte, c’est que l'UMP tienne bon aux élections partielles, comme le mois dernier dans les Yvelines. A ce sujet, il se montre volontiers fanfaron. Mercredi encore, devant les cadres de la majorité, Nicolas Sarkozy déclarait : "Regardez Barack Obama. Il perd les élections dans le New Jersey, un bastion démocrate. Alors qu’il s'est rendu quatre fois là-bas"... Et d’ajouter : "Qu'est-ce qu'on aurait dit s'il m'était arrivé la même chose...". ..
-Une majorité de Français est déçue par le bilan de Nicolas Sarkozy,
-A mi-mandat, qu'est donc vraiment le "sarkozysme" ? - AgoraVox
-Sarkozy, deux ans et demi d’«hyperprésidence»

-Nicolas Sarkozy et “la fabrication du consentement”: trois ans encore, peut-être huit…:
"... La crise sans précédent qui vient de frapper le modèle dominant fait désormais fonction de nouvelle insécurité globale et notre président de dénoncer sans vergogne les coupables du présent fiasco. Il faut bien faire oublier les frasques décomplexées commises dés le début de son mandat, d’autant qu’elles furent sponsorisées par certains délinquants de la finance aujourd’hui largement accusés, l’ingratitude bien masquée par une opinion faussement offusquée. Encore une fois, c’est avec une certaine perversion qu’il travaille encore à cette « fabrication du consentement » [2], même si les sondages lui sont en l’état largement défavorables. Aussi, c’est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy se garde bien de s’afficher en candidat possible à sa future succession. Comment ne pas percevoir la fragilité de cette société qui vient de frôler l’effondrement général du fait de ses propres perversions? Ainsi, c’est avec l’agilité du politicien aguerri, s’agitant sans compter à la surface du monde, qu’il endosse la panoplie du justicier habité par la farouche volonté de moraliser ce capitalisme dont les dérives insensées auront failli jeter à terre tout l’édifice. Mais illustrons notre propos en revenant sur le discours récemment prononcé à Nîmes dans le cadre des futures élections européennes [3]. C’est avec appétit qu’il s’est invité à la tête du banquet afin de ressasser toute sa rhétorique habituelle drapé dans cette fausse modestie qui le caractérise. En filigrane, il n’a de cesse de ramener la couverture à lui, de se mettre sans cesse en avant, et de construire un discours volontariste à l’extrême, tout cela au nom d’une Europe presque trop petite pour y loger toutes ses ambitions. Il faut lire attentivement son propos (le paragraphe sur la Turquie illustre à merveille son mode de fonctionnement) pour se rendre compte combien la mégalomanie se fait envahissante derrière une posture savamment orchestrée. Tout y figure en bonne place, du ton grandiloquent aux remèdes proposés, n’hésitant pas un « ce soir je veux parler à tous les français, ce soir je veux parler à la France du OUI, à la France du NON », démontrant en cela qu’il est encore et toujours en campagne pour sa propre personne, nourrissant cet ego insatiable.-Sans contestation possible, tous les discours prononcés participent de cette « fabrication permanente du consentement » au moyen d’une propagande subtilement distillées, appliquant consciemment ou non les préceptes contenus dans l’ouvrage fondamental rédigé en 1928 par Edward Bernays, ce véritable manuel de la manipulation de l’opinion publique en régime démocratique (l’œeuvre figurait en bonne place dans la bibliothèque de Gœbels) [4]. Si l’on suppose que Nicolas Sarkozy n’a pas lu cette œuvre, alors il en applique les propositions intuitivement, faisant siens sans le savoir les propos que l’on retrouve dans le chapitre consacré à la propagande et l’autorité politique: « La voix du peuple n’est que l’expression de l’esprit populaire, lui même forgé pour le peuple par les leaders en qui il a confiance et par ceux qui savent manipuler l’opinion publique, héritage de préjugés, de symboles et de clichés, à quoi s’ajoutent quelques formules instillées par les leaders ».-Certes, si le modèle vaut pour tout politicien dont la logique intrinsèque pousse à son propre maintien dans l’arène des décideurs, donc des puissants, il ne faut surtout pas négliger les nuances qui peuvent distinguer les uns des autres, plus ou moins corrompus (au sens large du terme), plus ou moins égocentriques, plus ou moins compétents et sincères, puis pour certains, plus ou moins dangereux. Mais, s’agissant ici principalement de bêtise, nous convoquons avec respect Robert Musil qui avait cette formule sans équivalent: « La bêtise dont il s’agit là n’est pas une maladie mentale; ce n’en est pas moins la plus dangereuse des maladies de l’esprit, parce que c’est la vie même qu’elle menace » [5]. Cela appliqué à notre sujet peut évidemment provoquer une inquiétude certaine, à moins de juger que c’est là lui attribuer une importance qu’il n’a pas-Pour autant, et quoi qu’il advienne à l’issu de son mandat - même s’il n’est pas interdit de rêver à un renversement prématuré - tel un sempiternel bonimenteur il cherche sans relâche à emporter l’adhésion à son discours et plus encore à sa personne, obnubilé en fait par l’idée de se maintenir à la tête de la nation, œuvrant sans complexe à sa propre gloire tout le temps que le peuple y consentira."
>>-ZONES: fabrique du consentement
-Nicolas Sarkozy plus inaudible que jamais
-Journalistes en danger et complices de Sarkozy - AgoraVox

jeudi 5 novembre 2009

Un passeur d'humanité

Le départ discret d'un chercheur d'exception










Un éclaireur à la recherche des invariants derrière la diversité humaine


Au delà des éloges de circonstances et des discours convenus, parfois simplificateurs, un homme complexe, parfois ambigü, partagé entre passion de l'humanité et pessimisme profond sur l'histoire
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[-J'ai eu l'honneur et le plaisir de suivre certains de ses séminaires, dans les années 60, et de faire un mémoire de Maîtrise sur sa pensée en rapport avec celle de Rousseau, qui le fascinait, celui du Discours sur l'Origine (les Notes, surtout)-Un homme impressionnant, mais affable et disponible,passionné par ses recherches et leur transmission.-MT]

-"... Depuis trois ou quatre cents ans que les habitants de l'Europe inondent les autres parties du monde et publient sans cesse de nouveaux recueils de voyages et de relations, je suis persuadé que nous ne connaissons d'hommes que les seuls Européens; encore paraît-il aux préjugés ridicules qui ne sont pas éteints, même parmi les gens de lettres, que chacun ne fait guère sous le nom pompeux d'étude de l'homme que celle des hommes de son pays. Les particuliers ont beau aller et venir, il semble que la philosophie ne voyage point, aussi celle de chaque peuple est-elle peu propre pour un autre. La cause de ceci est manifeste, au moins pour les contrées éloignées: il n'y a guère que quatre sortes d'hommes qui fassent des voyages de long cours; les marins, les marchands, les soldats et les missionnaires. Or, on ne doit guère s'attendre que les trois premières classes fournissent de bons observateurs et quant à ceux de la quatrième, occupés de la vocation sublime qui les appelle, quand ils ne seraient pas sujets à des préjugés d'état comme tous les autres, on doit croire qu'ils ne se livreraient pas volontiers à des recherches qui paraissent de pure curiosité et qui les détourneraient des travaux plus importants auxquels ils se destinent...
" (JJRousseau)
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-L'Encyclopédie de L'Agora: Claude Lévi-Strauss

L’hommage des anthropologues à Claude Lévi-Strauss | Mediapart:
"Depuis plus d'un demi-siècle, plusieurs générations d'anthropologues ont eu à se positionner face à la figure tutélaire de Claude Lévi-Strauss. Deux d'entre eux, Maurice Godelier et Laurent Barry, lui rendent un premier hommage.Né en 1934, directeur de recherches à l'EHESS, Maurice Godelier fut l'assistant de Claude Lévi-Strauss avant de devenir à son tour un très grand anthropologue, dont l'œuvre fut récemment récompensée par la très prestigieuse médaille d'or

du CNRS. Joint hier soir par téléphone depuis Athènes, il se souvient de Lévi-Strauss et souligne l'importance de sa contribution aux sciences sociales.

Maurice Godelier rend hommage à Claude Lévi-Strauss© (entretien Sylvain Bourmeau)

Né en 1964, Laurent Barry est maître de conférences à l'EHESS et membre du fameux Laboratoire d'anthropologie sociale, créé et longtemps dirigé par Claude Lévi-Strauss. Soixante ans après Les Structures élémentaires de la parenté, il a fait paraître cette année (directement en Folio) un ouvrage somme sur La Parenté, un objet longtemps délaissé par les anthropologues

Comment avez-vous rencontré l'œuvre de Claude Lévi-Strauss, puis l'homme ?Laurent Barry.- La plupart des étudiants découvrent l'œuvre de Lévi-Strauss par la lecture d'un ouvrage paradoxal, Tristes Tropiques (1955). Je parle d'ouvrage « paradoxal », dans la mesure où, s'il s'agit indéniablement du livre le plus populaire de Claude Lévi-Strauss et du plus facile d'accès, c'est aussi un ouvrage de renoncement. Après deux échecs successifs dans ses candidatures au Collège de France, Lévi-Strauss croit que sa carrière universitaire est dans une impasse. Il baisse les bras et renonce pour un temps à la démarche délibérément « scientifique » adoptée dans son Magnum opus, Les Structures élémentaires de la parenté (1949), pour se tourner vers un genre plus littéraire et personnel, et peut-être aussi plus en vogue dans les milieux intellectuels existentialistes ou marxistes qui dominent les lettres françaises des années 50. Cela donnera Tristes Tropiques.
Souvent, c'est bien longtemps après l'avoir lu que les étudiants qui poursuivent une carrière de sociologue ou d'ethnologue se décident à aborder le reste de l'œuvre de Claude Lévi-Strauss, quant aux autres, ils en restent généralement là.Or, c'est précisément par ce « reste » – qui est pour moi l'essentiel – que j'ai découvert Lévi-Strauss. Par un recueil d'articles, Anthropologie structurale, publié en 1958, qui prolongeait les enseignements des Structures élémentaires de la parenté (que je n'avais pas encore lu) en formalisant la notion de « structure ». C'est aussi dans ces textes (et dans Anthropologie structurale II publié quinze ans plus tard, en 1973) qu'on trouve exposé le plus clairement et le plus synthétiquement, il me semble, à la fois sa démarche méthodologique (celle du « structuralisme »), mais aussi la revendication lévi-straussienne visant l'autonomie et la spécificité de la démarche ethnologique vis-à-vis du long cortège des sciences sociales et de la discipline qui ouvrait alors la marche : l'Histoire.


