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mardi 26 mai 2009

Israël : divisions et dérives

Une histoire déniée, qui fait perdre la mémoire et la mesure

Une société en danger, bloquée et profondément divisée
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"Comment cela va-t-il finir?" demandaient de jeunes Israëliens démoralisés ,en 1970.Ezer Weisman répondait:"Il faut d'abord savoir comment cela a commencé"
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-Marius Schattner souligne"Le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
Et dans ce contexte, alors que chacun sait en Israël qu'une paix réelle ne se fera qu'au prix de concessions importantes, y compris dans la ville sacrée de Jérusalem, la montée en puissance de ce nationalisme religieux porte en elle les germes des crises à venir.
"On peut imaginer ce qui risque de se passer quand il faudra évacuer non point 8000 colons de la bande de Gaza, mais au moins vingt fois plus de Judée Samarie (Cisjordanie), territoire avec lequel le lien religieux et historique est beaucoup plus fort, émaillé qu'il est de lieux saints traditionnels comme le Caveau des patriarches à Hébron, ou redécouverts depuis 1967, sans compter le Lieu saint par excellence, le mont du Temple à Jérusalem, site de l'Esplanade des mosquées.Par delà l'attache à des lieux aussi sacrés, la question se pose de savoir pourquoi la religion juive, dans sa version dominante en Israël, se prête à une telle alliance avec le nationalisme le plus extrême... "
Marius Schattner rappelle justement qu'une telle alliance n'est pas inhérente au fait religieux, et cite le regretté professeur Yeshayahou Leibowitz (1903-1993), figure intellectuelle et religieuse majeure, resté célèbre pour avoir pronostiqué dès 1967 qu'Israël commettait une erreur capitale en décidant de profiter de sa victoire militaire pour occuper durablement les territoires palestiniens.Une partie des clés se trouvent effectivement dans l'histoire. Mais aussi dans les compromis historiques noués à la naissance de l'Etat juif en 1948, et qui expliquent pourquoi, jusqu'à ce jour, il n'existe toujours pas de constitution en Israël....


Dans les analyses faites en Occident, estime Marius Schattner, on néglige trop souvent les conflits internes à la société israélienne, qui pourraient conduire à la destruction de l'Etat. Il faut examiner par exemple le sort des colons, qui ne sont plus un groupe d'avant-garde. Ce courant est aujourd'hui en retrait par rapport à ce qu'il était dans les années soixante-dix. Mais il a réussi, entre temps, à créer des faits accomplis. De manière générale, le mouvement traditionaliste religieux est en recul, et c'est qui explique sa violence. La population israélienne ne croit plus au mythe du Grand Israël, de la Méditerranée au Jourdain. C'est fini. L'enthousiasme expansionniste est mort, mais il n'y a plus non plus de foi dans la paix. Les blocages ne proviennent donc pas uniquement d'un système politique déficient.» .
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-Israël, la Guerre des Mondes

"...Aujourd’hui, la situation est bien pire qu’en 1991, et il semble qu’aucune conférence ne puisse venir apporter un peu de lumière dans la region. Si solution il peut y avoir, il est évident qu’elle ne peut venir que d’Israel. Les palestiniens n’ont quasiment plus rien à offrir ou à négocier, hormis le retour des réfugiés. Or, en Israël aujourd’hui, la situation politique et sociale n’a plus rien à voir avec celle des « années d’Oslo » pendant lesquelles la jeunesse descendait en masse dans la rue toutes les semaines pour soutenir le processus de paix. Ceux qui la connaissent ou qui s’y intéressent un tant soi peu savent à quel point la société israélienne est formidablement complexe et aujourd’hui plus que jamais divisée sur les questions politiques. Laïcs et religieux, ashkénazes (allemands/russes/polonais/hongrois/roumains/anglais etc), sépharades (espagnols/italiens/marocains/tunisiens/algériens etc), mizrahis (irakiens/syriens/égyptiens etc), éthiopiens, Sabras (natifs israéliens), gauche et droite, au final, cette société est une véritable mosaïque et un vrai mélange des genres. Mais il est aujourd’hui un autre facteur de division en Israël, peut-être celui auquel on a fait le moins attention mais qui peut se révéler être le plus déterminant pour l’avenir, celui du degré d’engagement politique.-En effet, depuis un an ou deux, des signes clairs montrent qu’en Israël, les "laïcs" sont de moins en moins engagés idéologiquement et politiquement, et lorsqu’ils le sont, c’est de plus en plus au profit des partis de droite, voire de droite dure, échaudés qu’ils sont par 9 ans d’une intifada meurtrière et une guerre du Liban qui a laissé des traumatismes sociétaux profonds. Ils sont nombreux à tenter d’échapper au service militaire, pourtant traditionnel creuset de la société israélienne, et leurs préoccupations sont de plus en plus matérielles. Les équivalents israéliens de "Big Brother" et de "Koh lanta" n’ont jamais fait un tel carton.

