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mardi 4 juillet 2023

Bollorisation des médias en cours

 Un homme discret

                                On peut lui reconnaître cette vertu. Discret, mais influant. Beaucoup n'en ont même jamais entendu parler. Dans ses propriétés ou sur son yacht, qui ne fait pas dans la demi-mesure, il supervise des réseaux multiples qu'il s'évertue à entretenir. Un homme d'influence. Même s'il ne gagne pas à tous les coups (il a des réserves), il entretient un important réseau et son nom est souvent en filigrane derrière des médias bien connus. Qui possède et influence de grands organes de presse et de télévisions est assuré de faire valoir une ligne éditoriale de son cru. C'est une constante, en France particulièrement, où tous les grands médias sont aux mains de groupes d'intérêt puissants. Monsieur B., héritier de quelqu'un qui est parti de rien, a fait son chemin dans le monde des affaires nationales et internationales et a eu le loisir et le pouvoir de se faire de nombreuses relations, surtout dans la sphère politique. C'est lui surtout que N.Sarkozy a remercié après son élection à la présidence.                                                     ___   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années(*) Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...  


                                                                   (*)   "....Zemmourisation de la politique et bollorisation des médias ne vont pas l’une sans l’autre et, pour comprendre le journaliste néo-maurrassien aux portes du second tour des présidentielles, il faut comprendre le parcours et les visées du corsaire de la finance. 
Éric Zemmour a choisi de nommer sa maison d’(auto-)édition « Rubempré » depuis qu’Albin Michel, qui l’éditait, a fait défaut au candidat. Il se reconnaît sans doute dans ce parcours d’homme de lettres et de journaliste, en quête d’un titre et du pouvoir, la pairie ou un ministère sous la Restauration chez Balzac, la présidence de la République pour l’éditorialiste du Figaro. Mais tout Rubempré a son Vautrin, pour financer et soutenir sa trajectoire médiatique et politique. Nous parlons bien sûr ici de Vincent Bolloré, qui a littéralement installé Éric Zemmour dans le paysage politique français. Bien sûr, Éric Zemmour avait une carrière bien remplie, au Figaro, à RTL et sur le service public (On n’est pas couché), comme sniper et polémiste chargé de faire entendre une voix atypique, perçue alors comme minoritaire, et comme auteur à succès. Mais la surexposition dont il a joui sur CNews a marqué un passage à l’échelle supérieure dans son avènement, puisque lui a été ménagée, à un carrefour d’audience significatif, une heure quotidienne de libres propos dans un Face à l’info, où rien ne lui faisait face. De fait, il y occupait une position qui résiste mal à la définition de simple chroniqueur, puisqu’il était à la fois l’invité principal, le véritable maître des lieux et l’arbitre de tout ce qui se disait sur le plateau, servi par une Christine Kelly habile à lui tendre toutes les perches et sans véritable contradicteur. Il faut donc s’intéresser à celui qui tire les ficelles de cette montée en puissance, tel l’abbé Herrera qui, sur la route d’Angoulême, permit à Lucien de repartir à la conquête de Paris. Zemmourisation de la politique et bollorisation des médias ne vont pas l’une sans l’autre et, pour comprendre le journaliste juif et berbère néo-maurrassien aux portes du second tour des présidentielles, il faut comprendre le parcours et les visées du corsaire catholique et breton de la finance.   _________Il faut d’abord insister sur la surpuissance médiatique qu’a acquise Vincent Bolloré. Il continue, voire parachève aujourd’hui, un parcours sans faute, au moins sur le plan de la stratégie des affaires, dans sa conquête au sein de l’univers médiatique hexagonal, européen et africain. Il n’a fait qu’une bouchée de l’héritier Arnaud Lagardère qui, ayant eu l’imprudence de quitter sa forteresse en forme de commandite que son père lui avait bâtie, n’est visiblement plus le maître à bord. Ne l’a-t-il jamais été ? Après de longues années d’impéritie et de vente à la découpe et pris en tenaille entre ces différents actionnaires (Amber Capital, Bernard Arnaud), il s’est jeté dans les bras, étouffants, de Bolloré. Le capitaine d’industrie se trouve désormais à la tête à la fois de Vivendi (Canal +, C8, CNews), de Lagardère donc (Europe 1, Paris MatchLe Journal du Dimanche) et de Prisma (CapitalGEOFemme actuelle, etc.) qui lui a été revendue par Bertelsmann. On se rappelle aussi ses vues sur M6, désormais promise à TF1, qui fit elle-même jadis l’objet d’une tentative d’OPA. On parle aussi désormais du Figaro et de discussion sur le sujet avec la famille Hersant. Il est même question d’une sortie des affaires africaines, essentiellement le déploiement d’infrastructures surtout portuaires, ferroviaires et routières, pour continuer à privilégier le renforcement des médias au sein du groupe.                                                                                                     Bolloré dispose donc d’un impressionnant arsenal médiatique au moment où se lance la campagne présidentielle française. Face à cette trajectoire irrésistible dans le champ des médias et de l’information, il n’est pas illégitime de se demander de quoi Bolloré est le nom. Son empire se déploie à la fois en radio, dans la télévision de flux, dans les plateformes de contenus et dans la presse. Il s’appuie aussi sur Havas et donc sur le marché publicitaire, qui permet aux médias de vivre, et sur le marché complémentaire de l’édition, dans lequel il occupe une position dominante avec Editis, en passe donc d'absorber Hachette (et qui diffuse le dernier livre d'Éric Zemmour). Son emprise est multiple et massive, ce qui lui donne un pouvoir de frappe exceptionnel. On peut donc considérer qu’un degré supplémentaire est franchi sur la question de la dépendance des médias, de leur financement par de grands groupes et de l’enjeu démocratique que cela constitue. Certes, Vincent Bolloré n’est pas le premier grand capitaliste à investir dans l’information : en quoi diffère-t-il donc de ceux qui l’ont précédé, les Hersant justement ou ses compétiteurs Bouygues (TF1), Altice (NextRadio), LVMH (Les ÉchosLe Parisien) et autres Free dirigé pa Xavier Niel (Le Monde, Nice Matin, Mediawan) ? D’abord, si le paysage français a toujours été contrasté idéologiquement dans la presse écrite, les grands médias de flux comme la télévision restaient plus ou moins liés, pour ceux qui ont été privatisés, à leur origine publique, s’inscrivant davantage dans une certaine recherche de consensus, avec laquelle une chaîne comme CNews a clairement rompu en suivant un modèle à la Fox News. Le patron de Vivendi s’est emparé, à force de patience, de sens des affaires, de coups de force et de ruses, d’un ensemble de médias de masse qu’il oriente du côté de la droite la plus dure. L’absence de barrières éthiques dans les affaires, associée à une évidente intelligence stratégique, ont conduit à son succès, qui permet l’affirmation d’un corpus idéologique sans complexe ni déontologie journalistique.                                                                