Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête crise de 2008. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête crise de 2008. Trier par date Afficher tous les articles

vendredi 17 octobre 2008

Faillite des économistes...

Rien à ajouter à cet article de Ludovic Lamant.
Grandeur et misère de l'enseignement de l'économie !
Ou comment cette discipline peut révèler ses liens avec la pratique , certains choix politico-économiques...
Aujourd'hui ,vu les circonstances , certains de ses présupposés se manifestent plus clairement.
On voit même des ultra-libéraux convaincus demander le retour à Keynes.
Ah! les convertis de la dernière heure!...

Crise: la grande faillite des économistes | Mediapart

Nous sommes en janvier 2007. Non sans mal, l'anthropologue Paul Jorion vient de trouver un éditeur pour publier un essai intitulé Vers la crise du capitalisme américain? (La Découverte, 2007). Sa thèse est explosive, presque trop énorme pour être prise au sérieux : le capitalisme financier aux Etats-Unis est sur le point d'imploser, victime de ses pratiques spéculatives. Mais cette crise, prévient-il, n'éclatera pas en Bourse. Elle surgira depuis le cœur des marchés immobiliers. A l'appui, une description pointilleuse de ce que Jorion nomme alors le «secteur sous-prime du prêt hypothécaire», le fameux «subprime» qui fera la Une des journaux quelques mois plus tard (on peut télécharger l'intégralité du chapitre consacré à l'immobilier ici).En somme, l'un des seuls livres, en langue française, à avoir anticipé la crise des crédits immobiliers aux Etats-Unis a été rédigé par un... non-économiste. Au moment de sa publication, l'ouvrage fera l'objet, au mieux, d'une indifférence polie de la part des confrères économistes. «J'ai bâti une théorie économique qui a été jugée irrecevable, jusqu'à ce que la crise vienne la confirmer», résume Paul Jorion à Mediapart, en attendant la sortie, début novembre, de son prochain livre, La Crise (Fayard).

Depuis les remous de l'été 2007, quid des économistes? Les plus médiatiques n'ont cessé de défiler, à tour de rôle, dans les colonnes des journaux, pour dire que non, vraiment, il ne fallait pas s'inquiéter, et que, oui, c'était certain, le plus dur était passé. Dans un entretien aux Echos du 13 août 2007, Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis, chiffrait à 26 milliards de dollars les risques de pertes liées au «subprime» pour les banques américaines, avant de conclure: «Ce n'est pas avec un montant pareil qu'on détruit la finance internationale.» Le FMI a chiffré en mars 2008 le coût provisoire de la crise à 1.000 milliards de dollars.Frédérik Ducrozet, directeur des études économiques du Crédit agricole, estimait quant à lui, le 13 mai 2008, toujours aux Echos, que «l'idée selon laquelle le pire de la crise financière serait passé semble faire son chemin». Dans une tribune publiée le 7 octobre 2008 par le Wall Street Journal, le prix Nobel américain Gary Becker y allait de son mea culpa: «J'admets avoir fortement sous-estimé l'ampleur de la crise.»

Pourquoi la plupart des économistes n'ont-ils rien vu venir? Pourquoi certains se sont même complètement fourvoyés? Et pourquoi «les jeunes stars de la macroéconomie n'ont rien à dire sur la crise», pour reprendre l'accablant constat de Thomas Philippon, économiste enseignant à l'université de New York?Parce que l'école de pensée dominante est incapable de théoriser les «crises endogènes», répond sans hésiter Michel Aglietta, économiste au Cepii. «Pour ces économistes libéraux, qui s'appuient sur l'hypothèse des marchés efficients*, toute crise vient forcément de l'extérieur, et elle est donc par nature imprévisible!» explique Aglietta.Lui défend une autre approche, plus minoritaire, dite de l'instabilité financière, formulée par l'Américain Hyman Minsky. ..De son côté, Thomas Philippon, auteur du Capitalisme d'héritiers (Ed. du Seuil, 2007), pointe du doigt la «trop forte segmentation de la recherche académique». Faute d'«économistes généralistes», personne, ou presque, n'a pu observer la propagation de la crise, surgie d'un coin obscur du droit immobilier américain (le contrat subprime) pour se propager à l'économie réelle, passant par les dernières innovations de la finance (les mécanismes de «titrisation» et de crédit dérivés). «Il aurait fallu plusieurs cerveaux dans la même tête pour voir venir les choses», résume Philippon.Gilles Raveaud, professeur d'économie à l'Institut d'études européennes de l'université Paris-8, reprend l'argument, pour le pousser un peu plus loin: «Depuis des années, on a assisté à un morcellement du savoir économique terrifiant, avec l'apparition de spécialistes très pointus, ici sur le travail, là sur le commerce international... On se retrouve à l'université avec des thésards très calés sur leur sujet, mais dénués de toute culture générale en économie!» Et Raveaud, qui connaît bien la recherche américaine pour avoir enseigné deux ans à Harvard, de s'inquiéter de ces manquements: «Un économiste peut traiter du chômage, sans rien connaître aux marchés boursiers ou aux banques... C'est conforme à la théorie de l'équilibre général, selon laquelle on peut analyser le fonctionnement d'un seul marché pris séparément, celui du travail par exemple, puisqu'on suppose que les autres sont naturellement à l'équilibre. Mais cela ne tient pas!»

En fait, la macroéconomie des dix dernières années a subi de lourdes transformations. Vexés de ne pas pouvoir prétendre au statut de scientifiques purs et durs, la plupart des économistes ont versé dans un formalisme mathématique effréné, sur les conseils de Milton Friedman et ses collègues monétaristes. Profusion de courbes, modèles et équations, qui ont éloigné les chercheurs du monde «réel». Les maths sont devenues une fin en soi. Aveu de Thomas Philippon: «Nous étions devenus des enfants gâtés, puisque nous n'avions pas connu de vraie crise depuis longtemps. Sous la présidence Clinton, la politique monétaire était devenue répétitive. Notre intérêt pour le réel s'est donc logiquement atténué.» Une enquête étonnante, réalisée auprès des doctorants en économie des grandes facs américaines (téléchargeable ici), confirme ces propos. Plus de la moitié des personnes interrogées (51%) estiment que «connaître l'économie de façon approfondie» est «sans importance»... Et à peine 9% des thésards se disent convaincus du contraire («connaître le réel est très important»)

Et puis il y a ce best-seller international, tellement révélateur du refus de beaucoup d'économistes des années 2000 à se confronter à d'amples débats de société... Le livre s'appelle Freakonomicséconomie saugrenue», faute de meilleure traduction). Ecrit par Steven Levitt et Stephen Dubner, publié en 2005 aux Etats-Unis, un an plus tard en France (Denoël, 2006), l'ouvrage s'est écoulé à plus de trois millions d'exemplaires.

