Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 23 mars 2017

L' ennui n'est pas mortel

  Il est juste seulement parfois ennuyeux    
                                                                  Nul n'y échappe 
     C'est l'état d'esprit le mieux partagé du monde, même s'il peut être pesant.
                        Sous des aspects les plus variés. Depuis l'ennui occasionnel de l'enfant à l'école jusqu'à celui, durable et profond, du viellard aux jours vides et routiniers.
       L'ennui ordinaire, non pathologique, tout nous pousse et nous incite à le combattre, surtout au coeur de nos sociétés marchandes er de "loisirs", qui jouent en permanence sur l'hyper ludique et incite à l'hyperactivité comme remède à l'ennui, jusqu'à occuper l'esprit démesurément, jusqu'à abolir tout recul critique.
    L'ennui est le plus souvent déconsidéré, associé parfois à la paresse, qu'il faudrait parfois réhabiliter, comme l'a fait Lafargue en son temps
    S'il n'est pas pathologique, dépressif et paralysant,l'ennui ordinaire, souvent bien opaque, peut être un excellent tremplin pour une recherche, un nouvel élan, une création.
    C'est pour cela qu'un enfant qui s'ennuie n'est pas toujours à réprimander, au contraire.
     Moravia en a fait une sorte de donnée existentielle, motrice d'une écriture... pas du tout ennuyeuse. (*):
     Mais elle est ambiguë, et parfois stérile ou invitant à l'excès.
            Mais on comprend qu'elle puisse être l'objet d'éloges, dans certaines conditions.
  L'ennui  n'est pas seulement dans nos états d'âme, il peut être engendré par notre milieu, répétitif et sans relief ou trop conforme, malgré la diversité'apparente. On peut s'ennuyer de tout, même d'une croisière aux Caraïbes.
___________Laissez les enfants s’ennuyer n'est pas toujours une mauvaise chose, laisser son esprit vagabonder et peut-être inventer, au milieu de tant de sollicitations ou d'activités imposées, qui neutralisent toute créativité.
      Philippe Duverger rappelle utilement que l’école n’est pas faite pour être divertissante, qu’un certain ennui y est inévitable, rigueur et concentration, qui y sont de règle, s’opposant au zapping imposé par la société. Mais n’est-ce pas précisément au cœur de ce zapping, entouré des objets de jouissance que sont ou que peuvent être les objets numériques, que l’ennui va le plus clairement peut-être manifester sa qualité d’affect subjectif et sa valeur symptomatique de refus ?
..... l’ennui n’est pas un phénomène nouveau dans l’institution scolaire, (que) seuls les comportements qui lui sont associés ont changé, et que les élèves qui, aujourd’hui, savent s’ennuyer poliment, n’ont aucun problème avec l’école !
                             Oui, le droit de s'ennuyer peut et doit être revendiqué, contre toute propention à saturer toujours et à tout prix l'existence.
    Inséparable de la condition humaine, il se révèle fécond chez maints écrivains, comme Flaubert, Proust, Pascal, Beckett, Moravia, Cioran....
      . Montaigne relève que l’écriture est un remède contre l’angoisse de lire. La lecture est en effet inséparable de l’ennui. Plus précisément, elle se pratique sur fond de vacuité : sur ce fond sans fond que Flaubert appelle « marinade ». Mais de quel ennui est-il question ? C’est selon. C’est pourquoi une  généalogie de la notion est ici nécessaire.
   Sénèque distingue l’ennui du chagrin. Ce dernier a généralement des causes précises, comme la douleur. L’ennui est plus vague et plus insidieux. Dans les Lettres à Lucilius, Sénèque voit bien que l’ennui peut aller avec l’agitation, et donc peut être une « activité oisive » : un divertissement impuissant à guérir de l’ennui. Comme remède à l’ennui, Sénèque propose l’activité qui remplit la vie, mais une activité sans se projeter dans l’avenir, une activité d’ici et pour maintenant. Parmi ces activités peut se situer l’écriture, non pas comme divertissement, non plus comme recherche esthétique (une création qui ne serait pas tout à fait une activité), mais comme art de s’appliquer dans l’effectuation des choses. Comme art, aussi, de gérer son emploi du temps. Car l’ennui, comme état de « plein repos » (Pascal), est le fond de la condition de l’homme. Quand l’homme est en repos, il repose sur quoi ? Sur rien. D’où la nécessité de se détourner du repos – d’un repos comme gouffre, d’un repos sans fatigue qui n’est alors qu’une chute. Corollaire inquiétant : si l’homme ne doit jamais être en repos, ne doit-il jamais faire retour sur soi ? L’état de réflexion serait en lui-même  source d’angoisse, de rupture de l’élan vital, d’acédie et d’ennui. C’est contre cette conception pessimiste – la lucidité inséparable de la dépression – que s’élève le janséniste Nicole. « L’ennui, soutient Nicole, touche l’âme quand elle est privée de cet aliment indispensable que sont pour elle les pensées » .
Pascal, de son côté, ne considère pas que les divertissements suppriment les côtés positifs de l’ennui que sont le sentiment de la gravité des choses et de la fragilité de notre être dans le monde. La légèreté du divertissement n’est pas une faute : elle protège, et c’est tant mieux, contre l’excès d’angoisse. C’est au fond une  forme de lucidité que de rechercher le divertissement. Il faut savoir « être superficiel par profondeur », comme Nietzsche le disait des Grecs. En d’autres termes, pour Pascal, c’est parce que l’ennui a sa place, mais ne doit avoir rien que sa place, que le divertissement a aussi sa place....
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(*) ...Son ennui, on l’a dit, n’est pas le contraire de l’amusement ou du divertissement. Il est insuffisance, voire carence totale de réalité. Il ne vient pas de l’intérieur mais d’un manque de rapports avec l’extérieur, d’une incommunicabilité radicale entre le sujet et le monde, d’une impossibilité ontologique à établir un lien quelconque entre les choses et lui: «La sensation de l’ennui naît en moi de l’impression d’absurdité d’une réalité insuffisante, c’est-à-dire incapable de me persuader de sa propre existence effective». D’où probablement le choix de la peinture abstraite. Apathique et renfermé, il est muré vivant en lui-même comme dans une prison hermétique et étouffante. Jusqu’au jour où il est distrait du vide de son atelier par une jeune modèle, Cécilia, qui posait pour – avant de coucher avec – un vieux peintre voisin de palier. Une relation si intense que le vieux en est mort. Intrigué par ce suicide déguisé, Dino essaie de comprendre les motivations d’un homme qui s’est servi érotiquement d’une adolescente pour hâter sa fin. Inconsciemment d’abord, puis de plus en plus lucidement, il va marcher sur les traces du vieux peintre et décider d’entamer un"...
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mercredi 22 mars 2017

