Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 26 mai 2017

Malte, île charmante

Tourisme profitable.
               Il ne faut pas aller au bout du monde pour découvrir de nouveaux horizons.

                   Dépenser des fortunes pour jouir d'un accueil permanent et chaleureux.
    Pas besoin de prendre des risques à s'aventurer au bout de la planète, comme au Panama ou sur certaines îles peuplées parfois de Caïmans.
         Ni non plus de faire trop de kilomètres et de se compliquer la vie.
             A Londres, on se sent déjà loin de chez soi.
   Tout près de chez nous, on peut faire de charmantes découvertes.
  Par exemple, qui connaît bien le Luxembourg, d'où notre bon Mr Juncker est originaire?
     Qui a déjà visité la petite Andorre, sans parler du Liechtenstein, de Monaco, et surtout de la Suisse, si attractive?...La liste n'est pas exhaustive, bien sûr.
    Le paradis est à deux pas, où l'on peut optimiser sa vie, échapper au poids de contributions trop pesantes, donc profiter à moindre frais.
      Optimisons donc sans peine et sans risques...ou si peu.
                                         Un peu de prudence s'impose quand même.
        La presse s'attarde ces temps-ci sur un attractif petit îlot au sein de l'Europe, trop souvent délaissé.
          La discrète Malte fait enfin parler d'elle. Une publicité méritée.
    Les contributions de quelques touristes, connus ou moins connus, ne pouvaient suffire, il fallait une information plus large.
     L'île est ouverte à tous, sans discrimination (*)
             C'est pour ça qu'on l'aime.
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(*) Suivez le guide. qui permet  ... de lever le voile sur les Français qui ont succombé aux charmes financiers de Malte. On y retrouve la trace, aux côtés du « parrain des parrains », d’autres habitués des affaires judiciaires, qui apprécient à sa juste valeur la discrétion de l'île. Lorsque Serge Dassault, mis en examen pour achats de votes, a dû nettoyer le montage financier libanais qui a servi à rémunérer ses hommes de main de Corbeil-Essonnes, sous couvert d’achat d’un Falcon, il a fait appel à l’un de ses amis pour transférer l’avion et le reliquat de l’argent à Malte, dans une société baptisée Eurodiv Limited (lire ici).    ____Malte a aussi hébergé certaines des structures offshore utilisées par l’homme d’affaires Alexandre Allard, qui fait l’objet d’une enquête pour fraude fiscale pour avoir dissimulé 67 millions d’euros de commissions lors de l’achat du palace parisien le Royal Monceau (lire notre enquête ici). Idem pour l’avocat parisien Yann Streiff, soupçonné notamment d’abus de faiblesse, et dont l’affaire embarrasse le barreau de Paris (lire ici et ). Pourtant perclus de dettes, Me Streiff a pourtant trouvé les moyens d'investir dans une société maltaise de jeux en ligne, MMBet Gaming, par le biais d'une holding locale baptisée Canopus Holdings Limited. ____Grâce à une législation aussi souple que sa fiscalité, Malte est en effet devenue l’eldorado des jeux et paris. Tous les Français s’y sont précipités pour y monter leurs sites : casinos Partouche et Barrière, Alexandre Dreyfus (ChiliPoker). Mais tous ces poids lourds ont fini par se casser les dents, faute de rentabilité. Y compris un certain Laurent Tapie. À la suite de l’affaire de l’arbitrage du conflit qui opposait le Crédit lyonnais à Bernard Tapie, puis à l'attribution du magot de 403 millions d'euros à l'homme d'affaires, son fils Laurent a monté à partir de 2012 la société d'e-commerce Global Auction International et la structure ISPT Malta, destinée à organiser des méga-tournois de poker dans les stades. « La société a été créée à Malte uniquement car notre activité n’était malheureusement pas légalement possible en France », précise son associé, Prosper Masquelier. Le projet ayant fait flop après un premier tournoi au stade de Wembley, Laurent Tapie n’a quoi qu’il en soit pas profité des avantages fiscaux maltais.....D’autres y sont au contraire passés maîtres. Grâce aux documents Malta Files, nous avons pu reconstituer les montages maltais de plusieurs personnalités et institutions venues de tous les horizons. De l’héritier Chanel aux magasins discount GiFi, du roi de la comptabilité Christian Latouche aux mannequins de l’agence Elite, des marchés financiers au rugby amateur, révélations sur les Français qui ont logé leur argent dans l’île aux trésors fiscaux...David Wertheimer est l’un des héritiers les plus riches du monde. Ce jet-setteur trentenaire est le fils de Gérard Wertheimer, l’un des deux frères qui possèdent et dirigent Chanel, et dont la fortune est estimée à 16,5 milliards d’euros. Malgré l’immense richesse de sa famille, David Wertheimer arrondit ses fins de mois comme consultant via une société maltaise… qu’il détient via une coquille offshore panaméenne....
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jeudi 25 mai 2017

