HORIZONS ET COUPS DE COEUR (ou de gueule)

CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!

Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

jeudi 21 mai 2020

Les sacrifiés

Une tragédie escamotée.
                                 Il a fallu attendre début avril pour que les résidents décédés commencent à être comptabilisés comme victimes du coronavirus et il a fallu du temps pour que le personnel des Ehpads soient préparés et équipés ne serait-ce que de simples masques. Une imprévoyance? Non, une faute .  Certains avaient anticipé une hécatombe possible. Elle n'a pas eu lieu, mais avec le bilan provisoire, très lourd, on peut estimer que les victimes représentent une moitié des touchés mortellement par le virus fatal.

      "...Il faudra plusieurs mois, peut-être des années, pour que les experts établissent avec précision le vrai bilan du Covid-19. En attendant, le comptage quotidien de Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, n'est qu'une estimation assez grossière, particulièrement en ce qui concerne les chiffres des Ehpad. « C'est forcément plus. Ne serait-ce que parce que la plateforme de comptage mise en place par le gouvernement fin mars ne repose que sur les signalements des établissements », constate Nathalie Maubourguet, présidente de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad. Ce médecin a interrogé ses confrères. Aucun d'entre eux n'a lui-même effectué de signalements, laissés à la charge des directeurs, pas toujours pressés, selon elle, de « singulariser » ainsi leur site… Autre indice de la sous-estimation : ces témoignages de salariés des pompes funèbres, qui voient pulluler, ces dernières semaines, des certificats de décès comportant la seule mention de « détresse respiratoire », sans la case Covid. « On nous a remonté de nombreux cas », affirme Claudette Brialix, présidente de la Fédération nationale des associations et amis des personnes âgées et de leurs familles (Fnapaef)....."
   Déjà, nos anciens relevaient de soins et de traitements pas toujours exemplaires, vu le manque de moyens, surtout en personnel, et donc le temps à leur consacrer était notoirement insuffisant, pour ne parler que des seuls soins.. La gestion de certains établissements, avec des aides d'Etat,  étaient surtout commandée par la loi du profit.  
    Un juteux marché pour des groupes privés, profitant de la manne commune et parfois d'astronomiques loyers, que beaucoup de famille ne peuvent assurer. Malgré les moyens, ils n'ont pas été traités là mieux qu'ailleurs.
    La "gestion" des aînés n'a pas été exemplaire, c'est le moins qu'on puisse dire. Surtout en cette période dangereuse où les précautions auraient dû être redoublées. Certains médecins avaient bien anticipé le désastre potentiel.
    Le marché de l'or gris a produit des dérives, malgré les progrès sur la prise en charge des plus dépendants.    
 Les actionnaires n'ont sans doute aucune idée de ce que leur gain a pu produire indirectement comme
désastre humain. La crise sanitaire a agi comme un révélateur. Il y a vieillir et vieillir....
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Posted by Etienne Celmar at 09:08 Aucun commentaire:

mardi 19 mai 2020

Deux mots sur la dette

Celle de l'hôpital
                            Des moyens sont promis pour guérir le malade. C'est juré. Il y a urgence.
         On va revoir cette fameuse dette que le système hospitalier traîne comme un boulet..
    Mais d'où vient cette dette? Comment s'est-elle constituée, dans une sorte de cercle vicieux ? Une dette largement fabriquée depuis des décennies
   Faut-il privatiser encore plus, comme le préconise la Caisses des Dépôts??
     


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Résultats We"....Les frais financiers liés aux charges d’emprunt du secteur hospitalier sont évalués à 850 millions d’euros aujourd’hui par la Fédération hospitalière de France. Pour parvenir à 800 millions d’euros d’allègement par an, il aurait fallu que le gouvernement accepte de reprendre quasiment l’intégralité des 30 milliards d’euros de dette contractés par les établissements hospitaliers. Il a choisi de n’en reprendre qu’un tiers, soit 10 milliards d’euros. Et encore sur trois ans : ce qui représente une reprise de 3,3 milliards d’euros de dette par an, soit 0,1 % de l’endettement public total. Au mieux, les frais financiers seront réduits à quelque 90 millions d’euros en 2020, selon les premières évaluations de la Fédération hospitalière de France. Une goutte d’eau dans un budget total de 84 milliards d’euros par an.Rien n’empêchait le gouvernement de faire un geste d’ampleur et de reprendre la totalité de la dette hospitalière. Même pas les fameux critères de Maastricht. À la différence de l’Allemagne, qui a régionalisé l’essentiel de ses dépenses hospitalières, la dette des hôpitaux publics est déjà comptabilisée dans les comptes publics établis dans le cadre des traités européens. Transférer la dette des bilans des hôpitaux à ceux de l’État n’aurait donc rien changé par rapport aux exigences de déficit et d’endettement imposées par les règles européennes. Cela aurait même pu contribuer à améliorer les comptes publics : l’État emprunte traditionnellement à des taux bien inférieurs à tous les autres, même les organismes publics. Et en ce moment, les taux sont négatifs pour les emprunts d’État. La prise en charge par l’État de la totalité de la dette des hôpitaux et des charges financières qui lui sont liées aurait été aussi un moyen de compenser au moins partiellement les 2,7 milliards d’euros qui vont disparaître des recettes de la Sécurité sociale en 2020, à la suite des allègements consentis par le gouvernement (défiscalisation et suppression des cotisations sociales sur les heures supplémentaires, les primes, l’intéressement…). La loi Veil oblige normalement le gouvernement à compenser tous les allègements qui pénalisent le budget de la Sécurité sociale. Mais, cette fois-ci, le gouvernement s’y est refusé."....Si le gouvernement n’a pas voulu reprendre l’intégralité de la dette hospitalière, c’est moins pour des questions de gestion que de principe. Cela aurait été contraire à sa politique, à ses croyances.