Points de vue

__ Où va la Corée du Nord:?

__  Conservatisme russe: une constante historique?

__  Général McMaster: nouveau stratège de l'empire US.

__ Les perturbateurs endocriniens menacent notre intelligence.

__  UBS encore sur la sellette.

__ Pour certains, la gauche creuse son tombeau.

__ L'homme au coeur de  propagande pro-Trump .

__ Fukushima, catastrophe  sans fin.
          Après le déni, le gouvernement japonais reconnu coupable de négligence..
                      Qui va payer la facture?

__ Bernard Arnault: toujours plus haut.

__ Trump s'en prend aux petits vieux.

__ En Arabie Saoudite, on ne regarde pas à la dépense.
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mardi 21 mars 2017

Dettes, encore...

Toujours sur le tapis
                                    Tandis que Ubu règne toujours à Athènes, des voix se font entendre, de plus en plus nombreuses,, pour appeler à renégocier le problème des dettes accumulées, amplifiées par la crise et les exigences des institutions financières. Les débats prennent un tour plus vif notamment  vis à vis de la prétendue épineuse dette grecque. dont on sait maintenant qu'elle ne pourra jamais être remboursée.(*)
    Effacer l'ardoise, cela s'est déjà pratiqué dans le passé, même récent, notamment plusieurs fois à l'égard de l'Allemagne.
    L'expert suisse  Marc Chesney  montre les mécanismes de la constitution de la dette, notamment due aux excès de la finance casino, le rôle des banques et les liens entre dette des États et crise financière.
    Aujourd’hui, une aristocratie financière a pris le pouvoir au détriment du reste de la population, dénonce-t-il, tout en proposant des solutions innovantes comme une taxe sur les transactions financières.
   Mais est-cee suffisant?
      Michel Rocard: en son temps avait bien montré que de 1901 à 1973 la Banque de France a financé l’État sans intérêt. Si c’était encore le cas, notre dette serait 17% du PIB 
       Comme l'énonce Anne-Laure Delatte,"Il faudrait commencer par restructurer les dettes publiques des pays de la zone euro où elles pèsent le plus (au moins celles de la Grèce, de l’Italie et du Portugal). Retarder les échéances de remboursement des dettes donnerait de l’air aux finances publiques. Ensuite, il sera difficile de stabiliser la zone sans mettre en place des mécanismes de transfert automatiques et permanents entre les États. C’est ce qui existe entre les États américains, pourquoi pas dans la zone euro ? L’Union budgétaire a longtemps été un sujet tabou en Europe mais, en janvier dernier, le Trésor français a fait un pas en recommandant un budget commun européen pour financer l’investissement public et rendre ces transferts possibles. Cela impliquerait de lever un impôt européen et d’accroître le pouvoir de contrôle du Parlement européen.
   Bref, deux routes bien distinctes se présentent à nous : soit un retour au franc dont on espère un gain de compétitivité, mais avec des effets très déstabilisants sur la dette des entreprises et une autonomie très relative de la politique économique ; soit on conserve l’euro, mais alors il faut achever le projet et donner une dimension politique à la monnaie européenne. Ces deux options ont le mérite d’être claires.
       Le problème est donc plus politique que purement économique et il n'y a pas que la dette grecque, finalement assez mineure par rapport au budget européen.
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-(*)   Eléments d'argumentaire pour l'annulation de la dette grecque:
                         ____Le problème de la dette publique , au centre de l'Europe, fait  rarement l'objet d'une analyse sérieuse et historique
_"L'endettement public et la dette publique proprement dite ont un passé très riche, très haut en couleurs, et qui pourrait être plein d’enseignements. Ils sont étudiés, certes, mais pour eux-mêmes, de façon érudite, ce qui est légitime ..., mais sans beaucoup d’efforts comparatifs..".
     _Le débat est dans une large mesure confisqué ou dénaturé, réduisant souvent  l’État social à un fardeau improductif reporté de génération en génération...
    La dette est devenue un épouvantail commode.   
En ces temps actuels de crise, le passé du continent s'estompe, de même que les raisons qui avaient conduit Jean Monnet ou Alcide de Gasperi à créer l'Europe. Les responsables semblent ne réagir qu'en financiers préoccupés de leur pré carré, soucieux de gagner du temps, alors qu'on les attend en politiques, visionnaires et Européens..."
     Les problèmes économiques qui en découlent dans les pays subissant un étranglement monétaire, selon M.Wolfpourrait briser les sociétés, les gouvernements, voire les Etats.
