Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 25 mars 2019

Quand le chat est parti...

Mais qui tient la maison?

                                       Le Patron n'est pas content
                         Mais pas content du tout.
          La Mongie, c'est raté. Au pire moment.
   Pas moyen de s'échapper une journée pour se livrer aux joies du ski.
 Notre système est tellement centralisé que, dès que manque la pièce essentielle du dispositif, la machine tend à se dysfonctionner, surtout en période critique.
     On se rappelle de d' l'affolement dans les ministères à la suite de l'escapade gaullienne à Baden-Baden en 68. Et pourtant, là, les ministres n'étaient pas des "stagiaires", même barbus.
       Un seul être vous manque et tout est déglingué...
     C'est un symptôme. L'hypercentralisation et la monarchisation du pouvoir présidentiel, dans la V° République  produit des effets prévisibles.
     On le dit et on le répète depuis tant d'années: il faudrait en finir avec cette République, finalement fragile et favorisant l'abstention; pour en refonder une autre, d'un type nouveau, rééquilibré. 
     Se donner le temps de repenser d'abord une constituante pour aujourd'hui, même si c'est difficile.
     La hauteur  et la distance ne peuvent produire que les pires effets.
  Versailles n'est pas la France. Le storytelling est sur son déclin.
         Un peu de modestie et d'exemplarité ne peuvent nuire. Le verbe a ses limites.
________________

samedi 23 mars 2019

Etonnant

 __ Après le pistolet à eau, voici le ...fusil à pompe.
                                                               Mais où s'arrêtera-t-il?
         Vraiment une ténébreuse affaire...
                   On murmure que l'ex-homme de confiance devient de plus en plus le poison lent de la macronie.

__ Ainsi, on aurait voté la privatisation d' ADP en catimini (entre autres mesures)?
                   27 député auraient voté, à demi-endormis, à 6h du matin, pour une loi si discutée.
     Presque personne n'a réagi. C'est passé comme une lettre à la poste
                 Plus de 500 députés absents..
            Et si on changeait le mode d'élection à l' Assemblée?  Une idée comme ça...

__ Et voilà pourquoi l'idée est dangereuse.  Même des militaires sont réticents.
                          De mauvais souvenirs...

__ Ainsi Bibi a reçu un gros cadeau du parrain...Il en a besoin.
                   Vraiment un très gros.  Un paquet explosif...
                            Qui en parle dans les instances internationales?
                      _________________________________________________________________


vendredi 22 mars 2019

Tout va très bien ♪♫♪

La situation n'est pas désespérée
                                     Elle est seulement plus que problématique.
         On peut toujours jouer les Cassandre et se laisser emporter par un pessimisme naturel...
  Il n'en reste pas moins que notre époque, avec les tendances et les forces contradictoires qui y sont à l'oeuvre, est loin de nous rassurer, si on se réfère à l'expérience passée ou plus récente. L'histoire ne se répète pas, mais...elle bégaie, disait quelqu'un.

