Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

lundi 16 février 2026

Etre enfin quelqu'un...

       Comme disait l'ami Umberto...

                                                                                                       ____________________

Ehpads (toujours) en question

Repenser le système      (notes)

              Une nécessité et des risques. Ce n'est pas un investissement comme les autres. Un investissement qui ne pourra que croître.                                                                                                                                           Trop de business, parfois sans contrôles suffisant.   Le scandale Orpea a montré certaines dérives majeures et parfois l'absence criant de moyens.   Les ambitions ne manquent pas...mais les financements sont à repenser, dans le cadre d'un système de sécurité sociale repensé et élargi. On peut juger uns société au sot qu'elle réserve aux anciens.

          Après l'or noir en déclin, voici le temps de l'or gris.
                                   Celui de l'extrême vieillesse et de la dépendance, qui donne lieu trop souvent à un marché lucratif.
   Le plus souvent, surtout dans le secteur entièrement privatisé, où il est conseillé d'investir (comme dans le secteur de l'industrie pharmaceutique, le plus profitable de tous).


    C'est un "marché" qui ne pourra que grandir un peu partout, vu les évolutions démographiques, notamment en Europe. De très bons dividendes promis très souvent. Des marges confortables. Korian caracole en tête.
     Un nouveau business est né et se développe. Des Ehpad privés, parfois de luxe, où les services ne sont pas meilleurs qu'ailleurs, dans le secteur public ou semi-public. L'épisode passée de la crise que nous vivons a montré il y a quelques mois dans quelle situation d'abandon beaucoup se sont retrouvés du point de vue sanitaire et humain.
      Une nouvelle poule aux oeufs d'or se développe, sans que l'Etat, malgré ses aides, ne s'oppose. Au contraire, il a laissé la finance investir ce nouveau terrain prometteur..
                                    Il a fallu attendre début avril pour que les résidents décédés commencent à être comptabilisés comme victimes du coronavirus et il a fallu du temps pour que le personnel des Ehpads soient préparés et équipés ne serait-ce que de simples masques. Une imprévoyance? Non, une faute .  Certains avaient anticipé une hécatombe possible. Elle n'a pas eu lieu, mais avec le bilan provisoire, très lourd, on peut estimer que les victimes représentent une moitié des touchés mortellement par le virus fatal.

             "...Il faudra plusieurs mois, peut-être des années, pour que les experts établissent avec précision le vrai bilan du Covid-19. En attendant, le comptage quotidien de Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, n'est qu'une estimation assez grossière, particulièrement en ce qui concerne les chiffres des Ehpad. « C'est forcément plus. Ne serait-ce que parce que la plateforme de comptage mise en place par le gouvernement fin mars ne repose que sur les signalements des établissements », constate Nathalie Maubourguet, présidente de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad. Ce médecin a interrogé ses confrères. Aucun d'entre eux n'a lui-même effectué de signalements, laissés à la charge des directeurs, pas toujours pressés, selon elle, de « singulariser » ainsi leur site… Autre indice de la sous-estimation : ces témoignages de salariés des pompes funèbres, qui voient pulluler, ces dernières semaines, des certificats de décès comportant la seule mention de « détresse respiratoire », sans la case Covid. « On nous a remonté de nombreux cas », affirme Claudette Brialix, présidente de la Fédération nationale des associations et amis des personnes âgées et de leurs familles (Fnapaef)....."
   Déjà, nos anciens relevaient de soins et de traitements pas toujours exemplaires, vu le manque de moyens, surtout en personnel, et donc le temps à leur consacrer était notoirement insuffisant, pour ne parler que des seuls soins.. La gestion de certains établissements, avec des aides d'Etat,  étaient surtout commandée par la loi du profit.  
    Un juteux marché pour des groupes privés, profitant de la manne commune et parfois d'astronomiques loyers, que beaucoup de famille ne peuvent assurer. Malgré les moyens, ils n'ont pas été traités là mieux qu'ailleurs.
    La "gestion" des aînés n'a pas été exemplaire, c'est le moins qu'on puisse dire. Surtout en cette période dangereuse où les précautions auraient dû être redoublées. Certains médecins avaient bien anticipé le désastre potentiel.
    Le marché de l'or gris a produit des dérives, malgré les progrès sur la prise en charge des plus dépendants.    
 Les actionnaires n'ont sans doute aucune idée de ce que leur gain a pu produire indirectement comme désastre humain. La crise sanitaire a agi comme un révélateur. Il y a vieillir et vieillir....
             __
_Depuis la création de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et de la Journée nationale de solidarité (lundi de Pentecôte) après la ­canicule de 2003, l’argent ne manque pas. Les maisons de retraite se partagent 8,2 milliards d’euros. Une somme qui profite également aux établissements privés, financés par de l’argent public à hauteur de 3,9 milliards d’euros. L’Etat, lui, semble avoir le plus grand mal à contrôler ce qui se passe derrière ces murs. Là où nous conduit cet excellent documentaire, hélas diffusé tardivement, en deuxième partie de soirée.   [Maisons de retraite : les secrets d’un gros business, de Xavier Deleu (Fr., 2017, 70 min)]         ____________________________________

