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vendredi 25 août 2023

Vieillir...

 ...L'entrée imperceptible dans le dernier âge de la vie....

                            Ce n'est pas un drame. Juste une phase nécessaire avant l'échéance naturelle. On s'en rend peu compte, d'autant plus que le déni s'exerce à fond et qu'il faut souvent du temps pour s'apercevoir des atteintes subies par le corps et souvent aussi de la lente chute de certaines facultés qui s'émoussent. Le fait de se sentir vieux dépend des personnes, de leur passé mais est aussi, dans une large mesure, est une question de chance. Il y a vieillir et (relativement) bien vieillir. Edgar Morin et quelques autres sont tout de même des exceptions et il est indécent de souhaiter à une personne chère de vivre le plus longtemps possible. C'est en partie exorciser ses propres craintes de la mort. Il y a une "tyrannie du bien vieillir".                           ___Bien vieillir ne dépend pas que de nous et le  business de la vieillesse ne favorise pas le phénomène, qui tend à exclure et à ségréguer, et la tyrannie des normes de la beauté, l'obsession contemporaine du corps toujours jeune et avenant jouent en défaveur de ceux qui voient se développer, parfois avec terreur, les outrages classiques du temps.   A l' époque où les anciens prennent une place inédite, reconsidérer le « bien vieillir » est une vraie urgence, humaine et civilisationnelle. Il y a vieillir et vieillir, la solitude étant un accélérateur de vieillissement, qui n'est pas seulement un processus physique.  Le vieillissement: une notion complexe et multiforme

[Vieux Crétois, photographié par mes soins.]_

                                                             On peut laisser B. Pivot en parler à sa manière:  
« J’aurais pu dire : Vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, C’est douloureux, c’est horrible, C’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré « chiant » Parce que c’est un adjectif vigoureux Qui ne fait pas triste. Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien…. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme. Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j’ai vu le regard des jeunes….. Des hommes et des femmes dans la force de l’âge qui ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge. Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. « Avec respect », « En hommage respectueux », « Avec mes sentiments très respectueux ». Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ? Les cons ! Et du ‘cher Monsieur Pivot’ long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus ! Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place… J’ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. !!!… ? – « Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que ». – Moi aussitôt : « Vous pensiez que ? » – « Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir. » – « Parce que j’ai les cheveux blancs ? » – « Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ça a été un réflexe, je me suis levée. » – « Je parais beaucoup… beaucoup plus âgé que vous ? » – « Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge. » – « Une question de quoi, alors ? » – « Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois. » J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre. Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve. Rêver, c’est se souvenir, tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’Adagio du Concerto n° 23 en La majeur de Mozart, soit, du même, l’Andante de son Concerto n° 21 en Ut majeur, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà. Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années ? En mois ? En jours ? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge ?… Non, Mozart. " (Bernard Pivot. Les mots de la vie. ] ________________________________________________

lundi 26 septembre 2022

Mais vieillir...

 La mort, la belle affaire, mais vieillir!...disait Jacques 

                 Il est vrai que la mort n'est rien pour nous, comme l'affirmait Epicure, qui la voyait comme un phénomène naturel, loin des peurs et des fantasmes des hommes, qui ont à partir de là créé des religions soi-disant apaisantes. Elle fait partie du cycle nécessaire à la vie, que cela nous plaise ou non...                                                                                                                                               Vieillir, c'est une autre histoire, même quand cela se passe souvent relativement bien et il y a vieillir et vieillir...Cela ne va pas sans conséquences sur le corps et l'esprit, jusqu'au moment où on ne peut plus rien rafistoler.... Comme dit l'autre: Je ne vois pas l'intérêt de vieillir,...je vais arrêter J'ai essayé, ça ne marche pas...                         ____L'esprit encore bien vivant, quoi qu'il en dise, Bernard Pivot y va de son franc-parler:


          Vieillir, c’est chiant....

