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lundi 28 février 2022

Vers l'Etat digital?

               En route vers l'Etat plate-forme

                                   Des projets bien ficelés sont en place pour accélérer la digitalisation des services publics. L'accélération de la numération tous azimuts se met en place à la vitesse grand"V", au détriment des laissés pour compte.  Déjà des jeunes connaissent des difficultés. Ne parlons pas des anciens, de ceux qui sont le plus dans le besoin.   Le tout-numérique avance à grands pas, sous prétexte de simplification, de modernisation....                                                                

Dans la start up nation, l'Etat se dématérialise à grande vitesse.

      Tous les actes administratifs, à quelque niveau que ce soit, devront vite passer pas le numérique (*)
                    A vos ordis!

     Même les non et les faiblement connectés, ceux qui n'ont pas d'ordinateurs ou qui ne savent et ne sauront jamais s'en servir, les analphabètes du clavier, les nombreux anciens qui ne s'y mettront jamais...
      La plupart des services publics ne seront accessibles que pour les familiers du net, que pour une partie de la population, surtout aisée, cultivée, urbaine.
     Près de 60% des personnes se disent démunis face à l'utilisation de l'ordinateur pour des tâches un peu élaborées. Ne parlons pas des plus âgés.
     L'exclusion numérique n'est pas rare. L'inclusion numérique ne favorise que ceux qui sont déja outillés et formés.
    Le pass numérique ne suffira pas, surtout à l'horizon 2022. et certains technophobes ou e-résistants ne franchiront pas le pas de si tôt.
   La e-administration va vite montrer ses limites. La modernité, c'est bien beau, mais elle risque de laisser beaucoup de monde au bord de la route, pour des démarches qui ne sont pas anodines.
Et quelques clics ne suffiront pas dans des démarches complexes.
Et s'il s'agissait d'abord de faire des économies, sans autre considération que la rentabilité immédiate?
______
   (*)   "  .....Incomplets , mélangeant des types de démarches à exécuter très hétérogènes (consultation, télédéclaration, ouverture de compte, information), ces recensements laissent en particulier dans l’ombre deux éléments pourtant majeurs du processus de dématérialisation engagé.
    D’une part, ne sont pas précisés pas quels « services » ne sont aujourd’hui accessibles qu’en ligne : demandes de bourses étudiantes, Prime d’activité, demande de logement social, inscription à pôle emploi, la liste serait longue des démarches qui ont basculé dans le « tout numérique », n’offrant aucune autre alternative aux administrés. Selon la typologie d’Albert Hirschman (1970), il n’y a ici pas de possibilité d’exit  : le rapport à l’offre doit nécessairement se faire par l’intermédiaire d’une interface numérique. Le Défenseur des droits a formulé plusieurs avis [5](2016) enjoignant aux services publics et administrations de proposer une offre de contact alternative au numérique, restée à ce jour lettre morte.
      D’autre part, ces tableaux ne rendent pas compte de la dématérialisation de la relation administrative, au-delà des procédures de demande de droit ou d’accès à des formulaires administratifs. Une part grandissante des échanges se déroule aujourd’hui par voie électronique (mail, sms, boîte de dialogue/ chat box), et on assiste à une généralisation de la prise de rendez-vous physique par internet (préfecture [6]CAF, Pôle emploi, etc.) couplée à l’impossibilité d’avoir un contact physique avec un agent pour les premiers contacts, les inscriptions, les démarches d’entame des procédures. De plus en plus, les usagers se voient orientés vers une interface en ligne pour prendre attache avec les administrations, ou obtenir des informations ou explications. Incidemment, la relation administrative devient ainsi majoritairement numérique, le contact « humain » (téléphonique ou physique en face à face) constituant une voie seconde et complémentaire des démarches en ligne. Ce virage de la dématérialisation de la relation apparaît d’autant plus fort qu’il s’est fait concomitamment à une réduction des accueils physiques et des autres modes de contact, renforçant la perception d’une déshumanisation du contact avec les administrations....

    En l’état actuel, l’obligation administrative à se connecter demeure très inégale entre les individus : une personne bénéficiaire de droits sociaux soumis à déclaration de ressources trimestrialisées a mécaniquement davantage l’obligation de se connecter qu’une personne ne percevant pas de prestations sociales. La connectivité étant socialement distribuée, l’on assiste ainsi à une double peine (Credoc 2016) : les individus les plus précaires, aussi bien économiquement que sur le plan de l’isolement social (Défenseur des Droits 2017) sont moins connectés alors que, dépendants davantage de droits et prestations sociales, ils ont davantage l’obligation de le faire.
     Davantage que d’exclusion numérique, qui renverrait à un manque de compétences d’individus qui ne seraient pas à l’aise avec le numérique, cette inégale exposition à l’obligation de connexion conduit à parler d’exclusion par le numérique : ce sont prioritairement les normes implicites de la dématérialisation qui rendent ici les usagers incapables de demander leurs droits...."

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mardi 27 décembre 2022

Vers l'Etat digital

     En route vers l'Etat plate-forme(Bis repetita)

                                   Des projets bien ficelés sont en place pour accélérer la digitalisation des services publics. L'accélération de la numération tous azimuts se met en place à la vitesse grand"V", au détriment des laissés pour compte.  Déjà des jeunes connaissent des difficultés. Ne parlons pas des anciens, de ceux qui sont le plus dans le besoin.   Le tout-numérique avance à grands pas, sous prétexte de simplification, de modernisation....                                                                

Dans la start up nation, l'Etat se dématérialise à grande vitesse.

      Tous les actes administratifs, à quelque niveau que ce soit, devront vite passer pas le numérique (*)
                    A vos ordis!

