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samedi 19 octobre 2024

Où s'arrête le "Grand Israël"?

De Josué à B. Smotrich

     Légendes et instrumentalisation d'hier et d'aujourd'hui. Cynisme et cécité.

          « Tout lieu où ton pied se posera t'a été donné, comme je l'ai dit à Moïse, depuis le désert et le Liban jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. »

         Le retour en force d'un mythe religieux, depuis la période Sharon et surtout Netanyahou, avec le concours de l'extrême droite israëlienne, comme Ben Gvir: Au nom de la Torah (ici) La Palestine est exclue de tout horizon politique. L'extrêmisme est en voie de gagner, contre l'opinion d'une fraction du peuple israëlien modéré, souvent non croyant. et opposé à une guerre sans fin, une aventure sans perspective. L'histoire de la ville emblématique de Jérusalem est saturée de sens.   "Comment cela va-t-il finir?" demandaient de jeunes Israëliens démoralisés ,en 1970.Ezer Weisman répondait:"Il faut d'abord savoir comment cela a commencé"                                                                                         L'historien Marius Schattner souligne "Le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)Et dans ce contexte, alors que chacun sait en Israël qu'une paix réelle ne se fera qu'au prix de concessions importantes, y compris dans la ville sacrée de Jérusalem, la montée en puissance de ce nationalisme religieux porte en elle les germes des crises à venir.                                                            "On peut imaginer ce qui risque de se passer quand il faudra évacuer non point 8000 colons de la bande de Gaza, mais au moins vingt fois plus de Judée Samarie (Cisjordanie), territoire avec lequel le lien religieux et historique est beaucoup plus fort, émaillé qu'il est de lieux saints traditionnels comme le Caveau des patriarches à Hébron, ou redécouverts depuis 1967, sans compter le Lieu saint par excellence, le mont du Temple à Jérusalem, site de l'Esplanade des mosquées.Par delà l'attache à des lieux aussi sacrés, la question se pose de savoir pourquoi la religion juive, dans sa version dominante en Israël, se prête à une telle alliance avec le nationalisme le plus extrême... "                                                                                             Marius Schattner rappelle justement qu'une telle alliance n'est pas inhérente au fait religieux, et cite le regretté professeur Yeshayahou Leibowitz (1903-1993), figure intellectuelle et religieuse majeure, resté célèbre pour avoir pronostiqué dès 1967 qu'Israël commettait une erreur capitale en décidant de profiter de sa victoire militaire pour occuper durablement les territoires palestiniens. Une partie des clés se trouvent effectivement dans l'histoire. Mais aussi dans les compromis historiques noués à la naissance de l'Etat juif en 1948, et qui expliquent pourquoi, jusqu'à ce jour, il n'existe toujours pas de constitution en Israël....                                                                    ___ " Si la coalition entre ultranationalistes laïques et religieux au pouvoir en Israël est inédite, l’imaginaire messianique a commencé à prospérer dans le pays bien avant 2022. Dès les débuts du sionisme, un discours emprunté au religieux doit conférer un supplément de légitimité au projet. Cette rhétorique convoque des termes tels que « Terre promise » et des espérances juives bimillénaires de rassemblement des exilés. Malgré l’athéisme de la majorité des pionniers sionistes. Malgré leur dédain à l’égard des juifs religieux — « arriérés », « passifs » — qu’ils souhaitent remplacer par des juifs rationnels, volontaires et travailleurs, aptes à reconstruire la nation juive en terre d’Israël. Libéraux ou ultraorthodoxes, les religieux voient l’émergence du projet sioniste comme une trahison de la tradition. Ils dénoncent une instrumentalisation du judaïsme au service d’une religion nationale. L’universitaire Amnon Raz-Krakotzkin évoque à cet égard un messianisme laïque : « C’est parce qu’ils sont au cœur du mythe sioniste laïque », estime-t-il, que messianisme et nationalisme se renforcent aujourd’hui en Israël. « Les colons n’ont rien inventé. Leur position n’est pas différente de celle des sionistes laïques, ils vont simplement au bout de ses conséquences logiques. » Pour cet historien et d’autres avec lui, le sionisme apparaît comme un détournement des concepts fondamentaux du judaïsme, dont ceux d’exil et de rédemption. Car « l’essence du judaïsme est l’idée que l’existence est un exil ». Celui du peuple d’Israël après la destruction du second temple, que la tradition présente comme la conséquence d’un écart vis-à-vis des préceptes divins : « À cause de son iniquité (…) la maison d’Israël avait été exilée » (livre d’Ézéchiel 39:23). Mais dans cette relégation, les Juifs doivent observer les commandements de la Torah et, par leurs bonnes actions, réparer le monde. L’éloignement a donc aussi une dimension spirituelle — un autre historien, Yakov Rabkin, le présente comme un « état (...)"                                                                                                                                                   _________Aux USA, "...Il n’y a aucun débat sérieux et loyal à propos de la Palestine et d’Israël dans la sphère médiatique, ni dans tout autre cercle culturel, politique et religieux américains. S’il se trouve que l’histoire actuelle est débattue, alors, elle l’est dans un langage imaginé, non réel, presque complètement à coté des réalités de la Palestine et d’Israël, fondée pour une grande part sur une étroitesse d’esprit, dans un discours apocalyptique religieux qui, depuis des décennies, se retrouve le point de départ accepté de la plupart des politiciens, même de ceux qui se déclarent faussement des libéraux. Entre les deux discours, celui des fantasmes absurdes des religieux et celui des flagorneries des politiciens, il y a sans doute assez de place pour un autre récit. Malheureusement, cet espace est lui aussi encombré d’idées culturelles erronées, de partis pris institutionnels et de confusions délibérées, introduits et insufflés par les producteurs de médias, les experts et autres fabricants de la culture populaire américaine.Jusqu’à ce que les gardiens de la culture américaine ne soient sérieusement contestés, la Palestine continuera de représenter, dans l’imagination américaine, une bataille entre le bien et le mal, une « Terre sainte » qui doit être arrachée des mains de ceux ont pu en être propriétaires, à une certaine époque, mais qui « n’ont rien à y faire sauf de la profaner ».                                                                    La question se pose chez certains à Tel Aviv: Le Liban fait-il partie du territoire promis à Israël ?  Par Mark Fish ( Jerusalem Post (archive), 25 septembre 2024):  " Les versets de la Torah véhiculent des messages profonds que nous pouvons interpréter avec perspicacité pour notre vie quotidienne. Le rabbin Shay Tahan, Rosh Kollel [directeur d'un établissement d'enseignement talmudique] de Shaarei Ezra à Brooklyn, New York, ouvre gracieusement les portes de cette compréhension. Le récent conflit au Liban soulève l'éternelle question des frontières septentrionales de l'Eretz Yisrael [Terre d'Israël] biblique. Où exactement Hachem [Dieu] a-t-il défini ces frontières, et sommes-nous tenus de conquérir ces régions ? Les mitzvot [commandements] de terumah [donation d'une partie des récoltes] et de ma'aser [dîme] s'appliquent-elles à ces terres comme faisant partie d'Eretz Yisrael, ou sont-elles considérées comme en dehors des frontières ?   La Torah fournit des directives claires concernant les régions que nous avons l'ordre de conquérir et de prendre possession de la terre. Au cours de la dernière génération, l'expression « Grand Israël » est devenue prévalente. Elle est parfois utilisée dans des discussions politiques ou religieuses sur les frontières idéales ou futures d'Israël, souvent dans le contexte d'aspirations messianiques ou sionistes. Certains l'interprètent comme un appel au rétablissement des frontières bibliques d'Israël. Toutefois, la signification de ce concept varie, allant d'interprétations symboliques ou spirituelles à des revendications géographiques littérales.

