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mardi 13 novembre 2018

De Pétain

Et du pétainisme.
                          Mais qu'allait faire le Président dans cette galère mémorielle?
         Dans ce chemin des croix, légitime en soi, qui se transforma souvent en chemin de croix.
             Le rappel simpliste de la figure du général Pétain, qu'il aurait pu s'abstenir d'évoquer tant le personnage est encore clivant dans la mémoire blessée de notre roman national, se transforma en "bourde" présidentielle.
  Que le "vainqueur de Verdun" reçoive un hommage appuyé, moindre que les anonymes qui vécurent une enfer de sang et de boue, n'a pas fait l'unanimité, c'est le moins que l'on puisse dire. L'histoire , surtout encore chaude, doit être évoquée avec prudence quand on est chef d'Etat.
     En faisant l’équilibre entre un Pétain 1 et un Pétain 2, il a repris une ficelle dialectique de ceux qui font la part des choses parce qu’ils jugent en surplomb au-dessus du commun. Insensibles à certaines dimensions, par exemple morales, de la question. Ainsi vont les élites sûres d’elles. Elles le font d’autant plus que leur mode de consécration ou de certification passe par une culture scolaire superficielle en la matière, celle des grandes écoles, où l’on apprend beaucoup de choses, en réalité des mots coupés de la réalité dont ils sont censés rendre compte, des souffrances, des angoisses, des incertitudes.
       Ce que beaucoup d'historiens contestent, c'est les propos réducteurs de Jupiter:
               Dans le récit national, Pétain occupe deux places bien différentes. Il est, d’une part, le « vainqueur de Verdun », général victorieux de la Première Guerre mondiale. Et il est d’autre part l’homme de la poignée de mains de Montoire, le responsable de la politique de Collaboration de l’État français avec l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.  Il a été présenté très vite comme le « vainqueur de Verdun », au prix d’une réduction considérable de l’histoire de cette bataille, qu’il n’a certainement pas gagnée seul et dont il n’était pas le seul chef militaire.   En réalité, Pétain a bénéficié d’une double conjoncture favorable. D’une part, ayant la réputation d’être économe de ses soldats, il a été favorablement comparé aux responsables des grandes offensives dévoreuses d’hommes de 1915-1916, comme le général Nivelle. D’autre part, il a eu la chance de survivre à toute la génération des chefs de 1914-18, qu’ils soient militaires, comme Foch et Joffre, ou civils, comme Clemenceau. À la fin des années 1930, il ne restait plus que lui à incarner la Victoire.    Pour les nationalistes, il était devenu la seule figure de référence, ce qui explique que cet officier qui, jusqu’en 1914 avait fait une carrière honorable, mais médiocre, a pu devenir l’objet de la campagne nationaliste « C’est Pétain qu’il nous faut »...
          Le Président a alimenté la confusion par ses propos jugés imprudents.
              Faute ou maladresse? En tous cas Jupiter aurait dû s'abstenir pour s'en tenir aux vrais héros anonymes  de la terrible tragédie de quatre ans.
       Mettre en place un savoir et construire une mémoire relèvent de logiques d’action parfaitement différentes. En s’adossant, comme il l’a fait, à un discours savant pour légitimer le maréchal Pétain dans la mémoire, le président de la République a pris le risque de briser cette mémoire nationale, indique l’historien Emmanuel Saint-Fuscien, car « on ne joue pas impunément avec les usages publics du passé ».    Surtout lorsqu’il s’agit de convoquer la figure d’un homme frappé d’indignité nationale en 1945. « C’est même dangereux, poursuit ce maître de conférences à l’EHESS. L’argument qui consiste à revenir sur le Pétain de 14-18 a longtemps été celui de l’extrême droite. Il a déjà été très compliqué d’arriver à un consensus national et à une mémoire patiemment apaisée. »
        Le choix funeste fut évoqué, mais au détour d'une phrase.
  Quand on connaît l'engagement vers la droite nationaliste de plus en plus marqué du général entre les deux guerres, notamment à partir des années 30...
      Le piège du en même temps s'est refermé sur le discours présidentiel, qui a donné ou redonné à des hommes comme Eric Zemmour une sorte de légitimation.
    La critique la plus sévère vint de JM Bourget, qui ne manqua pas d'évoquer l'Etrange défaite de Marc Bloch et les analyses plus contestées de H Guillemin et de Lacroix-Riz.
  L'imposteur de Verdun, comme dit un historien de la Grande Guerre, ne méritait pas tant d'éloges et de vacarme.
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lundi 7 juillet 2014