     Même les non et les faiblement connectés, ceux qui n'ont pas d'ordinateurs ou qui ne savent et ne sauront jamais s'en servir, les analphabètes du clavier, les nombreux anciens qui ne s'y mettront jamais...
      La plupart des services publics ne seront accessibles que pour les familiers du net, que pour une partie de la population, surtout aisée, cultivée, urbaine.
     Près de 60% des personnes se disent démunis face à l'utilisation de l'ordinateur pour des tâches un peu élaborées. Ne parlons pas des plus âgés.
     L'exclusion numérique n'est pas rare. L'inclusion numérique ne favorise que ceux qui sont déja outillés et formés.
    Le pass numérique ne suffira pas, surtout à l'horizon 2022. et certains technophobes ou e-résistants ne franchiront pas le pas de si tôt.
   La e-administration va vite montrer ses limites. La modernité, c'est bien beau, mais elle risque de laisser beaucoup de monde au bord de la route, pour des démarches qui ne sont pas anodines.
Et quelques clics ne suffiront pas dans des démarches complexes.
Et s'il s'agissait d'abord de faire des économies, sans autre considération que la rentabilité immédiate?
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   (*)   "  .....Incomplets , mélangeant des types de démarches à exécuter très hétérogènes (consultation, télédéclaration, ouverture de compte, information), ces recensements laissent en particulier dans l’ombre deux éléments pourtant majeurs du processus de dématérialisation engagé.
    D’une part, ne sont pas précisés pas quels « services » ne sont aujourd’hui accessibles qu’en ligne : demandes de bourses étudiantes, Prime d’activité, demande de logement social, inscription à pôle emploi, la liste serait longue des démarches qui ont basculé dans le « tout numérique », n’offrant aucune autre alternative aux administrés. Selon la typologie d’Albert Hirschman (1970), il n’y a ici pas de possibilité d’exit  : le rapport à l’offre doit nécessairement se faire par l’intermédiaire d’une interface numérique. Le Défenseur des droits a formulé plusieurs avis [5](2016) enjoignant aux services publics et administrations de proposer une offre de contact alternative au numérique, restée à ce jour lettre morte.
      D’autre part, ces tableaux ne rendent pas compte de la dématérialisation de la relation administrative, au-delà des procédures de demande de droit ou d’accès à des formulaires administratifs. Une part grandissante des échanges se déroule aujourd’hui par voie électronique (mail, sms, boîte de dialogue/ chat box), et on assiste à une généralisation de la prise de rendez-vous physique par internet (préfecture [6]CAF, Pôle emploi, etc.) couplée à l’impossibilité d’avoir un contact physique avec un agent pour les premiers contacts, les inscriptions, les démarches d’entame des procédures. De plus en plus, les usagers se voient orientés vers une interface en ligne pour prendre attache avec les administrations, ou obtenir des informations ou explications. Incidemment, la relation administrative devient ainsi majoritairement numérique, le contact « humain » (téléphonique ou physique en face à face) constituant une voie seconde et complémentaire des démarches en ligne. Ce virage de la dématérialisation de la relation apparaît d’autant plus fort qu’il s’est fait concomitamment à une réduction des accueils physiques et des autres modes de contact, renforçant la perception d’une déshumanisation du contact avec les administrations....

    En l’état actuel, l’obligation administrative à se connecter demeure très inégale entre les individus : une personne bénéficiaire de droits sociaux soumis à déclaration de ressources trimestrialisées a mécaniquement davantage l’obligation de se connecter qu’une personne ne percevant pas de prestations sociales. La connectivité étant socialement distribuée, l’on assiste ainsi à une double peine (Credoc 2016) : les individus les plus précaires, aussi bien économiquement que sur le plan de l’isolement social (Défenseur des Droits 2017) sont moins connectés alors que, dépendants davantage de droits et prestations sociales, ils ont davantage l’obligation de le faire.
     Davantage que d’exclusion numérique, qui renverrait à un manque de compétences d’individus qui ne seraient pas à l’aise avec le numérique, cette inégale exposition à l’obligation de connexion conduit à parler d’exclusion par le numérique : ce sont prioritairement les normes implicites de la dématérialisation qui rendent ici les usagers incapables de demander leurs droits...."

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mardi 26 mars 2024

Vers l'Etat digital?

 


              En route vers l'Etat plate-forme

                                   Des projets bien ficelés sont en place pour accélérer la digitalisation des services publics. L'accélération de la numération tous azimuts se met en place à la vitesse grand"V", au détriment des laissés pour compte.  Déjà des jeunes connaissent des difficultés. Ne parlons pas des anciens, de ceux qui sont le plus dans le besoin.   Le tout-numérique avance à grands pas, sous prétexte de simplification, de modernisation....                                                                

Dans la start up nation, l'Etat se dématérialise à grande vitesse.

      Tous les actes administratifs, à quelque niveau que ce soit, devront vite passer pas le numérique (*)
                    A vos ordis!