     ."Le recours à l’emprunt ou, plus précisément, à l’argent extérieur aux circuits de dépôts monétaires contrôlés par l’administration française des Finances, n’est qu’une option parmi d’autres au sortir du second conflit mondial. Les marchés financiers internationaux et la compétition entre États pour s’y financer sont (à une époque) inexistants. La notion même « d’endettement » de l’État ne s’est ré-explicitée en France qu’avec la réémergence, à partir des années 1970, des marchés obligataires. Si la dette est faible en volume à l’époque, ce n’est pas exclusivement à cause des faibles déficits mais c’est aussi parce que le Trésor dispose d’une palette d’instruments variés qui rendent marginal l’appel à l’emprunt, au demeurant techniquement peu développé. Les dispositifs de trésorerie de la reconstruction sont tournés avant toute chose vers la garantie d’un financement sécurisé et régulier des dépenses publiques considérées comme nécessaires à l’expansion économique et à l’objectif de « plein emploi ». L’État finance ses découverts passagers en drainant de l’épargne et en collectant les ressources monétaires de son propre réseau, à la fois des particuliers mais aussi des institutions bancaires..."
___De Mirabeau aux Trente Glorieuses, le problème de la dette est récurrent, résolu de manières souvent très différentes (1), ce qui montre qu'il n'est pas du domaine de l'inéluctable, qu'il n'a rien à voir avec un phénomène naturel.
____Aujourd'hui, on peut se  référer au deux extrêmes, l'Allemagne et la Grèce, où semble jouer le principe deux poids, deux mesures, si on se réfère à l’annulation de la dette d'une Allemagne ruinée , il y a à peine 60 ans...
"... Après la seconde guerre mondiale, de multiples conditions ont été réunies pour permettre à l’Allemagne de l’Ouest de se développer rapidement en permettant la reconstruction de son appareil industriel. Non seulement la dette contractée par l’Allemagne en-dehors des deux guerres mondiales a été réduite de plus de 60%, mais le règlement des dettes de guerre et le paiement des réparations aux victimes civiles et aux Etats ont été reportés à une date indéterminée : de fait, à la réunification allemande qui est intervenue en 1990 et au traité de paix qui a été signé à Moscou la même année entre les autorités des deux Allemagnes en cours d’unification, les Etats-Unis, l’URSS, le Royaume-Uni et la France. Le poids des réparations sur l’économie allemande a donc été longtemps différé. Et dans le cas des réparations dues à la Grèce, celles-ci n’ont pas représenté le moindre effort de la part de l’Allemagne puisque les autorités allemandes refusent de donner suite aux demandes grecques. 
A la différence de ce qui s’était passé à l’issue de la première guerre mondiale, les puissances occidentales ont voulu après la seconde guerre mondiale éviter de faire peser sur l’Allemagne le poids de remboursements insoutenables car elles ont considéré qu’ils avaient favorisé l’accession du régime nazi au pouvoir. Les puissances occidentales voulaient également une Allemagne de l’Ouest forte économiquement (mais désarmée et occupée militairement) face à l’Union soviétique et ses alliés. Rien de tel n’est de mise avec la Grèce et les autres pays de la Périphérie au sein de l’Union européenne.
      Pour atteindre cet objectif, non seulement le fardeau de la dette a été très fortement allégé et des aides économiques sous forme de dons ont été octroyées à l’Allemagne, mais surtout on lui a permis d’appliquer une politique économique tout à fait favorable à son redéploiement. Les grands groupes industriels privés ont pu se consolider, ceux-là mêmes qui avaient joué un rôle clé dans l’aventure militaire de la première guerre mondiale, dans le soutien aux nazis, dans le génocide des peuples juifs, tsiganes…, dans la spoliation des pays occupés ou annexés, dans la production militaire et l’effort logistique gigantesque de la seconde guerre mondiale. L’Allemagne a pu développer d’impressionnantes infrastructures publiques, elle a pu soutenir ses industries afin de satisfaire la demande locale et de conquérir des marchés extérieurs. L’Allemagne a même été autorisée à rembourser une grande partie de sa dette dans sa monnaie nationale. Pour rendre cela concret, il suffit de réfléchir à la situation qui a suivi l’accord de Londres de 1953. L’Allemagne rembourse par exemple à la Belgique et à la France une partie de ses dettes de l’entre deux guerres en deutsche marks. Ces deutsche marks qui n’avaient pas d’intérêt dans les échanges avec le reste du monde, Belges et Français ont essayé de s’en débarrasser rapidement en achetant des marchandises et des équipements fournis par l’économie allemande et contribué à refaire de l’Allemagne une grande puissance exportatrice.
       De leur côté, la Grèce, le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, l’Estonie, la Slovénie et les autres pays périphériques de la zone euro doivent rembourser leurs dettes publiques en euros alors qu’ils en manquent vu leur déficit commercial face aux pays les plus forts de la zone euro. Dans le même temps, les puissances qui dominent la zone euro les obligent, via la Commission européenne et les traités adoptés, à mener des politiques qui les empêchent tant de satisfaire la demande de leur marché que d’exporter. S’ils veulent quand même réussir à exporter, ils sont poussés à réduire encore plus les salaires, ce qui comprime un peu plus la demande intérieure et accentue la récession. Le programme de privatisation achève de porter des coups à leur appareil industriel, à leurs infrastructures et à leur patrimoine en général..."
                 [-Texte original-]
   Mme Merkel et Mr Schäuble, bitte, un peu de mémoire, de bon sens et d'intérêt bien compris.!
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lundi 20 mars 2017