Ce terme fait référence aux frontières bibliques de la Terre d'Israël, telles qu'elles ont été promises au peuple juif dans différentes parties de la Torah. Il est souvent associé à la terre décrite dans l'alliance avec Avraham (Brit Bein HaBetarim), qui s'étend du « fleuve d'Égypte » (interprété par certains comme le Nil ou un fleuve plus petit dans le Sinaï) à la rivière Perat (Euphrate). Cette vaste région comprend des parties de l'Israël d'aujourd'hui, la Cisjordanie, Gaza, le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Irak.  Lorsque Hachem a promis à Avraham Avinou [notre ancêtre Abraham] la terre d'Israël lors de la Brit Bein HaBetarim [alliance avec Abraham], le pasuk [verset] dit (בראשית טז) : « En ce jour, Hachem fit alliance avec Avram, en disant : À ta descendance, j'ai donné cette terre, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. » À la fin de la Parshat [section de la Torah] Ekev, Hachem nous dit qu'il nous accorde toutes les terres que nous allons conquérir à l'intérieur des frontières mentionnées. Au nord, la Torah déclare : « Tout lieu que foulera la plante de ton pied sera à toi, depuis le désert et le Liban, depuis le fleuve — l'Euphrate — jusqu'à la mer occidentale, qui sera ta frontière. » Cette promesse du Créateur place clairement le Liban dans la Terre promise d'Israël, ou ce que certains appellent « la Terre d'Israël complète » ou « le Grand Israël ».

Illustration 1

Un exemple de carte du « Grand Israël »

   Le Ramban [Rabbin Moshe ben Nahman, dit Maimonide, ayant vécu au XIIIe siècle de notre ère] écrit que le Liban se trouve à l'intérieur des frontières d'Israël et ajoute que nous avions l'obligation et le commandement de le conquérir. Le Sefer Yehoshua [Livre de Josué] commence avec Hachem parlant à Yehoshua [Josué] et répétant le commandement ci-dessus : « Chaque endroit que ton pied foulera t'a été donné, comme je l'ai dit à Moshé [Moïse], depuis le désert et le Liban jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. »  La tribu d'Asher [une des 12 tribus d'Israël] est principalement associée à des régions comprenant des parties du Liban. Après la conquête de la terre sous Yehoshua, les tribus ont établi leurs territoires, Asher s'étendant dans les régions adjacentes au Liban. Le texte décrit les frontières de la tribu d'Asher, en détaillant des sections de frontières et des listes de villes, dont certaines sont des villes frontalières marquant les limites de la tribu. Dans l'héritage de la tribu d'Asher se trouve la vallée d'Acco, au nord du mont Carmel, dont le point le plus septentrional est la ville de Sidon.

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Carte du « Nouveau Moyen-Orient » présentée par Netanyahou à l'ONU, sur laquelle la Palestine n'existe pas   ______________________L'extension de la Terre d'Israël à d'autres territoires, comme dans le concept du « Grand Israël », a plusieurs implications halakhiques [juridiques]. Celles-ci concernent principalement les commandements liés spécifiquement à la terre, connus sous le nom de mitzvot hateluyot ba'aretz [commandements de la Torah qui ne s'appliquent qu'à la terre d'Israël, et principalement liés à l'agriculture et à la gestion des terres]. Voici quelques-unes des principales implications halakhiques :  1/ Mitzvot dépendant de la terre : Certains commandements agricoles ne s'appliquent qu'à la terre d'Israël, tels que : - Shmitta : l'année sabbatique où la terre doit se reposer tous les sept ans. - Terumot et Ma'aserot : la dîme donnée aux Kohanim [prêtres], aux Lévites et aux pauvres. - Orlah : l'interdiction de manger les fruits des arbres pendant les trois premières années de leur croissance.                                                                                                          L'élargissement des frontières d'Israël impliquerait l'extension de l'obligation d'observer ces mitzvot dans les territoires nouvellement inclus. 2/ Deux jours de Yom Tov [fêtes juives] : Il existe une différence entre ceux qui vivent à l'intérieur des frontières d'Israël, qui observent un jour de Yom Tov, et ceux qui vivent à l'extérieur, qui en observent deux [pour s'assurer de célébrer la fête au bon moment, le calendrier lunaire dépendant de l'observation visuelle de la nouvelle lune]. Par conséquent, si la terre devait s'étendre jusqu'aux frontières plus grandes d'Israël, cette distinction s'appliquerait. Selon la halakha qui suit le Ritva [Rabbin Yitzhak ben Moshe, éminent commentateur du Talmud, XIIIe siècle] (Ritva, Rosh Hashanah 18a ; Soucca 43a) en désaccord avec le Rambam [Maimonide] (Rambam, Lois de la sanctification du mois, 5, 9-12).  3/ Habitants et peuplement : Selon certaines opinions, vivre dans les frontières bibliques d'Eretz Yisrael peut être considéré comme une mitzvah. L'élargissement des frontières d'Israël pourrait accroître l'obligation pour les Juifs de s'installer et d'habiter ces régions.   4/ Voyager en dehors du pays : Il est interdit de quitter les frontières d'Eretz Yisrael si l'on y réside, sauf pour apprendre la Torah, se marier ou gagner sa vie. Par conséquent, les résidents peuvent se rendre dans ces territoires supplémentaires s'ils sont conquis.  5/ Guerre et conquête : Le concept de milchemet mitzvah [guerre commandée] inclut la conquête de certains territoires promis dans la Torah. Si de nouvelles terres sont identifiées comme faisant partie des frontières bibliques, il peut y avoir des discussions halakhiques sur l'obligation de les conquérir et de les coloniser.    Le fleuve Perat, communément identifié à l'Euphrate, traverse plusieurs pays, dont la Turquie, la Syrie et l'Irak, avant de se jeter dans le golfe Persique. Dans le contexte biblique, l'Euphrate est souvent mentionné comme une frontière importante dans les promesses faites au peuple juif concernant la terre d'Israël.   Si l'on regarde une carte, on est stupéfait de voir à quel point ce fleuve s'étend vers le nord et à quel point la Terre d'Israël est vaste. Bien que nous ne soyons peut-être pas en mesure de la récupérer entièrement à notre époque, Hachem nous la rendra certainement bientôt ".. [Alain Marshal 