Donald Trump et l'Iran

Notes sur un périple peu engageant
                                                     L'Iran est sans doute à un tournant important de son histoire récente, avec la réélection de Hassan Rohani dès le premier tour, qui confirme une volonté d'ouverture du pays à l'international, en affaiblissant le poids des ultraconservateurs.
    Une ouverture souhaitée par une large partie de la population, malgré la faible participation au vote. Les réformateurs , la jeunesse et les  femmes manifestent une volonté de  changement incontestable, après tant d'années d'isolement et d'ostracisme.
      Une volonté de changement manifeste au sein des couches de la population les plus éclairées, les plus jeunes, avec de nouvelles prises de conscience.
    Malgré la rigidité et la complexité des pouvoirs du pays, nulle doute que les évolutions récentes soient irréversibles et que les forces du changement contribueront à sortir de manière plus décisive le pays de son isolement politique et économique.
     La réalité iranienne est plus complexe qu'on le dit et riche de potentialités.
                  ____ C'est justement ce moment-là que choisit Trump, à l'occasion de son périple moyen-oriental, pour lancer des anathèmes à l'égard de ce pays et de son besoin d'ouverture, ignorant, comme à son habitude, la géographie comme les réalités géopolitiques.
    Il a joué surtout le voyageur de commerce en Arabie Saoudite, encensée après avoir été vilipendée.
380 milliards de dollars, ça vaut le coup de faire des concessions, de désigner l'ennemi chiite, de revenir à la politique buschienne, avec son vieux slogan tout en nuances de "l'Axe du mal".
  Même discours en  Israël  pour ne pas fâcher un Netanyahu pourtant critiqué naguère.
        Le business vaut bien une messe,  voire deux.
  L'éléphant républicain (dans un magasin de porcelaines) continue de cultiver les contradictions et les incohérences, souvent pris  au piège de la realpolitique habituelle de l'Oncle Sam.
     "Alliés indéfectibles d’Israël, dont l’Iran appelle à la destruction, les États-Unis ne peuvent se ranger au côté de Téhéran sans s’aliéner l’État hébreu. Pour autant, Barack Obama avait atténué la rhétorique anti-iranienne, que Donald Trump a remise au goût du jour. Cette résurgence s’explique par sa très grande proximité avec Tel-Aviv et par un partenariat économique déterminant avec un autre ennemi viscéral de l’Iran : l’Arabie saoudite – plus de 339 milliards d’euros de contrats ont été signés entre Riyad et Washington le 20 mai."
   L'isolationnisme, on verra plus tard...On n'abandonne pas ses amis et on reste fidèle au cher royaume, même si c'est au prix de spectaculaires contorsions.
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Point de vue 
Donald Trump s'en va-t-en guerre
                                                               "Tout être normal s'instruit de ses erreurs. Pas les dirigeants américains. Après le chaos provoqué par les interventions des Bush père et fils contre l'Irak de Saddam Hussein, voici que Donald Trump menace de récidiver contre cette fois l'Iran de Hassan Rohani...
     Sommes-nous victimes d'une hallucination ? Devant une une cinquantaine d'autocrates musulmans, le président des États-Unis s'en prend à l'Iran, présenté comme le fer de lance du terrorisme international (*) !