Mais Vincent Bolloré ne se contente pas de créer des médias proches de sa vision du monde ou d’en acquérir, comme il le fit dans la presse gratuite avec Direct Matin ou en rachetant France catholique. Il s’est beaucoup appliqué à détruire des offres éditoriales avec lesquelles il n’était pas en accord. Il a exercé une sorte de pouvoir sur l’existence même des médias qu’il a acquis, de la mise à mort de l’esprit Canal+ et des Guignols à l’investigation en passant par Le Grand Journal, jusqu’à la mise au pas d’Europe 1, où il a fallu se soumettre ou se démettre, en passant par la transformation de iTélé en CNews. Il crée une offre certes, mais sur les décombres de rédactions qu’il met au pas ou dont il se débarrasse, depuis les cadres dirigeants (qui n’ont pourtant pas toujours la réputation d’avoir le couteau entre les dents, voir la récente éviction d’Hervé Gattegno de Paris Match et du Journal du Dimanche) jusqu'aux journalistes qui, de motions de défiance en grèves, découvrent l’ampleur de leur impuissance. Il s’agit moins de créer une offre nouvelle, tel un Édouard Drumont lançant La Libre Parole, que de brider des contenus ou des orientations à travers les groupes sur lesquels il a pris un pouvoir financier. Ce tropisme de la terre brûlée a conduit d’ailleurs le marché à s’interroger sur la destruction de valeur à laquelle il pouvait conduire et à se demander si l’homme d’affaires préférait ses idées à ses intérêts. Ainsi, ce qui reste de l’esprit Canal+, qui a correspondu à une forme de créativité télévisuelle, a-t-il migré avec succès au sein du groupe TF1, avec Quotidien sur TMC. En réalité, il n’y a nulle indifférence au succès économique, mais ce dernier, acquis avec CNews ou C8, ne va pas sans l’affirmation d’un ligne idéologique marquée. On se rappellera aussi que Bolloré avait une revanche à prendre, tant son entrée dans l’univers des médias télévisuels, à travers le rachat de deux petites chaînes de la TNT (Direct 8 et Direct Star) qu’il avait relancées à sa façon, avait suscité de quolibets en matière éditoriale. Pourtant, c’est en les revendant au groupe et en faisant son cheval de Troie, qu’il prendra le contrôle de Vivendi.                                                                                                                   Sur les ruines d’une offre toujours trop marquée à ses yeux par le gauchisme ou le progressisme ou simplement la dérision, il construit un empire médiatique marqué par des idées ultralibérales qui interdisent toute critique possible des actions de son groupe, en particulier en Afrique, ce qui est souvent la posture des grands médias privés. Mais à cela s’ajoute aussi des idées conservatrices, catholiques, traditionalistes, très ancrées à droite, soutenues par un populisme identitaire et civilisationnel, que portent Éric Zemmour, Pascal Praud ou Sonia Mabrouk. Ces idées s’inscrivent d’abord dans une perspective décliniste, nationaliste, qui fait de l’islam le problème central en France, associé aux questions migratoires et à celles du maintien de l’ordre, et du « wokisme » l’autre grand danger contre lequel il faudrait lutter.  Le groupe médiatique fonctionne d’abord sur une logique de l’affiliation clanique avec les affidés et de règlement de compte et de mise au pas avec ceux qui font mine de s’affranchir d’un unanimisme contraint. L’humour en particulier, quand il prend une forme critique, celui d’un Nicolas Canteloup (Europe 1) ou d’un Sébastien Thoen (Canal+) par exemple, est particulièrement mal supporté. De plus, ce qui naguère prenait la forme de pressions discrètes apparaît désormais au grand jour. L’influence sur les lignes éditoriales, l’absence de « muraille de Chine » entre l’économique et le rédactionnel et le rejet de l’indépendance journalistique sont affichés au nom d’une doctrine libérale assumée de la toute-puissance de celui qui tient les cordons de la bourse. Mais ils le sont aussi au nom d’une vision qui érige les autres médias, en particulier publics, et les autres orientations idéologiques, en particulier à gauche, dans une position monopolistique qui permet de revendiquer la position de la parole bâillonnée et de crier à la dictature du politiquement correct, alors même qu’on occupe une part de voix conséquente et qu’on érige une nouvelle doxa. Cette radicalité conservatrice s’appuie aussi sur une véritable capacité à bousculer les formats, à s’affranchir de la distribution des rôles classiques sur la scène médiatique, en mêlant invités, journalistes et éditorialistes dans une sorte d’unité de pensée qui donne paradoxalement un caractère apaisé à certains plateaux. Le populisme d’expression plus grand public d’un Hanouna sur C8, qui promeut une transgression bien normative et transforme le télévisuel en cours d’école rigolarde et quelquefois cruelle, fait écho à celui, plus savant, d’un Zemmour, qu’il complète. Pourtant, derrière la variété des formes et l’appel au bon sens populaire, c’est bien une pensée réactionnaire, de moins en moins masquée, qui s’avance, en promouvant ici un catholicisme traditionaliste avec la diffusion d’un téléfilm anti-avortement sur C8 ou, là, une hostilité à toute mise en cause de l’Église, avec par exemple le blocage de l’achat du film de François Ozon, Grâce à Dieu, sur l’affaire Preynat. Au demeurant, ce catholicisme à l’ancienne, bien peu républicain, s’accommode parfaitement des valeurs les plus libérales sur le plan économique.                  L’empire Bolloré se livre désormais à une guerre sans merci pour remettre en cause les médias publics. Zemmour, comme Marine Le Pen d’ailleurs, parle de privatisation dans son programme. Ce procès s’instruit sur la base d’une orientation qui serait systématiquement à gauche et/ou proche du pouvoir en place. On assiste à la transformation des débats qui existaient à l’intérieur des grands médias en débats entre les grands médias. Ce mouvement d’opposition prend particulièrement pour cibles France Inter, ses chroniqueurs et ses humoristes, mais aussi certaines émissions de France Télévisions, qui seraient perverties par le politiquement correct.    L’ensemble de ces traits dessine bien une sorte de Rupert Murdoch hexagonal, qui amplifie la mainmise d'acteurs économiques majeurs sur les grands médias, mais qui rompt avec une certaine discrétion feutrée de l’establishment français dans l’influence, affichant frontalement un désir de promouvoir dans l’espace public un modèle à la fois très libéral et très conservateur et d’opérer une sorte de grand remplacement médiatique en mettant à bas les médias publics. La droite a trouvé en lui une ressource clef pour installer ses thématiques dans une position hégémonique à travers un dispositif médiatique puissant. Le sera-t-il assez pour porter Zemmour au pouvoir ?..." [ Merci à Esprit ]                    __________________