No comment.
 
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mercredi 11 février 2026

Cisjordanie. Et après?

     Etouffement, destructions, maillage et encerclement

                                                            Après l'anéantissement de Gaza, qui en parle?  Le projet du "Grand Israël" suit son cours. A bas bruit aujourd'hui, mais selon une logique qui n'a pas varié. La colonisation par la construction, l'implantation, n'est pas nouvelle, mais s'intensifie, depuis la guerre des six jours.« Nous construirons l’Etat juif ici, sur le terrain »déclarait ainsi, le 30 mai,  le ministre de la défense, Israel Katz, en saluant la création de nouvelles colonies..  Dans un quasi silence médiatique et diplomatique. A Hébron et ailleurs, on détruit, on construit. Jeunes en têteRapidement. 


           Dans les faitsla Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, est déjà annexée. Sur les cartes officielles israéliennes, la ligne verte qui sépare ce territoire palestinien de celui d’Israël n’est pas tracée ; elle n’existe pas davantage dans l’esprit de nombre d’Israélien·nes. Chaque matin, aux checkpoints, de longues files de voitures israéliennes passent d’ailleurs de la Cisjordanie à Israël avec la même facilité que des automobilistes franchissant un péage sur une autoroute française. Tout un réseau de lignes de bus maille le territoire de la mer Méditerranée au Jourdain, reliant les colonies aux grandes villes israéliennes.    Les colons « jouissent des mêmes droits et avantages que les Israéliens vivant à l’intérieur d’Israël », rappelait d’ailleurs un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié le 7 janvier, et qui met en évidence les discriminations entre Palestiniens et colons juifs en Cisjordanie – y compris à Jérusalem-Est. L’armée israélienne d’occupation mène des incursions quotidiennes dans les villes en zones A et B, censées être sous juridiction administrative de l’Autorité palestinienne, selon les accords d’Oslo. Israël a déjà le plein contrôle sécuritaire et administratif de la zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie et où se trouve l’immense majorité des colonies.                                       «Enterrer l’idée d’un État palestinien». C'est avec ces mots que le ministre fasciste israélien Bezalel Smotrich a salué les nouvelles règles validées par Israël le 8 février. Il a même ajouté : «Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d’Israël». Le ministre de la Défense Israël Katz parle quant à lui d'un intérêt «sécuritaire, national et sioniste de premier ordre». Ce dimanche, le gouvernement d'extrême droite israélien a annoncé une série de «mesures techniques» pour faciliter et amplifier l'implantation de nouvelles colonies sur les territoires palestiniens. Maintenant que Gaza a été totalement anéantie et annexée de facto – puis qu'Israël a déjà imposé de nouvelles frontières, la «ligne jaune», réduisant d'un tiers la surface de Gaza, et s'apprête à prendre le contrôle sur le reste de ce territoire avec le soutien de Trump – il s'agit de voler les dernières terres de Cisjordanie pour liquider ce qu'il reste de la Palestine. Ainsi, ces règles vont renforcer le contrôle militaire, administratif et civil d'Israël sur les territoires occupés de façon illégale depuis 1967. Concrètement, il s'agit de faciliter l'achat de nouvelles terres par les juifs Israéliens : «Les Juifs vont pouvoir acheter en Judée-Samarie [le nom religieux donné à la Cisjordanie par les sionistes] comme à Tel-Aviv ou Jérusalem». Le mouvement des colons, massivement financé par des réseaux internationaux et épaulé par l'armée israélienne, vont utiliser l'immobilier comme une arme coloniale. Le gouvernement liquide également ce qu'il restait des accords d'Oslo de 1993, un texte qui partageait la Cisjordanie en trois zones. La zone A devait rester sous contrôle total de l'autorité palestinienne, la B dans laquelle Israël pouvait intervenir seulement en matière «sécuritaire», et la C sous contrôle israélien. Les nouvelles mesures permettent à l’État colonial d'intervenir partout «dans les domaines de l’archéologie et de l’environnement». Un prétexte cynique : par le passé, des soi-disant «recherches archéologiques» ont permis à Israël de détruire des villages et des maisons palestiniennes officiellement pour réaliser des fouilles, mais pour ensuite les annexer. Il en va de même pour l'écologie : d'un côté, Israël dévaste les champs d'oliviers et les ressources des palestinien·nes, de l'autre, elle utilise l'agriculture et la plantation de nouveaux arbres pour prendre des terres qui ne lui appartiennent pas. Dans la ville d'Hébron, Israël retire à la municipalité ses responsabilités en matière d’urbanisme, afin de développer les colonies situées dans la ville et de pouvoir modifier un site sacré pour les musulman·nes. ___ Le 7 octobre 2023 n'était qu'un prétexte pour organiser la phase finale du nettoyage ethnique de la Palestine. La Cisjordanie n'a aucun lien avec les attaques, et elle subit pourtant une colonisation accélérée et une politique de terreur imposée par Israël. Depuis 2023, des milliers d’hectares de terres palestiniennes ont été volées par les colons, et de véritables pogroms racistes sont organisés régulièrement contre des villages palestiniens. Plus d'un millier de Palestinien·nes ont été tué·es par l’armée et les colons depuis octobre 2023, les arrestations se comptent par dizaines de milliers, des destructions de routes et d'infrastructures sont menées partout par l'armée coloniale, des actes de torture ont lieu dans les prisons.Tout est fait pour rendre chaque parcelle de terre palestinienne restante invivable.

