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vendredi 9 novembre 2007

Allègrement réfuté...



Bienvenue chez Jean-Marc Jancovici (ajouts récents)
(Commentaire de lecture : MA VERITE SUR LA PLANETE -de Claude Allègre-)
..où l'on peut être bon géophysicien, mais mauvais climatologue...

Claude Allègre, Chevalier de l’Ordre de la Terre Plate

mercredi 26 janvier 2011

Chatel's revolution

Alertez les bébés!

Osons l'anglais à 3 ans !
________ My minister is a madman, it's not ?

Voilà un ministre qui ne manque pas d'audace: il propose de commencer l'étude de l'anglais dès 3 ans.
"Je veux réinventer l'apprentissage de l'Anglais dans ce pays" clame-t-il avec modestie . Rien que ça!
Ainsi, dans un proche avenir,
« les petits Français parleront l'anglais et apprendront le français » (Allègre) ?..
_________The Chatel's revolution is coming! (1)__ Comme Medvedev?

_Alors que
les intervenants en langue sont peu à peu retirés du primaire pour raisons d'économie, que les conditions d'enseignement se dégradent en collège et au lycée , pour les mêmes raisons...
Allez enseigner correctement une langue vivante avec des effectifs de plus en plus nombreux, au lycée, surtout quand les bases indispensables en français, sans lesquelles tout autre apprentissage est compromis, deviennent problématiques!
La langue de Molière, sans la maîtrise de laquelle on ne construit rien de solide, a été mise à mal depuis longtemps. Beaucoup appellent à "sauver les lettres".
__Et si on osait le français?!
__On répète de manière lassante que notre pays accuse un retard scandaleux: aucun élève ne parlerait couramment anglais en sortant de ses études secondaires... Pas tout à fait vrai pour une minorité de privilégiés dont les familles ont les moyens de payer des cours privés de soutien et des stages prolongés à l'étranger.
S'interroge-t-on sur le niveau des jeunes anglais en français ou des jeunes espagnols en allemand? On serait surpris.
_C'est que la langue de Shakespeare prend de plus en plus de place, phagocytant toutes les autres, en Europe comme ailleurs. C'est plutôt un anglais minimaliste, un globish appauvri, un sabir des affaires, de la globalisation, des élites commerciales et politiques.
_L'anglomania gagne du terrain, portée par la volonté des managers internationaux de "coloniser les esprits", de formater les dirigeants, de les gagner aux intérêts de l'empire, de la puissance économique encore dominante.
____-« L’anglais est la langue du vainqueur. »(général Jean Béca)
____-"L’anglais est l’avenir de la francophonie"
(B.Kouchner)
____-
« Le véritable or noir de la Grande-Bretagne n’est pas le pétrole de la Mer du Nord mais la langue anglaise . Le défi que nous affrontons est de l’exploiter à fond. »( rapport de 1987/88, le directeur du British Council)
____-
« Il y va de l'intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le Monde adopte une langue commune, ce soit l'anglais et que, s'il s'oriente vers des normes communes en matière de communication, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines et que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains; et que, si s'élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les américains se reconnaissent...Les Américains ne doivent pas nier le fait que, de toutes les nations dans l’histoire du monde, c’est la leur qui est la plus juste, la plus tolérante, la plus désireuse de se remettre en question et de s’améliorer en permanence, et le meilleur modèle pour l’avenir ..." (David Rothkopf, Praise of Cultural Imperialism, 1997)
On peut comprendre, par pragmatisme, l'intérêt d'un tel apprentissage, même si les Québécois critiquent notre zèle excessif, notre véritable anglolâtrie.
Mais à trois ans!...


Commencer à 3 ans, le e-learning aidant, une fausse bonne idée...
_Les syndicats s'interrogent et pointent l'irréalisme et les contradictions du projet
___Beaucoup de sceptiques en pointent les contradictions..."Le lin­guiste Alain Bentolila a ainsi rap­pelé « qu'on ne construi­sait pas une seconde langue sur les ruines de sa langue maternelle ». Autre point qui passe dif­fi­ci­le­ment auprès des syn­di­cats d'enseignants, le pro­jet doit être mis en place sans embauches sup­plé­men­taires : Luc Chatel entend en effet déve­lop­per « l'usage des nou­velles tech­no­lo­gies et d'Internet dans les écoles pour faire appel à des pro­fes­seurs à dis­tance », notam­ment en deman­dant au Cned de conce­voir et de déve­lop­per un outil spécifique. Or, rap­pelle le SNUipp, en pri­maire, l'enseignement de l'anglais est déjà obli­ga­toire dès la classe de CE1. Mais, selon le syn­di­cat, c'est pré­ci­sé­ment dans ce domaine que porte l'essentiel des res­tric­tions. Il cite ainsi un article du Monde daté de samedi, selon lequel, dans l'académie de Créteil, « en pri­maire, sur 120 sup­pres­sions [de postes], 103 concernent des inter­ve­nants en langue ».
______D'autres vont plus loin et notent le caractère délirant d'une mesure, qui, inapplicable, représente un rideau de fumée pour faire oublier les échecs et les déboires d'un ministère et d'un pouvoir, qui imposent à l'enseignement en général une rigueur inédite.
"Allègre, un de ses prédécesseurs dans l'entreprise de démolition du patrimoine intellectuel français, estimait (je cite de mémoire) que « dans l'avenir les petits Français parleront l'anglais et apprendront le français ». Non mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ! C'est tout simplement céder aux pressions de la « mondialisation », concept fuligineux inventé par les Zétazuniens pour asseoir leur domination du monde. Méditons les mots de grands... Zétazuniens dont le regard n'est pas obscurci par les illusions, et par exemple celui-ci : « La mondialisation n'est pas un concept sérieux. Nous l'avons inventé pour faire accepter notre volonté d'exploiter les pays placés dans notre zone d'influence » (J. K. Galbraith, économiste célèbre)...
"....Et pendant ce temps on démolit l'apprentissage du français, un des fondements essentiels de notre république avec la laïcité et la liberté. J'ai été effrayé, l'an dernier, alors que je donnais quelques leçons de français à mon petit-fils, de l'incroyable indigence des gosses « SMS » en matière d'orthographe. Les médias de masse se font les complices de cette acculturation..."
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L’enseignement supérieur en anglais véhiculaire : la qualité en question
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Romilly enterrée, l'agrégation de lettres aussi