Point d'histoire

 Verdun 1916
                                             .Comme si c'était hier...
                      La course au désastre atteint là son apogée, mais non sa fin.
                 Qui l'avait vraiment voulu? Jaurès avait parlé pour des sourds.
Pourtant, Berlin l'avait décidé: c'est là qu'il fallait en finir, saigner définitivement l'ennemi pour sortir du bourbier et atteindre enfin Paris. L'extermination comme objectif.
       Ce devait être rapide...comme toujours. Le cauchemar dura 10 mois.
  300 jours de Trommelfeuer et d' orages d'acier,  d'ambiance dantesque, qui resta gravée dans les mémoires.    Combien de rues de Verdun en France?...
    Le 21 février 1916, à 7h15 du matin, commença LA bataille. Un déluge de sang.
      Sous Verdun, beaucoup témoignèrent, des sans plumes comme des écrivains: Génevoix, Dorgelès, Barbusse...
      Freud , qui perdit deux fils dans cette guerre, désabusé après avoir longtemps tergiversé, y vit une confirmation de l'hypothèse psychanalytique de la pulsion de mort, encore très discutée aujourd'hui.:  «Nous descendons d'une lignée infiniment longue de meurtriers qui avaient dans le sang le plaisir du meurtre, comme peut-être nous-mêmes encore» (*)
    Sa pensée en fut durablement affectée.
         En 1933, à la veille d'un nouveau cataclysme, il échangea avec Einstein: pourquoi la guerre? 
            Tout ça pour ça!
                                       Les pertes ont été considérables, pour un gain en territoires conquis nul. Après 10 mois d’atroces souffrances pour les deux camps, la bataille aura couté 378 000 hommes (62 000 tués, plus de 101 000 disparus, et plus de 215 000 blessés, souvent invalides) aux Français, 337 000 aux Allemands. 60 millions d’obus (une estimation parmi d'autres, aucun chiffre officiel n'existe) y ont été tirés, dont un quart au moins n'ont pas explosé (obus défectueux, tombés à plat, etc.) et 2 millions par les allemands le 21 février 1916. Si l'on ramène ce chiffre à la superficie du champ de bataille, on arrive à 6 obus par m2...
           Terrible bilan!
Plus jamais ça! dirent-ils.
                        Malheureusement, il y eu Stalingrad, Monte Cassino, Hué, Bagdad...
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   (*)"... La guerre à laquelle nous ne voulions pas croire éclata et fut pour nous
une source de... déceptions. Elle n'est pas seulement plus sanglante et plus
meurtrière qu'aucune des guerres du passé, à cause des terribles perfectionnements
apportés aux armes d'attaque et de défense, mais elle est aussi,
sinon plus, cruelle, acharnée, impitoyable que n'importe laquelle d'entre elles.
Elle ne tient compte d'aucune des limitations auxquelles on s'astreint en temps
de paix et qui forment ce qu'on appelle le droit des gens, elle ne reconnaît pas
les égards dus au blessé et au médecin, elle ne fait aucune distinction entre la
partie combattante et la partie non combattante de la population, elle viole le
droit de propriété. Elle renverse tout ce qu'elle trouve sur son chemin, et cela
dans une rage aveugle, comme si après elle il ne devait plus y avoir d'avenir ni
de paix entre les hommes. Elle fait éclater tous les liens de communauté qui
rattachent encore les uns aux autres les peuples en lutte et menace de laisser
après elle des rancunes qui rendront impossible pendant de longues années la
reconstitution de ces liens.
Elle a révélé encore ce fait à peine concevable que les peuples civilisés se
connaissent et comprennent si peu que les uns se détournent des autres avec
haine et horreur. Une des grandes nations civilisées est même devenue tellement
haïssable que l'ayant proclamée « barbare », on avait essayé de l'éliminer
de la grande communauté civilisée, bien qu'elle ait prouvé ses aptitudes à
la civilisation par des contributions de tout premier ordre. Nous voulons bien
espérer qu'un historien impartial réussira à montrer que c'est la nation dont la
langue est la nôtre et dans les rangs de laquelle luttent ceux qui nous sont
chers qui a le moins violé les lois de la morale humaine..."