     Même les non et les faiblement connectés, ceux qui n'ont pas d'ordinateurs ou qui ne savent et ne sauront jamais s'en servir, les analphabètes du clavier, les nombreux anciens qui ne s'y mettront jamais...
      La plupart des services publics ne seront accessibles que pour les familiers du net, que pour une partie de la population, surtout aisée, cultivée, urbaine.
     Près de 60% des personnes se disent démunis face à l'utilisation de l'ordinateur pour des tâches un peu élaborées. Ne parlons pas des plus âgés.
     L'exclusion numérique n'est pas rare. L'inclusion numérique ne favorise que ceux qui sont déja outillés et formés.
    Le pass numérique ne suffira pas, surtout à l'horizon 2022. et certains technophobes ou e-résistants ne franchiront pas le pas de si tôt.
   La e-administration va vite montrer ses limites. La modernité, c'est bien beau, mais elle risque de laisser beaucoup de monde au bord de la route, pour des démarches qui ne sont pas anodines.
Et quelques clics ne suffiront pas dans des démarches complexes.
Et s'il s'agissait d'abord de faire des économies, sans autre considération que la rentabilité immédiate?
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   (*)   "  .....Incomplets , mélangeant des types de démarches à exécuter très hétérogènes (consultation, télédéclaration, ouverture de compte, information), ces recensements laissent en particulier dans l’ombre deux éléments pourtant majeurs du processus de dématérialisation engagé.
    D’une part, ne sont pas précisés pas quels « services » ne sont aujourd’hui accessibles qu’en ligne : demandes de bourses étudiantes, Prime d’activité, demande de logement social, inscription à pôle emploi, la liste serait longue des démarches qui ont basculé dans le « tout numérique », n’offrant aucune autre alternative aux administrés. Selon la typologie d’Albert Hirschman (1970), il n’y a ici pas de possibilité d’exit  : le rapport à l’offre doit nécessairement se faire par l’intermédiaire d’une interface numérique. Le Défenseur des droits a formulé plusieurs avis [5](2016) enjoignant aux services publics et administrations de proposer une offre de contact alternative au numérique, restée à ce jour lettre morte.
      D’autre part, ces tableaux ne rendent pas compte de la dématérialisation de la relation administrative, au-delà des procédures de demande de droit ou d’accès à des formulaires administratifs. Une part grandissante des échanges se déroule aujourd’hui par voie électronique (mail, sms, boîte de dialogue/ chat box), et on assiste à une généralisation de la prise de rendez-vous physique par internet (préfecture [6]CAF, Pôle emploi, etc.) couplée à l’impossibilité d’avoir un contact physique avec un agent pour les premiers contacts, les inscriptions, les démarches d’entame des procédures. De plus en plus, les usagers se voient orientés vers une interface en ligne pour prendre attache avec les administrations, ou obtenir des informations ou explications. Incidemment, la relation administrative devient ainsi majoritairement numérique, le contact « humain » (téléphonique ou physique en face à face) constituant une voie seconde et complémentaire des démarches en ligne. Ce virage de la dématérialisation de la relation apparaît d’autant plus fort qu’il s’est fait concomitamment à une réduction des accueils physiques et des autres modes de contact, renforçant la perception d’une déshumanisation du contact avec les administrations....

    En l’état actuel, l’obligation administrative à se connecter demeure très inégale entre les individus : une personne bénéficiaire de droits sociaux soumis à déclaration de ressources trimestrialisées a mécaniquement davantage l’obligation de se connecter qu’une personne ne percevant pas de prestations sociales. La connectivité étant socialement distribuée, l’on assiste ainsi à une double peine (Credoc 2016) : les individus les plus précaires, aussi bien économiquement que sur le plan de l’isolement social (Défenseur des Droits 2017) sont moins connectés alors que, dépendants davantage de droits et prestations sociales, ils ont davantage l’obligation de le faire.
     Davantage que d’exclusion numérique, qui renverrait à un manque de compétences d’individus qui ne seraient pas à l’aise avec le numérique, cette inégale exposition à l’obligation de connexion conduit à parler d’exclusion par le numérique : ce sont prioritairement les normes implicites de la dématérialisation qui rendent ici les usagers incapables de demander leurs droits...."

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samedi 23 mai 2026

Digitalisation sans frein

 L'Etat n'est pas une start up                                                                                                                                         Sommes-nous embarqués vers le tout- numérique? Il semble bien que oui. Du moins en France. C'est de plus en plus d'actualité, même si toutes les populations ne s'en rendent pas compte et n'en souffrent pas de la même manière. Pour les virtuoses ou du moins les habitués du clavier, tout se passe selon les "lois du progrès", quelles que soient les tâches administratives, même les plus complexes.   Pour le commun des mortels et surtout les analphabètes du clic ou les surfeurs du dimanche, c'est une autre affaire, quand il faut s'adresser à certains services publics, ne serait-ce que pour des questions des plus courantes, des démarches apparemment simplissimes. Et l'accélération est rapide, économies obligent. "Il faut vivre avec son temps", disent-ils...ou "faites-vous aider"...Qui a toujours la formation et l'aide demandée? Il y a toujours des couches de la population, sans parler des plus anciens, qui ne sont pas familiers de l'ordinateur et de ses arcanes parfois problématiques, même pour leurs impôts, et qui passent à côté de droits légitimes.                                                                                                                                        Bref, l'Etat digital accélère sa logique numérique. Non sans heurs ni conflits. Dans un processus de management qui met en souffrance des personnels et parfois en péril le fonctionnement des services publics. La déshumanisation de certains secteurs compromet le lien social et explique en partie le sentiment d'abandon de certaines catégories sociales. C'est la marche forcée vers le tout-numérique.          Une obligation incapacitante, qui ne va pas sans effets pervers....     


                                           Le constat est parfois alarmant:  "...Le numérique isole. Aujourd’hui, il faut se débrouiller sans voir personne. La banque, l’assurance, le fisc, la Sécu, les services de la ville, bientôt le médecin, le caissier, sont absents, injoignables, robotisés. Alors qu’un tiers des Français souffrent d’isolement, le service au public devient un mur contre lequel on se cogne la tête.     Le numérique dévore notre temps. Nous passons des heures à effectuer (gratuitement) ce pour quoi des employés, du public ou du privé, étaient jadis payés. Nous usons nos nerfs à trouver (ou à ne pas trouver) comment effectuer des démarches de plus en plus compliquées là où le conseiller, le guichetier, le caissier nous rendaient ce service.            C’est ainsi qu’une part croissante de Français ne font plus valoir leurs droits. 38 % des personnes éligibles ne réclament pas le RSA. Chaque année, 10 milliards d’allocations diverses restent en déshérence.  Le numérique met en danger. Il nous oblige à confier à des systèmes, généralement américains, des données personnelles qui se volent ou se contrôlent. Il nous expose à la cybercriminalité, si ingénieuse que les plus avertis se font piéger. Il nous soumet aux trolls que l’inintelligence artificielle fait proliférer. Il nous inonde de fausses nouvelles, toujours plus sophistiquées, qui altèrent nos connaissances et notre libre arbitre..."             ___________

