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vendredi 3 juillet 2009

A qui le tour?

Acquis, le tour?

Vélo-business


Lance Armstrong revient. Le septuple vainqueur du Tour de France, l'homme qui a vaincu le cancer, sera, à compter du 4 juillet, face au "plus grand défi de sa carrière". Telle une superproduction hollywoodienne, ce retour promet un sacré spectacle: du sang, de la sueur, des larmes. Est-ce pour autant une bonne nouvelle pour le sport? Dans leur livre Le Sale Tour, qui paraît ce 4 juin, les journalistes Pierre Ballester et David Walsh apportent une réponse sans équivoque. "C'est une catastrophe: Armstrong symbolise tous les dérapages, toutes les perversions du sport business: dopage, manoeuvres d'intimidation, affairisme...", assure Ballester, ex-journaliste à L'Equipe.
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-"Lance Armstrong se dope":
"...On se retrouve dans un monde à deux têtes, avec d'un côté des sportifs qui mentent sur leurs pratiques et de l'autre le monde de l'antidopage qui ment sur les résultats. Pour avoir été médecin de l'intérieur, sur le Tour de France pendant trois ans (de 1973 à 1975, Ndlr), j'ai des éléments pour décrypter les messages et l'hypocrisie qui règnent dans le monde du sport en général et du cyclisme en particulier. Bien sûr qu'Armstrong se dope. Mais moi j'essaie d'apporter mes connaissances à ceux qui n'ont qu'un seul son de cloche. Qu'on ne se trompe pas, Armstrong est un très bon coureur. Qu'il triche devrait me choquer, mais comme presque tous les autres font pareil... Ce qui me gêne le plus avec lui, c'est qu'il persiste à vouloir se faire passer pour le héros de la lutte antidopage. Il prend le public pour des imbéciles...
Armstrong a commandé son retour. Le plus dérangeant c'est le jeu d'Amaury Sport Organisation (ASO) qui se disait le chantre de l'éthique. Ils envoient avec la présence de Lance sur le Tour le message le plus pervers que l'on puisse envoyer au monde entier. On lui dresse carrément le tapis rouge ! Tous ses anciens concurrents ont été rattrapés par la patrouille et lui débarque comme si de rien n'était...
Quand j'étais vraiment à l'intérieur du Tour, donc entre 1973 et 1975, je peux vous dire que tout le monde était pour le dopage. Mais une fois devant les médias, le discours changeait radicalement. On entendait l'inverse. Pourquoi pensez-vous que les grands quotidiens que sont L'Equipe, Le Monde, Le Parisien ne me demandent jamais mon avis en matière de dopage? La presse depuis toujours fabrique ses spécialistes. Tout est formaté. Parfois, ils prennent des gens qui ne le sont pas au départ et finissent par le devenir... Il y a quand même des journalistes qui font leur boulot mais eux sont souvent à l'extérieur, ils n'ont pas accès à toutes les informations. Et vous savez, quand on est dans l'avion du président, on a envie de garder sa place. C'est pareil dans le monde du sport. Je ne mets personne en cause mais le système.
Vous savez, l'amélioration des contrôles professionnalise les tricheurs. .."

-Lance Armstrong, l'obscur:
"... Armstrong se dope, très bien, il n’est pas le premier ni le dernier et, cyniquement, on peut penser qu’il n’est qu’un professionnel se donnant les moyens de bien faire son boulot pour satisfaire son employeur. Avec la même précision documentaire, Jean-Emmanuel Ducoin aurait pu mener ses investigations sur l’athlétisme, le football, le rugby, la natation, le tennis, tous les sports où désormais prime l’idée d’assurer le spectacle pour satisfaire les sponsors. Armstrong n’est qu’un parmi les acteurs de ces « spectacles sportifs » que l’on qualifie encore - à tort - de sport.
Armstrong est un symptôme de la perversion des valeurs sportives, le produit d’une société capitaliste qui ne vit que pour vendre. Avec Armstrong, elle vend de la performance et du produit pharmaceutique comme d’autres vendent des idées, des disques ou de la crème à raser. La critique de cette société du spectacle a déjà été faite et bien faite par Debord. N’y revenons pas. Ce qui compte pour Jean-Emmanuel Ducoin, c’est qu’Armstrong (qui ne court plus qu’une course par an !) « n’a pas écrit une seule ligne de la légende du cyclisme ». Il est « le Néant de la route ». Quand on pense à Anquetil (à la mémoire de qui le livre est dédié), à Coppi, à Merckx, à Hinault, à Fignon, à Bahamontès et à tant d’autres, mille images viennent à l’esprit, mille exploits où le panache, la fantaisie, l’audace et la démesure font, des années après, encore vibrer ceux qui aiment le vélo. Avec Armstrong : rien. Armstrong n’a pas de visage, pas de corps. Il n’est qu’une machine anonyme lancée à toute allure, un homme obscur dont l’obscurité ne masque qu’un misérable petit tas de secrets à jeter aux ordures comme ce sac-poubelle plein de seringues qu’Emma O’Reilly (soigneuse en chef de l’équipe US Postal et masseuse personnelle du Texan de 1998 à 2000) fut chargée de faire disparaître après le tour des Pays-Bas.Pour Jean-Emmanuel Ducoin, c’est ce « rien » qui tue le cyclisme et qui détruit cette grande fête populaire qu’est le Tour de France. Armstrong est au cyclisme ce que Richard III est au théâtre shakespearien, l’image du mal absolu, du plus méchant, du plus malin, du plus disgracié qui, pour se venger, tue ceux qui lfait roi, les trahit pour assurer sa gloire, élimine tous ses rivaux, les piétine, les méprise autant qu’il méprise le peuple et finira seul au milieu d’un champ de ruines hurlant : « Mon royaume pour un vélo ! » C’est cette figure haïssable qu’interroge Jean-Emmanuel Ducoin, encore et encore. Une figure du mal qui ne finit pas de nous interroger tant elle dépasse la question sportive..."