Du jour au lendemain, ses auteurs sont devenus les chefs de file d'une économie du coin de la rue, portée sur la résolution de problèmes très ciblés, ancrés dans le quotidien: l'importance du choix du prénom pour l'avenir d'un enfant, les limites de la politique de tolérance zéro mise en place à New York dans les années 90, les motivations d'un agent immobilier lorsqu'il décide du prix d'un appartement, etc.«Nous avons perdu notre optimisme dans la capacité à utiliser les outils de la science économique pour gérer l'économie et nous sommes passés à une approche plus microéconomique du monde», avait déclaré Levitt au New York Times, au moment de la sortie de son ouvrage. D'un côté, donc, le tout mathématique. De l'autre, retour à un empirisme jugé parfois trop étroit. Qu'ont provoqué ces bouleversements? Les économistes sont désormais devenus des techniciens, «en perte d'influence», selon Christian Chavagneux, journaliste à Alternatives économiques, et auteur d'un livre annonçant Les Dernières Heures du libéralisme (Perrin, 2007).Gregory Mankiw, professeur d'économie à Harvard et un temps conseiller de George W. Bush, a même théorisé cette déconvenue, dans un article devenu fameux, «The Macroeconomist as scientist and engineer» (2006). Au sein de la grande famille des économistes, il distingue les «ingénieurs», dans la lignée de Keynes, qui cherchent à comprendre le monde pour mieux agir sur le cours des choses, des «scientifiques», obsédés par la mise au point des modèles mathématiques de plus en plus poussés. En bout de course, Mankiw, catégorique, constate la victoire du deuxième groupe. En somme, les économistes ont de moins en moins d'influence sur les politiques économiques de leurs pays.Faux, semblent répondre à distance Anton Brender et Florence Pisani, économistes chez Dexia, qui préfèrent déplacer le problème: «Ce ne sont pas les économistes qui sont en cause, mais la gestion de la crise par les autorités! C'est comme si un petit feu avait pris dans un camping [la crise du subprime], et qu'il se propageait à l'ensemble des Alpes du Sud parce que les pompiers ont tardé à intervenir...» Brender et Pisani sont les auteurs d'un livre de référence, La Nouvelle Economie américaine (Economica, 2004), dont la thèse, au regard de l'actualité menaçante, ne manque pas de surprendre. En substance: si l'Europe est à la traîne des Etats-Unis, c'est parce qu'elle n'a pas assez innové en matière financière...Aujourd'hui encore, malgré les dégâts de la titrisation outre-Atlantique, ils persistent, convaincus des vertus «stabilisatrices» de la finance. A condition, précisent-ils, que soit mise en place une plus stricte réglementation, «à tous les stades, depuis la compréhension jusqu'à l'extension de la crise».
Dans ce contexte mouvementé, le climat universitaire devrait évoluer. «J'espère que la crise va déstabiliser les économistes, leur apprendre une forme d'humilité et de prudence intellectuelles», avance Pascal Combemale, auteur de plusieurs ouvrages d'introduction à Marx et Keynes. «La grande affaire dans tout cela, ce n'est pas la revanche des keynésiens (...), mais le fait que toute pensée critique, qui était inaudible depuis quasiment 20 ans en France, puisse à nouveau s'exprimer!» D'autres «hétérodoxes» lui emboîtent le pas, à l'instar de Gilles Raveaud: «C'est une bonne claque pour les économistes, qui manquent souvent de modestie par rapport aux chercheurs en sciences sociales
A première vue, la crise signe donc le grand retour des «post-keynésiens» sur les «nouveaux classiques», ces libéraux qui avaient repris la main depuis les années 70. Elle replace aussi sous la lumière l'économie des conventions*, incarnée par André Orléan. En fait, en produisant du «neuf», la crise a périmé certains concepts (exit les «anticipations rationnelles»* de Lucas, certes déjà bien malmenées avant la crise...), et remis d'autres idées au goût du jour. On en retiendra trois.

1 - L'asymétrie d'information
L'idée est admise de tous côtés: la grande débâcle de 2008 signifie la «victoire intellectuelle du Joseph Stiglitz des années 70-80», pour reprendre l'expression de Thomas Philippon. Non pas le Stiglitz pourfendeur du néo-libéralisme et de la guerre en Irak des années 2000, encore moins l'économiste en chef de la Banque mondiale de la fin des années 90. Mais celui qui théorisa le concept d'asymétrie de l'information*, travaux pour lesquels il reçut le prix Nobel, en 2001, aux côtés de George Akerlof et Michael Spence.Tous les agents économiques en présence sur le marché, effectivement, ne savent pas tous la même chose – sur la qualité des biens qu'ils échangent, par exemple. Ce qui a pour effet de déformer les échanges, au grand dam des néo-classiques, qui ne jurent que par la concurrence pure et parfaite*.Michel Aglietta explique pourquoi cette notion, ou celle, similaire, d'aléa moral*, est au cœur de la crise actuell : «Prenons l'exemple d'un courtier en crédit immobilier aux Etats-Unis. Il est rémunéré à la commission. Ce qui l'intéresse, ce n'est donc pas le risque inhérent au crédit qu'il accorde, mais le volume du crédit, afin d'être convenablement rémunéré. Le courtier n'a donc plus intérêt à évaluer le risque. C'est un aléa moral massif! Or, toute la chaîne de transmission des risques a fonctionné de la sorte ces derniers mois...» Les crédits «pourris» se sont échangés de main en main, sans que les agents connaissent l'exacte nature de ce qu'ils détenaient.
2 - La distribution des richesses C'est une question classique de l'économie politique, mais qui avait, ces derniers temps, déserté les programmes d'économie à l'université: les théories de la répartition*. «On va de nouveau faire le lien entre la croissance, et la façon dont les richesses sont distribuées», se félicite Gilles Raveau. Avec des auteurs classés à gauche, Marx et Keynes, et plus récemment, le «post-keynésien» Nicholas Kaldor.
3 - La théorie comportementale de la finance
D'après cette école, représentée par Daniel Kahneman (lui aussi prix Nobel, en 2002, et lui aussi membre de la commission Stiglitz), il faut introduire des éléments de psychologie collective au cœur de la science économique pour mieux comprendre les choses. L'acteur économique n'est plus forcément rationnel. Il peut être victime de ses préjugés, ou troublé par ses émotions. Appliqué au monde de la finance, cette théorie permet par exemple d'expliquer certains comportements de panique boursière des derniers jours.

>>Ce débat sur les conséquences intellectuelles de la crise est en train d'en réactiver un autre, plus ancien mais tout aussi virulent. L'affaire avait éclaté en juin 2000 avec une «lettre ouverte» d'étudiants en économie insatisfaits de l'enseignement qu'ils recevaient à l'université : «usage incontrôlé des mathématiques», pas assez de «pluralisme des approches» théoriques...Huit ans plus tard, les faits semblent leur donner raison. «On n'a jamais autant parlé de la crise de 29 qu'aujourd'hui, et pourtant, un étudiant diplômé peut très bien ne jamais avoir entendu parler de la crise de 29 à la fac, l'enseignement de l'histoire économique n'étant plus obligatoire», s'inquiète Gilles Raveaud.Alors que le rapport de Roger Guesnerie, rendu public le 3 juillet dernier, sur le contenu des manuels d'économie, continue de faire des vagues, Pascal Combemale, professeur d'économie en classes préparatoires au lycée Henri-IV, à Paris, confirme: «L'enjeu à court terme, porte aussi sur les sciences économiques et sociales [SES] au lycée, actuellement menacées de mort par la réforme en préparation de Xavier Darcos, et durement critiquées dans le rapport Guesnerie, justement parce qu'elles laisseraient trop de place au débat et à la diversité des analyses.» (Ludovic Lamant)

----------------------------------------------------------------

Devenez beau, riche et intelligent(Objet application/pdf)



jeudi 29 octobre 2009

D'une crise à l'autre

1929-2008: deux événements sans rapports?

Les comparaisons strictes en histoire sont toujours risquées
Mais comment ne pas être troublé par les analogies profondes?

