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mercredi 28 avril 2010

Grèce: contagion redoutée


Rien ne va plus...

La maison brûle-t-elle?

Crainte justifiée ou excessive dramatisation?

Et pourtant la Californie (sixième puissance économique du monde)est bien plus endettée que la Grèce
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Dans le dossier grec, l’Allemagne joue à Apocalypse Now avec l’euro »
"...le risque pour les établissements bancaires français et allemands est énorme. Leur sauvetage par les pouvoirs publics coûterait environ 10 point de PIB de dette supplémentaire dans chacun des deux pays! Cela ne peut échapper aux Allemands, et pourtant c’est tout comme. Angela Merkel joue la politique du pire dans la gestion de la crise grecque. Si elle voulait une explosion de l’euro, avec en horizon la reformulation d’une zone monétaire excluant ces petits pays et plus en phase avec les intérêts allemands de long terme, elle ne s’y prendrait pas autrement. La chancelière joue à Apocalypse Now avec la crise grecque, donc avec l’euro. En cela la crise grecque constitue l’heure de vérité pour tout le monde. "
-La crainte de la contagion
-Europe: la machine infernale est lancée

-Crise grecque : le risque de contagion européenne:
"...l’accumulation phénoménale de dettes durant la dernière décennie, alimentée par la baisse des taux US et les déficits commerciaux qui ont multiplié la base monétaire mondiale sans rapport avec la croissance, est la dimension centrale et toujours non résolue de cette crise. Les dettes accumulées par le privé, adossées à des actifs surévalués, dépassent les capacités de remboursement dès lors que le niveau d’activité et la valeur des actifs ne sont plus soutenus par une quantité toujours croissante de nouveaux crédits. La masse de capitaux spéculatifs, regonflée par l’intervention des banques centrales, tente désormais de préserver sa valeur fondamentalement compromise et accroit les tensions dès qu’une faiblesse apparait. Hier les futurs les plus sombres étaient promis tantôt à l’Angleterre, tantôt au Japon ou aux USA. Aujourd’hui c’est l’Europe qui pâtit des mouvements erratiques de cette arme de destruction massive détenue par la foule hystérique, grégaire et irresponsable de traders que l’on nomme marché. Ceci posé, l’Europe n’est pas absoute, loin de là. La séquence actuelle révèle cruellement les limites et les faiblesses d’une construction où le politique a été évacué, au nom d’une confiance aveugle - et absurde - dans les mécanismes de marchés qui étaient censés résoudre les problèmes de convergence, à la seule condition du respect des règles de Maastricht. Ce n’était pas une fatalité. Ensemble, l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne représentent 75% du PIB de la zone euro et disposent d’un poids suffisant pour en dessiner le futur ou en modifier les règles. Mais il aurait fallu faire preuve de lucidité et de volonté, ne pas se satisfaire des collections de phrases creuses d’un « agenda de Lisbonne » aujourd’hui oublié de tous, et concevoir les relations entre la France et l’Allemagne autrement qu’en fonction des atomes plus ou moins crochus des dirigeants de l’heure. Aujourd’hui, faute d’avoir su se penser, l’Europe va devoir s’éprouver au réel et se réinventer dans l’urgence. Le réveil s’annonce difficile."
-L'euro à l'épreuve des marchés
-La note de la Grèce s'écroule:
"Conséquence de ces mauvais chiffres en cascade, Athènes "ne peut plus" emprunter sur les marchés, affirme M. Papaconstantinou, qui lundi encore assurait que les conditions auxquelles la Grèce pouvait emprunter étaient devenues "prohibitives", sans aller jusqu'à dire que son pays était "incapable" d'emprunter.__Dans son intervention de mardi, le ministre des finances ne se contente pas de presser ses partenaires européens d'agir mais tape du poing sur la table. La Grèce n'est pas "aidée" par l'Union européenne, déplore M. Papaconstantinou, qui dénonce le "manque de clarté" des Vingt-Sept, en tête desquels l'Allemagne, très réticente à débloquer des milliards d'euros sans la garantie d'un assainissement des finances du pays..."
-Le Portugal dans le sillage de la crise grecque
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Après la Grèce, l'Espagne : le graphique qui fait peur
-La zone euro est une tragédie grecque
-Allemagne : de nombreuses communes au bord de la ruine
-Europe : le sursaut de la dernière chance

"D’après le FMI, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB en 2014.Alors arrêtons de faire croire que l’Allemagne roule sur l’or, et qu’ellee est elle-aussi surendettée.D’après le FMI, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du Alors arrêtons de faire croire que l’Allemagne roule sur l’or, et qu’elle est égoïste en ne voulant pas prêter à la Grèce.Mettons-nous à la place des Allemands : il faudrait que l’Allemagne se surendette encore plus, pour prêter à la Grèce 8,4 milliards d’euros à fonds perdus.L’Allemagne ne VEUT pas prêter à la Grèce.Et même si l’Allemagne voulait, l’Allemagne ne POURRAIT pas prêter à la Grèce.Non seulement l’Allemagne est surendettée, mais en plus les communes allemandes elles-mêmes sont surendettées.L’Allemagne a le plus grand mal à régler ses propres problèmes économiques et financiers, alors comment voulez-vous qu’elle prête 8,4 milliards d’euros à la Grèce (qui est bien incapable de rembourser quoi que ce soit) ? (BA)
-Vers une réforme monétaire
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-Refonder la finance
- Grèce: aide allemande?
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GRÈCE: notre problème
- Où va l'Euro(pe) ?

mercredi 13 juin 2012

Haro sur Allemagne?