    Ne sommes-nous pas à la veille d'une nouvelle crise financière, dont nous ne pouvons prédire ni l'ampleur ni la durée, ni les formes qu'elle va prendre?
     Certains envisagent comme probable un nouveau krach boursier, par exemple.
   Point de vue:
           "... Souvent, à la veille d’une crise financière, tout semble aller très bien. Certains signaux sont par exemple tout à fait trompeurs. La croissance économique semble encourageante alors qu’elle est fondée largement sur une fièvre spéculative dans certains secteurs. Les faillites sont limitées, les bilans des entreprises semblent solides. Rappelons-nous les notes triple A accordées par les agences de notation à la firme nord-américaine Enron en 2000 avant que l’entreprise ne fasse faillite, donnant le signal de départ de la crise des dotcom de 2001-2002. Rappelons les notes triple A attribuées aux produits structurés liés au marché des subprimesen 2006-2007.
    Souvenons-nous des déclarations rassurantes d’Alan Greenspan, directeur de la réserve fédérale des États-Unis entre 1987 et 2006, à la veille de la crise des subprimes. Il affirmait que les risques étaient tellement bien disséminés dans le système et tellement bien couverts par les CDS (Credit default swap, sortes d’assurances contre les risques de défaut de paiement) qu’aucune crise n’était en vue. Le FMI, dans son rapport annuel 2007, prétendait que tout était tranquille et que la croissance économique était solide.      La situation en 2017 fait penser à ces situations de pré-crise où tout semble être sous contrôle et pendant lesquelles les dirigeants politiques tiennent des propos rassurants et lénifiants. La situation actuelle ressemble d’une certaine manière à ce qui s’est passé en 1987. On avait connu une hausse forte des marchés boursiers et une hausse importante des obligationsd’entreprises privées (les obligations d’entreprises, corporate bonds en anglais, sont des titres financiers émis par les entreprises privées pour se financer, ce sont des promesses futures de remboursement en échange de fonds).
     Il y a sans doute une différence de taille entre la situation actuelle et celle d’il y a 30 ans : certaines banques centrales (la banque du Japon, la BCE, la Banque d’Angleterre…) détiennent une partie des corporate bonds [2] et c’est un élément de stabilité car elles ne risquent pas de vendre en catastrophe en cas de début de panique sur le marché obligataire privé. La Fed, par contre, n’en a pas encore achetés. L’année passée, voyant que le marché des corporate bonds risquait d’imploser dans le futur, sa directrice générale a annoncé que la Fed pourrait éventuellement se mettre à en acheter mais aucune décision n’a été prise jusqu’à aujourd’hui. Or c’est le marché américain qui est le plus développé et le plus risqué.
    Par ailleurs, la Fed détient une quantité énorme de produits structurés qu’elle a achetés pour aider les banques à affronter les suites de la crise de 2008. La Fed possédait en octobre 2017, 1770 milliards de dollars de produits structurés liés au marché immobilier (mortgage backed securities, MBS) [3]. La Fed sait très bien que, si jamais elle essayait de revendre dans un proche avenir ces produits toxiques, cela risquerait de provoquer un effondrement de la valeur des titres et cela aurait un effet en chaîne avec des faillites à la clé....