J’aurais pu dire : vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible,
c’est déprimant, c’est mortel.
Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira.
Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau.
On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante.
Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps –
mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard.
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans "l’apartheid de l’âge".
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
« Avec respect », « En hommage respectueux », « Avec mes sentiments très respectueux ».
Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ? Les cons !
Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !
Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place.
J’ai failli la gifler....
Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué.
« Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée.
J’ai pensé que… » Moi aussitôt : «Vous pensiez que…?
-- Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous assoir.
– Parce que j’ai les cheveux blancs?
– Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée…-
- Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous?
–Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… --Une question de quoi, alors?
– Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…»
J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, Ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages, Ni aux spectacles, ni aux livres,
Ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie.
La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant
soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps.
Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital.
En années? En mois? En jours? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge? Non, Mozart. ____________________

lundi 25 mars 2024

Viellir

  La mort, la belle affaire, mais vieillir!...disait Jacques 

                 Il est vrai que la mort n'est rien pour nous, comme l'affirmait Epicure, qui la voyait comme un phénomène naturel, loin des peurs et des fantasmes des hommes, qui ont à partir de là créé des religions soi-disant apaisantes. Elle fait partie du cycle nécessaire à la vie, que cela nous plaise ou non...                                                                                                                                               Vieillir, c'est une autre histoire, même quand cela se passe souvent relativement bien et il y a vieillir et vieillir...Cela ne va pas sans conséquences sur le corps et l'esprit, jusqu'au moment où on ne peut plus rien rafistoler.... Comme dit l'autre: Je ne vois pas l'intérêt de vieillir,...je vais arrêter J'ai essayé, ça ne marche pas...                         ____L'esprit encore bien vivant, quoi qu'il en dise, Bernard Pivot y va de son franc-parler:

Vieillir, c'est chiant.   

J’aurais pu dire :
vieillir, c’est désolant,
c’est insupportable,
c’est douloureux, c’est horrible,
c’est déprimant, c’est mortel.
Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira.
Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.
On était bien dans sa peau.
On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante.
Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps –
mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard.
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans "l’apartheid de l’âge".
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
« Avec respect »,
« En hommage respectueux »,
« Avec mes sentiments très respectueux ».
Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ?
Les cons !
Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !

Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place.
J’ai failli la gifler....
Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué.
« Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée.
J’ai pensé que… » Moi aussitôt :
«Vous pensiez que…?
-- Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous assoir.
– Parce que j’ai les cheveux blancs?
– Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée…-
- Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous?
–Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… --Une question de quoi, alors?
– Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…»

J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, Ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages,
Ni aux spectacles, ni aux livres,
Ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie.
La musique est un puissant excitant du rêve.
La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant
soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart,
soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.

Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps.
Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital.
En années? En mois? En jours?
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge? Non, Mozart.

Les mots de ma vie de Bernard Pivot.

mardi 15 mai 2012

Bien vieillir ?

 Vieillir, on n'y coupe pas...
Mais bien vieillir...
Les conseils foisonnent sur un grand nombre de sites, de revues, spécialisées ou non.
Des conseils pas toujours désintéressés, car le nombre croissant des anciens constitue un marché formidable qui véhicule ses normes.
_______LA TYRANNIE DU BIEN VIEILLIR, impose ses stéréotypes et ses contraintes.
Comme si chacun n'avait pas à inventer sa formule de vie, même sur le tard, son style, en fonction de son passé, de ses goûts entretenus ou découverts. La personnalité se façonne et se remanie jusqu'au bout, en accord ou contre le milieu.
Et que faut-il entendre par vieillir? Le consensus n'est pas acquis, en dehors du strict aspect biologique.
Question de chance? de volonté? de philosophie?
Il arrive qu'il y ait  peu de place pour le choix, tant peuvent être grands les déterminismes sociaux, psychologiques et les contraintes physiques...
Savoir que la mort est le principe même de la vie ne suffit pas à assumer le déclin lent ou brutal des facultés.
Mais la vieillesse n'est pas toujours un naufrage, comme disait le Général après Chateaubriand, même s'il faut composer avec ce qui nécessairement régresse, s'altère, s'émousse, se réduit, s'efface,
Personne ne peut espérer  bien vieillir s’il n’assume pas les pertes de la vieillesse et la perspective de la mort prochaine qu’elles annoncent.  C’est le point critique où se dessine l’orientation définitive d’une vieillesse :   ou bien ce sera la plénitude d’une vie à l’approche de son sommet, ou bien ce sera la tristesse de la mort déjà commencée.(Jacques Laforest)
__Les  vieux (pardon, les seniors) ne sont  des déchus, des débris, qu'aux yeux de ceux qui refusent leur fin future, par refoulement, par dénégation et les isolent par peur et par intérêt, en jouant la carte du business des mouroirs.
 La socialisation  compte pour l'essentiel dans le processus du vieillissement, le maintien de l'ancrage positif de la vie.
Le  business de la vieillesse ne la favorise pas, qui tend à exclure et à ségréguer, et la tyrannie des normes de la beauté, l'obsession contemporaine du corps toujours jeune et avenant jouent en défaveur de ceux qui voient se développer, parfois avec terreur, les outrages classiques du temps.
 A l' époque où les anciens prennent une place inédite, reconsidérer le « bien vieillir » est une vraie urgence, humaine et civilisationnelle.