Allemagne ambiguë

___________L'Allemagne est souvent mise en accusation, ou plutôt la politique menée par sa chancellière, sa coalition en voie de fracture et les intérêts qu'elle représente.
  L'OIT n'y va pas par quatre chemins. Pour elle,  l'Allemagne est responsable de la crise en zone euro, soulignant le fait de "la politique salariale "déflationniste", mise en place en Allemagne ces dix dernières années  : "Les coûts du travail en Allemagne ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques".
In Deutschland auch...L'unanimité ne règne pas sur le ligne à suivre, loin de là.
Joschka Fischer n'a pas de mots assez durs à l'encontre de la politique d'austérité imposée par Angela Merkel
Souhaite-t-elle sans le dire le départ de la Grèce de la zône euro?
Selon l'économiste J.Sapir,"... nous voyons se mettre en place petit à petit le mécanisme d’une sortie de la Grèce de l’Euro, solution ouvertement envisagée par le Ministre Allemand de l’intérieur. Ces déclarations, qui ont le mérite de la clarté, soulèvent un autre problème. Quels que soient les démentis, il est clair qu’un membre du gouvernement ne s’exprime pas à la légère, surtout en Allemagne. Il y a au moins un débat important au sein du gouvernement Allemand, et peut-être plus : une décision d’aboutir par petits pas à une sortie de la Grèce de la zone euro. Une sortie qui doit être naturellement « volontaire » (tout comme l’est l’échange des titres de dette est qualifié de « volontaire ») car il n’existe à l’heure actuelle aucun mécanisme pour exclure un pays de la cette zone euro..
Si la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie ont vu leur endettement public s’accroître dans des proportions considérables ces dernières années, c’est en raison de l’écart croissant de compétitivité avec l’Allemagne. Ceci s’est traduit par un déficit commercial croissant avec ce pays mais aussi – plus subtilement – par une plus grande sensibilité à la montée du taux de change de l’Euro depuis 2002. Ce dernier est ainsi passé de 1 Euro pour 1,05 Dollars américains en 2002 à plus de 1,40 pour revenir, vers la mi-décembre 2011 à 1,30. L’économie allemande peut résister à une telle surévaluation, mais pas celles des pays du Sud de l’Europe. La compétitivité des pays de l’Europe du Sud s’est ainsi dégradée face aux autres pays du monde du fait qu’ils étaient entraînés dans une spirale de réévaluation pour eux insupportable.
Cet écart de compétitivité s’enracine dans des configurations très différentes des structures économiques et industrielles des pays de la zone Euro. De ce point de vue, la monnaie unique n’a apporté nulle convergence. Pour qu’il en fut autrement, il eut été nécessaire de prévoir des mécanismes de transferts budgétaires importants des pays comme l’Allemagne vers les pays du Sud de l’Europe. Mais, l’Allemagne s’y est refusée dès le départ..."
_____En suivant ses stricts intérêts, dans la cadre d'un ordolibéralisme dogmatique, Berlin mène un jeu dangereux, devenant un problème pour elle-même.
" La Chancelière Angela Merkel souffle donc le chaud et le froid depuis le début de la crise : si une crise longue mais légère est bénéfique pour l’Allemagne, un effondrement de la zone serait une catastrophe pour elle. C’est comme si elle s’efforçait de maintenir ses voisins sous assistance respiratoire en espérant que le statu quo dure le plus longtemps possible..."
Le modèle de production allemand, essentiellement exportateur, est certes performant, mais paradoxalement aussi de ce fait vulnérable.
__C'est ce qui explique sans doute les tergiversations de  la « dame de plomb », prise dans d'innombrables contradictions, passant de la résistance à l'ouverture.
Sans compter les tensions et les contradictions régnant au sein de son gouvernement.

________________Selon un journaliste allemand, se référant à Helmut Schmidt, l'Allemagne ne doit pas oublier sa dette envers l'Europe:
"... Si le monde entier ne nourrissait pas une profonde méfiance envers l'Allemagne, déclarait récemment Helmut Schmidt, ex-chancelier et grand maître de la politique allemande, l'union européenne n'aurait jamais été mise sur les rails...
 "Nous ne sommes pas assez conscients du fait que les Allemands suscitent la méfiance de presque tous leurs voisins et pour des générations encore", affirme Helmut Schmidt. En tout cas, l'un des principaux moteurs de la construction européenne a été la crainte de voir renaître une Allemagne dominatrice. Il fallait ancrer, et par là dompter, ce pays au cœur de l'Europe, à l'importance géopolitique majeure.
L'introduction hâtive de l'euro s'explique elle aussi par la volonté de rattacher à la communauté cette Allemagne renforcée par la réunification. Pour obtenir la bénédiction de la communauté internationale, l'Allemagne réunifiée a dû renoncer au deutschemark. La monnaie unique fut toutefois bâtie sur son modèle, c'était une condition de l'Allemagne. A l'heure où l'euro révèle ses défauts de conception, la faute en revient aussi aux Allemands..." 
_______Les banquiers allemands ont tendance a vouloir laisser tomber les pays dits faibles, en oubliant qu'ils sont impliqués dans leur dette.  L’Allemagne a donc  une part de responsabilité dans la crise européenne
"... Comme la Banque centrale européenne (BCE) est régie par des règles imposées par l’Allemagne, la politique monétaire de l’UE fut décidée en prenant essentiellement en compte la contraction des salaires allemands. Les banquiers centraux ont alors opté pour une politique monétaire adaptée à la première économie européenne, mais trop expansionniste pour Lisbonne, Madrid, Dublin ou Athènes. L’argent a inondé ces pays nourrissant des bulles (immobilier…), alimentées par un crédit facile. Tandis que la hausse des prix a entraîné celle des salaires, réduisant leur compétitivité. Bien sûr, cela ne veut pas dire que Grecs, Espagnols, Portugais ou Irlandais n’ont pas de responsabilité dans la crise, mais cela explique en partie les distorsions entre le sud et le nord de l’Europe, voire entre l’Allemagne et les autres. Aujourd’hui, les banquiers allemands veulent laisser tomber les pays dits faibles, oubliant que les banques allemandes notamment régionales, ne survivraient sans doute pas à une déconfiture de l’Europe du Sud. Tel est l’avis de Ferdinand Fichtner..."
___ L’Allemagne a cette responsabilité d’avoir imposé le DM, rebaptisé pudiquement euro, au reste de la zone . Monnaie beaucoup trop forte pour une majorité des pays qui l’ont adoptée . On parle souvent de délocalisations, mais sans savoir ce que l’on dit . Les entreprises recherchent, en priorité, à produire hors zone euro . Le coût le la main d’oeuvre est secondaire . La main d’oeuvre peu qualifiée étant, par définition, incapable de productivité et de valeur ajoutée importante . En son temps, monsieur Sellière, alors patron du CNPF, avait eu une remarque qui résume tout . Il avait dit qu’en moyenne, les entreprises industrielles françaises faisaient 2% de gains de productivité par an . Il y a dix ans, l’euro avait été introduit à parité avec le dollar . Quelques années seulement après, il s’était renchéri de 40% . Quelle entreprise peut voir le coût de ses produits prendre 40% en 5 ans par le simple fait de la monnaie ? Un seul exemple illustre celà . La volonté d’Airbus, à l’époque, de partir produire hors zone euro . Volonté vite étouffée par les politiques . Du coup, la facture a été payée par les salariés, par le biais de l’externalisation, souvent hors zone euro . Les Allemands ont réussi à imposer la monnaie, qui permit le mieux de financer sa réunification, sur le dos des autres pays membres..."
"... Comme le souligne The Economist, il y a une grave incompréhension de la position allemande. Il ne s’agit en aucun cas d’une véritable intégration politique fédérale. Les Allemands refusent la « Transfer Union ».
  Berlin n’est prêt à plus d’intégration que pour le contrôle des budgets nationaux et l’imposition d’une rigueur uniforme via des sanctions plus au moins automatiques qui pourraient être initiées ou prises par la Commission ou la Cour de Justice. Voilà la seule intégration européenne à laquelle l’Allemagne est prête aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’une intégration solidaire mais d’une intégration qui imposerait le « modèle allemand » et l’austérité sur le continent...."
_________ Forte de son succès économique, elle impose son droit
Mais les principes qui régissent les relations entre les länder  valent-ils à l'échelle européenne?
Que vaut le projet d'Europe fédérale ? 
 Selon Jacques Sapir : Il n’y a nul fédéralisme dans ce plan, mais le camouflage de la position allemande sous les couleurs d’un soit disant fédéralisme. Ce plan ne fait que refléter, et consolider, la vision « disciplinaire » ou « punitive » d’un fédéralisme budgétaire qui est celle de l’Allemagne. Un fédéralisme réel ne serait possible qu’à la condition d’être cohérent économiquement. Il faudrait donc pouvoir adosser le fédéralisme budgétaire au fédéralisme fiscal et social et prévoir d’emblée des flux de transferts importants. La position de l'Espagne s'explique par la peur de perdre ce qui lui reste de souveraineté directement au profit de Berlin. Un fédéralisme qui serait uniquement budgétaire ne pourrait être que contraignant, tout en ouvrant de nouvelles possibilités de dumping social ou fiscal. En fait, ce que l’on appelle « l’option fédérale » ne peut plus dissimuler qu’elle n’est que le cache-sexe d’une politique disciplinaire imposée par un pays, l’Allemagne..."
On s'acheminerait alors vers un fédéralisme autoritaire
 L'Allemagne, qui n'est pas si vertueuse, est à la croisée des chemins, dans une Europe qui a perdu ses repères. Un leadership plutôt désastreux, selon J. Delors.
______Que fera l'Allemagne pour sortir de ses contradictions?
Les Allemands le savent-ils eux-mêmes? 
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-Dernière nouvelle: une délégation du SPD se rend à l'Elysée pour faire pression sur A.Merkel
-L'intérêt de l'Allemagne..
- Le consensus de Berlin 
- Deutsche Bank: privatisations dans toute l’Europe.