-"Nous avons fait la fête comme en 1929 . Et maintenant nous sommes en 1930", affirmait récemment un autre économiste américain, Paul Krugman sur son blog. "La crise financière actuelle est en gros une version moderne de la vague de paniques bancaires qui avait balayé le pays il y a trois générations", ajoutait l’auteur de « L’Amérique que nous voulons » qui sort actuellement chez Flammarion.
En France aussi, la comparaison fait débat, même si pour la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, les problèmes sont maîtrisés. En revanche pour Jacques Attali, "la crise actuelle ressemble plus à un tsunami, c'est une série de vagues qui avancent, dont certains peuvent espérer qu'elles passeront au large, et qui sont beaucoup plus profondes et structurantes qu'un évènement isolé comme l'a été le 11 septembre". Pour l’économiste Michel Aglietta, qui a été un des premiers à voir la crise arriver, la comparaison avec 29 n’a rien d’exagéré. « L’ampleur de la crise est aussi importante que celle de l’entre deux guerres », expliquait-il sur le site Rue 89 dès le mois de mars.
"
_

-L'histoire ne repasse pas les plats, ne se répète pas, mais elle bégaie...

-Les banques au coeur du séisme...-

-"La crise financière a créé une boucle de rétroaction négative sur les marchés financiers. Un niveau de désendettement inégalé et le processus de démultiplication ont créé une boucle de rétroaction négative dans l’économie réelle. C’est une boucle qui est bien plus difficile à inverser, et c’est pourquoi une seconde Grande dépression reste une réelle possibilité." (Thomas Palley)
_______________
Crise de 1929 : avons-nous retenu la leçon ? - AgoraVox:
"80 ans après le krach qui a fait trembler les Etats-Unis et précipite le monde dans la guerre, la seule solution pour William Karel était de faire parler les archives de l’époque - des documents rares, souvent inédits en France - en les intercalant habilement avec les mises en perspective d’économistes (Joseph Stiglitz, Bernard Gazier, Daniel Cohen, Jeff Madrick, Richard Salsman) ou d’historiens réputés (Howard Zinn, déjà cité, ainsi que de Steve Fraser, Elaine Abeslon, Alfred Grosser, Harold James, Maury Klein, Amity Shlaes).
William Karel, comme il l’explique dans l’interview qui suit, ne voulait pas laisser aux seuls économistes le soin d’expliquer pourquoi le jeudi 24 octobre 1929, la bourse de Wall Street s’effondre.
Cet intrication entre archives et les expertises de chercheurs donne tout son sel à ce documentaire passionnant. Comment, en l’espace de quelques jours l’économie apparemment prospère des Etats-Unis s’écroule-t-elle, entraînant l’Allemagne dans sa chute et, partant, l’ensemble du monde.
Tel est le sujet de ce film en deux parties qui cherche à comprendre les causes de ce krach historique et en décrit les conséquences.
Ironie du sort, au moment où William Karel travaille sur son film, un autre désastre financier, la crise des subprimes, s’abat sur le monde. Des millions d’Américains se retrouvent à la rues faute de pouvoir payer leur crédit, des usines ferment partout dans le monde. Le spectre de 1929 plane et ce documentaire qui entendait expliquer sous l’angle économique, sociologique et historique une catastrophe ancienne devient un film d’actualité lui-même.
Comment en est-on arrivé-là ? La question se pose avec la même acuité pour 1929 que pour 2008. A cette différence que 1929 fut un événement fondateur. En 2008, financiers et économistes savaient que la crise allait tomber. Quand ? On l’ignorait. Pour le reste c’était couru.
Le film de William Karel s’attarde sur les années 20. En France c’est la « belle époque » (pas pour tout le monde). Aux Etats-Unis, c’est la prospérité, les roaring twenties, les rugissantes années 20. Seul bémol la prohibition et le gangstérisme prospèrent, mais pas seulement. On assiste à la naissance d’une classe moyenne. Chaque famille possède sa Ford T. On consomme, on s’enrichit et l’on pense que cela va durer des siècles. En cinq ans les cours de la bourses sont multipliés par quatre. En 1929, deux milliards de dollars sont investis sur le marché. La bourse est un eldorado. Le patron de la General Motors déclare que pour 15 dollars investis il garantit un gain de 80 000 dollars. La presse économique le salue comme un visionnaire. Les banquiers de Wall street sont des « prestidigitateurs ». On devrait dire des illusionnistes. Des escamoteurs.
En juin 1929 les premiers signes apparaissent. Depuis longtemps certains économistes prédisaient la catastrophe, l’éclatement de cette bulle. On ne les écoute pas... En septembre, Wall street vacille, le 24 octobre, elle chute, en novembre elle s’effondre. Ce qui signifie une perte de 30 milliards, soit dix fois le budget fédéral américain. Face à ce cyclone qui balaye l’Amérique et commence à faire ressentir ses effets sur l’économie « réelle » le président Hoover...ne fait rien, sinon de rapatrier l’argent prêté à l’Allemagne pour sa reconstruction, histoire de restaurer la confiance des financiers. Conséquence, l’Allemagne, est asphyxié. Hitler monte dans les sondages. Il sera élu chancelier, un mois avant Roosevelt. Le bilan de ce dernier est en demie-teinte. Roosevelt instaure le new deal, fait promulguer une série de lois sociales inédites aux Etats-Unis. Mais le new deal sauvera-t-il les Etats-Unis de la crise. Rien n’est moins sûr. Ce qui est certain c’est que la menace qui vient d’Europe est une aubaine pour les Etats-Unis qui en faisant tourner les usines d’armement à plein se refont une santé économique inespérée...
1929 est une analyse historique et un document d’actualité aussi passionnant et riche l’une que l’autre.
-William Karel, invité des Rdv de l’Agora, répond aux questions d’Olivier Bailly-..."


-1929 - ARTE:
Dans son documentaire sobrement intitulé 1929, William Karel, à une exception près, n’interroge aucun témoin. Dans son précédent film - Mais qui a tué Maggie ? - il avait pu interviewer quasiment au complet le gouvernement anglais dirigé par Margaret Thatcher.
Mais 80 ans après 1929, impossible de retrouver des témoins vivants. Seule exception notable, donc, la présence de l’historien Howard Zinn qui, âgé de 7 ans en 1929, se situe ici à l’intersection de l’histoire et de la mémoire.
1929, documentaire en deux parties diffusées sur Arte le mercredi 28 octobre à 20h45(1ère partie - La crise et à 21h35 2e partie - La Grande dépression). Ce film est également disponible en dvd et comporte en complément un entretien entre les économistes Joseph Stiglitz et Daniel Cohen.