vendredi 18 décembre 2009

Savoir et lobbying

Récupérations(climatiques)

De la science aux enjeux politiques et économiques

Dans ce problème complexe sur le climat, au delà des débats d'experts de bonne foi, se livrent des conflits d'intérêts, le plus souvent masqués, dans un sens ou dans l'autre
Comment repérer l'instrumentalisation de l'écobusiness ou de l'écophobie?
Pas toujours facile...
Un discours brouillé

-_______« McDonald's et ses partenaires s'engagent dans la lutte contre le réchauffement climatique. A l'occasion de la conférence de l'Onu à Copenhague, nous pensons que c'est notre responsabilité de chefs d'entreprise et de citoyens de prendre position clairement contre le réchauffement climatique. »La chaîne de fast-food, qui réfléchit déjà à comment réduire les rots des vaches pour polluer moins, rappelle son « bilan depuis 1992 » et annonce ses propres objectifs de réduction pour 2020, en précisant :« Réduire de 60% nos émissions de gaz à effet dans nos restaurants et de 20% sur le périmètre global de nos activités »... on découvre la pub de Renault pour sa nouvelle voiture électrique (Z.E.) annoncée pour 2012, un sujet qui fait polémique parmi les écolos. On tourne encore la page, et EDF Suez nous parle de Cofely, son système de chauffage par le sol qui nous promet 30% d'économies d'énergie..."
_______-l’International Policy Network, une organisation lobbyiste britannique, reprend la thématique des mythes environnementaux, si chère à Fred Singer et publie « Environment & Health : Myths & Realities » (Environnement et Santé : Mythes et Réalités). Notons au passage que IPN est un nom de marque. La raison sociale réelle de cette organisation est Atlas Economic Research Foundation UK, identique au think tank de Fairfax qui a généreusement hébergé gratuitement le SEPP en 1995. IPN est financé à 75% par les entreprises, avec 450 000 livres sur les 600 000 livres de son budget total 2001. .Entre 1998 et 2005, IPN a reçu du pétrolier ExxonMobil 295 000 dollars, dont 45 000 en 2004 spécifiquement destinés à soutenir son action sur les « questions du changement climatique et de l’énergie ».En 2005, la contribution d’ExxonMobil représentait de l’ordre de 30% du budget total de l’IPN. Le communiqué de presse d’IPN énumère les thèmes abordés: Les pesticides sont bénéfiques pour l’homme___La dangerosité des produits chimiques perturbateurs endocriniens (qui modifient l’équilibre hormonal et les fonctions reproductives) n’est pas établie. (Sur l’état des connaissances scientifiques en la matière, voir Wikipedia Modulateur Endocrinien)___Les nitrates ne sont pas dangereux pour la santé humaine__Les efforts visant à prévenir les irradiations à bas niveau sont inutiles.Les craintes sur la toxicité de la dioxine sont totalement injustifiées.__Le réchauffement climatique aura des effets bénéfiques et l’on ne doit pas s’inquiéter d’éventuelles surmortalités dues aux canicules.."
-En marge de Copenhague
- Comment les entreprises profitent de Copenhague
-Copenhague 2009: quels enjeux?

-Prophétisme écologique?-
__
Plus vert que vert-__ Ecologie et société de coopération-__Pour un "localisme" ouvert-__G8 : Ecobusiness ?- __Développement durable ou décroissance soutenable ?