-Claude Lévi-Strauss, la mort de l'ultime monument intellectuel du XXe siècle | Media:
  • «Je hais les voyages et les explorateurs. Et voici que je m'apprête à raconter mes expéditions.» L'incipit du plus connu de ses livres, Tristes Tropiques, condense admirablement l'œuvre de Claude Lévi-Strauss, qui vient de mourir à la veille de fêter son 101e anniversaire.

    Quoi de plus étranger, en effet, à la pensée de l'ethnologue que l'exotisme? Tout au contraire, l'auteur d'Anthopologie structurale proposera de lire les représentations, les mythes et les systèmes de parentés à la manière des linguistes, comme un texte dont on peut relever les régularités, les mathématiques souterraines qui engendrent les formes culturelles.

    Entretien avec Pierre Dumayet, 1971
    Avec Bernard Rapp en 1991
    (Vidéos INA)
    Comment comprendre, dès lors, qu'une approche, quasi grammaticale des civilisations ait fasciné depuis presque la publication de sa thèse (Les Structures élémentaires de la parenté, 1949) les lecteurs? Pourquoi les Bororos, Caduvéos et Nambikwaras visités par Lévi-Strauss, et pas, par exemple, Marcel Granet, sociologue qui a décrit les «Catégories matrimoniales et relations de proximité dans la Chine ancienne»? C'est qu'il a baigné d'esthétique, de poésie, de rêve, de philosophie et d'exigence éthique sa quête rigoureuse des invariants débusqués dans un récit ou une pratique sociale, sa recherche d'une logique implacable qui ordonne des mondes considérés jusqu'alors comme bigarrés, incompréhensibles voire barbares.

    Pierre Bourdieu: «Le fait de faire de l'anthropologie était un acte politique, une façon de donner des instruments conceptuels pour comprendre des choses qui semblent a priori incompréhensibles, injustifiables ou absurdes.»

    Pierre Bourdieu dans «Réflexions faites», 1988

    Au point que le chercheur, conscient qu'il participait lui-même à la destruction de ce qu'il décrivait aurait, dit-on, proposé de se renommer «entropologue», fauteur d'entropie, une dégradation irrémédiable des choses. «Ce que je constate, ce sont les ravages actuels. C'est la disparition effrayante des espèces vivantes (...). Du fait de sa densité, l'espèce humaine vit sous un régime d'empoisonnement interne. (...) Et je pense au présent et au monde dans lequel je suis en train de finir mon existence. Ce n'est pas un monde que j'aime», déclarait-il en 2005.

    Campus, 2005
-Claude Lévi-Strauss, le cru et le QI | Mediapart:
"...Claude Lévi-Strauss est un souverain passeur : «"Chaque homme, écrit Chateaubriand, porte en lui un monde composé de tout ce qu'il a vu et aimé, et où il rentre sans cesse, alors même qu'il parcourt et semble habiter un monde étranger." Désormais, le passage est possible. D'une façon inattendue, entre la vie et moi, le temps a allongé son isthme.» (2)
Il est surtout un écrivain raccord avec les modèles avoués par sa prose : Rousseau, Chateaubriand, Proust. Il est aussi gorgé de Baudelaire : «Voyages, coffrets magiques aux promesses rêveuses, vous ne livrerez plus vos trésors intacts. Une civilisation proliférante et sur excitée trouble à jamais le silence des mers. Les parfums des tropiques et la fraîcheur des êtres sont viciés par une fermentation aux relents suspects, qui mortifie nos désirs et nous voue à cueillir des souvenirs à demi corrompus.» (3)
Tristes Tropiques (1955) ne saurait être réduit à un récit de voyage. C'est une sorte d'herbier de la fin des temps, dans lequel l'auteur contemple «l'abîme que nous frôlons» sur fond de dialectique du même et de l'autre, de l'identité et de l'altérité, de l'universel et du particulier. Mais aussi et surtout de l'innocence et de la culpabilité, en un récit à la première personne du singulier, empli de fièvre et de fulgurances...."

-Lévi-Strauss sans formol
-Claude Lévi-Strauss, le goût de l'Autre
-Décès de Claude Lévi-Strauss
-Claude Lévi-Strauss - Wikipédia
-Levi strauss - Recherche Google
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-Lévi-Strauss : découvreur d'humanité

mercredi 4 novembre 2009

Paradis fiscaux: les gros, les petits


Jeu de dupes

"Se protéger derrière «pire» que soi: dans ces petites juridictions, chacun se renvoie la balle"

-Jacques Attali : « Les Anglo-Saxons n'ont pas supprimé les paradis fiscaux, ils ont éliminé leurs concurrents »


-"La City de Londres fait partie des plaques tournantes essentielles dans le blanchiment d’argent.Installer la Grande-Bretagne parmi les nations vertueuses équivaut donc à placer une tenancière de bordel dans un jury de prix de vertu" (jn Cuenot)
-La face cachée de la City-
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-Paradis fiscaux : et si le G-20 s'était trompé de cible? | Mediapart:
"Et si le G-20 s'était trompé de cible, dans sa lutte contre l'évasion fiscale enclenchée à Londres le 1er avril dernier ? A en croire le «top-60» des économies les plus opaques au monde, publié ce lundi 2 novembre par un collectif respecté d'ONG, le doute est plus que permis. Plutôt que de traquer les places off-shore dans l'hémisphère Sud, les Etats-membres du G-20 feraient mieux de commencer par balayer devant leur porte, suggère l'étude. De s'intéresser aux «gros», plutôt qu'aux «petits», pour le dire autrement.
La plateforme britannique
Tax Justice Network a passé en revue 60 Etats et territoires, selon deux critères : l'opacité de leur législation, pondérée par le poids de leur économie dans le monde. A ce petit jeu, l'Etat du Delaware, aux Etats-Unis, bien connu pour héberger les sièges des grandes entreprises américaines, obtient l'«Indice d'opacité financière» le plus élevé, suivi du Luxembourg et de la Suisse. Singapour, Hong Kong et l'Irlande figurent dans le top-10. La City de Londres pointe en cinquième position : elle est certes créditée du taux d'opacité le plus faible des 60 territoires étudiés, mais son poids dans la finance internationale la plombe. Les destinations «exotiques» sont reléguées à des places plus «honorables» : Macao (29e), les Seychelles (39e), les îles Vierges (46e) ou encore les Maldives (58e)...
«Ce nouvel instrument de mesure de l'opacité financière et fiscale se différencie nettement des conclusions de l'OCDE», remarque le collectif suisse Alliance Sud. Au sortir du G-20 de Londres, le 1er avril 2009, l'Organisation de coopération et de développement économique avait publié trois listes présentées comme «exhaustives» des paradis fiscaux dans le monde. En trois couleurs : une liste noire, incluant les pays réfractaires à toute réforme (aujourd'hui vide), une liste blanche, pour les paradis ayant «substantiellement appliqué» les standards dictés par l'OCDE, c'est-à-dire la signature d'au moins 12 traités d'échanges de renseignements fiscaux avec d'autres Etats, et entre les deux, une liste grise, pour les pays promettant de signer ces 12 traités au plus vite. Avec une astuce, qui arrange bien Washington, Londres et Pékin : seuls les Etats sont pris en compte. Exit donc le Delaware, le Nevada ou la City...
Le jeu des différences entre la liste des ONG d'un côté et celle de l'OCDE de l'autre ne s'arrête pas là. L'Irlande (6e dans le classement), la Belgique (9e), les Pays-Bas (15e), ou encore le Portugal, via Madère (17e), figurent tous sur la liste «blanche» des pays au-dessus de tout soupçon de l'OCDE. Tous ces Etats sont par ailleurs représentés au G-20, via l'Union européenne... Quant à Monaco, qui a également réussi à s'échapper de la liste «grise» à la stupéfaction des observateurs, la principauté pointe en 60e position, avec un taux d'opacité relativement faible (67%).
Contactée par Mediapart, l'OCDE se refuse à «
polémiquer», et «renvoie les lecteurs aux travaux déjà accomplis dans la lutte contre les paradis fiscaux, et notamment aux progrès en train d'être accomplis, mais que l'enquête ne prend pas en compte». Allusion, en particulier, au cas helvète : la Suisse est créditée d'un taux d'opacité de 100% dans l'étude du Tax Justice Network (c'est-à-dire qu'elle ne remplit aucun des 12 critères fixés au préalable, depuis l'interdiction du secret bancaire jusqu'à la publication d'un registre des trusts immatriculés dans le pays).Pourtant, la Confédération vient d'intégrer la liste «blanche» de l'OCDE, après avoir fait état d'une relative bonne volonté, entre autres, avec les Etats-Unis (dans le dossier UBS). Il y aurait donc, selon l'OCDE, deux façons de voir les choses : anticiper l'entrée en vigueur des accords signés ces dernières semaines, et se féliciter des progrès en cours, pour encourager les Etats en question à poursuivre leurs réformes (version OCDE), ou, au contraire, continuer à stigmatiser des Etats malgré les promesses, au risque de les démotiver (version ONG).
L'avenir très incertain de l'accord signé le 27 août entre la France et la Suisse, et les récentes tensions diplomatiques entre Rome et Berne sur ce même dossier, laissent en tout cas sceptiques. Au-delà des débats sur l'attitude de tel ou tel, ce classement relance le débat sur la lutte contre les paradis fiscaux, à cinq jours de l'ouverture d'un sommet des ministres des finances du G-20, à Saint Andrews, en Ecosse. Car depuis la fin d'un été euphorique, marqué par la signature de plus d'une centaine d'accords bilatéraux d'échanges d'information, souvent folkloriques, l'élan a ralenti. Nicolas Sarkozy a eu beau affirmer, le 23 septembre lors d'un entretien télévisé depuis New York, que «le secret bancaire, c'est fini», personne n'y a cru. Les choses patinent, et nombreux sont les observateurs à redouter que la «fenêtre d'opportunité» pour bousculer pour de bon le secret bancaire se soit déjà refermée. Au G-20 de Pittsburgh, fin septembre, le dossier n'a pas avancé : à peine le principe de «sanctions» (mais lesquelles ?) à l'encontre de pays récalcitrants, à partir de mars 2010, a-t-il été acté. Ceux qui espéraient un durcissement des critères de l'OCDE (en revenant, notamment, sur cette fameuse règle des «12 accords bilatéraux») en ont eu pour leurs frais. "

