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mardi 12 mai 2026

USA: des "cerveaux malades"?

Les intellectuels du trumpisme et leur maître

             Décrire la sphère Maga, pour comprendre ce phénomène inouï ou pour en faire la critique, est une entreprise assez ardue, car ce n'est pas un bloc monolithique et récent. Les ouvrages ne manquent pas pour tenter de comprendre ce qui fait l'originalité de ceux qui gravitent autour de Trump pour lui fournir l'idéologie qu'il n'a pas ou pour jouer leur propre partition dans la musique de la Maison Blanche, souvent cacophonique.    Lumières sombres, ce titre volontairement paradoxal, reste pour l'instant un  ouvrage de référence pour entrer dans les arcanes de cette nouvelle église d'inspiration antilibérale, qui tente d'introduire le chaos dans l'ancien monde de la mondialisation ci-devant "heureuse". Un désordre créateur d'une nouvelle ère planétaire, selon les adeptes les plus zêlés du techno-fascisme en gestation, de la contestation des règles du droit le plus commun au nom d'un marché devenu sans règles, aux dépends les plus faibles: le stade ultime d'un capitalisme débridé profitant aux plus forts.   La pensée libre et critique est dangereusement menacée                                                                                                  Certains considèrent la sphère Maga comme un rassemblement de "têtes brûlées", parfois dangereux, comme certains projets de la Silicon Valley en gestation, d'autres y voient une certaine cohérence dans un désordre inquiétant, les rivalités visibles ou non. Des penseurs  ou des imposteurs, comme Curtis Yarvin, un des influenceurs majeurs, ou comme certaines institutions qui ont fait allégeance.  Les appréhensions de Tocqueville semblent bien se vérifier. Avant que peut-être le système ne s'effondre sur lui-même sous le poids de ses contradictions.                          Dane une étude récente, Furius Minds, Laura K.Field décrit la complexité et l'irrationalité du système Maga, une sorte de secte à connotations religieuses, au service d'un foi dont l'inconsistance lui semble un signe d'implosions futures...   


                                                         "...
Le mouvement MAGA est beaucoup plus complexe que le seul « trumpisme », et sa base n’est pas satisfaite de la tournure que prend ce second mandat. Certaines des personnalités intellectuelles dont parle Laura sont elles aussi mal à l’aise face aux politiques de l’administration. Mais elles ont le sentiment qu’un moment décisif est à portée de main, et qu’il ne faut pas laisser passer cette fenêtre d’opportunité pour transformer les États-Unis de l’intérieur.Ils y voient la dernière chance de mettre en œuvre des changements transformateurs, malgré la personnalité de Trump. Ils espèrent que les choses continueront d’évoluer dans la direction qu’ils souhaitent, et que Marco Rubio, ou — mieux encore aux yeux de la Nouvelle Droite — J. D. Vance, deviendra président pour ancrer ces changements à long terme. Si l’on essaie d’imaginer quels changements idéologiques et politiques survivront à l’ère Trump, je pense que les valeurs illibérales survivront au mouvement trumpiste lui-même.En tant qu’Européenne qui observe les États-Unis, j’ai ressenti à la lecture de ce livre à la fois une grande familiarité et une forme d’étrangeté. La dimension raciale et ségrégationniste extrêmement prégnante n’appartient pas à la tradition européenne de manière aussi radicale. Le rapport à la violence est également différent entre Europe et États-Unis. Un autre élément frappant est la relation entre religion et politique. Je crois que l’on assiste, dans un contexte européen très sécularisé, à un retour des idées religieuses et de la spiritualité — mais pas nécessairement des pratiques religieuses en tant que telles. Et c’est précisément là que la comparaison avec la culture politique américaine devient intéressante. La majorité de la droite chrétienne est protestante, mais son aile intellectuelle est catholique. Cette place croissante de la religion est parfois difficile à concevoir vu d’Europe. Le nationalisme américain a également été interprété de manière très différente dans le contexte européen. L’administration Trump II a constitué une leçon importante pour les dirigeants illibéraux européens qui s’étaient réjouis de son élection, en espérant bénéficier d’un élan favorable. Ils se sont retrouvés dans une position délicate : devoir défendre l’Europe face à ce qui ressemblait de plus en plus à un impérialisme trumpien, du Groenland à la guerre en Iran, en passant par l’enlèvement de Maduro au Venezuela.Les illibéraux européens n’ont aucun problème avec le « America First » lorsqu’il s’agit de protectionnisme, d’isolationnisme ou de politique civilisationniste. Ils approuvent l’insistance sur la souveraineté de l’État-nation, car c’est ce qu’ils souhaitent. Mais lorsque cette « America First » prend une tournure impérialiste contre l’Europe, il leur faut reconsidérer leur position. Cela s’est manifesté clairement en Italie, par exemple, où Giorgia Meloni a dû trouver le moyen de défendre les États-nations européens tout en maintenant ses relations cordiales avec Trump. L’impérialisme trumpien constitue donc un moment important, parce qu’il a rendu manifestes les tensions entre les projets illibéraux aux États-Unis et en Europe.Nous avons beaucoup à apprendre de l’expérience américaine que Laura Field décrit dans ce livre. Les États-Unis ont, dans de nombreux domaines, une longueur d’avance sur nous, mais nous avançons dans la même direction — avec, bien sûr, toutes nos nuances européennes.La banalisation, dans le contexte européen, de références issues des sous-cultures politiques de droite radicale est désormais largement normalisée, voire acceptée : théories du complot, vocabulaire exclusionnaire, imaginaire de forces occultes gouvernant le monde, dont la théorie du Grand Remplacement constitue l’un des exemples les plus emblématiques. C’est pourquoi les travaux de Laura Field sur l’évolution de ces milieux aux États-Unis au cours de la dernière décennie sont particulièrement éclairants pour comprendre des dynamiques déjà à l’œuvre en Europe..."    ______________