mercredi 29 juillet 2026

Prendre RV

     Services de proximité

                 De moins en moins proches

        Services publics en question                                                                                                                                          "...« Le logiciel gouvernemental reste le même : il faut réduire la dépense publique. Alors que les besoins augmentent, qu’il faudrait investir massivement pour faire face aux dérèglements climatiques, on assiste à un définancement des services publics. À l’exception de l’intérieur, de l’armée et, dans une moindre mesure, de la justice, mais dans des proportions nettement insuffisantes, tous les budgets des services publics sont en baisse », relève Marie Pla, coporte-parole de l’association Nos services publics, qui documente depuis plusieurs années la mise à sac de nos biens communs.                                                                                     Aussi essentielle soit-elle, la sécurité civile n’a pas échappé à la règle. Vivement critiqué par toutes les oppositions pour le manque de moyens dévolus aux pompiers, le gouvernement se défend d’avoir sacrifié la sécurité de la population et des territoires.  Du côté de Renaissance, on assure que « depuis 2017, les moyens pour la sécurité civile ont été augmenté de plus de 70 % », et notamment chez l’ancien premier ministre Gabriel Attal, sur la sellette après avoir annulé, en 2024, la commande de deux canadairs, pourtant promis en 2017...Les chiffres relativisent, toutefois, l’effort de l’État. Il consacre chaque année 800 millions d’euros à la sécurité civile. C’est presque soixante fois moins que le budget de l’armée. Cela représente à peine 10 % des dépenses totales pour les services incendies et de sécurité.
Car l’essentiel est payé par les départements et les collectivités locales. Mais depuis des années, le budget stagne autour de 7 milliards d’euros. « On dépense [deux ou trois fois plus] pour nos déchets » que pour la lutte contre les incendies, constate le député La France insoumise (LFI) Damien Maudet, coauteur de deux rapports sur la sécurité civile..."
_______Vers l'Etat digital?____