-Les petits paradis fiscaux crient à l'hypocrisie | Mediapart:
"«La semaine s'achèvera-t-elle dans les larmes ou par des accords d'échanges d'informations bancaires?» Le Guernsey Press s'interroge. Au-delà du jeu sur les mots anglais «tears» et «TIEA» (Tax Information Exchange Agreements), le titre révèle une angoisse : la peur de se retrouver sur une liste noire des pays non coopératifs à l'issue du G-20 de Londres. La presse de Guernesey n'est pas la seule à s'affoler. «Le loup est déjà à la porte», concluait une tribune du Nassau Guardian dès le 11 février. Courant mars, le journal de La Barbade, Nation News, titrait «Goliath brutalise David», en référence à des accusations américaines. Et les journaux de se faire l'écho des réactions indignées des dirigeants: «Nous ne sommes pas un paradis fiscal.»Le G-20, qui se tient jeudi 2 avril à Londres, doit justement répondre à cette question. Tout l'enjeu est là: la définition même de paradis fiscal est floue. On distingue ainsi les centres offshore, à faible fiscalité, ou les paradis bancaires – pratiquant le secret bancaire – des paradis fiscaux à proprement parler: ces derniers sont caractérisés, selon l'OCDE par la quasi-inexistence de fiscalité, de transparence, et un refus de coopération avec les administrations étrangères.Dans l'imaginaire collectif, les Bermudes, îles Caïmans, îles anglo-normandes, Bahamas ou encore les îles Vierges britanniques font partie des paradis fiscaux. Elles sont aussi au nombre des 35 juridictions s'étant engagées à plus de transparence et d'échange en matière d'informations bancaires auprès de l'OCDE – sans pour autant que ce soit respecté! Et chaque pays rejette l'accusation de paradis fiscal, avec plus ou moins de mauvaise foi.
Se protéger derrière «pire» que soi: dans ces petites juridictions, chacun se renvoie la balle. «[...] Les îles Caïmans sont sans doute bien mieux régulées qu'Antigua et que probablement beaucoup d'autres centres offshore», affirme-t-on sur le site Cayman Net News. Avant de reconnaître cependant que «cela ne nous empêchera pas d'être mis dans le même panier». Preuve d'une certaine pression /angoisse, les Caïmans ont d'ailleurs signé, la veille du G-20, un accord d'échange d'informations bancaires avec plusieurs grands pays.Autre tactique de défense: dénoncer l'hypocrisie de ces grands pays qui crient au loup sans regarder chez eux. Aux îles Vierges du Royaume-Uni, le ton est ironique face aux attaques des Etats-Unis dont le propre laxisme a non seulement contribué à la «récession globale» mais encore permis les excès d'un Bernie Madoff et d'un sir Allen Stanford
..."

-G20: «Les Anglo-Saxons ont éliminé leurs concurrents»:"...J'avais dit avant la réunion qu'organiser le G20 à Londres, antre des produits financiers hautement spéculatifs, c'était un peu comme organiser une soirée des Alcooliques Anonymes dans un bar: à la fin, vous prenez forcément un dernier verre pour la route. Mais là aussi, c'est difficile d'y voir clair: sont énoncés des objectifs contradictoires, les uns visant à revendre les actifs toxiques qui alourdissent les bilans (mais actuellement ils sont vendus au tiers de leur valeur), les autres permettant aux banques par des subtilités comptables de les camoufler dans leur bilan, ce qui les inciterait à les garder. Mon sentiment dominant est que les Anglo-Saxons s'engagent dans une direction périlleuse: ils essaient de résoudre la crise avec les instruments qui l'ont causée...."(Attali)

-Éva Joly soutient l'appel "Stop paradis fiscaux"

-G20 : Nicolas Sarkozy sert la soupe aux Anglo-Saxons:
"Malgré ses postures à la Tartarin de Neuilly-sur-Seine, ses «retenez-moi ou je fais un mmmmalheur», Nicolas Sarkozy a bien servi la soupe aux Anglo-Saxons. A en croire ses coups de clairon médiatique, il a arraché à Barack Obama et Gordon Brown « la disparition des paradis fiscaux ».Quelle blague ! Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne figurent sur la liste des blanches oies fiscales qui n’ont rien à se reprocher. Or, trois Etats américains au moins – le Delaware, le Wyoming et le Nevada – disposent de lois fiscales bien plus opaques et nettement plus intéressantes que les pays de la liste grise (les pays sous surveillance) comme la Suisse, la Belgique, l’Autriche, le Luxembourg notamment. De même, la City de Londres fait partie des plaques tournantes essentielles dans le blanchiment d’argent.Installer la Grande-Bretagne parmi les nations vertueuses équivaut donc à placer une tenancière de bordel dans un jury de prix de vertu.Le président français n’a fait que nuire à ses voisins européens pour le plus grand bénéfice des Américano-britanniques et sans que cela profite à son pays. Comme l’a relevé Jacques Attali ce matin à France-Info, « l’argent ira ailleurs ». Au lieu de se placer à Genève – qui emploie de nombreux Français - , Zurich, Bruxelles, Luxembourg ou Vienne, les fonds de la fraude fiscale gonfleront les coffres de Londres, Wilmington ou Las Vegas. Que voilà de bien beaux cadeaux. Merci qui ?.."
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-Niches (fiscales) confortables
-G-20 en vain?

mardi 3 novembre 2009

Hopital: malade du marché

La politique des petits pas vers la privatisation (presque) complète










Un rêve pour les assureurs

Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) : " C’est la privatisation pure et simple de l’hôpital public. La loi hôpital 2007 avait déjà conduit les hôpitaux dans une impasse, créant des dysfonctionnements majeurs. Dans ce nouveau schéma, on rentre complètement dans la course à la rentabilité, où le malade n’est plus qu’une donnée économique. C’est le faire part de décès définitif du service public hospitalier. "
-André Grimaldi. « Le but réel de la loi Bachelot, c'est de démanteler le service public » -
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Hôpital : comment créer un marché qui n'existe pas:
" Le système de santé français hybride (financement public, distribution publique et privée) a longtemps montré sa supériorité sur le système anglais, pour l’essentiel étatique, et sur le système américain, majoritairement privé. Cependant, l’augmentation annuelle régulière du coût de la santé, atteignant 11 % du produit intérieur brut (PIB), contre 9 % en Angleterre et 16 % aux USA, impose une régulation. Le tout est de savoir laquelle.
De façon surprenante par ces temps de crise, c’est la régulation par le marché, à l’américaine, transférant une partie des coûts de la collectivité vers les ménages, qu’ont choisie nos dirigeants. En effet, pour les néolibéraux qui inspirent le gouvernement, seul le marché libre où chacun achète selon ses moyens permet d’assurer l’adéquation entre l’offre et la demande solvable, et seule la concurrence permet d’obtenir la qualité au moindre coût. Quant à la productivité des professionnels, elle ne peut être stimulée que par l’intéressement financier et la précarisation de l’emploi. Le « new management » industriel, associant recentrage de l’activité sur le « cœur de métier », rotation des tâches et mobilité des agents, permet la souplesse nécessaire à l’adaptation. Bref, le merveilleux modèle France Télécom ! Qu’importe que le marché ne puisse pas répondre au cahier des charges de la santé — utilité sociale, qualité élevée et moindre coût —, comme l’ont montré toutes les expériences historiques, pour la simple raison que l’usager n’est pas un consommateur éclairé qui a choisi d’être malade, mais une personne plus ou moins affaiblie, plus ou moins angoissée, dont les besoins sont potentiellement illimités, ce qui rend le marché totalement manipulable.
La seule question qui vaille est : comment appliquer ce projet mercantile au système de santé français ?