      À l’échelle internationale, bien que le discours dominant affirme que les banques ont assaini profondément leurs comptes et qu’elles sont prêtes à affronter une dégradation de la situation, on a assisté ces quatre dernières années à la poursuite de sauvetages de banques privées importantes, particulièrement en Europe (Autriche, Portugal, Italie, Espagne…). La solidité de leur bilan est toute relative et leurs fonds propres réels ne dépassent généralement pas 5 %, et encore, de grandes banques sont en dessous de ce ratio. La législation est faite pour aider les banques à masquer leur situation réelle. Elle permet aux banques de déclarer qu’elles atteignent un ratio de l’ordre de 10 à 12 % et ainsi réussir les stress test que les autorités de régulation organisent... Un des problèmes majeurs des banques : la montée des défauts de paiement dans leur portefeuille de crédits (ce qu’on appelle les NPL, les non performing loans). L’importance des NPL plombe la situation de la plupart des banques italiennes et a provoqué la faillite en Espagne de Banco Popular en mai 2017, une des principales banques espagnoles.
       Rappelons qu’avant les faillites de nombreuses banques en 2008-2009, le secteur affichait des bénéfices élevés. C’est encore le cas aujourd’hui.
La montée de l’endettement privé en Chine est également un facteur potentiel de crise. La presse dominante qui attire l’attention de l’opinion dans cette direction n’a pas tout à fait tort même s’il est clair qu’elle préfère détourner l’attention des éléments de crise qui touchent directement les économies occidentales.   Du côté des grandes entreprises privées occidentales, comme nous l’avons montré dans un article précédent, le recours à l’endettement est massif. Elles développent à fond des opérations strictement financières et spéculatives en s’endettant.
      Au niveau mondial, les entreprises du secteur de la sidérurgie sont confrontées par ailleurs à une surproduction. Les grandes entreprises pétrolières mondiales affichent une remontée de leurs bénéfices mais on peut se demander si la remontée du prix du baril de pétrole à 60 dollars (observée en octobre-novembre 2017) n’est pas aussi en partie provoquée par une spéculation sur les stocks et achats futurs. Le secteur de l’automobile est en surproduction même si les ventes ont repris un cours ascendant largement favorisé par des achats à crédit.
       On assiste de la part des grandes entreprises capitalistes à un tel appétit pour prendre des risques que le coût pour se protéger contre la possibilité d’une suspension de paiement a atteint un niveau extrêmement bas. C’est contraire au principe de précaution mais c’est tout à fait normal dans la logique capitaliste. Vu que de nombreux capitalistes (Apple comme d’autres) cherchent à acheter des titres financiers à haut risque (junk bonds), les entreprises fragiles qui les émettent peuvent proposer des rendements plus bas que si la demande de leurs titres était faible. Ainsi, les rendements offerts sur les junk bonds diminuent, ce qui ne veut pas du tout dire qu’ils sont moins risqués qu’avant. Le prix de ces titres convoités augmente, le rendement offert baisse et le « marché » considère que le risque diminue, ce qui est contraire à la réalité. Aux États-Unis, en octobre 2017, une entreprise qui voulait se protéger contre un défaut de paiement devait payer une assurance (un Credit default swap, CDS) d’un montant de 5,44 dollars pour couvrir un risque de 1000 dollars sur des titres financiers à risque. En 2008 au moment de la crise, il fallait payer 27,80 dollars pour couvrir le même risque.   Cela rappelle les triples A accordés par les agences de notation aux produits structurés subprimes juste avant la crise.
C’est aussi le signal très clair d’une volonté de prise de risque afin d’augmenter les rendements à court terme. Cette situation de sécurité apparente peut basculer rapidement comme l’histoire du capitalisme nous l’enseigne.    Et dans le cas d’une crise majeure, Jean-Claude Junker, Mario Draghi et Donald Trump pourront entonner ensemble « Tout va très bien madame la marquise ». À moins que ce ne soit nous qui leur chantions ce refrain...."
__ Pour de vraies règles.
_____________________________