mardi 29 octobre 2024

Bollorisation médiatique

Un appétit sans mesure

         C'est même une boulimie. Sur la voie d'un empire médiatique. Au service de l'extrême droite. Le groupe Hachette, au riche passé, tombe dans son escarcelle. Il fait partie des princes de la presse. Où s'arrêtera -t-il?... 


            Un homme discret.  On peut lui reconnaître cette vertu. Discret, mais influant. Beaucoup n'en ont même jamais entendu parler. Dans ses propriétés ou sur son yacht, qui ne fait pas dans la demi-mesure, il supervise des réseaux multiples qu'il s'évertue à entretenir. Un homme d'influence. Même s'il ne gagne pas à tous les coups (il a des réserves), il entretient un important réseau et son nom est souvent en filigrane derrière des médias bien connus. Qui possède et influence de grands organes de presse et de télévisions est assuré de faire valoir une ligne éditoriale de son cru. C'est une constante, en France particulièrement, où tous les grands médias sont aux mains de groupes d'intérêt puissants. Monsieur B., héritier de quelqu'un qui est parti de rien, a fait son chemin dans le monde des affaires nationales et internationales et a eu le loisir et le pouvoir de se faire de nombreuses relations, surtout dans la sphère politique. C'est lui surtout que N.Sarkozy a remercié après son élection à la présidence.                                                     ___   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années(*) Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...  