      Cette déclaration de guerre survient deux jours après que les Iraniens ont reconduit le président Hassan Rohani, un modéré, anxieux d'ouvrir son pays sur l'Occident et la modernité. Ce scrutin démocratique, sans équivalent dans le Moyen-Orient actuel, a été salué par des concerts improvisés dans toutes les grandes villes iraniennes.
     Il est vrai que l'Iran est une république religieuse structurée par de multiples pouvoirs et contre-pouvoirs qui limitent drastiquement l'autorité du président et, au-dessus de lui, du Guide Suprême, aujourd'hui Ali Khamenei (*). C'est un trait que le pays partage avec... la démocratie américaine.        Le président Trump a quant à lui tenu son discours à Riyad, capitale de l'Arabie séoudite, où la musique et l'alcool sont prohibés et les femmes astreintes à ne sortir que voilées de la tête aux pieds. L'Arabie, de même que le Quatar voisin, est en effet une théocratie vouée au wahhabisme. Cette doctrine vieille de trois siècles prône la guerre sainte et le retour à l'islam des origines. Elle dicte les actions des gouvernants séoudiens depuis la naissance du royaume.           Grâce à leurs pétrodollars, les oligarques séoudiens et quataris financent les campagnes d'islamisation de la planète, du Sénégal à l'Indonésie en passant par le Kossovo, Lunel et Molenbeek. C'est à eux que l'on doit le succès du voile intégral, jusqu'ici réservé aux femmes de quelques oasis arabes. Plus gravement, ils financent aussi Al-Qaida, Daesh et leurs antennes régionales. Les terroristes qui ont dirigé des Boeing contre les tours du World Trade Center étaient ainsi des Séoudiens wahhabites.       C'est donc à ces amis de l'Amérique et de la démocratie que Donald Trump a adressé ces mots empreints de morale chrétienne : « Chaque fois qu'un terroriste tue un innocent et invoque faussement le nom de Dieu, il insulte toute personne de foi. Les terroristes n'adorent pas Dieu, ils adorent la mort. Ce n'est pas une bataille entre différentes croyances, différentes sectes ou différentes civilisations. C'est une bataille entre le Bien et le Mal. »
Gardons-nous de gloser sur le Bien et du Mal (où était le Bien quand Colin Powell brandissait une fiole de poudre de perlinpinpin à l'ONU, en 2003, pour justifier l'anéantissement de l'Irak ?). Poursuivant son discours, le président Trump en vient à dénoncer le Mal. Surréaliste :       « Bien sûr, il reste encore beaucoup à faire. Mais il importe de mentionner le gouvernement qui procure aux terroristes refuge, soutien financier et centres de recrutement. Ce gouvernement est responsable de l'instabilité de la région. Je parle bien sûr de l'Iran. Du Liban à l'Irak au Yémen, l'Iran finance, arme et forme des terroristes, des milices et d'autres groupes extrémistes qui propagent la destruction et le chaos dans toute la région. Son gouvernement promet la destruction d'Israël, la mort en Amérique et la ruine pour de nombreux dirigeants et nations dans cette salle.         