vendredi 30 janvier 2009

Euroland : chacun pour soi ?

Crise en Euroland , Euroland en crise..

Tensions vives entre certains pays à la faveur des remous d'une crise qu' exacerbent les niveaux de développement, les différences et les choix politiques. Une certaine cohérence n'est-elle pas menacée ?

A l'épreuve de la crise, les Vingt-Sept se réfugient dans le "chacun pour soi":

"Chaque Etat est tenté depuis d'agir en fonction de ses spécificités nationales"
, constate le commissaire en charge des affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia : "Certains pays ont privilégié l'action sur le taux de TVA, d'autres sur les investissements d'avenir", explique-t-il.L'impact de la "boîte à outils" mise sur pieds dès octobre sous l'égide de Nicolas Sarkozy pour voler au secours des banques s'est quant à lui essoufflé. Trois mois après, le dispositif est jugé "insuffisant". La concertation en vue d'une seconde opération de sauvetage aux banques est cependant embryonnaire. Dans l'urgence, le Royaume-Uni, la Belgique, la France, ou bientôt l'Allemagne, n'ont pas attendu leurs voisins pour reprendre l'initiative.D'inspiration libérale, la présidence tchèque reste sceptique à l'égard d'une nouvelle opération d'envergure. Quant à la Commission européenne, elle a, face à l'interventionnisme de certaines capitales, le plus grand mal à maintenir la cohérence entre les milliards d'euros d'aide d'Etat qui assurent la survie du secteur bancaire. "L'occasion d'une véritable action collective a été manquée dès octobre, lorsque les Etats membres n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur un fonds européen de gestion des actifs toxiques", regrette Daniel Gros, le directeur du Centre d'étude des politiques européennes : "Chacun est reparti chez soi prendre des mesures nationales, et l'on assiste à une renationalisation du secteur bancaire."Le "chacun pour soi" touche d'autres secteurs. Dans l'automobile, le plan européen réclamé par les constructeurs reste très modeste. Du coup, ce sont les capitales qui alignent les mesures de sauvetage. "L'essentiel des aides sont de nature fiscale, il n'est donc pas anormal que les Etats gardent la main", nuance un industriel du secteur. Même les pays partenaires d'Airbus – France, Allemagne, Royaume-Uni et Espagne– n'ont pas été capables d'annoncer en commun un plan d'aide à l'avionneur : la semaine dernière, la France a décidé la première d'aider au financement des clients du groupe, obligeant l'Allemagne à se positionner à son tour.Les Vingt-Sept se sont certes mis d'accord pour mettre la Hongrie et la Lettonie sous perfusion, avec l'aide du FMI. La Roumanie pourrait suivre. L'Autriche exige, avec le soutien de Berlin, un plan d'aide aux pays d'Europe centrale et orientale. Mais la "solidarité" dont se targuent les dirigeants européens a trouvé ses limites face à la crise."

- L'euroland au bord de la crise:
Les critères de Maastricht et le pacte de stabilité n'ont pas réussi à rapprocher les économies des pays membres de la zone euro. Les disparités Nord-Sud perdurent et deviennent une véritable bombe à retardement




Tout a commencé avec la crise financière. Celle-ci s'est rapidement transformée en crise économique. Elle pourrait maintenant se muer en crise de l'euro. Dix ans après l'adoption de la monnaie commune européenne, force est de constater que les critères de Maastricht et le pacte de stabilité, qui devaient permettre aux Etats concernés d'harmoniser leurs politiques économiques, se sont soldés par un échec total. En réalité, les écarts de compétitivité entre, d'une part, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Autriche et, d'autre part, la France, l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce n'ont cessé de se creuser et vont encore s'aggraver sous l'effet de la crise économique et financière.
Les pays économiquement plus faibles vont devoir financer la relance de leur économie par un nouvel accroissement de leur dette et devront verser encore plus d'intérêts. La Grèce, par exemple, devra payer deux fois plus que l'Allemagne pour rembourser ses emprunts d'Etat. Il n'y a pratiquement aucun espoir d'échapper à ce cercle vicieux. Autrefois, la dévaluation de la monnaie était l'arme la plus efficace dans ce genre de situation. Cela est aujourd'hui impossible. Désespéré, le gouvernement italien a tenté de négocier avec l'Allemagne pour lancer un emprunt d'Etat conjoint et s'est naturellement fait envoyer sur les roses. Car les Allemands n'ont pas l'intention de payer pour les Italiens.
Ces tensions ne retomberont que si la disparité des économies du Nord et du Sud s'estompe. A défaut, il ne restera d'autre alternative que de sortir de la zone euro.