En août dernier Smotrich déclarait déjà : «Nous allons enterrer l’État palestinien, les européens n’auront plus rien à reconnaître», et validait du même coup la construction de 3400 logements israéliens dans une zone de Jérusalem peuplée de palestinien·nes. La «reconnaissance» de la Palestine par les dirigeants français et anglais en septembre dernier est effectivement sans effet, puisqu'il ne restera bientôt plus de territoire palestinien. La seule solution est donc un seul État, décolonisé et multiconfessionnel, avec une égalité des droits pour tou·tes les habitant·es."
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mardi 30 juin 2026

Palestine

 A pleurer! De rage.

                  En Cisjordanie, après Gaza, on tue. En silence.    On le sait, mais rien ne se passe...                                                            Caritas constate, MSF fait ce qu'il peut. L'ONU déplore, les colons jubilent. Netanyahou est droit dans ses bottes.                                                              La déshumanisation est assumée.  L'impunité est totale. Il s'agit d'un plan concerté:                                                                                            ___ Après l'anéantissement de Gaza, qui en parle?  Le projet du "Grand Israël" suit son cours. A bas bruit aujourd'hui, mais selon une logique qui n'a pas varié. La colonisation par la construction, l'implantation, n'est pas nouvelle, mais s'intensifie, depuis la guerre des six jours.« Nous construirons l’Etat juif ici, sur le terrain », déclarait ainsi, le 30 mai,  le ministre de la défense, Israel Katz, en saluant la création de nouvelles colonies.Dans un quasi silence médiatique et diplomatique. A Hébron et ailleurs, on détruit, on construit. Jeunes en tête Rapidement. 


           Dans les faits, la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, est déjà annexée. Sur les cartes officielles israéliennes, la ligne verte qui sépare ce territoire palestinien de celui d’Israël n’est pas tracée ; elle n’existe pas davantage dans l’esprit de nombre d’Israélien·nes. Chaque matin, aux checkpoints, de longues files de voitures israéliennes passent d’ailleurs de la Cisjordanie à Israël avec la même facilité que des automobilistes franchissant un péage sur une autoroute française. Tout un réseau de lignes de bus maille le territoire de la mer Méditerranée au Jourdain, reliant les colonies aux grandes villes israéliennes.    Les colons « jouissent des mêmes droits et avantages que les Israéliens vivant à l’intérieur d’Israël », rappelait d’ailleurs un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié le 7 janvier, et qui met en évidence les discriminations entre Palestiniens et colons juifs en Cisjordanie – y compris à Jérusalem-Est. L’armée israélienne d’occupation mène des incursions quotidiennes dans les villes en zones A et B, censées être sous juridiction administrative de l’Autorité palestinienne, selon les accords d’Oslo. Israël a déjà le plein contrôle sécuritaire et administratif de la zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie et où se trouve l’immense majorité des colonies.                                       «Enterrer l’idée d’un État palestinien». C'est avec ces mots que le ministre fasciste israélien Bezalel Smotrich a salué les nouvelles règles validées par Israël le 8 février. Il a même ajouté : «Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d’Israël». Le ministre de la Défense Israël Katz parle quant à lui d'un intérêt «sécuritaire, national et sioniste de premier ordre». Ce dimanche, le gouvernement d'extrême droite israélien a annoncé une série de «mesures techniques» pour faciliter et amplifier l'implantation de nouvelles colonies sur les territoires palestiniens. Maintenant que Gaza a été totalement anéantie et annexée de facto – puis qu'Israël a déjà imposé de nouvelles frontières, la «ligne jaune», réduisant d'un tiers la surface de Gaza, et s'apprête à prendre le contrôle sur le reste de ce territoire avec le soutien de Trump – il s'agit de voler les dernières terres de Cisjordanie pour liquider ce qu'il reste de la Palestine. Ainsi, ces règles vont renforcer le contrôle militaire, administratif et civil d'Israël sur les territoires occupés de façon illégale depuis 1967. Concrètement, il s'agit de faciliter l'achat de nouvelles terres par les juifs Israéliens : «Les Juifs vont pouvoir acheter en Judée-Samarie [le nom religieux donné à la Cisjordanie par les sionistes] comme à Tel-Aviv ou Jérusalem». Le mouvement des colons, massivement financé par des réseaux internationaux et épaulé par l'armée israélienne, vont utiliser l'immobilier comme une arme coloniale. Le gouvernement liquide également ce qu'il restait des accords d'Oslo de 1993, un texte qui partageait la Cisjordanie en trois zones. La zone A devait rester sous contrôle total de l'autorité palestinienne, la B dans laquelle Israël pouvait intervenir seulement en matière «sécuritaire», et la C sous contrôle israélien. Les nouvelles mesures permettent à l’État colonial d'intervenir partout «dans les domaines de l’archéologie et de l’environnement». Un prétexte cynique : par le passé, des soi-disant «recherches archéologiques» ont permis à Israël de détruire des villages et des maisons palestiniennes officiellement pour réaliser des fouilles, mais pour ensuite les annexer. Il en va de même pour l'écologie : d'un côté, Israël dévaste les champs d'oliviers et les ressources des palestinien·nes, de l'autre, elle utilise l'agriculture et la plantation de nouveaux arbres pour prendre des terres qui ne lui appartiennent pas. Dans la ville d'Hébron, Israël retire à la municipalité ses responsabilités en matière d’urbanisme, afin de développer les colonies situées dans la ville et de pouvoir modifier un site sacré pour les musulman·nes. ___ Le 7 octobre 2023 n'était qu'un prétexte pour organiser la phase finale du nettoyage ethnique de la Palestine. La Cisjordanie n'a aucun lien avec les attaques, et elle subit pourtant une colonisation accélérée et une politique de terreur imposée par Israël. Depuis 2023, des milliers d’hectares de terres palestiniennes ont été volées par les colons, et de véritables pogroms racistes sont organisés régulièrement contre des villages palestiniens. Plus d'un millier de Palestinien·nes ont été tué·es par l’armée et les colons depuis octobre 2023, les arrestations se comptent par dizaines de milliers, des destructions de routes et d'infrastructures sont menées partout par l'armée coloniale, des actes de torture ont lieu dans les prisons.Tout est fait pour rendre chaque parcelle de terre palestinienne restante invivable.