Parmi ses interventions les plus tragiques, il y a la Syrie. Soutenu par l'Iran, Assad a commis des crimes indescriptibles. Jusqu'à ce que le régime iranien soit disposé à la paix, toutes les nations doivent travailler à l'isoler et prier pour qu'un jour, les Iraniens aient le gouvernement juste et droit qu'ils méritent. »       Dans ce raccourci « powellien » (d'après Colin Powell, 2003), le président met dans le même sac des phénomènes très différents :    - le terrorisme islamiste qui frappe les Occidentaux, d'Orlando à Manchester : ce terrorisme est le fait des sunnites intégristes inspirés et financés par les Séoudiens et les Quataris et de personne d'autre,  - le terrorisme qu'emploient les Arabes sunnites dans leur guerre contre les chiites, du Liban à l'Irak,  - enfin le terrorisme d'État : la République islamique a employé cette arme contre les Occidentaux quand ceux-ci aidaient l'Irak dans sa guerre d'agression (1980-1988) puis contre Israël jusqu'en 2012 pour soutenir les chiites libanais.        De ces trois phénomènes, seul le premier est proprement inédit. Les deux autres relèvent des guerres qui déchirent le Moyen-Orient arabe et opposent de façon inextricable les factions et leurs alliés extérieurs (Russes, Américains, Iraniens, Israéliens).
Si l'on est informé des horreurs commises en Syrie par les troupes du dictateur Assad, on ne peut en dire autant des horreurs commises par le camp opposé ni surtout de celles commises au Yémen. Ce pays aussi peuplé que la Syrie (25 millions d'habitants) a été agressé par l'Arabie séoudite il y a deux ans, quand les chiites locaux (houtites) ont commencé de s'affronter aux sunnites. Les bombardements de populations civiles par l'aviation séoudienne n'ayant pas suffi à briser la résistance houtite, les Séoudiens organisent aujourd'hui le blocus alimentaire du pays. On parle de millions de victimes potentielles...    Après l'exposé des faits vient l'analyse. Et là, avouons-le, nous sommes gênés de ne trouver aucune explication rationnelle à l'attitude de Donald Trump.     Une première question se pose : pourquoi Donald Trump et les gouvernants américains s'entêtent-ils à nier le potentiel démocratique de l'Iran ? Trente ans après la Révolution islamique, ce pays de 80 millions d'habitants a surmonté ses démons et s'affirme comme une démocratie certes imparfaite mais plus avancée qu'aucun autre pays du Moyen-Orient, l'exact opposé de l'Arabie séoudite.    Dans le « Grand Jeu » moyen-oriental, pourquoi faut-il aussi que les stratèges américains abandonnent à leurs rivaux russes le privilège d'une alliance avec l'Iran, l'État de loin le plus stable et le plus prometteur du Moyen-Orient ? Que leur restera-t-il si l'Arabie séoudite devait sombrer dans l'aventure yéménite et la Turquie d'Erdogan s'abandonner à la répression de ses libéraux et de ses minorités ?     Peut-être cet aveuglement remonte-t-il au « pacte du Quincy » (1945) entre le président Roosevelt et le roi Ibn Séoud ? Peut-être au renversement du Premier ministre iranien Mossadegh par la CIA (1953), premier rendez-vous manqué entre l'Iran et l'Occident ? Ou à l'humiliante prise d'otages de l'ambassade de Téhéran (1979) ?   Peut-être aussi n'a-t-il aucun motif sinon le caractère brouillon de l'actuel président et l'immaturité de la diplomatie américaine, si souvent démontrée ? Au demeurant, les dirigeants iraniens, qui en ont vu d'autres, encaissent l'affront avec philosophie. Le temps joue pour eux depuis... 2500 ans....       (Merci à Hérodote.net)
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mercredi 24 mai 2017