- La zone Euro en crise avec l'éclatement de la bulle immobilière espagnole et des bulles monétaires spéculatives en Europe de l'Est
- Désormais, les Irlandais sont favorables au traité européen

-Vu d'Allemagne: Et si l'euro implosait ?:
"...Et si l’euro échouait, éclatait? La question n’est plus taboue. Elle se fait sa place discrètement dans les journaux et elle a envahi depuis longtemps les lettres confidentielles et les débats sur Internet. Mais, comme pour le traité constitutionnel européen, les gouvernements n’ont pas prévu de plan B. Que se passera-t-il si la Grèce, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie et même la France sont traversées de tensions économiques et sociales majeures et que l’un de ces pays craque, sur le plan monétaire? La divergence des taux d’emprunt accordés aux gouvernements devient telle que certains, sur les marchés, commencent à parier sur l’éclatement de l’euro. Beaucoup d’analystes soulignent que le problème d’une sortie de l’euro est moins économique que politique: la crédibilité de l’Europe serait en jeu et il suffirait qu’un pays sorte pour provoquer une réaction en chaîne...

Dislocation du marché mondial, dislocation de l’Union européenne ? | AgoraVox
-La défaillance des économies d'Europe centrale et orientale s'impose au G4

-Le dilemme de la “déglobalisation

mercredi 24 février 2016

Allemagne: un modèle? (2)

L'euro ou les Européens? 
                                    On le chuchotait dans les cabinets d'experts, on l'écrivait  ici ou là, souvent timidement.
   Maintenant, le tabou se lève, la parole se libère, on le proclame, pas seulement en France (JM Quatrepoint et Guillaume Duval, même dans le Figaro, ou à l'OFCE, mais aussi de plus en plus en Allemagne.
   L'Allemagne ne représenta un modèle que pour ceux qui ne connaissent pas la logique de sa politique économique, surtout depuis l'ère schröderienne.
   Le modèle allemand, souvent utilisé comme moyen de culpabilisation, se trouve de plus en plus au centre de multiples contestestations.
      Petite révolution à Francfort, la BCE y va aussi de ses critiques:
            L'Allemagne doit se réformer d'urgence
    Paradoxalement, c'est sa bonne santé commerciale, le problème des excédents , qui pose problème, surtout dans le contexte actuel et au sein d'une Union qui fait fi de ses règles fondamentales.
          L'ordolibéralisme a marqué ses orientations.
              Il n'y a pas de miracle 
                      Patrick Artus le reconnait lui-même. Il ne s'agit pas de crier haro sur l'Allemagne, de céder à je ne sais quelle germanophobie, mais de considérer qu'il y va de l'intérêt bien compris et à long terme de nos amis d'Outre-Rhin.
         Philippe Legrain, pourtant ancien conseiller économique du très libéral Barroso, tire la sonnette d'alarme:           "L'Allemagne ne peut pas être un modèle pour la zone euro" En comprimant en permanence les salaires et en investissant peu, l'Allemagne ne peut guère compter sur le dynamisme de sa demande intérieure. Elle reste dépendante des exportations. Or, la croissance de ces dernières était tirée jusqu'à récemment par deux facteurs principaux : la croissance de l'Europe du sud et le développement industriel de la Chine. Ces deux facteurs n'existent plus. L'Europe du sud est entrée dans une longue crise et la Chine ralentit et change de modèle économique et se concentre désormais sur le développement du secteur des services, elle a donc moins besoin des biens d'équipement allemands. Le modèle allemand est donc sur le déclin. La part de marché mondiale de l'Allemagne est revenue à son niveau des années 2000 et la valeur ajoutée des entreprises allemandes est au plus bas...
  (1)  La dette publique et privée n'a pas baissé depuis le début de la crise en 2007. Alors que l'on affirme que cette crise est une crise de surendettement. C'est une preuve que les politiques actuelles ne réussissent pas. Vu les contraintes imposées par les règles fiscales européennes et les tabous monétaires allemands, je ne pense pas que la zone euro puisse échapper à la stagnation et croître assez rapidement pour sortir de la dette. Il faut donc réfléchir à la restructuration des dettes. C'est le seul moyen d'éviter la déflation. Dans le cas de la dette publique, cela paraît inévitable en Grèce et hautement souhaitable dans le cas du Portugal. Dans le cas de la dette privée, le FMI défend l'idée qu'il faut restructurer la dette des entreprises en Europe du sud, ainsi que la dette immobilière. Les Etats-Unis sont parvenus à réduire leur dette immobilière par la restructuration et l'inflation. En Europe, nous n'avons ni l'une, l'autre. La sortie de crise n'est pas possible dans ces conditions..
.   De façon générale, je suis frappé de constater que les dirigeants européens sont davantage obsédé par le sauvetage de l'euro que par le bien-être des européens.
  Le problème allemand dépasse donc la simple Allemagne, mais comme l'euro est l'outil du "miracle"....
       L'Etat de la plus grande banque allemande est un symptôme, un  signe et une conséquence de la situation,.symbole des errements de la régulation.
        Il est urgent de réorienter ou de  refonder l’Union Européenne
La monnaie unique, suivant la ligne de Frankfort, dans les conditions actuelles, affaiblit les partenaires. Une monnaie commune pourrait sauver le système.
    L'équipe au pouvoir à Berlin consentera-t-elle à changer le cap? On doute que cela puissese faire rapidement et sans heurt.
    Tout devra se jouer à Bruxelles.
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____(1)  Philippe Legrain, pourtant ancien conseiller économique du très libéral Barroso, tire la sonnette d'alarme:           "L'Allemagne ne peut pas être un modèle pour la zone euro" En comprimant en permanence les salaires et en investissant peu, l'Allemagne ne peut guère compter sur le dynamisme de sa demande intérieure. Elle reste dépendante des exportations. Or, la croissance de ces dernières était tirée jusqu'à récemment par deux facteurs principaux : la croissance de l'Europe du sud et le développement industriel de la Chine. Ces deux facteurs n'existent plus. L'Europe du sud est entrée dans une longue crise et la Chine ralentit et change de modèle économique et se concentre désormais sur le développement du secteur des services, elle a donc moins besoin des biens d'équipement allemands. Le modèle allemand est donc sur le déclin. La part de marché mondiale de l'Allemagne est revenue à son niveau des années 2000 et la valeur ajoutée des entreprises allemandes est au plus bas...

vendredi 21 mai 2010

Vertueuse Allemagne?