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dimanche 21 février 2016

Point d'histoire

 1914, __1915, __1916...
Monuments aux morts pacifistes
                                       VERDUN:
L "Apocalypse"...

      Le grand abattoir: 300 jours, 300000 hommes   morts. 
Monstrueux symbole de la guerre.
           En attendant la Somme, qui fut un des engagements les plus meurtrier du conflit dès les premiers jours. On y dénombra en tout 1 060 000 victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus.
Une boucherie inouïe.

"Tu ne peux savoir ce que l'homme peut faire pour l'homme" (Lettre d'un soldat à sa mère)

Pourquoi Verdun?
Pourquoi la guerre?
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     Pour suivre jour après jour les mouvements des armées sur le front ouest:
 [Cartographie 1914 - 1918] __Le 21 février 1916: Opération Gericht
___________________ 

dimanche 29 mai 2016

De Verdun à Hiroshima

Deux présidents commémorent
                                                            Une commémoration sans projet, une mémoire sans regret.
                                                                                                  100 ans et 70 ans après, !a question resurgit toujours: pourquoi?
        D'un épisode les plus terribles de la première guerre industrielle à la fulgurance mortifère des bombardements d'un nouveau genre sur le Japon.
   __  Verdun, l'acharnement dans la démesure meurtrière, reste encore en partie inexpliqué.
                  Il y a la succession absurde des événements et la mémoire familiale..
       Des plaies toujours visibles, une mémoire meurtrie, mais lacunaire, faite de dénis et d'idéalisations à partir d'un mythe  construit après coup, sur fond de propagande..
        Il y a les récits  bouleversants  redécouverts, les traces écrites témoignant de l’enfer.

__  Hiroshima:  l'enterrement d'une ambition présidentielle.
                             Une intervention qui aurait pu être évitée
                     Comme le reconnaissaient très tôt J Byrnes, l'amiral Leahy et le général Eisenhower
               Comme le confirment des analyses plus tardives.
           Comme le suggèrent maintes réactions nippones et de rares survivants.
______
          Parmi les rares esprits lucides figure le jeune romancier et philosophe Albert Camus, qui écrit dans Combat, le même jour, un article non signé : « Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles.
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samedi 2 janvier 2016

Point d'histoire: 1916

     Il y a cent ans 
                               Le premier janvier, c'était l'entrée en vigueur effective de l'impôt sur le revenu.
                    Et l'établissement du calendrier de la nouvelle année de guerre aux thèmes ultra-patriotiques.
      Plus long que prévu, l'état de guerre, qui saigne les finances nationales, impose un certain contrôle des prix.
  On établit déjà une comptabilité morbide:  ...600 000 tués, 400 000 disparus. Il faut combler les vides. Les armées ont besoin de 1 600 000 hommes pour tenir le front, ils ne sont que 1 230 000. Les jeunes recrues de la classe 1916 arrivent dans les bataillons de l’avant. La mobilisation dans les colonies s’accentue. En plus des Sénégalais, voici des Malgaches et des Annamites qui rejoignent les armées...
 _______Après 1914, qui vit les prémisses d'une guerre parfois non désirée, mais que tout préparait, supposée courte et joyeuse, vint l'effroyable année suivante.
     1915 vit la stabilisation d'un conflit destiné à s'éterniser...
            1916, c'est l'entrée dans la guerre totale, avec deux épreuves majeures:  la bataille interminable de Verdun, hécatombe visant pour le Kronprinz à saigner les forces françaises, et la terrible bataille de la Somme.
   Engagements titanesques qui ne firent pas bouger pratiquement les lignes d'un front décidément enterré.
     Il ne fut plus question de fraternisation, la discipline militaire redoubla.
Entre les périodes de désoeuvrement , d'écriture et de lectures, dominèrent le harassement, la démoralisation, la désillusion, après les fragiles espoirs des débuts, les fugaces moments de fraternisation localisée. Ce n'est pas encore la révolte dans les rangs (*), mais bien la fin des utopies.
           En 1916, les affrontements titanesques et terriblement meurtriers de Verdun symbolisèrent les moments les plus absurdes d'une guerre industrielle qui suivait une folle logique.
   L'offensive franco-anglaise de la Somme fut une des plus meurtrières du conflit dès les premiers jours. On dénombra en tout 1 060 000 victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus.
       L'Artois labouré porte encore les stigmates de ces luttes fratricides, mais aussi les symboles de la mémoire et  d'une réconciliation longue à s'installer. 
  Il fallut du temps et des remises en question
     L' anneau symbolique de ND de Lorette symbolise depuis peu le mélange des noms et des nationalités sur une terre où les cadavres fusionnèrent dans un même chaos, dans un même absurde bourbier.
 