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Climat et Lobbying : Ramifications françaises:
"Mythes écologiques, version anglaiseEn 2004 l’International Policy Network, une organisation lobbyiste britannique, reprend la thématique des mythes environnementaux, si chère à Fred Singer et publie « Environment & Health : Myths & Realities » (Environnement et Santé : Mythes et Réalités). Notons au passage que IPN est un nom de marque. La raison sociale réelle de cette organisation est Atlas Economic Research Foundation UK, identique au think tank de Fairfax qui a généreusement hébergé gratuitement le SEPP en 1995. IPN est financé à 75% par les entreprises, avec 450 000 livres sur les 600 000 livres de son budget total 2001. .___Entre 1998 et 2005, IPN a reçu du pétrolier ExxonMobil 295 000 dollars, dont 45 000 en 2004 spécifiquement destinés à soutenir son action sur les « questions du changement climatique et de l’énergie ».___En 2005, la contribution d’ExxonMobil représentait de l’ordre de 30% du budget total de l’IPN. __Le communiqué de presse d’IPN [3]énumère les thèmes abordés : Les pesticides sont bénéfiques pour l’homme ---- La dangerosité des produits chimiques perturbateurs endocriniens (qui modifient l’équilibre hormonal et les fonctions reproductives) n’est pas établie. -(Sur l’état des connaissances scientifiques en la matière, voir Wikipedia Modulateur Endocrinien)__Les nitrates ne sont pas dangereux pour la santé humaine__Les efforts visant à prévenir les irradiations à bas niveau sont inutiles. __ Les craintes sur la toxicité de la dioxine sont totalement injustifiées. __Le réchauffement climatique aura des effets bénéfiques et l’on ne doit pas s’inquiéter d’éventuelles surmortalités dues aux canicules....."

-Fred Singer, l’étrange référence de Vincent Courtillot et Claude Allègre

-Climato-sceptiques : Fred Singer, lobbyiste professionnel__>> Fred Singer, « Prix Nobel » ?

-La Servitude Climatique : un livre qui tombe à pic - AgoraVox
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- -L’offensive libertarienne contre le Giec n’est pas dénuée d’arrière-pensées et d’appuis financiers:
"... l’Institut de physique du globe et membre de l’Académie des sciences, proche de Claude Allègre( Il)vient de publier un livre, Nouveau Voyage au centre de la terre, où il veut tisser des liens entre géologie et climat. A l’occasion du sommet de Copenhague, France Culture (l’émission « Science publique ») l’invite pour exposer son point de vue : ce n’est pas le CO2 mais le soleil qui joue un rôle majeur dans le changement climatique. Selon lui, comme il s’en explique dans une vidéo promotionnelle (voir ci-dessous) tournée par son éditeur, Odile Jacob : « Au lieu que le gaz carbonique soit le premier effet sur le climat, et le soleil un petit effet, c’est peut-être le contraire. C’est l’hypothèse que nous faisons. » Il croit savoir que « le réchauffement climatique ne se poursuit pas, il s’est interrompu depuis dix ans » et que « pour l’instant les prévisions qui associaient à la température, non pas le soleil, mais le gaz carbonique, se trompent beaucoup. » Une analyse très contestée par ses pairs, sur le fond et sur la forme (la parution d’un article dans une revue scientifique tronquant des données, voir ici les articles de Sylvestre Huet dans son blog Science 2 et ceux du site realclimate, ici et là, sur cette ténébreuse affaire)
Sur quels travaux de recherche s’appuie Vincent Courtillot pour relativiser à ce point le rôle du carbone dans la crise climatique ? Dans cette vidéo, il cite deux sources
: Richard Lindzen, « climatologue très célèbre du MIT (Massachusetts Institute of Technology) », et Nicola Scafetta, « physicien du soleil reconnu ». Qui sont ces deux chercheurs américains ? En les pistant sur internet, on retrouve leurs traces dans les publications du Heartland Institute, un think tank dédié à « la découverte, le développement et la promotion des solutions du libre marché aux problèmes économiques et sociaux ». Par exemple, en matière d’éducation, d’assurance-santé, de protection de l’environnement et de privatisation des services publics.____
Richard Lindzen a participé au printemps dernier à une conférence « internationale » du Heartland Institute à New York sur le changement climatique (voir ici comment le Heartland Institute organise ses « conférences internationales »). C’est un scientifique reconnu, quoique « de plus en plus idéologique »