jeudi 21 mars 2019

Petit voyage en Orbanie

Juste un clash?
                        Au sein de la droite européenne assez hétéroclite, Viktor s'est fait taper sur les doigts, malgré des soutiens attendus.
    Ce n'est pas bien méchant et c'est provisoire, plutôt symbolique au sein du PPE, avant les élections à venir.
   Et puis il n'est pas exclu, mais seulement suspendu.
                    Et il gardera la ligne.
         Les alliances objectives sont un peu écornées, Junker fait ce qu'il peut, jouant l'impuissance, mais le but du chantre de la démocrati illibérale ne change pas d'un pouce, quelle que soit l'opposition interne, modeste, et  externe. A voir s'il sera suivi dans son projet de fédération et de contre-révolution...
           "....Réforme de la Cour constitutionnelle, attaques contre la liberté et la pluralité de la presse, affaiblissement de l'indépendance de la justice… Viktor Orban s'emploie depuis des années à limiter l'exercice de la démocratie dans son pays. Ce dernier conteste logiquement cette idée, estimant au contraire mettre en œuvre un autre modèle. A l'instar du parti Droit de justice de Jaroslaw Kaczynski en Pologne, M. Orban se réclame ainsi du concept de "démocratie illibérale", qui permet selon lui de dissocier le libéralisme qu'il rejette, de la démocratie.
    Une dissociation jugée impossible par une large majorité des intellectuels. Pour Luuk van Middelaar, philosophe et professeur de droit européen, la Hongrie s'apparente en effet à une "dictature électorale". Les électeurs, qui n'ont plus de liberté de la presse ou de liberté d'association, "sont encore là pour la façade", mais l'exécutif "n'autorise plus de contre-pouvoirs". Le populisme est "un style de gouvernement", abonde en ce sens Jean-Yves Camus, politologue spécialiste des extrêmes droites. Les populistes "veulent aller au-delà de la démocratie représentative pour aller vers la démocratie directe" et pour "aboutir à une dictature des passions".
    Solidement implanté à son poste, charpenté sur le plan idéologique et convaincu que l'Europe pourrait, demain, "cesser d'être le continent des Européens", c'est dans ce contexte que Viktor Orban chercherait aujourd'hui à prendre la direction d'un mouvement européen (ultra)conservateur, chrétien et anti-immigration. Ce dernier irait de son camp, le Parti populaire européen, jusqu'aux droites radicales et souvent antieuropéennes comme celles de la Ligue de Matteo Salvini en Italie ou du Rassemblement national de Marine Le Pen en France. Les grandes divergences de vues des uns et des autres en matière d'immigration ou plus généralement de construction européenne seront toutefois des obstacles majeurs à surmonter pour le Premier ministre hongrois. Il refuse par exemple la répartition des migrants que souhaite M. Salvini et n'envisage en rien une sortie de son pays de l'UE alors que la question est régulièrement évoquée par le Rassemblement national.
Plus que de bâtir un programme commun, l'objectif principal serait donc plutôt de faire émerger des élections européennes 2019 un puissant pôle illibéral et ainsi de jeter les bases d'une "contre-révolution", pour reprendre le terme de Jacques Rupnik, expert des pays d'Europe centrale et orientale. Viktor Orban pourrait trouver des alliés, objectifs ou de circonstance, pour essayer de "changer l'Union européenne elle-même, ses structures, ses processus de décisions"....
      Mais qu'y a-t-il donc dans le tête de Viktor Orban?