D’abord, en changeant le vocabulaire : ne dites plus médecins ou infirmières mais « producteurs de soins » ; ne parlez plus de patients ou d’usagers mais de « consommateurs » ou de « clients » ; ne dites plus « répondre aux besoins de la population » mais « gagner des parts de marché » ; ne parlez plus de dévouement ou pire de sacerdoce, mais de « gains de productivité » et de « travail à flux tendu » — d’aucuns ont fait le calcul qu’une consultation de patients sidéens n’est rentable que si elle ne dure pas plus de 12 minutes ; ne dites plus salaire ou indemnité mais « part variable à l’activité ». Vous verrez : au début on sourit, puis on s’y fait, et, en le répétant suffisamment, on finit par le penser.
Mais comment créer un marché qui n’existe pas ? D’abord, en mettant en place un financement par un pseudo prix de marché administré (la tarification par pathologie dite à l’activité ou T2A), et surtout en imposant une convergence des tarifs (sorte de prix uniques), d’abord intra-sectorielle (entre tous les hôpitaux confondus), puis inter-sectorielle (public-privé), comme le réclame à corps et à cris la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) (lire « Traitement de choc pour tuer l’hôpital public », Le Monde diplomatique, février 2008). Cette convergence intersectorielle avait été reportée à 2018 sous la pression du mouvement des personnels soignants médicaux et paramédicaux des hôpitaux publics en avril dernier. Mais, cédant au lobbying des cliniques privées commerciales et revenant sur la parole donnée, Mme Roselyne Bachelot a décidé de la mettre en place progressivement, dès 2010. « A titre expérimental », bien sûr.
Ensuite, en supprimant, dans la loi « hôpital, patients, santé et territoires » (HPST) adoptée en juillet 2009, les trois secteurs — hôpitaux publics, hôpitaux privés à but non lucratif participant au service public PSPH, et cliniques privées commerciales ; ils sont rassemblés sous le joli nom d’« établissements de santé », ce qui permet ensuite à la ministre de prétendre constituer, sous la houlette des agences régionales de santé (ARS), « un grand service public unifié de santé ». Tout l’art de la communication est dans l’« unifié », qu’il faudrait traduire par « vente à la découpe des missions de service public » : à Bourgoin-Jallieu (Isère), par exemple, ce « partenariat public-privé » s’est soldé par l’octroi en mai 2009 d’un nouveau scanner à la clinique privée malgré une activité bien supérieure de l’hôpital public.
Légitimement, le président du groupe privé Générale de Santé, M. Frédéric Rostand, se félicite que la loi HPST ait « ouvert plus largement les missions de service public aux établissements de santé privée, notamment la formation des internes et des chefs de clinique ». M. Jean Loup Durousset, président de la FHP, célèbre pour « les dysfonctionnements sévères » de sa maternité à l’enseigne « Bien naître » (rapport de la Direction régionale des affaires sanitaires, avril 2009), prétend que quatre cent cinquante cliniques privées sont prêtes à accueillir des internes. Le but de ces cliniques commerciales est tout simplement d’accueillir des internes en fin de cursus et d’assurer ainsi le recrutement de leurs futurs chirurgiens.
Résultats de cette politique : à l’Assistance publique de Paris (AP-HP), on parle de la suppression de 4 500 emplois, dont 500 emplois médicaux, d’ici 2012 ; le directeur des hôpitaux civils de Lyon, M. Paul Castel, a fait savoir que, pour retrouver l’équilibre financier, « il faudra vendre l’immobilier, diviser par quatre les investissements, rationaliser la logistique, spécialiser les dix-sept hôpitaux, ne remplacer que un départ sur quatre pour le personnel administratif, un sur deux pour le personnel médico-technique et trois sur quatre pour les soignants » (Le Figaro du 17 août 2009). Pendant ce temps, la Générale de Santé se félicite d’avoir investi 220 millions d’euros en 2008 et autant pour 2009, et d’avoir accueilli quatre cent cinquante praticiens dans les dix-huit derniers mois.
En réalité, nous sommes au milieu du gué. Les concepteurs du projet avancent pas à pas. Première étape en 2004. On nous a dit : le paiement à l’activité sera progressif et ne dépassera pas 50% du budget hospitalier — « T2A à moins de 50 % » —, délégation des pouvoirs de gestion aux médecins, augmentation de l’activité. Deuxième étape en 2008 : T2A à 100 %, cogestion entre les médecins et l’administration, amélioration de « l’efficience ». Troisième étape en 2009 : loi HPST, fin de la cogestion — vous êtes là pour obéir au directeur —, plafonnement des emplois et donc réduction de l’activité. Très vite, nous allons connaître la quatrième étape : changement de statut des médecins hospitaliers qui vont devenir contractuels (comme les directeurs d’hôpitaux). Puis la cinquième : changement de statut de l’hôpital public, qui deviendra un établissement privé à but non lucratif, et changement de statut pour les personnels nouvellement embauchés.
Parallèlement, « pour sauver la Sécu », il est prévu d’augmenter ce qui reste à la charge des patients (franchises, forfaits, augmentation des tarifs des mutuelles, etc …), puis de transférer la gestion du financement des affections longue durée (ALD) aux mutuelles et aux assurances privées, au nom de l’amélioration de la qualité des soins grâce à des « contrats qualité personnalisés » négociés entre les assureurs et les professionnels.
On peut imaginer une sixième étape, avec la fin du monopole de la Sécurité sociale, et une septième, avec l’abrogation de l’Objectif national de dépense de l’Assurance maladie (ONDAM), qui fixe à ce jour le montant du budget public national de la santé. Désormais les tarifs seront libres, fixés par la concurrence « non faussée » sur le marché, qui sera d’ailleurs un grand marché européen. Ainsi pourra naître un nouveau système de santé, véritable coproduction franco-américaine ayant gardé du système français la CMU et le financement des cas les plus graves par la collectivité, et ayant pris au système américain la gestion par les assureurs privés du marché rentable de la santé : un cauchemar pour les médecins et pour les malades, un rêve pour les assureurs et les « nouveaux manageurs ».(André Grimaldi.)

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Hôpital entreprise contre hôpital public
-Non à la privatisation de l’Hôpital
________Coordination nationale de défense des hopitaux de proximité
-Hôpital : une réforme à haut risque
-Hôpital : la privatisation invisible :

"A l’hôpital, des réformes d’apparence technique occultent de véritables enjeux politiques. Ainsi, les modalités de mise en œuvre par le gouvernement actuel d’une réforme du mode de financement des établissements de santé déstabilisent fortement les hôpitaux publics tout en favorisant, dans l’ombre, les cliniques commerciales.

Au départ, l’esprit de cette réforme a pourtant fait l’objet d’un large consensus politique. L’idée de faire évoluer le financement des hôpitaux vers une allocation de moyens basée sur leur activité réelle répondait au souhait de l’ensemble de la communauté hospitalière qui estimait que le précédent système du « budget global » ne permettait pas une répartition des ressources équitable et adaptée aux besoins des établissements. Cette orientation a d’ailleurs été initiée par le Gouvernement de Lionel JOSPIN à travers l’expérimentation d’un financement alors qualifié de « tarification à la pathologie ».

C’est dans ce même esprit que la majorité actuelle, dans le cadre du plan « hôpital 2007 » a lancé la réforme de la « tarification à l’activité » qui prévoit pour les hôpitaux et pour les cliniques un financement calculé sur la base de tarifs fixés par grands groupes homogènes de séjours. Malheureusement, c’est dans la mise en œuvre technique de cette réforme que très discrètement mais très efficacement, le Gouvernement actuel a fait des choix qui contribuent à affaiblir l’hôpital public.

Ces décisions invisibles par le grand public, et non assumées politiquement découlent d’un présupposé idéologique simple : l’hôpital public étant lourd et coûteux il faudrait tout mettre en œuvre pour favoriser des cliniques privées jugées souples et performantes. Concrètement, cette orientation s’est traduite par deux mesures d’apparence technique : la « fongibilité des enveloppes public-privé », et la « convergence des tarifs publics-privés ».

La « fongibilité » signifie tout simplement qu’hôpitaux publics et cliniques commerciales sont désormais financés par une enveloppe unique au sein de laquelle les flux de crédits de l’assurance maladie entre ces deux secteurs ne sont donc plus visibles.

Quant à la « convergence » des tarifs publics-privés, elle part du postulat que toutes choses étant égales par ailleurs, il n’y a pas de raison de fixer un tarif différent pour un même groupe homogène de séjours, qu’il ait lieu dans un hôpital ou dans une clinique commerciale. Cette convergence vise par conséquent à rapprocher progressivement les tarifs des secteurs public et privé pour aboutir au bout de quelques années à un tarif unique.

Si ce dogme d’une saine comparaison entre hôpitaux et cliniques est déjà très discutable sur le fond (ces établissements n’ayant ni les mêmes contraintes ni les mêmes missions), les conditions de sa mise en œuvre par le Gouvernement actuel sont inacceptables à partir du moment où il a été décidé d’avancer à marche forcée sans que les éléments techniques indispensables à cette comparaison entre hôpitaux et cliniques n’aient été réunis : absence d’échelle comme des coûts, insuffisante précision de la classification des groupes homogènes de séjours, caractère incomplet des missions d’intérêt général identifiées pour l’hôpital …

Cette précipitation, et le manque de transparence dans les choix techniques de mise en application de la réforme ont contribué à mettre en grande difficulté les établissements hospitaliers. Par ailleurs, au prétexte d’une convergence public-privé purement idéologique, les décisions gouvernementales de baisse des tarifs des hôpitaux (- 7 % en cancérologie pourtant jugée prioritaire par le plan cancer !) et de réévaluation de ceux des cliniques commerciales contribuent mécaniquement, du fait de l’enveloppe unique, à des transferts d’activités du secteur public vers le secteur lucratif.

Alors que les hôpitaux publics voient progressivement leurs budgets passer dans le rouge, il est frappant de voir certains grands groupes de cliniques commerciales se réjouir dans leurs communications financières à destination des actionnaires de leurs excellents résultats liés en partie à la réforme de la tarification à l’activité.

Alors qu’en France 70 % de la chirurgie programmée est d’ores et déjà effectuée par les cliniques commerciales, nous ne pouvons nous résoudre à voir progressivement des pans entiers de l’activité hospitalière publique être transférés vers un secteur privé à but lucratif qui est déjà dans notre pays le plus important d’Europe !

La privatisation de l’hôpital n’est pas un fantasme d’ultra libéraux, elle est à l’œuvre depuis de nombreuses années, et se développe chaque jour davantage. Or, contrairement au présupposé idéologique qui conduit nos dirigeants actuel à favoriser le modèle commercial, rien ne permet d’affirmer sérieusement que les cliniques privées seraient naturellement moins chères que les hôpitaux publics.

Si l’on prend en compte tous les éléments qui pèsent sur l’activité hospitalière (accueil de tous, lourdeur des pathologies, permanence des soins…) et que l’on réintroduit tout ce qui n’apparaît pas dans les tarifs des cliniques (honoraires des médecins, choix de clientèle, choix des pathologies rentables …) on s’aperçoit au contraire que le service public est parfois moins coûteux pour l’assurance maladie que les établissements commerciaux.

Non seulement la privatisation de l’activité hospitalière publique est de nature à renforcer les inégalités d’accès aux soins, mais elle présente donc également un risque inflationniste non négligeable pour nos dépenses d’assurance maladie.

S’il n’est pas souhaitable pour autant de mettre fin à une tarification à l’activité dont les principes vont dans le sens d’une gestion plus efficace et plus équitable des établissements de santé, nous ne pouvons accepter pour autant qu’elle soit utilisée pour mettre en difficulté un système hospitalier dont nous avons toutes les raisons d’être fiers et qui est sans doute parmi les services publics les plus performants de notre pays. Il est donc urgent de stopper ce processus de convergence tarifaire entre hôpitaux et cliniques et de mettre fin au système de l’enveloppe unique public-privé. "



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La privatisation des hôpitaux publics allemands en question.
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- Hopital: vers une santé au rabais?


lundi 2 novembre 2009

Tunisie de rêve?