dimanche 15 février 2026

Courir

       Cela devient problématique

              Même marcher...

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Petit billet du dimanche

__ Persistances

__ Rétropédalage

__ Relay, relai

__ Bassesses

__ Inquiétant

__ Compromettant

__ Fréquentations

__ Culte du moi

__ Transhumanisme

__ Idéologies et fractures

__ Mobilisation 2.0

__ Russie affaiblie

__ Contrôle israëlien

__ Echos trumpiens

__ Solitude ambiguë

  __ L'ami marocain  >>                                             

__ Rififi dans l'Eglise

__ Crise cubaine

__ Opaques cryptomonnaies

__ Italie devenue toxique?

__ Africains en Ukraine

__ Orban aux abois

__ Lenteur russe

__ Du sable à l'arbre

__ Comme les Aztèques?

                     ___________   Guerre énergétique   _______                             

samedi 14 février 2026

Sacré Montaigne!

 Petite leçon de modestie...                                                                                                                                                     Au plus élevé trône du monde, nous ne sommes assis que dessus notre cul.


    _  Un ami indispensable...

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Sordide affaire

Mais révélatrice

      Comme à la fin de l'empire romain? suggèrent certains...C'est bien différent, malgré certaines analogies morales possibles. Mais c'est bien plus qu'une affaire morale, c'est un sommet de turpitudes et de corruptions; où des pratiques dissolues interfèrent avec des corruptions de grande ampleur au coeur d'un système financier dérégulé.. Une prédation mondialisée. Un scénario pour les théories du complot qui s'emballent. Un miroir d'un certain élite corrompue, offshore. Autour du comprometteur universel. Du beau monde...  Selon Mediapart, " ...  Les « Epstein Files » apportent un éclairage supplémentaire. Ils montrent au jour le jour le fonctionnement de cette grande machinerie d’évasion fiscale mise au point pour les riches, où se rencontrent gestionnaires, banquiers, avocats et grandes fortunes. Malgré des honoraires dépassant parfois les 8 500 dollars l’heure, les clients préfèrent payer des fortunes – le total doit dépasser parfois plus que ce que leur demande le fisc – à ces intermédiaires privés plutôt que de s’acquitter des impôts dus. Ainsi, Ariane de Rothschild, dirigeante de la société Edmond de Rothschild, a accepté, outre les commissions versées à d’autres conseils, de payer 25 millions de dollars à Jeffrey Epstein pour lui éviter les pénalités des autorités fiscales états-uniennes..."