Les religieux au contraire montrent un engagement idéologique et politique constant. Et si les religieux "haredim" votent avec toujours autant de discipline pour leurs partis traditionnels (Shass et Judaisme Unifié de la Torah) et sont toujours exemptés d’armée, les membres du courant sioniste religieux sont très représentés dans l’armée, leur voix se portant traditionnellement sur le Likoud, l’Union Nationale, le "Foyer Juif" ou d’autres petites formations anecdotiques d’un strict point de vue électoral. Ce mouvement sioniste religieux fait peu parler de lui pour le moment, de par l’éclatement des voix de ses membres. Mais aujourd’hui, les analystes ne s’y trompent pas, ils représentent un peu plus de 25% de la population et ils sont la force qui monte. Comment ? Tout simplement en occupant systématiquement tous les endroits idéologiques désertés par la gauche laïque. Education, Logement, et surtout l’armée.
En effet, un rapport récent indiquait que 40% à 50% des nouveaux officiers au sein de Tsahal sont issus du courant sioniste religieux, et pour beaucoup d’entre eux, habitent dans une colonie. De plus, comme le souligne l’éditorialiste israélien Yaïr Lapid, alors que l’intelligentsia israélienne laïque a déserté le débat et ne s’aventure plus dans les bases militaires que sporadiquement malgré les invitations des commandants de bases, les rabbins du courant sioniste religieux répondent présent systématiquement, et continuent inlassablement à dispenser aide pour les jeunes en difficulté et cours de Torah. Idem dans les écoles.
Cette bataille, elle est gagnée d’avance pour ces rabbins, et ils en sont tout à fait conscients. Ils savent que le public laïc est amorphe et ne fera aucun obstacle sérieux au bouleversement en marche de la société israélienne. Ironie du sort, c’est la gauche israélienne elle-même qui est en grande partie responsable de cette apathie du public israélien. En œuvrant autant pour retirer des manuels scolaires israéliens toute notion d’histoire juive pour essayer d’effacer toute velléité nationaliste en Israël, des gens comme Shulamit Aloni ou Yossi Sarid ont condamné leur parti à une chute vertigineuse et continue dans les sondages et à une claque mémorable aux dernières élections. Et surtout, ont privé le public de son référentiel idéologique. Les médias ont fait le reste en se substituant à ce référentiel, ce qui explique pourquoi aujourd’hui les israéliens qui discutaient il y a 20 ans de géopolitique et de débats idéologiques, parlent aujourd’hui de la dernière émission de Big Brother ou des résultats du foot. L’arroseur arrosé, surtout lorsqu’on sait que la natalité des religieux est presque 3 fois supérieure à la natalité laïque.
Ce qui explique pourquoi plus de 90% des israéliens ont soutenu sans faille la dernière guerre à Gaza (d’autant que même les partis de gauche l’ont soutenue) : le public laïc n’a plus que les médias comme seul référentiel, et le public religieux n’a jamais failli en termes idéologiques et gagne sans cesse du terrain. D’où la percée des partis de droite/droite dure aux dernières élections, notamment celle du populiste Avigdor Lieberman, et la déroute historique de la gauche israélienne (13 sièges seulement pour le parti travailliste et 2 sièges pour Meretz, soit 15 sièges sur 120 !)
Aujourd’hui, ce que montrent certains analystes, c’est que le coup de grâce ne viendra probablement pas de Lieberman, qui reste un populiste aisément malléable par les aléas du pouvoir, mais de la frange dure du Likoud et du mouvement "Manhigut Yehudit" (Leadership Juif) de Moshé Feiglin, qui au contraire de Lieberman, n’a jamais été disposé a la moindre concession. Aux primaires de 2007 pour élire le chef du Likoud, il a réuni 25 % des suffrages face à Netanyahou, (il n’avait obtenu que 3% en 2003 face à Ariel Sharon), et à celles de décembre 2008 pour désigner les parlementaires Likoud de la nouvelle Knesset, il est arrivé à la 20ème position, supplantant plusieurs candidats disposant du soutien de Netanyahou lui-même. Il y a fort à parier que lorsque le courant sioniste-religieux unifiera ses forces, ce sera sous la bannière de Feiglin. Alors, pour ceux qui croiront encore au principe de "2 états pour 2 peuples", il sera définitivement trop tard."
_-_Israël refuse tout gel de la colonisation _______________________
-Israël : crises
- Israel: dangereuse dérive
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-Etre arabe en Israël
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-ISRAEL-Gaza: et après ?
- Palestine en morceaux
-Moyen-Orient: un tournant?
-Israël: une armée "morale"?

lundi 27 octobre 2008

Israël : crises

Héritages et nouveaux défis

Paradoxes, fractures, crises et blocages politiques
Une société traversée par des contradictions












- Ehoud Barak : «Je suppose que si j'avais été palestinien quand j'étais jeune, j'aurais fait partie d'un mouvement terroriste»?________

-Tzipi Livni : la colonisation ne «nuit pas au processus de paix».___

-Représentation à la Knesset:
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En Israël, l’échec de Tzipi Livni sanctionne la faillite politique de l'Etat | Mediapart:

"...Trois ans après sa création par Ariel Sharon, le parti centriste est largement discrédité par les affaires de corruption qui ont entaché le mandat du premier ministre démissionnaire, Ehoud Olmert. Pourtant, après avoir violemment critiqué Olmert et affiché ses ambitions dès le printemps 2007, Tzipi Livni peine à insuffler une dynamique nouvelle.Ce qui ne surpend pas le sociologue israélien Uri Ram, professeur émérite à l'université Ben Gourion et auteur en 2007 de l'ouvrage The Globalization of Israel: Mcworld in Tel-Aviv, Jihad in Jerusalem. «La nouvelle génération, dont Tzipi Livni devait être un des fers de lance, n'est qu'un mythe, juge-t-il. En Israël, depuis la fin des années quatre-vingt, les talents vont au monde universitaire, de la culture, des affaires. Faire carrière en politique, un monde synonyme de compromission, de corruption, est aujourd'hui perçu de manière très négative.» Autre déception : le discours de «Zipi» Livni sur les Palestiniens et la colonisation de la Cisjordanie se révèle être un copié-collé des positions les plus dures d'Ehoud Olmert, version début de mandat. Rétive plutôt que pragmatique, elle ne pas soutient pas le plan de retrait de 98,5 % de la Cisjordanie, que le premier ministre a présenté à Mahmoud Abbas à la fin de l'été 2008....

