lundi 11 octobre 2021

Les pauvres exagèrent

 C'est bien vrai ça!    [Bis repetita]

                            D'abord parce qu'ils sont beaucoup trop nombreux,Et ils sont largement responsables de leur sort, même si certains font des efforts. Et en plus, ils votent souvent contre leurs intérêts.

 Et puis...nous assistons à trop d'assistance
    Et aux dépens de qui? je vous le demande.        Et puis ils en veulent trop, jaloux qu'ils sont. Même une voiture (pour aller peut-être travailler); Même un téléphone portable (pour être joint pour un mini job qui pourrait éventuellement se présenter). On ne sait jamais...
    Et puis ce sont de mauvais consommateurs, qui économisent le moindre sou, qui mettent en péril le système de production et le commerce, qui dépensent un pognon de dingue.......Et ils voudraient avoir des dents de stars...
       De mauvais citoyens. 
  Si on leur faisait crédit?
     Prêter aux pauvres: une vieille idée... qui peut même rapporter gros, vu leur nombre et leur naïveté.
         Les banquiers US ont su y faire... 
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dimanche 10 octobre 2021

Matière à penser

__ Il a dit "pacifique"?

__ Va comprendre... 

__ P. de C. en poupe?

__ France-Afrique à nu

__ Financiers "surdoués"?   

__ C'est bien le moins.      

__ Rater sa vie

__ Ha! Nouna...

__ Sortir du déni

__ HORIZON... pas clair    ______________

samedi 9 octobre 2021

Sale temps pour Facebook?

Mr Zuckerberg aurait bien du souci...

                        Après avoir déjà été auditionné par un groupe de parlementaires dans son pays, il pensait en être quitte avec les ennuis concernant surtout les modes de gestion de sa plate-forme "démocratique" hautement rentable. On ne parle pas des ratés techniques récents à l'échelle mondiale, ce qui n'est que de la cuisine techchnique interne hautement complexe.     On veut évoquer les contestations qui montent en externe comme en interne depuis quelques années, contre les ambitions mégalomanes du "patron", la direction d'une plate-forme devenue le plus souvent incontrôlable, ses prétentions libertaires qui masquent mal les visées spéculatives.          Le roi de la Silicon Valley ne maîtrise plus son méga-système de plus en plus contesté, même par certains Etats, qui parlent de démanteler un empire trop puissant et parfois toxique. "Faire l'opinion" ne peut être confié à un système devenu incontrôlable, qui n'a pas le ligne éditoriale, qui s'en glorifie et qui laisse parfois les pires opinions (et leurs conséquences) gagner du terrain à vitesse "grand V". C'est toutes les plate-formes du même type qui seraient visées. Les Gafas seraient-elles sur la voie d'une prise de contrôle, qui reste à inventer? Car les enjeux ne sont pas seulement privés. Les critiques s'accumulent, contre un système qui ne sur-amplifie pas que les bonnes informations ou les bavardages anodins. Gare à l'attention!...


             __Points de vue:  ___ 1) ".. Le temps des tempêtes semble venu pour Facebook. Disons-le tout net : le nouveau scandale qui frappe la sixième capitalisation boursière mondiale de plein fouet, appelé les "Facebook files", est possiblement le plus dévastateur à ce jour pour l'empire des réseaux sociaux de Mark Zuckerberg. Après l'enquête du Wall Street Journal publiée le mois dernier, ces révélations explosives ont été confirmées, dimanche soir, par la lanceuse d'alerte elle-même, Frances Haugen.         Dans une interview donnée à l'émission 60 Minutes (voir plus bas), la data scientist de 37 ans est sortie de son anonymat. En tout, l'ancienne employée -de mi 2019 à mi-2021- a fait fuiter des dizaines de milliers de pages de rapports internes. Non seulement au Wall Street Journal, mais aussi aux régulateurs américains. Signe que les ennuis ne font que commencer pour Facebook, elle a également déposé plainte auprès de la Securities & Exchange Commission (SEC), c'est-à-dire l'autorité de contrôle des marchés financiers, parce que ces documents montrent selon elle que Facebook a menti à ses investisseurs. Les régulateurs ne semblent pas non plus beaucoup apprécier ces révélations : le Sénat américain, déjà très critique envers les GAFA, a auditionné Frances Haugen ce mardi 5 octobre. Et la lanceuse d'alerte sera également reçue par la Commission européenne en novembre...."   


                                                                   