   Même si une certaine opposition interne monte contre lui, notamment concernant les dernières lois sociales régressives, elle est sporadique et dispersée, et, sans liberté de presse et avec la mise au pas du droit, elle aura du mal à s'exercer.
  Déjà l'année dernière, on notait:
               Le nouveau succès électoral du maître de Budapest n'est nullement affecté par les rodomontades de Bruxelles, qui fait la morale à l'enfant terrible, tout en continuant à subventionner comme jamais une économie qui se porte mieux..
    Derrière les menaces, l'Eurogroupe montre sa faiblesse structurelle, tout comme à l'égard de la ligne polonaisedu moment. D'autant plus que Victor joue habilement un double jeu: plutôt sage à Bruxelles, il se déchaîne contre elle à Budapest, jusqu'à la caricature, directement ou par le biais des médias devenus les fidèles serviteurs de sa cause.
     Même si une certaine inquiétude est apparente dans la capitale, le reste du pays est acquis aux thèses de Victor, qui sait jouer habilement sur les peurs." Le Fidesz est accusé d'avoir muselé depuis 2010 de nombreuses institutions et contre-pouvoirs du pays, comme les médias et la justice, mais aussi l'économie et la culture. Le tout légalement, grâce à sa super-majorité au Parlement et sans s'émouvoir des critiques de la Commission européenne et de nombreux observatoires internationaux.
      Même si les dérives hongroises  ne datent pas d'aujourd'hui, se trouve ainsi confortée une certaine radicalisation des droites européennes.
      ...Aujourd’hui, les alliés de Viktor Orbán ne se limitent pas à cette Mitteleuropa perdue dans le multiculturalisme européen. Ils se trouvent aussi dans l’ancienne Europe des Quinze et dans les derniers succès électoraux engrangés çà et là ces derniers mois : entrée de l’AfD au Bundestag en septembre, formation d’une coalition gouvernementale par une droite anti-migrants avec l’extrême droite du FPÖ en Autriche en décembre, campagne électorale dominée par la thématique migratoire en Italie et score historique pour la Lega (extrême droite) en mars
     Dernièrement, c’est même une partie de la droite allemande qui a pris un virage anti-migrants. Le tout nouveau ministre de l’intérieur et chef de la CSU, Horst Seehofer, a marqué le coup dès son entrée en fonction, le mois dernier, en assurant que l’islam n’appartenait pas à l’Allemagne. Quant à la droite française, son orientation, depuis que Laurent Wauquiez a pris la présidence des Républicains, ne laisse pas trop planer de doutes : elle serait clairement islamophobe.    
    Plus que la critique des institutions européennes, c’est ce positionnement identitaire qui rassemble aujourd’hui une partie grandissante des droites européennes... Et qui se trouve légitimité par la reconduction, pour un troisième mandat consécutif, d’un chef de gouvernement en exercice. Une convergence inquiétante, à un an des élections européennes....
     L impuissante de l'Europe face à Viktor Orban est manifeste, victime d'une volonté d'élargissement inconsidéré qui la paralyse. Plus Orban bombe le torse, plus Bruxelles semble impuissant. Que faire face à l’enfant terrible de l’Europe ? Comment faire rentrer dans le rang ce cancre qui a l'insolence de mordre dans l'Etat de droit en lui riant au nez ? La Commission européenne a beau taper du poing sur la table, cela fait déjà huit ans qu'elle se casse les dents sur le cas Orban…
     Dans le pays orange, où la corruption ne va pas se réduire, l'opportuniste de nouveau aux commandes pour quatre ans de plus, ne va pas se gêner pour conforter son pouvoir en utilisant à son profit les faiblesses de l’Union européenne 
       Quatremer n'avait pas tout à fait tort.