-Armstrong et le business Tour:
"Le Sale Tour s'attaque moins au dopage qu'aux rouages du business Armstrong: ses revenus, les mécanismes et les objectifs de Livestrong, sa fondation de lutte contre le cancer, qui aurait levé 250 millions de dollars (190 millions d'euros) en douze ans. Pour les deux journalistes, l'entreprise est délicate: le fait de mettre ainsi en accusation un champion ayant lui-même surmonté la maladie peut choquer. D'autant plus que, cette année, il court gratuitement pour une équipe kazakhe, afin de promouvoir sa fondationUn retour en forme de stratégie commercialeLes auteurs voient là une stratégie commerciale. Pour eux, le coureur ne serait pas seulement candidat au rachat de cette étrange équipe (voir l'encadré ci-contre). Il caresserait aussi des rêves d'OPA sur le cyclisme dans son ensemble. Après avoir un temps imaginé mettre la main sur Amaury Sport Organisation (ASO), la société organisatrice du Tour de France, il déclarait en mars: " Un sport unifié est terriblement séduisant. Comme la formule 1." Autrement dit, une discipline sportive dont le pouvoir économique échappe à sa fédération, l'Union cycliste internationale.
Autre aspect de son "business": les nouvelles orientations de sa fondation. A l'origine, Livestrong et son site Internet (Livestrong.org) affichaient une vocation exclusivement caritative: l'information et le soutien aux malades atteints du cancer. Mais, en 2008, un site Internet à but lucratif- Livestrong.com- a vu le jour, dédié à la vente de produits liés au "bien-être, [à] la santé et [à] la remise en forme". Au mois de novembre dernier, Armstrong assurait lui-même la promotion: "Si les gens faisaient un petit peu plus attention à ce qu'ils peuvent trouver sur Livestrong.com, ils n'auraient sans doute jamais besoin de se rendre sur Livestrong.org."... En d'autres termes, "suivez nos conseils, achetez nos produits, et vous échapperez au cancer". De ".org" à ".com", trois petites lettres de différence et "le caritatif devint un business", concluent les auteurs.C'est cet homme d'affaires que le Tour se prépare à accueillir. Une perspective qui suscite un silence poli, tout juste troublé par des grincements de dents. Sollicités par L'Express, les organisateurs n'ont pas souhaité s'exprimer. Armstrong, lui, était trop occupé. Marc Madiot, le manager de l'équipe Française des jeux, ne veut plus parler de l'Américain. En septembre 2008, il avait qualifié ce retour de "totalement surréaliste". Bel euphémisme..."
-Les vrais chiffres du dopage dans le Tour de France
-Fignon: "Je n'ai pas peur de mourir"
-Dopage sur le Tour de France - Wikipédia
-Le Tour 2009, vraiment propre?
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-Actualité du dopage