mardi 5 mars 2013

Surdité bruxelloise

___L'Europe, telle qu'elle fonctionne (mal) aujourd'hui, est-elle sans avenir?
________________________Sans nul doute, sauf remises en question profondes, si on se réfère à des analystes habituellement modérés et même parfois europhiles.
Le sujet, jusqu'ici encore tabou, commence à envahir les medias et la blogosphère.
« C'est l’escalade vers la catastrophe",  va  jusqu'à dire X.Timbeau de l'OFCE, qui est  une organisation plutôt sérieuse et responsable..
Même le très européiste Quatremer, en vient à fustiger le scandale antidémocratique  qu'est devenue la zone euro.
Edwin Le Héron exprime aussi, comme économiste, de nombreuses critiques sur l'euroalignement 
____Mais la musique de Bruxelles est toujours la même: austérité! leitmotiv d'une administration hors-sol:
"Mais les indicateurs économiques des derniers jours semblent confirmer le sombre scénario d'une Europe qui, selon l'expression du prix Nobel américain Paul Krugman, « s'auto-détruit ». Dans ses prévisions de printemps, la commission anticipe désormais une récession pour la zone euro tout entière (–0,3 %) cette année. Quant au chômage, son taux a atteint, en janvier, un sommet historique, à 11,9 % dans la zone. « Il faut s'attendre à des tensions sociales et politiques d'une rare intensité. Les peuples européens vont faire face à une situation sans précédent », avait prédit l'économiste André Orléan, directeur de recherche à l'EHESS..."
L'eurozone est peut-être condamnée à exploser, les divergences n' ayant cessé de s'accentuer.
Le temps de la nostalgie semble se terminer.
Va-t-on vers un Verdun économique et social ?
De plus en plus de voix s’alarment devant la dégradation sociale de l’Europe et son chômage insoutenable, perçus comme les nouveaux risques de la zone euro.
 « Comme le montrent les prévisions atroces de croissance et d’emploi publiées aujourd’hui, l’Europe poursuit une stratégie, qui est économiquement obscurantiste, politiquement irresponsable, socialement indéfendable et finalement auto-destructrice, même s’il advient que les objectifs de réduction de déficit recherchés sont atteints », tonne le groupe de réflexion Re-define, regroupant des banquiers, des hauts fonctionnaires. « Comme il devient manifeste que les programmes d’austérité conduisent des souffrances non justifiées spécialement pour des millions de personnes qui ont été jetées dans le chômage et la pauvreté, la résistance contre ces programmes ne peut que s’accroître. Une résistance qui peut amener des millions de personnes à souhaiter se libérer de ce qu’ils percoivent être les chaînes imposées par l’euro », concluent de leur côté les économistes Paul de Grauwe et Yumei Ji, au terme d’une très longue étude sur les erreurs de la politique européenne, cherchant à complaire des marchés financiers qui ne réagissent qu’en mode euphorie-panique.
 Sourde à tous les avertissements, la Commission européenne n’en démord pas : il convient à tout prix de maintenir cette politique.  « La consolidation budgétaire est nécessaire et devrait améliorer les perspectives économiques à moyen et long terme, même si elle peut peser sur la croissance à court terme », dit le rapport, sans s’inquiéter outre mesure. Un siècle après avoir mené, en version militaire, un carnage sans raison ni fondement, l’Europe institue le Verdun économique..".
Cette logique infernale semblait inscrite dans les gènes du projet, biaisé depuis le début,  reconnaît J.Attali lui-même.
Sur le modèle de l'Islande, il serait temps de reconsidérer le problème de la dette, d'inverser la logique conduite jusqu'ici:
"...Ce sont deux juristes américains qui ont été les architectes de la restructuration de la dette de la Grèce. Contrairement à ce que les dirigeants européens ont promis, Mitu Gulati et Lee Buchheit -qui a conseillé quasiment tous les Etats en faillite au cours des trente dernières années-, sont persuadés que la Grèce ne restera pas un « cas unique et exceptionnel ». Selon eux, il faut restructurer les dettes d'autres Etats, c'est à dire imposer des pertes aux créanciers, plutôt que de laisser les contribuables de la zone euro payer la facture.  « La principale raison qui a poussé les Européens à utiliser l'argent public pour rembourser intégralement les investisseurs privés qui détenaient la dette des Etats en difficulté est qu'ils redoutaient de faire face à une situation du type de celle de l'Argentine, qui s'est retrouvée piégée par des créanciers récalcitrants (« hold-outs ») », concluent-ils dans l'article qu'ils ont présenté lors d'une conférence à Chypre. C'est donc ce problème des « hold-outs » qui doit être traité. Les spécialistes préconisent d'amender le Traité qui instaure le Mécanisme de stabilité européen (MES) afin d'empêcher qu'un créancier floué ne puisse saisir les actifs d'un Etat membre qui bénéficie d'un programme d'assistance financière européen (et qui restructure sa dette). Il s'agit en somme d'immuniser temporairement les biens et les revenus des pays aidés. « En mettant des bâtons dans les roues des investisseurs prêts à traîner les Etats devant les tribunaux, cet amendement réduira l'espoir qu'ils ont de gagner de l'argent en ne participant pas à la restructuration ». Une proposition qui intervient, ce n'est pas un hasard, après la saisie rocambolesque d'un navire argentin par le fonds Elliott, qui a toujours refusé de participer au plan de réduction de la dette de l'Argentine. Au passage, les auteurs fustigent la manière dont les dirigeants ont géré la crise. Notamment Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé que « les Européens payaient toujours leurs dettes ». « C'est bien mal connaître l'histoire de l'Europe », assènent-ils. Ils accusent surtout la Banque centrale européenne d'avoir plaidé pour qu'on n'inflige pas de pertes aux investisseurs. Leur proposition d'amendement a circulé dans les cercles officiels, mais le sujet est trop explosif pour être débattu publiquement. (* « The problem of holdout creditors in Eurozone sovereign debt restructurings », Lee Buchheit, Mitu Gulati, Ignacio Tirado, 22 janvier 2013)"