La «feuille de route» parrainée par Washington n'est plus qu'un lointain souvenir. Annoncée comme une étape décisive, la conférence d'Annapolis organisée fin novembre 2007 n'a débouché sur aucune conclusion. Aucun nouveau rendez-vous n'a été pris. Nommé émissaire spécial du Quartet au mois de juin 2007, Tony Blair achève de dilapider son prestige politique à mesure que le gouvernement israélien continue de piétiner ses déclarations d'intentions....
Pourtant, selon l'historien israélien Shlomo Sand, toute la classe politique sait désormais que pour assurer son existence et s'éviter une troisième Intifada, dont le Hamas et le Djihad islamique ont récemment réitéré la menace, Israël doit quitter des territoires occupés dont il ne tire plus aucun profit, économique ou politique...
Éditorialiste au quotidien Haaretz, Aluf Benn ne dit pas autre chose. Dans un article paru dans l'édition du 10 octobre, il dénonce «cette schizophrénie de l'Etat», alimentée selon lui par le premier ministre Ehoud Olmert, «qui a déclaré son soutien à l'évacuation des colonies situées au-delà de la clôture. Mais dans les faits, après la démolition des maisons d'Amona, il a lâché la bride aux colons. Le ministre de la défense, Ehoud Barak, a refusé d'entrer en conflit avec les colons au nom du gouvernement et a cherché les voies d'un dialogue avec eux, en affirmant ne pas être prêt à résoudre seuls les problèmes créés par ses prédécesseurs 40 ans durant. Il s'appuie sur les réticences de l'armée et de la police à affecter des hommes à l'évacuation forcée d'avant-postes. C'est ainsi qu'a été créée une espèce de statu quo. Le gouvernement s'est résigné à l'existence des avant-postes et a fermé les yeux sur la multiplication des constructions dans les colonies au-delà de la clôture. Les colons se sont efforcés de s'abstenir de provocations, de protestations ou de perturber la vie de ce côté-ci de la clôture.»...
«Dans les analyses faites en Occident, estime Marius Schattner, on néglige trop souvent les conflits internes à la société israélienne, qui pourraient conduire à la destruction de l'Etat. Il faut examiner par exemple le sort des colons, qui ne sont plus un groupe d'avant-garde. Ce courant est aujourd'hui en retrait par rapport à ce qu'il était dans les années soixante-dix. Mais il a réussi, entre temps, à créer des faits accomplis. De manière générale, le mouvement traditionaliste religieux est en recul, et c'est qui explique sa violence. La population israélienne ne croit plus au mythe du Grand Israël, de la Méditerranée au Jourdain. C'est fini. L'enthousiasme expansionniste est mort, mais il n'y a plus non plus de foi dans la paix. Les blocages ne proviennent donc pas uniquement d'un système politique déficient.» ...

«Tant que l’on ne modifiera pas notre système d’élection à la proportionnelle, on aura ces problèmes de coalitions instables», estime la chercheuse Tsilla Hershco, du Begin-Sadat Center for Strategic studies.Depuis sa création, Israël a poussé à l’extrême le concept de régime parlementaire en adoptant la proportionnelle intégrale. Or, en soixante années d’existence, la population israélienne a été multipliée par 10 – Israël compte 7 millions d’habitants en 2008 –, le sionisme socialiste fondateur a largement perdu de son influence et le contexte régional a largement évolué.Mais pas le système politique. «Le paradoxe est impressionnant : pays jeune, pays neuf, Israël est réputé pour sa capacité d'innovation dans tous les domaines, hormis son système politique qui est demeuré à peu près identique», écrivait Denis Charbit, maître de conférences en sciences politiques à l'Open University d'Israël, dans un article publié l’an passé dans la revue Questions internationales, pour les soixante ans d’Israël....

"Le système politique traverse une grave crise, c’est indéniable. Mais le problème vient davantage des partis, qui ont subi un long processus de communautarisation, à l’image du Likoud, et ne paraissent plus capables de représenter des intérêts civils. Les partis "dominants" sont aujourd’hui des machines électorales, des outils de communications créés pour porter au sommet de l’Etat des personnages factices. Ce sont des coquilles vides de cadres et de programmes politiques
Israël ne bénéficie aujourd’hui que d’une série de lois fondamentales(constitution), qui posent Israël comme étant «l’Etat des juifs», ce qui exclut un cinquième de sa population, les Arabes israéliens.
Problématique d'une actualité brûlante, comme le démontrent encore cette semaine les émeutes de Saint-Jean-d’Acre, cette question constitutionnelle est totalement délaissée par les principaux partis représentés à la Knesset, qui se bornent, à l'image d’Ehoud Olmert, à répéter de vagues lieux communs sur la nécessité d’apprendre à «mieux vivre ensemble».Or cette absence de volonté politique de la part des courants historiques de la politique israélienne confère une large place à l’expression des positions les plus extrêmes. Le gouvernement israélien a ainsi approuvé, le 7 septembre 2008, la proposition du ministre de la justice, Daniel Friedmann, visant à amender la loi fondamentale sur le système judiciaire dans le but de restreindre le pouvoir de la Cour suprême. Dans les faits, la Cour suprême n’est désormais plus en capacité d’annuler une loi qui ne violerait pas directement une des lois fondamentales. Et lorsqu’une de ces lois serait violée, une majorité simple au Parlement permettrait de passer outre à la décision de la Cour.En clair, une majorité simple de députés suffit donc, aujourd'hui en Israël, pour interdire par un vote aux Arabes israéliens de se rendre sur les mêmes plages que leurs compatriotes juifs, ou de s’asseoir à côté d’eux dans le bus, comme des députés de la droite nationaliste l’avaient suggéré quand Israël subissait des attentats suicide répétés.Fort de son succès, le ministre de la justice, pour lequel «Zipi» a pris le risque de faire échouer l'accord avec un parti travailliste qui lui est hostile, entend désormais s’attaquerau système de nomination des juges de la Cour suprême, le seul fait de les savoir indépendants du pouvoir politique lui étant insupportable…Au-delà de l’activisme forcené de Daniel Friedmann, ce problème constitutionnel «démontre, pour Uri Ram, l’incapacité d’Israël à sortir de l’idée d’un "Etat juif démocratique". Dans le paradigme politique dominant, il est en effet plus aisé d’user de cette notion contradictoire, plutôt que d’affirmer clairement qu’elle implique une supériorité des citoyens juifs dans cet Etat. Examiner ce concept permettrait de briser ce tabou et de résoudre les contradictions de notre Etat, condition essentielle de sa pérennité. Malheureusement, nous n’en prenons pas le chemin».
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-Laïcs/religieux en Israël: un livre pour comprendre l'autre conflit:

"L'auteur de Israël, l'autre conflit reconnait qu'il ne prétend pas à la neutralité, en rêvant d'un autre judaïsme, voire même d'un autre Israël. Mais il a aussi fait un travail rigoureux, une plongée dans l'histoire du mouvement sioniste, remontant jusqu'à ses racines européennes au XIXe siècle, pour retracer cette fracture ancienne et durable entre les mondes laïc et religieux.L'actualité de cette étude est évidente, avec le rôle de deux partis religieux dans la tenue d'élections anticipées en Israël (lire ci-dessous). Passés maîtres dans le chantage politico-financier, ces partis sont au coeur de cette problématique qui pèse sur la vie politique israélienne, mais aussi sur l'évolution de cette société dans laquelle la cohabitation entre laïcs et religieux n'est pas toujours simple, même si elle est moins connue à l'extérieur que l'enjeu plus classique israélo-palestinien....
Marius Schattner
apporte plusieurs clés de compréhension de ce conflit, en particulier la distinction entre d'un côté un sionisme religieux qui a accompagné depuis longtemps la construction de l'Etat juif et qui a connu un grand essor après l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza à partir de 1967 et avec le mouvement de colonisation, et de l'autre un ultranationalisme au nom de la Torah, qu'il juge autrement plus dangereux.Entre dans cette dernière catégorie: l'assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin en 1995, et sans doute les auteurs de la tentative d'attentat contre l'universitaire pacifiste Zeev Sternhelltout récemment. Pour Marius Schattner, ces actes révèlent:"Le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège."
Et dans ce contexte, alors que chacun sait en Israël qu'une paix réelle ne se fera qu'au prix de concessions importantes, y compris dans la ville sacrée de Jérusalem, la montée en puissance de ce nationalisme religieux porte en elle les germes des crises à venir:

On peut imaginer ce qui risque de se passer quand il faudra évacuer non point 8000 colons de la bande de Gaza, mais au moins vingt fois plus de Judée Samarie (Cisjordanie), territoire avec lequel le lien religieux et historique est beaucoup plus fort, émaillé qu'il est de lieux saints traditionnels comme le Caveau des patriarches à Hébron, ou redécouverts depuis 1967, sans compter le Lieu saint par excellence, le mont du Temple à Jérusalem, site de l'Esplanade des mosquées.Par delà l'attache à des lieux aussi sacrés, la question se pose de savoir pourquoi la religion juive, dans sa version dominante en Israël, se prête à une telle alliance avec le nationalisme le plus extrême.

Marius Schattner rappelle justement qu'une telle alliance n'est pas inhérente au fait religieux, et cite le regretté professeur Yeshayahou Leibowitz (1903-1993), figure intellectuelle et religieuse majeure, resté célèbre pour avoir pronostiqué dès 1967 qu'Israël commettait une erreur capitale en décidant de profiter de sa victoire militaire pour occuper durablement les territoires palestiniens.Une partie des clés se trouvent effectivement dans l'histoire. Mais aussi dans les compromis historiques noués à la naissance de l'Etat juif en 1948, et qui expliquent pourquoi, jusqu'à ce jour, il n'existe toujours pas de constitution en Israël.

"Le mouvement de « retour » au judaïsme orthodoxe « s'accorde avec la montée de l'individualisme, avec la déperdition des idéologies collectives et la fragmentation de la société: toutes les caractéristiques de la modernité qui s'appliquent à Israël.Fait remarquable, au cours des dernières années, ce sont les mouvements religieux les moins politiques comme le courant Braslav du hassidisme, qui attirent les plus jeunes, sans compter la vogue pour la Cabale, version Madonna, et autres mysticismes façon New Age, à l'extrême limite du judaïsme."

Cette réalité pèse sur la capacité d'Israël à faire des choix pour régler l' »autre conflit, celui qui l'oppose à ses voisins arabes, à commencer par les Palestiniens. Il y a peu, Ehud Olmert, le Premier ministre démissionnaire mais toujours en fonction, se prononçait pour des concessions audacieuses pour parvenir à la paix, y compris la division de Jérusalem, tabou suprême. Cruelle ironie, c'est seulement lorsqu'il n'a plus les moyens politiques de les mettre en oeuvre, que Olmert avance ces idées...Alors qu'Israël va affronter de nouvelles élections générales, cette fracture laïcs-religieux ne risque pas de se réduire, restant l'un des obstacles -ce n'est pas le seul...- sur le chemin de la paix."

-Laïcs/religieux en Israël : un livre pour comprendre l'autre conflit

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-A War to Start All Wars - Shlomo Ben-Ami:

>> 1948 : la mère de toutes les guerres - Shlomo Ben-Ami:
"...Refusant d’admettre que le noble rêve juif d’un Etat ait été entaché par les méfaits commis lors de la naissance d’Israël, et voulant à tout prix nier la centralité du problème palestinien dans le conflit élargi du Moyen-Orient, les Israéliens ont préféré s’en tenir à leur lutte pour l’indépendance contre des armées arabes d’invasion censées être supérieures. Or, c’est sans doute la guerre entre la population palestinienne « indigène » et le Yishouv (communauté juive organisée de Palestine) qui a constitué la phase la plus virulente de ce conflit. Ce fut pendant cette période, entre le 30 novembre 1947 et le 15 mai 1948, que le sort de l’Etat juif encore à naître a semblé ne tenir qu’à un fil. Et pourtant, la pensée, répandue et cultivée depuis, a refoulé le souvenir de cette bataille pour se focaliser sur la résistance héroïque d’un Yishouv minuscule face aux armées arabes d’invasion, lors de la deuxième phase du conflit, soit entre le 15 mai 1948 et le printemps 1949. Une fois la guerre terminée, le problème palestinien a pratiquement disparu du débat public en Israël, ou alors, il était qualifié de termes commodes comme un problème de "réfugiés" ou d’"infiltrés". C’était comme s’il n’y avait jamais eu de conflit israélo-palestinien ou de peuple palestinien. Comme l’avait dit Golda Meir dans sa fameuse phrase, "ils n’existaient pas"....
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"Les jeunes soldats juifs religieux représentent aujourd’hui la moitié des effectifs dans les cours formant les futurs officiers, et 20% des combattants des unités des sous-marins sont des Juifs pratiquants. Aujourd’hui, il n’existe pas de cours destiné aux officiers qui n’ait un chapitre sur les valeurs du judaïsme. Est-ce que Tsahal évolue ? Est-ce qu’il y aura des missions que l’on ne pourra pas lui demander d’effectuer ?Ce n’est un secret pour personne que, ces dernières années, les jeunes qui portent la kippa (calotte) prennent dans Tsahal la place qui fut tenue pendant longtemps par les jeunes des kibboutz et des villages collectifs. Le phénomène ne fait que s’accélérer.Dans les cours de Tsahal destinés aux officiers, presque la moitié des participants sont des jeunes d’origine du milieu sioniste-religieux. Ainsi, quatre sur six des officiers de l’unité Golani portent la kippa. Dans le commando marin, quatre des officiers supérieurs viennent de ce milieu et, dans l’escadrille des sous-marins, 20% des combattants sont également religieux.Résultat : aujourd’hui les cours destinés aux officiers incluent un enseignement sur les valeurs du judaïsme, chose qui n’existait pas auparavant...(SBA)
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Selon les sondages, Meretz serait crédité de 5 à 6 mandats lors des prochaines élections.
Meretz prône la fin de l’occupation des territoires palestiniens, le retrait d’Israël sur les frontières de 1967, la reprise des pourparlers avec l’Autorité Palestinienne, l’arrêt complet de la construction des implantations et leur démantèlement. L’Etat d’Israël doit être la patrie du peuple juif, mais il doit garantir l’égalité des droits à tous ses citoyens, y compris aux Arabes israéliens. Meretz milite pour l’égalité des droits des homosexuels, et pour la promotion du statut de la femme dans la société israélienne. Il prône la séparation entre la religion et les institutions de l’Etat, la mise en place du mariage civil, et il insiste sur la nécessité de la création d’une constitution pour le pays.
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-Olmert : regrets tardifs
- Vu de Tel-Aviv
-Israël : entre mythe et histoire
-Palestine : simple " problème démographique" ?
-Israël face à son histoire (E. Rouleau)