mardi 7 avril 2026

Loi du talion

 Démocratie en question à Tel Aviv

                   Qui se met de plus en plus en péril, en sortant des normes juridiques élémentaires La Justice n'est plus que  pour certans seulement, dans la soif de vengeance qui se développe. C'esr quasiment inouï. Un point de nonr-retour. Où est passée la lucidité de Edward Saïd?   


         Point de vue :         "...  Après avoir obtenu le vote à une large majorité de la loi instaurant la pendaison pour des Palestiniens accusés de meurtre commis dans le cadre « d’un acte terroriste », le 30 mars, Itamar Ben Gvir, a ouvert une bouteille dans les couloirs de la Knesset, l’Assemblée israélienne, pour célébrer sa victoire. « Nous avons fait l’histoire ! Nous avons promis. Nous avons tenu nos promesses », s’est réjoui le ministre de la sécurité nationale, principale figure de cette extrême droite, nationaliste et religieuse qui fait l’agenda politique depuis la fin 2022. Des images de jubilation qui vont peser longtemps, de façon négative, sur les représentations du gouvernement, du Parlement et donc de l’Etat d’Israël dans le monde entier.                                                                                                                                       Avec cette loi, qui prévoit la peine de mort pour les Palestiniens jugés coupables de « meurtre terroriste », mais pas pour les juifs israéliens qui commettent les mêmes actes en Cisjordanie occupée, l’Etat hébreu assume et légalise une politique pénale ouvertement raciste. Un vote soutenu par la majorité parlementaire et une partie de l’opposition. Le tournant législatif est majeur, et il éclaire ceux qui préféraient ne pas voir l’évolution de l’Etat hébreu depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition de droite et d’extrême droite, fin 2022 – avant même le choc du 7 octobre 2023, puis la riposte à l’attaque du Hamas et la guerre d’anéantissement qui ont fait plus de 72 000 morts dans la bande de Gaza.                                                                                                                                                                         Le moment est critique pour Israël, bien au-delà de cette loi. Deux des piliers du pays sont menacés à court terme : l’Etat de droit et la démocratie. Les alertes ne viennent pas seulement de la gauche, d’ennemis supposés du sionisme ou de militants propalestiniens. Elles émanent d’un large spectre d’intellectuels, de juristes, d’universitaires. « Nous ne sommes plus une démocratie libérale, et cela ne s’est pas produit du jour au lendemain, à la suite d’un événement ponctuel. Il s’agit d’un processus au cours duquel les fondements mêmes de la démocratie sont gravement menacés, et où la démocratie s’affaiblit », a, par exemple, affirmé, le 3 janvier, l’ancien président de la Cour suprême Aharon Barak, qui fut le juge désigné par Israël au sein de la Cour de justice internationale, en 2024, pour répondre à l’accusation de génocide portée contre l’Etat hébreu par l’Afrique du Sud, à propos de la guerre à Gaza.                                                                                                                                                                           « Chacun de nous doit tenir le drapeau de l’Etat dans sa main, le brandir haut et fort, et exprimer sa loyauté envers l’Etat – et non envers ses dirigeants –, envers l’Etat de droit, et non envers le pouvoir d’un dirigeant », avait ajouté ce juriste respecté par le camp libéral et haï par l’extrême droite. Sans succès, tant la fatigue démocratique est grande et la mobilisation difficile en période de guerre.                           Car la coalition, depuis quatre ans, n’a cessé de multiplier les attaques contre l’Etat de droit – premier pilier attaqué. Ce fut le cœur de la bataille de la première année au pouvoir du gouvernement Nétanyahou avec la réforme du système judiciaire visant à réduire l’indépendance des magistrats. Le projet avait provoqué une mobilisation impressionnante avant que le 7-Octobre ne mette fin provisoirement à cette confrontation publique. Depuis, la coalition n’a pas cessé, en réalité, d’avancer ses réformes, réduisant à bas bruit les pouvoirs des magistrats, s’attaquant à la procureure générale Gali Baharav-Miara, ciblant la liberté de la presse, renvoyant les hauts fonctionnaires trop indépendants, fragilisant les contre-pouvoirs et construisant une police de plus en plus politique sous les ordres du même Itamar Ben Gvir.                                                                                                                                Le mouvement s’opère à travers une trentaine de propositions et de projets de loi adoptés ou en cours d’examen. Il se réalise à travers les pouvoirs de chacun des ministres, qu’il s’agisse d’éducation, de justice ou de sécurité. « Une érosion progressive des contre-pouvoirs », selon une étude publiée en janvier par l’Israel Democracy Institute. « Le recul se manifeste généralement par des modifications juridiques et constitutionnelles qui servent de façade démocratique au démantèlement des structures démocratiques. Ce phénomène s’accompagne souvent d’une mainmise sur les institutions de l’Etat, ce qui permet la mise en œuvre concrète de ce processus », soulignent les auteurs, Anat Thon Ashkenazy et Daphne Benvenisty, après avoir recensé, sur 58 pages, les atteintes de toutes sortes sur les douze derniers mois.         ___  La loi sur la peine de mort va être examinée par la Cour suprême. Les arguments pour l’invalider sont nombreux, évoqués tout au long du débat parlementaire par des députés, des ONG et même les juristes chargés de conseiller les ministres. Les juges vont toutefois devoir effectuer un choix cornélien. Soit la valider et laisser ainsi passer une loi profondément discriminatoire. Soit l’invalider, ce qui est le plus probable, avec la perspective, ensuite, d’une offensive tous azimuts de la droite et de l’extrême droite pour dénoncer le « gouvernement des juges ».                                                                                 