     "   ....Depuis plus d’une décennie maintenant, de nombreux économistes ont documenté le rôle de la dette dans la logique néolibérale. C’est l’outil idéal de contrainte pour forcer les États ou tout ce qui relève de la sphère publique – la sphère privée a le droit à de tout autres égards – pour les forcer à reculer, à plier face au tout économique, à la marchandisation du monde (lire ici ou là).
           La prescription qui est imposée par le gouvernement aux hôpitaux s’inscrit totalement dans cette vision. Il va jusqu’à s’inspirer des pratiques instaurées par la Troïka en Grèce, imposant l’austérité contre des financements : les établissements hospitaliers qui demanderont une reprise de dette devront s’engager, en retour, par contrat avec l’État, « dans une trajectoire de désendettement et/ou dans un plan de transformation », précise-t-il, dans un langage caricatural de ce néo-management devenu la norme de toute parole publique officielle.
            Faire un autre choix aurait été irresponsable, assure le gouvernement. Délestés de tout endettement, les hôpitaux auraient été poussés à s’endetter à nouveau sans limites, ceux-ci dépensant sans compter, à en croire le gouvernement. « La dette des hôpitaux a augmenté de 40 % en dix ans », insiste le dossier de presse du gouvernement, ancrant l’idée d’une gabegie infinie du secteur hospitalier. Un argument repris par Agnès Buzyn, ministre de la santé, devant l’Assemblée nationale, qui dénonce l’incurie gestionnaire des hôpitaux publics, illustrée par l’explosion de leur dette ces dernières années.
         L’ennui, là encore, est que tout ceci est faux. Deux rapports de la Cour des comptes, le premier en 2014, le second en 2018 retracent avec précision la trajectoire de la dette hospitalière des dernières années. En 2003, la dette des hôpitaux s’établit à 9,8 milliards d’euros. Puis elle s’envole tout au long de la première décennie 2000 pour finir à 29,3 milliards d’euros en 2012. Depuis, comme le constate la Cour des comptes, les hôpitaux ont mené une politique constante de rigueur, en vue de stabiliser les dépenses et de reprendre le contrôle de l’endettement et des charges financières. Avec un certain résultat. En 2019, la dette hospitalière est au même niveau qu’en 2012 : 30 milliards d’euros.
          De fait, toute la note tend à faire se confondre investissement public et privé. Sur la gestion de la dette la rhétorique est la même. Une phrase lapidaire sur la restructuration de la dette restante des hôpitaux public et un paragraphe entier sur la dette des « établissements privés de santé à but non lucratif ». La proposition pour cette dernière est de créer des fonds de dette hybride qui prêteraient aux mêmes titres aux hôpitaux publics... et à ces établissements privés. Une logique qui permet de développer toujours plus les intérêts des groupes privés dans le secteur de la santé, transformant les soins nécessaires à nos vies une marchandise comme les autres.
          Cette dégradation financière du secteur public hospitalier n’est pas seulement liée à un manque de financement, à des erreurs dans des politiques publiques mal maîtrisées. Elle a été voulue, organisée à partir des années 2000. C’est François Fillon, ministre de la santé dans le gouvernement Raffarin – deux hommes qui, pourtant, n’ont cessé par la suite de dénoncer le malheur de la dette « laissée à nos enfants » – qui en a été le grand organisateur. À l’époque, il s’agit de lancer la modernisation des hôpitaux dans le cadre d’un plan nommé « Hôpital 2007 », visant à augmenter de 30 % l’investissement hospitalier.
        Mais le gouvernement a une idée bien arrêtée pour mener cette modernisation : celle-ci ne sera pas financée par l’État comme auparavant mais par l’appel aux banques et aux marchés, par la dette donc. C’est dans le cadre de cette modernisation que le gouvernement introduit un autre levier : la tarification à l’acte.
         Deux mesures clés qui participent au dynamitage du service public de la santé. L’hôpital n’est plus un bien commun, qui s’inscrit dans un réseau de soins organisés, mais une entreprise, qui a ses moyens et ses projets propres, en concurrence avec tous les autres. « Plus l’activité est soutenue, plus l’hôpital gagne de l’argent, exactement comme dans une entreprise », confirmera plus tard Jean de Kervasdoué, l’un des grands inspirateurs de la « modernisation » de la santé en France et notamment de la tarification à l’acte. Cet économiste libéral a sévi à la direction des hôpitaux et au ministère de la santé pendant plus de trois décennies.
            Pour parachever cette transformation, le gouvernement adopte des dispositions qui n’ont l’air de rien mais qui se révéleront dévastatrices pour la suite : d’une part, il supprime tous les contrôles des autorités de tutelle sur les emprunts hospitaliers, d’autre part, les dirigeants hospitaliers, auxquels le gouvernement accorde les pleins pouvoirs face aux médecins et aux responsables de santé, n’ont plus l’obligation de soumettre les plans de financement, les emprunts contractés à l’approbation de leur conseil d’administration. Tous les garde-fous sont levés. Le directeur d’hôpital est seul roi en son royaume, mais sans porter aucune responsabilité, sans qu’il ne lui soit demandé aucun compte.