lundi 3 août 2015

L'avenir en Google++

Le bonheur de l'humanité est devant nous
                                  Il passerait par la cybertechnologie
                                                 C'est ce que promet le super moteur de recherche: un avenir radieux.
L' âge d'or de l'humanité est devant nous.
     Un futur en rose pixelisé se prépare du côté de la Silicon Valley.
    Un vrai paradis high tech s'annonce.. Le domaine de l' excellence  (enfin, presque...)
      On peut être, nous dit-on, plein de confiance (avec modération)
   Google veille sur nous... La googelisation accélérée est en route, pour plus d'égalité.
 Son pouvoir, dans de multiples domaines, n'est pas un mythe.
      Là-bas se préparent les modèles et des prototypes d'un futur, à peine entrevu, qui, nous dit-on, vont libérer l'homme de ses contraintes, de ses pesanteurs, des ses conflits, voire de ...la politique, qui, pense-t-on, divise. La tutelle de l'Etat. (vieux rêve  minarchiste) s'effacera.
Ah! ce désir de vivre sans Etat, ou de la réduire à sa plus simple expression! (*)
    La pensée de l'homme augmenté, d'une sorte de surhumains à gagner, voir de l'immortalité (?) hante les cyber-pionniers de l'Ouest américains aux orojets apatrides et aux visées mondiales.Une seule cyber-planète. Le rêve de toute entreprise aux objectifs monopolistiques.
      Apple n'est pas en reste
                       Aucun domaine ne semble leur être étranger.
        Le futur que nous prépare Google fait rêver:
  "...Eric Schmidt, le PDG de Google, ne se présente pas comme dirigeant d’entreprise. Il ne parle pas business, mais révolution et vision du monde. Son avant-dernier livre, The New Digital Age, se conclut ainsi : « Notre ambition est de créer le meilleur des mondes. » Et Google ne se contente pas de paraphraser Aldous Huxley. Il se donne aussi les moyens de sa puissance. Avec, tout d’abord, une assise économique phénoménale. Un trésor de guerre de près de 60 milliards de dollars, placés bien au chaud aux Bermudes, et des ressources abyssales issues de son quasi-monopole de la publicité sur Internet avec ses régies Adword et Adsense. Mais ce n’est là qu’une partie de son activité. L’entreprise est perpétuellement dans une logique de création et de conquête. Grossir toujours. Alors Google crée et détruit à coups d’innovation technologique. Ces dernières années, l’entreprise a investi massivement dans la santé, la robotique, l’intelligence artificielle, la culture et même l’automobile…
  Dans le jargon de l’entreprise, il faut recruter les meilleurs, appelés « chevaliers » (knights), véritable puissance créatrice de Google, qui doivent avoir toute la liberté possible. Et il y a « les manants » (knaves), les médiocres, qui sont dans le ressentiment et qu’il faut écarter pour ne pas contrarier l’excellence des autres. Cela crée une structure où les employés sont tellement en compétition que l’on n’a plus besoin de management. Les patrons de Google l’ont écrit et théorisé dans leur livre How Google Works, aujourd’hui enseigné dans toutes les écoles de management, où ils expliquent que le plus important est le recrutement.
     ___ Ils s'inspirent beaucoup des libertariens américains, notamment de l’ouvrage d’Ayn Rand Atlas Shrugged. Dans ce roman philosophique, les riches, qui sont fortunés parce qu’ils sont les plus scientifiques et les plus créatifs, jamais parce qu’ils sont héritiers, en ont assez de l’État et de la solidarité et font sécession..."
         Vive donc la méritocratie et la liberté hors de la tutelle de l'Etat, voire des règles...
    Mais les Etats, naïfs ou complices, se laissent phagocyter par les pouvoirs du groupe à l'appétit dévorant, qui n'est pas qu'un banal outil algoritmique, mais travaille, avec des fonds impressionnants, sur de futurs projets sensés bouleverser la vie quotidienne. Nulle doute que certains seront appréciés, notamment dans le domaine médical. Mais, mais...
      Il n'y a pas que.la presse qui souffre.
 .Cet avenir radieux ne nous cacherait-il pas quelques chose?
Le Google power ne pourra être contré ou tempéré que par le pouvoir des Etats (unis!)
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(*)- "...« Google et de manière plus générale les grands services de l’Internet (le plus souvent californiens) sont en train de prendre, sans qu’on s’en rende compte, la place de l’État, des États, dans la gestion quotidienne de nos droits et libertés. Cette évolution quasiment invisible s’est faite avec l’assentiment tacite (parce que l’enjeu est incompris) des citoyens-internautes-clients, et avec la complicité aveugle des gouvernements qui, par manque de vision politique, ont cédé chaque jour davantage de terrain en croyant y trouver leur intérêt. 
  Si, en moins de vingt ans, une entreprise comme Google a pu prendre une place aussi gigantesque dans le cœur même des usages et des infrastructures numériques, c’est qu’elle a su maîtriser son développement sur tous les fronts.
     Internet est un espace et un réseau qui, par sa nature, a vocation à mettre en relation les uns avec les autres des ordinateurs, dans une construction non-pyramidale. L’immense nouveauté d’Internet, par opposition à la transmission « hors ligne » des informations ou au Minitel, par exemple, c’est cette organisation décentralisée, « neutre » techniquement, où il suffit de se brancher pour avoir accès à tout le réseau. C’est ainsi qu’Internet a pu tisser ce qu’on a rapidement appelé, dans le monde entier (ou presque), une « Toile ». Forcément, c’était un peu déstabilisant. Et quiconque se projette dans l’Internet pré-Google se souvient de l’importance absolument cruciale des annuaires et des premiers moteurs de recherche pour trouver, ou tenter de trouver, ce qu’on cherchait sur cette Toile en apparence anarchique.
     Et puis sont arrivées les grandes plateformes, telles Google, Amazon, etc., à partir du début des années 2000. Des services web à vocation hégémonique, qui ont fondé leur développement uniquement sur la publicité, et sur une publicité exploitant nos comportements de navigation et nos données personnelles. Il me semble que c’est ainsi que le rêve de substitution googlien décrit dans ce livre a pu se développer. Il serait injuste d’ailleurs de ne parler que de Google : d’autres entreprises comme Facebook, Apple, Amazon, etc., fonctionnent de la même façon. Leurs caractéristiques et manières d’agir sont communes.
      Avant tout, s’imposer sur un domaine en fournissant le « meilleur » service. Que ce service soit simple d’utilisation, que l’exploitation massive de données et la « fermeture » soient organisées pour servir le client et lui apporter ce qu’il veut. Ce qu’il cherche. Qu’il ne se pose aucune question et soit satisfait dans ses besoins primaires : obtenir une réponse satisfaisante à sa recherche, trouver ou retrouver des amis et pouvoir échanger avec eux, trouver un livre, une musique, en trois clics.
Améliorer en permanence les services en se basant sur une centralisation et une exploitation massive des données personnelles et de navigation. Petit à petit, réduire le périmètre d’exploration et de navigation de l’internaute. Orienter les résultats, montrer des contenus « associés », reproposer encore et encore des contenus similaires. Détruire petit à petit ce qui est peut être la plus grande qualité d’Internet : la sérendipité, soit la possibilité de faire des découvertes accidentelles.