 

mardi 8 janvier 2013

Mourir, la belle affaire...

 ____Mais vieillir...

Mourir cela n'est rien
Mourir la belle affaire
Mais vieillir ô, ô vieillir!

____________________On y passera tous, c'est la seule absolue certitude.
Le problème est celui du comment. Dans quelles conditions?
Dans celles-ci?
__Le problème n'est pas surtout la diminution physique et/ou psychique, la perte d'une certaine autonomie parfois, mais la solitude, l'indifférence, la peur des autres, voire le  mépris ou parfois la maltraitance.
__Vieillir est notre destin, mais bien veillir ne dépend pas que de nous.
Peut-on vieillir doucement?
On peut envisager, en fin de parcours, bien des  manières de vivre, car vieillir est toujours vivre...
Loin d’être l’antichambre de la mort, la vieillesse est un temps pour vivre :  un temps pour penser, pour dialoguer, pour aimer, pour agir, etc. Un beau temps, sain, noble, comme la vie elle-même.  _Guy Durand_

...En évitant la réclusion des mouroirs  et de leur business .
Dans les sociétés traditionnelles, les anciens terminent généralement leur vie sans exclusion, reconnus, estimés, intégrés jusqu' au bout à la vie sociale.
Chez nous, surtout dans les conditions de vie urbaine actuelle et des nouveaux modèles familiaux, c'est souvent l'abandon inavoué dans des structures infantilisantes ou indignes, faisant de la fin de vie un fardeau, qui hâtent la fin.
En France, la situation n'est pas brillante pour les plus anciens. Le système est à plusieurs vitesses, malgré l'Apa. Peu se retrouvent, faute de moyens, dans des établissements cotés, ou seulement matériellement et psychologiquement convenables. 
En Allemagne, pays riche mais vieillissant, on tend à délocaliser les vieux...
Beaucoup de retraités côtoient la misère.
Mais des solutions généralisables existent, comme celle-ci
________________
- Fin de vie

mercredi 8 novembre 2023

Sacré Bernard!

   Vieillir.

               C'est vrai que ce n'est pas un drame...si tout se passe (relativement) bien.

                                   Mais, comme dit Bernard Pivot:

 "Vieillir, c’est chiant.

J’aurais pu dire :
vieillir, c’est désolant,
c’est insupportable,
c’est douloureux, c’est horrible,
c’est déprimant, c’est mortel.
Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira.
Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.
On était bien dans sa peau.
On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante.
Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps –
mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard.
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans "l’apartheid de l’âge".
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
« Avec respect »,
« En hommage respectueux »,
« Avec mes sentiments très respectueux ».
Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ?
Les cons !
Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !
Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place.
J’ai failli la gifler....
Puis la priant de se rassoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué.
« Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée.
J’ai pensé que… » Moi aussitôt :
«Vous pensiez que…?
– Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous assoir.
– Parce que j’ai les cheveux blancs?
– Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée…-
– Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous?
– Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… -- Une question de quoi, alors?
– Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…»
J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, Ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages,
Ni aux spectacles, ni aux livres,
Ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie.
La musique est un puissant excitant du rêve.
La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant
soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart,
soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révèleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps.
Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital.
En années? En mois? En jours?
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.
Après nous, le déluge? Non, Mozart."