Et sI...

....C'était ça, la  guerre du futur?
                                    Celle qui se fera avec des bâtons et des pierres.

... On arrêtait de parler des "valeurs" à tous bouts de champ?
                     C'est comme les droits de l'Homme mis à toutes les sauces.

... Les araignées étaient des plus utiles?

... On reparlait de la CIA...et de la surveillance généralisée?

... L'euro n'était plus une monnaie unique, mais commune?

...  Une sortie de l’euro était possible ? profitable ? Dans quelles conditions?

             Ou une idée pour l''instant périlleuse?

... On devait parler d' horreur financière
                                             Ou de finance prédatrice?

... Le succès en maths dépendait de la maîtrise du français?

... La  Valls-hésitation prenait fin?

... La châtelain n'avait pas eu le le goût inconsidéré des belles choses?

... .L’Europe fonctionnait (un peu plus) « à plusieurs vitesses »?

... On se donnait les moyens de contrer les évadés fiscaux?

....Marine Le Pen était présidente?...
                                                         ...  Marine Le Pen, contrairement à d’autres candidats, n’annonce pas de VIe République ou de changement de régime. Comme le dit Paul Alliès, professeur émérite de science politique à la Faculté de droit de Montpellier dans un billet de blog publié sur Mediapart, « le régime de la VeRépublique est parfaitement compatible avec sa conception césariste de l’exercice du pouvoir »...
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dimanche 19 mars 2017

Campagne de 1917.