____________________________
      

mercredi 20 mars 2019

Terrible saison

 Celle des machettes.
                                       C'est le titre de l' un des ouvrage du journaliste Jean Hazfeld,  qui enquêta sur les modalités, les circonstances et les causes d'un massacre africain de si grande ampleur qu'aujourd'hui encore il nous glace le sang et et nous laisse dubitatifs et interrogatifs sur certaines actions collectives extrêmes de l'humanité.
     La tuerie systématiquement organisée et soudaine cesse de nous interroger, comme certaines horreurs dont l'histoire laisse des traces et des cicatrices profondes.
   De l'opération turquoise confiée à la France à des fins humanitaires, nous commençons à en savoir un peu plus, d'autant plus que certaines langues libérées commencent à parler. La France a eu sa part dans l'aide qu'elle fournit au Hutus, ce qui fut longtemps dénié.
      La lumière sur le  massacre est loin d'être complètement faite, d'autant plus que sur le fond, le déchaînement brusque des événements et son ampleur dépassent l'entendement.
     Dans un entretien à Mediapart et à la cellule investigation de Radio France, le général Jean Varret dénonce les « fautes » de la France commises sous la pression d’un « lobby militaire ». Premier épisode d’une série d’enquêtes et de reportages que nous publions vingt-cinq ans après la tragédie rwandaisePour le général Varret, auteur de l'ouvrage Général, j'en ai pris pour mon grade (éditions Sydney Laurent), cette tragédie était annoncée. Une partie de l’armée française et la présidence de François Mitterrand ont été, dit-il, « aveuglées » par l'aile extrémiste du régime rwandais. Un quart de siècle après les faits, le militaire parle d’une « faute » commise au sommet des institutions politiques et militaires françaises, qui a « débouché sur un génocide ».
     On sait mieux que les génocidaires ont planifié leur crime au moins deux ans à l'avance et ont acquis des moyens auprès de certaines banques françaises.
    La France est toujours visée pour complicité.ou laisser-faire, dans ce génocide loin d'être totalement élucidé, aux fondements coloniaux anciens et instrumentalisés. Une France aux deux visages.
   Le dossier est loin d'être clos et les questions reviendront longtemps sur cette terrible énigme.
    _______   "En 1994, entre le lundi 11 avril à 11 heures et le samedi 14 mai à 14 heures, environ 50000 Tutsis, sur une population environ de 59000, ont été massacrés à la machette, tous les jours de la semaine, de 9h30 à 16 heures, pas les miliciens et voisins Hutus, sur les hauteurs de la commune de Nyamata, au Rwanda..."
   Froide relation d'un des aspects d'une catastrophe d'une plus grande ampleur, menée comme un "travail" obligatoire, relatée par Jean Hatzfeld dans Une saison de machettes.
      Quand le meurtre de masse devient un devoir...
Sidération! C'est encore le sentiment qui domine...20 ans après.
  Comment en parler, quand l' ampleur de l'horreur rend muet, pétrifie, quand l'inimaginable nous ébranle? 
                Malgré la compréhension des racines (qui ne furent pas tribales!), des causes, proches et lointaines, connues ou encore mal éclaircies, d'un tel cataclysme, l'esprit se heurte à un mur, comme après les horreurs de la Shoah, du Cambodge, celles de l'ex-Yougoslavie: comment fut-ce possible?
      Comment la mécanique de l'horreur a-t-elle pu se propager si vite et si systématiquement, pendant les 100 jours d'extermination, planifiée tous les matins, dans chaque localité? 
    Comment parler de l'indicible souffrance vécue par les Tutsis et les Hutus opposants?
La démesure de ce crime de masse inaudible met en évidence ce que nous oublions souvent: le fragile vernis d'humanité, affectant même les plus cultivés ou religieux...
    Mise en évidence aussi de la normalisation de la haine, de l'incroyable force du conditionnement, de la propagande, de la  haine programmée, à partir d'une histoire manipulée depuis longtemps.
Des hommes comme les autres...
   Un traumatisme toujours  présent, malgré le silence des survivants, celui qui suit les immenses frayeurs collectives.
    La peur cultivée à jouée contre de faciles boucs émissaires
 Le génocide des Tutsi n a pas été improvisé en fonction d une conjoncture. Il n était pas non plus une fatalité inscrite dans les gènes de la population rwandaise : ce n est pas un objet ethnographique. Il est le produit, très moderne, d une option politique extrémiste, jouant ouvertement du racisme comme arme de contrôle du pouvoir. Les médias qui en ont été les vecteurs efficaces l' attestent sans ambages. Mais cette mise en condition de tout un pays aurait été impossible sans l inscription durable dans la culture de la région des Grands lacs d une idéologie intrinsèquement raciste, discriminant, sous les étiquettes hutu et tutsi, des autochtones et des envahisseurs, une majorité naturelle et une minorité perverse, le « vrai peuple » rwandais et une race de « féodaux ». (JP Chrétien)
      Oui, les  medias ont joué un rôle clé, la propagande de la  radio a été permanente, l'appel au meurtre constant, entre deux émissions de variétés (RadioMille collines)
   Ce  génocide de proximité a été favorisé par un intégrisme ethnique, que les occupants coloniaux ont contribué à développer très tôt, dans leur intérêt.  Toujours diviser pour mieux gérer. 
     La vérité sur le génocide rwandais reste encore à écrire.
                          La part prise par la France fait encore l'objet de polémiques. 