samedi 19 octobre 2024

Où s'arrête le "Grand Israël"?

De Josué à B. Smotrich

     Légendes et instrumentalisation d'hier et d'aujourd'hui. Cynisme et cécité.

          « Tout lieu où ton pied se posera t'a été donné, comme je l'ai dit à Moïse, depuis le désert et le Liban jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. »

         Le retour en force d'un mythe religieux, depuis la période Sharon et surtout Netanyahou, avec le concours de l'extrême droite israëlienne, comme Ben Gvir: Au nom de la Torah (ici) La Palestine est exclue de tout horizon politique. L'extrêmisme est en voie de gagner, contre l'opinion d'une fraction du peuple israëlien modéré, souvent non croyant. et opposé à une guerre sans fin, une aventure sans perspective. L'histoire de la ville emblématique de Jérusalem est saturée de sens.   "Comment cela va-t-il finir?" demandaient de jeunes Israëliens démoralisés ,en 1970.Ezer Weisman répondait:"Il faut d'abord savoir comment cela a commencé"                                                                                         L'historien Marius Schattner souligne "Le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)Et dans ce contexte, alors que chacun sait en Israël qu'une paix réelle ne se fera qu'au prix de concessions importantes, y compris dans la ville sacrée de Jérusalem, la montée en puissance de ce nationalisme religieux porte en elle les germes des crises à venir.                                                            "On peut imaginer ce qui risque de se passer quand il faudra évacuer non point 8000 colons de la bande de Gaza, mais au moins vingt fois plus de Judée Samarie (Cisjordanie), territoire avec lequel le lien religieux et historique est beaucoup plus fort, émaillé qu'il est de lieux saints traditionnels comme le Caveau des patriarches à Hébron, ou redécouverts depuis 1967, sans compter le Lieu saint par excellence, le mont du Temple à Jérusalem, site de l'Esplanade des mosquées.Par delà l'attache à des lieux aussi sacrés, la question se pose de savoir pourquoi la religion juive, dans sa version dominante en Israël, se prête à une telle alliance avec le nationalisme le plus extrême... "                                                                                             Marius Schattner rappelle justement qu'une telle alliance n'est pas inhérente au fait religieux, et cite le regretté professeur Yeshayahou Leibowitz (1903-1993), figure intellectuelle et religieuse majeure, resté célèbre pour avoir pronostiqué dès 1967 qu'Israël commettait une erreur capitale en décidant de profiter de sa victoire militaire pour occuper durablement les territoires palestiniens. Une partie des clés se trouvent effectivement dans l'histoire. Mais aussi dans les compromis historiques noués à la naissance de l'Etat juif en 1948, et qui expliquent pourquoi, jusqu'à ce jour, il n'existe toujours pas de constitution en Israël....                                                                    ___ " Si la coalition entre ultranationalistes laïques et religieux au pouvoir en Israël est inédite, l’imaginaire messianique a commencé à prospérer dans le pays bien avant 2022. Dès les débuts du sionisme, un discours emprunté au religieux doit conférer un supplément de légitimité au projet. Cette rhétorique convoque des termes tels que « Terre promise » et des espérances juives bimillénaires de rassemblement des exilés. Malgré l’athéisme de la majorité des pionniers sionistes. Malgré leur dédain à l’égard des juifs religieux — « arriérés », « passifs » — qu’ils souhaitent remplacer par des juifs rationnels, volontaires et travailleurs, aptes à reconstruire la nation juive en terre d’Israël. Libéraux ou ultraorthodoxes, les religieux voient l’émergence du projet sioniste comme une trahison de la tradition. Ils dénoncent une instrumentalisation du judaïsme au service d’une religion nationale. L’universitaire Amnon Raz-Krakotzkin évoque à cet égard un messianisme laïque : « C’est parce qu’ils sont au cœur du mythe sioniste laïque », estime-t-il, que messianisme et nationalisme se renforcent aujourd’hui en Israël. « Les colons n’ont rien inventé. Leur position n’est pas différente de celle des sionistes laïques, ils vont simplement au bout de ses conséquences logiques. » Pour cet historien et d’autres avec lui, le sionisme apparaît comme un détournement des concepts fondamentaux du judaïsme, dont ceux d’exil et de rédemption. Car « l’essence du judaïsme est l’idée que l’existence est un exil ». Celui du peuple d’Israël après la destruction du second temple, que la tradition présente comme la conséquence d’un écart vis-à-vis des préceptes divins : « À cause de son iniquité (…) la maison d’Israël avait été exilée » (livre d’Ézéchiel 39:23). Mais dans cette relégation, les Juifs doivent observer les commandements de la Torah et, par leurs bonnes actions, réparer le monde. L’éloignement a donc aussi une dimension spirituelle — un autre historien, Yakov Rabkin, le présente comme un « état (...)"                                                                                                                                                   _________Aux USA, "...Il n’y a aucun débat sérieux et loyal à propos de la Palestine et d’Israël dans la sphère médiatique, ni dans tout autre cercle culturel, politique et religieux américains. S’il se trouve que l’histoire actuelle est débattue, alors, elle l’est dans un langage imaginé, non réel, presque complètement à coté des réalités de la Palestine et d’Israël, fondée pour une grande part sur une étroitesse d’esprit, dans un discours apocalyptique religieux qui, depuis des décennies, se retrouve le point de départ accepté de la plupart des politiciens, même de ceux qui se déclarent faussement des libéraux. Entre les deux discours, celui des fantasmes absurdes des religieux et celui des flagorneries des politiciens, il y a sans doute assez de place pour un autre récit. Malheureusement, cet espace est lui aussi encombré d’idées culturelles erronées, de partis pris institutionnels et de confusions délibérées, introduits et insufflés par les producteurs de médias, les experts et autres fabricants de la culture populaire américaine.Jusqu’à ce que les gardiens de la culture américaine ne soient sérieusement contestés, la Palestine continuera de représenter, dans l’imagination américaine, une bataille entre le bien et le mal, une « Terre sainte » qui doit être arrachée des mains de ceux ont pu en être propriétaires, à une certaine époque, mais qui « n’ont rien à y faire sauf de la profaner ».                                                                    La question se pose chez certains à Tel Aviv: Le Liban fait-il partie du territoire promis à Israël ?  Par Mark Fish ( Jerusalem Post (archive), 25 septembre 2024):  " Les versets de la Torah véhiculent des messages profonds que nous pouvons interpréter avec perspicacité pour notre vie quotidienne. Le rabbin Shay Tahan, Rosh Kollel [directeur d'un établissement d'enseignement talmudique] de Shaarei Ezra à Brooklyn, New York, ouvre gracieusement les portes de cette compréhension. Le récent conflit au Liban soulève l'éternelle question des frontières septentrionales de l'Eretz Yisrael [Terre d'Israël] biblique. Où exactement Hachem [Dieu] a-t-il défini ces frontières, et sommes-nous tenus de conquérir ces régions ? Les mitzvot [commandements] de terumah [donation d'une partie des récoltes] et de ma'aser [dîme] s'appliquent-elles à ces terres comme faisant partie d'Eretz Yisrael, ou sont-elles considérées comme en dehors des frontières ?   La Torah fournit des directives claires concernant les régions que nous avons l'ordre de conquérir et de prendre possession de la terre. Au cours de la dernière génération, l'expression « Grand Israël » est devenue prévalente. Elle est parfois utilisée dans des discussions politiques ou religieuses sur les frontières idéales ou futures d'Israël, souvent dans le contexte d'aspirations messianiques ou sionistes. Certains l'interprètent comme un appel au rétablissement des frontières bibliques d'Israël. Toutefois, la signification de ce concept varie, allant d'interprétations symboliques ou spirituelles à des revendications géographiques littérales.