Un scénario qui dessine aussi, du même coup, le déroulement de la campagne électorale pour les prochains mois, jusqu’en octobre, date du scrutin législatif. Le moment est favorable dans les deux cas pour Itamar Ben Gvir, héraut des suprémacistes, promoteur d’une vision autoritaire de l’ordre et du maintien de celui-ci, qui pourra se présenter comme le responsable d’une inflexion historique au nom d’un messianisme juif ou comme la victime d’un « Etat profond » qu’il faut renverser.  Un scénario que pourra aussi exploiter Benyamin Nétanyahou, en conflit ouvert avec la justice depuis qu’il a été renvoyé devant un tribunal pour corruption. « Lorsqu’un leader de droite fort remporte une élection, l’Etat profond de gauche se sert du système judiciaire comme d’une arme pour aller à l’encontre de la volonté du peuple », avait accusé le premier ministre, en mars 2025. Si le chef de l’Etat, Isaac Herzog, refuse de lui accorder la grâce qu’il réclame, contre toute évidence, il fera de nouveau des magistrats sa cible prioritaire. Ce que le troisième personnage principal de la coalition, Bezalel Smotrich, ministre des finances, également chargé des colonies, a pris au pied de la lettre en accusant l’actuel président de la Cour suprême, Isaac Amit, de « vole[r] la démocratie ». « Nous allons l’écraser », a-t-il menacé en décembre 2025 – en Israël, personne n’a oublié que des attaques verbales avaient débouché sur l’assassinat par un militant d’extrême droite du premier ministre Yitzhak Rabin, le 4 novembre 1995.                                                                                                                                 Le gouvernement conduit aussi le pays au bord du gouffre démocratique – le second pilier attaqué. Pour une raison que la plupart des Israéliens refusent de voir. Depuis des années, en effet, la colonisation en Cisjordanie n’est plus combattue que par une poignée de militants de gauche ou du centre, courageux et déterminés, mais ultraminoritaires. Le mouvement contre la réforme judiciaire de 2023 s’était ainsi concentré sur les risques pour les citoyens israéliens, laissant complètement de côté la dictature militaire mise en place pour occuper la Cisjordanie.     Or, ces quatre dernières années, la coalition a entrepris une annexion graduelle, systématique et méthodique, des territoires palestiniens occupés depuis cinquante-neuf ans. Bezalel Smotrich, le ministre chargé de ce dossier, leader du sionisme religieux, a développé les colonies à marche forcée, octroyant toujours plus de leviers aux colons pour s’étendre, construire des villages, des villes, des routes, des zones commerciales, tout en affaiblissant le plus possible l’Autorité palestinienne proche d’un effondrement financier. Une opération de nettoyage ethnique, soutenue par les principaux leaders de l’opposition et que la Cour suprême n’a pas empêchée.                    Le ministre de la sécurité nationale, de son côté, a instauré, avec l’aide de l’armée, un régime de terreur lui aussi parfaitement assumé. Alors que la Cisjordanie ne s’est pas soulevée après le 7 octobre 2023, plus de 1 000 Palestiniens ont été tués par les forces de l’ordre ou les colons depuis cette date. Plus de 20 000 personnes ont été arrêtées puis emprisonnées, souvent sans charges et dans des conditions dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Une politique défendue publiquement par Itamar Ben Gvir, sans que la justice intervienne, sauf à la marge, pour éviter, par exemple, que les détenus soient sous-alimentés.                            Cette annexion de facto a une conséquence immense et vertigineuse sur le plan démocratique. L’Etat hébreu est aujourd’hui un pays de près de 10 millions d’habitants dont le fonctionnement sur le territoire israélien est démocratique, malgré des entailles sérieuses : la loi de 2018 consacrant Israël comme l’Etat-nation du peuple juif a notamment gravé dans la norme les inégalités entre les juifs et les autres citoyens (20 % de la population composée de musulmans, de Druzes et de chrétiens). En 1980, l’annexion de Jérusalem-Est avait ajouté un peu moins de 400 000 Palestiniens qui ne bénéficient pas du minimum des droits civiques, notamment celui de voter aux élections générales.                                                                                       En appliquant sa souveraineté de fait sur la Cisjordanie, Israël est en train d’agréger plus de 3 millions de personnes supplémentaires, dont les droits de circulation, de résidence, de travail, de liberté d’expression et de vote sont réduits, sinon inexistants. Soit, au total, avec Jérusalem-Est, près de 4 millions d’habitants sans réels droits civiques dans un territoire qui en compterait alors 14 millions.     En juillet 2025, une écrasante majorité de députés – 71 contre 13 – avaient voté une résolution, non contraignante, appelant le gouvernement à exercer sa souveraineté en Cisjordanie. « C’est notre terre et c’est notre foyer. La terre d’Israël appartient au peuple d’Israël. En 1967, l’occupation n’a pas commencé, elle a pris fin », avait affirmé à cette occasion le président (Likoud, droite) de la Knesset, Amir Ohana, dans une formule qui dit bien la volonté d’effacement des Palestiniens. Avec l’annexion de la Cisjordanie, au programme de l’extrême droite et d’une partie de la droite, l’Etat hébreu ne sera donc plus la démocratie qu’il prétend être. Tel est l’enjeu des prochaines élections..." [Merci à Luc Bronner]  ____[_______