Regards

__ Loi Macron: elle devait simplifier les prud'hommes, disait-on...

__  Un labo pharmaceutique qui a trouvé le bon filon.
                              Le dumping fiscal tourne bien dans l'Europe à plusieurs vitesses.
                L'évasion fiscale a le vent en poupe.

__ Gentrification de la gauche: ça se confirme.

__  Donald Trump dans ses oeuvres: les revirements continuent.
                                    C'est la politique (dangereuse) de gribouille.

__ Plus que tout bon Américain, il ignore la géographie.

__  Le « Dieselgate » continue. En France cette fois-ci.
                                   Pour l’ex-patron de Volkswagen,  rien ne va plus.
                                       Le fier slogan Das AUTO ist weg.
                                                Ach! die deutsche Tugend!

__ La montée des inégalités se poursuit. De manière préoccupante.

__ C'est bientôt le Bac philo, l'épreuve redoutée (comme on dit.)
         Les exigences ayant beaucoup baissé, et le niveau étant ce qu'il est, on peut "réviser" de manière ludique.
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mardi 23 mai 2017

I like!

Liker or no liker?
                          That is the question...
     Sur Facebook ou maintenant de plus en plus souvent sur certains journaux en ligne , on est invité à liker.
    Parfois presque sommé de le faire.
      A la suite d'une opinion, d'une appréciation, d'un article, d'une image, d'une vidéo...
  Il n'y a pas d'alternative, comme pour l'empereur romain qui détenait l'ultime décision dans l'arène: pouce levé ou baissé. Pas de milieu. On ne peut pas liker ++ ou --. C'est ça ou c'est pas ça.
     De plus en plus nous sommes invités à liker et de plus en plus vite.
  Aimer la tarte à la framboise ou non, apprécier telle voiture ou non, telle vedette ou non, être en accord avec tel homme politique ou non... Il faut savoir.
   Facebook vous y invite en permanence, c'est le principe du club.
      Même à la Maison Blanche, on fait de la diplomatie twittienne. Un peu brouillonne, mais enfin...On n'arrête pas le progrès.
 Je like, donc je suis.
       Je peux être invité à entrer dans le monde autrefois secret des grands et des moins grands et à donner mon avis sur leur toilette, leurs goûts, leurs idées, leurs choix. En likant, je  peux contribuer à faire baisser la cote de popularité d'un élu et compromettre sa réélection, ou le contraire. C'est pas magique?
    Le pouvoir du pouce peut même (re)dorer le blason d'un idole en perdition, vedette ou pape.
C'est le nouveau pouvoir de la grande famille des likers, en temps réel. C'est trop top.
  Une bonne idée pour les modalités de vote pour demain, pour les citoyens comme pour les élus à l'Assemblée. Fini les isoloirs et les échanges plus ou moins amènes sur les bancs des élus.
    Foin de temps perdu, de débats interminables, de nuances superfétatoires, d'arguties sans fin.  Il faut trancher du pouce et du clavier. C'est oui ou c'est non. C'est ça ou c'est pas ça. Tu veux ou tu veux pas..♪♫♪
    Rangeons-nous docilement à la logique simple du numérique , à la logique binaire qui en est le principe: le courant passe ou ne passe pas...
   La logique modale, la discussion socratique-à-couper-les-cheveux- en-quatre, le pinaillage sur les queues de cerises, les débats incertains sur les choix moraux et politiques, les questions jamais tranchées, les improbabilités, les problèmes toujours en suspens, c'est fini. J'aime Macron, comme j'aime Madona. Je n' aime pas le bruit mais aussi Mélanchon. C'est rassurant.
   C'est clair, c'est rapide, c'est efficace
        Autrefois, on ne likait pas à la vitesse de l'éclair, on réfléchissait. Que de temps perdu!
           C'est aussi narcissiquement jouissif. Un nouveau pouvoir nous est né au sein de la tribu de millions d'amis. La convergence des "like" est la force nouvelle de décisions de demain; sur l'immigration, la peine de mort, la politique sociale, que sais-je encore...Plus aucun sujet ne doit échapper à la logique du pouce.
     I like Europe, c'est tendance. Oui mais quelle Europe? la question n'est pas là...
         Les esprits chagrins diront que le symbole peut vite devenir un traceur, un pixel espion, un hameçon pour les marchands toujours en maraude sur le net, mais on peut répondre qu'il peut aussi être fédérateur pour de bonnes causes,  point de ralliement des hommes de bonne volonté. Par exemple, En Amérique latine, l'organisation non gouvernementale TECHO a utilisé un dérivé du bouton « J'aime » de Facebook dans leurs campagnes, comme symbole de l'insatisfaction envers la pauvreté et le logement déplorable dans les bidonvilles, selon Wiki.
     Des million d'amis, ça compte! Et aujourd'hui les meilleurs ltwittent en likant!
         Alors, likons en coeur, mes bien chers frères en numérique.
Demain sera forcément meilleur. C'est nos grands frères de la Silicon Valley qui nous le promettent.       Alors...
   [Tout en bas, likez si vous voulez. C'est vous qui voyez...]
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lundi 22 mai 2017