__ L'"affaire"...__]

          Le Wall Street journal, journal de référence du monde financier, ne se trompe pas sur les dangers du moment. « Pour ceux qui se trouvent en dehors du cercle restreint des puissants – les milléniaux antiboomers, la génération Z, les sous-payés et les personnes lésées –, les révélations concernant Epstein confirment une histoire sordide qu’ils soupçonnaient depuis longtemps. Les voilà, les riches et les puissants, certains exprimant leur sympathie pour un criminel parmi eux, souvent pour protéger les leurs », écrit Pamela Paul, une des chroniqueuses du journal, le 6 février.  En quelques jours, l’affaire Epstein a changé de dimension. Ce n’est plus seulement un vaste scandale de pédocriminalité, d’agressions et de sévices sexuels impliquant milliardaires, têtes couronnées et puissant·es. La mise au jour des millions de documents, échanges privés, courriels, photos, vidéos concernant pratiquement l’ensemble de ce monde globalisé, où se mêlent financiers, politiques, géants du numérique, vieilles familles de l’establishment, universitaires, conseillers de tous ordres, vedettes, figures médiatiques, agit comme une bombe à fragmentation. Elle tend le miroir hideux et glaç[évélateur d'une corruption devenue une pratique trop courante au plus haut niveau, où la délinquance s'joute au pouvoir parfois sans contrôle, révélateur de les dérives d' institutions démocratiques, cédant à des formes d'enrichissement sans contrôle.                                                                                                                    "...Ces exemples dessinent des complaisances individuelles. A l’éthique qui imposait de rompre avec un homme fiché comme délinquant sexuel, ces personnalités ont privilégié leurs intérêts particuliers. Elles ont choisi de ne pas se priver du capital social et économique de Jeffrey Epstein, dont l’amitié devait se révéler bénéfique pour leurs affaires, leurs finances personnelles, leur carnet d’adresses. Remplies d’un sentiment d’impunité, elles ont préféré faire vivre un réseau d’influence, dont elles étaient des rouages et des catalyseurs.  En l’espace de quelques jours, un nombre impressionnant de ces veuleries individuelles a été mis en lumière. Que dit cette somme d’errements particuliers ? Elle traduit une réalité peu glorieuse pour certains membres des cercles de pouvoir : une indifférence profonde à la question de la criminalité sexuelle, sans doute jugée mineure par rapport à d’autres formes de délinquance. Ce désintérêt revêt diverses formes. Certains avancent l’argument de la « vie privée », pour plaider la sincérité de leur aveuglement, comme Jack Lang l’a fait auprès de la presse. La lecture des écrits de Jeffrey Epstein est aussi pleine d’enseignements. On y voit des personnalités éminentes, prises dans les phares du mouvement #MeToo, s’enquérir auprès du financier américain de la meilleure façon de se défendre. Ainsi en va-t-il du grand physicien Lawrence Krauss en 2018, entre deux saillies antiféministes et misogynes. Intellectuel radical, Noam Chomsky plaint Esptein – en 2019 – pour la façon dont la presse s’est mise à présenter son ami et déplore une époque où « questionner une accusation est un crime pire que le meurtre ». D’autres, tel l’ancien secrétaire américain au Trésor  Larry Summers, en 2019, lui demandent des astuces en séduction...."    