En août dernier Smotrich déclarait déjà : «Nous allons enterrer l’État palestinien, les européens n’auront plus rien à reconnaître», et validait du même coup la construction de 3400 logements israéliens dans une zone de Jérusalem peuplée de palestinien·nes. La «reconnaissance» de la Palestine par les dirigeants français et anglais en septembre dernier est effectivement sans effet, puisqu'il ne restera bientôt plus de territoire palestinien. La seule solution est donc un seul État, décolonisé et multiconfessionnel, avec une égalité des droits pour tou·tes les habitant·es."
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mardi 27 juin 2023

Vers le "Grand Israël" ?

   Cisjordanie: une situation bientôt incontrôlable?

                    Cynisme et cécité.   ___Au point où sont les choses, l'inquiétude monde même dans des instances de l'ONU, toujours frappée d'impuissance. Des recommandations d'usage monte dans certains pays d'Europe, qui regardent ailleurs, comme d'habitude. La situation est pourtant dangereusement inédite, surtout depuis que la Knesset, dirigée par les plus extrêmes, met en péril les prérogatives de la Court Suprême et ne connaît plus aucune retenue dans la provocation des populations palestiniennes, entraînant un nouveau cycle de violence. On n'est jamais allé aussi loin dans l'intention affichée de faire fuir une population et d'occuper ce qu'il est convenu d'appeler maintenant la Judée-Samarie. Ce n'est plus que le grignotage et l'encerclement encouragés depuis des années: 


                                                                                                                                                                    "Itamar Ben Gvir a pris la parole, le matin du 23 juin, devant des Israéliens religieux qui venaient d’installer un embryon de colonie illégale sur une colline de Cisjordanie. Le ministre israélien de la Sécurité nationale n’était pas venu pour les expulser ou même les réprimander, mais… pour les encourager : « Nous devons avoir une implantation en bonne et due forme ici. Et pas seulement ici, mais sur toutes les collines environnantes. Nous devons occuper la terre d’Israël. Et en plus d’occuper la terre, nous avons besoin d’une opération militaire : démolir des bâtiments, tuer des terroristes, pas un ou deux, mais des dizaines, des centaines, et si nécessaire, des milliers ! C’est le seul moyen de renforcer le contrôle et de ramener le calme pour les résidents. Et, par-dessus tout, c’est comme ça que nous réaliserons notre grand objectif : la terre d’Israël pour le peuple d’Israël. »                  De rares condamnations, enfin?...Mais pour la forme ou par crainte d'une escalade incontrôlable, sans doute. Netanyahou reste muet.                                                                                                              A l'heure où la droitisation (voire l'extrême-droitisation) de l'Etat d'Israël arrive à un sommet, sous la pression des groupes les plus extrêmes, malgré les protestations et les actions de nombre de citoyens éclairés et modérés du pays, une Europe seulement "inquiète" mais silencieuse, revient en force le vieux mythe du "Grand Israël", celui d'une extension du pays, dont les limites furent définies pas les conventions de l'ONU après guerre, au delà même du Jourdain, selon le vieux rêve biblique flou de la "terre promise", notion critiquée par des historiens israëliens eux-mêmes, dont Shlomo Sand. Une notion qui fut réactualisée par certains fondateurs, prêcheurs d'un retour du "peuple d'Israël" à l'ancienne "Terre Promise" selon d'anciens objectifs religieux mythiques.. Une notion très indéfinie, mais entretenue dans certains milieux religieux et souvent aussi non adhérents à l'orthodoxie.                                                                                                                           Les colons en sont venus à faire la loi de la manière la plus cynique qui soit maintenant qu'il n'y a plus le moindre frein. Le sionisme religieux s'acharne à compromettre tout espoir de paix et à détruire les rêves de Rabin. Plus aucun complexe ni aucune retenue.  "
...Le ministre des finances, Bezalel Smotrich, farouche partisan du Grand Israël, de la responsabilité de la planification des constructions dans les colonies – une prérogative qui relevait jusqu’alors du ministre de la défense. La seconde simplifie le lancement de ces travaux : là où, auparavant, il fallait franchir six étapes avant que les projets soient définitivement validés, il n’y en a plus que deux. M. Smotrich donnera le feu vert initial, puis la proposition sera revue par un comité de planification. Aucune autre instance politique ou militaire ne sera impliquée. Ce faisant, M. Smotrich, qui avait déclaré lors de sa venue à Paris, en mars, que le peuple palestinien était une « invention », obtient quasi les pleins pouvoirs pour étendre la colonisation à sa guise, au mépris du droit international, qui interdit le transfert d’une population civile sur un territoire occupé. La promotion de ce représentant de la frange extrémiste et messianique du courant sioniste religieux avait été décidée en février lorsqu’il avait pris la tête de l’administration chargée de la Cisjordanie, au sein du ministère de la défense, devenant une sorte de gouverneur du territoire palestinien. Son objectif, énoncé dans l’accord de coalition négocié par son parti avec le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, est de contraindre ce dernier à travailler « à la formulation et à la promotion d’une politique où la souveraineté sera appliquée en Judée-Samarie ». Autrement dit, à l’annexion formelle de la Cisjordanie. M. Smotrich entend doubler le nombre de colons sur cette terre occupée – ils sont actuellement 700 000, dont 229 000 à Jérusalem-Est, selon l’ONG israélienne La Paix maintenant..."                                                              La fuite en avant est évidente. L'Europe est juste "inquiète"....Des Israëliens comme Grossman  et des journaux comme Haaretz, le seul de l'opposition, sont aux avant poste de la critique d'un processus politique mortifère. Dans la continuité s'une tradition qui remente à Thédore Herzl, Jabotinski et à différents père fondateurs: "...Premiers conseils donnés aux colons Juifs«Repoussez discrètement hors frontière la population sans le sou en lui refusant le travail... Tant le processus d'expropriation que le transfert des pauvres doivent être menés discrètement et avec circonspection.» Théodore Herzl, fondateur de l'Organisation Sioniste Mondiale, à propos des Arabes de Palestine. Journal, à la date du 12 juin 1895.Radicalisation du projet sioniste«Entre nous, il doit être clair qu'il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays... Il n'y a pas d'autre solution que de transférer les Arabes dans les pays voisins, de les transférer tous; pas un village, pas une tribu ne doit subsister.» Yosef Weitz du Fonds National Juif. Journal, 1940Réflexions significatives de Ben Gourion père fondateur de l'entité sioniste Lucidité prémonitoire«Nous et eux [les Palestiniens] voulons la même chose: nous voulons tous les deux la Palestine. Et c'est le conflit fondamental.» David Ben Gourion en 1936.  «Un État Juif partiel n'est pas une fin, mais seulement un début. Je suis certain que nous ne pourrons pas être empêchés de coloniser d'autres parties du pays et de la région.» David Ben Gourion, dans une lettre à son fils, 1937.Réalisme politique, conscience des enjeux «Ne nous racontons pas d'histoire... Politiquement, nous sommes les agresseurs et ils se défendent... C'est leur pays, parce qu'ils y habitent, alors que nous voulons venir ici et coloniser, et de leur point de vue, nous voulons nous emparer de leur pays.» Discours de David Ben Gourion en 1938)Mise en application du projet sioniste«Nous devons tout faire pour nous assurer qu'ils [les Palestiniens] ne reviendront jamais dans leurs maisons. (...) Les vieux mourront et les jeunes oublieront.» David Ben Gourion dans ses mémoires, le 18 juillet 1948«Nous devons nous préparer à passer à l'offensive. Notre but est d'écraser le Liban, la Transjordanie et la Syrie. Le point faible est le Liban, parce que le régime musulman est artificiel et facile pour nous à déstabiliser. Nous établirons là un État chrétien, et ensuite nous frapperons la Légion Arabe, éliminerons la Transjordanie; la Syrie nous reviendra. Puis, nous bombarderons, avancerons et prendrons Port Saïd, Alexandrie et le Sinaï.» David Ben Gourion, mai 1948, à l'État-Major. «Après la création de l'État, qui fera de nous une force puissante, nous abolirons la partition et nous nous étendrons à toute la Palestine «Ce qui compte n'est pas de maintenir le statu quo. Nous devons créer un État dynamique, orienté vers l'expansion.» Réalisme politique «Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l'a promis, mais comment cela pourrait-il les concerner? Notre Dieu n'est pas le leur. Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute? Ils ne voient qu'une seule chose: nous sommes venus et nous avons volé leur pays. Pourquoi devraient-ils accepter cela?»                                                                                                       L'assassin de Rabin n'a pas surgi du néant. Jabotinky reste toujours une référence, encensé ou critiqué (Vladimir Jabotinsky (1880-1940) : fondateur du parti révisionniste, aile droite du mouvement sioniste, qui réclamait un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain, intégrant aussi la Transjordanie, l’actuelle Jordanie. Dans un livre fameux, le Mur de fer. Nous et les Arabes, publié en 1923, il prônait pour poursuivre la colonisation sioniste de la Palestine la construction d’« un mur de fer que la population autochtone ne pourra pas franchir ».)                                                                                                 Un avenir bien inquiétant.....     
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mardi 10 février 2009