- Prêts pour la prochaine crise ?:
"-Les USA sont non seulement sous la coupe des intérêts privés du secteur financier qui a réussi jusqu’à présent à échapper à toute mesure de régulation sérieuse, mais ils sont aussi dans le peloton de tête des statistiques des inégalités de revenu et du taux de pauvreté. Ces deux caractéristiques sont en général celles des états faillis, souligne Paul Craig Roberts, qui s’inquiète que l’absence de réglementation des produits dérivés ne provoque un nouveau désastre.-
Les preuves montrant que les États-Unis sont un Etat failli s’accumulent plus vite que je ne peux les répertorier.L’une des caractéristiques décisives d’un Etat failli est que les escrocs sont placés à l’intérieur du gouvernement, et utilisent ce gouvernement pour protéger et promouvoir leurs intérêts privés.Une autre caractéristique déterminante est l’inégalité croissante des revenus, lorsque ces « insiders », ces initiés, manipulent la politique économique pour assurer leur enrichissement au détriment de tous les autres.L’inégalité des revenus aux États-Unis est aujourd’hui la plus extrême de tous les pays. Le rapport 2008 de l’OCDE, « Distribution des revenus et pauvreté dans les pays de l’OCDE, » (PDF) conclut que les États-Unis sont le pays où l’inégalité est la plus grande et le taux de pauvreté le plus élevé dans l’OCDE. Depuis l’année 2000 on n’a constaté nulle part une telle hausse des inégalités de revenus.L’OCDE note par ailleurs que la répartition des richesses aux USA est encore plus inégale que ne l’est celle des revenus.Le 21 octobre 2009, Business Week a rendu compte d’un nouveau rapport du Programme de Développement des Nations Unies concluant que les États-Unis se situaient au troisième rang parmi les Etats ayant les pires inégalités de revenus.
Les deux premiers, Hong Kong et Singapour, étant en fait des cités-Etats et non des pays, les USA ont la honte d’être le pays où l’inégalité dans la répartition des revenus est la plus forte.L’augmentation marquée de ces inégalités de revenus aux États-Unis depuis l’année 2000 a coïncidé avec la délocalisation des emplois, qui a enrichi les cadres bénéficiant de « primes de performance » tout en appauvrissant la classe moyenne. Dans le même temps, on a également assisté à une croissance rapide des produits dérivés, négociés de gré à gré, non réglementés, qui ont enrichi Wall Street et le secteur financier au détriment de tous les autres.Des millions d’américains ont perdu leur maison et la moitié de leur épargne-retraite et devront supporter la charge de la dette publique qui a servi à renflouer les banksters qui sont à l’origine de la crise des produits dérivés.Le 21 octobre l’émission Frontline a diffusé, «
The Warning », un documentaire qui montrait comment la Réserve fédérale, Alan Greenspan, le secrétaire au Trésor Robert Rubin, le secrétaire adjoint au Trésor Larry Summers, et Arthur Levitt, le président de la Securities and Exchange Commission, ont empêché Brooksley Born, alors responsable de la Commission des Commodity Futures Trading (CFTC), de remplir son mandat et de réglementer ces produits dérivés négociés de gré à gré.Après que la pire crise de l’histoire financière des Etats-Unis ait éclaté - comme Brooksley Born l’avait prévu - Alan Greenspan, désormais discrédité, a été tiré de sa retraite pour qu’il vienne s’expliquer devant le Congrès, lui qui avait affirmé qu’aucune règlementation des produits dérivés n’était nécessaire. Greenspan avait même déclaré au Congrès que la réglementation des produits dérivés serait préjudiciable. Pathétique, Greenspan a dû admettre que l’idéologie du marché libre qu’il avait fait sienne avait révélé ses « failles ».
Greenspan a peut-être parié le futur de notre pays sur ses croyances dans le marché libre, mais qui donc pourrait croire que Rubin et Summers faisaient autre chose que de protéger les énormes profits frauduleux que procuraient à Wall Street les produits dérivés ? Comme l’a souligné Brooksley Born, les dérivés négociés de gré à gré sont un « marché obscur », sans aucune transparence. Les régulateurs ne disposent d’aucune information sur ces produits, pas plus que les acheteurs.Même après l’effondrement et le renflouement de
Long Term Capital Management en 1998, Greenspan, Rubin et Summers n’ont pas changé d’avis. Greenspan, Rubin et Summers, comme leur suiveur Arthur Levitt - qui regrette aujourd’hui de s’être fait duper par les banksters - ont réussi à manipuler un Congrès totalement ignorant en ne laissant pas la CFTC remplir son office. Brooksley Born, empêché par des représentants élus de protéger les citoyens, a choisi de démissionner.
L’argent de Wall Street avait tout simplement réussi à travestir les faits et à écarter les régulateurs honnêtes, s’assurant de l’inaction du gouvernement, et provoquant du même coup la crise financière qui a éclaté en 2008 et continue aujourd’hui de frapper notre économie.Les initiés de la finance qui ont la main sur le Trésor, la Maison Blanche et la Réserve fédérale ont transféré aux contribuables le coût de la catastrophe qu’ils ont provoqué.
Lorsque cette crise a débuté,
Henry Paulson - nommé par le président Bush comme successeur de Rubin en tant que représentant de Goldman Sachs à la tête du Trésor US - a joué sur la peur afin d’obtenir de « nos » représentants au Congrès qu’ils acceptent sans poser de questions de débloquer les centaines de milliards de dollars des contribuables (l’argent du TARP) pour renflouer Goldman Sachs et les autres malfrats sévissant dans les produits dérivés.L’indignation de l’opinion publique a éclaté lorsque Goldman Sachs a annoncé récemment qu’elle allait octroyer d’énormes bonus à six et sept chiffres à ses salariés. Tentant de défendre les banksters qui, sauvés par l’argent public, s’offrent des primes supérieures à ce que la plupart des gens gagneront en toute une vie, Lord Griffiths, le Vice-Président de Goldman Sachs International, a déclaré que l’opinion devait apprendre à « tolérer l’inégalité en tant que moyen d’atteindre à une plus grande prospérité pour tous. »En d’autres termes, « qu’ils mangent de la brioche ».
Selon le rapport de l’ONU cité ci-dessus, la Grande-Bretagne vient en 7ème position ex-æquo des pays ayant les revenus les plus inégaux au monde. Après les bonus de Goldman Sachs, les Britanniques vont monter dans le classement, et pourront peut-être rivaliser avec Israël pour la quatrième place
.En dépit de cette folie totale que sont ces produits dérivés, de la colère grandissante de l’opinion et de la confession de M. Greenspan devant le Congrès, rien n’a été fait pour les réglementer.L’un des assistants au Trésor de Rubin, Gary Gensler, a remplacé Brooksley Born à la tête de la CFTC. Larry Summers dirige le Conseil Economique National du président Obama. L’ancien membre de la Réserve fédérale Timothy Geithner, un protégé de Paulson, est le secrétaire au Trésor d’Obama. Un vice-président de Goldman Sachs, Adam Storch, a été nommé responsable de la Securities and Exchange Commission.Les Banksters sont toujours en place.Existe-t-il un autre pays dans lequel, au vu et au su de l’opinion publique, une petite minorité utilise de façon aussi flagrante le gouvernement au bénéfice d’intérêts privés, aidé par une coterie d’économistes adeptes du « marché libre », prêts à justifier le pillage, au motif que « le marché fonctionne au mieux » ?Un narco-Etat est une calamité. Mais Les États-Unis et leur « financio-Etat » dépassent cette horreur.Comme le dit Brooksley Born, si rien n’est fait, « cela va se produire à nouveau ».Mais rien ne peut être fait. Les escrocs tiennent le gouvernement.
[Note de Paul Craig Roberts : Le rapport de l’OCDE montre que malgré la réduction des impôts sous Reagan, la hausse des inégalités des revenus s’est ralentie durant cette période. Au milieu des années 1990 le coefficient Gini (une mesure de l’inégalité du revenu) a même diminué. A partir de l’année 2000, avec la nouvelle économie (qui consistait essentiellement en une fraude financière et à délocaliser les emplois), le coefficient Gini a connu une forte hausse.]
- Cessons de nous ruiner pour sauver les riches
Lire aussi
________________
-Crise: répliques prévisibles ?
- Sombre automne ?
-Croissance en trompe-l'oeil?