samedi 16 mars 2019

Fin de saison

Il y a vieillir et vieillir...
                                    Mourir n'est pas un problème, comme le chantait Brel.
                                              C'est vieillir qui l'est. Le plus souvent.
       Vieillir, c'est notre sort à tous et ce n'est pas toujours drôle, sauf exceptions.
    Les fins de saison sont difficiles. Beaucoup deviennent invisibles.
  Vient le plus souvent le moment de la prise en charge, toujours douloureuse, du fait des pannes prévisibles, des dégradations fatales.

   Cela pourrait se passer le moins mal possible, mais ce n'est guère le cas. Les conditions ne sont pas toujours réunies.
     Ne parlons pas des infâmes mouroirs d'autrefois.
   Mais des modernes  EHPAD d'aujourd'hui. On en parle.
 On en parlera encore. Le dossier est déjà volumineux et parfois accablant.
On y réfléchit, dit-on. Pour quels résultats? Dans quels délais?
       Il y a urgence, même si la situation est contrastée, qui peut parfois virer à la maltraitance de fait, par manque de bras et de temps.
      Des révélations récentes, publiques et privées,  confirment que la situation des résidents peut-être scandaleuse, malgré le dévouement d'un personnel débordé et un manque criant de crédits pour l'essentiel.
    La compression des coûts est parfois peu croyable, sans tenir compte des carences fréquentes de soins.  Ne parlons pas d'attention, d' humanité.
        La dépendance coûte cher. Surtout dans le secteur privatisé avec la bénédiction de l'Etat.
  Le chiffre d'affaires de Korian, par exemple, est particulièrement intéressant et l'investissement est attractif pour les actionnaires.
   Faut-il faire de la dette supplémentaire, demandait Fillon, quand on l'interrogeait sur les manques flagrants.
        Les Ehpads privés ne sont pas mieux lotis, au contraire.
.    Le vrai scandale c'est de demander aux "résidents" de payer 2000 à 4000€/ mois, ce que peu peuvent faire. 
   Des bénéfices extrêmement intéressants qu'ils redistribuent à leurs actionnaires sous forme de dividendes...Les actionnaires sont mieux traités que les résidents dit Philippe Baqué.
   Les maisons de retraite: " Un concentre de ce que  ne veut pas voir l’homme sur son devenir», dit un docteur.
                "Voici venu le temps de l’« or gris », métaphore des profits juteux du marché de la dépendance. « Le business du cacochyme est devenu au fil des ans presque aussi juteux que le casino de Monte Carlo. Une fois les investissements immobiliers amortis, le taux de rentabilité dépasse facilement les 25% et c’est quand même pas mal » note à ce titre le journaliste Daniel Mermet ...La réforme de la dépendance, entamée par le gouvernement, devrait ouvrir des perspectives alléchantes pour un secteur déjà florissant. Et dont un mot d’ordre pourrait paraphraser la maxime d’Alphonse Allais : « Il faut prendre l’argent aux vieux pauvres. Certes, ils n’en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! »...
__Le marché de la « dépendance » (le « marché sénescent », comme disent les gens bien élevés) repose sur deux facteurs ; D’une part, le chiffre croissant des personnes âgées : « 
Ils sont 1,1 millions de personnes âgées de 85 ans et plus dans notre hexagone ; et dans dix ans ils seront près du double […] Selon l’INSEE, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait bondir de plus de 40% d’ici à 2020 et devrait quasiment avoir doublé en 2040. Quelle industrie peut se prévaloir d’une aussi réjouissante prévision de marché ? »...