C’est au nom de l’éthique scientifique du doute et de la vérification empirique des faits que les climato-sceptiques aiment justifier leur démarche : ne pas prendre les conclusions du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour acquises, toujours les remettre en cause et douter du rôle du CO2 dans le réchauffement de la planète. Ils oublient le plus souvent de se livrer au même exercice d’autocritique. C’est dommage car il y a beaucoup à apprendre en fouillant les données qu’ils citent pour étayer leurs hypothèses....__________Nicola Scafetta est statisticien à Duke University, et l’un des auteurs du rapport que le think tank a publié pour contrer le Giec et se moquer du panel de chercheurs de l’ONU : « Climate change reconsidered », signé par le NIPCC (« non governemental international panel on climate change »), acronyme en forme de jeu de mots car en anglais le Giec se dit « IPCC ». Epais document de plus de 700 pages, ce texte s’attache à réfuter les méthodes de calcul et les conclusions du Giec. C’est une bible pour les climato-sceptiques, parue en juin dernier, en plein débat parlementaire américain sur la loi sur le climat. Les liens de ces deux scientifiques américains avec le think tank sont donc récents, et précèdent la parution du livre de Vincent Courtillot – sorti en septembre 2009. Sur sa page personnelle, Nicola Scafetta cite le « non-rapport du GIEC » en première ligne de ses publications.
Pour être complet, il faut ajouter que les articles de Nicola Scafetta font l’objet de vigoureuses critiques et même de réfutations de la part de ses pairs. Les auteurs du modèle permettant de mesurer l’éclairement solaire que le statisticien utilise dans un récent article ont rejeté ses conclusions. Et contesté l’usage qu’il fait de leurs calculs. Il continue pourtant de publier dans les revues scientifiques, et pas les plus mauvaises.
*Amiante, plomb, PCB... : des dangers « exagérés »
En fouillant le site du Heartland Institute, on trouve des choses encore plus intéressantes. La relativisation, par exemple, des effets nocifs sur la santé de l’amiante, du plomb, du mercure, des pesticides, du PCB, des perturbateurs endocriniens... « Dans chaque cas, de nouvelles recherches ont prouvé que les menaces avaient été beaucoup exagérées. » Résultat, fort regretté par les lobbyistes : « Le coût des politiques publiques adoptées a de loin dépassé leur intérêt. » En pleine bataille juridique des victimes de l’amiante ou des pesticides de par le monde pour défendre leurs droits, le think tank choisit le camp des pollueurs.
Nombreux sont les domaines couverts par le think tank : l’éducation, l’environnement, l’assurance-santé... et le tabac. Chercher l’erreur. Avec un axe majeur de travail sur ce dernier sujet : dénoncer « l’exagération des groupes anti-tabac ». Joseph Bast, président du Heartland Institute, a publié un livre sur le sujet élégamment intitulé : Please don’t poop in my salad (« S’il vous plaît, ne chiez pas dans ma salade »), pour dénoncer l’excès de taxe sur les cigarettes. L’ouvrage est préfacé par Joel Sherman, président de Nat Sherman International, fabricant de cigares et de cigarettes de luxe. Des centaines d’exemplaires en ont été distribués aux marchands de tabac de la région de Chicago, nous apprend encore le site. Un livre anti-taxation du tabac préfacé par un fabricant de cigarettes... on n’est pas loin du dossier de presse savamment enrobé.
La vitrine web du centre ne nous dit rien sur les financements du Heartland Institute. C’est ailleurs qu’il faut aller voir : sur sourcewatch.org, site consacré au décryptage des groupes de pression américains. Les enquêteurs de Sourcewatch ont eu la bonne idée de jeter un œil à un rapport budgétaire interne de Philip Morris. On y découvre qu’en 1995, le fabricant de tabac finançait Heartland Institute pour les aider à toucher l’opinion publique. Résultat : 25.000 dollars de subventions en 1993, 65.000 en 1995, 50.000 en 1996, idem en 1997 et 1998. Un ancien membre du conseil d’administration du think tank, Roy E. Marden, dirigeait les affaires industrielles de Philip Morris jusqu’en mai 2003, où il s’occupait notamment de lobbying.
________________________Autre contributeur de choc aux activités du Heartland Institute : ExxonMobil. Selon des données de Greenpeace, le think tank a reçu 676.500 dollars du groupe pétrolier entre 1998 et 2006. Précision de la multinationale : Exxon ne les finance plus depuis 2006. Ce qui confirme bien qu’il les finançait avant. Difficile ensuite de croire à l’autonomie scientifique et à l’intégrité intellectuelle du centre.
Enrôlé comme agent promoteur de ses sponsors, à l’origine d’un discours anti-protection sociale et environnementale, le Heartland Institute a tous les attributs d’un lobby industriel déguisé sous un vernis pseudo-scientifique. Cela ne suffit pas en soi à discréditer scientifiquement ce que ses auteurs et contributeurs produisent. Mais il y a de quoi jeter la suspicion sur le sérieux des publications du Heartland. Le think tank n’a rien d’un centre de recherche soumis aux règles académiques de la bonne foi et de la vérification des faits. C’est une structure politique avide d’agit-prop libertarienne. Or à l’évidence, Vincent Courtillot puise dans cette littérature pour appuyer sa contestation du rôle du CO2 dans le changement climatique. Sans expliquer la nature idéologique et biaisée de ses sources, il induit en erreur son public. Et offre, indirectement, au Heartland Institute un écho et une influence inédits dans l’Hexagone.
L’affaire dite du climategate met aujourd’hui en cause les méthodes de calcul du Giec. A quand une véritable contre-expertise des climato-sceptiques ?
"(Mediapart)

samedi 10 octobre 2009

Prophétisme écologique?



Hulot: un "brûlot" trop médiatique ?

Symptôme de l'écologie en crise

Sans partager les diatribes de C.Allègre, qui se croit informé, on peut s'interroger sur les limites d'une écologie-spectacle qui en reste à l'incantation et aux bonnes intentions..
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-"Pourquoi l'écologie politique échoue-t-elle à convaincre ? Peut-être parce que, comme le film de Nicolas Hulot, elle cherche encore son style politique : voulant faire rêver d'un monde meilleur, elle ne parvient qu'à faire peur avec une autre fin du monde possible".(J.Lindgaard)