jeudi 15 janvier 2009

USA : séisme social

"...Durant l’année budgétaire débutée en octobre, 28 millions de personnes aux États-Unis utiliseront les coupons distribués par le gouvernement pour pouvoir acheter l’essentiel dans les commerces d’alimentation. C’est là le plus haut chiffre enregistré depuis que ce programme d’assistance alimentaire a été introduit dans les années 1960... Les saisies immobilières, l’augmentation des destructions d’emplois et la hausse rapide des prix ajoutent aux difficultés. Jusqu’à présent, le retournement de tendance s’est manifesté par une kyrielle de saisies à travers tout le pays, avec de nombreuses familles perdant leur domicile. Mais désormais, la crise commence à frapper le pays au coeur. Garnir la table de nourriture devient un défi que de nombreux Américains ont du mal à relever..."(D Usborne)
---------------------------
"Je ne crois pas qu'il soit trop tard pour changer de cap, mais cela le sera si nous ne prenons pas des mesures cruciales le plus vite possible. Si rien n'est fait, cette récession pourrait perdurer des années...Le taux de chômage pourrait atteindre un niveau à deux chiffres (...). En résumé, une mauvaise conjoncture pourrait devenir bien pire" M. Obama.
-------------------------------------------------

Barack Obama doit faire face à un véritable séisme social | Mediapart

"Avis de sinistrose générale au Salon automobile de Detroit, ouvert au public à partir de mardi 13 janvier. Les professionnels ne se sont toujours pas remis des chiffres de ventes de voitures, catastrophiques, aux Etats-Unis (-18% en 2008). Et rien ne laisse penser que la tendance va évoluer cette année.Rassemblés dimanche devant les portes du Salon, des ouvriers de Chrysler et General Motors ont rappelé, à leur manière, les dégâts sociaux de la crise. Ils dénonçaient en particulier les «concessions», en matière de salaire, imposées par l'administration Bush, en échange de l'aide financière accordée par les pouvoirs publics aux constructeurs. Une mobilisation parmi d'autres, au cœur d'une Amérique dévastée par la crise.

Preuve de l'intensité du séisme social, les derniers chiffres de l'emploi aux Etats-Unis : 2,6 millions de postes ont été détruits aux Etats-Unis en 2008. Dont 524.000 rien qu'en décembre, pour un taux de chômage à 7,2%. Les secteurs de la construction et des services sont les plus touchés. Si l'on intègre les personnes qui ne recherchent pas «activement» un travail, le taux de chômage grimpe à 13,5%. Floyd Norris, qui a fait les comptes sur son blog du New York Times, établit que le dernier trimestre 2008 accuse la pire performance depuis 1945 en la matière (1.531.000 postes supprimés, en chiffres bruts !).Certains Etats, comme le Michigan ou l'Ohio, sont plus touchés que d'autres. «Dans le Michigan, au moins 90 entreprises ont annoncé des licenciements au cours des deux derniers mois», s'inquiète The Economist, qui insiste sur la délicate réinsertion des chômeurs en temps de crise. Ces données noircissent encore un peu plus le bilan économique consternant de la présidence Bush, récemment dressé par les journalistes du Washington Post. Pour ne rien arranger, le rythme des licenciements ne devrait pas ralentir en 2009 – on attend les sombres annonces de Boeing, Macy's ou Microsoft dans les mois à venir...

Qui sont les plus touchés ? Peut-être faut-il, pour répondre à la question, plonger dans l'inventaire dressé par le New York Times des Américains pris au piège de l'endettement. La série, lancée depuis l'été 2008, s'appelle The debt trap. Très simple et incontournable : elle met des visages sur ces 3,3 millions de foyers américains qui ont vu, depuis 2006, ou verront, d'ici la fin 2009, leur maison saisie, faute de pouvoir rembourser leurs emprunts dans les temps...-A défaut de faire les grands titres des journaux, les étudiants subissent la crise de plein fouet. Beaucoup ont emprunté des sommes considérables pour s'acquitter, chaque année, de leurs droits d'inscription à l'université. Au total, cette dette s'est élevée à 87 milliards de dollars en 2008, contractée en partie auprès de fonds publics. Mais aussi auprès d'un grand nombre d'entités privées, dont certaines ont fait faillite l'an dernier.-Résumé poli de The Economist : «Les étudiants sont confrontés à un malheureux concours de circonstances financières.» Le New York Times, de son côté, présente Stephen Heise, étudiant new-yorkais de 34 ans, endetté à hauteur de 80.000 dollars pour avoir payé son éducation avec plusieurs cartes de crédit depuis des années...-La «grande pauvreté», elle, a indéniablement augmenté aux Etats-Unis. D'après les travaux implacables de Rebecca Blank, une augmentation de deux points du taux de chômage conduira à une hausse de 0,9 point du taux de pauvreté. Soit 2,7 millions de pauvres supplémentaires dans le pays. Et ce sont les plus fragilisés, comme les mères isolées, qui sont les plus exposés. «En perdant leur travail, les plus démunis vont perdre l'essentiel de leurs ressources issues des programmes sociaux, puisque ceux-ci sont conditionnés à l'obtention d'un emploi», prévenait Hélène Périvier, de l'OFCE, dans une note d'octobre dernier...

Paul Krugman encore lui, qui doute de l'efficacité du plan de relance en matière de création d'emplois. «Comment M. Obama pourrait-il faire davantage ? En augmentant beaucoup plus la part d'investissement public – un scénario possible à condition d'adopter une vision à plus long terme...», écrivait, dimanche 11 janvier sur son blog, le prix Nobel d'économie 2008.En gros, Krugman reproche à Romer et Bernstein de s'être trop concentrés sur la première année de mandat – alors qu'une crise d'une telle ampleur exige un «programme étalé sur plusieurs années». Et il préconise, une nouvelle fois, ce qui s'annonce comme l'un des épineux dossiers de Barack Obama lors de ses premiers mois à la Maison Blanche : une réforme de fond en comble de la fiscalité américaine."

-La soupe populaire de plus en plus sollicitée

-USA et chasseurs de dettes : Centres d’appels en Inde poursuivant les surdendettés aux USA

-Krugman:_L'Amérique que nous voulons - Alternatives: "...son plaidoyer en faveur de véritables politiques publiques détonne avec le discours ambiant. Sa défense de l’assurance-maladie universelle rappelle que vivre aux États-Unis est quelque chose de peu enviable, à moins d’être bien nanti. L’économiste évoque non seulement les contre-performances du système de santé américain, mais aussi, et surtout, le piège dans lequel se trouvent des millions de citoyens en proie à la voracité des compagnies d’assurances privées. Bref, un brûlot fort pertinent en ce temps d’élections américaines."

-M. Obama devant les décombres

---------------------------------------

-USA : inégalités

-USA : retour à l'isolationnisme ?

- Obama : mandat à haut risque

-Voiture en crise

- Martin Wolf : le plan de relance d’Obama est insuffisant et inadapté

mercredi 18 février 2009

Le JAPON ébranlé


JAPON La fin d'un modèle de croissance(?):
"...Avec le recul de 12,7 % de son PIB, l'archipel est entré dans une phase de récession comme il n'en avait pas connu depuis plus de trente ans. Cela illustre l'effondrement du système économique fondé sur les exportations, estime l'Asahi Shimbun.

Déclenchée par la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008, la crise financière est en train de ronger, avec une force inouïe, l'économie japonaise. Le ministre de la Politique économique et budgétaire Kaoru Yosano, qui avait traité la crise de "piqûre d'abeille", a révisé son jugement lors d'une conférence de presse tenue le 16 février. "C'est la pire crise que le pays ait connue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale", a-t-il déclaré. Le cas de Toyota en est une illustration. Le constructeur automobile a été obligé de revoir à la baisse ses prévisions de résultats annuels à trois reprises et a enregistré une perte d'exploitation de 450 milliards de yens [3,8 milliards d'euros] pour l'année fiscale 2008. "Nous n'avions jamais imaginé nous trouver dans une situation pareille", a rappelé un des membres de la direction..."