jeudi 12 novembre 2020

La plume et le fusil

 La "grande guerre", ils l'ont vécue et écrite

                                 De près ou de plus loin. Des témoignages de première main. Souvent sur le terrain, au raz de la mitraille, de la boue, du sang, de la mort omniprésente.  Qu'il s'appellent  Maurice Génevois, Henri Barbusse ou Louis Barthas, moins connu, qui souffrit dans l'Artois, ils évoquent leur expérience devenue vite infernale, un piège presque infini de souffrances indescriptibles, au milieu de voix parfois discordantes et parfois propagandistes, du moins au début des hostilités.                                                                        

                               Une marche somnambulique collective avait commencé quatre ans plus tôt  Un bilan humain hallucinant, de Ypres à Hartmannswillerkopf, où un oncle laissa sa vie, pour reposer loin des siens:      [*Document officiel laconique: [02/04/1915- L.T. (21 ans) -Département : 68 - Haut-Rhin  Commune : Moosch Lieu, complément : Ambulance 2/58 Genre de mort : Mort des suites de blessures Mention Mort pour la France ]Oui]

              Pour ne parler que de la France.
Monuments aux morts pacifistes
    La commémoration poursuit son cours. L'ambiguë itinérance présidentielle fais la part trop belle à l'action des généraux, dont les décisions furent souvent critiquées dans les tranchées.
     Le paysan breton ou l'ouvrier corse ne figure plus que comme des noms presque effacés sur le marbre de villages autrefois décimés. 
    La pérégrination a parfois pris des connotations touristiques.
         Commémorer quand même, les victimes de cette séquence effroyable, inaugurant une guerre de trente ans... et leurs conséquences toujours présentes géopolitiquement. En Europe  comme dans les Balkans et ailleurs...Une guerre vraiment mondiale.
      L'armistice fut un puissant marqueur, mais Versailles inaugura le début d'une nouvelle séquence historique et prépara le terrain de  nouveaux malheurs.
           1914, __1915, __1916...VERDUN:
               Ce fut l' "Apocalypse"...
   Dès le début, ce fut le grand abattoir: 300 jours, 300000 hommes   morts. 
    De terribles années se suivirent, après les illusions des premiers jours.
 Ce fut Verdun, la terrible année 1917, le dernier Noël, qui ne connut plus les tentatives de fraternisations du début
  En aout 1918, les premiers signes d'une fin espérée. Enfin, la fin.
     Le prix de la guerre fut immense. Le bilan humain, indescriptible, malgré les traces de témoins comme Maurice Genevois ou Louis Barthas.
 Les traumatismes psychiques durèrent.
     A l'arrière, les souffrances furent muettes.
 L'intox joua un rôle majeur, sans laquelle la folle aventure aurait été compromise.Le cinéma de guerre joua son rôle.
   Au front, il fallait tuer le temps entre deux assauts.
  Les "grande figures", les Pétain et autres maréchaux prenant une place démesurée et contestée. Des deux côtés du Rhin. Une guerre on sait comment ça commence, mais...
   La fin des hostilités à l'Ouest ne fut pas la fin de la guerre. De plus, comme si ce n'était pas suffisant,  le 1er octobre 1918, la grande tueuse commençait son oeuvre en France. Sur le terreau des misères accumulées, l' épidémie de grippe espagnole, cette "tueuse" oubliée  fait plus de 1 000 morts en une semaine.
                 Un début de projet européen germa de la tragédie. Plus jamais ça!
___
- Ma guerre au jour le jour
- Des deux côtés du front
- Ressources et documents.
- Le carnaval tragique._ Les fusillés.
_________________________