lundi 9 juillet 2018

Tour sans détour

C'est reparti
                    Il fut un temps où il enthousiasmait, où l'on ne se déplaçait pas pour voir des robococks serrés comme des harengs, filant à 50 km à l'heure, caméras partout, attendant la prochaine chute, guettant la demi-seconde qui fera la différence...
    Avec Albert Londres, Antoine Blondin et après...Quand le Tour ressemblait à un tour, non à un produit commercial.
     Aujourd'hui, le Tour est fatigué. C'était quand même mieux moins pire avant...
           Le Tour est cadenassé (capteurs de puissance, oreillettes et divers produits de plus en plus indétectables...qui faussent les données et la spontanéité, etc...)
    Une déjà vieille histoire...
 On peut être journaliste, même philosophe ou être un simple amoureux du vélo, sans partager les excès et les dérives d'une aventure qui est loin de celle de naguère, par exemple,celle de Bartali, Robic, Geminiani, etc...
      Le cyclisme a changé.C'était quand même mieux moins pire avant.
             [On annonce que Jupiter fera une étape de montagne. Il s'y prépare...Non pour rehausser un sport qui s'est depuis longtemps déconsidéré, comme d'autres, mais...pour se montrer. Il y a tant de caméras...]
                     Malgré tout, le vélo (le vrai) ira loin...Certains ont plus d'un tour.
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Assiste-t-on à un cycle infernal?
        On parle bien d' "enfer du Nord" pour une épreuve plus modeste, plus cahotique.
           Alors que le Tour de France remonte en selle ce samedi 7 juillet pour sa 105ème édition, plusieurs titres de presse relayent les affaires et les soupçons de dopage : condamnation de l’entraîneur Patrice Ciprelli, le coureur Christopher Froome hué… L’enthousiasme généré par la course mythique se double désormais d’un regard critique. Mais cela n’a pas toujours été le cas...
     « C'est un coup monté (…) » Ce mercredi 4 juillet, à l’antenne de France bleu Isère, la championne cycliste Jeannie Longo a vivement réagi à la condamnation en appel de son époux et entraîneur. Patrice Ciprelli a écopé d'un an de prison avec sursis et 5 800 euros d’amende pour avoir importé de l’érythropoïétine (EPO), une hormone qui favorise la performance en augmentant les nombres de globules rouges dans le sang. Cette même substance avait été à l’origine de l’affaire Festina, en 1998 : elle figurait parmi les 400 doses de substances interdites retrouvées dans le coffre du soigneur de l’équipe éponyme.
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
    Festina n’empêcha pas le « miracle Armstrong » : encensé par les journalistes, le texan est parvenu à se frayer un chemin jusqu’aux podiums, malgré les scandales. Pierre Ballester, un ancien de « L’Équipe » raconte de l’intérieur une presse en roue libre dopée aux exploits de ses champions. Un récit mis en images par Youssef Daoudi et à retrouver dans le numéro #20 de La Revue Dessinée.
     Lance Armstrong a captivé pendant plusieurs années les journalistes sportifs. Dès la Grande Boucle de 1999, ses performances hors normes et sa récente rémission du cancer ont fait de lui un véritable mythe de l’asphalte. Des longs parcours plats aux hautes montagnes, rien ne semble résister à « la petite reine ». Pas même les médias spécialisés, qui exultent devant ses échappées spectaculaires.
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
Parmi les journalistes, ils ne sont que quelques uns à s'étonner. Plutôt dans la presse généraliste. Ainsi, toujours en 1999, le journal Le Monde révèle un contrôle positif du coureur aux corticoïdes. Mais sur le Tour, l’ambiance reste euphorique. L’émotion sportive et le grand récit priment. Les journalistes qui s’intéressent à l’éventualité du dopage passent pour des troubles-fêtes.
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
    Le journaliste Hugues Huet a lui aussi fait les frais du mépris de ses collègues après la diffusion de son reportage sur France 3. Il y faisait état des déchets médicaux, jetés par l’équipe du champion à 150 km de son hôtel, qui laissaient soupçonner la prise d’EPO.
         Les scandales qui ont émaillés la carrière de Lance Armstrong n’ont pas eu tout à fait raison de sa popularité et ne l'ont pas empêché de participer aux courses : il se retire après 7 victoires consécutives sur le Tour. « Strong » remet même le pied à la pédale en 2009, malgré une image sulfureuse et les nombreuses casseroles qu’il traîne derrière lui.
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
Depuis, la caméra a élargi sa focale : le Tour de France est désormais l’occasion de faire découvrir les paysages aux téléspectateurs. Une manière de s'adresser à une audience plus large et de s’éloigner des affaires de dopage. 
 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester
      Ce jeudi 5 juillet, sur la place Napoléon de La Roche-sur-Yon, munie de drapeaux rouges et blancs, la foule a accueilli avec enthousiasme les coureurs du Tour de France. Tous sauf un : Christopher Froome, de l’équipe britannique Sky. Lundi 2 juillet, l'Union cycliste internationale (UCI) a clos la procédure antidopage qui pesait sur Christopher Froome. 
      Malgré un contrôle anormal au salbutamol révélé en décembre dernier par Le Monde et The Guardian, il sera donc possible au coureur britannique de s'aligner au départ du Tour de France samedi. Cette décision n'est pas sans rappeler celle prise par la même institution à propos d'un certain Lance Armstrong, il y a quelques années…


 © Youssef Daoudi - Pierre Ballester© Youssef Daoudi - Pierre Ballester [ Merci à Médiapart]_____________________________

samedi 9 mai 2026

Confusions et amalgames

       Nulle institution n'est à l'abri de dérives 

              La critique doit donc être la règle, quant à son mode de fonctionnement et ses éventuelles dérives. Mais dans quel esprit? avec quelles intentions? Pour quels projets?