-"Ce n’est pas à votre personne que nous en voulons mais à l’offensive idéologique dont vous êtes le cheval de Troie le plus abouti. Vous incarnez de manière pratiquement parfaite la capacité du néolibéralisme à digérer sa contestation et à semer la confusion chez ceux qui lui résistent. Vous êtes d’autant plus efficace que vous en semblez totalement inconscient. L’idéologie dont vous êtes le vecteur conduit à dépolitiser l’enjeu écologique et la réflexion sur le productivisme. Elle amène à penser que la société de consommation ou le néolibéralisme sont compatibles avec la préservation de la planète.Vous déclarez vouloir transformer la société de l’« intérieur » mais vous abusez vos contemporains. Vous leur parlez en fait de l’intérieur des sociétés multinationales qui vous financent et non de l’intérieur de la démocratie. Votre totale inconscience du jeu des rapports de force politiques vous conduit à rejeter dans une position extrémiste ceux qui s’engagent à faire reculer démocratiquement le danger que font peser les multinationales sur notre société, notre démocratie et notre environnement. Votre discours de consensus, en fait fusionnel, recouvre un véritable déni du politique en refusant un clivage entre le pouvoir et l’opposition pourtant consubstantiel de la démocratie."
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-Pin-Pon! Voilà «Le Syndrome du Titanic», cinéma pompier de la planète | Mediapart:
"Une femme aveugle dans une gare abandonnée, son nourrisson dans les bras. Un recycleur dans une décharge de Lagos. Un vieux couple dans un quartier de Shangai en voie de destruction. Pourquoi sont-ils là ? Qu'espèrent-ils de leur vie ? Comment s'appellent-ils ? On ne sait pas. Ce sont pourtant des personnages importants du nouveau film de Nicolas Hulot, Le Syndrome du Titanic (sortie en salles le 7 octobre).-Que penser d'un documentaire qui ne donne pas la parole aux personnes qu'il filme ? sans toujours en situer la géographie. Parcourt une partie du monde – Chine, Japon, Hong Kong, Emirats arabes Unis, Liban, Nigeria, Guinée, Djibouti, Etats-Unis, Brésil, comme on l'apprend avec le générique de fin – avec pour seul guide la voix off d'un homme occidental ? Accumule les images chocsAvec en fond sonore, une musique qui fait peur...
Une curieuse atmosphère se dégage du Syndrome du Titanic. Images doloristes : la pietà aveugle de Conakry, un SDF sur le trottoir de Tokyo. Humanisme paysager, avec des effets de caméra oscillant comme un pendule de l'intérieur du corps humain vers le grand espace intersidéral. Une touche de théorie de Gaïa avec une vision anthropique de la nature où l'eau fluviale ressemble au sang de la Terre. Un discours altermondialiste dénonçant la marchandisation de la vie. Beaucoup de musique. Des aphorismes sortis de nulle part : « l'homme est grand sous la contrainte », « replacer la civilisation dans la matrice de la tendresse ». Des citations de grands hommes du XXe siècle (Gandhi, Oppenheimer, Yunus) comme inscrites au frontispice d'un panthéon global.Cela ressemble à : une tribu africaine seins nus au supermarché, un vieil homme dans une cage dortoir, une vieille Américaine dormant dans une voiture engloutie sous les ballots et les sacs en plastique. Des allégories lourdes de sens exacerbées par un style clinquant. En histoire de l'art, on appelle cela le style pompier.
A certains égards c'est l'anti Home, le film de Yann Arthus-Bertrand qui auscultait la planète depuis les airs en se concentrant sur ses paysages naturels. Mais c'est aussi l'excès inverse : les gros plans sur les visages silencieux, les regards tristes. La contemplation de la douleur humaine. Le Syndrome du Titanic s'achève sur une longue scène de SDF à Los Angeles. Une femme parle toute seule. Un jeune homme dérobe un paquet. Un petit groupe se forme dans la rue à la tombée de la nuit. Pas vraiment de rapport avec le changement climatique ni l'épuisement des ressources naturelles.Mais au diapason du film. Car ces silhouettes de vagabonds à la dérive dans une mégapole vidée de ses habitants évoquent un autre imaginaire, celui d'un monde d'après l'Apocalypse. En attente du Jugement dernier. Millénariste, le film de Nicolas Hulot ? Par moments. Born again ? Certainement. L'écologiste en fait des tonnes dans le registre de la conversion et de la contrition : « je ne suis pas né écologiste, je le suis devenu », « moi aussi je suis un enfant de cette société de consommation », « où est l'humanité que j'ai aimée? Etait-ce une chimère ? ». Jamais formulé de front, l'imaginaire religieux scintille tout au long du film.
-Pour dire quoi au final ? « Que chacun se convainque lui-même que la mutation radicale est inévitable et souhaitable, et que dès lors elle peut se mettre en marche », explique Nicolas Hulot. Une interpellation politique et un message d'espoir, veut-il donc croire. Mais un film aussi planant peut-il avoir des effets pédagogiques ? Le capitalisme dénoncé est déréalisé, désincarné. Sans histoire et sans acteurs. Sans conflit d'intérêt et sans confrontation avec les systèmes politiques. Inexpliqué. Difficile alors d'imaginer réellement le détrôner.Pourquoi ne croyons-nous pas à ce que nous savons, se demande le philosophe Jean-Pierre Dupuy dans Pour un catastrophisme éclairé, Quand l'impossible est certain (2004). Dans son livre, il cherche à comprendre pourquoi l'acquisition de connaissances scientifiques sur les dangers qu'encourt la planète ne suscite pas d'action à la hauteur de ce qui devrait être entrepris. La question taraude les écologistes de par le monde, de plus en plus inquiets de l'échec annoncé du sommet du climat de Copenhague en décembre prochain.Pourquoi l'écologie politique échoue-t-elle à convaincre ? Peut-être parce que, comme le film de Nicolas Hulot, elle cherche encore son style politique : voulant faire rêver d'un monde meilleur, elle ne parvient qu'à faire peur avec une autre fin du monde possible.