 ___ 2)  ___"...Le système est partiellement mis à nu:  La lanceuse d’alerte Frances Haugen a livré, mardi 5 octobre, un réquisitoire implacable contre Facebook lors d’une audition devant le Sénat américain, point d’orgue d’une opération savamment organisée depuis plusieurs semaines et dévastatrice pour la société de Mark Zuckerberg.« Les choix faits à l’intérieur de Facebook sont désastreux pour nos enfants, pour notre sécurité publique, pour notre vie privée et pour notre démocratie », a notamment asséné l’ancienne employée de Facebook qui, durant deux ans, a travaillé au sein de l’équipe « Civic Integrity » qui s’occupait de la lutte contre les « fake news » (ou infox).Durant plusieurs heures, Frances Haugen a détaillé devant des sénateurs, en grande partie conquis, les révélations tirées des milliers de documents qu’elle a déjà commencé à rendre publics depuis plusieurs semaines, plongeant Facebook dans la crise sans doute la plus grave que le réseau social ait connue    Cette opération de communication inédite a débuté le lundi 13 septembre par la publication d’un premier article de la série « Facebook Files » dans le Wall Street Journal, principal récipiendaire des documents. Celui-ci révélait que, dans le cadre d’un programme baptisé « XCheck », ou « Cross check », Facebook a « white-listé » plusieurs millions d’utilisateurs « VIP » : célébrités, politiques et journalistes.    Ces privilégiés ne sont pas soumis aux mêmes règles de modération et peuvent se permettre de tenir des propos ou de poster des contenus enfreignant les règles du réseau social. C’est au titre de ce programme que Facebook a toléré que le footballeur brésilien Neymar publie sur son compte, suivi par des dizaines de millions de personnes, une photo dénudée d’une femme l’accusant de viol, même si le cliché fut finalement retiré par la suite.    Dès le lendemain, le quotidien publiait une deuxième enquête montrant que, contrairement à ce qu’avait pu affirmer son président Mark Zuckerberg, Facebook avait bien conscience des effets néfastes sur la jeunesse du réseau social Instagram, dont il est propriétaire. Plusieurs documents internes révèlent que des chercheurs travaillant pour la société ont alerté, à plusieurs reprises, sur les risques que fait peser lnstagram sur la santé mentale des jeunes, et principalement des adolescentes.       « 22 % des adolescentes disent que lorsqu’elles se sont senties mal en raison de leur corps, Instagram les a fait se sentir encore pire », préviennent-ils dans un message interne diffusé en mars 2020. « Les adolescents reprochent à Instagram les hausses de taux de dépression et d’anxiété », affirme une présentation de résultats de recherches faites en 2019. « Cette réaction était spontanée et cohérente à travers tous les groupes » étudiés par les chercheurs. Un autre document interne explique que parmi les adolescents interrogés ayant déclaré avoir eu des pensées suicidaires, 16 % des usagers britanniques et 6 % des usagers américains liaient celles-ci à Instagram.    Mercredi 15 septembre, de nouveaux documents montrent que Facebook avait été alerté sur les effets pervers d’une modification de son algorithme intervenue en 2018. Celle-ci avait officiellement pour but d’améliorer les relations entre utilisateurs de Facebook en privilégiant le partage de contenus entre amis ou parents plutôt que la diffusion de contenus professionnels.         Mais, en réalité, ces changements ont eu l’effet inverse. Le nouvel algorithme a fortement favorisé, dans les « news feed », les « interactions sociales significatives » (« meaningful social interactions » ou MSI en anglais) les plus clivantes et mis en avant les contenus suscitant les réactions les plus violentes.        Facebook a même été alerté par l’un de ses clients, particulièrement sensible à ces questions : Buzzfeed, un site d’information gratuit dont l’audience repose en grande partie sur la diffusion de ses contenus sur les réseaux sociaux. À l’automne 2018, son directeur, Jonah Peretti, a écrit à Facebook, expliquant avoir constaté des changements notables dans les types d’article faisant le plus d’audience. Il cite le cas d’un article intitulé « 21 choses que tous les mecs blancs sont coupables de dire » ayant suscité 13 000 partages et 16 000 commentaires, en grande partie agressifs. Parallèlement, Buzzfeed avait des difficultés à faire circuler des articles sur d’autres thématiques, comme les animaux.          Des recherches menées en interne ont confirmé le problème. « La désinformation, la toxicité et les contenus violents prévalent démesurément dans le partage », écrivaient des chercheurs dans un mémo. « Notre approche a eu des effets collatéraux malsains pour des parties importantes des contenus publics, comme la politique et les informations », alertaient dans un autre document des « data scientists » de Facebook.     Le jeudi 16 septembre, Facebook était également accusé de laxisme dans le contrôle des contenus dans les pays en voie de développement, l’une des principales sources de revenus de la société. Comme le souligne le Wall Street Journal, les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud sont déjà actuellement les principaux marchés du réseau social et constituent sa principale source de croissance potentielle. Alors que les audiences en Europe et aux États-Unis ont tendance à stagner, « pratiquement tous les nouveaux utilisateurs de Facebook viennent de pays en voie de développement », écrit le journal.    Or, plusieurs documents fournis par Frances Haugen montrent que le système de modération se révèle particulièrement lent à supprimer certaines pages problématiques utilisées par des organisations criminelles dans le cadre du trafic de drogue, d’êtres humains ou d’incitations à la violence. Des employés ont ainsi pu signaler une page utilisée par un réseau basé au Moyen-Orient pour tromper des femmes en leur faisant miroiter un travail pour ensuite les contraindre à se prostituer. En Éthiopie, ce sont des groupes armés qui ont utilisé Facebook pour appeler à des violences ethniques.     L’exemple le plus frappant est celui rapporté, dans un rapport interne envoyé à la direction de Facebook en janvier 2021, par un ancien policier spécialisé dans la cybercriminalité, embauché par la société en 2018 pour faire partie d’une équipe chargée de surveiller les « pays à risque ». Ces enquêteurs numériques y expliquaient avoir découvert l’existence d’un réseau sur Facebook et Instagram utilisé par le Cártel de Jalisco Nueva Generación (CJNG), le cartel de Jalisto nouvelle génération en français, l’un des plus violents et redoutés cartels de la drogue mexicains.         Il faut dire que le CJNG ne prenait aucune précaution pour dissimuler ses activités et postait, sur ses multiples pages, des photos de scènes de crime ou d’armes en plaqué or. Les enquêteurs de Facebook ont également découvert que le cartel utilisait ses réseaux sociaux pour recruter de nouveaux membres et les envoyer dans des camps d’entraînement, ainsi que pour rémunérer des tueurs à gages.    Dans son rapport, l’équipe d’enquêteurs demandait à ce que des mesures soient prises afin de s’assurer de la suppression de toutes les pages liées au CJNG. Si certaines l’ont bien été, d’autres sont cependant restées en ligne et de nouvelles ont été créées. Quelques jours après l’envoi du rapport, le cartel postait même, sur un nouveau compte Instagram, une vidéo d’un homme exécuté d’une balle dans la tête. « Cette page, parmi d’autres pages sur Facebook et Instagram faisant la promotion du cartel, est restée active pendant au moins cinq mois avant d’être fermée », rapporte le Wall Street Journal.      Le vendredi 17 septembre, le quotidien racontait comment les internautes antivaccination avaient réussi à mettre en échec Mark Zuckerberg, qui souhaitait que son réseau social participe à la campagne d’incitation.     Cet article clôturait une première semaine de révélations quotidiennes sur Facebook sans que le nom de la lanceuse d’alerte n’apparaisse une seule fois. Une seconde salve d’articles fut publiée entre les mardi 28 septembre et vendredi 1er octobre, révélant notamment les projets de Facebook visant à attirer de plus en plus de préadolescents sur son réseau social Instagram. Là encore, l’anonymat de Frances Haugen restait préservé.      La lanceuse d’alerte a révélé elle-même son identité dans une interview diffusée le dimanche 3 octobre dans l’émission « 60 minutes » sur la chaîne CBS. « Facebook, encore et encore, a montré qu’il a choisi le profit au lieu de la sécurité », accusait-elle.  Dans les jours qui ont suivi, Frances Haugen et ses soutiens ont levé le voile sur l’organisation de cette fuite et de cette campagne de communication orchestrée avec une redoutable efficacité. Spécialiste des algorithmes, Frances Haugen a travaillé pour plusieurs grandes entreprises du Net, comme Google ou Pinterest, avant d’être embauchée par Facebook en 2019.     Là, elle explique avoir été choquée par le fonctionnement de l’entreprise de Mark Zuckerberg et par les nombreuses dérives qu’elle a pu constater. « J’ai vu un paquet de réseaux sociaux et c’était substantiellement pire à Facebook que ce que j’avais vu avant », affirmait-elle dans son interview à CBS. Plusieurs éléments vont la conduire à quitter Facebook, comme la fermeture de son service juste avant l’élection présidentielle américaine de 2020. Lors de son dernier jour, au mois de mai 2021, elle envoie sur la messagerie Internet un dernier message prémonitoire : « Je ne déteste pas Facebook. J’aime Facebook. Je veux le sauver. »    Frances Haugen n’a pas agi sur un coup de tête. Elle avait pris soin de contacter Whistleblower Aid, une association fournissant assistance aux lanceurs d’alerte créée par John Tye, un ancien agent du département d’État américain ayant lui-même dénoncé, à l’occasion de plusieurs interventions en 2013 et 2014, la surveillance des communications pratiquée par le gouvernement américain.    Avec l’aide de Whistleblower Aid, Frances Haugen a soigneusement préparé la divulgation des documents. Elle a ainsi contacté des parlementaires et plusieurs autorités, auxquels elle les a transmis. Elle est notamment entrée en contact avec le sénateur démocrate Richard Blumenthal et la sénatrice républicaine Marsha Blackburn qui, au printemps dernier, organisaient justement une série d’auditions sur la manière dont les réseaux sociaux comme Instagram collectent des données sur les enfants...."   _____________________________