__La prise en charge des personnes âgées dépendantes par les pouvoirs publics est largement insuffisante. Pour plus d’un million de plus de 85 ans, on compte seulement 600000 places dans les maisons de retraites publiques, dont le taux d’occupation est à son maximum . Dès lors, les opportunités sont nombreuses pour les établissements privés, d’autant que les personnes âgées disposent souvent de ressources diverses : leurs propres patrimoine et biens, mais aussi… l’argent de leurs descendants. Qu’il s’agisse des maisons de retraites publiques (par manque de fonds) ou des privées (par quête de rentabilité), les personnels sont soumis à de véritables cadences fordistes...
__Quant à l’« or gris », c’est peu dire qu’il rapporte : « 
Une demi-douzaine de grands groupes écument désormais le marché et alignent des bénéfices haut comme ça : ceux de Medidep 12,4 millions d’euros, ont été multipliés par 10 depuis 1998 ; et des cours de bourse sont dopés à la cortisone : les actions dOrpéa, la société de Jean-Claude Marian n’ont-elles pas doublé en moins d’un an ? Pas étonnant que les investisseurs se précipitent dans le créneau comme des oursons sur un pot de miel ! »__Jean-Claude Marian, par ailleurs président du conseil de surveillance de Medidep jusqu’en 2005, n’est certes pas le seul à participer à cette ruée vers l’« or gris » : « Le fonds de pension britannique Bridgepoint n’a par exemple pas hésité à flamber 330 millions d’euros en 2003 pour mettre la main sur Medica-France, 5100 lits, et pas un matin ne se lève sans qu’un particulier monte un dossier de construction de résidence auprès de sa préfecture avec le fol espoir de faire la culbute. On appelle tout cela "l’or gris", le business des mouroirs.

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jeudi 13 janvier 2011

Business des mouroirs

Chers vieux !

Les vieux: de plus en plus vieux, de plus en plus nombreux.
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(On tue les vieux: à propos du livre...)
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"Mourir, la belle affaire Mais vieillir!... (Brel)

__Vieillir: un processus naturel, universel, mais vécu bien différemment selon les époques, les cultures, les situations familiales, l
a qualité du lien social, le regard des autres...
Vieillir comment? Où? Dans quelles conditions? That is the question...

La France n'est pas en pointe dans la prise en charge de la vieillesse dépendante, c'est le moins qu'on puisse dire. Une prise en charge à plusieurs vitesses.
On a pu parler d'une certaine
misère de la gériatrie en France.
_Les vieux coûtent cher
, trop cher, aux yeux des pouvoirs publics, des gestionnaires de la santé... Les perspectives financières ne sont pas encourageantes. Des réformes s'imposent.
Les grandes lignes du projet
_
" ...La réforme de la dépendance qui doit être engagée avant la fin de l’année. Un texte qui suscite beaucoup d’inquiétudes. À l’heure des restrictions budgétaires, comment l’État va-t-il financer ce secteur ? « On ne pourra jamais, avec l’argent public couvrir l’ensemble des besoins », a déjà prévenu Nora Berra. « Plutôt que de créer une nouvelle branche de la Sécurité sociale dédiée à l’aide aux personnes âgées fragilisées, comme Nicolas Sarkozy l’avait promis, le risque, c’est de tourner le dos à la prise en charge collective et de recourir aux assurances privées », prévient Maryse Stehly, membre de la FNAQPA, un autre collectif d’associations." (L.Mouloud)
___"...Ce qu'on nomme pudiquement dépendance a une autre appellation : le grand âge. Le vieillissement de la population (on estime qu'un tiers des Français aura plus de 60 ans en 2050) fait exploser les pathologies liées à l'âge : maladie d'Alzheimer, perte d'autonomie motrice, maladies dégénératives... Le nombre de personnes âgées qui ne peuvent plus s'occuper d'elles-mêmes seules augmente, au rythme de 1 % par an environ. Selon le rapport de la députée UMP Valérie Rosso-Debord sur le sujet, on compte aujourd'hui 1,13 million de personnes bénéficiaires de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), la principale forme de prise en charge de la dépendance. Ils représentent 6,7 % des 16,4 millions de Français de plus de 60 ans, qui touchent en moyenne 670 euros (pour les particuliers, 200 euros lorsque l'APA est versée à une maison de retraite). Créée par le gouvernement Jospin et entrée en vigueur en janvier 2002, l'APA a vu son budget multiplié par 2,5 pour répondre à la hausse du nombre de bénéficiaires, passé de 605 000 à 1,13 million. L'APA a dépensé 5,1 milliards en 2009, contre 1,85 en 2002. Or, selon les prévisions, le nombre de bénéficiaires devrait monter à 1,6 million d'ici à 2025...."