-Jean-Pierre Dupuy: »Nous ne croyons pas ce que nous savons.»

-Le syndrome des éco-tartuffes - AgoraVox:
"...il s’agit de démasquer le père du pacte écologiste , cet inlassable arpenteur du monde qui ne se sera privé ni de décliner à l’infini nombre de produits estampillés de ce doux nom venu des terres australes sud-américaines, ni de vampiriser les messages contenus dans la pensée écologiste. Mais il revendique sa liberté notre thuriféraire de la « télé-écologie », et rien ne saurait l’empêcher de distiller son message tel un évangéliste habité par une foi aussi puissante que récente. Il y a urgence s’écrie t-il tout au long de son documentaire puisque la planète Titanic fait naufrage alors que seule une infime partie de l’humanité - ce qui n’est par ailleurs pas clairement énoncé par l’auteur - continue à danser sur le pont de l’embarcation, alors qu’une majorité d’humains travaille dans la salle des machines, ou bien reste contenue en troisième classe du navire. C’est ici que le bât blesse, puisque notre Hérault figure parmi les invités notoires de ce grand bal morbide. Que n’a-t-il réellement fait pour élargir la liste des participants et abolir les classes qui séparent tous les voyageurs du navire Terre ? Certes, il chante les mérites de la sobriété par écrans interposés, tout en continuant à constituer un matelas de plus en plus épais ; il vante les vertus du partage tout en persistant à accumuler bonne fortune ; il dénonce haut et fort les dérives du capitalisme tout en s’immisçant dans ses rouages les plus intimes ; il prône la limitation de vitesse alors qu’il ne se déplace qu’en première classe ; bref, il se nourrit de l’écologie alors qu’un milliard d’humains meurent de faim ! Mais qu’elle importance, puisque tout cela n’est pétri que de bonnes intentions, et à quoi bon se joindre à tous ces intégristes de la décroissance, tous ces fous qui veulent mettre à mal le seul système économique pertinent que l’on connaisse, alors qu’il suffit d’y ajouter un zeste d’écologie pour que la mécanique perdure ainsi de longues décennies durant."
-Ushuaïa, le label Hulot certifié 100 % rentable
-Institut d'Etudes Economiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable

-Copenhague: vers un suicide écologique? | Mediapart:
"Cela ne fait pas la une des journaux, mais la conférence de Copenhague est probablement déjà un échec. Non seulement il n'y a pas de gouvernance mondiale, mais il semblerait que nous allons tout droit vers un suicide écologique.«Copenhague, c’est le rendez-vous de l’Humanité», affirmait Jean-Louis Borloo, ministre français de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, peu avant la deuxième réunion de préparation du Forum des économies majeures (FEM), que Paris accueillait les 25 et 26 mai derniers.-Le FEM est un moyen de faciliter «un dialogue franc et ouvert entre les grands pays développés et les pays en développement, afin de donner l’élan politique nécessaire pour l’obtention d’un accord ambitieux sur le climat à Copenhague», résume un communiqué de Jean-Louis Borloo et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes.(http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/france_829/un-pas-plus-dans-lutte-contr...)Et bien le FEM c’est réuni en marge du G8 hier.Je me contente de citer un autre communiqué, parce que je me sens vraiment fatigué d’écrire des mauvaises nouvelles.
Selon l'AFP, les grandes économies mondiales regroupée au sein du Forum des Economies Majeures (MEF) auraient, d'ores et déjà renoncé à s'engager sur un objectif de réduction de 50% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. En effet, le projet de déclaration finale évoquerait l'objectif de limiter le réchauffement de la planète à 2°C maximum d'ici à 2050 mais aucun objectif quantitatif en matière de CO2.Or selon les experts du GIEC cette limitation à 2°C nécessitera nécessairement une réduction de 50% des émissions de GES (Gaz à effet de Serre). C'est un suicide écologique. Pour garder de bonnes chances de limiter le réchauffement global à 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels (fin 18è siècle), il faut au moins diviser les émissions mondiales par deux d'ici 2050 et plus sûrement par trois, par rapport à 1990, a rappelé à l'AFP Jean Jouzel, climatologue et glaciologue français et co-lauréat au titre du GIEC du Prix Nobel de la paix 2007.Pour la fédération d'association France Nature Environnement, cette annonce a fait l'effet d'un coup de tonnerre et signifie la mort du sommet de Copenhague. Sébastien Genest, Président de France Nature Environnement met en cause la conduite des négociations : nous sommes en colère car nous réclamons depuis longtemps une vraie réflexion sur la manière de négocier avant même de s'interroger sur le contenu des négociations. Cela fait des mois que nous tirons la sonnette l'alarme sur le problème de la gouvernance démocratie de ces négociations. Rien n'a été fait ! , a-t-il déclaré.
Le Forum des Economies Majeures comprend le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie), le G5 (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique), la Corée du Sud, l'Australie et l'Indonésie. Autrement dit, les pays représentant 80% de la consommation énergétique mondiale et 80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Il doit poursuivre ses négociations le jeudi 9 juillet mais l'absence du Président chinois, parti précipitamment pour cause d'émeutes dans une province de Chine, ne permet pas d'envisager de nouvelles conclusions.
http://www.actu-environnement.com/ae/news/FEM_objectif_reduction_ges_786...Il est plus que temps de ce bouger ? Non ? (Pol)

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-L'écologie: juste cause ou alibi?

lundi 4 janvier 2021

Collapsologie, éco-anxiété et action

 Eco-pessimisme? Un peu, mais pas trop...