                                                                   (*)   "....Zemmourisation de la politique et bollorisation des médias ne vont pas l’une sans l’autre et, pour comprendre le journaliste néo-maurrassien aux portes du second tour des présidentielles, il faut comprendre le parcours et les visées du corsaire de la finance. 
Éric Zemmour a choisi de nommer sa maison d’(auto-)édition « Rubempré » depuis qu’Albin Michel, qui l’éditait, a fait défaut au candidat. Il se reconnaît sans doute dans ce parcours d’homme de lettres et de journaliste, en quête d’un titre et du pouvoir, la pairie ou un ministère sous la Restauration chez Balzac, la présidence de la République pour l’éditorialiste du Figaro. Mais tout Rubempré a son Vautrin, pour financer et soutenir sa trajectoire médiatique et politique. Nous parlons bien sûr ici de Vincent Bolloré, qui a littéralement installé Éric Zemmour dans le paysage politique français. Bien sûr, Éric Zemmour avait une carrière bien remplie, au Figaro, à RTL et sur le service public (On n’est pas couché), comme sniper et polémiste chargé de faire entendre une voix atypique, perçue alors comme minoritaire, et comme auteur à succès. Mais la surexposition dont il a joui sur CNews a marqué un passage à l’échelle supérieure dans son avènement, puisque lui a été ménagée, à un carrefour d’audience significatif, une heure quotidienne de libres propos dans un Face à l’info, où rien ne lui faisait face. De fait, il y occupait une position qui résiste mal à la définition de simple chroniqueur, puisqu’il était à la fois l’invité principal, le véritable maître des lieux et l’arbitre de tout ce qui se disait sur le plateau, servi par une Christine Kelly habile à lui tendre toutes les perches et sans véritable contradicteur. Il faut donc s’intéresser à celui qui tire les ficelles de cette montée en puissance, tel l’abbé Herrera qui, sur la route d’Angoulême, permit à Lucien de repartir à la conquête de Paris. Zemmourisation de la politique et bollorisation des médias ne vont pas l’une sans l’autre et, pour comprendre le journaliste juif et berbère néo-maurrassien aux portes du second tour des présidentielles, il faut comprendre le parcours et les visées du corsaire catholique et breton de la finance.   _________Il faut d’abord insister sur la surpuissance médiatique qu’a acquise Vincent Bolloré. Il continue, voire parachève aujourd’hui, un parcours sans faute, au moins sur le plan de la stratégie des affaires, dans sa conquête au sein de l’univers médiatique hexagonal, européen et africain. Il n’a fait qu’une bouchée de l’héritier Arnaud Lagardère qui, ayant eu l’imprudence de quitter sa forteresse en forme de commandite que son père lui avait bâtie, n’est visiblement plus le maître à bord. Ne l’a-t-il jamais été ? Après de longues années d’impéritie et de vente à la découpe et pris en tenaille entre ces différents actionnaires (Amber Capital, Bernard Arnaud), il s’est jeté dans les bras, étouffants, de Bolloré. Le capitaine d’industrie se trouve désormais à la tête à la fois de Vivendi (Canal +, C8, CNews), de Lagardère donc (Europe 1, Paris MatchLe Journal du Dimanche) et de Prisma (CapitalGEOFemme actuelle, etc.) qui lui a été revendue par Bertelsmann. On se rappelle aussi ses vues sur M6, désormais promise à TF1, qui fit elle-même jadis l’objet d’une tentative d’OPA. On parle aussi désormais du Figaro et de discussion sur le sujet avec la famille Hersant. Il est même question d’une sortie des affaires africaines, essentiellement le déploiement d’infrastructures surtout portuaires, ferroviaires et routières, pour continuer à privilégier le renforcement des médias au sein du groupe.                                                                                                     Bolloré dispose donc d’un impressionnant arsenal médiatique au moment où se lance la campagne présidentielle française. Face à cette trajectoire irrésistible dans le champ des médias et de l’information, il n’est pas illégitime de se demander de quoi Bolloré est le nom. Son empire se déploie à la fois en radio, dans la télévision de flux, dans les plateformes de contenus et dans la presse. Il s’appuie aussi sur Havas et donc sur le marché publicitaire, qui permet aux médias de vivre, et sur le marché complémentaire de l’édition, dans lequel il occupe une position dominante avec Editis, en passe donc d'absorber Hachette (et qui diffuse le dernier livre d'Éric Zemmour). Son emprise est multiple et massive, ce qui lui donne un pouvoir de frappe exceptionnel. On peut donc considérer qu’un degré supplémentaire est franchi sur la question de la dépendance des médias, de leur financement par de grands groupes et de l’enjeu démocratique que cela constitue. Certes, Vincent Bolloré n’est pas le premier grand capitaliste à investir dans l’information : en quoi diffère-t-il donc de ceux qui l’ont précédé, les Hersant justement ou ses compétiteurs Bouygues (TF1), Altice (NextRadio), LVMH (Les ÉchosLe Parisien) et autres Free dirigé pa Xavier Niel (Le Monde, Nice Matin, Mediawan) ? D’abord, si le paysage français a toujours été contrasté idéologiquement dans la presse écrite, les grands médias de flux comme la télévision restaient plus ou moins liés, pour ceux qui ont été privatisés, à leur origine publique, s’inscrivant davantage dans une certaine recherche de consensus, avec laquelle une chaîne comme CNews a clairement rompu en suivant un modèle à la Fox News. Le patron de Vivendi s’est emparé, à force de patience, de sens des affaires, de coups de force et de ruses, d’un ensemble de médias de masse qu’il oriente du côté de la droite la plus dure. L’absence de barrières éthiques dans les affaires, associée à une évidente intelligence stratégique, ont conduit à son succès, qui permet l’affirmation d’un corpus idéologique sans complexe ni déontologie journalistique.                                                                