Israël :à droite, toute...



Une société qui va mal,qui a peur de la paix, qui ne veut pas se regarder dans le miroir

Etant donnés le système électoral , la composition de la Knesset et les conflits internes, le pays risque de devenir ingouvernable, ce qui pourrait avantager un peu plus la prédominance des faucons, favorisés par une opinion publique préparée aux positions les plus dures

"Une majorité d'Israéliens aujourd'hui ne croient plus à la paix. Ils récoltent les fruits de la deuxième intifada, et ceux de l'opération militaire du mois dernier qui n'a évidemment pas aidé à résoudre le problème des relations avec les Palestiniens. Mais il faut mettre la question de la paix en perspective avec le rôle que l'armée joue au sein de la société israélienne, c'est-à-dire un rôle de lavage de cerveau. Actuellement, les recrues hommes font trois ans de service militaire, et les femmes deux ans. L'occupation des Territoires palestiniens, la colonisation et les opérations militaires ponctuelles ont créé un climat de violence dont les effets se font de plus en plus sentir sur la situation interne en Israël. On voit par exemple émerger une extrême-droite, qui n'est pas celle des ultra-orthodoxes, mais celle du parti Israël Beitenou de Lieberman. C'est un signe extrêmement inquiétant pour la société israélienne."(P.Bocco)
>La percée politique de l'ultra-nationaliste Lieberman inquiète en Israël < -Israël: Avigdor Lieberman, l'ultra- nationaliste qui bouleverse la donne :
"Liebermania... Les titres des trois grands journaux israéliens de ce week-end pré-électoral se concentrent sur celui qui pourrait être le grand gagnant des élections. Mardi, les Israéliens iront voter pour l'un des trente-trois partis en lice. Le parti qui aura le plus grand nombre de voix sera désigné pour essayer de former un gouvernement. Que ce soit Kadima et Tzipi Livni ou le Likoud de Netanyahou, placés par les sondages au coude à coude pour la première place, Lieberman pourrait décider qui deviendra premier ministre. Car il sera impossible de former un gouvernement sans Israel Beitenou («Israël notre maison»), le parti de ce Moldave russophone venu en Israël dans les années 1970. Son slogan de campagne ? «Pas de loyauté à Israël, pas de citoyenneté»... Et aussi : «Lieberman est le seul qui sait parler arabe.» L'homme s'en prend régulièrement aux parlementaires arabes qu'il voit comme « plus dangereux que le Hamas » parce que « la vraie terreur est celle de l'intérieur », et a promis : «Je m'occuperai de tous ces terroristesDepuis quelques années, la police enquête sur une affaire de blanchiment d'argent et d'escroquerie dans laquelle seraient impliqués Lieberman et ses proches. Lieberman dénonce cette enquête comme une persécution politique et raciste. La semaine dernière, une enquête du quotidien Haaretz dévoilait sa participation au parti de Meir Kahana, KACH, à la fin des années 1970. Ce parti extrémiste a fini par être interdit pour son racisme violent....
Au parti travailliste, certains parlementaires, comme Shelly Yehimovich, refusent l'idée d'une coalition : « Le phénomène Lieberman est obscur et dangereux, il s'agit d'une personne qui joue sur les plus violents désirs de l'opinion israélienne, ses slogans sont un danger pour notre démocratie, c'est la ligne rouge qu'il nous est interdit de franchir...
Simah Kadmon: « Dans une semaine, on se demandera où l'on était quand le parti de Lieberman est devenu le troisième parti en Israël (...) Le poids croissant d'Israel Beitenou trouble le système politique, comme en Europe. Là-bas, la source de l'attrait de ces partis est la haine envers les immigrants, ici c'est la haine envers les Arabes. Le public sait que Lieberman ne résoudra pas notre ancienne peur des Arabes israéliens, mais il cherche quelqu'un qui les menacera, qui leur fera peur. »
-Courrier international, ISRAËL -Juifs de Russie • Ivres de guerre et de haine