mardi 17 mars 2026

Des gens comme vous et moi..

 Au cœur de la Philo 

                       Relire Orwell, plus que jamais d'actualité                                                                                                                                                                             Comment faites-vous au quotidien pour résister à la pression du groupe et/ou pour vous prémunir contre la haine collective ? Tout le monde connaît le célèbre ouvrage de George Orwell, 1984. Dans ce roman, il y a une scène qui m’a toujours marqué : C’est le fameux passage des Deux Minutes de la Haine. Pour rappel, chaque jour, les membres du Parti doivent regarder un film montrant Emmanuel Goldstein, l’ennemi de l’État. Et lorsque le visage de ce dernier apparaît à l’écran, la foule se met à hurler, insulter, crier sa haine. Deux minutes de haine pure et de rage si bien que même ceux qui pourraient être plus timides au départ finissent par être emportés par le mouvement collectif.


La scène m’a toujours troublée, car j’ai le sentiment que nous en avons des illustrations tous les jours [à des degrés moindres bien sûr] et ce malgré nos progrès en matière de droits humains et de tolérance.
Car pour peu qu’on fasse véritablement preuve de sincérité, et surtout d’honnêteté intellectuelle, il suffit juste de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur de l’histoire pour constater que les exemples de foules entières abandonnées à la haine sont malheureusement légion.
Les violences n’ont pas été uniquement le fait de “monstres” ou de “marginaux”. Elles ont malheureusement impliqué bien souvent des individus ordinaires, des gens comme vous et moi, qui, la veille encore, n’auraient sans doute pas fait de mal à une mouche. Et pourtant, dans certaines circonstances, parfois en l’espace de quelques jours, voire de quelques heures, ces mêmes personnes se sont retrouvées entraînées dans des violences collectives, parfois meurtrières.
Au Rwanda, lors du génocide, des centaines de milliers de Hutus qui entretenaient parfois des relations cordiales avec leurs voisins ont pu, en quelques semaines, se transformer en meurtriers de leurs voisins tutsis.
Avant et pendant la révolution française, les exécutions publiques étaient parfois accompagnées d’une véritable ferveur populaire. Des foules exaltées acclamaient la chute des têtes, brandies au bout de piques, parfois manipulées comme des trophées dans une atmosphère qui tenait presque de la fête.
Durant l’entre-deux guerre, une partie de la société allemande fut chauffée à blanc contre les juifs. L’un des sujets qui traverse l’œuvre Le Monde d’hier est d’ailleurs le basculement de ce monde. Dans son livre, Stefan Zweig s’interroge : comment une société si raffinée, à la pointe des arts, de la science et de la technique, a-t-elle pu basculer ?
De nos jours encore, il suffit d’observer la réception collective de certains discours pour s’en convaincre. Il y a des centaines de milliers de nos compatriotes qui applaudissent des propos appelant parfois aux pires exactions contre d’autres êtres humains, simplement parce qu’ils ont une couleur de peau différente ou parce qu’ils n’ont pas les « bons » papiers.
À la fin de la seconde guerre mondiale, après la découverte du génocide juif, beaucoup ont dit : « Plus jamais ça. » L’idée même qu’un tel crime puisse se reproduire semblait et semble encore inconcevable de nos jours pour nombre de nos compatriotes. Mais en est-on vraiment sûrs aujourd’hui ? Sommes-nous si différents, si supérieurs moralement à ceux qui nous ont précédés ?
Nous aimons croire que oui. Nous aimons penser que nos sociétés, plus instruites, plus démocratiques, plus tolérantes et plus conscientes de l’histoire, seraient désormais protégées contre de telles dérives. Mais nos prédécesseurs ont sans doute pensé la même chose de leur propre époque (Nos prédécesseurs disaient aussi de la première Guerre mondiale que ce serait « La Der des Ders »)
Et c’est peut-être là ce que je trouve le plus inquiétant, peut-être même le plus effrayant, dans toutes ces histoires. Lorsqu’on lit les témoignages et les travaux des historiens, on découvre que ceux qui ont participé/qui participent à ces violences sont rarement persuadés d’agir mal. Bien au contraire : ils pensent souvent agir au nom de bonnes raisons, au nom de la justice, des droits de l’homme (libération de peuples opprimées, fin des dictatures etc.), de leurs convictions.
« Les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges » dit l’ami Nietzsche.
Je pense que si l’on avait interrogé des français moyens à l’époque de la colonisation, ou certains Américains au début de la guerre en Irak, ou encore les ouvriers français lorsqu’ils massacraient des travailleurs italiens à Aigues-Mortes du 17 août 1893, beaucoup auraient donné des justifications qui leur semblaient parfaitement légitimes.
On aurait peut-être entendu des phrases comme :
« Oui, mais tu comprends… les Boches nous ont quand même pris l’Alsace. »
Ou encore : « Oui, mais nous allons coloniser ces territoires pour apporter la civilisation à des peuples arriérés, pour mettre fin à leur pratiques barbares, aux violences qu’ils infligent dans le coin »
Ou bien : « Oui, mais les Juifs complotent, ils contrôlent tout, ils menacent notre société. »
Autant de propos qui nous paraissent aujourd’hui absurdes et spécieux. Et pourtant, à l’époque, ils pouvaient sembler plausibles, parfois même évidents, à ceux qui les prononçaient.