Mais Vincent Bolloré ne se contente pas de créer des médias proches de sa vision du monde ou d’en acquérir, comme il le fit dans la presse gratuite avec Direct Matin ou en rachetant France catholique. Il s’est beaucoup appliqué à détruire des offres éditoriales avec lesquelles il n’était pas en accord. Il a exercé une sorte de pouvoir sur l’existence même des médias qu’il a acquis, de la mise à mort de l’esprit Canal+ et des Guignols à l’investigation en passant par Le Grand Journal, jusqu’à la mise au pas d’Europe 1, où il a fallu se soumettre ou se démettre, en passant par la transformation de iTélé en CNews. Il crée une offre certes, mais sur les décombres de rédactions qu’il met au pas ou dont il se débarrasse, depuis les cadres dirigeants (qui n’ont pourtant pas toujours la réputation d’avoir le couteau entre les dents, voir la récente éviction d’Hervé Gattegno de Paris Match et du Journal du Dimanche) jusqu'aux journalistes qui, de motions de défiance en grèves, découvrent l’ampleur de leur impuissance. Il s’agit moins de créer une offre nouvelle, tel un Édouard Drumont lançant La Libre Parole, que de brider des contenus ou des orientations à travers les groupes sur lesquels il a pris un pouvoir financier. Ce tropisme de la terre brûlée a conduit d’ailleurs le marché à s’interroger sur la destruction de valeur à laquelle il pouvait conduire et à se demander si l’homme d’affaires préférait ses idées à ses intérêts. Ainsi, ce qui reste de l’esprit Canal+, qui a correspondu à une forme de créativité télévisuelle, a-t-il migré avec succès au sein du groupe TF1, avec Quotidien sur TMC. En réalité, il n’y a nulle indifférence au succès économique, mais ce dernier, acquis avec CNews ou C8, ne va pas sans l’affirmation d’un ligne idéologique marquée. On se rappellera aussi que Bolloré avait une revanche à prendre, tant son entrée dans l’univers des médias télévisuels, à travers le rachat de deux petites chaînes de la TNT (Direct 8 et Direct Star) qu’il avait relancées à sa façon, avait suscité de quolibets en matière éditoriale. Pourtant, c’est en les revendant au groupe et en faisant son cheval de Troie, qu’il prendra le contrôle de Vivendi.                                                                                                                   Sur les ruines d’une offre toujours trop marquée à ses yeux par le gauchisme ou le progressisme ou simplement la dérision, il construit un empire médiatique marqué par des idées ultralibérales qui interdisent toute critique possible des actions de son groupe, en particulier en Afrique, ce qui est souvent la posture des grands médias privés. Mais à cela s’ajoute aussi des idées conservatrices, catholiques, traditionalistes, très ancrées à droite, soutenues par un populisme identitaire et civilisationnel, que portent Éric Zemmour, Pascal Praud ou Sonia Mabrouk. Ces idées s’inscrivent d’abord dans une perspective décliniste, nationaliste, qui fait de l’islam le problème central en France, associé aux questions migratoires et à celles du maintien de l’ordre, et du « wokisme » l’autre grand danger contre lequel il faudrait lutter.  Le groupe médiatique fonctionne d’abord sur une logique de l’affiliation clanique avec les affidés et de règlement de compte et de mise au pas avec ceux qui font mine de s’affranchir d’un unanimisme contraint. L’humour en particulier, quand il prend une forme critique, celui d’un Nicolas Canteloup (Europe 1) ou d’un Sébastien Thoen (Canal+) par exemple, est particulièrement mal supporté. De plus, ce qui naguère prenait la forme de pressions discrètes apparaît désormais au grand jour. L’influence sur les lignes éditoriales, l’absence de « muraille de Chine » entre l’économique et le rédactionnel et le rejet de l’indépendance journalistique sont affichés au nom d’une doctrine libérale assumée de la toute-puissance de celui qui tient les cordons de la bourse. Mais ils le sont aussi au nom d’une vision qui érige les autres médias, en particulier publics, et les autres orientations idéologiques, en particulier à gauche, dans une position monopolistique qui permet de revendiquer la position de la parole bâillonnée et de crier à la dictature du politiquement correct, alors même qu’on occupe une part de voix conséquente et qu’on érige une nouvelle doxa. Cette radicalité conservatrice s’appuie aussi sur une véritable capacité à bousculer les formats, à s’affranchir de la distribution des rôles classiques sur la scène médiatique, en mêlant invités, journalistes et éditorialistes dans une sorte d’unité de pensée qui donne paradoxalement un caractère apaisé à certains plateaux. Le populisme d’expression plus grand public d’un Hanouna sur C8, qui promeut une transgression bien normative et transforme le télévisuel en cours d’école rigolarde et quelquefois cruelle, fait écho à celui, plus savant, d’un Zemmour, qu’il complète. Pourtant, derrière la variété des formes et l’appel au bon sens populaire, c’est bien une pensée réactionnaire, de moins en moins masquée, qui s’avance, en promouvant ici un catholicisme traditionaliste avec la diffusion d’un téléfilm anti-avortement sur C8 ou, là, une hostilité à toute mise en cause de l’Église, avec par exemple le blocage de l’achat du film de François Ozon, Grâce à Dieu, sur l’affaire Preynat. Au demeurant, ce catholicisme à l’ancienne, bien peu républicain, s’accommode parfaitement des valeurs les plus libérales sur le plan économique.                  L’empire Bolloré se livre désormais à une guerre sans merci pour remettre en cause les médias publics. Zemmour, comme Marine Le Pen d’ailleurs, parle de privatisation dans son programme. Ce procès s’instruit sur la base d’une orientation qui serait systématiquement à gauche et/ou proche du pouvoir en place. On assiste à la transformation des débats qui existaient à l’intérieur des grands médias en débats entre les grands médias. Ce mouvement d’opposition prend particulièrement pour cibles France Inter, ses chroniqueurs et ses humoristes, mais aussi certaines émissions de France Télévisions, qui seraient perverties par le politiquement correct.    L’ensemble de ces traits dessine bien une sorte de Rupert Murdoch hexagonal, qui amplifie la mainmise d'acteurs économiques majeurs sur les grands médias, mais qui rompt avec une certaine discrétion feutrée de l’establishment français dans l’influence, affichant frontalement un désir de promouvoir dans l’espace public un modèle à la fois très libéral et très conservateur et d’opérer une sorte de grand remplacement médiatique en mettant à bas les médias publics. La droite a trouvé en lui une ressource clef pour installer ses thématiques dans une position hégémonique à travers un dispositif médiatique puissant. Le sera-t-il assez pour porter Zemmour au pouvoir ?..." [ Merci à Esprit -Souligné par moi ]
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lundi 14 septembre 2026