samedi 10 novembre 2018

Avant le son du clairon

Une sinistre aventure de sang et de boue se termine, le 11 novembre, 11heures, avec 11 coups de cloche.
                           Une marche somnambulique collective avait commencé quatre ans plus tôt.
         Un bilan humain hallucinant, de Ypres à Hartmannswillerkopf, où un oncle laissa sa vie, pour reposer loin des siens:
     [*Document officiel laconique: [02/04/1915- L.T. (21 ans) -Département : 68 - Haut-Rhin  Commune : Moosch Lieu, complément : Ambulance 2/58 Genre de mort : Mort des suites de blessures Mention Mort pour la France ]Oui]
              Pour ne parler que de la France.
Monuments aux morts pacifistes
    La commémoration poursuit son cours. L'ambiguë itinérance présidentielle fais la part trop belle à l'action des généraux, dont les décisions furent souvent critiquées dans les tranchées.
     Le paysan breton ou l'ouvrier corse ne figure plus que comme des noms presque effacés sur le marbre de villages autrefois décimés. 
    La pérégrination a parfois pris des connotations touristiques.
         Commémorer quand même, les victimes de cette séquence effroyable, inaugurant une guerre de trente ans... et leurs conséquences toujours présentes géopolitiquement. En Europe  comme dans les Balkans et ailleurs...Une guerre vraiment mondiale.
      L'armistice fut un puissant marqueur, mais Versailles inaugura le début d'une nouvelle séquence historique et prépara le terrain de  nouveaux malheurs.
           1914, __1915, __1916...VERDUN:
               Ce fut l' "Apocalypse"...
   Dès le début, ce fut le grand abattoir: 300 jours, 300000 hommes   morts. 
    De terribles années se suivirent, après les illusions des premiers jours.
 Ce fut Verdun, la terrible année 1917, le dernier Noël, qui ne connut plus les tentatives de fraternisations du début
  En aout 1918, les premiers signes d'une fin espérée. Enfin, la fin.
     Le prix de la guerre fut immense. Le bilan humain, indescriptible, malgré les traces de témoins comme Maurice Genevois ou Louis Barthas.
 Les traumatismes psychiques durèrent.
     A l'arrière, les souffrances furent muettes.
 L'intox joua un rôle majeur, sans laquelle la folle aventure aurait été compromise.Le cinéma de guerre joua son rôle.
   Au front, il fallait tuer le temps entre deux assauts.
  Les "grande figures", les Pétain et autres maréchaux prenant une place démesurée et contestée. Des deux côtés du Rhin. Une guerre on sait comment ça commence, mais...
   La fin des hostilités à l'Ouest ne fut pas la fin de la guerre. De plus, comme si ce n'était pas suffisant,  le 1er octobre 1918, la grande tueuse commençait son oeuvre en France. Sur le terreau des misères accumulées, l' épidémie de grippe espagnole, cette "tueuse" oubliée  fait plus de 1 000 morts en une semaine.
                 Un début de projet européen germa de la tragédie. Plus jamais ça!
___
- Ma guerre au jour le jour
- Des deux côtés du front
- Ressources et documents.
- Le carnaval tragique.
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Léger. Les peintres et la guerre.
Dessins et caricatures
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