Il y a cent ans: une année charnière.


 
                     19 Mars 1917rien de particulier à signaler, vu de Paris...
        Ailleurs, entre deux accalmies, les engagements meurtriers ne cessent pas, dans des espaces parfois lunaires.
    Une année (encore) terrible en fait.
Entre épuisements,  démoralisations, révoltes, mutineries et espoirs.
        Se préparent le Chemin de Dames, l'Artois, la Champagne, saignant  un peu plus des troupes déjà si décimées.
   Verdun et la Somme ont laissé à vif leurs terribles cicatrices.
Des mois qui s'éternisent, sans que les lignes changent beaucoup, pour des gains dérisoires.
   Comme on le constate ici.
       Mais des forces souterraines préparent un effondrement et une fin encore attendue.
                 Un horizon qui s'entrouvre au milieu de l'enfer vécu au ras de la boue et de la mitraille, de cette course au désastre. inouïe, cette marche de somnambules.
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samedi 18 mars 2017

Cherche donateur

Appel:
            Mes vieux jeans sont élimés, mes survêtements tout juste bons pour faire du jardinage et mon costume de marié ne me va plus depuis longtemps..
        Avec ma retraite qui n'a pas augmenté depuis dix ans, je ne peux m'offrir le luxe d'aller consulter un  tailleur, surtout (trop) connu.
    Kiabi, c'est bien, mais ça ne dure pas.
       Je sais, l'habit est purement conventionnel
   Il ne fait ni le moine ni le présidentiable, mais il faut quand même bien tenir son rang, ou ce qu'il en reste, de temps en temps.
    Si quelqu'un pouvait faire un geste, je lui en serais reconnaissant.
         En restant dans les limites de la décence, bien sûr. Je ne veux pas faire jaser et je ne suis pas châtelain.
       Du Hugo Bossqui habilla les plus grands, beaucoup moins cher que du Arnys (je ne suis pas un gentleman!), me conviendrait.
                 C'est vous qui voyez.
Mais je vous demanderais d'être discret,  d'avoir l'amabilité de régler la note en petites coupures, de manière anonyme, sans réclamer de factures.
       Je n'ai pas envie d'avoir la visite de mon percepteur, encore moins celle d'une commission d' enquête financière. Même sans ambition, je tiens à ma réputation et ne veux pas sombrer dans le bling-bling. Mes voisins me remarqueront. Et alors ?!...
    D'avance, merci!
       Comme pour mon grand père, ce sera le seul costume qu'il me sera donné de porter jusqu'à l'entrée solennelle dans ma dernière demeure, car je ne l'utiliserai qu'aux grandes occasions (mariages, etc..), surtout pas lors des périodes électorales.. Même pas à la messe, où je ne vais plus.
     Donate, please!
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vendredi 17 mars 2017

"Vérité alternative" ici et là..

__ Ah! que l'histoire est jolie!
                                             Quand elle est recomposée.
                             C'est au sein de la très singulière équipe Trump, d'une culture si particulière, que l'on s'est mis à évoquer l'idée de vérité alternative, pour contrer toute opposition d'où qu'elle vienne.
       Par exemple, les problèmes climatiques n'ont pas de réelle fondement anthropique, l'école entièrement privatisée sera d'une plus grande justice et efficacité, la suppression de l'Obama care permettra aux gens de se prendre en charge, la dévotion à Wall Street est une assurance de prospérité nationale, etc...
....Et les anciens esclaves noirs peuvent être comparés à des immigrés en quête du "rêve américain".
       Et c'est un noir qui vous le dit. C'est vrai, on n'y avait pas pensé...et l'Etat est le pire des asservisseurs, conformément à la doctrine libertarienne et à au catéchisme de Tee Party.
    Il faut donc en déduire que Voltaire et Montesquieu, contemporains de la traite des noirs, racontaient des histoires....
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__ Ah! que la géographie est trompeuse!
                                                                Cachez-moi ces cartes que je ne saurais voir, dit-on au sein de la droite israëlienne.
          La vérité de la géographie politique ne paie pas.
..On a beau être un géographe réputé, comme  Khalil Toufakji,  on peut être arrêté et contesté comme un ignoble falsificateur;
              La colonisation, ça n'existe pas, puisque la terre sainte est le bien immémorial du peuple juif et qu'elle était sans hommes, comme disait déjà Golda Meir?  
          Même si des historiens israëliens contestent cette mythologie.
    "«Nous voulons démontrer qu’Israël fait plus que développer ses colonies sur notre terre, affirmait-Toufakii.. Notre travail consiste à prouver qu’il utilise tous les moyens pour gagner du terrain. Qu’il s’en approprie également en créant des parcs et des zones vertes ou industrielles. Quant à son armée, elle s’attribue de larges zones dont elle interdit ensuite l’accès sous le prétexte qu’elles sont devenues des zones d’exercice.»
    Ah! la vérité des cartes...
               La géographie, sert aussi à faire la guerre.
     On l'a vu avec les accords Sykes-Picot et plus récemment avec les projets des néoconservateurs US de reconfiguration du Moyen-Orient.
    En Israël, les annexions sans fin sont au menu des fauconv
               Pauvre Rabin!
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jeudi 16 mars 2017