                                Là est la question...Les fins de manipulation sont toujours un risque, malgré les déclarations d'amendement, comme certaines intentions, certaines arrière pensées masquées. C'est ce que l'on peut craindre d'un certain rapport qui continue à faire grand bruit. __Voici deux points de vue qui pointent les ambiguïtés et les arrières pensées du rapport sur France Télévision:                                                                 * Le premier (déjà signalé plus haut)                                                                                      * Le deuxième:    Un autre débat est possible:                                                                           * Et un autre:                                                                                                                                        "...Le rapport de la commission d'enquête parlementaire sur «la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public» a été publié le mardi 5 mai. Quelque 560 pages pour «préparer les esprits à la privatisation de l'audiovisuel public», croit le président de la commission, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), en introduction d'un rapport qu'il dénonce. Il s'attaque à la forme, notamment à «l'hypermédiatisation» du rapporteur.              Jérémie Patrier-Leitus dénombre ainsi «trente-six interviews, dont onze à la radio et dix à la presse écrite», données par Charles Alloncle, tout au long de la commission. «Les nombreuses interventions médiatiques du rapporteur […] ont déplacé en partie notre travail hors du cadre solennel des auditions à l'Assemblée nationale», juge-t-il. Le président de la commission d'enquête note aussi «une utilisation massive des réseaux sociaux (plus de 330 posts sur X, 80 publications recensées sur Facebook, 90 sur Instagram…)» de la part du député de l'Union des droites pour la République (UDR, alliée au Rassemblement national), «allant même jusqu'à tweeter en temps réel pendant les auditions».                                                          Au-delà du spectacle, qui permet à Charles Alloncle de se positionner comme potentiel futur ministre de la Culture en cas de victoire de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella (RN) à l'élection présidentielle 2027, il faut comprendre ce que propose ce rapport à travers ses soixante-neuf recommandations.             Ce n'est pas facile, parce que, aussi bien dans les propositions que dans les analyses du rapporteur, la confusion et les procédés caricaturaux, le défaut d'ordonnancement thématique et les nombreuses incises qui ne concernent pas l'audiovisuel public brouillent les pistes; sans doute de façon intentionnelle. La confusion est permanente entre déontologie journalistique et neutralité ou impartialité. Les procédés sont le «name and shame», la désignation de cibles nominatives, de cas particuliers et des amalgames qui sont érigés en généralités. Les incises concernent la formation des journalistes dans les écoles professionnelles qui n'accueillent pas de journalistes d'extrême droite (Christine Kelly, Laurence Ferrari, Geoffroy Lejeune, Pascal Praud, etc.) ou Reporters sans frontières (RSF), qualifiée d'association militante                                                         Enfin, il y a quelques idées fixes, les salaires de France Télévisions (surtout celui de Delphine Ernotte, la présidente du groupe télévisuel, recommandations 50 et 56), les animateurs-producteurs (surtout Nagui, rec. 27 à 31) et les groupes de productions (surtout Mediawan), tout ce petit monde qui se «gaverait d'argent public». Ceci sans tenir compte du contexte médiatique ou de l'histoire.Ainsi, le salaire de Delphine Ernotte est compris entre 332.000 (part fixe) et 400.000 euros brut (avec la part variable), c'est évidemment un repoussoir pour nombre de Français; mais on ne compare pas avec celui de Rodolphe Belmer, président de TF1, dont la part fixe est de 920.000 euros et la part variable d'un maximum de 1,22 million d'euros, soit un total supérieur à 2 millions d'euros (cinq fois plus), ou même à celui de David Larramendy, président de M6, qui culmine à 1,5 million d'euros.      ___Confusions et omissions idéologiques____L'insistance mise sur les fournisseurs de France Télévisions (producteurs et entreprises, rec. 24 et 25) ne tient pas compte de l'histoire. Depuis l'éclatement de l'ORTF en 1974, tout a été fait pour empêcher la production interne des chaînes, afin de ne pas renouveler l'expérience de la Société française de production (SFP), qui était un foyer de syndicalisme et de grèves.                                  Ainsi, en 1990, les décrets pris par Catherine Tasca –ministre déléguée à la Communication de 1988 à 1991– pour répondre à la demande des producteurs privés imposent à la télévision publique d'externaliser 95% de sa production. Certes, Delphine Ernotte a négocié la diminution de ce quota à 75%, mais, pour produire plus, il faudrait embaucher, alors que l'on demande à France Télévisions de faire des économies…                          Le but est de recréer non pas l'ORTF, mais la RTF (Radiodiffusion-télévision française) qui exista de 1949 à 1964 et qui était aux ordres des gouvernements successifs des IVe et Ve Républiques.            Confusion encore lorsque le rapporteur veut diminuer les sports à la télévision (rec. 42), sous prétexte que la loi impose déjà la diffusion en clair de certains événements majeurs. C'est ignorer (ou faire semblant d'ignorer) que cela n'empêche pas de payer des droits pour le Tour de France ou la Coupe de France, faute de quoi ces retransmissions seraient reprises par d'autres chaînes. France Télévisions est une entreprise qui vit au sein d'un paysage concurrentiel.                                                                                                          En dehors des mesures d'économie préconisées, suppression de France.tv Slash, de France 4, de la radio Mouv', de l'absorption de France 5 par France 2, de l'INA par la BNF, de la fusion France Info radio et télé avec France 24 (rec. 2, 44 à 49, 52 et 53), et le regroupement de ce qui resterait dans une entreprise unique, que veut Charles Alloncle?          Certes, il s'inscrit dans un mouvement européen et états-unien des partis populistes, en Suisse (avec l'UDC qui propose une nouvelle votation), en Hongrie (Viktor Orbán), en République tchèque (Andrej Babiš), en Italie (Giorgia Meloni), au Royaume-Uni (Nigel Farage), aux États-Unis (Donald Trump), qui veulent la baisse des financements pour mieux contrôler politiquement les audiovisuels publics. Mais quelles en sont les modalités?   ... _________