                 Regarder dans la bonne direction ...: (Réseau citoyen Jean Moulin)     "Voilà ce qui me retourne l’estomac dans la salve de documents liée à l’affaire Epstein : pendant qu’on nous sert en boucle les boucs émissaires faciles ("le chômeur assisté", "le jeune de quartier", "le syndicat qui bloque", "l’artiste subventionné", "le petit fonctionnaire planqué", "la RTBF trop à gauche"), une petite caste d’ultra-puissants continue de vivre au-dessus des lois. De quoi éprouver un profond dégoût. Et là, on ne parle pas d’"un" scandale people. On parle de crimes sexuels systémiques. De femmes brisées. D’enfants détruits. On a maintenant tous les détails les plus sordides sur Little Saint James... Des plaintes et actes de justice décrivent une mécanique de traite et d’abus : des jeunes femmes, parfois mineures, recrutées, attirées, transportées jusqu’à l’île par bateau ou hélicoptère, puis soumises à des violences sexuelles et à une emprise organisée. Des documents évoquent la confiscation de papiers, la peur, le contrôle des déplacements, et même la tentative d’une adolescente de fuir à la nage avant d’être rattrapée. C’est, selon ces procédures, un lieu où l’isolement géographique servait d’arme : éloigner, enfermer, réduire au silence. Je veux rester rigoureux : citer un nom dans un document n’est pas une preuve de crime. Je ne participerai pas au concours de rumeurs, à l’amalgame. Mais précisément : ce qui glace, ce n’est pas seulement le pédocriminel milliardaire, Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019. C’est tout le système autour ! Le réseau. Cette densité de connexions entre argent, politique, influence. Et là, un nom saute aux yeux : Trump est mentionné au moins 1 500 fois ! De nouveau, ce n’est pas une condamnation. C’est un signal. Un symptôme de proximité sociale, de gravitation, de monde commun. Et c’est ici que l’hypocrisie devient insupportable. Parce que l’internationale national-populiste se vend partout comme une croisade "anti-élite". Mon œil ! Le populisme de plateau s’excite contre les migrants et les syndicats, pendant que les hommes de pouvoir (ultra-riches, ultra-puissants, ultra-connectés) circulent dans précisément les mêmes salons, les mêmes carnets d’adresses, les mêmes zones grises. Alors oui, le "vrai problème", ce n’est pas la famille afghane qui cherche un toit, ni l’enseignante épuisée qui tient une classe. Le vrai problème, c’est cette oligarchie de l’entre-soi : celle où l’argent achète le silence, où la notoriété sert de bouclier, où la justice arrive trop tard. La lucidité, c’est comprendre que ce n’est pas une "affaire de monstres isolés". C’est un mécanisme de domination : la concentration de richesse fabrique des zones hors-droit, et ces zones hors-droit finissent par contaminer la démocratie. La question n’est pas de chercher un frisson de scandale. La question est : quels contre-pouvoirs sont assez solides pour empêcher que l’argent et l’influence deviennent une licence de tout faire, y compris d’odieux crimes sexuels ? La suite, si on est sérieux, n’est pas le voyeurisme. C’est une justice qui ne tremble pas : des unités spécialisées, des procureurs formés aux violences sexuelles, et la fin des pièges qui protègent les puissants (transactions opaques, accords de confidentialité utilisés comme bâillons, arrangements privés qui effacent les crimes). On nous demande toujours de détourner le regard pour taper en bas sur les plus faibles. Faut refuser. Le vrai courage politique, aujourd’hui, c’est d’oser regarder en haut. " ___________L'ange déchu

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vendredi 13 février 2026

Complotisme au carré

    Un mythe à la peau dure 

             Scénarios et rumeurs

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Le début du commencement de la fin?...

 Un déclin en route?

              Les mauvaises nouvelles semblent s'accumuler depuis peu à la Maison Blanche. Certains Républicains s'inquiètent sérieusement. Jusqu'au Texas, où la défaite et cuisante.   Une note d'espoir...                                                                Mais Trump a quelques astuces machiavéliques et l'imprévisibililé est  sa marque de fabrique, au hasard de ses intérêts à court terme  et de son inégalable narcissisme. . Sans foi ni loi. On se souvient encore de l'assaut du Capitole...         Prudence e vigilance...


                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   C'est un enchaînement catastrophique pour les républicains. Pas seulement aux USA . Le fatalisme doit être brisé! Le processus de fascisation en cours n'est pas inéluctable.

"... Depuis un an plus d'une vingtaine d'élections perdues aux États-Unis par les républicains (dernière en date Lousiane) ! On appelle ça la bas la vague bleue. Mais ce n'est pas tout. Comme s'il s'agissait d'une contagion politique, dans le monde, que ce soit au Canada en Hollande et maintenant au Portugal, des candidats relevant de la mouvance d'extrême droite ont perdu sèchement des élections démocratiques
Toute proximité avec Trump semble de plus en plus toxique face à des urnes .
On dirait que les démocraties se défendent et ne veulent pas mourir sous les coups de la brutalité populiste !
Pourvu que cette règle qui se développe actuellement élection après élection tout autour du globe, touche bientôt la France et s'y confirme.
PS Et cette vague bleue qui monte toujours plus haut fait craindre que Trump décide maintenant de truquer les midterms... " ___________________________

jeudi 12 février 2026

Marche ou crève...