Fragile puissance économique

Victime de choix industriels qui étranglent l'Europe...elle se met en péril

"...Les entreprises allemandes investissent énormément dans les anciens pays de l’Est, là où la main-d’œuvre est bon marché. Certes, les brevets, les méthodes, les ingénieurs viennent de l’intérieur, mais les salaires, même s’ils sont faibles, sont payés à l’extérieur. C’est tout le paradoxe de cette économie exportatrice ; et les profits ? Et bien ils sont réinvestis à l’extérieur en partie aussi. Finalement ce qu’on a exigé en interne des citoyens ne leur a guère profité.
En fait, le nouveau dispositif allemand de relance est un plan hybride, avec une partie investissement public et une partie relance par la consommation par la baisse des impôts. On peut douter de l’efficacité de cette dernière mesure. La France qui est plus auto centrée, plus tournée vers elle-même semble moins fragile aujourd’hui que l’Allemagne. Le chômage y est plus faible (7 contre 9%) le niveau de vie identique. En période de récession, l’Allemagne dépend plus de ses partenaires que ses partenaires ne dépendent d’elle. La chute des investissements affaiblit ses exportations. Or elle représente 30% du PIB européen, et c’est le PIB européen qui fait sa propre croissance. Il est clair que la relance de l’Allemagne passe par celle l’Europe, qui elle même ne peut passer que par celle du couple franco-allemand...." (B.Maris)
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-L'Allemagne est-elle dans l'impasse?:

"...Quelque temps après son élection en 1998 dans le contexte du marasme économique prolongé des années 1990, Gerhard Schröder se lance dans l’ambitieux projet de rendre l’économie allemande plus compétitive. L’Agenda 2010 présidera, en outre, à une réduction des allocations chômage (loi Harz IV) et des remboursements médicaux. Mais surtout les salaires réels nets allemands ont baissé en termes absolus entre 2004 et 2008, du jamais vu sur une aussi longue période depuis l’après-guerre.
La compression des salaires (du « coût du travail » dans le langage châtré des économistes) permit de réduire la charge financière pesant sur les entreprises industrielles. Ainsi, en un sens, la mission fut « accomplie ». En 2004 l’Allemagne redevint la première puissance exportatrice mondiale, pour n’être détrônée par la Chine qu’en 2009.
___Mais à quel prix ? Et pour quel résultat ? On a vu que si les exportations se sont mieux portées, les performances de l’économie dans son ensemble sont plutôt ternes à l’heure actuelle. L’inégalité, quant à elle, a sensiblement augmenté. Selon le dernier rapport Croissance et inégalités de l’OCDE, le coefficient de Gini (le meilleur outil synthétique pour mesurer les inégalités de revenu) est passé en Allemagne de 0,27 à 0,30 dans les dix dernières années alors qu’en France il restait stable à 0.28. Enfin, la proportion d’Allemands vivant au-dessous du seuil de pauvreté est passée de 11% en 2001 à 18% en 2008.
Une telle régression sociale laisse pantois dans un pays qui, pendant les décennies d’après-guerre, avait prétendu parfaire une culture du consensus dans le champ politique et sociétal, ainsi qu’une « économie sociale de marché »...
la crise a indirectement contribué à fragiliser le modèle allemand. Un pays qui se veut grande puissance exportatrice comme l’Allemagne a nécessairement besoin, sur le long terme, de grandes puissances importatrices pour constituer sa clientèle. Mais voilà : la crise actuelle est elle-même née en partie de profonds déséquilibres commerciaux à l’échelle mondiale, qui ont gonflé les excédents des exportateurs (Chine et Allemagne en premier lieu) et alimenté la dette des importateurs (Etats-Unis, Espagne, Grande-Bretagne, et dans une moindre mesure, France)
___Or ces déséquilibres, qui génèrent une accumulation incontrôlée de dettes d’un côté et de créances de l’autre, ne sont pas viables à long terme – l’écroulement de la croissance des économies occidentales l’a amplement démontré. De fait, l’excédent commercial allemand et chinois s’est déjà réduit, et le déficit des balances des paiements américaine, britannique et espagnole a fait de même. Ces derniers pays ont compris qu’il était impératif de calmer leur fièvre consommatrice et de promouvoir leur propres exportations. L’Allemagne, comme la Chine, prennent lentement conscience qu’il leur faut réorienter leurs modèles de développement et que leurs exportations ne pourront plus être le moteur essentiel de la création de richesse.__Pour l’Allemagne, cela signifie, très simplement, que les sacrifices sociaux considérables exigés par l’Agenda 2010 ont été pour partie inutiles du point de vue de la croissance...
L’Allemagne se trouve donc dans une triple impasse : économique, sociétale et démographique. Ayant sacrifié la justice sociale à une promesse de prospérité illusoire, elle est aujourd’hui affaiblie à court terme par un monde susceptible de tourner le dos à ses exportations, et minée à long terme par une démographie quasi cataclysmique.
D’ici une trentaine d’année, non seulement la population allemande sera devenue inférieure à celle de la France et du Royaume-Uni, mais le déséquilibre entre retraités et actifs y sera bien plus aigu. Sur la longue durée, à moins d’un miracle, le niveau de vie allemand ne pourra surpasser celui de ses voisins. Alors, aussi insolite que cela paraisse aujourd’hui, il y a lieu de penser que l’Allemagne se verra rétrogradée à la troisième place en Europe en matière de richesse économique, derrière les Français et les Britanniques..."

-Il n’y a pas de modèle allemand:
"Depuis l’éclatement de la crise économique, une idée reçue a fait florès : il y aurait une vertu allemande, et pour l’Europe un modèle allemand. Cette sottise a pris racines dans un indicateur où le bon sens croit reconnaître la vertu : les échanges extérieurs allemands se soldent par un excédent courant imposant, tandis que la plupart des autres pays européens affichent un déficit.

Ceux qui en restent là justifient l’obstination allemande à serrer le cou des Grecs – au nom de la vertu, bien entendu.___Or le premier pas du bon sens est rarement suffisant. Il lui faut de toute urgence en franchir un deuxième, et se demander s’il est une vertu qui ne puisse être universelle, un modèle vers lequel ne pourraient jamais tendre tous les pays ensemble....___Tous les pays du monde pourraient-ils afficher en même temps un excédent de leurs échanges ? Evidemment non, puisque cela reviendrait à afficher un excédent mondial. Un excédent vis-à-vis de qui ? De Mars, de la lune ?

___Les échanges internationaux de marchandises, de services et de revenus sont forcément chacun un jeu à somme nulle. Ce qu’un pays importe, un autre l’exporte nécessairement. Ce qu’un pays verse, un autre le reçoit. Et tout aussi nécessairement, la somme des excédents courants égale très exactement la somme des déficits (1). Bref, il n’y a pas d’excédents sans déficits. Ni vice, ni vertu.___Le même constat vaut pour les mouvements de capitaux...___L’excédent courant allemand n’en est pas moins imposant. Près de 7% du PIB et plus de 240 milliards de dollars : il est, dans les deux cas, à l’échelle de l’excédent chinois, comme on le lit sur les deux premiers graphiques. Par son ampleur gigantesque, l’excédent allemand contribue largement aux déséquilibres internationaux...___L’Allemagne, toutes proportions gardées, est bien la Chine de l’Europe. Elle ne se distingue pas seulement des autres pays européens par son excédent courant gigantesque. Elle s’en distingue d’abord par le coup de frein donné aux salaires et à la protection sociale. Entre 2000 et 2008, le coût salarial unitaire (2) s’est accru de près de 15% en moyenne dans la zone euro. En Allemagne, il s’est accru de 1,9% .