-Le Japon entre à son tour en récession:
"...Devant la baisse de la consommation et donc de la demande dans le monde, et particulièrement aux Etats-Unis, les entreprises japonaises préfèrent lever le pied. Elles révisent à la baisse leurs prévisions de production et surtout reportent leurs investissements, tels que les constructions d'usine ou encore les achats de nouveaux équipements. Les investissements en capital des sociétés japonaises ont ainsi chuté de 6,7%, et c'est là la principale explication du recul du PIB national.La seconde explication est liée au resserrement du crédit. Comme partout ailleurs depuis le début de la crise financière, les banques japonaises serrent le robinet du crédit. Quoique moins touchées par la crise que leurs homologues américaines et européennes, les banques japonaises accordent moins facilement de prêts aux entreprises. Là encore, moins de prêts, c'est moins de possibilité d'investissements et donc d'activité...."
- Le PIB japonais a chuté de 12.7% au quatrième trimestre

-"Le Japon ne pourra pas s'en sortir tout seul":
"...La Japon vit sa plus grave crise depuis l'après guerre. En cause, l'effondrement des exportations qui ont chuté de 14% au quatrième trimestre. La baisse de la demande mondiale a conduit à une perte de compétitivité des entreprises japonaises. En l'espace d'un an et demi, la monnaie nippone s'est appréciée d'environ 40%. Avec un taux de change si désavantageux, les Toyota sont aujourd'hui invendables quand les écrans plats sont largement concurrencés par les prix coréens. Pour la première fois depuis des années, le Japon est en déficit commercial. Par ailleurs, l'investissement a aussi considérablement chuté. Les anticipations des entreprises sur la baisse des ventes n'arrange pas la situation économique du pays. Finalement, la Japon a été touché plus tôt que les autres pays par la crise de l'économie réelle...."

-La détérioration rapide de l'emploi au Japon menace la stabilité sociale:
"..."les conditions de l'emploi se dégradent à une vitesse sans précédent".

Hisashi Yamada, économiste de l'Institut japonais de recherche, estime que si le produit intérieur brut (PIB) recule de 1 %, "le nombre de chômeurs pourrait augmenter de 1,5 million d'ici à 2010 et le taux de chômage atteindrait 6 %". Or la Banque du Japon (BoJ) attend une contraction de 2 % du PIB en 2009

"Pendant les années de crise après l'éclatement de la bulle spéculative, observe Masahiro Ishizuka, de l'université de Waseda, dans une tribune publiée par le quotidien Nihon Keizai, les entreprises ont mené d'importantes restructurations. Mais l'impact de la crise actuelle sur l'emploi apparaît d'une brutalité sans précédent". En cause à ses yeux, l'augmentation des travailleurs à temps partiel favorisée par les multiples dérégulations du marché du travail. "La conséquence est que la société japonaise apparaît moins sûre, ajoute-t-il, en raison de la vulnérabilité de ces travailleurs qui peuvent être facilement renvoyés en cas de difficulté."-Face à l'ampleur de la hausse du chômage, les entreprises et le gouvernement semblent désarmés. Le Keidanren, principale fédération patronale japonaise, affirme que la survie des firmes passe par des mesures drastiques en période difficile et se borne à évoquer des mesures de partage du temps de travail. Tokyo prévoit, dans le cadre d'un second budget supplémentaire de 4 786 milliards de yens (41 milliards d'euros) adopté le 27 janvier, des aides aux collectivités locales pour lutter contre la suppression de postes, la création sur trois ans d'1,6 million d'emplois dans les secteurs à fort potentiel de croissance comme la santé ou des subventions aux entreprises qui proposeraient des emplois à temps plein à leur personnel en situation précaire.Les manifestations de travailleurs renvoyés sont plus fréquentes et elles attirent de plus en plus de monde. Les chômeurs qui, jusque récemment étaient considérés comme des personnes qui ne veulent pas travailler, bénéficient aujourd'hui de la compréhension de l'opinion et les mouvements de gauche attirent de plus en plus de sympathisants. Certains redoutent désormais que survienne une crise politique en cette année d'élections législatives..."

Effondrement économique record au Japon : le signe d’une aggravation de la récession mondiale

dimanche 5 février 2017

Champagne!

Wall Street exulte.
                C'est la fête dans les hauts-lieux de la haute finance mondialisée.
                             L'avenir est de nouveau ouvert à plein de lucratives perspectives.
                                      Les loups de Wall Street sont lâchés.
     On avait voulu, si peu, réguler leurs pratiques pas toujours orthodoxes (pour utiliser un euphémisme), qui nous ont menés, avec la complicité des Etats, là où l'on sait.
    Voilà que Trump n'a pas tardé à leur faire plaisir, en se proposant de détricoter la régulation financièrere, qui avait été mise en place (très partiellement, pour parer au plus pressé), après l'ouragan de la crise de 2008.
     Obama ne s'était pas privé des conseils de Goldman Sachs, mais le nouveau Président veut leur ouvrir toute grandes les portes, quitte à se contredire.
     On avait cru comprendre que la régulation, même marginale, n'était pas seulement utile, mais nécessaire, comme l'avait parfaitement dit Roosevelt en sa période troublée...
     Deux dispositions sont particulièrement dans le viseur de M. Trump. Il s’agit d’abord de s’attaquer à la règle dite « Volcker ». Ce texte interdit notamment aux établissements bancaires de pratiques  la spéculation pour leur propre compte. Elle prévoit aussi de fortes restrictions de la détention de participations dans des fonds spéculatifs ou des fonds de private equity (investis dans des entreprises non cotées en Bourse ). L’objectif principal consiste à éviter le financement d’actifs risqués par des dépôts garantis par l’Etat fédéral.
       On a toutes les chances de s'attendre assez vite à un retour prochain de nouveaux excès bancaires et à une nouvelle crise, qui n'est pas exclue, dans le désordre financier mondial.