vendredi 8 octobre 2021

Ça se passe comme ça chez Amazon

    Au delà du droit.  

                       La "guerre" du dernier kilomètre: Le plus décisif et le plus problématique. L'empire ne cesse de créer des métastases partout dans le monde, La crise sanitaire a accéléré le processus et a encore enrichi un peu plus le méga-vendeur polyvalent. Mais qui arrêtera l'appétit sans limites de Jeff Bezos, dont le quasi-monopole en matière de distribution ne cesse de croître, jusqu'à interroger des Etats sur un possible démantèlement du géant?  Ce n'est pas la décision de la France d'abolir la gratuité de l'envoi des livres, pour concurrence déloyale, qui va changer la donne. Tant qu'il n'y aura pas d'accord international pour démanteler le trust (comme certains autres, pour d'autres raisons), on en restera aux bonnes intentionS, à la schizophrénie de tous ceux qui critiquent les tares et les nuisances du système tout en en profitant.    Les Etats souvent sont dans le déni et la contradiction: ils dénoncent et aident en même temps, au nom de l'emploi. Ils en profitent rarement fiscalement, à part  le Luxembourg, le grand refuge de la firme. Le mastodonte  avance à grands pas, qu'elles que soient les conditions de travail des petites mains algorithmées qui s'agitent pour assurer les livraisons en temps et en heure.  Chaque seconde compte. Time is money...