      Après avoir réussi l’hégémonie, le monopole « horizontal », développer une concentration verticale. Posséder et développer toute la chaîne de production de l’Internet. Comme l’explique le texte que vous venez de lire, que Google tire ses propres câbles sous-marins ou produise son électricité est un signe majeur de la concentration inouïe du secteur. Un signe majeur de l’emprise verticale qu’une entreprise (au départ dédiée aux moteurs de recherche) a pu prendre sur le secteur technologique.
     Il devient alors facile pour ces innovateurs talentueux, grisés par leur succès et idéologiquement convertis à une technophilie virant parfois au transhumanisme (la foi en l’amélioration physique et mentale de l’Humain par la technique), de rêver de vivre sans État et, via une transformation « liquide » et insensible des règles de la société, de faire le saut de l’utopie politique et sociale.
Il faut dire que les États se montrent bien impuissants, dépassés, voire complices de cette évolution. Ils délèguent des pans entiers de leurs missions régaliennes à ces géants, sans qu’il semble y avoir eu une quelconque réflexion préalable sur les bouleversements politiques et sociaux que cela peut entraîner. Oui, Google et ses comparses sont en train de dominer le monde et d’en créer un nouveau. Mais ils le peuvent parce que nous et nos États les laissons faire.
      Quand la NSA (National Security Agency) n’a plus besoin de faire elle-même la collecte des données des internautes du monde entier pour pratiquer sa surveillance de masse, puisqu’elle n’a qu’à aller les chercher directement chez les géants de l’Internet, le gouvernement américain n’a aucun intérêt à ce que ce modèle économique basé sur les données personnelles ne s’arrête. Les services de renseignement du monde entier peuvent ensuite, sur le grand marché de la surveillance, venir chercher ce dont ils ont besoin.
     Les pouvoirs régaliens fragilisés sont récupérés par des entreprises avides de combler ces manques 
     Quand la Cour de justice de l’Union européenne demande à Google et aux moteurs de recherche de masquer, à leur discrétion, des résultats au nom du « droit à l’oubli », elle entérine le fait que la mémoire collective, le droit à l’information, qui passent aujourd’hui prioritairement par Internet, sont gérés par une entreprise privée. Hors de toute décision judiciaire, Google décide ce qui doit ou ne doit pas être accessible aux yeux du monde.
     Quand les ayants droit de l’industrie de la culture et du divertissement demandent que les services Web cessent de donner accès à des contenus violant le droit d’auteur, là encore sans décision judiciaire, ils entérinent le fait que l’expression culturelle individuelle et le partage de contenus puisse être soumis aux choix des robots de Google. C’est ainsi qu’à la demande de ces ayants droit, des robots traquent, sur YouTube, les contenus qui leur semblent enfreindre les droits d’auteur et les suppriment sans discussion, entraînant de nombreux abus contre lesquels les internautes sont souvent impuissants à agir. La justice n’intervient pas en amont de ces décisions et c’est ensuite à l’internaute de prouver son « honnêteté » pour que ses contenus soient remis en ligne.
     Quand des ministres du gouvernement français préfèrent que les services Web et les réseaux sociaux gèrent les abus de langage en « prenant leurs responsabilités », ils leur délèguent un de nos droits les plus fondamentaux : la liberté d’expression.
     Quand des entreprises américaines comme Facebook ou Apple proposent à leurs employées de congeler leurs ovocytes pour les laisser « libres » de reporter leurs grossesses et leur permettre de ne pas « gâcher leurs carrières », c’est la vie privée dans ce qu’elle a de plus intime qui est prise en charge par l’entreprise.
    Quand les pays africains se réjouissent qu’un Google ou un Facebook mettent en place gratuitement des infrastructures d’accès à Internet, sans se préoccuper de l’objectif final de ces entreprises, ils se défaussent de leurs responsabilités et acceptent que l’accès au monde numérique soit totalement dépendant des objectifs commerciaux de ces acteurs.
       Ces exemples montrent qu’en actant, sans y réfléchir plus avant, la puissance phénoménale de ces nouvelles entreprises sur des pans de plus en plus grands de toute notre vie, bien au-delà des services mis en avant par les entreprises, les gouvernements et les citoyens ont baissé les bras ou n’ont, en tout cas, pas pris la mesure de ce qu’ils abandonnent à Google, à Facebook, à Apple, Amazon et autres géants.
      Dans une période de crise économique et politique généralisée, il n’est pas étonnant que les pouvoirs régaliens soient fragilisés et récupérés par des entreprises avides de combler ces manques. La rapidité des évolutions technologiques pour des dirigeants politiques souvent dépassés et en carence de pensée politique à long terme aggrave le problème. Le monde ne se divise pas entre technophiles et technophobes. Penser ainsi, c’est entrer dans le jeu des United States of Google. C’est croire qu’on n’a le choix qu’entre un repli mortifère dans le passé ou une fuite en avant vers la gestion algorithmique de nos vies.
    Il faut absolument lire ceux qui réfléchissent sur l’avenir du numérique. Comme Fred Turner, cité dans ce texte, qui montre brillamment comment l’utopie technophile ne peut servir d’alternative à la société politique. Qu’il faille changer de politique et que les gouvernements aient à se réinventer, cela paraît évident. Cela ne signifie surtout pas que l’on doive céder à la facilité en délégant la gestion de nos droits fondamentaux ou de la sphère publique à des entreprises dont la principale préoccupation est, évidemment, leur résultat économique. Non, Google ne nous offrira pas de vies meilleures. Google change le monde à son profit, et ce but est naturel pour une entreprise. À nous de savoir ce que nous voulons faire de ce monde numérique qui bouleverse nos vies depuis vingt ans.
      Le devoir des citoyens et des politiques est de voir plus loin. De choisir et de dessiner la société qu’ils veulent. De ne pas penser la Loi en réaction aux mastodontes de l’Internet, ou au contraire en leur cédant tout, mais en pensant à l’intérêt général, et d’abord à celui des citoyens.
    Nos libertés fondamentales sont fragiles. Elles étaient fragiles hier, mais davantage cloisonnées entre espace public, espace privé, espace économique, espace politique. Aujourd’hui tout se retrouve sur Internet et les espaces se rejoignent et s’entremêlent intimement. Il est d’autant plus important de mesurer ces évolutions et de légiférer intelligemment. Économie et libertés, politique et vie privée sont imbriquées comme elles ne l’ont sans doute jamais été dans l’Histoire.
     Nous avons la chance de vivre une époque de mutation fondamentale dans l’histoire humaine. Il appartient collectivement à tous les acteurs de nos sociétés d’en faire une révolution au service de l’Homme et non un abandon généralisé de nos valeurs à quelques acteurs dominants ou à des États sans gouvernail.
Internet a donné la possibilité à chacun de faire entendre sa voix. Qu’en ferons-nous ? »
(Merci à Médiapart)
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mardi 15 octobre 2019