Grèce: potion mortelle

|Ça continue
                On croit rêver...
                                  C'est Ubu et Molière à sa fois:
     Plus on saigne le malade, plus on croit à sa guérison.
 Tout va assez bien pour le secteur touristique et très bien pour les privilégiés qu'on ne veut fâcher.
         C'est sans fin. De crise en crise, une autre se profile;
 "La Grèce ne s'en sortira jamais si une partie de sa dette n'est pas annulée, et dans ces conditions, le fonds monétaire ne peut être l'un de ses créanciers", ose-t-on même au FMI
     Comment décrire le chaos qui s'approfondit? La dette, en grande partie fruit d'une intégration irréfléchie et de spéculations étrangères sur le sol hellène, reste un point de fixation où l'obstination de Berlin et l'aveuglement de Bruxelles s'illustrent particulièrement. Angela oublie que la dette allemande a été plusieurs fois annulée dans son histoire.
   Un débat faussé sur fond de grande hypocrisie européenne.
 Pierre Moscovici, le roi de la logique comptable bruxelloise, énonce sentencieusement que  la croissance s’améliorera si l’austérité se durcit ! 
     Alors que même au FMI, certains voient un peu plus loin,  Emmanuel Macron s’est clairement déclaré en faveur d’une restructuration de la dette grecque – qui représentait 179% du PIB en 2016 – parce que « le système est intenable » et il a reconnu que « nous savons tous qu’il faudra en venir là » Mais il ne dit rien sur les modalités et le rôle de l'Allemagne de Merkel et Schaüble
     La détresse continue à régner dans de multiples secteurs, les plus vitaux.
   Pendant ce temps, les Grecs qui le peuvent, les moins résignés, continuent à manifester contre l'austérité.
     Les mythes sur la Grèce ont la vie dure et la crise risque de durer encore et même de s'approfondir:
       Dans les campagnes électorales en Europe (Hollande, France, Allemagne) on continue à asséner des contre-vérités avec aplomb. La dernière sortie du président (socialiste !) de l’Eurogroup sur « les gens du Sud qui ont dépensé leur argent pour se payer des femmes et de l’alcool et demandent au gens du Nord de payer les dettes qu’ils ont contracté pour cela » est le cas le plus scandaleux. (la tribune 21/03/2017)
    En France des candidats, moins violents, affirment qu’il faut tailler, en France, sur les dépenses sociales, les retraites, les salaires et les services publics pour ne pas se retrouver dans la situation de la Grèce, où les Grecs ont dilapidé leur pays.. la narration sur la Grèce est fausse et le remède, comme le révèle le cas grec, contre-indiqué.
    Comme membre de la Commission pour la Vérité sur la Dette et coordinateur du chapitre sur les origines de la dette j’affirme que le surendettement de la Grèce a une cause unique que tout le monde tait : des dépenses militaires excessives justifiées par les menaces d’un voisin menaçant, la Turquie, et le refus (malgré des demandes répétées de tous les gouvernements grecs depuis 1981) des pays européens de garantir les frontières de la Grèce. Si la Grèce avait dépensé autant que les autres pays européens pour sa défense ses dépenses publiques totales auraient été inférieures à la moyenne de tous les pays de la zone Euro, comme l’indique le graphique ci-dessous à gauche, qui figure dans le rapport de la Commission et n’aurait pas eu à se sur-endetter...
    Les marchands d’armes, principalement allemands, français et hollandais et les banques françaises et allemandes qui ont financé ces achats grecs. Et c’est pour subventionner tout cela que la Grèce a été soumise à un remède qui a eu pour résultat de diminuer de 27% son PIB et d’augmenter son chômage jusqu’à 27%.
     Malheureusement pour les Grecs la cure continue. De nouvelles diminutions des retraites, la soumission à l’impôt des revenus de moins de 800 euros/mois, la vente au rabais à une société publique allemande de leurs aéroports et la privatisation de l’EDF grecque sont parmi les dernières mesures qu’ils ont dû accepter. Et tout cela au nom d’une dette dont le montant – 300 milliards - n’a pas augmenté depuis 2012 mais du fait de l’appauvrissement infligé au pays atteint 180% du PIB : un niveau jugé par tous, sauf Mr Schaüble, comme insoutenable. Tant que cette dette pèsera sur ses épaules aucune perspective de rétablissement réel n’est possible pour la Grèce et le cercle vicieux de l’austérité lui sera appliqué, jusqu’au jour où la Grèce se révoltera, ou jusqu’au jour où l’Europe changera. Quand ? Le 15 juillet prochain (si la Grèce fait défaut) ? En Septembre (si l’Allemagne change de gouvernement) ? Nul ne sait....
    Mais il n'y a pas de cause unique à la dette grecque, qui n'est qu'une goutte d'eau par rapport à celle d'autres pays..mais l'Eurogroupe veut faire un exemple.