                 En Allemagne,  l’entreprise réorganise sa logistique. Le droit du travail et la dignité ne jouent aucun rôle. «Machine, je suis une machine», dit le conducteur de la camionnette blanche. «Douze heures, tous les jours, pendant quatre ans. Mais si je ne travaille pas, je ne suis pas payé.» Cet homme livre des colis pour Amazon, le numéro un mondial de la vente en ligne. Chaque matin, il fait la queue avec son camion de livraison devant le centre de distribution d’Amazon de Francfort-sur-le-Main.    Mais en cette matinée de fin d’été, début septembre 2021, quelque chose est différent: un petit groupe de syndicalistes distribue des tracts en plusieurs langues aux conducteurs. Ils entament rapidement une conversation. Les histoires se ressemblent: les chauffeurs racontent des journées de dix ou douze heures, la pression du travail, les tournées quotidiennes avec 250 livraisons. A la fin du mois ils reçoivent 1000 à 1200 euros, souvent en retard. Il y a parfois des déductions, par exemple pour un rétroviseur cassé ou des rayures sur le véhicule.   Si l’on y regarde de plus près, on constate qu’une grande partie de ces mesures violent le droit du travail allemand. Mais: «là où il n’y a pas de plaignant, il n’y a pas de juge». Les conducteurs ne connaissent souvent pas leurs droits. Beaucoup viennent d’Europe de l’Est, certains du Moyen-Orient. Pour survivre, ils dépendent de cet emploi. Le courage pour s’attaquer à leur employeur est difficile à réunir.    L’action à Francfort était organisée par le syndicat du secteur des services, Verdi, et le réseau d’aide du DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) «Faire Mobilität». Une centaine de personnes réparties en petites équipes distribuent du matériel d’information à plus de 8000 chauffeurs qui circulent pour Amazon afin d’effectuer des livraisons de colis sur le «dernier kilomètre»  ou dans le transport par camion. Cependant, aucun d’entre eux n’est employé par Amazon. Depuis le début, l’entreprise a externalisé son risque entrepreneurial en matière de livraison à un réseau de petits sous-traitants qui se font concurrence et transfèrent la pression à leurs travailleurs.                                                                               Amazon exploite 14 grands entrepôts d’expédition en Allemagne, entre Hambourg et Munich. Les grèves existent depuis des années dans beaucoup d’entre eux. Mais outre la vente par correspondance, l’entreprise développe également d’autres domaines stratégiques. L’un d’entre eux est la logistique. Amazon s’est lancé dans le transport de conteneurs et exploite sa propre compagnie aérienne de fret [Amazon a acheté des avions à Delta Airlines, à WestJet ; Amazon Air annonce l’objectif de 200 avions d’ici six à sept ans], qui se situe désormais à la quatrième place. L’automne 2020, la société a inauguré sa propre plate-forme de fret aérien à l’aéroport de Halle-Leipzig. En plein milieu de la crise de coronavirus, qui n’était pas une crise pour Amazon; elle a suscité le plus grand boom jamais connu pour la firme.                                                                          La partie la plus critique de la chaîne logistique est le «dernier kilomètre». C’est au moment où le colis arrive chez le client final que les choses peuvent le plus mal tourner. Les véhicules de livraison sont coincés dans les embouteillages ou ne trouvent pas de place de stationnement, les destinataires ne sont pas chez eux, les adresses ne sont pas claires, les transporteurs de colis doivent se rendre à la porte d’entrée au cinquième étage du deuxième bâtiment se situant en deuxième rangée ou passer devant des chiens agressifs. Et, plus important encore pour Amazon, 50% des coûts sont encourus dans le dernier kilomètre.         Il n’est pas surprenant qu’Amazon essaie de prendre le contrôle du «dernier kilomètre» depuis environ cinq ans. Avec sa division Amazon Logistics, l’entreprise met en place son propre service de livraison et se rend de plus en plus indépendante de sociétés comme Deutsche Post DHL et Hermes Logistik Gruppe Deutschland. Il s’agit d’un autre facteur de précarisation dans un secteur qui subit déjà une énorme pression concurrentielle. «Delivery Service Partners» (DSP) est le nom du réseau de sous-traitants spécialement créé par Amazon. En outre, ces derniers expérimentent un modèle d’emploi basé sur une plateforme, du type Uber ou d’autres entreprises de la gig economy: les «livreurs indépendants» peuvent s’inscrire via l’application «Amazon Flex» et livrer des colis avec leur propre voiture. En contrepartie, ils reçoivent 25 euros par heure, avec lesquels ils doivent non seulement payer les frais médicaux, mais aussi leurs frais de fonctionnement et la sécurité sociale.                                              La charge principale de l’activité de livraison repose toutefois sur les «DSP», de petites entreprises possédant cinq à dix, voire 25 véhicules, qui font la queue tous les matins devant les centres de distribution de marchandises conjointement aux chauffeurs d’autres entreprises de même taille. Amazon a désormais mis en place une cinquantaine de ces centres régionaux communs de distribution en Allemagne. C’est ici que sont planifiées les tournées de livraison et que les colis sont chargés dans les camions de livraison. Amazon n’a pas inventé le système de sous-traitance dans la livraison de colis – Hermes, DPD (du groupe français La Poste), GLS (General Logistics Systems, néerlandais) l’utilisent également; et c’est le cas de plus en plus de DHL. Mais beaucoup plus systématiquement que tous ses concurrents, Amazon combine les avantages commerciaux de cette externalisation avec un suivi numérique, un contrôle par les algorithmes et l’IA (intelligence artificielle).              Tina Morgenroth, du Centre de conseil de Thuringe «Faire Mobilität», a examiné le centre de distribution ouvert à Erfurt-Stotternheim fin 2019, à titre d’exemple. Non pas parce qu’elle s’en prenait à Amazon, mais parce que de plus en plus de travailleurs des sous-traitants d’Amazon se présentaient à son centre de conseil avec des problèmes – ils sont désormais environ 150 à avoir demandé un appui. Ils signalent des conditions de travail qui ne devraient pas exister selon le droit du travail actuel. Des durées de travail de dix à douze heures, six jours par semaine, pas d’indemnités de maladie, un salaire inférieur au salaire minimum légal, une pression de travail qui empêche de prendre les pauses légalement requises. Néanmoins, les temps de pause sont automatiquement déduits – l’IA vous envoie ses «salutations».      Les contrôles effectués par les autorités compétentes en matière de protection du travail n’ont pas encore constitué une menace sérieuse pour Amazon. Il est difficile de tenir l’entreprise Amazon responsable des conditions de travail de ses sous-traitants. De plus, les sous-traitants sont souvent difficiles à être soumis à une procédure. Par exemple, à la mi-juillet, l’autorité de protection du travail de la Thuringe a constaté des violations chez 21 sous-traitants de colis Amazon. Cependant, comme 20 de ces entreprises ont leur siège en dehors de la Thuringe, elles ne sont pas légalement responsables. La santé et la sécurité au travail sont une affaire des Länder. Toutefois, le problème – le système Amazon – est mondial! " (Article publié par l’hebdomadaire Der Freitag, en date du 4 octobre 2021; traduction rédaction A l’Encontre)....     _________________________

jeudi 7 octobre 2021

Sacré Nanard!

 L'esprit d'une époque. Grandeur et décadence. Adulation et mémoire courte.

                       Il n'y a pas à dire, ce fut quelqu'un.      Adulé par les uns par son audace et sa gouaille, conspué par les autres par son goût immodéré de succès enchaînés, parfois douteux, ses compromissions sulfureuses. Mais plus dure fut la chute... Depuis ses origines modestes, il reste encore au centre de polémiques en tant qu'homme public.   Ce fut l'homme d'une époque, celles des "années fric", des succès faciles pour qui avait un peu d'audace et des scrupules réduits. Une époque flamboyante où se faisaient ou se défaisaient les fortunes et les renommées, comme dans les romans de Balzac. Un personnage de roman à lui tout seul, comme on le dit encore aujourd'hui, quelques jours après son combat final, toujours sur le devant de la scène, malgré les "affaires", au rebondissements multiples et scabreux... Wonder-ful!                                                    C'était les années du mitterandisme cherchant des appuis, une image de marque, un second souffle, après le virage libéral fabiusien et les désillusions que le régime engendra. Un homme de tellement d'affaires souvent inabouties ou compromises, qui pouvait susciter l'adulation de la presse people. Bernard était sur tous les fronts, même ministériels, prêt aux assauts les plus improbables, aux confrontations les plus rudes, pour la restauration d'une image qui s'écornait du côté de l'Elysée.              Ce n'est pas la personne privée qui est à juger aujourd'hui encore, mais la personne publique, dans le domaine des affaires comme dans celui de la vie publique, malgré des qualités humaines indéniables. c'était un homme de théâtre, comme on l'a vu: sur les planches, dans les banlieues comme en studio dans ses joutes épiques avec Le Pen, l'homme des situations critiques  ou désespérées, n'ayant pas peur de dramatiser pour surmédiatiser son rôle.   Il fut un acteur à part entière mais aussi un révélateur, révélateur d'ambitions d'époque, comme Rastignac le fut de la sienne (*). Aussi bien dans le business, tel une étoile filante, que dans le sport, de la Vie Claire qu'à l'OM. Son époque signe un tournant, celui d'un business conquérant, qui allait en attirer bien d'autres. Il avait senti le vent tourner, et a contribué à détourner les idéaux sportifs de leurs enjeux initiaux; il fallait être un gagneur offensif sur le gazon vert comme dans l'entreprise.   C'était l'époque de la  com, où les media faisaient leurs choux gras de succès rêvés...