Aujourd’hui encore, des guerres continuent parfois d’être justifiées au nom de la défense des droits humains ou de la nécessité de « remettre de l’ordre » des sociétés jugées arriérées, sur fond de campagnes médiatiques contribuant parfois à enfermer des populations et des nations entières dans des catégories simplificatrices.
Les formes ont changé, le vocabulaire aussi, mais le mécanisme demeure remarquablement efficace.
Contrairement à ce que nous aimons croire, nous ne sommes pas immunisés contre la propagande. J’ai même parfois l’impression que nos sociétés contemporaines ont simplement développé des formes plus raffinées, plus subtiles et plus sophistiquées en termes de propagande.
Dès lors, une question me hante.
Comment s’en prémunir ?
Comment être certain que, placés dans certaines circonstances, nous ne serions pas nous-mêmes emportés par la logique du groupe, par l’émotion collective, par la pression de l’époque ?
Car cela m'a semblé toujours facile, depuis le présent, de juger les foules du passé. Mais l’histoire nous rappelle malheureusement ceci : collectivement, nous ne sommes pas immunisés. Nous pouvons, nous aussi, devenir la proie de peurs attisées, d’ennemis fabriqués de toutes pièces.
Et lorsqu’on croise les enseignements de la psychologie, de la sociologie et même de l’évolution, ce constat devient encore plus troublant. De nombreuses expériences en psychologie sociale (expérience de Solomon Ash pour exemple) ont montré/montrent à quel point les individus sont conformistes.
Et après tout, cela n’a peut-être rien d’étonnant. Nous sommes des êtres profondément sociaux. Depuis toujours, notre espèce dépend du groupe pour survivre. L’assentiment des autres nous rassure ; l’exclusion, elle, nous inquiète, pour des raisons encore une fois profondément anthropologiques. Dans ces conditions, résister à la dynamique collective demande parfois beaucoup plus de courage qu’on ne l’imagine.
Et il n’est même pas nécessaire d’aller chercher des exemples historiques extrêmes pour le constater au quotidien
Combien de fois n’ai-je pas vu, de mes propres yeux, des étudiants sympathiques et/ou même des collègues pourtant « bien sous tous rapports » se laisser entraîner dans ce type de mécanisme ? Il suffit parfois qu’une classe prenne quelqu’un en grippe pour que, sous la pression du groupe, certains camarades se mettent à participer eux aussi aux moqueries ou aux mises à l’écart. Comme si, sous l’emprise de la foule, notre esprit critique s’éteignait peu à peu.
D’ailleurs, qui d’entre nous n’a jamais, sous l’effet du groupe ou simplement par peur du regard des autres, fait ou dit des choses qu’il a regrettées plus tard; des choses dont il savait pourtant, au fond de lui, qu’elles étaient stupides ou injustes ?
Alors, je vous pose la question.
Dans un monde malheureusement polarisé, en proie quotidiennement à des indignations permanentes (et encore une fois, pour de bonnes raisons !) et de passions collectives, sommes-nous réellement capables d’échapper à cette fameuse mécanique des Deux Minutes de la Haine telle que décrite dans le roman d’Orwell ?
Comment faites-vous concrètement, pour que votre esprit critique/indépendance d’esprit ne soit pas emporté par le mouvement du groupe ? Comment résistez-vous à la tentation d’hurler avec les loups au quotidien ?
Votre opinion/avis m'intéresse vraiment.
Wilfried M.
Quelques commentaires subsidiaires :
1. Que les choses soient claires : dans cet article, je ne suis nullement en train de dire qu’il faudrait se méfier de toute conviction et renoncer à agir dans le cadre d’une dynamique collective. L’histoire montre au contraire que certains des plus grands progrès moraux ont été portés par des femmes et des hommes animés de convictions extrêmement fortes, adossées à un réel élan populaire (cf Martin Luther King, Nelson Mandela, Rosa Parks etc.)
Je sais également que trop de recul, trop d’analyse, trop d’intellectualisation peuvent aussi conduire à une autre forme de dérive : l’inaction ou la passivité. On peut passer sa vie à disséquer les mécanismes du monde sans jamais rien faire pour le transformer.
Bref, ce que je défends ici est autre chose : une certaine éthique de la vigilance et du doute. Une disposition d’esprit qui consiste à se méfier de la facilité des certitudes, à examiner ses propres jugements, et à rester attentif aux mécanismes collectifs qui peuvent parfois nous entraîner plus loin que nous ne l’aurions imaginé.
2. Je ne prétends nullement être une autorité morale, ni détenir des réponses définitives. J’en suis même très loin. Comme tout un chacun, je suis moi aussi exposé à quantité de biais, d’erreurs de jugement et de perceptions trompeuses.
Cet article n’a donc pas pour ambition d’asséner des vérités ou une vérité, mais plutôt d’ouvrir un espace de questionnement. Une invitation à réfléchir, collectivement, aux mécanismes qui peuvent parfois nous entraîner là où nous n’aurions jamais imaginé aller.
A ce titre, c’est sans doute la raison pour laquelle j’ai toujours apprécié certains dialogues de Platon, les fameux dialogues dits aporétiques. Ceux dans lesquels la discussion ne se clôt pas par une réponse définitive, mais par une conclusion ouverte : les interlocuteurs n’ont pas nécessairement trouvé la vérité, mais ils ont, au fil de l’échange, déplacé leur regard, affiné leurs questions, et parfois même remis en cause certaines de leurs certitudes.
Bref, comme le dit si bien Bernard Werber : « L’important n’est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir. » ____