La dette grecque, une tragédie européenne © CADTMD’autres articles et vidéos traitant du sujet :-Si la Grèce respire, c’est toute l’Europe qui ira mieux-Quelques vérités sur la dette grecque____________________________

dimanche 21 mai 2017

Point d'histoire:

Les entreprises allemandes et le Reich
                                                 On connaît le phénomène de dépendance des grands groupes industriels allemands mis sous tutelle par le régime nazi, au service du Reich et de ses ambitions guerrières.
    On sait moins, ou trop vaguement, qu'un certain nombre, et non des moindres, favorisa en secret la montée au pouvoir de celui dont on attendait ordre et relance économique.
        Le 30 janvier, Hitler prend le pouvoir et le 1er février il déclare:  « Donnez-moi quatre ans et vous ne reconnaîtrez plus l'Allemagne ». Effectivement, ce fut un champ de ruines..
  Sa résistible ascension  a connu bien des complicités, des atermoiements et des réticences avant d'aboutir à l'accord fondamental des forces économiques qui comptaient. Mais, elle aurait pu être tuée dans l'oeuf.
.Dés1923, le patron sidérurgiste Stinnes disait à l’ambassadeur américain : « Il faut trouver un dictateur qui aurait le pouvoir de faire tout ce qui est nécessaire. Un tel homme doit parler la langue du peuple et être lui-même un civil ; nous avons un tel homme  . » Avec la crise économique de 1929, ces mêmes cercles ont décidé de miser sur le parti de Hitler qui a reçu de leur part un soutien accru. Sans leurs millions, Hitler ne serait jamais devenu aussi important....     
         Des études historiques récentes viennent conforter cette thèse, comme celle de Sebastian Brünger, qui rappelle que les grosses entreprises allemandes ont été plus que complices des crimes du IIIe Reich. Non seulement elles ont largement profité de la main d’œuvre gratuite et abondante constituée par les prisonniers des camps de concentration, mais elles ont encouragé de telles pratiques. Après la guerre, elles ont nié toute responsabilité et se sont présentées comme des victimes : elles n’auraient fait qu’obéir aux injonctions politiques et s’adapter à une situation de guerre.
    L’ouvrage de Sebastian Brünger retrace le long chemin jusqu’à la reconnaissance, par certaines d’entre elles, de leurs agissements pendant la Seconde Guerre mondiale. En fait, il a fallu quarante ans et le centenaire de Daimler-Benz en 1986 pour que le thème du travail forcé, après avoir été soigneusement enterré, ne revienne sur le devant de la scène. Non sans résistance : « En 1992 encore, Siemens refusa de verser des indemnisations sous prétexte que l’entreprise n’avait pas "employé volontairement" des travailleurs forcés », rappelle Nils Klawitter dans Der Spiegel. 
       Le complexe militaro-industriel se renforça et fonctionna à plein régime, surtout à partir de années 40, grâce à une main d'oeuvre étrangère réquisitionnée ou mise en état de servitude totale, souvent dans les pires conditions. La production pour le Reich fut organisée au delà des frontières, en France notamment.
   On n'en finirait pas d'énumérer les noms des entreprises, toujours bien vivantes, dont beaucoup se firent discrètes, qui se précipitèrent sur la manne offerte par le système, comme celle, moins attendue, de Hugo Boss ou du groupe américain Ford et de bien d'autres entreprises d'Outre-Atlantique, du moins jusqu'à un certain moment de la guerre.
    Après la guerre, la mémoire se fit sélective et les grands groupes impliqués n'ont pas ménagé leurs efforts pour s'innocenter, se présenter comme victimes.
   Il a fallu attendre les années 80 pour que les travaux d'historiens, pas seulement allemands, commencent à analyser les liens réciproques et les liaisons dangereuses entre les firmes allemandes er le pouvoir nazi.
    Il a fallu attendre les travaux de l'universitaire belgo-canadien JR Pauwels, pour mettre à jour les liens plus qu'ambigüs qu'entretinrent certaines firmes US avec le régime en place à Berlin.
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samedi 20 mai 2017

Chicken Jail

Destin de poulets

     Il est des poulets qui (parfois) mettent en prison.

           Mais il en est d'autres qui (souvent) croupissent en prison.

               Un sort scandaleux!
                                A dénoncer sans tarder.

     Heureusement, une bonne âme vient les délivrer...