                   ___ (*) Point de vue:    "...Du vivant de Bernard Tapie, la presse a souvent eu deux manières de parler de lui. Pour beaucoup de journaux de la presse écrite et plus encore de médias audiovisuels, il a longtemps été, comme on dit, un « bon client ». Avec ses coups de gueule et ses tartarinades, ses coups de bluff et ses tours de bonneteau, il figurait parmi ces invités que beaucoup ont adoré recevoir car il faisait espérer un gonflement des ventes ou des pics d’audience. Pendant plus de trente-cinq ans, il a donc été accueilli avec empressement sur d’innombrables plateaux, y compris ceux du service public.  D’un média à l’autre, de BFMTV jusqu’à Europe 1, en passant par France 2, Le Journal du dimanche ou Paris-Match, on s’arrachait Bernard Tapie. Pour le faire parler d’à peu près n’importe quoi. Au hasard, du foot. Ou bien des « gilets jaunes ». Ou alors de la situation politique en général et d’Emmanuel Macron en particulier. Et puis, dans la foulée, on l’invitait aussi à parler (un peu) de sa propre affaire, sans trop le contredire ou l’interpeller. En le laissant proférer, le plus souvent, les plus grosses énormités. On a même vu au printemps 2021 France Inter s’abaisser à faire la promotion d’un livre – naufrage du service public ! – écrit par un salarié de Tapie, truffé de mensonges et de contrevérités innombrables sur l’histoire du célèbre arbitrage frauduleux, et tout autant d’insultes et de « fake news » à l’égard de Mediapart. Du vivant de Bernard Tapie, la presse a souvent eu deux manières de parler de lui. Pour beaucoup de journaux de la presse écrite et plus encore de médias audiovisuels, il a longtemps été, comme on dit, un « bon client ». Avec ses coups de gueule et ses tartarinades, ses coups de bluff et ses tours de bonneteau, il figurait parmi ces invités que beaucoup ont adoré recevoir car il faisait espérer un gonflement des ventes ou des pics d’audience. Pendant plus de trente-cinq ans, il a donc été accueilli avec empressement sur d’innombrables plateaux, y compris ceux du service public.    D’un média à l’autre, de BFMTV jusqu’à Europe 1, en passant par France 2, Le Journal du dimanche ou Paris-Match, on s’arrachait Bernard Tapie. Pour le faire parler d’à peu près n’importe quoi. Au hasard, du foot. Ou bien des « gilets jaunes ». Ou alors de la situation politique en général et d’Emmanuel Macron en particulier. Et puis, dans la foulée, on l’invitait aussi à parler (un peu) de sa propre affaire, sans trop le contredire ou l’interpeller. En le laissant proférer, le plus souvent, les plus grosses énormités. ...Il faut dire que le bateleur savait y faire. Du temps où tout lui souriait encore, dans le sport comme en politique, il avait pris l’habitude de convier sur son luxueux yacht, le Phocéa, de très nombreux patrons de presse, et même des ribambelles de journalistes, pour passer avec lui quelques jours de vacances luxueuses. Ce qui ne contribuait pas forcément à des formes de journalisme très pugnace. Tant et si bien que de très nombreux journaux, du JDD jusqu’au Figaro, et même très longtemps Libération, ont pris des années durant fait et cause pour Bernard Tapie, comme s’il avait été victime d’une insupportable erreur judiciaire, fomentée par quelques magistrats enquêtant perpétuellement à charge....On a constamment préféré mettre en lumière non pas l’aventure personnelle de Bernard Tapie mais ce que son affaire – ou plutôt ses affaires – a révélé de notre pays ; des dysfonctionnements de notre démocratie ; des embardées de la justice.     Puisque Bernard Tapie est mort, ce dimanche 3 octobre, après un très long combat contre la maladie, sans doute est-ce toujours le meilleur prisme pour parler du personnage : continuer d’observer toutes les turbulences dans lesquelles il a été emporté tout au long de sa vie, comme un miroir. Car dans sa vie tumultueuse, on discerne tout cela : la folle consanguinité entre le pouvoir politique et les milieux d’affaires, une justice parfois à la botte, une presse trop souvent servile, et tant d’autres choses encore… Alors, observons une dernière fois le miroir Tapie, pour discerner les images qu’il renvoie de notre démocratie.....On oublie trop souvent que Bernard Tapie n’a jamais engagé le moindre argent personnel – pas un seul centime – lors de sa prise de contrôle, en juillet 1990, du groupe Adidas : c’est la banque publique qui a financé l’opération, en lui faisant un prêt de 1,6 milliard de francs sur deux ans ; prêt que Bernard Tapie n’a jamais été capable de rembourser. Or, deux ans plus tard, après déjà bien des péripéties, si la banque, à l’époque dirigée par Jean-Yves Haberer, avait été un établissement normal ; si l’Élysée n’avait pas fait comprendre que Bernard Tapie était sous sa protection et allait bientôt redevenir ministre, l’histoire se serait arrêtée là : le Crédit lyonnais aurait fait jouer les nantissements dont il disposait sur les titres Adidas de Bernard Tapie ; le groupe de sports serait passé, au moins provisoirement, sous contrôle public ; et il n’y aurait pas eu de litige commercial les années suivantes. Et il n’y aurait pas eu non plus d’arbitrage seize ans plus tard. L’affaire Tapie se serait arrêtée en 1993, par la débâcle de l’homme d’affaires préféré des socialistes.    En somme, Bernard Tapie a profité d’un traitement de faveur indigne d’une démocratie, en 1993, parce qu’il était l’un des protégés de François Mitterrand. Et c’est grâce à cela, sans jamais avoir investi le moindre centime dans Adidas, qu’il a pu, longtemps après, intriguer dans les coulisses du pouvoir sarkozyste, pour obtenir un arbitrage, au moment précis où il risquait de perdre sa confrontation judiciaire avec l’ex-banque publique devant les tribunaux de la République.  On aurait donc tort de voir en Bernard Tapie un simple aventurier de la vie des affaires ou de la politique, qui aurait dû son exceptionnel parcours ou sa longévité à son tempérament – même s’il n’en a jamais manqué. Au-delà de son propre caractère bouillonnant, il a d’abord été le reflet des époques qu’il a traversées. Il a ainsi été le symbole des « années fric » qui ont marqué la fin de la seconde présidence Mitterrand, de cette période accablante pour le socialisme français qui a favorisé « ceux qui s’enrichissent en dormant » – selon la formule célèbre de François Mitterrand –, de cette période de naufrage marquée par des scandales en cascade, éclaboussant de nombreux obligés du Palais, ceux de Pechiney-Triangle ou encore du Crédit lyonnais...."     _______________

mercredi 6 octobre 2021

Nouvelles assurances chômage en question

"Un putain de pognon", disait-il...