Remonter le temps



       .... Grâce à Muse, cette incroyable machine, nous scrutons à nouveau le champ ultra-profond de Hubble, afin de mesurer précisément la distance de toutes les galaxies dans cette minuscule région du ciel. Nous pourrons ainsi remonter le temps cosmique et voir les galaxies telles qu’elles étaient il y a très longtemps, à la manière des carottages dans les glaces de l’Antarctique qui permettent de reconstituer les climats passés de la Terre. La puissance de MUSE dans l’exploration de l’univers lointain a déjà été démontrée par son premier carottage. Celui-ci a permis, entre autres, de découvrir de nouvelles galaxies très lointaines et de détecter d’énormes quantités de gaz autour de ces bébés galactiques, carburant nécessaire à leur développement mais dont la détection était restée jusqu’alors très élusive.            Nul doute que cette toute nouvelle archéologie de l’espace permettra de percer les mystères de la naissance des premières galaxies aux confins de l’Univers.
                                                        __Et nous, et nous?....comme chantait Dutronc
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mercredi 15 mars 2017

Globalistan: quel avenir?

Points de vue
                      Le phénomène de la globalisation, sous sa formes actuelle,  semble arriver à un terme, ou du moins à une impasse.,
    Dire qu'elle est en crise est un euphémisme et pas seulement sous ses aspects économiques.
        On assiste même à des formes de déglobalisation, après un développement anarchique.des échanges et des délocalisations semblant sans fin.
         Un mouvement d'ampleur inédite qu'ont bien décrit, depuis une dizaine d'années déjà, deux journalistes du Spiegel, qui pointent l'autre face d'une globalisation sans frein, sous le signe du dogme ultralibéral, engendrant aussi déclassements, précarités, crises financières et autres désordres.
      Ils ne proposent pas un retour à un protectionnisme réducteur, mais lancent un appel pour une réglementation raisonnée des échanges, dans une autre logique que la loi de la jungle qu'engendrent finalement les principes de l'OMC, basés sur les vertus du marché tout puissant, qui serait à lui-même sa propre règle, contiendrait sa propre raison. Ce qui signifie en finir avec les abandons successifs des contrôles et arbitrages des Etats, réduits à leurs fonctions les plus basiques et gérant des moyens de plus en plus réduits.
     Tout se passe comme si une certaine déglobalisation commençait à se mettre en place. La notion naïve de mondialisation heureuse, prêchée par A. Minc,  prend du plomb dans l'aile. L'explosion des inégalités et le laminage des classes moyennes a été largement analysés par J. Stiglitz, l'ancien chercheur de la Banque Mondiale, Branco Milanovic, par Ricardo Petrella.ou Saskia Sassen.
   La question est de savoir jusqu'où ira ce phénomène et comment  sera conduite une autre forme de mondialisation...
    Ce qui suppose une redéfinition des règles et de l'esprit de l'OMC.
                __________  En crise, la globalisation l'est aussi par d'autres aspects, notamment géopolitiques, avec les tensions, les fractures, les affrontements, les dissolutions et les recompositions observées, pas seulement dans le sud-est asiatique.
    L'euroscepticisme galopant en est une des manifestations, sur fond de crise non résolue et de déni des principes qui ont fondé le projet européen, de luttes économiques qui le caractérisent, le libéralisme de fond prenant le pas sur le solidarité invoquée..
   De manière très caustique et parfois polémiquement simplifiée, l'auteur, qui ne cache pas ses prises de parti, vise quelques aspects de cette crise européenne à laquelle nous assistons,, dont les causes ne sont pas seulement internes: (A prendre cum grano salis) :            