Ce n'est pas Chicken run, mais on s'en approche.
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Bure, un dossier « radioactif »

Brûlant, en tous cas.
                             Rien ne sera simple entre Macron et Hulot, c'est prévisible, à l'heure où les grandes questions tournant autour de l'avenir du nucléaire  et de l'urgente transition énergétique seront abordées.  Sans parler de Notre-Dame-des-Landes...
    Notamment en ce qui concerne le site controversé de stockage  nucléaire de Bure, dont le projet arrive à une étape décisive.
       ...Bure pourrait ainst devenir, pour le nouveau gouvernement, un foyer de contestation environnementale difficile àà gérer. Le « premier point de crispation du quinquennat d’Emmanuel Macron », avertissent les opposants. En janvier 2016, sur le plateau d’i-Télé, Nicolas Hulot déclarait : « Ces déchets, il faut bien en faire  quelque chose mais, en tout cas, on ne peut pas imposer comme ça [ce projet] à des populations locales, sous prétexte qu’[elles] sont dans des endroits un peu éloignés (…), sans concertation, sans transparence. » Il ajoutait : « Le temps de la concertation, de la démocratie participative, est nécessaire. ..»
    Tandis que EDF est dans une situation critique, le stockage des déchets nucléaires à Bure est toujours contesté, même par certains spécialises du nucléaire, à cause des nombreuses incertitudes géologiques et anthropologiques qui pèsent sur l'évolution des déchet hautement radioactifs qui seront entreposés dans des conditions dites sûres. Mais qui peut prévoir ce qu'il en sera dans plusieurs milliers d'années? Après nous le déluge?...C'est donc une décision historique qui est en suspens.
     La justice a contesté certains travaux d'extension du site, et les associations ont quant à elle qualifié la décision de justice de « rappel à l’ordre cinglant et historique ». Dans un communiqué commun, elles attaquent une nouvelle fois les méthodes de l'Andra. « Travaux illégaux, embauche de mercenaires pour “protéger” le mur : les manœuvres et manipulations […] pour imposer Cigéo sont maintenant exposées au grand jour. Cette décision marque également le bien-fondé et la légitimité de la mobilisation de plusieurs centaines de personnes et des habitants qui s’opposaient depuis plusieurs semaines aux travaux de l’Andra...
  Les débats continuent sur le coût du stockage des déchets nucléaires: près de près de 35 milliards d’euros.  Mais, comme toujours en matière nucléaire, la sous-estimation des coûts est certainement le règle. Mais là n'est pas le problème principal.
   La question des  déchets radioactifs en France reste un problème trop secret, trop réservé depuis des années et la contestation est restée vive autour de Bure et de son laboratoire, sur les questions d'insécurité qui  sont régulièrement mises en avant.
    Bure:un tombeau nucléaire pour l’éternité       La formule n'a pas se sens: l'histoire de la terre se poursuit avec ses bouleversements géologiques prévibles, les hommes du futur n'auront sans doute plus la langue et les clés pour prendre conscience de la gestion des risques...
   Certes, ce n'est pas comparable au complexe nucléaire de Hanford, la plus grande poubelle nucléaire américaine, mais les risques ne sont pas aussi nuls que le prétendent les communicants d'Andra aux visiteurs du site.
        Les échéances approchent. Il va falloir trancher.
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vendredi 19 mai 2017

Honni soit qui Mali pense

Il y va, de ce pas.
                             Sans tarder.      Au Mali.

  Sur les pas de Hollande 

  Même si ça râle dans les rédactions.
     Notre nouveau chef des armées va sûrement nous sortir de ce bourbier.

Certains doutent que ce conflit  se règle vite. Un conflit sans véritable horizon.
       Et on ne nous dit pas tout...
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Points de vue

__ A la Maison Blanche, rien va plus.
       C'était à prévoir. La crise  s'installe.
               C'est «foutu»  selon certains...
                  S'il y a destitution, cela risque d'être compliqué.

__  Sabotage numérique: force et faiblesse de la toile.
                              On n'est pas à l'abri du pire.
                                          Les cyberattaques pourraient être graves.

__ Contre les délocalisations, Macron sur la mauvaise voie

__ L'empire Bolloré s'étend  encore dans le domaine de la communication.
                                      Mais où s'arrêtera-t-il?

__ Technologie et démocratie: des relations ambiguës.

__ Faut-il rompre avec la France atlantiste ?

__ Zone euro : les questions auxquelles Emmanuel Macron devra répondre.

__ Thelonious Monk, un sursaut dans le temps .

__ 10 choses à savoir sur Ismaël Emelien, l'intrigant stratège de Macron .

__ Bonne et moins bonne recherche.
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