                     Nous serions donc dans un pays où le taux de chômage serait le plus élevé et où leurs indemnités seraient les plus généreuses. Par delà la langue de bois sans cesse répétée, qu'en est-il exactement? S'interroge-t-on sur les causes et sur l'ampleur réelle de ce phénomène appelé "de masse"?  Il s'agirait officiellement d' "encourager le travail" et d' inviter les sans travail à "traverser la rue", puisqu'il est sous-entendu qu'il suffit de vouloir pour pouvoir.             Malgré l'avis contraire du Conseil d'Etat, de nouvelles mesures restrictives seront appliquées, qui vont fragiliser un peu plus les plus précaires, aboutir à l'effet inverse de celui qui est publiquement recherché, comme le soulignent les analystes les moins critiques. Les effets de ces nouvelles dispositions qui vont marginaliser un peu plus une partie non négligeable des demandeurs d'emploi, sont contre-productifs, surtout dans le contexte économique du moment. 


               
"...Mathieu Grégoire (sociologue et spécialiste de l’assurance-chômage) démontre à travail égal, salaire égal, des inégalités de traitement de 1 à 49 : la grande loterie. Malgré cela, malgré la crise sanitaire et l’appauvrissement de cette population, le gouvernement veut appliquer sa réforme au 1er juillet 2021.  22 juin 2021 : le Conseil d’État suspend la réforme. Elle ne sera donc pas mise en place au 1er juillet. Pour la seconde fois, la plus haute juridiction administrative s’oppose au gouvernement sur le même dossier. C’est inédit. Emmanuel Macron furieux qualifie la décision du Conseil d’État comme étant celle d’un « tribunal de province ». Mais le gouvernement par la voix d’Elisabeth Borne insiste et affirme que la réforme s’appliquera quand même s’appuyant sur le jugement : la juge estime que la conjoncture économique n’est pas assez bonne pour appliquer le texte au 1er juillet, le gouvernement met en avant la prétendue reprise économique et l’appliquera au 1er octobre...."            Des dispositions d'une extrême complexité,  qui pour une part ont une valeur punitive et vont se révéler comme une trappe à de nouvelles précarités et pauvretés. ___________

mardi 5 octobre 2021

Pas gênés

Pourquoi s'en faire?

                 Quand l'impunité est là. Quand la vigilance politique fait défaut..

        Tout le monde n'ira pas au paradis. Evadons-nous!...fiscalement. Les paradis (fiscaux), c'est fini! disait Sarko, sans sourciller. Mais tout fini par se savoir, ou presque...    Après les Panama Papers et leurs révélations, "ils" ont ouvert la boîte de Pandore: rien que du beau monde! Vient au jour une liste non exhaustive de personnes connues ou moins connues, du monde politique, mais pas seulement, d'institutions aussi, comme en Israël. Des heureux zélus, dont 35 chefs d'Etat, dont l'entourage de Vladimir  Pas moins! La finance offshore a encore des jours heureux devant elle, profitant d'un grand vide juridique. Les USA, qui ne manquent pas de prêcher l'exemple, sont aussi bien placés, pas seulement dans le Delaware: "... tout en laissant prospérer sur son territoire des zones défiscalisées et opaques dans le Delaware, le Nevada ou le Wyoming Ensemble, le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et le Washington Post ont identifié un quatrième Etat américain qui se livre à un commerce florissant d’immatriculation de « trusts » garantissant l’anonymat : le Dakota du Sud. Le « trust » est une structure fondée sur le secret, qui permet à de riches particuliers de se délester – sur le papier – de leur patrimoine..."


            ______   « Pandora Papers » est une enquête collaborative menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) en partenariat avec 150 médias internationaux, dont Le Monde. Elle repose sur la fuite de près de 12 millions de documents confidentiels, transmis par une source anonyme à l’ICIJ, provenant des archives de quatorze cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore dans les paradis fiscaux (îles Vierges britanniques, Dubaï, Singapour, Panama, les Seychelles…).   Cinq ans après les « Panama Papers », l’enquête révèle l’ampleur des dérives de l’industrie offshore et de ses sociétés anonymes. Elle montre comment ce système profite à des centaines de responsables politiques de tous pays, et comment de nouveaux paradis fiscaux prennent le relais à mesure que les anciens se convertissent à la transparence..."____[Le 29 mai 1937 dans une lettre en forme d’alerte sur l’urgence à se saisir de la lutte contre l’évasion fiscale, le secrétaire au Trésor des États-Unis, Henry Morgenthau, écrivait à Franklin D. Roosevelt « Le salarié ordinaire ou le petit commerçant n’a pas recours à ces mécanismes ou des mécanismes semblables. L’évasion ou l’évitement fiscal légalisé que pratiquent les soi-disant leaders du monde des affaires […] font peser un fardeau supplémentaire sur les membres de la collectivité les moins à même de le supporter, ou sur ceux qui ont déjà payé leur juste part de bonne grâce. » La missive n’a pas pris une ride...]

         ___________On a beau avoir déjà beaucoup lu sur la question, on reste toujours songeur et presque dubitatif quand on se plonge dans une nouvelle étude sur les mal nommés paradis fiscaux.