On a parlé de neutralité coupable...qui ne pouvait profiter qu'aux assassins.  Certains ont fait un pas de plus:
 "On a déjà beaucoup écrit sur l’histoire de la présence française à Bisesero, en particulier le remarquable livre de Patrick de Saint-ExupéryL’Inavouable. Ce qu’il est important de retenir, c’est le geste d’Antoine pour qui la complicité de la France dans le génocide des Tutsis ne fait pas de doute, comme un pan d’Histoire qu’on peut interpréter jusqu’à plus soif, mais dont les faits sont indéniables. De la même manière qu’il y a eu un appui au régime d’Habyarimana pendant toutes les années Mitterrand, y compris avant et juste après le déclenchement du génocide, il y a bien eu des soldats français, peut-être fourvoyés, en compagnie des interahamwe sur la colline de Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement assassinés. Ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie facilement au pays des mille collines. C’est une marque indélébile entre les deux États.. Ce qu’il est important de retenir, c’est le geste d’Antoine pour qui la complicité de la France dans le génocide des Tutsis ne fait pas de doute, comme un pan d’Histoire qu’on peut interpréter jusqu’à plus soif, mais dont les faits sont indéniables. De la même manière qu’il y a eu un appui au régime d’Habyarimana pendant toutes les années Mitterrand, y compris avant et juste après le déclenchement du génocide, il y a bien eu des soldats français, peut-être fourvoyés, en compagnie des interahamwe sur la colline de Bisesero, où des dizaines de milliers de Tutsis ont été sauvagement assassinés. Ce n’est pas le genre de chose qui s’oublie facilement au pays des mille collines. C’est une marque indélébile entre les deux États..."
                  Des questions encore sans réponse... Le débat est loin d'être clos. (*) 
_________
(*)    Le génocide n'est pas un massacre soudainement provoqué par un peuple hutu en colère après l'assassinat de son président, une sorte de dérapage monstrueux d'habituelles tueries interethniques, comme ont voulu le faire croire les responsables politiques français en charge en 1994. Il est l'aboutissement d'une planification méthodique, pensée, voulue, organisée par le régime d'Habyarimana. Ce qui pose directement la question du rôle de la France qui, depuis 1990, n'a cessé de soutenir, d'armer, de former les futurs génocidaires, jusqu'à combattre à leurs côtés en 1992 et 1993 contre la rébellion tutsie du FPR conduite par Paul Kagamé. Jusqu'à 1 000 soldats français ont été déployés au Rwanda au début des années 1990.
C'est toute la qualité du livre que publient Benoît Collombat et David Servenay, « Au nom de la France », guerres secrètes au Rwanda (éditions La Découverte), que d'explorer ces quatre années qui ont précédé le génocide. Les deux journalistes travaillent depuis des années sur le Rwanda, le premier ayant réalisé de nombreuses enquêtes pour France Inter, le second ayant déjà publié un livre important, en 2007 avec Gabriel Périès, Une guerre noire, enquête sur les origines du génocide rwandais (1959-1994).
Ce que révèle ce livre, c'est d'abord l'ampleur de l'engagement français auprès des troupes du régime dictatorial d'Habyarimana. Formation, armement, construction d'une gendarmerie rwandaise qui sera ensuite l'instrument du quadrillage de la population et de sa mobilisation pour participer aux massacres, opérations spéciales, assistance technique dans les phases de combat : à partir de 1990, l'armée française s'engage crescendo pour sauver un régime qui, en parallèle, met en place les structures qui permettront le génocide.
Or, et c'est là le point clé, la France ne peut ignorer ce projet génocidaire. Car, dès 1990, les alertes sont faites. Elles se multiplieront ensuite, venues de militaires, des agents de la DGSE, des diplomates et des ONG. En 1993, un rapport de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) avec trois autres organisations humanitaires documente parfaitement les massacres survenus en 1992, premier acte du génocide. Que fait la diplomatie française ? Elle s'inquiète de son retentissement médiatique ; la politique française restera inchangée... Les alertes se font-elles encore plus détaillées, lorsqu'il est, par exemple, signalé l'achat de cargaisons entières de machettes  à la Chine ? Il ne se passe rien de plus.
C'est ce naufrage politique français que documente le livre de Benoît Collombat et David Servenay. Le choix initial de François Mitterrand n'est jamais contesté ni même questionné durant ces quatre années qui précédent la catastrophe. À partir de 1993, le régime de cohabitation ne vient pas plus remettre en question cette politique. François Mitterrand, sa cellule Afrique, son fils Jean-Christophe Mitterrand, Hubert Védrine, Édouard Balladur, François Léotard, Alain Juppé, son directeur de cabinet Dominique de Villepin, et l'état-major de l'armée, tous persistent dans leur soutien au régime criminel. Un seul homme prend ses distances en envoyant deux notes très critiques à François Mitterrand : Pierre Joxe, lorsqu'il est ministre de la défense avant 1993. Son avis n'est pas écouté..."
                 -Elements d'éclaircissements.  ___(1)
                 - Le carnet de Colette Braeckman
                  - Les idiots utiles de Kagamé
                 - Le déshonneur de la France 
                  - Un pays brisé 
                   -Négationnisme structurel 
                  - Des intérêts géoéconomiques 
                  - Le chaos dans l'Afrique des Grand Lac
__________________________________________________