mardi 2 juillet 2019

Tour d'enfance

       A qui le tour... d'en-France?                                                   
                    Le grand rituel va reprendre son cours
        Un tour ressemblant de moins en moins à un vrai tour.
                                 On est prié de la boucler...sur cette boucle discutée...
                      ....Sur des pratiques qui dénaturent le sport en général et le cyclisme en particulier.
    Et pourtant ils tournent...
            Promis, c'est fini!
   Les empêcheurs de tourner en rond, comme les papis, sont aussi souvent les premiers à suivre de près les bourreaux du bitume, les forçats du guidon.
  Le spectacle ritualisé fait oublier l'argent.
       Le vélo, c'est d'abord un rêve de gosse
                     Je m'souviens...(comme disait Pérec) du mythe estival de mon enfance et des figures qui revenaient chaque année, comme les temps forts des vacances rurales trop uniformes: Copi, Bobet, Gaul, Bahamontes...Puis, plus tard, Anquetil, Mercks...  et les autres. 
      C'était l'époque où l'on (se) rêvait (à)vélo.
                   Faute d'en avoir un. Trop rare, trop cher.
      Faute de sortie lointaine, on s'évadait :La seule évasion imaginée à travers la presse locale, vers des lieux inconnus et un peu mystérieux: Le Tourmalet, La Baule,...
   Plus tard, on ne se contentera plus d'en rêver, d'en parler
_________________Un peu comme le dit Nabum:
           Nous étions en culottes courtes ; nous n’avions pas l’âge de courir les routes sur des vélos encore trop grands pour nous. Nous ne devions pas non plus passer des heures devant la télévision en noir et blanc qui n’était pas dans toutes les maisons. Du tour, nous avions quelques images et du son surtout qui transitait par les postes de radio des parents. L’objet n’était pas multiplié à l’infini comme aujourd’hui.
    C’est le journal qui portait la légende. Les journalistes sportifs faisaient alors assaut de superlatifs dans une langue de qualité, avec un souci de la syntaxe comme du vocabulaire. Les termes étaient choisis, toujours en bon français. Le Tour initiait à la belle langue ceux qui avaient le bonheur de lire Blondin ou quelques grandes plume
    Je ne sais si je lisais déjà ces articles où si c’est mon père qui me les lisait à haute voix. Il y eut sans doute la première étape avant que d'aborder la seconde : manière de passer le relais et d’entrer en littérature par la petite reine. Je sais que la chose peut paraître curieuse, qu’elle ne fait pas très sérieux, mais qu’importe l’origine du virus pourvu que celui-ci fût de ce tonneau  
    Nous vivions passionnément cette aventure. Sur la place du Champ de foire, alors en terre battue, nous creusions un circuit sur lequel chacun de nous disposait d’un petit coureur de couleur vive. Notre Tour de France se faisait à coups de billes et de sorties de route ; une épopée plus mentale que réelle, une place offerte à l’imaginaire et à la saga des vedettes d’alors. Il nous en fallait peu pour nous construire un jeu qui nous tienne ainsi en haleine des heures durant. Nous n’étions pas difficiles ; nous avions aussi une formidable capacité d’imagination. 
      Quelques années plus tard, les télévisions étaient passées en couleur chez certains d’entre nous.Elles ne tournaient pas en permanence, n’offrant le plus souvent qu’un résumé des péripéties du jour. Le direct ne nous concernait que les jours de pluie. Le journal du matin conservait sa verve et alimentait nos échappées de l’après-midi. Sur nos vélos aux guidons recourbés, nous étions des héros bigarrés, les rois de la pédale et du double plateau.   Nous refaisions l’étape de la veille sur les petites routes de Sologne. Nous n’étions pas aussi nombreux que le peloton que nous cherchions à singer. L’essentiel était ailleurs, dans les sprints débridés que nous faisions pour désigner le maillot vert, dans les pauvres petites bosses de notre région, si plate, qui devenaient des cols infranchissables. Nous étions des acharnés et avions la jambe leste et le mollet galbé. Il faut dire que la bicyclette était notre unique moyen de transport ; les parents nous laissaient libres d’aller où bon nous semblait. Je peux vous assurer que nous battions la campagne sur près de quatre-vingt kilomètres chaque jour. 
     Puis ce fut le temps des mobylettes. Le Tour passa au second plan, le vélo au rencard. Nous restions en bande ; nous allions traîner le guilledou mais personne n’oubliait de rentrer pour le résumé du soir. C’était notre limite acceptable : nous avions disparu de la circulation depuis le matin de bonne heure ; il était temps de rentrer pour nous mettre à table. 
     Le Tour faisait partie du décor estival. Il ponctuait notre imaginaire, il était repère incontournable, aventure magnifique. Nous n’étions pas déguisés avec des marques et des tenues comme nos idoles : ce n’était pas encore le temps de la copie conforme à prix rébarbatifs. Nous n’avions pas besoin de singer pour imiter. 
    Le Tour est ainsi resté dans nos mémoires, d’autant plus que je vivais dans une petite ville qui avait eu un temps une équipe cycliste aux couleurs de l’usine à vélos locale. Jacques Anquetil avait gagné la Grande boucle sous ses couleurs : ça façonne une fierté, une tradition, une affiliation qui ne s’oublient pas. C’était la marque Helyett : celle du vélo et du cyclomoteur de mon père. J’ai gardé très longtemps la plaque avec le nom de cette marque bien vite disparue qui fusionnerait avec Gitane ; ainsi notre histoire resterait-elle liée au Tour de France quelques années de plus. 
     Alors, ce n’est jamais sans une grande dose de nostalgie que je vois poindre la période de la course de mon enfance. Le charme pourrait sembler rompu car la télévision a transformé l’épopée en circuit touristique à bord d'hélicoptère, mais il fonctionne toujours ; je cours après mon passé, après mon Tour d’enfance. 
         Nostalgiquement vôtre.
                                                     (Merci à Nabum )  

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samedi 2 mai 2026

Larges horizons

__ Vers une crise majeure?                                                                                                                                       Hypothèses et incertitudes                                                                                   L' arme énergétique de la Russie

__ La Mer Noire, mère des confrontations                                                                                                                          Si convoitée


__ Le piège sarkozien                                                                                                                                            Et l'encombrant absent. Un procès historique

__ La grande forme pour Total                                                                                                                                         Si peu imposable.    Réponse du berger...                                       Faudrait savoir