   Rares sont les livres d'une aussi grande densité et qualité sur ce problème, qui en donne avec le plus de précision, dans les limites des connaissances actuelles, l'ampleur et en analyse les conséquences souvent mal perçues sans analyse macroéconomique.
    Malgré ses limites et ses choix, c'est une étude stimulante que celle que vient de faire paraître Gabriel Zucman, qui condense en peu de pages ce que tout citoyen devrait savoir et surtout tout homme politique responsable, prenant un peu de recul par rapport aux murmures médiatiques.
      Nous sommes riches et nous ne le savons pas.
   Enfin, nous pourrions l'être tous, la dette serait de bien moindre ampleur s'il n'y avait pas autant de finances échappant au fisc, donc à la redistribution nationale, dans le silence des Etats sur les questions qui touche directement la gestion de la véritable fortune publique. 
    Il n'est pas seulement question de blanchiment d'argent sale des activités mafieuses et parallèles, mais de ce qu'on a tu pendant trop longtemps, depuis le début du XX° siècle, et plus encore depuis une quarantaine d'années, qui s'est accéléré avec la crise de 2008.
      L'auteur s'explique sur les contextes, les ententes et les complicités qui ont engendré de telles richesses dissimulées, alimentant la finance internationale, au bon vouloir des grandes banques et de la spéculation financière, qui n'est pas sans conséquences sur le niveau de l'activité économique, les taux d'intérêt, etc...
      Depuis l'affaire de Panama, la dernière en date médiatiquement, nous touchons du doigt l'ampleur de ce que l'affaire Cahuzac, entre autres, avait déjà fait apparaître.
                Le livre de l'auteur dépasse ces quelques aspects immergés d'un iceberg de taille:
      Gabriel Zucman estime ainsi à 8% la part du patrimoine mondial des ménages caché dans les paradis fiscaux (12% pour l’UE). L’Europe est la plus touchée par l’évasion fiscale. .;.______________

lundi 4 octobre 2021

Pauvre Sarko!

 Injustement traité?

                                 Ils ont osé! Ils ne respectent rien. Ces juges pleins de ressentiment qui ont osé considérer l'ancien président comme un justiciable comme un autre...Et  ce n'est pas la première fois qu'ils s'acharnent. Tout cela "pour quelques sous", comme dit l'intéressé, et à l'insu de son plein gré...Il n'avait pas été informé, bien sûr....  Quelques millions; une bagatelle! Quand on veut être élu, on ne compte pas et il n'était pas au courant, bien sûr.     Outré! Nicolas. Comment faire cela à lui?                                                                               Ce qui pose problème, ce n'est pas la décision de justice, mais le fait qu'on s'en étonne ou qu'on la critique.   L'ancien président  a toujours eu une tendance à critiquer les juges, même par anticipation, alors que la justice en France manque terriblement de moyens. Fallait-il laisser s'amplifier les dérives, en dépit des règles? Les étrangers s'en étonnent. L'hyperprésidence s'est distinguée par l'excès et l'esbrouffe. La désinvolture choque aujourd'hui, de la part de celui qui, à l'ambition dévorante, s'est assez peu soucié de démocratie réelle.  Il n'est pas le premier à prendre tant de libertés par rapport aux règles,


           Mais  "...On ne peut que constater  qu’une institution et non des moindres dans une démocratie  la justice – a tenu sans trembler, en dépit des attaques et des outrances, en disant les responsabilités des uns et des autres face aux faits mis au jour. Mais, de l’autre, il est à craindre qu’une fois de plus l’on se désole du peu de conséquences dans le débat public qu’un tel jugement va avoir.                         Car il faut bien prendre la mesure de ce qui, sous nos yeux, se passe. Nommer les choses impose de le dire sans barguigner : c’est historique. Six mois après une condamnation pour « corruption » et « trafic d’influence » à trois ans de prison, dont un ferme, dans l’affaire Bismuth – c’était déjà une première pour un ancien président de la République –, Nicolas Sarkozy a écopé, jeudi 30 septembre, d’une peine d’un an de prison ferme  le maximum prévu par la loi – pour « financement illégal de campagne électorale » en conséquence de son implication dans le scandale Bygmalion. Du jamais vu au carré. Et il est un troisième dossier, l’affaire des financements libyens, dans lequel l’ex-chef de l’État est toujours quatre fois mis en examen, notamment pour « corruption » et « association de malfaiteurs », tout comme trois anciens de ses ministres, deux de l’intérieur (Claude Guéant et Brice Hortefeux) et un du budget et du travail (Éric Woerth).          Or, que s’est-il passé sitôt le jugement Bygmalion rendu public ? Des norias de soutiens au condamné Sarkozy ont fleuri sur les réseaux sociaux venant d’éminents représentants de la droite qui se dit républicaine. Le candidat à la présidentielle et patron des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a publiquement témoigné son « amitié » à l’ancien président, gageant que « la vérité se fasse en appel »  sous-entendu : les juges de première instance auraient donc menti…      Le sénateur Bruno Retailleau a carrément, lui, dénoncé un jugement d’une « sévérité aussi inhabituelle qu’exorbitante ». Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, a voulu de son côté rappeler combien Nicolas Sarkozy fut un « grand président », tandis que le député Éric Ciotti lui apportait « soutien et amitié », tout comme la candidate à la présidentielle et patronne de la région Île-de-France, Valérie PécresseCette gratitude digne d’une soumission clanique est d’autant plus surprenante qu’à l’inverse, Nicolas Sarkozy, lui, ne cesse de lâcher les siens  Claude Guéant, Brice Hortefeux ou Me Thierry Herzog en savent quelque chose – à mesure que les flammes de la justice se rapprochent. Ainsi, Nicolas Sarkozy apparaît de plus en plus comme le capitaine du Costa Concordia de la vie politique française.        Plus fondamentalement, c’est un peu comme si, d’affaire en affaire, de constatations policières en diligences judiciaires, et maintenant de jugement en jugement, il n’y avait pas de force contraignante de la vérité factuelle. De celle qui nous oblige à dire que deux et deux font quatre.   Plus la justice, patiemment, dresse le portrait d’un clan présidentiel qui a réussi à conquérir et gouverner la France avec les accents d’une famille mafieuse, plus le chef de la bande continue – et réussit souvent – à se modeler une image médiatique, ici en mémorialiste de lui-même,  en spectateur éclairé des grandes œuvres de notre temps, sans que les faits judiciaires qui le cernent ne viennent perturber le paysage.     De ce point de vue, le récent « À voix nue » de France Culture (radio de service public, faut-il le rappeler ?) qui a invité Nicolas Sarkozy à discourir en toute cordialité de culture et de politique est particulièrement éclairant. Mais on pourrait aussi citer la proposition faite à l’ex-chef de l’État d’être le futur invité d’honneur du prochain congrès de l’ordre des experts-comptables… Le déni ambiant, où l’on voit les faits et la raison subordonnés à toutes sortes d’émotions tribales, est total.   