             ...Quinze jours à peine après s’être installé à la Maison Blanche, Donald Trump a commencé son travail de démolition de la régulation financière . D’un trait de plume, il a engagé, vendredi 3 février, le processus d’annulation de tous les dispositifs adoptés après la crise financière de 2008, en signant deux ordres présidentiels (« executive orders »), dont il use et abuse depuis son installation.  
   Sans attendre, Donald Trump a décidé de s’attaquer à la réglementation la plus symbolique de l’après-crise financière : lloi Dodd-Frank, adoptée en 2010 pour encadrer un peu mieux les activités bancaires et financières. Bien que très limitée par rapport aux ambitions initiales affichées par Barack Obama lors de son accession au pouvoir, celle-ci est encore jugée insupportable par Wall Street, les banquiers ne rêvant que d’une chose : revenir à l’ordre – ou plutôt au désordre – ancien, qui a mené le monde à la catastrophe.
   Dans la foulée, Donald Trump a lancé l’annulation de toute la réglementation, adoptée elle aussi après la crise de 2008, censée protéger les consommateurs et les épargnants contre les pratiques abusives de la finance et les produits toxiques comme les subprimes, par exemple. Les textes imposant notamment aux conseillers financiers de recommander aux fonds de pension des investissements « dans l’intérêt de leurs clients » vont être abolis, car trop contraignants pour la finance.
   ...La sénatrice démocrate Elisabeth Warren, qui a été très en pointe dans le combat pour la régulation financière, a immédiatement réagi à cette décision : « Donald Trump a beaucoup attaqué Wall Street pendant sa campagne, mais en tant que président, nous découvrons de quel côté il est réellement. […] Les banquiers de Wall Street et les lobbyistes qui, par leur cupidité et leur inconscience, ont presque détruit le pays peuvent sabler le champagne. Mais le peuple américain n’a pas oublié la crise financière de 2008 et il n’oubliera pas ce qu’il s’est passé aujourd’hui. » 
   Les marchés, eux, ont applaudi l’annonce. Toutes les valeurs financières et bancaires étaient à la hausse vendredi. Les analystes et les commentateurs boursiers se félicitaient de cette mise à bas programmée de la régulation financière, laquelle annonce des lendemains qui chantent pour la finance.
      C'est la fête dans les salons feutrés des grandes banques
                "L'association bancaire ABA a salué une initiative qui "devrait permettre de libérer le pouvoir de l'industrie bancaire", tandis que le Financial Services Roundtable, le lobby des grandes banques, va travailler avec la nouvelle administration sur des réformes "constructives".
    "C'est une trahison d'une de ses promesses de campagne, en l'occurrence faite à ceux qui ont été saignés par Wall Street et qui constituaient le pilier de sa base électorale", fustige en revanche Bartlett Naylor, de l'association de défense des consommateurs Public Citizen.
   Donald Trump avait axé sa campagne sur le rejet des élites, symbolisées notamment par les banquiers dont l'impunité supposée est régulièrement dénoncée aussi bien à gauche qu'à droite de l'échiquier politique américain. "
         C'est reparti comme en 14...
                      ... Le président Trump a signé un autre décret visant la règle fiduciaire qui oblige les conseillers financiers à agir dans l'intérêt de leurs clients. Cette règle devait entrer en vigueur en avril, mais elle sera reportée, en attendant son réexamen. "Revenir sur cette règle montre que l'administration Trump est du côté de Wall Street", a réagi l'ONG Public Citizen.
    Le sénateur démocrate Charles Schumer a protesté affirmant que "le président Trump qui avait promis de tenir tête aux grandes banques, leur permet maintenant d'écrire le code de la route". Il a assuré que les démocrates "feront tout ce qui est en leur pouvoir pour ne pas abroger" la loi Dodd-Frank."
_______________________

vendredi 3 octobre 2008

Crise financière : diagnostics


"C'est quand la mer se retire que l'on voit ceux qui nageaient tout nus" (Warren Buffet)____________

-"Si l’on tire les leçons de la crise actuelle, comme de toutes les précédentes, les mesures qu’il conviendrait de prendre pour empêcher leur retour peuvent être élevées au niveau de principes, et inscrites à ce titre au sein d’une constitution. Le seul obstacle à procéder de cette manière est l’absence de volonté : les causes de la crise actuelle sont connues, elles sont identiques à celles de la crise précédente, dont les causes étaient déjà connues en son temps - même si l’oubli a été imposé à ce savoir." (P.Jorion)_______

-« Si vous devez 100 000 euros à votre banquier vous avez un problème, si vous en devez un million c’est lui qui a un problème. » _________________

- Comprendre la crise:

"Pourquoi donc la plupart des gouvernements de la planète s’apprêtent-t-ils à renflouer leurs banques -même si « leurs caisses étaient vides » lorsqu’il s’agissait de financer d’autres dépenses pourtant tout aussi justifiables ? Tout simplement parce que l’ensemble des activités humaines en dépend. Sans circulation monétaire, l’économie s’arrête, la dépression dévaste tout. La finance est en position de prendre les sociétés en otage. Sa capacité de nuisance est incomparable. Cette dangerosité est connue et comprise depuis la crise des années trente. On avait alors décidé de mettre la bête en cage pour l’empêcher de nuire. Durant les trente glorieuses, le système du crédit, la circulation des capitaux, étaient largement encadrés par l’état. La « révolution libérale » a détricoté peu à peu toutes les règles, fait sauter tous les garde-fous. Non seulement l’animal allait jouir d’une liberté retrouvée, mais il allait également bénéficier d’un régime hautement calorique : l’accroissement des inégalités et la masse des capitaux circulants. Un niveau de chômage élevé et persistant - désormais considéré comme naturel ou frictionnel - la menace des délocalisations, la concurrence des pays à bas salaires ont eu pour effet de limer les griffes d’une grande majorité des salariés désormais privés de leur propre capacité de « nuire », c’est-à-dire de défendre leurs intérêts et de préserver l’équilibre indispensable entre les forces sociales. Dans le même temps, l’affaiblissement de la base productive a fait exploser les déficits extérieurs. Résultat ? Moins d’argent d’un côté, de colossales fortunes de l’autre, et entre les deux plateaux de la balance, la finance, chargée de faire prospérer les bas de laines. Il n’a pas fallu bien longtemps pour que la différence de potentiel trouve à s’exprimer. Endettement des ménages d’un coté, rentiers milliardaires de l’autre, mis en relation par l’ingénierie financière dopée par une insatiable demande de placements, encore accrue par les capitaux étrangers. Nous venons d’assister à une expérimentation de physique sociale de gigantesque dimension. Jusqu’où pouvait-on comprimer les revenus du travail et soutenir la demande grâce au crédit tout en dilatant les revenus du capital ? Nous avons la réponse. Jusqu’au jour où la bulle immobilière US a éclaté....
_________>>>>>>>>À partir des années 1970, la situation des salariés américains se dégrada lentement et si les effets de leur perte effective de pouvoir d’achat furent partiellement masqués, c’est uniquement du fait qu’un système complexe de crédit à la consommation se mit en place, où l’endettement personnel compensait la perte de pouvoir d’achat fondé sur les revenus, la bulle de l’immobilier offrant, pour ceux d’entre eux qui étaient propriétaires, la plus-value sans cesse croissante de leur logement comme collatéral aux emprunts qu’ils contractaient. Cette classe salariale, où l’endettement des ménages atteignait en 2004, 120% de leurs revenus annuels bruts, devenait, au fil des années, de plus en plus vulnérable aux fluctuations de la conjoncture dans un pays à la couverture sociale extrêmement ténue.<<<<
En 2004, le budget des ménages américains entra en régime de « cavalerie », dépendant chaque jour davantage pour les dépenses de consommation, de la persistance de la bulle de l’immobilier où seule l’arrivée constante de nouvelles recrues permettait à ceux qui étaient déjà propriétaires de maintenir leur présence. [13] Tout ralentissement dans ce recrutement provoquerait une stagnation du prix de l’immobilier qui conduirait l’édifice à s’effondrer dans son ensemble. Lorsque ce ralentissement intervint, furent tout d’abord entraînés dans la chute les ménages dont la capacité à payer leurs mensualités reposait sur le prix sans cesse croissant des maisons, des emprunts successifs leur permettant seuls de faire face à leurs engagements. Furent ensuite atteints les ménages qui avaient spéculé sur le gonflement de la bulle en s’achetant plusieurs habitations ou en s’étant acheté un logement trop vaste en vue de maximiser l’effet de levier qu’autorise l’emprunt. L’immobilier résidentiel, ébranlé par la remise sur le marché d’un nombre d’habitations en hausse croissante, entraîna enfin dans sa plongée les ménages qui avaient conçu leur logement comme la tirelire qui leur permettrait de jouir un jour d’une retraite confortable...."