Ce terme fait référence aux frontières bibliques de la Terre d'Israël, telles qu'elles ont été promises au peuple juif dans différentes parties de la Torah. Il est souvent associé à la terre décrite dans l'alliance avec Avraham (Brit Bein HaBetarim), qui s'étend du « fleuve d'Égypte » (interprété par certains comme le Nil ou un fleuve plus petit dans le Sinaï) à la rivière Perat (Euphrate). Cette vaste région comprend des parties de l'Israël d'aujourd'hui, la Cisjordanie, Gaza, le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Irak.  Lorsque Hachem a promis à Avraham Avinou [notre ancêtre Abraham] la terre d'Israël lors de la Brit Bein HaBetarim [alliance avec Abraham], le pasuk [verset] dit (בראשית טז) : « En ce jour, Hachem fit alliance avec Avram, en disant : À ta descendance, j'ai donné cette terre, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. » À la fin de la Parshat [section de la Torah] Ekev, Hachem nous dit qu'il nous accorde toutes les terres que nous allons conquérir à l'intérieur des frontières mentionnées. Au nord, la Torah déclare : « Tout lieu que foulera la plante de ton pied sera à toi, depuis le désert et le Liban, depuis le fleuve — l'Euphrate — jusqu'à la mer occidentale, qui sera ta frontière. » Cette promesse du Créateur place clairement le Liban dans la Terre promise d'Israël, ou ce que certains appellent « la Terre d'Israël complète » ou « le Grand Israël ».

Illustration 1

Un exemple de carte du « Grand Israël »

   Le Ramban [Rabbin Moshe ben Nahman, dit Maimonide, ayant vécu au XIIIe siècle de notre ère] écrit que le Liban se trouve à l'intérieur des frontières d'Israël et ajoute que nous avions l'obligation et le commandement de le conquérir. Le Sefer Yehoshua [Livre de Josué] commence avec Hachem parlant à Yehoshua [Josué] et répétant le commandement ci-dessus : « Chaque endroit que ton pied foulera t'a été donné, comme je l'ai dit à Moshé [Moïse], depuis le désert et le Liban jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate. »  La tribu d'Asher [une des 12 tribus d'Israël] est principalement associée à des régions comprenant des parties du Liban. Après la conquête de la terre sous Yehoshua, les tribus ont établi leurs territoires, Asher s'étendant dans les régions adjacentes au Liban. Le texte décrit les frontières de la tribu d'Asher, en détaillant des sections de frontières et des listes de villes, dont certaines sont des villes frontalières marquant les limites de la tribu. Dans l'héritage de la tribu d'Asher se trouve la vallée d'Acco, au nord du mont Carmel, dont le point le plus septentrional est la ville de Sidon.