 Les effets de la sédentarité

            Alimentation irrationnelle et usage immodéré des portables

                                      On s'en doutait

Il serait temps de se bouger!        Sinon...       __________________________________

Varia

 __ Dépendance

__ Bagatelle

__ Bore out

__ Starlink

__ En progression

__ Défi iranien 

__ Course folle

__ Plan cybersécurité

__ Estonie et Ukraine

__ Ukraine: hiver noir

__ Sauver la face?

__ Le vrai Marat

__ Argot d'aujourd'hui

__ Contrôle électoral

__ Livre: contrôle politique?

__ USA: presse en péril                               

__ Des bébés ou des robots?

__ Stratégie israëlienne

__ Do you speak algospeak?

__ Pour un capitalisme différent

                              _______________ Revue de presse  __________

mercredi 11 février 2026

Duplomb...dans l'aile

Qu'attendre de la nouvelle loi?

             Une régression. Le doute rationnel n'est plus un rempart. Les lobbies veillent...

                       Les risques, bien réels, son déniés.  Aux USA: la déréglementation devient totale. Ecologie en berne.


_ Des alternatives sont possibles _

                                      Aux dépends des agriculteurs eux-mêmes.


                                  " ...Voulons-nous d’un “printemps silencieux” ? C’est la question que devraient se poser ce mercredi tous les parlementaires, alors que se tient à l’Assemblée un débat sur la “loi Duplomb”. Ce texte, qui prévoyait notamment la réintroduction de certains néonicotinoïdes, a été adopté mais censuré par le Conseil constitutionnel.
                2 131 368 ! C’est le nombre de Français qui ont signé la pétition lancée l’été dernier contre la “loi Duplomb”, qui prévoyait la réintroduction de pesticides nocifs pour les insectes pollinisateurs. Le succès de cette initiative populaire a rendu possible le débat qui s’est tenu aujourd’hui au Parlement. Il devait notamment avoir pour objectif d’évaluer les enjeux du principe de précaution et les moyens de protéger les agriculteurs contre la concurrence étrangère… tout en restant seulement informatif. La loi destinée à “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” a en effet déjà été adoptée – et la réintroduction de ces pesticides censurée par le Conseil constitutionnel, considérant que le législateur doit “veiller à ce que les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne compromettent pas la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins”. Cette décision fait directement écho à l’impératif du philosophe Hans Jonas, formulé en 1979 dans Le Principe responsabilité : “Agis de telle sorte que tes actions soient compatibles avec la permanence d’une vie authhentiquement humaine sur la Terre” !



      "Le sénateur Duplomb a cependant de l’aplomb… Il a déposé en février une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’usage de deux de ces pesticides. L’élu joue non seulement des incertitudes scientifiques qui entoureraient leurs effets – à la manière des “marchands de doute” dont parle l’historienne des sciences Naomi Oreskes –, mais il réactive aussi une fausse opposition entre l’économie et l’écologie. Or, ce que montrent les études scientifiques, ce sont plutôt les effets délétères de l’usage de ces pesticides pour l’économie elle-même. Le biologiste Marc-André Selosse, dans un bref essai qui vient tout juste de paraître De la biodiversité comme un humanisme (Libelle-Seuil), rappelle d’abord que les maladies liées à la pollution de l’environnement coûtent cher à la communauté. Mais “la perturbation de la fonction de pollinisation par les insectes affecte aussi la rentabilité […]. D’ores et déjà, selon les estimations, de 28 à 61 % des écosystèmes agricoles manquent de pollinisateurs, et cela limite la production, surtout pour les myrtilles, le café et les pommes. Le manque à gagner annuel est estimé, selon l’IPBES [Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques], entre 230 et 580 milliards d’euros par an”. Le problème n’est donc pas que de santé publique, il est aussi économique. Et philosophique ? "... (Philosophie magazine)            ______________________________

Libéralisation à tout va

     Le New Public Management est passé par là...

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Cisjordanie. Et après?