Depuis la réunification, le partage de la valeur ajoutée des entreprises allemandes s’est considérablement déformé au détriment des salariés. Ceux-ci en ont abandonné plus de 10 points aux actionnaires entre 2000 et 2007 . Résultat : l’Allemagne s’est distinguée depuis dix ans par une des croissances économiques les plus lentes d’Europe .__C’est ce que certains appellent « la compétitivité allemande », un « modèle » qu’ils rêvent d’étendre à toute l’Union.__C’est évidemment une chimère, pour les raisons susdites. Ce serait surtout une compétition où il n’y aurait que des perdants : tous les peuples d’Europe confrontés à la déflation. Evoquer cette occurrence au conditionnel est un parti pris optimiste. N’entend-on pas déjà citer les « efforts grecs » comme des exemples à suivre ?..." (JF Couvrat)

-La fin du modèle allemand ?

-Le modèle allemand en accusation
-
L'Allemagne, victime du tout export
-Le "modèle" allemand, l'Europe et la globalisation
-Le modèle allemand bat de l'aile

-Les dessous de l’Allemagne
-La France a-t-elle raison de critiquer le modèle allemand?
-Merkel essaie de noyer le poisson
-Pour Merkel, l'Europe ne fait que "gagner du temps"
-Sarkozy-Merkel: l'entente impossible
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"Il y a beaucoup à dire sur la voie dans laquelle le gouvernement allemand veut engager l'Europe. Exiger le retour aux critères de Maastricht sur une période aussi courte que trois ans, alors que l'Europe est en crise économique, est considéré par de nombreux économistes aussi divers que Martin Wolf, Paul Krugman, Nouriel Roubini, Michel Aglietta, Frédéric Lordon, Joseph Stiglitz, Jacques Généreux, comme un projet intenable voire suicidaire. Tous insistent sur les risques de voir l'Europe plonger dans une spirale déflationniste et récessive qui pourrait créer de grands troubles économiques, sociaux et politiques, voire conduire à son éclatement.______Le cas de l'Estonie, citée en exemple par Angela Merkel, dans son entretien au Monde donne un avant-goût de ce qui pourrait menacer l'ensemble de l'Europe. Frappé par la crise dès 2008, le gouvernement estonien a choisi de laisser sa monnaie arrimée à l'euro mais de mener «une dévaluation compétitive interne», en imitant la politique allemande. Résultat? L'économie a chuté de près de 20%. Le chômage a explosé, passant de 2 à 15,5%. Selon les prévisions du FMI, la croissance devrait au mieux atteindre 0,8% cette année; et l'Estonie sortirait en 2015 moins forte qu'en 2007, au vu de la destruction économique et sociale."

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Scénario allemand? __"Les Allemands anticipent déjà l’échec du sauvetage de la Grèce et des garanties sur l’euro. Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le futur, c’est une Europe à deux vitesses.__Il y a quinze ans, en pleine gestation de l’euro, on parlait de l’Europe à deux vitesses. Une rapide, composé des pays « centraux » à l’économie solide et au budget discipliné, et une autre lente pour le reste. Les pères de la monnaie unique tentèrent de conjurer ce scénario en fixant des conditions que tous les pays membres de la zone euro devraient remplir parce que, pour qu’existe une unité monétaire, il était indispensable que tous partagent des critères communs. Les deux plus importants étaient de ne pas s’endetter et d’éviter que le déficit budgétaire dépasse la barrière des 3%. Ce que firent les économies du sud et le Royaume-Uni. Avec cette seule différence que ce dernier pays pris soin de ne pas intégrer l’euro.

__Le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le quotidien généraliste allemand le plus lu, vient de terminer un exercice d’histoire économique fiction qui se situerait en 2013. Sous le titre « Un regard en arrière depuis 2013 : l’alternative », le journal de Francfort trace les lignes de ce que serait une brève histoire de la chute de l’euro et de sa reconversion en deux devises : une solide réservée à l’Allemagne et à certains de ses voisins, une plus faible, dévaluée pour les autres membres de l’ex-zone euro.__La rupture serait provoquée par les élections fédérales allemandes de 2013. Angela Merkel, très usée politiquement et avec le spectre d’un parti populiste opposé au sauvetage, devrait se résigner à l’inévitable. Ensuite, tout se passerait très rapidement. D’après le Frankfurter, l’Allemagne serait accompagnée des pays du Benelux, de l’Autriche et de la Finlande, c’est-à-dire les pays qui orbitaient déjà autour de l’Allemagne aux temps heureux du Deutsche Mark.__On remarquera le fait que la France n’est pas incluse dans ce groupe ; signe que les Allemands commencent à se méfier de celle qui a été leur associé principal durant les 60 dernières années. En fin de compte, c’est bien Paris qui s’est montrée la plus intéressée au sauvetage de la Grèce via un plan milliardaire qui provoque le rejet presque total des Allemands. Et là, on ne parle plus de science-fiction, mais d’histoire réelle. Le revers de la CDU lors des élections régionales en Rhénanie du nord-Westphalie n’est qu’un avant-goût de ce qui viendra lors des comices suivantes.___Le sentiment qui s’installe clairement en Allemagne – le Frankfurter Allgemeine Zeitung n’est pas exactement un journal sensationnaliste – c’est que le sauvetage de la Grèce et les garanties sur l’euro ne serviront seulement qu’à prolonger une agonie qui, tôt ou tard, devra s’achever par un bon gros coup de poing sur la table de la part du moteur de l’euro, l’Allemagne, le pays qui supporte sur ses épaules la crédibilité et la valeur de la monnaie unique..."

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-Europe en péril - Allemagne en crise -Angela à la peine

lundi 3 mai 2010

Europe en péril


Grèce : énormes sacrifices en vue

-Un plan socialement injuste et économiquement dangereux,
critiqué par
Jacques Delors lui-même,
mais propulsé par DSK...

_____" Le grand FMI est de retour. Pour ceux qui soutenaient que l'institution internationale avait compris les désastres qu'il avait créés en Afrique et en Amérique du Sud et avait changé, le plan d'aide à la Grèce vient infliger un cruel démenti. Toutes les vieilles recettes libérales y figurent: démantèlement de la protection sociale, abaissement des salaires, privatisation, fiscalité sur la consommation. Et elles sont désormais avalisées par l'Union européenne. Acculé à la dernière extrémité financière, le premier ministre grec, Georges Papandréou, a été réduit à tout accepter..."