Faiseur de rois

 Les ambitions d'un marchand                                                                                                                                      Devenu "empereur" en Afrique,  où il se constitua les bases d'un pouvoir financier qui ne fera que croître, le fils de son père gravit méthodiquement les marches d'une ascension qui fit de lui l'homme incontournable connu ou trop méconnu d'aujourd'hui. Le fervent catholique breton sut se rendre indispensable auprès de certains amis de l'impénétrable villa Montmorency, dont un de ses illustres habitants, devenu président, sut lui renvoyer l'ascenseur. Il continue à recevoir les présidentiables, à les conseiller et à les soutenir généreusement de ses deniers, qu'il a en abondance. En toute générosité. Certains l'appellent le grand influenceur. Ses bonnes oeuvres en faveur des médias, qu'il affectionne,  à condition qu'ils soient en sa faveur, se poursuivent sans relâche. Il contribue généreusement, comme un nouveau croisé, à faire l'opinion. Toujours à la droite de Dieu, comme un bon breton qui se respecte et cherche son salut...       


                                                                                                                                __  Un homme très discret, finalement. On peut lui reconnaître cette vertu. Discret, mais influant. Beaucoup n'en ont même jamais entendu parler. Dans ses propriétés ou sur son yacht, qui ne fait pas dans la demi-mesure, il supervise des réseaux multiples qu'il s'évertue à entretenir. Un homme d'influence. Même s'il ne gagne pas à tous les coups (il a des réserves), il entretient un important réseau et son nom est souvent en filigrane derrière des médias bien connus. Qui possède et influence de grands organes de presse et de télévisions est assuré de faire valoir une ligne éditoriale de son cru. C'est une constante, en France particulièrement, où tous les grands médias sont aux mains de groupes d'intérêt puissants. Monsieur B., héritier de quelqu'un qui est parti de rien, a fait son chemin dans le monde des affaires nationales et internationales et a eu le loisir et le pouvoir de se faire de nombreuses relations, surtout dans la sphère politique. C'est lui surtout que N.Sarkozy a remercié après son élection à la présidence.                                                     ___   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années(*) Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...  _____ __   La bollorisation des medias, et non des moindres, est en route depuis des années Sans qu'on s'émeuve beaucoup dans les hautes sphères, où le contrôle de la presse, de sa liberté, devrait être un souci légitime et démocratique. Le conservatisme militant favorisant la droite la plus extrême ne devrait pas avoir autant de faveur. Le catholicisme "social" est le moindre souci du mentor breton, qui, petit à petit, fait son nid.  Pour qui vous savez...                                                                                                
 Bolloré dispose donc d’un impressionnant arsenal médiatique au moment où se lance la campagne présidentielle française. Face à cette trajectoire irrésistible dans le champ des médias et de l’information, il n’est pas illégitime de se demander de quoi Bolloré est le nom. Son empire se déploie à la fois en radio, dans la télévision de flux, dans les plateformes de contenus et dans la presse. Il s’appuie aussi sur Havas et donc sur le marché publicitaire, qui permet aux médias de vivre, et sur le marché complémentaire de l’édition, dans lequel il occupe une position dominante avec Editis, en passe donc d'absorber Hachette (et qui diffuse le dernier livre d'Éric Zemmour). Son emprise est multiple et massive, ce qui lui donne un pouvoir de frappe exceptionnel. On peut donc considérer qu’un degré supplémentaire est franchi sur la question de la dépendance des médias, de leur financement par de grands groupes et de l’enjeu démocratique que cela constitue. Certes, Vincent Bolloré n’est pas le premier grand capitaliste à investir dans l’information : en quoi diffère-t-il donc de ceux qui l’ont précédé, les Hersant justement ou ses compétiteurs Bouygues (TF1), Altice (NextRadio), LVMH (Les Échos, Le Parisien) et autres Free dirigé pa Xavier Niel (Le Monde, Nice Matin, Mediawan) ? D’abord, si le paysage français a toujours été contrasté idéologiquement dans la presse écrite, les grands médias de flux comme la télévision restaient plus ou moins liés, pour ceux qui ont été privatisés, à leur origine publique, s’inscrivant davantage dans une certaine recherche de consensus, avec laquelle une chaîne comme CNews a clairement rompu en suivant un modèle à la Fox News. Le patron de Vivendi s’est emparé, à force de patience, de sens des affaires, de coups de force et de ruses, d’un ensemble de médias de masse qu’il oriente du côté de la droite la plus dure. L’absence de barrières éthiques dans les affaires, associée à une évidente intelligence stratégique, ont conduit à son succès, qui permet l’affirmation d’un corpus idéologique sans complexe ni déontologie journalistique.                                                                