-Elections en Israël: un fossé de plus entre citoyens juifs et arabes | Mediapart:
"...Qui sont les Arabes d'Israël ? Pour la plupart, des descendants des quelque 160.000 Palestiniens restés dans les frontières de l'État juif au moment de sa création en 1948. En 2005, ils constituaient une communauté de 1.340.000 individus selon les estimations du Central Bureau of Statistics du gouvernement israélien.À l'origine de l'exclusion des deux partis arabes, le parti d'extrême droite Israël Beiteinu et son leader, Avigdor Lieberman, qui préside la commission électorale. Son programme ? Transférer les citoyens arabes hors d'Israël, le rêve de toujours d'une partie de la droite ultra-nationaliste qui considère qu'en 1948, l'armée israélienne n'a pas «fini le travail».Enterrée au cœur des années 1990, l'idéologie du transfert de ces citoyens arabes a reverdi ces dernières semaines avec une ténacité qui surprend les observateurs. Avigdor Lieberman est désormais le troisième homme (avec la possibilité d'emporter 17 sièges dans la future Knesset, il dépasserait Ehoud Barak et son parti travailliste, crédité de 14 députés) d'une campagne dominée par la montée en puissance des partis de l'extrême droite. On ne s'offusque d'ailleurs plus, ou à peine, de ce que ses représentants les plus contestables soient choisis pour venir observer le scrutin dans les villes arabes israéliennes...."

-En Israël, la fin de la gauche? | Mediapart:
"...«Le parti travailliste est en train de couler corps et biens, et Barak n'est pas le moins responsable de cette longue agonie, poursuit Elie Barnavi. La perte d'âme et de substance du parti travailliste date certes d'avant son arrivée. Mais Barak a accéléré le processus après l'échec des négociations de Camp David. Ce fut une catastrophe. L'homme qui est censé se tenir à la tête du camp de la paix et offrir une alternative au Likoud et à Kadima a, au final, contourné Olmert sur sa droite.»....
Daniel Ben-Simon l'avoue franchement: «Le parti travailliste a fait toutes les gaffes possibles. Depuis 1977, lorsqu'il est "tombé", et pendant la montée du Likoud, le parti n'a pas su se réorganiser et, surtout, bâtir une nouvelle identité. Au lieu d'accepter d'aller à l'opposition et de rentrer dans une période de réflexion, ce parti a joint presque toutes les coalitions possibles, et surtout les coalitions de droite. Il a participé à toutes les bourdes possibles, dans les domaines économique, militaire, et même à la deuxième guerre du Liban, pour laquelle le parti travailliste s'est prononcé favorablement. Le parti a aussi grandement contribué au passage de la social-démocratie à cette espèce d'hyper-capitalisme israélien que nous avons aujourd'hui. Après toutes ces gaffes, les gens se sont dit : si on veut un parti de gauche, on préfère aller directement au Meretz. Si on veut un parti de droite, on préfère aller au Likoud. Et le parti travailliste a commencé à perdre ses chefs un par un, ses électeurs et son idéologie. La base de la crise du parti aujourd'hui, c'est qu'il n'a pas su se pencher sur lui-même pour se renouveler, et trouver le temps de présenter un nouveau visage aux électeurs israéliens.»...

-Guerre de Gaza : l’ultime victoire d’Ariel Sharon | Mediapart:

Ariel Sharon est toujours vivant. Depuis trois ans, il est hospitalisé à Tel-Aviv, plongé dans un coma jugé irréversible. Mais l'ancien premier ministre, celui qui a participé ou a conduit toutes les guerres depuis la création de l'Etat hébreu en 1948, pèse encore de tout son poids sur la politique israélienne. La guerre de Gaza peut apparaître comme son ultime victoire, l'une des dernières pages de son testament. Car cette offensive israélienne est la suite logique de l'équation politique que «Arik», comme le surnomment ses proches, a méthodiquement construite depuis 2000.

Alors qu'entre en vigueur un cessez-le-feu à Gaza, un premier bilan peut être dressé. Il recoupe largement tous les objectifs visés par Ariel Sharon lorsqu'il a été premier ministre de mars 2001 à janvier 2006.1.- L'Autorité palestinienne et le Fatah sont les principaux perdants de cette guerre.2.- Défait militairement, le Hamas sort renforcé politiquement de ce conflit.3.- Ce poids redoublé du Hamas rend plus improbable encore la tenue d'élections palestiniennes alors que le mandat présidentiel de Mahmoud Abbas, successeur de Yasser Arafat à la tête de l'Autorité palestinienne, a expiré le 9 janvier. Les instances officielles palestiniennes, reconnues par la communauté internationale, voient ainsi leur légitimité démocratique un peu plus entamée encore.4.- Le processus de paix est sinistré: comment une reprise des négociations pourrait-elle durablement ignorer celui qui est devenu l'un des principaux acteurs, le Hamas ?5.- Après l'échec de la guerre du Liban à l'été 2006, Israël a réussi la démonstration de la supériorité retrouvée de son armée, Tsahal. 6.- La question des frontières de l'Etat hébreu est à nouveau posée. A tous ceux qui pensaient que le retrait israélien de la bande Gaza, en 2005, était définitif, le pouvoir israélien fait savoir que rien n'est acquis et qu'il a pleine capacité à réoccuper ce territoire. 7.- Mettre les Etats-Unis devant le fait accompli en ayant profité de la «période de transition» à Washington pour bousculer la donne...."