__ Il était une ville...                                                                                                                                        De la chute au réveil

__ De quelle autonomie parle-t-on?

__ Fin de l'Etat providence?

__ La lecture en recul?

__ EDF: fin du service public?

__ Un parti allemand préoccupant

__ L'ère des Frontières floues

__ Un rapport discuté et discutable:                                                                                                                               Libre propos:        Rapport Alloncle: une victoire de l'extrême droite contre l'audiovisuel public "Après six mois de travaux houleux, de polémiques en cascade et de méthodes ouvertement décriées par une large partie de l'hémicycle, le rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public sera bel et bien rendu public. Les 30 députés qui composent la commission ont voté ce lundi 27 avril en faveur de sa publication, prévue le 4 mai prochain. Une décision qui marque une étape inquiétante dans la guerre déclarée par la droite et l'extrême droite contre le service public de l'information. Tout commence à l'automne 2025. Le site d'extrême droite L'Incorrect publie des extraits d'une conversation filmée à leur insu, dans un restaurant, entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen et des responsables du Parti socialiste, au cours de laquelle il est notamment question de Rachida Dati. Éric Ciotti, président de l'UDR, s'empare aussitôt de l'affaire et utilise son droit de tirage annuel pour réclamer la création d'une commission d'enquête parlementaire sur la "neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public". Les travaux débutent le 25 novembre 2025, présidés par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), avec Charles Alloncle, député UDR de l'Hérault et allié revendiqué du Rassemblement national, comme rapporteur. En six mois, 238 personnalités ont été auditionnées lors de 67 séances, dont Vincent Bolloré, Delphine Ernotte (présidente de France Télévisions), Sibyle Veil (Radio France), Léa Salamé, Xavier Niel ou encore Nagui. Plus de 200 heures d'échanges ont été retransmises en direct. Une commission extrêmement médiatisée, mais dont la méthode a rapidement transformé un exercice de contrôle parlementaire en spectacle d'intimidation. Dès décembre 2025, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait rappelé Charles Alloncle à l'ordre par courrier, évoquant des incidents d'une "fréquence et d'une ampleur inédites". Rédigé par Alloncle, ce document de près de 400 pages concentre quelque 80 propositions dont certaines, si elles venaient à être appliquées, constitueraient une attaque frontale contre l'audiovisuel public français. Parmi les mesures les plus emblématiques : la suppression de France 4 et France TV Slash, les chaînes dédiées aux jeunes publics, au prétexte de "redéployer les moyens" vers des offres numériques sur France.tv et les réseaux sociaux. France 2 et France 5 seraient fusionnées en une unique chaîne généraliste, tandis que franceinfo et France 24 disparaîtraient également en tant qu'entités autonomes pour être fondues dans une seule structure. Côté radio, le Mouv', l'antenne hip-hop de Radio France, serait tout simplement supprimée. Un milliard d'euros d'économies ainsi généré ne serait pas réinvesti dans l'audiovisuel public ni dans la culture : il servirait au désendettement de l'État et à l'entretien du patrimoine national. Un tour de passe-passe budgétaire qui dit tout du mépris dans lequel ces propositions tiennent la mission de service public. Mais le clou du cercueil, c'est la proposition de remettre entre les mains de l'Élysée la nomination des dirigeants de France Télévisions et de Radio France, après simple avis des commissions des affaires culturelles et de l'Arcom. Un recul historique que des élus du bloc central eux-mêmes ont résumé en une formule sans appel : un "retour à l'ORTF". Autrement dit, un audiovisuel public mis au pas du pouvoir politique. Alloncle préconise également d'imposer à l'ensemble des personnels de l'audiovisuel public une stricte neutralité dans leur expression publique, y compris en dehors de leurs fonctions, avec un devoir de réserve renforcé pour les figures de premier plan. Une exigence asymétrique jamais réclamée aux médias privés qui, eux, peuvent ouvertement épouser les thèses du camp conservateur. Ce qui a particulièrement choqué les élus de gauche, et même une partie du centre, c'est bien moins le contenu du rapport que la méthode. Au fil des mois d'auditions, la commission s'est progressivement transformée, selon les mots de plusieurs observateurs, en véritable tribunal de l'audiovisuel public. Séquences virales, confrontations brutales, insinuations, accusations ad hominem : ce qui aurait dû être un travail d'investigation rigoureux est devenu un spectacle de mise en cause systématique des journalistes, animateurs et dirigeants du service public. Lors de son audition, Nagui a accusé Alloncle d'avoir déclenché une campagne de cyberharcèlement à son encontre après avoir été présenté comme la personne qui s'est le plus enrichie sur l'argent public au cours des dix dernières années. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a de son côté dénoncé lors de la dernière audition du 8 avril une montagne d'accusations infondées et outrancières, pointant des chiffres factuellement faux répétés par le rapporteur. La lecture du rapport lui-même, consultée à huis clos les 23 et 24 avril dans une petite salle du Palais-Bourbon sous surveillance d'un administrateur, n'a fait que confirmer les pires craintes. La députée socialiste Ayda Hadizadeh a dénoncé des attaques ad hominem, des insinuations, des diffamations et des mensonges, qualifiant la démarche de dérive trumpiste. Boris Vallaud, chef de file des députés PS, a dénoncé un document à charge, truffé de mensonges et de partis pris. Les élus écologistes, par la voix de Sophie Taillé-Polian, ont estimé qu'Alloncle avait créé un précédent détestable en dévoyant ce qu'est une commission parlementaire. Un député, sans donner son nom, a posé la question qui résume tout : l'Assemblée nationale peut-elle cautionner qu'un rapport parlementaire repose sur des méthodes de calomnie et d'insinuation ? Les insoumis, par la voix d'Aurélien Saintoul et de Nadège Abomangoli, avaient annoncé voter contre sans ambiguïté, qualifiant le texte de mensonger, partial et contradictoire, et estimant qu'une enquête établit des faits, elle ne juge pas des opinions des uns et des autre. L'affaire aurait dû s'arrêter là si une révélation du Monde n'était venue ajouter une couche de scandale supplémentaire : la direction des affaires institutionnelles de Lagardère News, propriétaire du JDD et du JDNews, a transmis à des membres de la commission des questions à poser lors des auditions, notamment à Delphine Ernotte et à Sibyle Veil, deux dirigeantes ayant précédemment critiqué publiquement CNews, Europe 1 et le JDD, toutes propriétés du groupe Bolloré. Des questions sur mesure, destinées à orienter les travaux dans le sens des intérêts d'un groupe de presse privé directement concurrent de l'audiovisuel public. Radio France a réclamé que toute la lumière soit faite sur ces collusions éventue. Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a lui-même reconnu que des éléments concordants accréditent des tentatives d'ingérence inédites. Face à cela, Alloncle a balayé la question d'un revers de main : le lobbying, c'est vieux comme l'Assemblée. La normalisation de la corruption des processus démocratiques, en une phrase. Il faut également noter qu'Alloncle a accordé une interview fleuve au JDNews, l'un des médias de l'empire Bolloré, la veille même de la mise à disposition du rapport à ses collègues, pour y présenter ses soi-disant révélations. Le même réseau médiatique qui, depuis des mois, mène une campagne systématique contre France Télévisions et Radio France. Les connexions entre ce rapport et les intérêts de la presse privée conservatrice n'ont donc rien d'accidentel. Face à cette situation, les groupes de gauche n'avaient pas exactement la même approche tactique, mais partageaient la même analyse. Les socialistes avaient proposé un vote en deux temps : un premier sur la publication du rapport en tant que tel, un second sur les préconisations publiées au seul nom d'Alloncle et non au nom de la commission entière. Une manière d'éviter que le sceau de l'Assemblée nationale ne soit apposé sur ce que Boris Vallaud a qualifié de pamphlet idéologique. Les insoumis avaient opté pour une position plus tranchée : non à la publication, point final. Non par opposition au principe de transparence, mais parce que laisser diffuser un tel texte sous l'autorité de l'institution parlementaire lui conférerait une légitimité qu'il ne mérite pas. Les écologistes ont suivi la même ligne. Du côté de Renaissance et du MoDem, l'abstention a été choisie, une façon de ne pas prendre de risque politique sans pour autant assumer publiquement un soutien à ce texte problématique. La droite, après quelques jours d'hésitation, a finalement voté pour, Laurent Wauquiez l'ayant confirmé par tweet quelques heures avant le scrutin. L'extrême droite, elle, n'a jamais eu le moindre doute. C'est donc la coalition droite-extrême droite qui a imposé la publication, avec les abstentions centristes en appoint. Le résultat est sans surprise, mais il n'en est pas moins grave. Il serait naïf de réduire cette affaire à un simple débat sur les mérites ou les défauts de l'audiovisuel public français. Ce qui se joue ici, c'est une offensive coordonnée et méthodique contre l'un des derniers espaces médiatiques qui échappe au contrôle des grands groupes privés et de leurs actionnaires milliardaires. France Télévisions, Radio France, franceinfo : ces structures ne sont pas parfaites, loin s'en faut. Mais elles représentent une alternative concrète à la mainmise de Bolloré et Lagardère sur l'information. Le rapport Alloncle, s'il venait à alimenter une proposition de loi, constituerait un arsenal législatif au service de cette offensive. L'hypothèse d'une inscription à l'ordre du jour de la niche parlementaire de l'UDR le 25 juin prochain est évoquée dans l'entourage d'Éric Ciotti, même si rien n'est encore arrêté. Avec pour horizon une information publique mise sous tutelle présidentielle, appauvrie, muselée et finalement inutile. " (Sources : Libération, AFP, franceinfo, LCP)