Mais Vincent Bolloré ne se contente pas de créer des médias proches de sa vision du monde ou d’en acquérir, comme il le fit dans la presse gratuite avec Direct Matin ou en rachetant France catholique. Il s’est beaucoup appliqué à détruire des offres éditoriales avec lesquelles il n’était pas en accord. Il a exercé une sorte de pouvoir sur l’existence même des médias qu’il a acquis, de la mise à mort de l’esprit Canal+ et des Guignols à l’investigation en passant par Le Grand Journal, jusqu’à la mise au pas d’Europe 1, où il a fallu se soumettre ou se démettre, en passant par la transformation de iTélé en CNews. Il crée une offre certes, mais sur les décombres de rédactions qu’il met au pas ou dont il se débarrasse, depuis les cadres dirigeants (qui n’ont pourtant pas toujours la réputation d’avoir le couteau entre les dents, voir la récente éviction d’Hervé Gattegno de Paris Match et du Journal du Dimanche) jusqu'aux journalistes qui, de motions de défiance en grèves, découvrent l’ampleur de leur impuissance. Il s’agit moins de créer une offre nouvelle, tel un Édouard Drumont lançant La Libre Parole, que de brider des contenus ou des orientations à travers les groupes sur lesquels il a pris un pouvoir financier. Ce tropisme de la terre brûlée a conduit d’ailleurs le marché à s’interroger sur la destruction de valeur à laquelle il pouvait conduire et à se demander si l’homme d’affaires préférait ses idées à ses intérêts. Ainsi, ce qui reste de l’esprit Canal+, qui a correspondu à une forme de créativité télévisuelle, a-t-il migré avec succès au sein du groupe TF1, avec Quotidien sur TMC. En réalité, il n’y a nulle indifférence au succès économique, mais ce dernier, acquis avec CNews ou C8, ne va pas sans l’affirmation d’un ligne idéologique marquée. On se rappellera aussi que Bolloré avait une revanche à prendre, tant son entrée dans l’univers des médias télévisuels, à travers le rachat de deux petites chaînes de la TNT (Direct 8 et Direct Star) qu’il avait relancées à sa façon, avait suscité de quolibets en matière éditoriale. Pourtant, c’est en les revendant au groupe et en faisant son cheval de Troie, qu’il prendra le contrôle de Vivendi.                                                                                                                   Sur les ruines d’une offre toujours trop marquée à ses yeux par le gauchisme ou le progressisme ou simplement la dérision, il construit un empire médiatique marqué par des idées ultralibérales qui interdisent toute critique possible des actions de son groupe, en particulier en Afrique, ce qui est souvent la posture des grands médias privés. Mais à cela s’ajoute aussi des idées conservatrices, catholiques, traditionalistes, très ancrées à droite, soutenues par un populisme identitaire et civilisationnel, que portent Éric Zemmour, Pascal Praud ou Sonia Mabrouk. Ces idées s’inscrivent d’abord dans une perspective décliniste, nationaliste, qui fait de l’islam le problème central en France, associé aux questions migratoires et à celles du maintien de l’ordre, et du « wokisme » l’autre grand danger contre lequel il faudrait lutter.  Le groupe médiatique fonctionne d’abord sur une logique de l’affiliation clanique avec les affidés et de règlement de compte et de mise au pas avec ceux qui font mine de s’affranchir d’un unanimisme contraint. L’humour en particulier, quand il prend une forme critique, celui d’un Nicolas Canteloup (Europe 1) ou d’un Sébastien Thoen (Canal+) par exemple, est particulièrement mal supporté. De plus, ce qui naguère prenait la forme de pressions discrètes apparaît désormais au grand jour. L’influence sur les lignes éditoriales, l’absence de « muraille de Chine » entre l’économique et le rédactionnel et le rejet de l’indépendance journalistique sont affichés au nom d’une doctrine libérale assumée de la toute-puissance de celui qui tient les cordons de la bourse. Mais ils le sont aussi au nom d’une vision qui érige les autres médias, en particulier publics, et les autres orientations idéologiques, en particulier à gauche, dans une position monopolistique qui permet de revendiquer la position de la parole bâillonnée et de crier à la dictature du politiquement correct, alors même qu’on occupe une part de voix conséquente et qu’on érige une nouvelle doxa. Cette radicalité conservatrice s’appuie aussi sur une véritable capacité à bousculer les formats, à s’affranchir de la distribution des rôles classiques sur la scène médiatique, en mêlant invités, journalistes et éditorialistes dans une sorte d’unité de pensée qui donne paradoxalement un caractère apaisé à certains plateaux. Le populisme d’expression plus grand public d’un Hanouna sur C8, qui promeut une transgression bien normative et transforme le télévisuel en cours d’école rigolarde et quelquefois cruelle, fait écho à celui, plus savant, d’un Zemmour, qu’il complète. Pourtant, derrière la variété des formes et l’appel au bon sens populaire, c’est bien une pensée réactionnaire, de moins en moins masquée, qui s’avance, en promouvant ici un catholicisme traditionaliste avec la diffusion d’un téléfilm anti-avortement sur C8 ou, là, une hostilité à toute mise en cause de l’Église, avec par exemple le blocage de l’achat du film de François Ozon, Grâce à Dieu, sur l’affaire Preynat. Au demeurant, ce catholicisme à l’ancienne, bien peu républicain, s’accommode parfaitement des valeurs les plus libérales sur le plan économique.                  L’empire Bolloré se livre désormais à une guerre sans merci pour remettre en cause les médias publics. Zemmour, comme Marine Le Pen d’ailleurs, parle de privatisation dans son programme. Ce procès s’instruit sur la base d’une orientation qui serait systématiquement à gauche et/ou proche du pouvoir en place. On assiste à la transformation des débats qui existaient à l’intérieur des grands médias en débats entre les grands médias. Ce mouvement d’opposition prend particulièrement pour cibles France Inter, ses chroniqueurs et ses humoristes, mais aussi certaines émissions de France Télévisions, qui seraient perverties par le politiquement correct.    L’ensemble de ces traits dessine bien une sorte de Rupert Murdoch hexagonal, qui amplifie la mainmise d'acteurs économiques majeurs sur les grands médias, mais qui rompt avec une certaine discrétion feutrée de l’establishment français dans l’influence, affichant frontalement un désir de promouvoir dans l’espace public un modèle à la fois très libéral et très conservateur et d’opérer une sorte de grand remplacement médiatique en mettant à bas les médias publics. La droite a trouvé en lui une ressource clef pour installer ses thématiques dans une position hégémonique à travers un dispositif médiatique puissant. Le sera-t-il assez pour porter Zemmour au pouvoir ?..." [ Merci à Esprit ]            __Le pouvoir du livre, vu par Bolloré             __________________

jeudi 21 novembre 2024

Un grand pas de plus...