             [Quelques notes à titre de petite piqûre de rappel.]
                                               Entre paralysie et action malgré tout.
         On le dit et onle répète: les choses sont graves et il faut faire vite. Des hypothèses, on est passé aux quasi-certitudes. Trop d'indices convergent maintenant, même si tout ne fait pas système, même si une vision synoptique nous échappe vu la complexité et la diversité des facteurs en cause.
   Ce n'est pas la planète qu'il faut "sauver", mais les possibilités de vie humaine  future, au vu des mutations climatiques en cours.
  Mais comment gérer l'urgence étant donné le poids des habitudes et la puissance des intérêts en jeu, qui ne comprennent guère le long terme. ni même le moyen terme, qui instrumentalise l' ignorance et le scepticisme?

 C'est comme vouloir arrêter ou faire virer sur mer un super tanker sur une courte distance.

 Si la situation est si critique, si l'irréversible nous guette, que faire?
 Certains réfutent la notion  de collapsologie, qui, comme les termes au suffixe"logie", semble s'apparenter à une science. Ce qui n'est pas le cas, même si différentes sciences ont leur mot à dire sur cette dénomination vague et anxiogène, si un faisceau d'indices convergents ne permet plus le douter.
  L'urgence climatique n'est plus un mythe dénoncé naguère par Claude Allègre et quelques climato-sceptiques qu'on entend de moins en moins, elle est une exigence reposant sur des faits de mieux en mieux cernés, même si beaucoup de causes nous échappent.
  La question est de savoir si l'on n'en fait pas parfois un peu trop et trop mal, au risque de créer un effet de sidération paralysante, compromettant toute réflexion de fond, toute action et réaction. Comme les survivalistes et les autres, plus lucides..
  L'attentisme joue en notre défaveur et l'action individuelle paraît dérisoire. La panique crée la sidération forcément passive et outrancière, défavorisant toute réaction d'ampleur. Les COP se suivent et se ressemblent trop.
 Le climat a toujours été un agent historique majeur. Il l'est devenu avec plus d'évidence. Nous sommes, à n'en pas douter, dans une phase de mutations rapides et les incantations ne suffisent pas.
  Les économistes sont partagés pour l'instant. Les scientifiques ne parlent pas toujours unanimement. La jeunesse est plus sensibles et mobilisée.

   Mais la "fin du monde", vieille antienne, n'est pas un thème mobilisateur. La collapsologie est à la mode, mais source de fantasmes ambigüs. La peur peut être paralysante.

  Les fictions d'apocalypse ne font pas avancer la réflexion. C'est la croissance capitaliste  qui est en question et sa logique financière. Dans ce domaine, c'est souvent le double langage ou le déni.
   Une autre pensée politique est nécessaire. Les enjeux mobilisent trop peu.
  Le pire n'est jamais sûr, mais il faut changer de braquet.
    Hans Jonas nous avait naguère déjà préparé à la considération des risques majeurs et, pour nous préparer, à donner un nouveau sens au monde qui s'annonce.

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samedi 6 novembre 2021

Climat (3)

 Que faire

                  Comment sortir de la nasse dans laquelle nous nous sommes enfermés?  Comment éviter l'effondrement qui nous guette, ce qu'avait pu anticiper partiellement  Diamond?  N'est-il pas déjà trop tard? Des combats d'arrière-garde? Ne va-t-on pas dans le mur, vu les décisions tardives, les mesures hypothétiques et les rapports de force?                                       ___La tentation est se laisser aller au fatalisme, qui ne peut que favoriser l'inéluctable. Les luttes sont pourtant engagées internationalement. Le chemin que propose Cyril Dion, dans un petit ouvrage éclairant, va plus loin que les propositions traditionnelles. Les actions individuelles et ponctuelles ne pèsent pas lourd, même si elles sont nécessaires. Sans action d'envergure, au niveau politique et  macroéconomique, rien ne pourra avancer de manière significative. C'est le "système" de production/ qu'il faut changer en profondeur. Rien moins qu'une "révolution".

   Eco-pessimisme? Un peu, mais pas trop...

              Entre paralysie et action malgré tout.
         On le dit et on le répète: les choses sont graves et il faut faire vite. Des hypothèses, on est passé aux quasi-certitudes. Trop d'indices convergent maintenant, même si tout ne fait pas système, même si une vision synoptique nous échappe vu la complexité et la diversité des facteurs en cause.
   Ce n'est pas la planète qu'il faut "sauver", mais les possibilités de vie humaine  future, au vu des mutations climatiques en cours.
  Mais comment gérer l'urgence étant donné le poids des habitudes et la puissance des intérêts en jeu, qui ne comprennent guère le long terme. ni même le moyen terme, qui instrumentalise l' ignorance et le scepticisme?