__Les digues sauteraient-elles?                                                                                                                                      À un an de l’élection présidentielle, il y a des symboles qui prennent soudain davantage de poids. Le déjeuner entre Jordan Bardella et le Medef rend nostalgique du temps où les élites économiques snobaient le parti lepéniste, où leur cheffe Laurence Parisot s’opposait même frontalement à Marine Le PenMais voilà, comme il courtise autant les patrons que les princesses, le RN est devenu présidentiable et, de fait, fréquentable. Quand bien même les retours de ces réunions sont parfois cinglantes, « le fait qu’ils disent que l’on n’est pas le grand Satan est déjà un progrès », a noté le député nordiste Jean-Philippe Tanguy au MondeTant pis si même les trumpistes américains, qui ont reçu Bardella et Le Pen en grandes pompes en décembre dernier, ont été consternés par leurs propositions économiques, comme le soulignait Reuters.                                                                          Il y a aussi des symboles, moins discutés sur les plateaux télés, qui disent beaucoup de la perméabilité politique vis-à-vis de l’extrême droite. Depuis les élections municipales où le mouvement lepéniste a gagné des dizaines de villes, les digues locales sautent. Au conseil départemental du Tarn-et-Garonne, le RN s’est associé au candidat de la droite pour évincer le PS dans une coalition transpartisane. Il est désormais dans les vice-présidences. À Besançon (25), c’est un lepéniste au profil Facebook caché ordurier élu pour la première fois vice-président de la métropole, qui rassemble 67 communes. Ces symboles effraient mais montrent également la politique de ce parti – dont les maires augmentent immédiatement leurs salaires à La FlècheMontargis, Moissac ou Perpignan – et qui visent d’abord les plus précaires. Au moins, c’en est fini de l’argumentaire électoral, « on n'a jamais essayé ». Au contraire, nous sommes en plein dedans. [ Christophe-Cécil Garnier_ StreetPress.com ________________