USA: liberté de la presse en péril

Censure, chasse aux sorcières

                     Et propagande tous azimuths

        Le locataire de la Maison Blanche fait ce qu'il a promis: mettre de l'"ordre" dans la pensée, la lecture, la culture....Tout doit être conforme aux injonctions et aux fantaisies du mage de Washington, de la bien-pensance du moment. définie au sommet, bien sûr . Même si une certaine censure est déjà ancienne aux USA.                                             D'abord redéfinir le paysage médiatique, pour éviter toute pensée déviante et critique. Nettoyer aussi les bilbiothèques, pour éliminer tout ouvrage non conforme à la pensée officielle, surtout destiné à la jeunesse, jusqu'à produire une autocensure des institutions culturelles.  "...Cette évolution intervient dans un climat politique particulièrement tendu autour de l’accès aux livres. Depuis plusieurs années, les bibliothèques américaines se trouvent au cœur d’un affrontement sur la présence d’ouvrages abordant des thèmes tels que les identités de genre, les questions raciales ou la sexualité. Les organisations professionnelles recensent des niveaux inédits de contestation..."                                                                                                              Pas de nouvelles "déformées" dans la presse ou sur les ondes. Même CNN peut être visée.    "...Depuis son premier mandat, le président américain qualifie régulièrement les publications négatives de « fake news » et a pris des mesures pour restreindre les accès de la presse depuis son retour au pouvoir. La Foundation for Individual Rights in Education (FIRE), organisation américaine de défense de la liberté d’expression, a qualifié l’avertissement « autoritaire » de M. Carr de « scandaleux ». « Lorsque le gouvernement exige que la presse devienne le porte-parole de l’Etat sous la menace de sanctions, c’est que quelque chose ne va vraiment pas », a-t-elle déclaré, sur X, en réponse au message de Brendan Carr.?.."   


                                                                                                     ___       " Donald Trump
revenu au pouvoir en janvier 2025 pour un second mandat, et ses fidèles du mouvement Maga, remodèlent peu à peu le paysage informationnel des États-Unis. Destruction des faits, saturation de l’attention et complotisme sont leurs outils, partagés auprès de la mouvance identitaire et conservatrice en Europe....Un écosystème médiatique alternatif s’est consolidé très rapidement, avec des plateformes vidéo et des réseaux sociaux financés et dominés par les conservateurs, parmi lesquels le propre réseau de Donald Trump, Truth Social. Le rachat de Twitter par Elon Musk, en 2022, a amplifié cet écosystème en assurant l’interconnexion de l’ensemble.  Donald Trump a eu, pendant plusieurs décennies, une relation symbiotique avec les médias traditionnels, inséparable de sa carrière de promoteur puis de star de la téléréalité, et enfin d’homme politique. Mais il est passé d’une dépendance mutuelle à un affrontement direct, exigeant la soumission sous peine de destructionDonald Trump n’a désormais plus besoin des médias pour atteindre son public. Il les attaque, les poursuit en justice, menace leur crédibilité et, in fine, leur modèle économique. Le Congrès (à majorité républicaine) a par ailleurs validé l’essentiel des coupes budgétaires dans les médias publics, menacés de disparition.   Dès son retour aux manettes, Donald Trump a aussi favorisé les nouveaux supports médiatiques loyaux, transformant la composition de la salle de presse de la Maison-Blanche. Parmi les personnes accréditées, on trouve par exemple Brian Glenn, de Real America’s Voice, une chaîne fondée en 2020 qui retransmet tout ce que fait Trump sans commentaire. C’est Brian Glenn qui, en février 2025, a reproché à Volodymyr Zelensky de ne pas porter de costume-cravate lors de sa rencontre avec Donald Trump et J. D. Vance dans bureau Ovale...."


 ___  Bref, une guerre de l'information. Quelle différence avec les méthodes utilisées naguère par les fascismes européens? Contrôler la presse, c'est pouvoir diriger les esprits.                  La culture est malmenée. Un mouvement orwellien est en route.      Sans résistance significative de la part des élites  velléitaires   ou timorées                                                            Les livres sont dangereux, ironisait déjà Voltaire....

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vendredi 30 janvier 2026

Un risque majeur?