     Etouffement, destructions, maillage et encerclement

                                                            Après l'anéantissement de Gaza, qui en parle?  Le projet du "Grand Israël" suit son cours. A bas bruit aujourd'hui, mais selon une logique qui n'a pas varié. La colonisation par la construction, l'implantation, n'est pas nouvelle, mais s'intensifie, depuis la guerre des six jours.« Nous construirons l’Etat juif ici, sur le terrain »déclarait ainsi, le 30 mai,  le ministre de la défense, Israel Katz, en saluant la création de nouvelles colonies..  Dans un quasi silence médiatique et diplomatique. A Hébron et ailleurs, on détruit, on construit. Jeunes en têteRapidement. 


           Dans les faitsla Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, est déjà annexée. Sur les cartes officielles israéliennes, la ligne verte qui sépare ce territoire palestinien de celui d’Israël n’est pas tracée ; elle n’existe pas davantage dans l’esprit de nombre d’Israélien·nes. Chaque matin, aux checkpoints, de longues files de voitures israéliennes passent d’ailleurs de la Cisjordanie à Israël avec la même facilité que des automobilistes franchissant un péage sur une autoroute française. Tout un réseau de lignes de bus maille le territoire de la mer Méditerranée au Jourdain, reliant les colonies aux grandes villes israéliennes.    Les colons « jouissent des mêmes droits et avantages que les Israéliens vivant à l’intérieur d’Israël », rappelait d’ailleurs un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié le 7 janvier, et qui met en évidence les discriminations entre Palestiniens et colons juifs en Cisjordanie – y compris à Jérusalem-Est. L’armée israélienne d’occupation mène des incursions quotidiennes dans les villes en zones A et B, censées être sous juridiction administrative de l’Autorité palestinienne, selon les accords d’Oslo. Israël a déjà le plein contrôle sécuritaire et administratif de la zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie et où se trouve l’immense majorité des colonies.                                       «Enterrer l’idée d’un État palestinien». C'est avec ces mots que le ministre fasciste israélien Bezalel Smotrich a salué les nouvelles règles validées par Israël le 8 février. Il a même ajouté : «Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d’Israël». Le ministre de la Défense Israël Katz parle quant à lui d'un intérêt «sécuritaire, national et sioniste de premier ordre». Ce dimanche, le gouvernement d'extrême droite israélien a annoncé une série de «mesures techniques» pour faciliter et amplifier l'implantation de nouvelles colonies sur les territoires palestiniens. Maintenant que Gaza a été totalement anéantie et annexée de facto – puis qu'Israël a déjà imposé de nouvelles frontières, la «ligne jaune», réduisant d'un tiers la surface de Gaza, et s'apprête à prendre le contrôle sur le reste de ce territoire avec le soutien de Trump – il s'agit de voler les dernières terres de Cisjordanie pour liquider ce qu'il reste de la Palestine. Ainsi, ces règles vont renforcer le contrôle militaire, administratif et civil d'Israël sur les territoires occupés de façon illégale depuis 1967. Concrètement, il s'agit de faciliter l'achat de nouvelles terres par les juifs Israéliens : «Les Juifs vont pouvoir acheter en Judée-Samarie [le nom religieux donné à la Cisjordanie par les sionistes] comme à Tel-Aviv ou Jérusalem». Le mouvement des colons, massivement financé par des réseaux internationaux et épaulé par l'armée israélienne, vont utiliser l'immobilier comme une arme coloniale. Le gouvernement liquide également ce qu'il restait des accords d'Oslo de 1993, un texte qui partageait la Cisjordanie en trois zones. La zone A devait rester sous contrôle total de l'autorité palestinienne, la B dans laquelle Israël pouvait intervenir seulement en matière «sécuritaire», et la C sous contrôle israélien. Les nouvelles mesures permettent à l’État colonial d'intervenir partout «dans les domaines de l’archéologie et de l’environnement». Un prétexte cynique : par le passé, des soi-disant «recherches archéologiques» ont permis à Israël de détruire des villages et des maisons palestiniennes officiellement pour réaliser des fouilles, mais pour ensuite les annexer. Il en va de même pour l'écologie : d'un côté, Israël dévaste les champs d'oliviers et les ressources des palestinien·nes, de l'autre, elle utilise l'agriculture et la plantation de nouveaux arbres pour prendre des terres qui ne lui appartiennent pas. Dans la ville d'Hébron, Israël retire à la municipalité ses responsabilités en matière d’urbanisme, afin de développer les colonies situées dans la ville et de pouvoir modifier un site sacré pour les musulman·nes. ___ Le 7 octobre 2023 n'était qu'un prétexte pour organiser la phase finale du nettoyage ethnique de la Palestine. La Cisjordanie n'a aucun lien avec les attaques, et elle subit pourtant une colonisation accélérée et une politique de terreur imposée par Israël. Depuis 2023, des milliers d’hectares de terres palestiniennes ont été volées par les colons, et de véritables pogroms racistes sont organisés régulièrement contre des villages palestiniens. Plus d'un millier de Palestinien·nes ont été tué·es par l’armée et les colons depuis octobre 2023, les arrestations se comptent par dizaines de milliers, des destructions de routes et d'infrastructures sont menées partout par l'armée coloniale, des actes de torture ont lieu dans les prisons.Tout est fait pour rendre chaque parcelle de terre palestinienne restante invivable.