         Ce recours fléché à l’endettement est accueilli par des applaudissements par le monde bancaire. À l’époque, les collectivités locales et tous les services publics sont des marchés à conquérir pour les banques : il est possible de leur prêter à des taux bien plus élevés que ceux consentis à l’État (en moyenne, les hôpitaux emprunteront durant cette période à des taux de 2 % à 6 % plus élevés que ceux de l’État) et, en même temps, ils sont considérés comme des emprunteurs sûrs, car l’État est toujours garant en dernier ressort.
         Dexia (ancien Crédit local de France), interlocuteur traditionnel des collectivités locales, détient naturellement une part prépondérante de ces marchés (40 %). Toute à sa folie d’expansion, la banque entend bien défendre sa place et même l’accroître, par tous les moyens (voir notre enquête sur Dexia). Mais le Crédit agricole, la Deutsche Bank, les Caisses d’épargne, le Crédit suisse et bien d’autres sont aussi sur les rangs. Tous lorgnent ces nouveaux clients, d’autant plus intéressants qu’ils sont inexpérimentés.
            C’est l’époque où la créativité bancaire est débordante. Taux variables, emprunts indexés sur le yen, le franc suisse, prêts structurés, avec des remboursements différés, au moins au début… : l’imagination bancaire est au pouvoir pour attirer les clients publics, les convaincre que rien ne fait obstacle à leurs projets d’agrandissement, de modernisation, d’expansion, en se garantissant des marges substantielles. Entre 2003 et 2008, la dette hospitalière est ainsi multipliée par deux : elle est alors à 18,9 milliards d’euros.
        Comme les maires, les directeurs d’hôpitaux signent à tour de bras des emprunts, parfois très toxiques, pour agrandir et moderniser leur hôpital. Sans aucun contrôle. En 2012, à la suite de la faillite de Dexia et du scandale des prêts toxiques, une première évaluation de ceux-ci dans le secteur hospitalier sera menée par la Cour des comptes. Selon ses estimations, un milliard d’euros de prêts souscrits par les hôpitaux sont classés comme très toxiques. Les autres prêts considérés à « risque très élevé » sont estimés à 2,5 milliards d’euros. Au total, 12 % du total de l’encours des dettes hospitalières est considéré comme faisant porter un risque élevé aux établissements hospitaliers, se traduisant dès cette époque par des surcoûts de plusieurs dizaines de millions chaque année.
            Les autorités de contrôle n’ont rien vu. Comme elles n’ont rien vu quand les directions s’engageaient tête baissée dans des partenariats public-privé (PPP) pour la construction, l’agrandissement ou la modernisation d’établissements hospitaliers. Une trentaine de contrats en PPP, représentant un endettement global de 1,5 milliard d’euros, remboursables sur des périodes de 18 à 30 ans, seront signés, sans la moindre opposition des autorités de tutelle, pendant cette période. Ce n’est qu’après le scandale de l’hôpital Sud-Francilien que les ministères de la santé et des finances se décideront à les exclure du secteur de la santé.
         La faillite de Dexia au début de la crise financière de 2008, la découverte des emprunts toxiques à la suite de cet effondrement, la crise plus générale de la dette en Europe auraient pu conduire le gouvernement de l’époque à tenter de reprendre les choses en main ou, en tout cas, à revisiter son plan « Hôpital 2012 », bâti sur le même modèle que le précédent. Roselyne Bachelot, ministre de la santé du gouvernement de François Fillon, son prédécesseur à ce poste, décida au contraire de poursuivre sur la même ligne : la modernisation des hôpitaux devait se continuer, sans l’aide des finances publiques, par le biais de l’endettement. Et l’endettement hospitalier continua de grimper de 10 milliards, pour arriver à 29,3 milliards. En dix ans, il avait été triplé.
        C’est la crise de la zone euro en 2011 qui donne finalement un coup d’arrêt à cette fuite en avant. L’heure est à l’austérité, à la rigueur. À son arrivée au pouvoir, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault reprend le dossier, mais sans vraiment changer l’équation financière des hôpitaux. Si le recours à l’emprunt a été quasiment banni, tout le reste demeure inchangé
  ....Ce recours fléché à l’endettement est accueilli par des applaudissements par le monde bancaire. À l’époque, les collectivités locales et tous les services publics sont des marchés à conquérir pour les banques : il est possible de leur prêter à des taux bien plus élevés que ceux consentis à l’État (en moyenne, les hôpitaux emprunteront durant cette période à des taux de 2 % à 6 % plus élevés que ceux de l’État) et, en même temps, ils sont considérés comme des emprunteurs sûrs, car l’État est toujours garant en dernier ressort.
                      « Ce document est le révélateur très net des orientations actuelles en matière de réformes de la santé : nécessité de faire plus de place au privé ; croyance forte dans l’innovation numérique comme solution au double enjeu de la qualité des soins et de la contrainte financière ; responsabilisation et individualisation face au risque. Les quatre points généraux du document ne sont qu’un coup de tampon aux stratégies édictées depuis plusieurs années. Loin de remettre en cause les orientations délétères des réformes conduites depuis plus de vingt ans, ils conduisent à accélérer la casse de l’hôpital public. Ce document n’est pas seulement la marque d’une volonté d’étendre l’emprise du privé au sein de l’hôpital public, il traduit la conception technophile, néolibérale et paternaliste qu’une grande partie des acteurs administratifs et des responsables politiques ont de la santé. » synthétise ainsi Pierre-André Juven, sociologue interrogé par Mediapart.
                                                _________________________