L'avenir en Google++?

   Puissance à démanteler           (Bis repetita...)
                              Ne serait-il pas temps de "nationaliser" Google, comme y pensent Elisabeth Warren, le Guardian et bien d'autres, avant que sa formidable puissance ascendante ne devienne encore plus une menace pour les Etats et l'information en général.   Ou du moins trouver, à l'échelle mondiale, un moyen de démanteler le mammouth, sous des formes a définir, tout en favorisant le développement de concurrents moins déloyaux et omnipotents.
  On peut toujours ironiser sur ce projet encore bien flou. Il faudra bien qu'il aboutisse, en sortant des espoirs naïfs développés par la firme et par d'autres.
            Le bonheur de l'humanité ...
                                                 ...C'est ce que promet le super moteur de recherche: un avenir radieux.
L' âge d'or de l'humanité serait devant nous.
     Un futur en rose pixelisé se prépare du côté de la Silicon Valley.
    Un vrai paradis high tech s'annonce.. Le domaine de l' excellence  (enfin, presque...)
      On peut être, nous dit-on, plein de confiance (avec modération)
   Google veille sur nous... La googelisation accélérée est en route, pour plus d'égalité.
 Son pouvoir, dans de multiples domaines, n'est pas un mythe.
      Là-bas se préparent les modèles et des prototypes d'un futur, à peine entrevu, qui, nous dit-on, vont libérer l'homme de ses contraintes, de ses pesanteurs, des ses conflits, voire de ...la politique, qui, pense-t-on, divise. La tutelle de l'Etat. (vieux rêve  minarchiste) s'effacera.
Ah! ce désir de vivre sans Etat, ou de la réduire à sa plus simple expression! (*)
    La pensée de l'homme augmenté, d'une sorte de surhumains à gagner, voir de l'immortalité (?) hante les cyber-pionniers de l'Ouest américains aux orojets apatrides et aux visées mondiales.Une seule cyber-planète. Le rêve de toute entreprise aux objectifs monopolistiques.
      Apple n'est pas en reste
                       Aucun domaine ne semble leur être étranger.
        Le futur que nous prépare Google fait rêver:
  "...Eric Schmidt, le PDG de Google, ne se présente pas comme dirigeant d’entreprise. Il ne parle pas business, mais révolution et vision du monde. Son avant-dernier livre, The New Digital Age, se conclut ainsi : « Notre ambition est de créer le meilleur des mondes. » Et Google ne se contente pas de paraphraser Aldous Huxley. Il se donne aussi les moyens de sa puissance. Avec, tout d’abord, une assise économique phénoménale. Un trésor de guerre de près de 60 milliards de dollars, placés bien au chaud aux Bermudes, et des ressources abyssales issues de son quasi-monopole de la publicité sur Internet avec ses régies Adword et Adsense. Mais ce n’est là qu’une partie de son activité. L’entreprise est perpétuellement dans une logique de création et de conquête. Grossir toujours. Alors Google crée et détruit à coups d’innovation technologique. Ces dernières années, l’entreprise a investi massivement dans la santé, la robotique, l’intelligence artificielle, la culture et même l’automobile…
  Dans le jargon de l’entreprise, il faut recruter les meilleurs, appelés « chevaliers » (knights), véritable puissance créatrice de Google, qui doivent avoir toute la liberté possible. Et il y a « les manants » (knaves), les médiocres, qui sont dans le ressentiment et qu’il faut écarter pour ne pas contrarier l’excellence des autres. Cela crée une structure où les employés sont tellement en compétition que l’on n’a plus besoin de management. Les patrons de Google l’ont écrit et théorisé dans leur livre How Google Works, aujourd’hui enseigné dans toutes les écoles de management, où ils expliquent que le plus important est le recrutement.
     ___ Ils s'inspirent beaucoup des libertariens américainsnotamment de l’ouvrage d’Ayn Rand Atlas Shrugged. Dans ce roman philosophique, les riches, qui sont fortunés parce qu’ils sont les plus scientifiques et les plus créatifs, jamais parce qu’ils sont héritiers, en ont assez de l’État et de la solidarité et font sécession..."
         Vive donc la méritocratie et la liberté hors de la tutelle de l'Etat, voire des règles...
    Mais les Etats, naïfs ou complices, se laissent phagocyter par les pouvoirs du groupe à l'appétit dévorant, qui n'est pas qu'un banal outil algorithmique, mais travaille, avec des fonds impressionnants, sur de futurs projets sensés bouleverser la vie quotidienne. Nulle doute que certains seront appréciés, notamment dans le domaine médical. Mais, mais...
      Il n'y a pas que.la presse qui souffre.
 .Cet avenir radieux ne nous cacherait-il pas quelques chose?
Le Google power ne pourra être contré ou tempéré que par le pouvoir des Etats (unis!)
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(*)- "...« Google et de manière plus générale les grands services de l’Internet (le plus souvent californiens) sont en train de prendre, sans qu’on s’en rende compte, la place de l’État, des États, dans la gestion quotidienne de nos droits et libertés. Cette évolution quasiment invisible s’est faite avec l’assentiment tacite (parce que l’enjeu est incompris) des citoyens-internautes-clients, et avec la complicité aveugle des gouvernements qui, par manque de vision politique, ont cédé chaque jour davantage de terrain en croyant y trouver leur intérêt. 
  Si, en moins de vingt ans, une entreprise comme Google a pu prendre une place aussi gigantesque dans le cœur même des usages et des infrastructures numériques, c’est qu’elle a su maîtriser son développement sur tous les fronts.
     Internet est un espace et un réseau qui, par sa nature, a vocation à mettre en relation les uns avec les autres des ordinateurs, dans une construction non-pyramidale. L’immense nouveauté d’Internet, par opposition à la transmission « hors ligne » des informations ou au Minitel, par exemple, c’est cette organisation décentralisée, « neutre » techniquement, où il suffit de se brancher pour avoir accès à tout le réseau. C’est ainsi qu’Internet a pu tisser ce qu’on a rapidement appelé, dans le monde entier (ou presque), une « Toile ». Forcément, c’était un peu déstabilisant. Et quiconque se projette dans l’Internet pré-Google se souvient de l’importance absolument cruciale des annuaires et des premiers moteurs de recherche pour trouver, ou tenter de trouver, ce qu’on cherchait sur cette Toile en apparence anarchique.
     Et puis sont arrivées les grandes plateformes, telles Google, Amazon, etc., à partir du début des années 2000. Des services web à vocation hégémonique, qui ont fondé leur développement uniquement sur la publicité, et sur une publicité exploitant nos comportements de navigation et nos données personnelles. Il me semble que c’est ainsi que le rêve de substitution googlien décrit dans ce livre a pu se développer. Il serait injuste d’ailleurs de ne parler que de Google : d’autres entreprises comme Facebook, Apple, Amazon, etc., fonctionnent de la même façon. Leurs caractéristiques et manières d’agir sont communes.
      Avant tout, s’imposer sur un domaine en fournissant le « meilleur » service. Que ce service soit simple d’utilisation, que l’exploitation massive de données et la « fermeture » soient organisées pour servir le client et lui apporter ce qu’il veut. Ce qu’il cherche. Qu’il ne se pose aucune question et soit satisfait dans ses besoins primaires : obtenir une réponse satisfaisante à sa recherche, trouver ou retrouver des amis et pouvoir échanger avec eux, trouver un livre, une musique, en trois clics.