Une dictature qui ne dit pas son nom

Derrière les plages de rêve, une réalité sociale et politique le plus souvent ignorée des touristes, enchantés par les prix très bas

Bienvenue en Tunisie!
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- «Le Président Zine El Abidine Ben Ali a reçu une communication téléphonique du Président français Nicolas Sarkozy qui lui a fait part de ses plus vives félicitations à l'occasion de sa réélection à la présidence de la République tunisienne [à 89,45% des voix, dimanche 25 octobre, NDR], lui souhaitant succès et réussite et à la Tunisie davantage de progrès et de prospérité», peut-on lire, depuis le 26 octobre, sur le site officiel de campagne du président de la Tunisie. «Au cours de l'entretien, le Président français a, également, exprimé sa satisfaction du niveau excellent atteint par les relations tuniso-françaises, réaffirmant la volonté de la France de hisser le partenariat entre les deux pays à des paliers supérieurs.»
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Tunisie: nos enquêtes sur un pays qui sombre | Mediapart
"Alors que le président Ben Ali vient d'être réélu pour un cinquième mandat consécutif et après 22 ans de règne, le régime se déchaîne contre ses (rares) opposants encore présents sur le sol tunisien...."
-Sihem Bensedrine : La terreur policière dans un pays de carte postale
-Benaligrad
-En Tunisie, le tourisme devient une mécanique infernale qui brise le pays | Mediapart
"...Par quel système pervers, ce que l'on pourrait juger comme un transfert de devises bienfaisant pour l'économie locale, se transforme-t-il en une spirale infernale qui plombe l'économie d'un pays tout entier ? «Pour fonctionner, le système touristique tunisien, qui reste très bas de gamme, s'est engagé dans une course à la baisse des prix, explique la chercheuse au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), Béatrice Hibou, auteur de l'ouvrage La Force de l'obéissance – économie politique de la répression en Tunisie. Cette baisse continue des prix est conduite sous la pression notamment des tour-opérateurs qui ne cessent de faire jouer la concurrence avec d'autres destinations. Les hôteliers ont trois ressorts: proposer des services de qualité de plus en plus médiocre, jouer sur les salaires et ne pas rembourser les dettes contractées auprès des banques et de l'Etat. C'est le plus souvent ces deux derniers ressorts qu'ils utilisent, ce qui a un effet désastreux sur l'économie tunisienne, et sur les Tunisiens.»...
«le manque à gagner dû à toutes ces pratiques des tour-opérateurs oblige les hôteliers à revoir leurs budgets d'exploitation à la baisse pour minimiser leurs pertes. Le nombre des employés va à la baisse et les salaires stagnent !»...Payés le plus souvent au noir, et de plus en plus mal, la plupart des employés des complexes hôteliers tunisiens ne s'y retrouvent plus. «Les confits sociaux se sont multipliés en Tunisie ces dernières années, affirme la chercheuse Béatrice Hibou. On a un peu parlé de Gafsa, mais le pouvoir tunisien a beaucoup de travail pour étouffer tous les autres, notamment ceux des hôtels à Hammamet, Nabeul, qui surviennent fréquemment depuis deux, trois ans.» Un phénomène inédit, dans un pays qui compte pourtant moins de 5 % de salariés syndiqués...
En Tunisie, une loi toujours en vigueur interdit aux Tunisiens qui ne travaillent pas dans les hôtels de parler aux touristes! Officiellement, cette loi est là pour protéger les étrangers des «prédations»....
Les difficultés économiques et sociales tunisiennes montrent pourtant que c'est l'inverse qui se produit. Que le tourisme de masse s'est installé en Tunisie au détriment de la population locale. Et que cette loi est davantage le symbole du gouffre qui sépare deux Tunisies : celle des tour-opérateurs, des touristes, des plages, des cocktails, des «packages». Et celle des Tunisiens, du travail au noir, de la dette, de Gafsa, de l'immigration clandestine vers la Sicile. Une Tunisie qui coule sous nos yeux....
[Les violations des droits de l'homme et l'absence d'opposition politique dans les dictatures font régulièrement l'objet de critiques. Ce que l'on connaît moins, c'est le fonctionnement intime de ces régimes, les mécanismes par lesquels des populations entières se trouvent durablement assujetties.
C'est ce travail de dévoilement qu'a entrepris Béatrice Hibou. À la croisée de deux traditions intellectuelles, l'économie politique wébérienne et l'analyse foucaldienne, elle analyse, à partir du cas de la Tunisie, les modes de gouvernement et les dispositifs de l'exercice concret du pouvoir. Elle montre comment ces dispositifs façonnent les modalités de l'obéissance, voire de l'adhésion.
L'auteur fait émerger les rationalités des mécanismes d'assujettissement à partir de l'analyse de l'économie tunisienne. Elle explique ainsi comment l'économie d'endettement, la fiscalité, la gestion des privatisations, l'organisation de la solidarité et de l'aide sociales créent des processus de dépendance mutuelle entre dirigeants et dirigés. La répression et le contrôle policier apparaissent alors moins centraux que les arrangements, les accommodements, les petites ruses calculées, les compromissions au jour le jour, les instrumentalisations réciproques garantissant la légitimation quotidienne du régime.
Bien au-delà du seul cas tunisien, cet essai dérangeant fait comprendre comment se perpétuent les régimes autoritaires. Il permet aussi d'éclairer les mécanismes de domination à l'oeuvre dans les États que l'on considère comme démocratiques.]

- Retour de Tunisie : rébellion et répression
-Journalistes tunisiens sauvagement brutalisés
-Présidentielle en Tunisie, Ben Ali accentue la répression
-Répression contre les avocats en Tunisie
-La longue descente aux enfers de la Tunisie


-Reportage à Tunis, dans une ambiance de Corée du Nord | Mediapart
-Le témoignage de Taoufik Ben Brick
Le journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brik a été arrêté, jeudi 29 octobre. Quelques jours auparavant, il nous racontait le détail de son affaire, et comment on intimide les opposants sous le régime de fer de Ben Ali.
-Le dialogue de deux opposants
Rencontre entre le journaliste Taoufik Ben Brik et Sihem Bensédrine, première opposante au président et porte-parole du Conseil national pour les libertés. Un entretien exclusif.
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dimanche 1 novembre 2009

Finances: effondrement ?

Sombres perspectives








Mais ,heureusement ,le pire n'est jamais sûr


"Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquise(Thomas Jefferson (1802)

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"Il faudra absolument mettre en oeuvre une réforme efficace de la finance. Si tel n’est pas le cas, les banquiers prendront bientôt des risques encore plus grands qu’ils ne le faisaient avant cette crise. Après tout, la leçon de ces derniers mois est très claire : Quand les banquiers parient avec l’argent des autres, face ils gagnent, pile nous perdons." (P.Krugman)
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-Natixis nous promet un avenir sombre - AgoraVox:
"Un « flash économie » du directeur de la recherche et des études de Natixis, du 21 octobre, confirme l’ampleur de la dégradation de la situation économique et sociale à venir. Cette note infirme les propos lénifiants sur la sortie de crise. Elle s’intitule : « que les gouvernements aient le courage de dire la vérité aux Européens. »Il suffit d’aller sur le site http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=49177 pour prendre connaissance de la note 470 du 21 octobre 2009 rédigée par Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques du groupe Natixis (Banque populaire-Caisse d’épargne), économiste aux références impressionnantes, pour se faire une idée du pavé dans la mare que constitue cette analyse assez iconoclaste provenant des milieux d’affaires. D’entrée, il pose un diagnostic sans appel sur ce qui nous attend et sur l’inutilité de raconter des histoires aux peuples qui subissent la crise et à qui on voudrait faire croire qu’on est en train d’en sortir : « Au lieu d’entretenir l’espoir d’une reprise rapide de la croissance et de l’emploi, les gouvernements feraient mieux de dire aux Européens qu’ils vont être confrontés :
à une perte irréversible d’emplois dans les secteurs qui se contractent après la crise (construction, finance, biens durables…), d’où un chômage durablement très élevé ;
à l’absence d’idées pour créer des emplois nouveaux en quantité suffisante pour compenser les pertes d’emplois ;
à l’inefficacité des politiques de soutien de la croissance par l’exportation, avec la contraction du commerce mondial et, pour la zone euro, le risque d’appréciation de la devise ;
à la disparition du modèle de soutien de l’activité par la hausse de l’endettement ;
au besoin de rééquilibrer les finances publiques par des politiques budgétaires restrictives ;
à l’accélération des délocalisations avec l’écart de croissance et de coûts de production entre les pays émergents et les pays de l’OCDE ;
à la déformation du partage des revenus au détriment des salariés, avec le chômage élevé, les délocalisations… »
La suite n’est pas plus réjouissante. Face à ce constat, Patrick Artus considère que
« la seule solution constructive à cette masse de problèmes n’est pas d’amplifier les politiques contracycliques mais :
d’accepter la perte inévitable de pouvoir d’achat et de capacité de dépense de l’Etat ;
de construire les entreprises et les secteurs qui créeront de nouveaux emplois durables. »
En un mot, il ne croit pas« qu’il puisse y avoir une véritable reprise cyclique en Europe, que la perspective est celle d’une croissance durablement dépréciée et d’un chômage durablement élevé. »
Une crise structurelle grave
Graphiques à l’appui, il développe l’idée qu’il vaudrait beaucoup mieux expliquer aux Européens les raisons pour lesquelles il y a une crise structurelle grave, ce qu’il fait en entrant dans le détail de chacun des chapitres de son introduction. Ce faisant, il confirme ce que disent depuis un certain temps nombre d’économistes peu médiatisés, pas seulement néo-marxistes, mais bien au-delà, qui dénoncent la duplicité de ceux qui ne veulent voir dans cette crise qu’une crise du capitalisme financier, au mieux une crise conjoncturelle en fin de cycle.
On peut se demander pourquoi cette analyse –qui n’engage pas la banque, mais qui émane de son directeur de recherche et d’études tout de même- vient maintenant après que Natixis et le groupe aient défrayé la chronique financière par de lourdes pertes au moment de la crise des subprimes ?
Les deux groupes mutualistes avaient enregistré en 2008 des pertes record à hauteur de 2,5 milliards d’euros, ce qui avait conduit à leur regroupement fin février 2009, sous la pression de l’omni-président, déléguant François Pérol, secrétaire adjoint de l’Elysée, pour prendre la tête du nouveau groupe. Il cumule également la fonction de président du conseil de surveillance de Natixis. Cette double fonction lui assurant une rémunération mensuelle de près de 50 000 euros !
Comme quoi on peut être banques coopératives et assurer de bons revenus à son directeur qui devrait, le pauvre, se passer de bonus en 2009…en principe. Un tel niveau de revenu relève de la provocation. C’est tout un symbole.
D’autant que Patrick Artus souligne que l’une des causes structurelles de cette crise –le déplacement du capital- entraînera un chômage très élevé et un partage des revenus très défavorable aux salariés. Donc davantage de chômeurs, baisse du pouvoir d’achat des salaires, (mais pas des très hauts revenus !) accroissement de la précarité et de la pauvreté.
Tel est l’avenir vraiment très sombre qui nous est décrit. Il n’est, malheureusement, pas fait pour nous surprendre. Cette étude se veut une alerte aux milieux d’affaires et aux gouvernements, pour qu’ils tiennent un discours plus proche des réalités sous peine d’avoir quelques déboires en termes de crédibilité. Ainsi qu’une invitation à adapter leurs politiques car le monde est en train de changer de base : les pays dominants sont de moins en moins le centre de gravité des échanges économiques et leur influence s’en ressent.
De quoi alimenter quelques colères sociales amplement justifiées et appeler des transformations radicales dans la structure même de nos sociétés et de leurs modes de gestion.(René Fredon)
-Etats-Unis : En une journée, neuf banques font faillite
-Crise financière 2.0, la suite : lente glissade ou nouvel épisode de panique ? - AgoraVox
-"La crise bancaire n'est pas terminée"
-: La crise bancaire n’est pas terminée(2)
-Crise bancaire : le pire est-il à venir ?
-La reprise économique est une illusion
-Banksters " Vendredi"
-Europe2020
[-Argent Dette et Bankster]
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- Sombre automne ?
- D'une crise à l'autre
- Banques choyées