Vers une plus grande privatisation des medias.

        Pourquoi se gêner? Main basse sur l'information.

              A fond , la bollorisation!  

 Pour des journalistes plus soumis  _________________________

mardi 9 mai 2023

Pot-pourri

__ Alberta en feu

           Catastrophe sans précédent

              Région déjà ravagée par une pollution hors du commun  _______


__ EN:  un effondrement du système?  (point de vue)

__  Education: la quadrature du cercle? Un équilibre complexe.... 
                                                    La "bienveillance" est une notion ambiguë. Qui aime bien châtie bien?

__ Enfants et écrans: Les bonnes intentions ne suffisent pas. 
                                                                      Les dérives sont inquiétantes

__ Concentration des médias: une "bollorisation" inquiétante.
                                                                                             L'empire empire.
__ Chat GPT: le patron regrette... 
                                               Que peut ce nouvel outil? Malgré l'engouement

__( Parfois) très drôle, François!
                                         Il a de bons mots. C'est pas moi, c'est l'autre...  Il a bien du souci...
                                                                                _____________________________

mercredi 19 juillet 2023

Il monte, il monte...

... Notre ambitieux et obstiné Breton

                                       Dans le firmament des médias. Tel un nouveau Citizen Kane, son appétit semble insatiable. Et ce ne sont pas quelques petites résistances qui vont entraver sa marche en avant. Il a gagné des batailles plus dures; comme à C+. Notre héros breton poursuit sa route, même s'il perd parfois quelques plumes; sa fortune est assez grande pour encaisser quelques coups durs. Plus que l'argent, c'est l'influence qu'il vise d'abord maintenant, au service d'une cause que l'on connaît.       Un peu comme Murdoch, l'information, la vraie, est le dernier de ses soucis. Son ambition est claire. Le prince de la presse s'est aménagé une voie royale.                                                                                                             Et en haut lieu, c'est le grand silence. Comme si rien ne se passait d'important dans le PAF....Il y a un autre parti qui ne dit rien, mais pour d'autres raisons...assez compréhensibles: la bollorisation croissante des médias apporte de l'eau à son moulin. Il reste encore de beaux jours pour le Smiling Killer. Jusqu'au jour où... peut-être.                                                                                                                     Un empire, ça se construit       Avec la main basse sur le groupe Lagardère, le domaine d'influence  du mastodonte s'étend encore..."... l’arrivée de Vincent Bolloré est peu rassurante. L’homme est au contraire réputé pour son interventionnisme, comme il l’a encore montré récemment à Europe 1. Si personne, chez Hachette, ne s’avoue surpris du rachat du groupe Lagardère par le milliardaire breton, beaucoup craignent la perte de cette culture maison. Et se rappellent avec quel acharnement Vincent Bolloré a poursuivi en justice deux ouvrages publiés par des éditeurs du groupe, Informer n’est pas un délit (Calmann-Lévy) et Vincent tout-puissant (JC Lattès). Et bientôt, ce sera lui le patron..."   


     Il fait le ménage avec une méthode bien singulière: froide et calculatrice. Vise-t-il le monopole où le quasi monopole? Il y avait des lois pour éviter cela à une certain époque. La réduction de la diversité est la base de l'uniformité de l'information et de la concurrence faussée. Ce n'est pas qu'une affaire d'argent, mais aussi d'influences et de distorsion de l'information, surtout quand on a des préférences bien marquées: le patron protège Zemmour, C.News est sa tribune, où ne règnent plus que les gens de confiance. Connivence et intérêts. Après l'"épuration" à Canal et à Europe 1. Et il y a la face cachée.


______La main basse sur l'information par des intérêts privés continue, la concentration se poursuit. L'Etat ne pipe mot et continue à subventionner à l'aveugle. Le CSA réagit timidement. Le verrou médiatique se referme peu à peu. Une situation française atypique et inquiétante. Où est passé l'esprit de la charte de la presse, adoptée en octobre 1945 par la commission exécutive de la Fédération de la presse, qui précise que « la loi devra prendre les mesures nécessaires pour que les journaux appartiennent soit à des partis politiques ou groupements idéologiques, soit à des équipes essentiellement composées de personnes travaillant effectivement dans l’entreprise, de telle sorte que ces partis, groupements et équipes ne puissent être dépossédés ou dominés par des groupements capitalistes »?     Dix milliardaires possèdent l'essentiel de la presse française; il y a de quoi s'interroger.                                 L'empire empire....       _________

jeudi 4 mai 2023

Varia

__ Stakhaprof?

__ Démissions

__ Contournement

__ Pas terrible...

__ EDF: et après?..

__  Grossman, le déchiré      

__ Mayotte en question

__ Bollorisation en marche

__ Questions de dette

__ Enseignement en danger

__ Macronie: point de vue

__ Retraités mal-traités        ________________