Améliorer en permanence les services en se basant sur une centralisation et une exploitation massive des données personnelles et de navigation. Petit à petit, réduire le périmètre d’exploration et de navigation de l’internaute. Orienter les résultats, montrer des contenus « associés », reproposer encore et encore des contenus similaires. Détruire petit à petit ce qui est peut être la plus grande qualité d’Internet : la sérendipité, soit la possibilité de faire des découvertes accidentelles.
      Après avoir réussi l’hégémonie, le monopole « horizontal », développer une concentration verticale. Posséder et développer toute la chaîne de production de l’Internet. Comme l’explique le texte que vous venez de lire, que Google tire ses propres câbles sous-marins ou produise son électricité est un signe majeur de la concentration inouïe du secteur. Un signe majeur de l’emprise verticale qu’une entreprise (au départ dédiée aux moteurs de recherche) a pu prendre sur le secteur technologique.
     Il devient alors facile pour ces innovateurs talentueux, grisés par leur succès et idéologiquement convertis à une technophilie virant parfois au transhumanisme (la foi en l’amélioration physique et mentale de l’Humain par la technique), de rêver de vivre sans État et, via une transformation « liquide » et insensible des règles de la société, de faire le saut de l’utopie politique et sociale.
Il faut dire que les États se montrent bien impuissants, dépassés, voire complices de cette évolution. Ils délèguent des pans entiers de leurs missions régaliennes à ces géants, sans qu’il semble y avoir eu une quelconque réflexion préalable sur les bouleversements politiques et sociaux que cela peut entraîner. Oui, Google et ses comparses sont en train de dominer le monde et d’en créer un nouveau. Mais ils le peuvent parce que nous et nos États les laissons faire.
      Quand la NSA (National Security Agency) n’a plus besoin de faire elle-même la collecte des données des internautes du monde entier pour pratiquer sa surveillance de masse, puisqu’elle n’a qu’à aller les chercher directement chez les géants de l’Internet, le gouvernement américain n’a aucun intérêt à ce que ce modèle économique basé sur les données personnelles ne s’arrête. Les services de renseignement du monde entier peuvent ensuite, sur le grand marché de la surveillance, venir chercher ce dont ils ont besoin.
     Les pouvoirs régaliens fragilisés sont récupérés par des entreprises avides de combler ces manques 
     Quand la Cour de justice de l’Union européenne demande à Google et aux moteurs de recherche de masquer, à leur discrétion, des résultats au nom du « droit à l’oubli », elle entérine le fait que la mémoire collective, le droit à l’information, qui passent aujourd’hui prioritairement par Internet, sont gérés par une entreprise privée. Hors de toute décision judiciaire, Google décide ce qui doit ou ne doit pas être accessible aux yeux du monde.
     Quand les ayants droit de l’industrie de la culture et du divertissement demandent que les services Web cessent de donner accès à des contenus violant le droit d’auteur, là encore sans décision judiciaire, ils entérinent le fait que l’expression culturelle individuelle et le partage de contenus puisse être soumis aux choix des robots de Google. C’est ainsi qu’à la demande de ces ayants droit, des robots traquent, sur YouTube, les contenus qui leur semblent enfreindre les droits d’auteur et les suppriment sans discussion, entraînant de nombreux abus contre lesquels les internautes sont souvent impuissants à agir. La justice n’intervient pas en amont de ces décisions et c’est ensuite à l’internaute de prouver son « honnêteté » pour que ses contenus soient remis en ligne.
     Quand des ministres du gouvernement français préfèrent que les services Web et les réseaux sociaux gèrent les abus de langage en « prenant leurs responsabilités », ils leur délèguent un de nos droits les plus fondamentaux : la liberté d’expression.
     Quand des entreprises américaines comme Facebook ou Apple proposent à leurs employées de congeler leurs ovocytes pour les laisser « libres » de reporter leurs grossesses et leur permettre de ne pas « gâcher leurs carrières », c’est la vie privée dans ce qu’elle a de plus intime qui est prise en charge par l’entreprise.
    Quand les pays africains se réjouissent qu’un Google ou un Facebook mettent en place gratuitement des infrastructures d’accès à Internet, sans se préoccuper de l’objectif final de ces entreprises, ils se défaussent de leurs responsabilités et acceptent que l’accès au monde numérique soit totalement dépendant des objectifs commerciaux de ces acteurs.
       Ces exemples montrent qu’en actant, sans y réfléchir plus avant, la puissance phénoménale de ces nouvelles entreprises sur des pans de plus en plus grands de toute notre vie, bien au-delà des services mis en avant par les entreprises, les gouvernements et les citoyens ont baissé les bras ou n’ont, en tout cas, pas pris la mesure de ce qu’ils abandonnent à Google, à Facebook, à Apple, Amazon et autres géants.
      Dans une période de crise économique et politique généralisée, il n’est pas étonnant que les pouvoirs régaliens soient fragilisés et récupérés par des entreprises avides de combler ces manques. La rapidité des évolutions technologiques pour des dirigeants politiques souvent dépassés et en carence de pensée politique à long terme aggrave le problème. Le monde ne se divise pas entre technophiles et technophobes. Penser ainsi, c’est entrer dans le jeu des United States of Google. C’est croire qu’on n’a le choix qu’entre un repli mortifère dans le passé ou une fuite en avant vers la gestion algorithmique de nos vies.
    Il faut absolument lire ceux qui réfléchissent sur l’avenir du numérique. Comme Fred Turner, cité dans ce texte, qui montre brillamment comment l’utopie technophile ne peut servir d’alternative à la société politique. Qu’il faille changer de politique et que les gouvernements aient à se réinventer, cela paraît évident. Cela ne signifie surtout pas que l’on doive céder à la facilité en délégant la gestion de nos droits fondamentaux ou de la sphère publique à des entreprises dont la principale préoccupation est, évidemment, leur résultat économique. Non, Google ne nous offrira pas de vies meilleures. Google change le monde à son profit, et ce but est naturel pour une entreprise. À nous de savoir ce que nous voulons faire de ce monde numérique qui bouleverse nos vies depuis vingt ans.
      Le devoir des citoyens et des politiques est de voir plus loin. De choisir et de dessiner la société qu’ils veulent. De ne pas penser la Loi en réaction aux mastodontes de l’Internet, ou au contraire en leur cédant tout, mais en pensant à l’intérêt général, et d’abord à celui des citoyens.
    Nos libertés fondamentales sont fragiles. Elles étaient fragiles hier, mais davantage cloisonnées entre espace public, espace privé, espace économique, espace politique. Aujourd’hui tout se retrouve sur Internet et les espaces se rejoignent et s’entremêlent intimement. Il est d’autant plus important de mesurer ces évolutions et de légiférer intelligemment. Économie et libertés, politique et vie privée sont imbriquées comme elles ne l’ont sans doute jamais été dans l’Histoire.
     Nous avons la chance de vivre une époque de mutation fondamentale dans l’histoire humaine. Il appartient collectivement à tous les acteurs de nos sociétés d’en faire une révolution au service de l’Homme et non un abandon généralisé de nos valeurs à quelques acteurs dominants ou à des États sans gouvernail.
Internet a donné la possibilité à chacun de faire entendre sa voix. Qu’en ferons-nous ? »
(Merci à Médiapart)
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