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Carte du « Nouveau Moyen-Orient » présentée par Netanyahou à l'ONU, sur laquelle la Palestine n'existe pas   ______________________L'extension de la Terre d'Israël à d'autres territoires, comme dans le concept du « Grand Israël », a plusieurs implications halakhiques [juridiques]. Celles-ci concernent principalement les commandements liés spécifiquement à la terre, connus sous le nom de mitzvot hateluyot ba'aretz [commandements de la Torah qui ne s'appliquent qu'à la terre d'Israël, et principalement liés à l'agriculture et à la gestion des terres]. Voici quelques-unes des principales implications halakhiques :  1/ Mitzvot dépendant de la terre : Certains commandements agricoles ne s'appliquent qu'à la terre d'Israël, tels que : - Shmitta : l'année sabbatique où la terre doit se reposer tous les sept ans. - Terumot et Ma'aserot : la dîme donnée aux Kohanim [prêtres], aux Lévites et aux pauvres. - Orlah : l'interdiction de manger les fruits des arbres pendant les trois premières années de leur croissance.                                                                                                          L'élargissement des frontières d'Israël impliquerait l'extension de l'obligation d'observer ces mitzvot dans les territoires nouvellement inclus. 2/ Deux jours de Yom Tov [fêtes juives] : Il existe une différence entre ceux qui vivent à l'intérieur des frontières d'Israël, qui observent un jour de Yom Tov, et ceux qui vivent à l'extérieur, qui en observent deux [pour s'assurer de célébrer la fête au bon moment, le calendrier lunaire dépendant de l'observation visuelle de la nouvelle lune]. Par conséquent, si la terre devait s'étendre jusqu'aux frontières plus grandes d'Israël, cette distinction s'appliquerait. Selon la halakha qui suit le Ritva [Rabbin Yitzhak ben Moshe, éminent commentateur du Talmud, XIIIe siècle] (Ritva, Rosh Hashanah 18a ; Soucca 43a) en désaccord avec le Rambam [Maimonide] (Rambam, Lois de la sanctification du mois, 5, 9-12).  3/ Habitants et peuplement : Selon certaines opinions, vivre dans les frontières bibliques d'Eretz Yisrael peut être considéré comme une mitzvah. L'élargissement des frontières d'Israël pourrait accroître l'obligation pour les Juifs de s'installer et d'habiter ces régions.   4/ Voyager en dehors du pays : Il est interdit de quitter les frontières d'Eretz Yisrael si l'on y réside, sauf pour apprendre la Torah, se marier ou gagner sa vie. Par conséquent, les résidents peuvent se rendre dans ces territoires supplémentaires s'ils sont conquis.  5/ Guerre et conquête : Le concept de milchemet mitzvah [guerre commandée] inclut la conquête de certains territoires promis dans la Torah. Si de nouvelles terres sont identifiées comme faisant partie des frontières bibliques, il peut y avoir des discussions halakhiques sur l'obligation de les conquérir et de les coloniser.    Le fleuve Perat, communément identifié à l'Euphrate, traverse plusieurs pays, dont la Turquie, la Syrie et l'Irak, avant de se jeter dans le golfe Persique. Dans le contexte biblique, l'Euphrate est souvent mentionné comme une frontière importante dans les promesses faites au peuple juif concernant la terre d'Israël.   Si l'on regarde une carte, on est stupéfait de voir à quel point ce fleuve s'étend vers le nord et à quel point la Terre d'Israël est vaste. Bien que nous ne soyons peut-être pas en mesure de la récupérer entièrement à notre époque, Hachem nous la rendra certainement bientôt ".. [Alain Marshal 

No comment.
 
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samedi 16 mai 2026

Quel avenir pour Israël?

La politique de Netanyahou a mis le pays en danger

    C'est ce que disent  de nombreuses personnes même juives, même israëliennes, souvent déchirées, mais soucieuses, voir tourmentées par l'avenir d'un Etat auquel ils tiennent et qui se présente sous les jours les plus sombres du fait d'une dérive qui ne commence pas d'aujourd'hui, mais qui explose de  manière inquiétante à l'égard des Palestiniens et des esprits critiques de l'intérieur, personnels ou collectifs, comme le journal Haaretz surtout, qui a su rester indépendant. Le "Grand Israël" est en jeu.


 Le pays est en danger, comme des historiens du pays l'avaient déjà craint, notamment Marius Schattner ou Barnavi, ancien responsable politique.   La notion du Grand Israël  est un mythe destructeur, comme le Lebensraum.  La démocratie, instrumentalisée par Bibi, qui joue avec le feu, est en  danger. La haine  prend le dessus, de manière parfois terrifiante. La violence de certains jeunes effraie. L'extrême-droite est en pays conquis. Qui va l'arrêter, elle qui veut repousser les limites des frontières. ____________

dimanche 10 décembre 2017

Jerusalem: le noeud gordien

Jerusalem: sainte ou maudite? 
                                             A la suite de l'initiative de Trump, surtout destinée à une partie de son électorat, on peut craindre que l'initiative concernant Jérusalem ne débouche sur une action violente, réveillant de vieux antagonismes politico-religieux bien partagés.
       Sans forcément présager le pire, la voix de l'ONU étant inaudible, l'Europe étant muette, la ville est une poudrière, surtout que Netanyahou cherche par tous les moyens à faire oublier ses multiples casseroles et les réactions hostiles à son égard dans son pays.
      Comme souvent, surtout depuis  un demi-siècle ,  Jérusalem, ville "partagée" et contestée, au statut hors du commun, devient le lieu d'enjeux extérieurs, le point de fixation de passions, où de nouvelles Croisades se font jour régulièrement.
     Surtout depuis les provocations de Sharon sur l'esplanade des Mosquées et la montée en force de l'extrême droite israëlienne, profitant de la colonisation galopante de la Cisjordanie, rendant ainsi aujourd'hui impensable la création d'un Etat palestinien envisagé initialement sous l'oeil vaguement et formellement réprobateur du parrain américain.
     La radicalisation US et israëlienne rallume un conflit potentiel, qui à vrai dire n'a jamais cessé.
Jérusalem est le nœud gordien dont on voit pas comment il pourra être tranché, quand on considère l' histoire compliquée d'une ville de si vieille tradition historique, qui plonge ses racines dans un long passé mythico-religieux.
    Le jeu des passions exacerbées ferait regretter à certains l'époque pré-balfourienne.
 Comme le disait l'historien israëlien Marius Schattner, évoquant une histoire encore brûlante, où les mythes ont la vie dure..
   Comme d'autres, devenus inaudibles:
        Nombre d'Israëliens,  d'arabes israëliens et de Juifs hors Israël pointent un danger mortel, comme Yakov Rabkin ou Norman Finkelstein. 
M. Rabkin dénonce les politiciens israéliens qui déclarent agir au nom du peuple juif sans se soucier des effets néfastes de l’activité de l’armée israélienne sur l’image du juif dans le monde. Il déplore que l’allégeance à l’État d’Israël ait depuis longtemps remplacé le judaïsme comme ancrage principal de l’identité juive.
      On voit mal pour l'instant comment rompre l'engrenage, maintenir le fragile équilibre, éviter le risque renforcé de radicalisation et d'islamisation. Attiser les extrêmes, cela s'appelle jouer avec le feu.
              Seul un processus de laïcisation et de démocratisation bilatéral pourrait faire sortit de l'ornière des tensions d'un autre âge. Et la clé essentielle du problème se trouve à Washington. C'est mal (re)parti...
_________________________________________________________________________________________( sorry pour les  lignes parasites qui se sont glissées inopinément dans le coeur du billet... mystère de l'informatique!...___