       C'est comme vouloir arrêter ou faire virer sur mer un super tanker sur une courte distance.

    Si la situation est si critique, si l'irréversible nous guette, que faire?
 Certains réfutent la notion  de collapsologie, qui, comme les termes au suffixe "logie", semble s'apparenter à une science. Ce qui n'est pas le cas, même si différentes sciences ont leur mot à dire sur cette dénomination vague et anxiogène, si un faisceau d'indices convergents ne permet plus le douter.
  L'urgence climatique n'est plus un mythe dénoncé naguère par Claude Allègre et quelques climato-sceptiques qu'on entend de moins en moins, elle est une exigence reposant sur des faits de mieux en mieux cernés, même si beaucoup de causes nous échappent.
  La question est de savoir si l'on n'en fait pas parfois un peu trop et trop mal, au risque de créer un effet de sidération paralysante, compromettant toute réflexion de fond, toute action et réaction. Comme les survivalistes et les autres, plus lucides..
  L'attentisme joue en notre défaveur et l'action individuelle paraît dérisoire. La panique crée la sidération forcément passive et outrancière, défavorisant toute réaction d'ampleur. Les COP se suivent et se ressemblent trop.
 Le climat a toujours été un agent historique majeur. Il l'est devenu avec plus d'évidence. Nous sommes, à n'en pas douter, dans une phase de mutations rapides et les incantations ne suffisent pas.
  Les économistes sont partagés pour l'instant. Les scientifiques ne parlent pas toujours unanimement. La jeunesse est plus sensibles et mobilisée.


   Mais la "fin du monde", vieille antienne, n'est pas un thème mobilisateur. La collapsologie est à la mode, mais source de fantasmes ambigüs. La peur peut être paralysante.

  Les fictions d'apocalypse ne font pas avancer la réflexion. C'est la croissance capitaliste  qui est en question et sa logique financière. Dans ce domaine, c'est souvent le double langage ou le déni.
   Une autre pensée politique est nécessaire. Les enjeux mobilisent trop peu.
  Le pire n'est jamais sûr, mais il faut changer de braquet.
    Hans Jonas nous avait naguère déjà préparé à la considération des risques majeurs et, pour nous préparer, à donner un nouveau sens au monde qui s'annonce.___________

                            

samedi 11 janvier 2020

Périls en la demeure

Du climato-scepticisme
                                    On peut légitimement se poser beaucoup de questions au sujet des causes complexes, proches et lointaines, concernant les phénomènes climatiques et environnementaux de grande ampleur et accélérés qui affectent notre planète, dans un temps aussi bref. 
   C'est aux scientifiques, pas seulement aux climatologues de mettre mieux en évidence les mécanismes en cause dans cette évolution globale, qui ne manque pas d'inquiéter. Pour que les décideurs se donnent les moyens  d'orienter autrement ce qui est maîtrisable, les grandes tendances négatives de notre système industriel et marchand, sans sombrer dans un fatalisme irrationnel et paralysant, malgré l'aspect titanesque des mutations à opérer.
  Les dramatiques incendies qui ravagent l'Australie, ajoutées au réchauffement polaire qui interroge, devraient  balayer à eux seuls les derniers arguments des climato-sceptiques par ignorance ou par calcul.
  Qu'une part de phénomènes naturels, encore à déterminer, puisse jouer un certain rôle contributeur dans ces phénomènes, comme ce fut déjà souvent le cas dans l'histoire de la terre, n'est sans doute pas à exclure, mais la convergence de plus en plus grande des analyses, pas seulement des scientifiques du Giec, amène à penser que les facteurs humains jouent un rôle majeur et déterminant, surtout depuis un siècle. Même si la prise de conscience est très récente.
     Même si toute une frange de chercheurs et d'universitaires émet encore des doutes sur le fond, comme autrefois C.Allègre.
   Le scepticisme domine surtout aux USA, où le président donne ostensiblement le ton, pour des raisons économiques,  idéologiques et électorales, nommant par provocation un climatosceptique à l’Agence de l’environnementC'est comme si on nommait un truand notoire directeur de la police.
  Même chose au Brésil, malgré les feux amazoniens, pour que l' agrobusiness progresse encore.
    En Australie, le problème est aussi politique. L'aveuglement est patent et certains se demandent si l'avenir n'est pas compromis là-bas.
    Les dénis sont encore nombreux, sur de nombreux plans. Le lobbying joue son rôle, comme le greenwasching et la récuparation 
   La France n'est pas à l'abri, certains persistant à souligner les faiblesses de la thèse anthropique ou son inanité.
 On comprend qu'en Chine on soit presque unanimement et officiellement climato-optimiste.
     Il ne s'agit pas de dogmes mais de faits suffisamment établis et convergents pour ne pas pouvoir les réfuter sur l'essentiel. Même s'il reste tant à savoir.
 L'urgence est là, qu'on le veuille ou non, que cela plaise ou non, que cela interroge une machine économique devenue folle ou non, malgré quelques modestes efforts pour modifier sa logique, à la marge ou sur le fond.
  Le débat continue au milieu de données souvent largement débattues selon les lieux.
          C'est notre avenir, notre histoire qui est concernée. L'aveuglement, l'indifférence ou la mauvaise foi les compromettent sûrement.
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