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Posted by Etienne Celmar at 08:51 Aucun commentaire:

lundi 18 mai 2020

Crise et Collapsologie

Eco-pessimisme? Un peu, mais pas trop...
              [Quelques notes à titre de petite piqûre de rappel en cette période de crise)- Bis repetita-).]
                                               Entre paralysie et action malgré tout.
         On le dit et on le répète: les choses sont graves et il faut faire vite. Des hypothèses, on est passé aux quasi-certitudes. Trop d'indices convergent maintenant, même si tout ne fait pas système, même si une vision synoptique nous échappe vu la complexité et la diversité des facteurs en cause.
   Ce n'est pas la planète qu'il faut "sauver", mais les possibilités de vie humaine  future, au vu des mutations climatiques en cours.
  Mais comment gérer l'urgence étant donné le poids des habitudes et la puissance des intérêts en jeu, qui ne comprennent guère le long terme. ni même le moyen terme, qui instrumentalise l' ignorance et le scepticisme?

 C'est comme vouloir arrêter ou faire virer sur mer un super tanker sur une courte distance.

 Si la situation est si critique, si l'irréversible nous guette, que faire?
 Certains réfutent la notion  de collapsologie, qui, comme les termes au suffixe"logie", semble s'apparenter à une science. Ce qui n'est pas le cas, même si différentes sciences ont leur mot à dire sur cette dénomination vague et anxiogène, si un faisceau d'indices convergents ne permet plus le douter.
  L'urgence climatique n'est plus un mythe dénoncé naguère par Claude Allègre et quelques climato-sceptiques qu'on entend de moins en moins, elle est une exigence reposant sur des faits de mieux en mieux cernés, même si beaucoup de causes nous échappent.
  La question est de savoir si l'on n'en fait pas parfois un peu trop et trop mal, au risque de créer un effet de sidération paralysante, compromettant toute réflexion de fond, toute action et réaction. Comme les survivalistes et les autres, plus lucides..
  L'attentisme joue en notre défaveur et l'action individuelle paraît dérisoire. La panique crée la sidération forcément passive et outrancière, défavorisant toute réaction d'ampleur. Les COP se suivent et se ressemblent trop.
 Le climat a toujours été un agent historique majeur. Il l'est devenu avec plus d'évidence. Nous sommes, à n'en pas douter, dans une phase de mutations rapides et les incantations ne suffisent pas.
  Les économistes sont partagés pour l'instant. Les scientifiques ne parlent pas toujours unanimement. La jeunesse est plus sensibles et mobilisée.