-Obama, Israël et la Palestine: où se joue la paix du monde | Mediapart:
"...Une ombre gâche la fête, et elle se nomme Gaza. Après trois semaines d'une guerre israélienne écrasante contre le minuscule territoire palestinien, guerre dont les populations et les infrastructures civiles payent le prix le plus lourd dans une infinie disproportion des forces – 1.300 morts palestiniens, 13 victimes israéliennes –, comment éviter ce sentiment d'irréalité qui nous a saisi le jour de l'intronisation du quarante-quatrième président des Etats-Unis ? Sur notre grand livre d'images médiatiques, une Amérique toute à sa joie, rassemblée et réunifiée, apaisée et enthousiaste, remplaçait soudainement le spectacle de la désolation palestinienne, immeubles éventrés, cadavres d'enfants, foules désespérées. Comme si l'immense espérance du 20 janvier, cette arrivée à la Maison Blanche du président le plus improbable de l'histoire américaine, pouvait, d'un coup de baguette magique, faire oublier l'angoissante inquiétude qui l'a précédée, cette alarme sur la course à l'abîme d'Israël qui, sous l'apparence immédiate d'une force victorieuse, met en péril son existence durable, court à la perte de ses valeurs morales et entraîne le monde dans une guerre sans fin. On se permettra donc de jouer les trouble-fête, et de rappeler à Barack Obama qu'en Palestine se joue la paix du monde et qu'en cette matière comme en cette région, les Etats-Unis ont une responsabilité géopolitique éminente qui, seule, peut faire la décision – jusqu'alors pour le pire, hélas, plus souvent que pour le meilleur. Car seul un journalisme zappeur, chroniqueur oublieux d'une succession d'événements isolés, sans histoire ni genèse, sans liens d'intelligibilité ni contextes de pertinence, pourrait se permettre de ne pas évoquer en résonance ces deux événements, déjà imbriqués par la chronologie même de la guerre de Gaza, cessez-le-feu opportun compris : la guerre désastreuse d'Israël, la marche triomphale d'Obama.Pour deux raisons objectives : l'alliance historique qui lie l'Etat d'Israël aux Etats-Unis d'Amérique ; la dynamique décisive qui a porté Barack Obama à la présidence. La première a constamment été assumée et revendiquée par Obama lui-même. Dans son récent livre programmatique issu de sa campagne électorale, que vient de publier en français Odile Jacob (Change We Can Believe In, 2008), Israël est placé juste après l'Otan dans l'énumération de ces alliés avec lesquels l'Amérique devra «raffermir ses relations». L'engagement pris est d'un classicisme sans failles ni nuances: «Soutenir notre allié Israël. Barack Obama manifestera, à la Maison Blanche, un engagement intransigeant en faveur de la sécurité d'Israël. Il renforcera et approfondira les relations sur les questions de défense entre nos deux pays, isolera les groupes terroristes comme le Hamas, identifiera les sources de leur financement, réaffirmera le droit d'Israël à se défendre contre toutes les menaces et rappellera le droit inconditionnel à la sécurité d'Israël. Afin d'instaurer une paix durable, Barack Obama mettra tout son poids dans la recherche d'une solution permettant la cohabitation de deux Etats : Israël, vivant en paix dans des frontières sûres, et un Etat palestinien viable.»Dans ce chapitre intitulé «Reconstruire le leadership de l'Amérique» et sous-titré «Rétablir notre position dans le monde», c'est la seule mention de la question palestinienne, ainsi devenue simple codicille à la sécurité d'Israël. Que de silences et d'impasses ! L'existence d'un mouvement national palestinien, au même titre que le mouvement national juif – le sionisme avec ses diverses variantes, y compris d'extrême droite, tout comme la politique palestinienne a les siennes, du Fatah au Hamas ; la légitime revendication, portée depuis près d'un siècle par ce mouvement national, d'obtenir cette normalité qui fait les communautés de citoyens – un peuple, une nation, un Etat ; l'injustice flagrante et toujours béante de l'occupation des territoires palestiniens par Israël depuis 1967, tout comme les nombreuses résolutions de l'Onu restées lettre morte au bénéfice d'Israël : rien de tout cela n'est évoqué, ne serait-ce que de façon subliminale, par cet engagement écrit d'Obama..."
-Obama parle d'Israel et de Palestine par CHOMSKY Noam:
"Obama ne dit pas un mot sur l’extension du peuplement et des constructions en Cisjordanie, ni sur les mesures alambiquées pour contrôler la vie des Palestiniens, dans le dessein de détruire les perspectives d’une solution pacifique à deux états. Son silence est la sinistre réfutation de ses fioritures oratoires sur la façon dont “je ferais tous les efforts pour obtenir deux états vivant côte à côte dans la paix et la sécurité“.

-Elections israéliennes: l'analyse d'un spécialiste:
"... la paix ne serait pas sans dangers, car la société israélienne devra se regarder dans le miroir. Par rapport aux violences à l'égard des Palestiniens, la question « qu'avons-nous fait ? » deviendra inévitable. Sur le plan interne, ce serait l'ouverture d'une boîte de Pandore en terme de classes sociales et de 'sous-groupes' nationaux. Personne n'ose aborder certaines questions. Comme le rôle des communautés ashkénazes, qui ont gardé le contrôle de l'économie et du pouvoir, au détriment des séfarades, des Ethiopiens, par exemple. Ensuite, il y a plusieurs problèmes avec les communautés originaires de Russie. En favorisant l'immigration des Juifs de Russie dans les années 1980-90, Israël a également « importé » des réseaux mafieux. Pendant l'été 2008, il y a eu des affrontements qui n'avaient rien à envier à la mafia sicilienne ou calabraise. La contrebande d'armes, de drogue ou de voitures volées, de même que la prostitution, sont devenus des phénomènes inquiétants en Israël. ..."
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-Israël : à droite toute
-Election en Israël : Rien de nouveau sous le soleil | AgoraVox
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