mardi 19 mars 2019

Bibi aux abois

 Les mots sont importants.
                              Cela fait longtemps que, de notoriété publique, Betanyahou traîne de grosses casseroles.
      Mais Madame aussi, comme le fils. Une famille bien soudée.
  Pour l'homme, considéré comme le plus à droite de l'histoire israëlienne dans le parcours du Likoud, ses chances sont minimes pour les futures nouvelles élections anticipées, après dix ans de pouvoir. Mais l'homme et rusé et calculateur.
    Décomplexé, prêt à faire alliance avec le diable, il sait flatter l'aile la plus extrêmiste des fondamentalistes engagés dans le choix de la colonisation à outrance et de l'exclusion d'un quelconque Etat palestinien.  Le grand Israël a de l'avenir.
    L'opposition se divise sur fond d'une opinion résignée et conditionnée par la peur pendant tant d'années.
     Bibi est un problème pour Israël, comme le disent de nombreux citoyens de ce pays gardant leur sens critique.
    Un escroc sans doute, mais surtout une menace pour la démocratie israëlienne, jouant sans cesse sur un vieil amalgame reposant sur la confusion entre la critique de la politique israëlienne à un moment donné et les propos et les actes antisémites de toutes sortes. Mais il n'est pas le premier à instrumentaliser la cause de sa ligne politique. Toute critique de la politique du gouvernement serait une démarche antisémite.
     C'est là que repose l'erreur entretenue par beaucoup, notamment  au Crif, toujours soucieux, depuis le départ de Théo Klein, comme à l'Elysée, d'écarter le gouvernement israëlien de critiques légitimes.
   C'est aussi l'erreur de certains chefs d'Etat, notamment celle de Macron. Ce n'est pas nouveau.
 On connaît toute l'ambiguïté de la notion de sionime, dont il importe de faire l'histoire et de se demander qui en parle et selon quel sens.
    Etre sioniste n'a pas le même sens aujourd'hui qu' à l'époque du fondateur Herzl et de Jabotinski. Son sens politique et religieux ne se confondent pas. De nombreux Juifs, croyants ou non, israëliens ou pas, peuvent ne pas épouser cette idée parfois volontairement laissée dans le vague; certains même la refusent, au nom des projets qu'elle véhicule.
   Certains annoncent la "fin du rêve sioniste" et le début d'un machiavélisme d'Etat où Tel Aviv cherche des alliances, dans le contexte actuel, avec des Etats se déclarant ouvertement anti-sioniste, comme l'Arabie Saoudite.
   L'antisémitisme dénoncé devient parfois une arme, lourde de sous-entendus, d'intérêts et de confusions.  S'il faut mettre en garde contre l'antisémitisme, il fait être aussi contre l'usage qu'on peut en faire. Un éclairage historique et critique s'impose.
           Les mots sont importants.
_________

lundi 18 mars 2019

Au train où ça va...

Fini le train-train
                             Il faut repenser le train.
        En sortant de la logique tout-TGV. On en parlait.
  Sinon la voiture va encore gagner du terrain et des régions enclavées vont encore mourir un peu plus
     On attend les premières mesures significatives.
     Pour l'instant, on dégraisse, sans trop se soucier de l'avenir.
  Ici dans les Vosges, là-bas en Thiérache
     56 lignes en France serait menacées de disparition rapidement. Des lignes qu'on a souvent laissées se dégrader, pour qu'elle justifie leur suppression.
   Une exception: la ligne:Béthune  le Touquet, très dégradée, reprend du service, même si l'affluence n'est pas considérable. Vous avez dit Le Touquet?
    L'Allemagne, dans une logique un peu différente, remet en service ses petites lignes, même si c'est parfois en délégation privée. Les régions, qui ont souvent de considérables moyens, mettent la main à la poche.
   Même si le pays de Angela n'est pas forcément un exemple à suivre en tout en ce domaine. Et si le train n'est pas toujours püntklich. Pire que chez nous parfois.
    Chez nous, malgré un apaisement provisoire et des compromis boiteux, l'essentiel de notre avenir reste en suspens, après beaucoup d'erreurs d'aiguillage et d'indécisions.
         Après tant d'années de suppression de lignes...
                    La cacophonie ferroviaire continue...Y a-t-il un conducteur dans la cabine?
____________________