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Faudra-t-il en venir aux solutions inquiètantes envisagées par Alain Minc (ce con...), purement technocratiques et comptables, annonces de cyniques calculs?..[Alain Minc voulait-il préparer les esprits, créer une brèche?]
...ou
supprimer les dernières années de l'existence(!), les plus onéreuses pour la société? (pas drôle du tout!...)
Pour certains groupes privés, la vieillesse est en passe de devenir un eldorado, un business comme un autre, et même une affaire très juteuse...
Les vieux, c'est l'inverse du pétrole : Le pétrole (l'or noir), il y en a de moins en moins, alors que les vieux (l'or gris), il y en a de plus en plus"
C'est pour cela que le marché de l'assurance dépendance gagne du terrain.
Celle-ci devient le nouveau gisement des industriels de l'« or gris »
___"Voici venu le temps de l’« or gris », métaphore des profits juteux du marché de la dépendance. « Le business du cacochyme est devenu au fil des ans presque aussi juteux que le casino de Monte Carlo. Une fois les investissements immobiliers amortis, le taux de rentabilité dépasse facilement les 25% et c’est quand même pas mal » note à ce titre le journaliste Daniel Mermet ...La réforme de la dépendance, entamée par le gouvernement, devrait ouvrir des perspectives alléchantes pour un secteur déjà florissant. Et dont un mot d’ordre pourrait paraphraser la maxime d’Alphonse Allais : « Il faut prendre l’argent aux vieux pauvres. Certes, ils n’en ont pas beaucoup, mais ils sont si nombreux ! »...
__Le marché de la « dépendance » (le « marché sénescent », comme disent les gens bien élevés) repose sur deux facteurs ; D’une part, le chiffre croissant des personnes âgées : «
Ils sont 1,1 millions de personnes âgées de 85 ans et plus dans notre hexagone ; et dans dix ans ils seront près du double […] Selon l’INSEE, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait bondir de plus de 40% d’ici à 2020 et devrait quasiment avoir doublé en 2040. Quelle industrie peut se prévaloir d’une aussi réjouissante prévision de marché ? »...
__La prise en charge des personnes âgées dépendantes par les pouvoirs publics est largement insuffisante. Pour plus d’un million de plus de 85 ans, on compte seulement 600000 places dans les maisons de retraites publiques, dont le taux d’occupation est à son maximum . Dès lors, les opportunités sont nombreuses pour les établissements privés, d’autant que les personnes âgées disposent souvent de ressources diverses : leurs propres patrimoine et biens, mais aussi… l’argent de leurs descendants. Qu’il s’agisse des maisons de retraites publiques (par manque de fonds) ou des privées (par quête de rentabilité), les personnels sont soumis à de véritables cadences fordistes...
__Quant à l’« or gris », c’est peu dire qu’il rapporte : «
Une demi-douzaine de grands groupes écument désormais le marché et alignent des bénéfices haut comme ça : ceux de Medidep 12,4 millions d’euros, ont été multipliés par 10 depuis 1998 ; et des cours de bourse sont dopés à la cortisone : les actions dOrpéa, la société de Jean-Claude Marian n’ont-elles pas doublé en moins d’un an ? Pas étonnant que les investisseurs se précipitent dans le créneau comme des oursons sur un pot de miel ! »__Jean-Claude Marian, par ailleurs président du conseil de surveillance de Medidep jusqu’en 2005, n’est certes pas le seul à participer à cette ruée vers l’« or gris » : « Le fonds de pension britannique Bridgepoint n’a par exemple pas hésité à flamber 330 millions d’euros en 2003 pour mettre la main sur Medica-France, 5100 lits, et pas un matin ne se lève sans qu’un particulier monte un dossier de construction de résidence auprès de sa préfecture avec le fol espoir de faire la culbute. On appelle tout cela "l’or gris", le business des mouroirs.
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ASSOCIATION SOLIDARITE GRAND AGE
UNA