vendredi 1 juillet 2022

Un tour viral

C'est inédit...     

Un business qui roule

              Quand le Tour ressemblait à un tour.... Toujours plus vite!...Plus dure sera la chute!                                                                     Au rendez-vous annuel incontournable sur les routes de France, ce ne sont pas les coureurs qui posent problème, mais le système qui les conditionne et les formate. Le tour n'est plus ce qu'il était. D' "artisanal" il n'y a pas si longrtemps, il s'est "marchandisé". ce qui n'est pas sans conséquences sur le déroulement des épreuves et le comportement des coureurs.      C'est devenu le tour des marques et non plus des pays; l'emprise commerciale est totale. La pub est sur les maillots.  Les sponsors font partie du jeu et imposent leurs conditions, pas seulement matérielles. Dans Le vélo, G.Lambert avait déjà montré les prémisses de cette évolution.                                                                                               Certes, ce n'est plus la folle époque de Armstrong, ni même de Froome et de l' équipe Sky mais la logique n'a pas changé. Il faut aller vite, toujours plus vite dans le temps imparti par les exigences télévisuelles. Show must go on. Les marques doivent se démarquer. Plein feu sur Michelin ou Cochonou. Une logique ultra-compétitive où les écarts de réduisent toujours plus et où il faut frénétiquement se "placer" et jouer du guidon. Au risques de chutes de plus en plus nombreuses.   Madiot pointe le problème, mais pas les causes quand il dit:« Moi, ce soir, je n’ai pas envie que mon gamin soit coureur cycliste professionnel. On ne peut pas continuer comme ça. Ce n’est plus du vélo, là. Il faut qu’on change. Si on ne le fait pas, un jour on va avoir des morts. Ce n’est pas digne de notre sport. »

                Il fut un temps où le Tour enthousiasmait, où l'on ne se déplaçait pas pour voir des robococks serrés comme des harengs, filant à 50 km à l'heure, caméras partout, attendant la prochaine chute, guettant la demi-seconde qui fera la différence...
    Avec Albert Londres, Antoine Blondin et après...Quand le Tour ressemblait à un tour, non à un produit commercial.
     Aujourd'hui, le Tour est fatigué. C'était quand même mieux moins pire avant...
           Le Tour est cadenassé (capteurs de puissance, oreillettes et divers produits de plus en plus indétectables...qui faussent les données et la spontanéité, etc...)
    Une déjà vieille histoire...
 On peut être journaliste, même philosophe ou être un simple amoureux du vélo, sans partager les excès et les dérives d'une aventure qui est loin de celle de naguère, par exemple, celle de Bartali, Robic, Geminiani, etc...
      Le cyclisme a changé. C'était quand même mieux moins pire avant.
             [On annonce que Jupiter fera une étape de montagne. Il s'y prépare...Non pour rehausser un sport qui s'est depuis longtemps déconsidéré, comme d'autres, mais...pour se montrer. Il y a tant de caméras...]
                     Malgré tout, le vélo (le vrai) ira loin...Certains ont plus d'un tour.
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Assiste-t-on à un cycle infernal?
        On parle bien d' "enfer du Nord" pour une épreuve plus modeste, plus chaotique. Evoquer les symptômes et les dérives ne suffit pas.            
"...Le Tour de France n'est plus ce qu'il était. Il fut d'abord cette captivante dramaturgie populaire dans laquelle les spectateurs aimaient à vibrer pour leurs héros : le bon, la brute ou le truand. Les tréteaux du "pauvre" en quelque sorte : Anquetil, la bombe profilée, Poulidor, l'éternel second tenace mais sans roublardise, Bahamontes, l'aigle fulgurant des montagnes, sans compter le géant polyvalent, Fausto Coppi. Bref, le sport faisait rêver les foules. Le capitalisme a transformé tout ce petit théâtre de l'émotion populaire en une vaste entreprise qui tourne à pleins gaz.   La marchandisation du monde n'a pas épargné le sport. Règne du plus fort, culte de la performance épuisant jusqu'à la mort des sportifs obstinément dopés, transformant des hommes certes doués en androïdes futuristes, aspirant foules, capitaux en une spirale avide. "Plus vite, plus haut, plus fort", la juste devise olympique a dégénéré en pitoyable slogan d'entreprise. Robert Redeker, pamphlétaire mordant, a mille fois raison. Le Tour de France, jadis instructive leçon d'histoire pour tous, de géographie itinérante et de morale républicaine, est devenu une plate "leçon de choses" : le bréviaire désenchanté de l'économisme de notre temps...."       On mérite mieux!_________