samedi 31 octobre 2009

Palestine: histoire(tragique) d'eau


Une guerre pour l'eau

-L'eau, un levier politique, une arme-

>Un enjeu stratégique

-"Dans les colonies, on voit des piscines, des pelouses arrosées généreusement autour des maisons et des systèmes d’irrigation des exploitations agricoles qui fonctionnent 24 heures sur 24. Cette situation contraste violemment avec celle des villages palestiniens voisins dont les habitants luttent pour aller chercher le peu d’eau dont ils ont besoin, même pour un usage domestique. 80 pour cent des villes et des villages palestiniens ne reçoivent que quelques heures d’eau par semaine, obligeant la population à faire des réserves dans des bidons et dans des conditions d’hygiène hasardeuses. Les Palestiniens n’ont pas le doit de forer des puits."
(Leila)

-"Le cas de cette région du monde est un symbole fort pour le monde entier puisque la question de l’eau est un des enjeux majeurs pour le siècle à venir. Dans le cas de Palestine/Israël toute négociation de paix est tributaire de l’établissement d’un accord juste et équitable, conforme à la Convention du 14 mai 1997 et ce ne peut être que dans un cadre global (avec la Syrie, le Liban et la Jordanie) que la paix pourra se construire entre Israéliens et Palestiniens."
[-L’appropriation des ressources hydrauliques par Israël, obstacle majeur à la paix-]
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-Cisjordanie : 450 000 colons consomment autant d’eau que 2,3 millions de palestiniens soumis à des restrictions:
"En raison des multiples restrictions et discriminations dont ils font l’objet, les palestiniens ne reçoivent pas suffisamment d’eau pour couvrir leurs besoins élémentaires, accuse Amnesty International. Entre 180 000 et 200 000 d’entres-eux survivent avec 20 litres par jour et par personne, alors qu’Israël, dont la consommation individuelle moyenne est de 300 litres, s’attribue 80% des ressources de l’aquifère de la Montagne, situé pour une grande partie en Cisjordanie.
Amnesty International, 27 octobre 2009
:Amnesty International accuse Israël de refuser aux Palestiniens un droit d’accès à l’eau suffisant, en maintenant un contrôle total sur les ressources communes en eau et par l’application de politiques discriminatoires.Ces mesures restreignent indûment l’accès à l’eau dans les Territoires palestiniens occupés (TPO) et empêchent les Palestiniens de développer un réseau d’eau adéquat.« Israël autorise les Palestiniens à accéder à seulement une fraction des ressources communes en eau, qui sont situées principalement en Cisjordanie occupée, alors que les colonies israéliennes illégales bénéficient d’un accès pratiquement illimité. A Gaza, le blocus israélien a empiré une situation déjà désastreuse », déclare Donatella Rovera, d’Amnesty International, chargée des études en Israël et dans les TPO.Dans son nouveau rapport, Amnesty International révèle l’étendue des politiques discriminatoire israélienne sur l’eau et les pratiques qui dénient aux Palestiniens leur droit d’accès à l’eau.Israël utilise plus de 80 pour cent de l’eau de l’ « Aquifère de la Montagne », qui est la principale ressource souterraine en Israël et dans les TPO, tout en limitant la consommation des Palestiniens à seulement 20 pour cent.Cet aquifère est la seule source d’eau pour les Palestiniens de Cisjordanie, alors qu’Israël en dispose de plusieurs et utilise également à son profit toute l’eau provenant du Jourdain Alors que la consommation d’eau quotidienne palestinienne atteint à peine 70 litres par jour et par personne, cette consommation journalière est supérieure à 300 litres en Israël, soit quatre fois plus.Dans certaines communautés rurales, les Palestiniens survivent avec à peine 20 litres par jour, ce qui représente la quantité minimum recommandée pour une utilisation domestique dans les situations d’urgence.Entre 180 000 et 200 000 Palestiniens vivant dans les communautés rurales n’ont pas accès à l’eau courante et l’armée israélienne les empêche souvent de recueillir l’eau de pluie.En revanche, les colons israéliens, qui vivent en Cisjordanie en violation du droit international, ont des fermes utilisant l’irrigation de façon intensive, ainsi que des jardins luxuriants et des piscines.
Ces colons, qui sont environ 450 000, utilisent autant sinon plus d’eau que la population palestinienne comptant environ 2,3 millions d’habitants.Utilisation des puits (pumpage) et des sources (discharge) des trois bassins Nord-Est (NE), Est (E) et Ouest (W) de l’aquifère de la montagne. Millions de mètres cube. Source :
PNUD. Dans la bande de Gaza, 90 à 95 pour cent de l’eau provenant de l’aquifère côtier, qui est son unique ressource, est contaminée et impropre à la consommation humaine. Israël n’autorise cependant pas de transférer à Gaza de l’eau en provenance de l’aquifère de la Montagne.Les restrictions draconiennes imposées ces dernières années par Israël sur l’entrée à Gaza des matériels et équipements nécessaires à la réalisation et la réparation des infrastructures y ont entraîné une détérioration supplémentaire de l’approvisionnement en eau et des réseaux d’assainissement, qui ont atteint un point critique.
Pour faire face à ces pénuries d’eau et aux déficiences des réseaux de distribution, de nombreux Palestiniens doivent acheter l’eau, de qualité souvent douteuse, qui est distribuée par des camions-citernes mobiles moyennant un prix beaucoup plus élevé.D’autres recourent à des mesures d’économie d’eau qui sont préjudiciables à leur santé et à celle de leur famille et qui entravent le développement socio-économique.« En plus de 40 ans d’occupation, les restrictions imposées par Israël sur l’accès des Palestiniens à l’eau ont empêché le développement des réseaux d’eau et des installations dans les TPO, refusant ainsi à des centaines de milliers de Palestiniens le droit de vivre une vie normale, de disposer d’une nourriture suffisante, d’un accès adéquat au logement ou à la santé, et au développement économique », déclare Donatella Rovera.En occupant les terres palestiniennes, Israël s’est approprié de vastes zones riches en eau et il empêche les Palestiniens d’y accéder.I
l a également imposé un système complexe de permis que les Palestiniens doivent obtenir de l’armée israélienne et des autres autorités pour développer les infrastructures de l’eau dans les TPO. Les demandes de permis sont souvent rejetées ou subissent de longs retards.Les restrictions imposées par Israël à la circulation des personnes et des biens dans les TPO aggravent les difficultés auxquelles les Palestiniens font face lorsqu’ils tentent de mener à bien des projets d’adduction d’eau ou d’assainissement, ou même simplement de distribuer de petites quantités d’eau.Les citernes d’eau sont contraintes à de longs détours pour éviter les barrages militaires israéliens et les routes interdites aux Palestiniens, ce qui entraîne de fortes augmentations du prix de l’eau.Dans les zones rurales, les villageois palestiniens luttent en permanence pour trouver assez d’eau pour leurs besoins de base, car l’armée israélienne détruit souvent leurs systèmes de récupération d’eau de pluie et confisque leurs citernes.
Dans le même temps, des champs situés dans les colonies israéliennes voisines sont irrigués sous le soleil de midi par des systèmes automatisés, gaspillant beaucoup d’eau, évaporée avant même d’atteindre le sol.Dans certains villages palestiniens, l’accès à l’eau a été si sévèrement restreint que les agriculteurs sont incapables de cultiver la terre, ou même de faire pousser de petites quantités de nourriture pour leur consommation personnelle ou pour le fourrage destiné aux animaux et ont donc été contraints de réduire la taille de leurs troupeaux.« L’eau est un besoin fondamental et un droit, mais pour de nombreux Palestiniens obtenir une eau de mauvaise qualité en une quantité qui se situe au niveau de subsistance est devenu un luxe qu’ils peuvent à peine se permettre », déclare Donatella Rovera.« Israël doit mettre fin à ses politiques discriminatoires, lever immédiatement toutes les restrictions qu’il impose à l’accès à l’eau des Palestiniens, et assumer ses responsabilités en faisant face aux problèmes qu’il a créé, en permettant aux Palestiniens d’accéder à une part équitable de la ressource commune en eau ».