                                                                                 En écho, entend-on au sein de l’actuel gouvernement, c’est-à-dire là où le pouvoir se trouve, des paroles fortes pour promouvoir un grand plan national de lutte contre la corruption, dans un pays qui a vu deux de ses anciens présidents (Chirac et Sarkozy) condamnés, deux anciens premiers ministres (Juppé et Fillon) condamnés et d’innombrables anciens ministres (Cahuzac, Guéant, Léotard, Lagarde, etc.) condamnés ? Rien du tout.    Au contraire : quand Nicolas Sarkozy est reconnu coupable en mars dernier de « corruption » dans l’affaire Bismuth, qui est l’un des premiers à lui apporter un soutien appuyé ? Le ministre de l’intérieur en exercice, Gérald Darmanin, qui, par ses fonctions, a pourtant autorité sur la police anticorruption dont les enquêtes ont permis de confondre l’ancien président. Le message est ravageur.....Nicolas Sarkozy, qui sait compter sur un large réseau médiatique aux mains d’industriels dont il est proche (Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère, Martin Bouygues, etc.) pour dire ce que bon lui semble sans réplique et taire ce qui l’embarrasse, est fort de toutes ces faiblesses....Car au-delà du seul débat judiciaire, c’est une certaine idée de la vérité qui est en jeu. Dans son essai La Faiblesse du vrai (Seuil), la philosophe Myriam Revault d’Allonnes le dit : « Les vérités dérangeantes ou malvenues se voient transformées en opinions que l’on peut soutenir comme si elles n’étaient pas directement ancrées dans des faits incontestables. » « L’effacement de la frontière entre le vrai et le faux entraîne la disparition du monde commun », ajoute-t-elle.   Voilà une terrible photographie de notre époque dont le sarkozysme, dynamiteur de digues, aura été un révélateur. Et à force de « nier ce qui est et expliquer ce qui n’est pas », selon l’expression d’Edgar Allan Poe, nous sommes condamnés à en payer la facture. Pendant encore longtemps...." 
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dimanche 3 octobre 2021

C'est tout pour aujourd'hui

__ Il était une fois dans l'Ouest

__ Le cheval et le pantalon

__ Disparus dans la nature    

__ Lidl cartonne

__ La barbe!

__ Normal...

__ Regrets zémus

__ Sans scrupules

__ Eric ou Mohamed?     

                __ Revue de presse ______________________________________

samedi 2 octobre 2021

La guerre et ses profits

 La guerre pour Kaboul n'a pas été perdue pour tout le monde

                       Comme c'est souvent le cas dans les conflits, surtout s'ils durent, certains tirent les marrons du feu et font un business très profitable. Sans état d'âme. Leur intérêt est même que la guerre s'éternise. Les "marchands de canon", selon l'ancienne expression, ne sont pas spécialement des aspirants à la paix. La question des "profiteurs de guerre" ne date pas d'aujourd'hui, mais a pris, lors des 20 ans d'opérations en Afghanistan, des proportions hallucinantes, a atteint des hauteurs stratosphériques, le contribuable étant mis à contribution de manière inhabituelle.                      ____                 En Afghanistan (*), ont oeuvré non seulement des milices privées, des mercenaires recrutés par des agences ayant pignon sur rue et florissantes, mais aussi toute une industrie de guerre qui trouvait là de quoi augmenter son chiffre d'affaires, par des commandes d'Etat qui tournaient parfois à la débauche de moyens de plus en plus sophistiqués.     Le complexe militaro-industriel, que redoutait Eisenhower à son époque, a fonctionné à fond. L'armée s'est même peu à peu privatisée sur beaucoup de points. Les intérêts croisés se sont multipliés. Tout ça pour le résultat que l'on connaît....Avec 14000 milliards que n'aurait-on pas fait?...

                        __ (*)      "..... Comme l’a récemment rapporté Isaac Stanley-Becker du Washington Post, «les huit généraux qui ont commandé les forces américaines en Afghanistan entre 2008 et 2018 ont ensuite siégé dans plus de 20 conseils d’administration d’entreprises».       Depuis qu’il a pris sa retraite, le général Stanley McChrystal, qui a supervisé le renforcement des troupes dans ce pays de l’ère Obama, a été membre du conseil d’administration ou conseiller d’au moins 10 entreprises, gagnant des millions de dollars grâce à elles. L’année dernière, de manière assez typique, le général Joseph F.Dunford Jr., commandant pour l’Afghanistan en 2013 et 2014, a rejoint le conseil d’administration de Lockheed Martin, le plus grand fournisseur du Pentagone. Et n’oublions pas le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, qui, lors de sa carrière militaire, fut à la tête du U.S. Central Command (Commandement central des Etats-Unis), supervisait les guerres d’Afghanistan et d’Irak. Il a ensuite rejoint le conseil d’administration du géant de l’armement Raytheon, gagnant au passage jusqu’à 1,7 million de dollars.                   Et pourtant, comme le note aujourd’hui William Hartung, spécialiste du Pentagone, rien de tout cela n’est comparable à la façon dont le secteur industriel du complexe militaro-industriel et du Congrès a profité des guerres éternelles désastreuses de ce pays. Aujourd’hui, sur la base d’un rapport qu’il a rédigé sur le sujet pour le Center for International Policy et le Costs of War Project de l’Université Brown, il propose une vision du «succès» en temps de guerre qui pourrait être une catastrophe sans précédent dans le contexte des guerres sans fin perdues par ce pays. Qui l’aurait cru?]                     Les coûts et les conséquences des guerres étatsuniennes du XXIe siècle sont désormais bien documentés: 8000 milliards de dollars de dépenses et plus de 380 000 morts civiles, selon les calculs du projet Costs of War de l’Université Brown. La question de savoir qui a le plus bénéficié d’une telle orgie de dépenses militaires a, malheureusement, reçu beaucoup moins d’attention.    Les entreprises, grandes et petites, ont quitté le festin financier de la flambée des dépenses militaires de l’après-11 septembre 2001 avec, dans leurs poches, des sommes véritablement stupéfiantes. Après tout, les dépenses du Pentagone ont totalisé la somme presque inimaginable de plus de 14 000 milliards de dollars depuis le début de la guerre d’Afghanistan en 2001, dont la moitié (reprenez votre souffle) est allée directement aux entrepreneurs de la défense....."       ____________________________