   Mais la "fin du monde", vieille antienne, n'est pas un thème mobilisateur. La collapsologie est à la mode, mais source de fantasmes ambigüs. La peur peut être paralysante.

  Les fictions d'apocalypse ne font pas avancer la réflexion. C'est la croissance capitaliste  qui est en question et sa logique financière. Dans ce domaine, c'est souvent le double langage ou le déni.
   Une autre pensée politique est nécessaire. Les enjeux mobilisent trop peu.
  Le pire n'est jamais sûr, mais il faut changer de braquet.
    Hans Jonas nous avait naguère déjà préparé à la considération des risques majeurs et, pour ce faire, à donner un nouveau sens au monde qui s'annonce.

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Posted by Etienne Celmar at 09:05 Aucun commentaire:

dimanche 17 mai 2020

Echos du jour

__ L'Allemagne m'inquiète.

__Une surveillance en question.

__ Une gestion contestée.

__ Ça roule pour lui...

__ Concurrence (vraiment) déloyale?

__ Hors de l'armée point de guérison.

__ La curiosité est un vilain défaut.

__ Réponse à Vincent Lindon.

__ De troublants parallèles...
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Posted by Etienne Celmar at 08:39 Aucun commentaire:

samedi 16 mai 2020

Macro(n)-conversion?

Dr Macron  au chevet de l'hôpital.
                                         On ne s'y attendait pas.
                                                   Il s'est penché enfin sur le grand corps malade.
     A-t-il parlé sérieusement ou par inadvertance? se demandent certains. Ou poussés par les pressions du milieu, les circonstances?

    En tous cas il était temps!  Certes, ce n'est pas encore la mort clinique, ni même le coma dépassé. Le patient bouge  encore. Et comment! On s'en est rendu compte depuis quelques mois. 
    Mais l'épuisement est inquiétant et les signes cliniques ne sont pas rassurants, en partie à cause du remède administré depuis plusieurs décennies. Contre-performant. Remède assez toxique, donné par des administrateurs sans blouse blanche, la calculette à la main, bien souvent hors-sol. Des gestionnaires sommés par Bercy de réduire les coûts. A courte-vue.
  La longue dérive libérale de la gestion hospitalière a produit ses effets, moins qu'en UK, de
manière moins inégalitaire qu'aux USA, mais de façon inquiétante quand même. Un management de plus en plus étroitement comptable.déshumanisant à terme. L'homme ne vit pas seulement de soins, mais aussi de paroles, de présences, d'attention, de respect. Surtout en hôpital.
     Il ne s'agit pas d'un erreur, comme dit Dr Jupiter, mais de projets délibérés déjà anciens pour réduire les coûts, à tout prix, les centres de soins n'étant pas productifs, mais trop dépensiers. Comme si la bonne santé et la forme physique n'était pas un élément essentiel du bien-être, donc un facteur de bonne activité, donc de productivité. Le lean management a produit ses effets.
  Chiche! avons-nous envie de dire au Dr Macron, avec le désir de le prendre une deuxième fois au mot.
   Il ne s'agit pas seulement de reconnaissance salariale. C'est le bien du malade qui prime, mais celui-ci ne peut exister sans une certaine disponibilité des soignants. Là, le temps n'est pas (que) de l'argent.
                               ____ "...Le président de la République, qui s’est présenté comme un « enfant de l’hôpital » (son père, Jean-Michel Macron, était professeur de neurologie au CHU d’Amiens), a fait son mea culpa sur la façon dont le système de santé avait été réformé depuis son arrivée à l’Elysée en 2017. « On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée il y a deux ans », a-t-il reconnu, en référence à la réforme du système de santé baptisée « Ma santé 2022 » et présentée en septembre 2018.      Le chef de l’Etat a estimé que cette loi « ne portait pas assez de sens » et avait « un rapport au temps et une ampleur qui n’étaient pas du tout suffisants par rapport à l’état où était l’hôpital ». « On mettait fin à quinze ans de baisse des tarifs hospitaliers, on [les] avait même réaugmentés. J’étais convaincu qu’on était en train de changer les choses » et « c’est très cruel pour moi-même », a-t-il ajouté, jugeant que « c’était une super stratégie mais à faire dix ans plus tôt ».      Complétant et précisant ce qu’il avait déjà annoncé la veille depuis l’Elysée, Emmanuel Macron a établi les grands axes du futur plan en faveur de l’hôpital. Il a regretté qu’une des mesures phares du plan d’urgence en faveur de l’hôpital public présentée en novembre 2019 par Agnès Buzyn, alors ministre de la santé, et par le premier ministre, Edouard Philippe, n’ait pas été comprise : la reprise sur trois ans, à partir de 2020, de 10 milliards d’euros de la dette hospitalière, soit un tiers du total. « Ça ne parle à personne, personne ne dit que c’est une bonne idée. Ce n’est sans doute pas une bonne idée. Donc il faut oublier ce truc et réinvestir différemment », a annoncé le chef de l’Etat....
               Espérons que ce seront pas que paroles...
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Posted by Etienne Celmar at 09:14 Aucun commentaire:

vendredi 15 mai 2020

Labos au front

La guerre des vaccins
                               La lutte contre la pandémie est engagée. On mobilise. Au niveau mondial.
   Les puissances publiques font appel aux grands groupes pharmaceutiques pour mettre en oeuvre le fameux vaccin capable de neutraliser le virus, de stopper sa diffusion. Les enjeux sont immenses.
  Le problème est que cette mobilisation se fait dans un certain désordre international et que les objectifs des firmes intéressées ne sont pas toujours clairs, elles qui ont déjà beaucoup gagné dans la phase de lutte médicale menée jusqu'ici.

  Elles ne sont pas précisément des organismes philanthropiques. Ce sont de puissants lobbies, dont le pouvoir est bien connu et les dérives sont régulières. On se souvient encore, entre autres, de l'affaire Mediator, de triste mémoire. Le business est la loi, l'efficacité est aléatoire, les abus de pouvoir sont fréquents, le contrôle international inexistant, ou trop souvent seulement en aval.
  La puissance des grands groupes pharmaceutiques, pas ou pu contrôlés par la puissance publique, au nom du bien commun, la question de la santé n'étant pas un problème privé, est telle qu'elle constitue
une poule aux oeufs d'or pour les actionnaires.
  De plus une entreprise comme Sanofi, aux pratiques parfois contestables, se laisse aller à une sorte de chantage en cette période critique où les conflits d'intérêts s'exacerbent entre les grandes puissances.
    Le covid-19 est déjà une bonne affaire pour Sanofi
 Les liens d'intérêt facilitent les choses. Les pressions politiques ne sont pas rares et les excès ne manquent pas.
  La santé n'est pas une marchandise comme une autre.
    Il ne suffit pas de dire que les médicaments sont un bien commun, il faudrait instaurer les conditions d'un contrôle international de leur production et de leur gestion, par le biais d'un OMS revu et corrigé.
  Une révolution est nécessaire dans cette course à la marchandisation. Pas seulement pour le contrôle des prix et la limitation des profits. Cela apparaît surtout aujourd'hui comme une  évidence.
                                                  _________________________

Navigati

Posted by Etienne Celmar at 08:39 Aucun commentaire:

jeudi 14 mai 2020

Et après?

Bien malin qui le dira.
                Cependant chacun y va de son pronostic, de son pari ou de son hypothèse. A ses risques et périls. Dans l'incertitude la plus grande. Parfois avec les espoirs les plus fous.
  Nous ne sommes qu'au cours d'un processus  dont nous ne pouvons mesurer encore l'ampleur et la durée, ni les conséquences à moyen et à long terme.

 Mais nous entrevoyons déjà quelques incidences de ce phénomène hors du commun, que nous avons encore du mal à trouver crédible.
  Le désarroi est partout et les pouvoirs les plus éclairés essaient seulement pour l'instant d'éviter une chute trop brutale.
    Que la pandémie nous mène vers de grands changements, nous le soupçonnons sans difficulté. Comme dans le passé. Mais peut-être. Une course contre la montre...pas autant que certains le pensent, sur ce qui est jugé essentiel. Tout pessimisme mis à part.
   Certain auteurs ne se font pas trop d'illusions sur les conséquences espérées heureuses qui pourraient découler de ce bouleversement en cours, attendues par les plus radicaux ou les plus idéalistes, jugeant que rien  ne peut plus être comme avant.
   Tous les pays ne sont pas affectés de la même façon et ne réagissent pas de la même manière et sans doute reverrons , du moins à la marge, leur logiciel économico-social, de manière peut-être plutôt régressive. (*) Peut-être pas. C'est le propre des époques troublées d'engendrer les espoirs les plus fous comme le pessimisme le plus noir. On connaît la chanson...
   Mais l'avenir sera long...
      " ....En France, lors de la conférence de presse du Premier ministre qui s'est tenue le 7 mai pour présenter les mesures prises afin d'organiser la sortie du confinement, une phrase a retenu l'attention: celle où il déclare que la France, «une fois la crise sanitaire passée, répondra à la crise économique et à l'appauvrissement général qui va intervenir». Interrogé sur la question du temps de travail, Édouard Philippe a évité une réponse directe «mais, a-t-il précisé, je crois que si nous voulons retrouver notre prospérité, dépasser ce cap et ce coup dur pour la France, il faudra collectivement que nous nous en donnions les moyens par le travail, la solidarité, l'inventivité».
    On comprend que le Premier ministre, déjà très critiqué sur la façon dont le gouvernement a géré la crise sanitaire et préparé le déconfinement, n'ait pas souhaité ouvrir un nouveau front sur un sujet aussi sensible que la durée du temps de travail... Mais il est certain que la question se posera dans les prochains mois lorsqu'il s'agira d'œuvrer à limiter au maximum les effets négatifs du confinement sur la richesse nationale.
   En ce sens, on voit s'esquisser certaines pistes d'actions, comme celles proposées par l'Institut Montaigne. Il sera nécessaire d'y réfléchir et le gouvernement devra en discuter avec les partis politiques et les partenaires sociaux, pour arriver à trouver pour une période limitée le compromis le plus intelligent possible entre les impératifs économiques, le respect des droits sociaux et la prise en compte des risques sanitaires....."