-Un prix Nobel d'économie doute du plan Paulson:"Le plan de sauvetage du système financier accepté par le Sénat américain ne séduit pas le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz. L'Américain, qui a reçu la récompense en 2001 pour ses travaux sur l'asymétrie d'information sur les marchés, a indiqué ce jeudi à Vienne que le rachat de 700 milliards de dollars d'actifs pourris reviendrait à «procéder à une transfusion sanguine massive à une personne souffrant d'une grave hémorragie interne».Joseph Stiglitz ne critique pas le plan lui-même, mais le périmètre d'intervention. Pour lui, ce plan «tente d'arrêter la dégringolade mais cela ne créera pas de nouvel équilibre financier». Il prévoit d'ores et déjà un ralentissement brutal de la croissance américaine, actuellement issue pour les trois quarts de la consommation : «il va y avoir une contraction du crédit avec d'énormes problèmes à la clé. Avec la réduction du PIB nous allons assister à la contraction de la consommation.»L'économiste américain demande que des mesures soient prises pour permettre aux gens de rester dans leurs maisons, et également pour que les banques soient davantage contrôlées. «Si un pays en développement avait agi comme M. Paulson, les institutions internationales, et en premier la Banque mondiale, lui auraient dit que c'est la porte ouverte à la corruption», a-t-il indiqué au sujet du refus du secrétaire américain au Trésor de renforcer la surveillance des banques..."

-Etats-Unis : le trou noir | AgoraVox

-L'autorité, une denrée rare à Washington:"...Lorsque Franklin Roosevelt hérita d'une crise économique en 1933, il réalisa que sa priorité était de restaurer la confiance, de faire comprendre aux Américains qu'il y avait quelqu'un aux commandes, que des mesures allaient être prises. La génération actuelle de dirigeants politiques est confrontée à la même situation, et, pour l'heure, elle a échoué totalement et lamentablement à projeter une quelconque image d'autorité, à donner au monde la moindre raison de croire que ce pays est tenu par des gouvernants. Bien au contraire, en rejetant, lundi 29 septembre, le plan de sauvetage, ces dirigeants ont encore fait empirer le climat psychologique...."

-Crise financière : la finance contre l’humanité

-Moralisation ou cynisme ?:
"...La stagnation, ou même dans certains pays le recul du pouvoir d’achat des salariés, pose un problème majeur pour le fonctionnement du système dans son ensemble. En effet, si pour chaque patron pris individuellement le salaire est un coût qu’il faut baisser, il est pour le capitalisme pris dans sa globalité un élément indispensable pour assurer la solvabilité de la demande.
Cette contradiction, pointée en leur temps par Marx et Keynes, est d’autant plus forte que les salariés forment l’énorme majorité de la population. Elle a été résolue pour quelques années par la fuite en avant dans l’endettement des ménages. De moins en moins de salaire et de plus en plus de dettes , tel a été le credo du capitalisme néolibéral. Aux Etats-Unis, cette logique n’a pas concerné simplement les biens immobiliers, mais aussi les dépenses courantes des ménages, notamment les plus pauvres.
Grâce à un marketing bancaire souvent à la limite de l’escroquerie et à des techniques financières « innovantes » (titrisation, réalimentation permanente du crédit, etc.), les institutions financières ont repoussé au maximum les limites possibles de l’endettement. La crise a commencé quand les ménages les plus exposés ont été dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts et elle s’est répandue comme une traînée de poudre, les pare-feu permettant de cloisonner l’incendie ayant été détruits systématiquement par la déréglementation financière..."

-L'argent public au secours des apôtres du marché
-Le scandale est encore plus considérable que ce que j’imaginais-Le cas DEXIA:
"...Les dirigeants de DEXIA non contents de piocher dans la caisse de l’Etat, en étant les intermédiaires du circuit faussement créé, ont voulu encore s’intéresser à d’autres activités. Ils se sont lancés dans l’activité de « réhausseurs de crédit » aux Etats-Unis, c’est-à-dire une activité qui garantit les prêts des collectivités locales aux Etats-Unis.Ils ont racheté FSA. Bien sûr avec l’argent du contribuable français. Quand les dits rehausseurs à l’automne ont commencé à s’écrouler, cela ne les a pas arrêté et maintenant c’est au contribuable français de payer l’addition...."

-Effondrement financier global:
"...La crise financière globale est intimement liée à la guerre.La spirale du budget de défense se répercute sur les secteurs civils de l'activité économique. L’économie de guerre a un rapport direct sur les politiques monétaires et fiscales. Les dépenses militaires dépassent les 500 milliards de dollars. En outre, 70 milliards supplémentaires sont destinés « à couvrir les coûts de la guerre dans les premiers mois de la nouvelle administration. La combinaison de ces montants représente le plus niveau des dépenses militaires depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, (ajustée aux coûts de l’inflation) . (Csmonitor.com, 6 février 2008)« La guerre, c’est bon pour les affaires » ; Les puissants groupes financiers qui manipulent de façon quotidienne les valeurs boursières, les marchés de la monnaie et ceux des matières premières font aussi la promotion de la poursuite de la guerre et de son escalade au Moyen-Orient. La crise financière est liée à la structure des investissements publics états-unienne dans l’économie de guerre par le moyen des impôts, au lieu des programmes sociaux. « Plus largement, ceci soulève également l’enjeu du rôle du trésor et du système monétaire états-uniens, dans le financement incessant du complexe militaro-industriel et de la guerre du Moyen-Orient aux dépends des secteurs le l’activité économique civile. » (Voir Michel Chossudowsky, The Democrats endorse the « Global War on Terrorism » : Obama « goes after » (Les démocrates endossent la « guerre mondiale au terrorisme » : Obama « pourchasse » Osama.Osams), Mondialisation/Global Reserach, publié en anglais le 29 août et en français le 4 septembre 2008)La guerre est génératrice de profits et est financée à travers l’expansion mondiale massive de la dette publique. Guerre et globalisation vont main dans la main. Wall Street, les compagnies pétrolières, et les contrats militaires ont des intérêts concurrents qui se chevauchent également. Les compagnies pétrolières sont derrière la poussée spéculative des prix du pétrole brut sur le marché londonien de l’énergie.En conséquence, et résultant de l’agenda militaire, l’économie civile états-unienne est en crise étant donné que les ressources de la nation, incluant les impôts, sont détournés pour financer une guerre au Moyen-Orient qui coûtent plusieurs milliards de dollars..."

-Europe2020-Crise systémique globale

- LES ETATS-UNIS VONT-ILS SURVIVRE AU PLAN PAULSON ?"...Le problème vital pour les Etats-Unis est la disparition de la part productive de leur économie sous la gouverne de ces politiques stupides, et aujourd’hui le pays ne peut plus soutenir la pyramide de dette qui lui a été imposée. Présenté comme essentiel pour toute l’économie, le Plan Paulson ne ferait qu’ajouter des dettes à la pyramide, en ne faisant que les transférer des bilans des banques au bilan du gouvernement, et donc des contribuables..."

>>La crise financière mondiale de l’automne 2008, par Alain de Benoist<<

-Sept jours qui ébranlèrent la finance par Jacques Sapir
-CRISE FINANCIÈRE, effondrement final en été 2008 : La pire hypothèse...
-Comment expliquer simplement la crise financière ?
-Hussonet portail Michel Husson:crise
-Islande : danse au-dessus des volcans
--------------------------------------------------------
- l' Etat dépollue
- Naufrage financier ?