Où l'on reparle de l'A et de son développement   (Perspectives et hypothèses)                                                                                                                                                          Une avancée fulgurante dans le domaine industriel er de services.  Une course en avant qui donne le tournis, tant les enjeux sont énormes, aussi bien en interne qu'au niveau international. La concurrence est et sera féroce entre les grandes puissances. Chine en tête, qui ne lésine pas sur les moyens et les investissements.  Là est surtout le risque, signalé de plus en plus par quelques chercheurs, se voulant lanceurs d'alerte, souvent même à l'origine de ce nouvel outil fascinant, qui n'est encore qu'au berceau, mais destiné à devenir vite une "arme de destruction massive" non maîtrisée, si rien n'est anticipé.  Certains tempèrent, en relativisant et en faisant confiance à la raison industrielle, capable de s'autoréguler, d'autres n'y croient guère et préfèrent se faire lanceurs d'alerte dès maintenant, entrevoyant des scénarios très négatifs à l'échelle de l'humanité, dans un temps qui peut être très rapproché.    Une logique de concurrence qui pourrait ne pas être maîtrisée....                                                                Comme le signale notamment Dario Amadei, qui va jusqu'à employer la notion de destruction possible par emballement incontrôlé dans un contexte de guerre économique féroce. Une analyse prédictive qui mérite d'être tempérée, mais qui ne peut être balayée d'un revers de main. Comment construire une IA responsable, digne de confiance, se demandent d'autres, voyant le danger d'emballement non maîtrisé? Nous ne sommes qu'au tout début d'un processus dont nous ne pouvons entrevoir les limites, ce qui rend impératif et urgent de se préparer, malgré les incertitudes.  Une analyse à prendre au sérieux. Le cas Geoffrey Hinton, au coeur de la recherche, mais qui ne crache cependant pas dans le soupe, devrait interpeler.  Que faire des nouveaux pouvoirs engendrés par cette technologie, impensable il y a peu encore, un outil pour le bien commun?   Le débat est serré en haut lieu... 


                                                                                       
"...   Dario Amodei, CEO d’Anthropic, montre dans son article le potentiel de l’IA. Dario a travaillé auparavant chez OpenAI et Google Brain et a apporté d’importantes contributions à la recherche sur l’IA. Bien qu’il publie rarement, il est une personnalité importante dans le monde de l’IA. Il a récemment publié ‘Machines of Loving Grace – How AI Could Transform the World for the Better’, un article à lire absolument, car il offre une évaluation précise de l’état actuel de l’IA et de son évolution possible.

Le débat sur l’intelligence artificielle (IA) tourne souvent autour des risques. Cet article met en évidence le potentiel de transformation de l’IA et montre comment un monde meilleur peut être créé. La minimisation des risques est essentielle pour exploiter pleinement le potentiel positif de l’IA.

Gérer les risques pour permettre un avenir positif

Dario explique qu’une approche responsable des opportunités et des risques est importante pour rendre l’IA positive. Mettre unilatéralement l’accent sur les avantages peut rapidement ressembler à des relations publiques et empêcher toute discussion sérieuse.

Une vision pour un monde meilleur avec l’IA

Machines of Loving Grace décrit cinq domaines dans lesquels l’IA pourrait avoir un impact positif : Santé, santé mentale, développement économique, paix et travail. Les exemples incluent la guérison des maladies, l’amélioration de la qualité de vie et la transparence des structures gouvernementales.

Trouver un équilibre : Au-delà de la science-fiction

Dario souligne l’importance d’avoir une vision pratique et réaliste de l’avenir avec l’IA, plutôt que de se fier à des fantasmes de science-fiction irréalistes. Les discussions fréquentes sur l’IA sont marquées par des idées telles que des cerveaux téléchargés, des voyages dans l’espace et d’autres scénarios utopiques, qui constituent souvent un obstacle à la prise au sérieux du potentiel réel de l’IA. Dario explique que ces visions exagérées peuvent être fascinantes, mais qu’elles peuvent aussi conduire à méconnaître les possibilités réalistes et les défis réels de l’IA.

Au lieu de cela, Dario se concentre sur les avantages concrets et réalisables de l’IA. Il parle de l’impact positif potentiel dans des domaines tels que les soins de santé, où l’IA pourrait non seulement contribuer à guérir des maladies, mais aussi rendre les soins de santé plus accessibles à tous. Il voit également un énorme potentiel dans le domaine de la santé mentale, dans la lutte contre la pauvreté grâce au développement économique et dans l’amélioration de la gouvernance en rendant l’IA plus transparente et plus efficace. Ces applications pratiques contrastent avec les attentes exagérées de la science-fiction et montrent comment l’IA peut réellement changer positivement la vie de nombreuses personnes.

Dario continue d’argumenter qu’il est important de créer une vision qui soit tangible et qui inspire les gens à voir l’IA comme un outil pour le bien commun. C’est la seule façon d’obtenir la large acceptation nécessaire pour exploiter pleinement les opportunités de la technologie tout en minimisant les risques. Tout l’art consiste à trouver un équilibre : entre la reconnaissance des risques et la mise en avant des opportunités, sans dériver vers des visions d’avenir exagérées et irréalistes.

Un appel à l’espoir et à l’action

À la fin, il est souligné qu’en plus de la peur, il faut aussi de l’espoir et une vision claire. L’IA offre la possibilité d’améliorer la vie de tous et nous devons saisir cette opportunité.