En août dernier Smotrich déclarait déjà : «Nous allons enterrer l’État palestinien, les européens n’auront plus rien à reconnaître», et validait du même coup la construction de 3400 logements israéliens dans une zone de Jérusalem peuplée de palestinien·nes. La «reconnaissance» de la Palestine par les dirigeants français et anglais en septembre dernier est effectivement sans effet, puisqu'il ne restera bientôt plus de territoire palestinien. La seule solution est donc un seul État, décolonisé et multiconfessionnel, avec une égalité des droits pour tou·tes les habitant·es."
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mardi 10 février 2026

L'entremetteur universel

 Au delà du complot

Epstein : l'entremetteur universel ? _____________ Si cette "affaire" nous sidère, c'est parce qu'elle place ce personnage sinistre au cœur de plusieurs nœuds de l'histoire récente (le poutino-trumpisme, notamment, mais pas seulement). Un effet Zelig, en quelque sorte. Mais je pense qu'elle révèle surtout la sociologie des élites d'aujourd'hui, qu'a décrite Christopher Lasch dans "La Révolte des élites". "L'entremetteur universel", c'est d'ailleurs la manière dont Marx désignait l'argent.


[Mon édito sur Philosophie magazine, en accès libre (lien en premier commentaire). ]
"Vous vous souvenez de Zelig ? Dans ce faux film d’époque, Woody Allen introduit un modeste personnage dans les lieux les plus improbables. On le voit à côté de Hitler, en compagnie du pape, dans des cercles psychanalytiques, des matchs de base-ball et des soirées huppées. Cet inconnu participe secrètement aux plus grands événements historiques de son temps. Jeffrey Epstein est le Zelig de notre époque. Tiens, il connaissait bien Woody Allen.
­ Mais Epstein fait plus fort que Zelig. A-t-il été mêlé à la crise des subprimes en 2008 ? Des documents montrent son rôle possible dans l’effondrement de la banque Bear Stearns, premier acte de la catastrophe financière. A-t-il joué un rôle dans la désagrégation de la monarchie britannique ? Il offrait des services sexuels au prince Andrew. A-t-il participé au financement du Rassemblement national ? Steve Bannon comptait sur lui pour venir au secours de partis de droite populiste en Europe. Était-il une pièce centrale de l’influence des services secrets russes sur Donald Trump ? Lisez l’enquête de l’historienne Françoise Thom détaillant les multiples liens entre Epstein et la Russie. Les vidéos des ébats qui avaient lieu sur son île atterrissaient-elles dans des bureaux russes pour alimenter la plus grande opération de kompromat de l’histoire ? Travaillait-il aussi pour le Mossad israélien ? Cela ne l’empêchait pas de discuter de grammaire (dé)générative avec Noam Chomsky, de tutoyer les têtes couronnées et les géants de la “tech”, de faire de la philanthropie, de participer à des colloques et de gloser sur la gravitation universelle ou les limites de la mathématisation du réel.
Avec l’affaire Epstein la réalité dépasse le complot. Le réel est dévoré par le mythe. Sous les traits d’une figure démoniaque, comme le dit si bien la chanson des Rolling Stones, il participe à tous les plus atroces événements de son temps. D’ailleurs, quand Steve Bannon lui demande s’il est le diable en personne, il feint l’innocence et interrompt l’entretien. ____ Il revient aux enquêtes journalistiques et à la justice de faire la part des choses et de dissiper la sidération qui a gagné les esprits. Car les révélations autour d’Epstein, qui font tomber les têtes dans le monde entier, pourraient nous faire croire que nous n’avons rien compris à l’Histoire. Celle-ci ne serait pas guidée par l’action des peuples et des