      .....L'Europe américaine sera-t-elle mise à mort par ceux-là même qui étaient censés la régénérer ? L'on peut sérieusement se poser la question quand on voit le divorce grandissant entre l'UE et les pays d'Europe centrale et orientale, fers de lance de la "Nouvelle Europe" si chère aux néo-cons. Le pied droit de Washington donne des coups au pied gauche et c'est tout le système vassalique européen qui risque de tomber. On comprend qu'Obama préfère penser à autre chose en jouant au golf...
Rappelons d'abord que la construction européenne fut, dès le départ, un projet américain. Des archives déclassifiées montrent que les soi-disant "pères de l'Europe" - Schuman, Spaak ou le bien-nommé Monet - travaillaient en réalité pour les Etats-Unis. Pour Washington, il était en effet plus aisé de mettre la main sur le Vieux continent par le biais d'une structure globale noyautée de l'intérieur que de négocier pays par pays avec des dirigeants indépendants. ____La chute du Mur et l'intégration à l'UE des anciennes démocraties populaires n'étaient que le cache-sexe de l'avancée de l'OTAN vers la Russie. Mieux encore, ces pays nouvellement libérés de la tutelle soviétique et férocement anti-russes pour des raisons historiques compréhensibles étaient susceptibles d'établir un nouveau rapport de force très favorable aux Etats-Unis au sein de l'UE face à certaines poussées de fièvre frondeuse toujours possibles de la "vieille Europe" (De Gaulle, Chirac et Schroeder...)____Or, au moment où les institutions européennes sont noyautées et soumises comme jamais aux désidératas US, le château de cartes est en train de s'écrouler... Ce sont d'abord les sanctions anti-russes qui ont créé une brèche. Si elles furent accueillies avec des transports de joie par la Pologne et les pays Baltes, leur réception en Hongrie, en Slovaquie et même en République tchèque fut bien plus mesurée, c'est le moins qu'on puisse dire. Première cassure au sein de la "nouvelle Europe".____Et maintenant, la question des réfugiés pourrait bien sonner l'hallali. La Pologne, pays ô combien pro-US, refuse tout à fait d'obéir aux injonctions des institutions elles aussi ô combien pro-US de Bruxelles. Diantre, Brzezinski n'avait pas prévu ça...____Varsovie, ainsi que Budapest ou Bratislava, rejettent totalement ce qu'ils considèrent comme un diktat de Bruxelles et ses menaces d'amende (250 000 euros par réfugié refusé). Les mots sont intéressants :___Jaroslaw Kaczynski, chef du PiS au pouvoir : "Une telle décision abolirait la souveraineté des Etats membres de l'UE. Nous refusons cela car nous sommes et serons en charge de notre propre pays".___Peter Szijjarto, ministre hongrois des Affaires étrangères : "La menace d'amende de la part de la Commission est du chantage pur et simple".____Notons en passant la naïveté confondante de ces dirigeants qui croyaient apparemment benoîtement que l'entrée dans l'UE allait préserver la souveraineté de leur pays...______Il n'en fallait en tout cas pas plus pour que le système se mette en branle. La mafia médiatique occidentale a glosé sur la "manifestation monstre" de... 240 000 Polonais (sur 40 millions !) contre le gouvernement et pour l'Europe. Toute ressemblance avec des événements (le Maïdan par exemple) ayant existé serait le fruit de la plus pure coïncidence.______Le fidèle lecteur de ce blog aura été prévenu avant tout le monde, dès le mois de janvier[2016, ndlr], sur la possibilité d'une révolution colorée en Pologne._______Depuis, s'il n'y a pas eu de Maidan polonais, la crise n'a fait que s'aggraver. Bruxelles a ouvert sans rire une enquête contre Varsovie sur "le respect de l'Etat de droit", ce qui a provoqué la colère de Budapest qui soutient sans trembler son allié historique. La réélection de l'autre Donald, GlobalTuskman, a provoqué une nouvelle passe d'armes, Varsovie dénonçant un "diktat" de Berlin. Avant-hier, une énième bisbille a vu la Premier ministre polonaise répliquer vertement au flamby élyséen : « Je suis supposée prendre au sérieux le chantage d'un président dont le taux de popularité est à 4% et qui ne sera bientôt plus président ? »....______________________________

mardi 14 mars 2017

Europe; année charnière?