-Les Palestiniens privés d'eau par Israël - AgoraVox
-Israël mène la guerre de l'eau dans les territoires occupés:
"L'accès à l'eau, qui est soumis au contrôle total qu'Israël exerce sur les ressources de la région, est aggravé par la sécheresse aiguë qui menace aujourd'hui les nappes aquifères. L'Etat juif, souligne Amnesty, utilise plus de 80 % de l'eau provenant de l'aquifère de montagne, limitant l'accès des Palestiniens à 20 % de cette réserve. Or, il s'agit de l'unique ressource en eau des Palestiniens en Cisjordanie, insiste Amnesty, "alors qu'Israël dispose de plusieurs sources d'approvisionnement (lac de Tibériade et aquifère côtier) et utilise toute l'eau disponible du Jourdain". L'Etat juif occupe la vallée du Jourdain depuis la guerre de 1967, et n'accorde aucun accès à ses rives aux Palestiniens.Les eaux du Jourdain sont convoitées à la fois par Israël, la Syrie, le Liban et la Jordanie, avec pour résultat de réduire par endroits son débit à celui d'un ruisseau salant et contaminé par les eaux usées non traitées, ce qui provoque un assèchement préoccupant de la mer Morte.Amnesty relève que la consommation en eau des Palestiniens est à peine de 70 litres par personne et par jour, soit nettement moins que les 100 litres recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), contre plus de 300 litres pour les Israéliens.Dans certaines zones rurales, ajoute l'organisation, les Palestiniens survivent avec à peine 20 litres par jour. Plus de quarante ans après l'occupation de la Cisjordanie, ajoute Donatella Rovera, auteure du rapport, 180 000 à 200 000 Palestiniens vivant dans des communautés rurales n'ont pas accès à l'eau courante. Cette situation est d'autant plus choquante, insiste-t-elle, que les colons israéliens établis en Cisjordanie, "en violation du droit international, recourent à l'irrigation intensive pour leurs cultures, et disposent de jardins luxuriants et de piscines".Cette dernière affirmation ne convainc qu'à moitié : les "jardins luxuriants" et les "piscines" sont loin d'être la règle, et les colons juifs en Cisjordanie forment une palette d'individus aux revenus disparates. "Quelque 450 000 colons utilisent autant, sinon plus d'eau, que l'ensemble de la population palestinienne, estimée à 2,3 millions", ajoute Amnesty, qui consacre une place importante de ce rapport à la situation dans la bande de Gaza, où la pénurie d'eau est critique. Dans cette portion de territoire contrôlée par le Hamas, la seule ressource en eau est l'aquifère côtier, puisque Israël n'autorise pas de transfert d'eau de la Cisjordanie vers Gaza.Sur-utilisée et contaminée à plus de 90 % par les eaux usées non traitées, l'aquifère côtier est source de maladies et d'épidémies.
Cette situation est aggravée par le blocus imposé par Israël, qui interdit l'entrée à Gaza d'équipements nécessaires à la réparation et à la modernisation du réseau.Le rapport d'Amnesty rappelle que les Palestiniens ne peuvent creuser de nouveaux puits sans obtenir de permis délivré par l'armée israélienne. Il explique en quoi les restrictions d'accès à l'eau potable sont un outil politique en favorisant les expulsions. Il montre enfin comment le "Mur" ou "barrière de sécurité", les check-points et autres barrages routiers, interdisent ou retardent l'accès à l'eau en Cisjordanie.La Water Authority israélienne a contesté les chiffres avancés par Amnesty, déploré que l'organisation ne l'ait pas consultée, mais n'a pas remis en question la réalité du phénomène de discrimination dont pâtissent les Palestiniens.Si les Israéliens consomment
"408 litres d'eau par jour" (Amnesty parle de 300 litres...), les Palestiniens en utilisent 200, affirme-t-elle, tout en assurant que la consommation des Israéliens a baissé de 70 % depuis 1967, alors que celle des Palestiniens a progressé de 85 à 105 m3 au cours de la même période. La Water Authority souligne enfin qu'Israël a toujours accordé aux Palestiniens davantage d'eau que les accords d'Oslo (1993) ne leur en allouaient.Au-delà des chiffres, l'attitude des autorités israéliennes montre que l'accès à l'eau reste un puissant levier politique dans les relations israélo-palestiniennes. C'est aussi un enjeu stratégique régional : pour pallier une pénurie croissante d'eau, Israël envisage de nouveau d'en importer de Turquie. Sauf que la détérioration récente de ses relations diplomatiques avec Ankara ne favorise pas un tel objectif
.(Laurent Zecchini)
-La question de l'eau en Palestine-Israël
-Israël : une histoire d'eau
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-L'eau: urgence!...
-De l'eau et des hommes

vendredi 30 octobre 2009

Pauvreté en France


Pour un bilan






Un phénomène mal connu, mal mesuré


-"La pauvreté est un drame social, une insulte à la dignité des personnes, et plus encore peut-être dans un pays très riche. Son approche et sa mesure devraient se dérouler loin des embrouilles statistiques et politiciennes. Ce « gouvernement des riches » en est incapable." (Jean Gadrey)

-La pauvreté en héritage
-Pauvreté : la réalité défie les chiffres

La France est un pays riche. Pourtant, 12 % de ses habitants vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2005. La pauvreté n’est pas forcément liée à l’inactivité. Un nombre croissant de personnes travaillent, mais n’ont pas des revenus suffisants pour sortir de la pauvreté : ce sont des « travailleurs pauvres ».

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__________Richesse et pauvreté : état des lieux
-Pauvreté en France - Wikipédia
-Observatoire des inégalités
-Insee - Pauvreté
-Près de huit millions de personnes pauvres en France
-Le tableau de bord de l'évolution de la pauvreté en France (2009)
- En France, la crainte de la pauvreté concerne à présent plus d'une personne sur deux
-Quand le travail rend pauvre
-Trois visages de la pauvreté en France

jeudi 29 octobre 2009

D'une crise à l'autre

1929-2008: deux événements sans rapports?

Les comparaisons strictes en histoire sont toujours risquées
Mais comment ne pas être troublé par les analogies profondes?

-"Nous avons fait la fête comme en 1929 . Et maintenant nous sommes en 1930", affirmait récemment un autre économiste américain, Paul Krugman sur son blog. "La crise financière actuelle est en gros une version moderne de la vague de paniques bancaires qui avait balayé le pays il y a trois générations", ajoutait l’auteur de « L’Amérique que nous voulons » qui sort actuellement chez Flammarion.
En France aussi, la comparaison fait débat, même si pour la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, les problèmes sont maîtrisés. En revanche pour Jacques Attali, "la crise actuelle ressemble plus à un tsunami, c'est une série de vagues qui avancent, dont certains peuvent espérer qu'elles passeront au large, et qui sont beaucoup plus profondes et structurantes qu'un évènement isolé comme l'a été le 11 septembre". Pour l’économiste Michel Aglietta, qui a été un des premiers à voir la crise arriver, la comparaison avec 29 n’a rien d’exagéré. « L’ampleur de la crise est aussi importante que celle de l’entre deux guerres », expliquait-il sur le site Rue 89 dès le mois de mars.
"
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-L'histoire ne repasse pas les plats, ne se répète pas, mais elle bégaie...

-Les banques au coeur du séisme...-

-"La crise financière a créé une boucle de rétroaction négative sur les marchés financiers. Un niveau de désendettement inégalé et le processus de démultiplication ont créé une boucle de rétroaction négative dans l’économie réelle. C’est une boucle qui est bien plus difficile à inverser, et c’est pourquoi une seconde Grande dépression reste une réelle possibilité." (Thomas Palley)
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Crise de 1929 : avons-nous retenu la leçon ? - AgoraVox:
"80 ans après le krach qui a fait trembler les Etats-Unis et précipite le monde dans la guerre, la seule solution pour William Karel était de faire parler les archives de l’époque - des documents rares, souvent inédits en France - en les intercalant habilement avec les mises en perspective d’économistes (Joseph Stiglitz, Bernard Gazier, Daniel Cohen, Jeff Madrick, Richard Salsman) ou d’historiens réputés (Howard Zinn, déjà cité, ainsi que de Steve Fraser, Elaine Abeslon, Alfred Grosser, Harold James, Maury Klein, Amity Shlaes).
William Karel, comme il l’explique dans l’interview qui suit, ne voulait pas laisser aux seuls économistes le soin d’expliquer pourquoi le jeudi 24 octobre 1929, la bourse de Wall Street s’effondre.
Cet intrication entre archives et les expertises de chercheurs donne tout son sel à ce documentaire passionnant. Comment, en l’espace de quelques jours l’économie apparemment prospère des Etats-Unis s’écroule-t-elle, entraînant l’Allemagne dans sa chute et, partant, l’ensemble du monde.
Tel est le sujet de ce film en deux parties qui cherche à comprendre les causes de ce krach historique et en décrit les conséquences.
Ironie du sort, au moment où William Karel travaille sur son film, un autre désastre financier, la crise des subprimes, s’abat sur le monde. Des millions d’Américains se retrouvent à la rues faute de pouvoir payer leur crédit, des usines ferment partout dans le monde. Le spectre de 1929 plane et ce documentaire qui entendait expliquer sous l’angle économique, sociologique et historique une catastrophe ancienne devient un film d’actualité lui-même.
Comment en est-on arrivé-là ? La question se pose avec la même acuité pour 1929 que pour 2008. A cette différence que 1929 fut un événement fondateur. En 2008, financiers et économistes savaient que la crise allait tomber. Quand ? On l’ignorait. Pour le reste c’était couru.
Le film de William Karel s’attarde sur les années 20. En France c’est la « belle époque » (pas pour tout le monde). Aux Etats-Unis, c’est la prospérité, les roaring twenties, les rugissantes années 20. Seul bémol la prohibition et le gangstérisme prospèrent, mais pas seulement. On assiste à la naissance d’une classe moyenne. Chaque famille possède sa Ford T. On consomme, on s’enrichit et l’on pense que cela va durer des siècles. En cinq ans les cours de la bourses sont multipliés par quatre. En 1929, deux milliards de dollars sont investis sur le marché. La bourse est un eldorado. Le patron de la General Motors déclare que pour 15 dollars investis il garantit un gain de 80 000 dollars. La presse économique le salue comme un visionnaire. Les banquiers de Wall street sont des « prestidigitateurs ». On devrait dire des illusionnistes. Des escamoteurs.
En juin 1929 les premiers signes apparaissent. Depuis longtemps certains économistes prédisaient la catastrophe, l’éclatement de cette bulle. On ne les écoute pas... En septembre, Wall street vacille, le 24 octobre, elle chute, en novembre elle s’effondre. Ce qui signifie une perte de 30 milliards, soit dix fois le budget fédéral américain. Face à ce cyclone qui balaye l’Amérique et commence à faire ressentir ses effets sur l’économie « réelle » le président Hoover...ne fait rien, sinon de rapatrier l’argent prêté à l’Allemagne pour sa reconstruction, histoire de restaurer la confiance des financiers. Conséquence, l’Allemagne, est asphyxié. Hitler monte dans les sondages. Il sera élu chancelier, un mois avant Roosevelt. Le bilan de ce dernier est en demie-teinte. Roosevelt instaure le new deal, fait promulguer une série de lois sociales inédites aux Etats-Unis. Mais le new deal sauvera-t-il les Etats-Unis de la crise. Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain c’est que la menace qui vient d’Europe est une aubaine pour les Etats-Unis qui en faisant tourner les usines d’armement à plein se refont une santé économique inespérée...
1929 est une analyse historique et un document d’actualité aussi passionnant et riche l’une que l’autre.
-William Karel, invité des Rdv de l’Agora, répond aux questions d’Olivier Bailly-..."