-Le ministre finlandais des Finances Jyrki Katainen a fait valoir que la Grèce était «un pays comparable à Lehman Brothers» la banque américaine à l’origine de la crise financière mondiale. «Si elle chutait, cela ébranlerait énormément l’économie européenne»
-Un prêt gagnant-gagnant?...qui ne sera sans doute jamais remboursé
____-"On prête de l'argent à la Grèce pour qu'ils achètent nos armes"
-Sortir de l'euro?

- Un engrenage infernal en marche?...
-La refondation ou le chaos
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-L'Europe de la déflation sociale
"...Alors que le gouvernement grec avait déjà gelé les salaires de la fonction publique, suspendu les recrutements, annoncé un recul de l'âge de la retraite, augmenté les taxes sur les carburants et l'alcool, le FMI et l'Europe, sous l'impulsion de l'Allemagne, exigent de nouvelles restrictions. Au menu de ce qui semble déjà acquis, suppression des 13 et 14es mois de salaires pour la fonction publique, nouveau recul de l'âge de la retraite qui serait porté de 53 ans à 67 ans, hausse de la TVA et d'autres taxes indirectes, réduction de toutes les autres dépenses publiques. La potion se veut radicale pour contraindre le gouvernement grec à réduire son déficit de 10 points de PIB d'ici à 2012. Un remède de cheval dans un pays à l'économie déjà anémiée et qui ne souffre d'aucune inflation.
__Les marchés, rassurés par cette intervention brutale du FMI, soufflent. Ils sont d'autant plus sereins désormais que la panique financière, cette semaine, a tétanisé les gouvernements européens. Pour éviter de se retrouver dans la même impasse que la Grèce, tous prennent les devants et se proposent de faire du FMI sans le FMI. Sus aux déficits, aux dépenses publiques, aux droits sociaux. C'est à qui aura le plus grand brevet de rigueur pour éviter de se trouver sous les feux des marchés et perdre la précieuse notation qui ouvre l'accès aux capitaux.
__Sans attendre, le premier ministre portugais José Socrates a passé, dès le lendemain de la dégradation du Portugal, un accord avec le parti social démocrate de Pedro Passos Coelho, la principale force d'opposition du pays, pour renforcer le programme d'austérité afin d'apaiser les inquiétudes des investisseurs. Dans la nouvelle mouture, le gouvernement envisage de ramener son endettement de 9,4% à 2,8% du PIB d'ici à 2013. Pour y parvenir, il prévoit une réduction drastique des dépenses publiques, qui devraient à elles seules représenter la moitié des mesures d'austérité.
__Dans la fonction publique, les salaires et les recrutements sont appelés à être totalement gelés pendant au moins trois ans. Les investissements publics seront réduits, passant de 4,9 à 2,9% du PIB, les programmes de défense sont promis à une réduction de 40%. Un programme de privatisations de 6 milliards d'euros est prévu, dont 1,5 milliard dès cette année. Les impôts sur le revenu augmenteront. Mais les recettes fiscales dans leur ensemble ne représentent que 15% du plan.
__L'Espagne, qui elle aussi est inscrite sur la liste des pays menacés, avait annoncé un programme d'économie avant la crise grecque avant de réduire son endettement. Le gouvernement prévoit de réduire ses dépenses de 50 milliards d'euros sur trois ans. Les recrutements dans la fonction publique seront gelés. Une réforme des retraites est en préparation, faisant passer l'âge légal de départ à la retraite de 65 à 67 ans. Mais ces mesures ne sont plus jugées suffisantes par les marchés. Pour l'instant, le gouvernement de José Luis Zapatero, qui est confronté à un chômage de plus de 20%, refuse de renforcer la rigueur. Mais les pressions, jusqu'à présent discrètes, pourraient s'accentuer s'il campe dans son refus....
__________________La déflation sociale est-elle donc devenue désormais le cœur de la politique de l'Europe? Asphyxiés par les dettes, liées à la crise, à la baisse des rentrées fiscales et au sauvetage du secteur financier, les gouvernements n'ont guère d'autres choix, s'ils se refusent, comme depuis deux ans, au moindre changement par rapport au monde financier. Et plus encore face au dogme d'une fiscalité allégée pour les plus riches et les entreprises, qui a appauvri systématiquement les Etats depuis trente ans.
___Si tous ces paramètres restent identiques, l'euro se révèle être un corset de fer dans cette période de crise: les pays n'ont aucune possibilité de dévaluer, de jouer sur les taux, d'utiliser l'inflation. Dès lors, la seule arme qu'il leur reste est l'ajustement social, une dévaluation interne qui ne dit pas son nom.
___C'est la politique qu'a mise en œuvre l'Allemagne avec succès à partir de 2002 dans le cadre de son Agenda 2010, soutenue par tous les partis politiques et les syndicats, font remarquer certains analystes. Et cela a été un succès, soutient le gouvernement allemand qui demande désormais que la même rigueur soit appliquée aux autres. Mais les structures comme les circonstances sont différentes. D'abord, l'Allemagne a une industrie très qualifiée, de forte valeur ajoutée et très exportatrice. Ce qui n'est pas le cas de toutes les économies européennes. Ensuite, ce programme d'ajustement faisait suite à de forts dérapages liés à la réunification et il a été mené pendant une période d'expansion de l'économie mondiale. Le coût social, malgré tout, en a été très élevé. Enfin, l'Allemagne a été gagnante car elle a été la seule à mener ce programme. Ses excédents commerciaux ont été nourris par les déficits de l'Europe, qui lui a assuré 75% de ses débouchés. Qu'adviendra-t-il à l'Europe, et même à l'Allemagne, si l'ensemble de l'économie européenne plonge dans la déflation?...
C'est le début d'une spirale dépressive qui guette aussi la Grèce. Faute de débouchés et de soutien, l'économie s'effondre, l'Etat voit diminuer encore ses recettes, et proportionnellement les dettes prennent un poids démesuré, bientôt insupportable.
C'est aussi l'avertissement qu'a lancé l'économiste Nouriel Roubini ce vendredi, dans le Financial Times. «Le plan A (tel qu'il est conçu par le FMI et l'Europe pour aider la Grèce) fait courir le risque d'une faillite désordonnée et d'une crise financière.» Mieux vaudrait selon lui restructurer la dette grecque, conduire un plan d'ajustement budgétaire pour les pays périphériques de la zone euro, accompagné par une aide plus importante de l'Union européenne et du FMI, enfin engager des baisses de taux et une stimulation de la demande en Allemagne..."
(M.Orange)
-
Grèce: un plan socialement injuste et économiquement dangereux
-Les marchés et l'Allemagne ont mis la Grèce à genoux
-La Grèce, premier cochon dégraissé
-Crise grecque: la France se nourrit-elle sur la bête?
-Crise grecque : le coq accuse l'âne d'avoir une grosse tête…
-Crise grecque : le risque de contagion européen
-Grèce : quand l'Allemagne met sa propre économie en danger
-Grèce : Jacques Delors dénonce l'Union européenne
-La Grèce: l'affaire de l'année… pour les spéculateurs