Points de vue:
                            "L’année 2017 promet d’être une année électorale décisive pour la France mais aussi pour les Pays-Bas et pour l’Allemagne, autrement dit pour la moitié des membres fondateurs de la vieille «Europe des six». Une année charnière pour le projet européen. Mais 2017 est aussi l’année de tous les anniversaires.
                         On devrait les fêter dans la liesse. On n’a jamais été autant dans la nasse
    On se tait, donc, ou l’on se fait discret. Sans doute commémorera-t-on au moins, le 25 mars, les 60 ans du traité de Rome. Mais on ne sait pas encore dans quel état d’esprit. Dix jours plus tôt, le parti de droite radicale eurosceptique PVV (Parti pour la liberté) aura peut-être alors remporté les législatives néerlandaises, sans obtenir toutefois les 76 sièges nécessaires pour gouverner seul. Avec qui s’alliera-t-il pour former une coalition ? A la clé, combien de semaines d’instabilité pour le pays et d’incertitude pour l’Europe ?
           On n’a célébré qu’en pointillés, en tout cas, les 25 ans de la signature du traité de Maastricht. C’était le 7 février. La veille, la Grèce et ses créanciers s’étaient rencontrés autour d’un rapport du Fonds monétaire international (FM). Le FMI y éreintait ses partenaires européens de l’ex-Troïka. «La dette grecque est intenable. Même avec une application pleine et entière des réformes approuvées dans le cadre du programme d’aide, la dette publique et les besoins de financement vont devenir explosifs sur le long terme», affirmait-il. Il ne faisait que répéter ce qu’il avait déjà dit en 2013, 2015 et 2016 dans divers rapports.
         Car le Fonds plaide de très longue date pour que soit allégée la dette hellène. Dans les semaines à venir, il pourrait se retirer du plan «d’aide» à Athènes si ses préconisations n’étaient pas entendues, ce qui remettrait la crise grecque au premier plan de l’actualité européenne.
     Problème : l’Allemagne ne veut toujours pas entendre parler d’une restructuration de la dette grecque. A quelques mois du scrutin législatif de septembre 2017, il est peu probable qu’Angela Merkel ou son concurrent social-démocrate Martin Schulz souhaitent présenter aux contribuables allemands la perte financière qu’une telle restructuration imposerait.
       Dès lors, outre-Rhin, on parle à nouveau de «Grexit». Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances et inventeur, en 2015, des expressions «Grexit temporaire» (sortie temporaire de la Grèce de l’euro) et «Grexident» («sortie de la Grèce de l’euro par accident»), ne rêve en réalité que de «Grexpulsion» («expulsion de la Grèce»). Il a récemment été rejoint sur cette ligne par l’un de ses compatriotes, vice-président du Parlement européen. Alexander Graf Lambsdorff a ainsi affirmé dans une interview au journal Challenges : «Nous devons trouver rapidement un moyen de garder la Grèce dans l’UE et de continuer de la faire bénéficier de ses mécanismes de solidarité, mais tout en l’accompagnant hors de la zone euro. Nous devons ménager une transition, par étapes, vers le retour à une monnaie nationale.»
      On le voit, il y avait de bonnes raisons de ne pas fêter, le 1er janvier l’anniversaire de l’euro. Cela a fait quinze ans que la monnaie unique est entrée dans nos portefeuilles, mais sans faire le bonheur de tous. C’est de sortie qu’il est désormais question, en tout cas, pour la Grèce. Peut-être même pour d’autres.  (DC et CD)
                                           [Les liens sont de mon fait]
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      L’«édifice branlant» de l’UE;
                                                             ...Sur le constat, brandi à maintes reprises tout au long des deux jours de discussion, tout le monde est d’accord : l’UE « ne tient plus debout » (Stefano Fassima) ; « il n’y a rien à célébrer en ce 60e anniversaire, il y a plutôt beaucoup de choses dont il faut s’excuser » (Zoi Konstantopoulou, ancienne présidente du Parlement grec, ex-membre de Syriza) ; « l’Europe des 28 est un édifice branlant et à moitié écroulé » (Jean-Luc Mélenchon)… Et le Brexit, dont les négociations doivent bientôt commencer – la première ministre britannique Theresa May a l’intention d’activer l’article 50 à la fin du mois – ne fait que renforcer le diagnostic. « Le Brexit et la campagne électorale nationaliste qui y a conduit ont mis en évidence la médiocrité des dirigeants européens actuels, avance le député suédois Jonas Sjöstedt. Cela a également révélé les erreurs dans le fonctionnement de l’Union, qui montent les travailleurs des différents pays les uns contre les autres. » Le secrétaire général de Sinistra Italiana (ex-SEL rebaptisé il y a quelques semaines, dans une tentative de reconstruction, « Gauche italienne »), Nicola Fratoianni, précise de son côté : « Le Brexit n’est pas, comme certains le croient, une cause profonde de l’éclatement de l’Union européenne. Il est au contraire un effet, une retombée de politiques très lourdes et d’une crise économique exacerbée par la structure de l’UE, où dominent logique mercantile et dévaluation de l’emploi. ...
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___Vers une deuxième bataille de l'euro ?_________________________________________________