jeudi 21 mai 2015

Israël et ses démons

Pays en danger
             Le phénomène de date pas de Gaza.
       Mais les opérations à-bas, que bien des Israëliens ont jugé inutiles, n'ont fait qu'accentuer la tendance: la société israëlienne s'est durcie et le dernier gouvernement ne s'est jamais situé autant à l'extrême droite.
      Bien des Israëliens éclairés le déplorent et parfois en soufrent.  Certains rares organes de presses s'en inquiètent, comme Haaretz.
    Les relations conflictuelles, bien décrites par l'Israëlien Marius Schattner, qui traversent depuis longtemps la société israëlienne, pas seulement Jerusalem, se sont accentuées.
 . D'autres décrivent un véritable racisme qui peut prendre des formes diverses, malgré les démentis ou les critiques purement formelles.des autorités.
    Des dérives récentes, des violences, pas seulement à l'égard des Palestiniens , mais aussi à l'égard des arabes israëliens, des Juifs d'origine ethiopienne, des immigrés...sont signalés et condamnées par des voix trop souvent isolées, parfois menacées dans leur propre pays.
            Jadis marginal, le radicalisme juif a désormais droit de cité. Il est relayé par des formations politiques ultranationalistes qui prêchent la manière forte, comme le Foyer juif, mouvement des colons religieux, ou Israël Beitenou, mouvement du chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman, pour qui les accords d’Oslo avec les Palestiniens sont « une honte ».
Longtemps émanation de la droite libérale, le Likoud est lui-même à présent noyauté par des têtes brûlées. Les sondages montrent une hausse constante de « l’intolérance » de l’opinion israélienne, surtout parmi les nouvelles générations. À Jérusalem, des jeunes filles du mouvement de jeunesse sioniste religieux Bné Akiva, portent sans complexe des tee-shirts à l’effigie du rabbin Méir Kahane, défunt chef historique du Kach, avec ces mots : « Il avait raison ! » 
                On parle beaucoup des Juifs qui rejoignent les colons extrémistes de Cisjordanie, mais moins de ceux qui les critiquent, en dénonçant leurs comportements et les complicités politiques des têtes brûlée au pouvoir, comme Liberman, et Ayeled Shakedet.
    Des tendances extrémistes ségrégationnistes sont là dés la création de l'Etat d'Israël. Ils se renforcent et se diversifient aujourd'hui, même sous leurs formes antisionistes, ultraorthodoxes
  Ils sont beaucoup en Israël à souhaiter le retour d'un nouveau Rabin
        Les Juifs critiques, voire révulsés, pourront-ils contribuer à inverser les tendances mortifères qui affectent leur pays?.
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mercredi 2 janvier 2013

Où va Israël?

 La face sombre____________
__________________Marius Schattner avait naguère analysé les clivages et les divisions qui affectent sourdement mais profondément l'Etat d'Israël.
Il soulignait "le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
La crise est profonde.
__L' évolution de la politique du  pays depuis Sharon et surtout depuis Netanyaou n'a fait que confirmer le durcissement et le glissement vers l'extrême droite d'une partie du monde politique et même de l'opinion...
La  fuite en avant  vers la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, malgré l'opposition palestinienne et des voix israëliennes.
 . Le poète Natan Zach, l’une des figures du laïcisme israélien va jusqu'à déclarer au journal «Maariv»: «Je ne pense pas que ce pays tiendra longtemps. La société s’est fragmentée […]. Notre nation s’est désintégrée en factions partisanes imprégnées de haine et de fanatisme […]. Cela ne pourra pas durer.»
 ___De plus en plus, les orthodoxes ont le vent en poupe,. un monde à part dans le pays, qui pose des problèmes notamment aux femmes, religieuses ou non.
Comme le reconnaît Mme Livni, de la droite israëlienne elle-même, tout marche à l'envers. La droite nationaliste, d'une aveugle stupidité, domine à la Knesset, qui considère les Palestiniens israëliens comme ennemis de l’intérieur. Israël contre Israël?
Une politique suicidaire qui compromet l'avenir et sape la légitimité du pays.
L'espoir de paix s'est progressivement évanoui, d'autant plus que les faucons, le lobby des colons ont de plus en plus d'influence. Ceux qui se risquent encore à parler de négociations sont marginalisés.
Un Likoud qui se déchire comme jamais. Une société dans l'impasse, paralysée par la peur
Une peur entretenue.
 ____Comme dit  ALEXANDRA SCHWARTZBROD «Tant que ce problème (palestinien) ne sera pas réglé, il n’y aura pas de paix ici»... «Effacer l’existence même des Palestiniens, c’est le processus en cours dans ce pays. Nous allons nous effondrer si nous continuons ainsi."
Une terre qui dévore ses enfants?
De sombres perpectives d'avenir, selon Gidéon Lévy, si rien ne change très vite.
La paix maintenant?...ou trop tard? 
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- Le pouvoir « maléfique » des hommes en noir
- Les sombres prophéties d’Amos Oz
- "En Israël, il y a quelque chose d'une tragédie grecque"
- L'inquiétant M. Bennett
-Pas de solution militaire au conflit