-DSK "admiratif de l'extrême rigueur choisie à Athènes"

-Quand les marchés font payer à la Grèce leurs propres erreurs
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-Zone euro : les trois scénarios de crise
-Les agences de notation, agents de la spéculation?
-Les agences de notation au cœur des scandales financiers
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-Plus scandaleux que Goldman Sachs: les agences de notation
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-La revanche des marchés

-Crise de l'euro : le grand cocktail explosif !
-Europe : le sursaut de la dernière chance

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- Grèce: contagion redoutée
-GRÈCE: notre problème
-
Où va l'Euro(pe) ?
- Banques: hold-up sur l'Europe


dimanche 9 mai 2010

Angela à la peine


Une chancelière "coincée"

Dans un pays en crise,victime du tout-export

-Un enjeu européen-

Capitaine-courage ou populaire par défaut ?
fragilisée par la
salade grecque,
« Isolée en Europe, isolée à la maison », titrait mardi 7 avril un grand quotidien allemand, le Süddeutsche Zeitung, pour dépeindre la situation dans laquelle se retrouve Angela Merkel depuis lundi ...

______L'élection allemande que l'Europe attend:
"Ce dimanche 9 mai, les 13 millions d'électeurs de la Rhénanie du Nord-Westphalie, Etat régional de l'ouest de l'Allemagne (le plus grand, 18 millions d'habitants, un Allemand sur cinq), sont appelés aux urnes. L'enjeu dépasse de loin Dortmund, Düsseldorf ou Essen, les villes industrielles de la Ruhr. Si la CDU de la chancelière Angela Merkel, alliée en Rhénanie comme au niveau fédéral avec les libéraux du FDP, perd cet Etat, elle risque de perdre sa majorité au Bundesrat, la chambre haute du Parlement.
___Mais l'enjeu du scrutin est aussi européen, et mondial. C'est à cause de cette échéance qu'Angela Merkel a tant tergiversé dans l'affaire grecque. Craignant par un soutien trop marqué au plan de sauvetage de la Grèce, qu'elle sait impopulaire auprès de l'opinion, de perdre des voix précieuses, la chancelière a préféré faire traîner alors que, selon la presse allemande, sa décision d'aider la Grèce est prise depuis deux ou trois semaines.___«Votre double jeu nous a coûté beaucoup de confiance et d'estime en Europe», lui a reproché le chef du groupe parlementaire social-démocrate, Frank-Walter Steinmeier.
Après cette élection, la chancelière pourrait disposer d'une marge de manœuvre plus importante pour gérer la crise historique de l'euro.
___Les derniers sondages d'opinion ne sont pas rassurants pour Merkel...Si la perspective de ce scrutin régional fait trembler Merkel et empoisonne l'Europe depuis plusieurs semaines, il a aussi totalement paralysé la politique intérieure depuis six mois. Toutes les décisions importantes (réduction des déficits, éventuelles baisses d'impôts, réforme de la santé, retour de l'énergie nucléaire, etc.) ont été repoussées. Il faut dire que ce vote peut bouleverser la vie politique intérieure.
___Depuis 2005, cet Etat est gouverné par la CDU, associé aux libéraux du FDP. A la tête de l'Etat, Jürgen Rüttgers. Une sorte de Jacques Chirac: de droite, mais aussi à l'aise avec un chef d'entreprise qu'avec un ouvrier d'Opel.___Mais depuis quelques semaines, les nuages s'amoncellent. Ses collaborateurs ont fait payer à des chefs d'entreprise des tête-à-tête avec lui (il dit ne rien en avoir su). Lundi dernier, le magazine Der Spiegel révélait qu'en 2005, son parti a financé en sous-main une soi-disant liste apolitique d'électeurs.___Rüttgers est aussi plombé par le climat politique: la coalition au pouvoir à Berlin est erratique. Le FDP, qui apparaît de plus en plus comme un parti dogmatique, économiquement très libéral en dépit des soubresauts de la crise, fait preuve de l'amateurisme le plus complet.
Le risque que la chancelière perde sa majorité au Bundesrat, la chambre haute qui représente les Etats régionaux, est très important.
.." (M.Magnaudeix)
_______________-L'élection régionale qui menace Angela Merkel
:
"... La politique de retour à la croissance fondée sur des baisses d'impôts a creusé les déficits de nombreuses villes de Rhénanie, désormais au bord de la faillite et où le taux de chômage peut atteindre les 20 %. Gouvernée par la CDU, la ville a annoncé la fermeture de cinq piscines municipales, des bibliothèques, la réduction des budgets culturels, des coupes dans les budgets sociaux, l'augmentation du prix des places de parking et de l'impôt canin, une spécialité du fisc allemand qui taxe les propriétaires selon la taille de leur animal. Et la fermeture annoncée du Schauspielhaus, le célèbre théâtre de la danseuse et chorégraphe Pina Bausch, a assuré une publicité nationale au plan d'économies de la ville.
____Dans ces cités qui souffrent, les hésitations de Merkel dans la gestion de la crise grecque sont particulièrement mal passées. Wuppertal, membre d'un collectif des 19 municipalités les plus endettées du Land, a dû se résoudre à tailler à la hache dans ses budgets.
_
__«La crise nous avait déjà coûté 100 millions d'euros. Ensuite le pacte de croissance, adopté par le gouvernement fédéral et cofinancé par les communes, coûte à la ville 8,5 millions d'euros par an. Et la réduction de la TVA sur les nuits d'hôtel a aussi plombé nos finances. Berlin décide et nous passons à la caisse», soupire Alfred Lobers, responsable des finances de Wuppertal. Facteur aggravant, Wuppertal, comme toutes les communes d'Allemagne de l'Ouest, met la main à la poche pour financer le pacte de solidarité avec les nouveaux Länder d'ex-RDA. «Cela nous coûtera 20 millions par an jusqu'en 2018, dit-il. Le comble, c'est que nous sommes obligés d'emprunter pour financer les villes de l
'Est, dont certaines se portent aujourd'hui beaucoup mieux que nous. Cela n'a plus de sens.»...
-Angela Merkel au centre des critiques
-Allemagne : de nombreuses communes au bord de la ruine
-L'Allemagne aussi responsable de la crise
-Grèce : quand l'Allemagne met sa propre économie en danger

-Grèce: menaces sur le secteur bancaire allemand
-Les dessous de l'Allemagne
-Y a-t-il un modèle allemand ?

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Angela Merkel conditionne l'avenir de l'Europe au succès du plan grec
-En fin de compte: double défaite!
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-Grèce: aide allemande?
-Merkel: populaire "par défaut"?
-Allemagne en crise__-
-Une autre Allemagne ?__- Dérives allemandes__-- Fractures allemandes__-- Les Allemands désorientés
-Europe en péril
-Grèce: contagion redoutée