grands hommes. Elle ne serait pas non plus le fruit de forces sociales et économiques. Non, elle serait le jouet de machinations liant malversations financières, corruption des élites de tous champs et de tous bords, et violence sexuelle sur les plus faibles. Ce qui passait jusqu’à présent pour un délire de complotistes – un assassinat maquillé en suicide, et puis quoi encore ! – prend une vigueur inattendue. Je pense qu’on n’en mesure pas encore les conséquences. Si l’affaire Epstein ébranle Donald Trump, elle conforte le trumpisme. Si la publication des dossiers est une victoire de la transparence, elle risque de faire passer la démocratie pour un jeu de dupes contrôlé par des groupes de pervers. Et pour les pays du Sud ou de l’Est, elle est le dernier clou sur le cercueil de l’Occident décadent. ____ Mais ce retour inopiné de la théologie dans l’histoire occulte à mon avis la question principale, philosophique et sociologique. Marx appelait l’argent “l’entremetteur universel” (Manuscrits de 1844), qui permet de convertir “le besoin en objet”, la personne en chose, se concluant en “perversion et confusion de toutes les qualités humaines et naturelles”. Epstein radicalise cette proposition car il est devenu lui-même l’entremetteur universel. Il a augmenté sa fortune et celle des autres en mettant en relation des hommes avec leurs victimes, mais aussi entre eux. Si la liste des personnes qu’il connaissait est si vertigineuse, si elle comprend des capitaines d’industrie, des politiques, des financiers, des princes, des intellectuels et des artistes, c’est parce que les affaires mondialisées reposent sur ces mises en relation. Epstein n’est pas le chaînon manquant de l’histoire contemporaine. Il est celui qui a le mieux compris le principe de l’entremise comme moteur du monde d’aujourd’hui.
_________ J’ai alors rouvert La Révolte des élites (1994) de Christopher Lasch. Analysant la mutation sociale provoquée par la mondialisation, le sociologue décrit la sécession de “ceux qui contrôlent les flux internationaux d’argent et d’informations, qui président aux fondations philanthropiques et aux institutions d’enseignement supérieur, génèrent les instruments de la production culturelle” face à la sous-humanité des classes populaires et moyennes appauvries. Cette nouvelle élite ne se définit pas, d’après lui, par l’idéologie – Epstein était aussi copain avec Trump qu’avec Chomsky, avec Jack Lang qu’avec Bannon – mais par un mode de vie, mobile et léger. Selon lui, “les nouvelles élites sociales ne se sentent chez elles qu’en transit, sur le chemin d’une conférence de haut niveau, de l’inauguration de gala d’un nouveau magasin franchisé, de l’ouverture d’un festival international de cinéma, ou d’une station touristique encore vierge”. C’était le rêve éveillé que vivait Epstein et qu’il promettait à ses contacts de partager : “une expérimentation incessante, qui dure toute leur vie”, écrit encore Lasch.
______Ce dernier voit dans cette émancipation des élites un danger pour la démocratie. Le sentiment d’appartenir à une classe hyperprivilégiée, solidaire et déliée de toute obligation morale, crée nécessairement des déséquilibres et des crises : révoltes, ploutocratie, désir d’ordre autoritaire. La conclusion de Lasch est simple : “La difficulté de limiter l’influence de la richesse suggère que la richesse elle-même demande à être limitée. Quand l’argent parle, tout le monde est condamné à écouter. Pour cette raison, une société démocratique ne peut autoriser une accumulation illimitée du capital.” Est-il trop tard pour s’en apercevoir ? " [ Michel Eltchaninoff _ Philosophie Magazine] ________________