Nous recommandons vivement de lire l’article original, car nous pensons qu’il donne un très bon aperçu de la situation actuelle de l’IA et de la direction qu’elle pourrait prendre.

Vous pouvez lire l’essai en entier en cliquant sur le lien suivant :

https://darioamodei.com/machines-of-loving-grace     (traduction: clic droit ) 
  

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samedi 17 janvier 2026

Wikipedia dans la tempête?

  Une aventure immense, une entreprise sans fin, une ouverture incroyable

            Le projet encyclopédique commence vraiment en France, au XVIII° siècle, sous l'impulsion de Denis Diderot, à l'époque dite des Lumières. Un premier travail considérable et ambitieux pour l'époque.  Le projet était lancé. Le projet encyclopédique, partiel, est beaucoup plus ancien. Suivi plus tard par la célèbre Encyclopédia Britannica dans sa première version, dont l'Encyclopedia Universalis fut une adaptation française, aujourd'hui uniquement en version numérique. Il ya 25 ans maintenant.                                                                   Parallèlement, se fit jour une encyclopédia originale, collaborative, en évolution constante, ouverte à tout auteur sérieux, mais contrôlée, remise à jour en permanence par les esprits les plus éclairés. Comme le savoir s'enrichit sans cesse, le projet ne cesse de se modifier, théoriquement dans le meilleur des sens, par des reprises et des modelages successifs. Théoriquement, tout le monde peut participer à l'élaboration à ce travail remanié sans fin, dans tous les domaines. Par exemple, le travail effectué sur l'Egypte ancienne est d'une qualité remarquable, sans jamais cesser de s'enrichir sans cesse. Un savoir clos, définitif, achevé, n'a de sens dans aucune matière, aucun sujet. C'est ce qui constitue l'utopie de tout projet encyclopédique. Toujours à se constituer, à se réparer, à s'affiner. Les controverses ne manquent pas, ce qui ne pas étonner. On y trouve des articles au riche contenu, comme des approches plus faibles, notamment dans les sciences humaines ou sur des questions à interprétations multiples ou d'actualité brûlante, comme les conflits actuels au Moyen- Orient.   

_A consulter en ligne _

                                                                                              L'EU est comme une sorte d'utopie, qui a son envers. Malgré ses règles et ses aides.   __ La question qui se pose aujourd'hui est: Survivra-t-elle à l'IA?     "...Wikipedia, comme de nombreux sites web, souffre de la chute de trafic provoquée par l’utilisation croissante de l’IA générative. Plutôt que de chercher des informations sur les moteurs de recherche, qui redirigent par la suite les utilisateurs vers des sites, des centaines de millions de personnes concentrent désormais leurs requêtes sur les nombreux chatbots disponibles gratuitement : ChatGPT, Gemini, Le Chat…

  • En avril, la Fondation Wikimédia, l’ONG qui héberge l’encyclopédie en ligne, signalait avoir observé, dans ce contexte de baisse organique du trafic, « une augmentation significative du volume de requêtes »....La plupart des sites dont les contenus sont récupérés à grande échelle pour entraîner les IA ne perçoivent aucune compensation. C’était également largement le cas jusqu’à présent pour Wikipédia, mais cela pourrait évoluer dès cette année suite à la signature de nouveaux accords de licence avec de grandes entreprises du secteur comme Amazon, Meta, Perplexity, Microsoft et Mistral AI, annoncée aujourd’hui, jeudi 15 janvier 2. Celles-ci paieront désormais pour accéder et réutiliser le contenu de l’encyclopédie en ligne pour leurs modèles d’IA.

    Si ces nouveaux contrats devraient permettre à la Fondation Wikimédia de monétiser le trafic généré par les robots de scraping, ils ne permettront toutefois pas d’inverser la tendance à la baisse du trafic humain.   Si ces nouveaux contrats devraient permettre à la Fondation Wikimédia de monétiser le trafic généré par les robots de scraping, ils ne permettront toutefois pas d’inverser la tendance à la baisse du trafic humain.    Le trafic mondial sur les sites web a chuté de 15 % en glissement annuel au cours du premier semestre 2025....Wikipedia fait également l’objet d’une concurrence par de nouvelles encyclopédies revendiquant une absence de « biais ». C’est notamment le cas de Grokipedia, développé par l’entreprise d’Elon Musk xAI, qui affiche une ligne « anti-woke », mais aussi de projets non-américains comme l’alternative russe Ruwiki.    Ces deux encyclopédies ne créent toutefois pas leur propre contenu, mais se contentent de récupérer du contenu déjà existant — notamment sur Wikipedia — pour en générer de nouveaux grâce à l’IA (Grokipedia), ou bien via un fork de la version russe de Wikipedia pour Ruwiki 5.Les sites scientifiques et éducatifs ont perdu 10 % de leurs visites, les sites de référencement 15 % et ceux consacrés à la santé plus de 30 %....."                                                                                                                                                                     Le risque est grand aujourd'hui face aux développements de sites à prétention idéologique   comme Ruwiki et ses instruments de pouvoir pour reconditionner le savoir, l' accomoder à des vues politiques__ Ou comme Grokipedia d'Elon Musk, qui nous promet la vérité, toute le vérité....? !

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