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Posted by Etienne Celmar at 06:44 Aucun commentaire:

mercredi 13 mai 2020

Chemin de Damas?

Putain de pognon!
                    Avait-il dit, 
                                   Dans une autre vie...
      Face aux dépenses sociales jugées disproportionnées, dans un domaine jugé non directement productif.   Le rôle de l'Etat devait devenir seulement régalien, devant se dégager de plus en plus du modèle instauré après-guerre, ou de ce ce qui en restait. Keynes n'avait plus raison. Il fallait laisser la place libre au marché, qui, dans sa sagesse, devait par lui-même réguler l'ordre économique.
    Quoi qu'il en coûte! annonce-t-il plus tard, à nos yeux z'ébahis, proclamant que l Etat devait devenir "providence", pour voler au secours d'une économie qui peut sombrer, des emplois qui peuvent s'envoler d'une situation pouvant devenir incontrôlable.
   
    Il a fallu, non pas la grâce divine, comme pour St Paul, mais un tout petit virus de rien du tout pour engendrer une apparente conversion radicale, comme la crise de 29 avait progressivement amené le républicain Roosevelt à prendre en main la réorganisation du pays pour le sortir au moins du pire de la crise économique, pour instaurer un New Deal, qui devait l'amener  vers le redressement, par des mesures parfois draconiennes vis à vis d'une finance devenue folle.
    On peut douter que le ci-devant Jupiter arrive, par d'autres voies, aux mêmes fins et juger qu'il ne se contentera pas de jouer au pompier de service. Sera-t-il capable de dépasser l'opportunisme imposé par les faits pour revenir à un nouveau Contrat social?..
  Il y a fort à parier que, surtout dans le contexte international qui prévaudra demain, il faudra le stimuler un peu et lui rappeler ses bonnes paroles...
                                             ______________________________________
Posted by Etienne Celmar at 08:50 Aucun commentaire:

mardi 12 mai 2020

Net-dérives

Une nette dérive sur le Net
           C'est ce à qui on a assisté depuis les premiers temps du confinement.
            Elle n'est pas née de rien, elle n'a fait qu'amplifier des tendances déjà existantes. Avec, en plus , les nécessités dues au télétravail de plus en plus pratiqué. Jusqu'à faire chauffer les serveurs, ralentir les débits, énerver les utilisateurs.
  Une frénésie liée au besoin d'occuper un temps qui n'en finissait pas, de répondre à l'oisiveté imposée, au besoin de calmer les inquiétudes de l'esprit, l'incertitude ambiante parfois pesante,  la difficulté d'assumer la vie familiale en continu, avec ses failles et ses limites. Tout cela lié à des propositions explosives des vendeurs de loisirs infinis sur la toile, renouvelant leurs propositions aguichantes.
  Que de jours et de nuits passées à en perdre toute notion du temps, du réel, dans un monde parallèle où Netflix, Facebook and Co servaient de dérivatifs!
   Pour le meilleur et pour le pire.Une dépendance souvent net-tement compulsive, où l'esprit se perdait dans les labyrinthes du virtuel. Jusqu' au sentiment d'irréalité, en résonance avec celui qui était ressenti venant du monde réel. Oublier était devenu l'urgence.
    Certain l'ont mal vécu, expérimentant l'ambiguïté du Net, l'enchantement étant devenu servitude.  Pour le pire plus que pour le meilleur.. D'autres ont perçu cette net-frénésie de manière distante, parfois amusée, souvent énervée. Comme un certain Laurent, à l'humour parfois ravageur, dénonçant les dérives bêtifiantes des usages à haute dose du clavier, nous rendant parfois dépendants de toutes les formes d'influences incontrôlées:
          "...Jamais, durant ces deux mois de confinement, nous n'avons autant été bombardés de conseils édictés par les nouveaux gourous du net. On a eu droit à tout, absolument à tout.
   La totale, dans son intégralité, in extenso, en version originale sous-titrée, du désormais traditionnel «Comment parler à vos moutards du pourquoi du comment de la crise actuelle» –terrorisme, pandémie, Dieu et ses prophètes, mamie et ses hémorroïdes, le climat et ses changements– à «la meilleure façon de cuire son (putain de) pain au levain» –au four, c'est mieux.
    Sans oublier les innombrables pourquoi: pourquoi vous baisez moins quand vous êtes confinés à l'intérieur de vous-mêmes? Pourquoi les Suédois n'ont-ils pas forcément raison d'avoir tort avant tout le monde? Pourquoi mélanger de la chloroquine avec du Fanta Orange n'est pas a priori une bonne idée? Pourquoi se mettre au violon en étant confiné pourrait permettre de résoudre le problème de la faim dans le monde? Pourquoi les veufs bretons sont-ils moins susceptibles d'attraper le coronavirus que les veuves qui habitent dans la périphérie de Nice?
   Ce qu'il convient de lire pour comprendre ce qui nous arrive. Ce qu'il faut éviter de manger. Les films à voir absolument. Les aliments à privilégier. La stratégie à adopter face à une fuite d'eau pendant une épidémie de Covid-19. Le sommeil! Comment bien dormir quand vous n'avez plus rien à foutre dans votre vie de merde? Comment ajuster le débit de son robinet d'eau pour ne pas abîmer de trop la peau de vos paumes de mains? Comment porter un masque quand vous descendez les poubelles par une nuit de pleine lune? Comment s'occuper de votre voiture si vous l'avez laissée face à un voisin dont la femme travaille à la maison de retraite où agonise la tante de votre belle-mère qui vous fait la gueule depuis que vous avez refusé d'envoyer vos enfants dormir chez elle?    
  Tout, on a eu le droit à tout, je vous dis.
 Comme si, devenus tout à coup cons comme des crevettes –je m'inclus dans le troupeau–, nous avions perdu toute capacité réflexive. Comme si désormais, par les temps qui courent, la moindre de nos initiatives devait être avalisée, confirmée, approuvée par un passage sur internet. Hors le net, point de salut.
  Comme si penser par soi-même était devenu une activité illégale et jugée répréhensible par l'ensemble de la société. Ne pense plus, gamin, on s'occupe de tout. De tes courses comme de tes amours. De ton portefeuille, de l'éducation de tes mômes, de tes choix culturels, de tes plats à cuisiner, de ta queue et de tes rides, de tes prochaines vacances comme de la forme de ton cercueil...."
                                               _______________________________
Posted by Etienne Celmar at 09:18 Aucun commentaire:

lundi 11 mai 2020

Eclaircie

Juste une éclaircie.
                       Mais ce n'est pas la liesse, comme à l'occasion d'une victoire finale sur un ennemi, qui en l'occurrence n'en n'est pas un.
   Juste un grand soulagement, une ouverture qui met, peut-être seulement provisoirement, un terme à la claustration relative, au huis-clos imposé depuis deux mois qui ont semblé durer on ne sait combien de temps. Un temps suspendu, déstabilisant, incertain, hors du commun. Un période que l'on pourra un jour certainement qualifier d"'historique", au sens fort.

     Un tournant peut-être dans l'histoire mondiale, même s'il est encore trop tôt pour en juger. Même si on ne peut se laisser aller facilement aux projections, voire aux utopies qui agitent les esprits concernant la figure que prendra le temps d'"après".
    Les hommes font l'histoire, dit-on souvent, mais ici c'est la nature qui  en modèle le cours, sous la forme d'un être microscopique insidieux et perfide qui ne cherche qu'à se reproduire. Mais les hommes ne sont pas pour rein dans son apparition et sa diffusion.
          L'extrême fragilité et vulnérabilité de l'humanité nous reviennent à la figure, comme périodiquement dans l'histoire, qui nous rappelle que l'homme n'est pas "maître et possesseur" de la nature, dont les lois se rappellent à nous régulièrement, même si nous savons en tirer de mieux en mieux parti. Nous ne sommes plus, comme Descartes, à l'aube d'une modernité où tout semblait possible. Le projet de conquête de l'espace apparaît bien dérisoire à l'heure où le vivre et le vivre ensemble apparaît sous un jour si cru et problématique. Il va falloir remonter les horloges et repenser nos logiciels.
    Nous n'avons pas vu le pire, comme redouté au début, mais nous ne sommes pas sortis de questionnements profonds sur ce qui va survenir comme conséquences proches et lointaines. Un "rien" et nous voilà déstabilisés pour longtemps. 
     Sans un surcroît de solidarité interne et internationale, sans remise en question des règles qui régissent nos rapports, si tout revient comme avant, il est sûr que de profondes désillusions nous attendent encore. L'incertitude est notre lot.
    Le ciel se dégage, mais on sait que toujours l'orage peut menacer à nouveau.
                                                     _________________________
Posted by Etienne Celmar at 08:56 Aucun commentaire:
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