-1929 - ARTE:
Dans son documentaire sobrement intitulé 1929, William Karel, à une exception près, n’interroge aucun témoin. Dans son précédent film - Mais qui a tué Maggie ? - il avait pu interviewer quasiment au complet le gouvernement anglais dirigé par Margaret Thatcher.
Mais 80 ans après 1929, impossible de retrouver des témoins vivants. Seule exception notable, donc, la présence de l’historien Howard Zinn qui, âgé de 7 ans en 1929, se situe ici à l’intersection de l’histoire et de la mémoire.
1929, documentaire en deux parties diffusées sur Arte le mercredi 28 octobre à 20h45(1ère partie - La crise et à 21h35 2e partie - La Grande dépression). Ce film est également disponible en dvd et comporte en complément un entretien entre les économistes Joseph Stiglitz et Daniel Cohen.

- Prêts pour la prochaine crise ?:
"-Les USA sont non seulement sous la coupe des intérêts privés du secteur financier qui a réussi jusqu’à présent à échapper à toute mesure de régulation sérieuse, mais ils sont aussi dans le peloton de tête des statistiques des inégalités de revenu et du taux de pauvreté. Ces deux caractéristiques sont en général celles des états faillis, souligne Paul Craig Roberts, qui s’inquiète que l’absence de réglementation des produits dérivés ne provoque un nouveau désastre.-
Les preuves montrant que les États-Unis sont un Etat failli s’accumulent plus vite que je ne peux les répertorier.L’une des caractéristiques décisives d’un Etat failli est que les escrocs sont placés à l’intérieur du gouvernement, et utilisent ce gouvernement pour protéger et promouvoir leurs intérêts privés.Une autre caractéristique déterminante est l’inégalité croissante des revenus, lorsque ces « insiders », ces initiés, manipulent la politique économique pour assurer leur enrichissement au détriment de tous les autres.L’inégalité des revenus aux États-Unis est aujourd’hui la plus extrême de tous les pays. Le rapport 2008 de l’OCDE, « Distribution des revenus et pauvreté dans les pays de l’OCDE, » (PDF) conclut que les États-Unis sont le pays où l’inégalité est la plus grande et le taux de pauvreté le plus élevé dans l’OCDE. Depuis l’année 2000 on n’a constaté nulle part une telle hausse des inégalités de revenus.L’OCDE note par ailleurs que la répartition des richesses aux USA est encore plus inégale que ne l’est celle des revenus.Le 21 octobre 2009, Business Week a rendu compte d’un nouveau rapport du Programme de Développement des Nations Unies concluant que les États-Unis se situaient au troisième rang parmi les Etats ayant les pires inégalités de revenus.
Les deux premiers, Hong Kong et Singapour, étant en fait des cités-Etats et non des pays, les USA ont la honte d’être le pays où l’inégalité dans la répartition des revenus est la plus forte.L’augmentation marquée de ces inégalités de revenus aux États-Unis depuis l’année 2000 a coïncidé avec la délocalisation des emplois, qui a enrichi les cadres bénéficiant de « primes de performance » tout en appauvrissant la classe moyenne. Dans le même temps, on a également assisté à une croissance rapide des produits dérivés, négociés de gré à gré, non réglementés, qui ont enrichi Wall Street et le secteur financier au détriment de tous les autres.Des millions d’américains ont perdu leur maison et la moitié de leur épargne-retraite et devront supporter la charge de la dette publique qui a servi à renflouer les banksters qui sont à l’origine de la crise des produits dérivés.Le 21 octobre l’émission Frontline a diffusé, «
The Warning », un documentaire qui montrait comment la Réserve fédérale, Alan Greenspan, le secrétaire au Trésor Robert Rubin, le secrétaire adjoint au Trésor Larry Summers, et Arthur Levitt, le président de la Securities and Exchange Commission, ont empêché Brooksley Born, alors responsable de la Commission des Commodity Futures Trading (CFTC), de remplir son mandat et de réglementer ces produits dérivés négociés de gré à gré.Après que la pire crise de l’histoire financière des Etats-Unis ait éclaté - comme Brooksley Born l’avait prévu - Alan Greenspan, désormais discrédité, a été tiré de sa retraite pour qu’il vienne s’expliquer devant le Congrès, lui qui avait affirmé qu’aucune règlementation des produits dérivés n’était nécessaire. Greenspan avait même déclaré au Congrès que la réglementation des produits dérivés serait préjudiciable. Pathétique, Greenspan a dû admettre que l’idéologie du marché libre qu’il avait fait sienne avait révélé ses « failles ».
Greenspan a peut-être parié le futur de notre pays sur ses croyances dans le marché libre, mais qui donc pourrait croire que Rubin et Summers faisaient autre chose que de protéger les énormes profits frauduleux que procuraient à Wall Street les produits dérivés ? Comme l’a souligné Brooksley Born, les dérivés négociés de gré à gré sont un « marché obscur », sans aucune transparence. Les régulateurs ne disposent d’aucune information sur ces produits, pas plus que les acheteurs.Même après l’effondrement et le renflouement de
Long Term Capital Management en 1998, Greenspan, Rubin et Summers n’ont pas changé d’avis. Greenspan, Rubin et Summers, comme leur suiveur Arthur Levitt - qui regrette aujourd’hui de s’être fait duper par les banksters - ont réussi à manipuler un Congrès totalement ignorant en ne laissant pas la CFTC remplir son office. Brooksley Born, empêché par des représentants élus de protéger les citoyens, a choisi de démissionner.
L’argent de Wall Street avait tout simplement réussi à travestir les faits et à écarter les régulateurs honnêtes, s’assurant de l’inaction du gouvernement, et provoquant du même coup la crise financière qui a éclaté en 2008 et continue aujourd’hui de frapper notre économie.Les initiés de la finance qui ont la main sur le Trésor, la Maison Blanche et la Réserve fédérale ont transféré aux contribuables le coût de la catastrophe qu’ils ont provoqué.
Lorsque cette crise a débuté,
Henry Paulson - nommé par le président Bush comme successeur de Rubin en tant que représentant de Goldman Sachs à la tête du Trésor US - a joué sur la peur afin d’obtenir de « nos » représentants au Congrès qu’ils acceptent sans poser de questions de débloquer les centaines de milliards de dollars des contribuables (l’argent du TARP) pour renflouer Goldman Sachs et les autres malfrats sévissant dans les produits dérivés.L’indignation de l’opinion publique a éclaté lorsque Goldman Sachs a annoncé récemment qu’elle allait octroyer d’énormes bonus à six et sept chiffres à ses salariés. Tentant de défendre les banksters qui, sauvés par l’argent public, s’offrent des primes supérieures à ce que la plupart des gens gagneront en toute une vie, Lord Griffiths, le Vice-Président de Goldman Sachs International, a déclaré que l’opinion devait apprendre à « tolérer l’inégalité en tant que moyen d’atteindre à une plus grande prospérité pour tous. »En d’autres termes, « qu’ils mangent de la brioche ».
Selon le rapport de l’ONU cité ci-dessus, la Grande-Bretagne vient en 7ème position ex-æquo des pays ayant les revenus les plus inégaux au monde. Après les bonus de Goldman Sachs, les Britanniques vont monter dans le classement, et pourront peut-être rivaliser avec Israël pour la quatrième place
.En dépit de cette folie totale que sont ces produits dérivés, de la colère grandissante de l’opinion et de la confession de M. Greenspan devant le Congrès, rien n’a été fait pour les réglementer.L’un des assistants au Trésor de Rubin, Gary Gensler, a remplacé Brooksley Born à la tête de la CFTC. Larry Summers dirige le Conseil Economique National du président Obama. L’ancien membre de la Réserve fédérale Timothy Geithner, un protégé de Paulson, est le secrétaire au Trésor d’Obama. Un vice-président de Goldman Sachs, Adam Storch, a été nommé responsable de la Securities and Exchange Commission.Les Banksters sont toujours en place.Existe-t-il un autre pays dans lequel, au vu et au su de l’opinion publique, une petite minorité utilise de façon aussi flagrante le gouvernement au bénéfice d’intérêts privés, aidé par une coterie d’économistes adeptes du « marché libre », prêts à justifier le pillage, au motif que « le marché fonctionne au mieux » ?Un narco-Etat est une calamité. Mais Les États-Unis et leur « financio-Etat » dépassent cette horreur.Comme le dit Brooksley Born, si rien n’est fait, « cela va se produire à nouveau ».Mais rien ne peut être fait. Les escrocs tiennent le gouvernement.
[Note de Paul Craig Roberts : Le rapport de l’OCDE montre que malgré la réduction des impôts sous Reagan, la hausse des inégalités des revenus s’est ralentie durant cette période. Au milieu des années 1990 le coefficient Gini (une mesure de l’inégalité du revenu) a même diminué. A partir de l’année 2000, avec la nouvelle économie (qui consistait essentiellement en une fraude financière et à délocaliser les emplois), le coefficient Gini a connu une forte hausse.]
- Cessons de nous ruiner pour sauver les riches
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