Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 24 juin 2010

PAUSE...escapade (cliquez pour agrandir)

mercredi 23 juin 2010

Sahel en détresse

Souveraineté alimentaire compromise

Une urgence absolue



« Le Sahel est l'une des régions les plus pauvres au monde et la pression de la faim pousse de plus en plus de personnes à quitter les campagnes pour les villes afin d'y trouver de la nourriture pour leurs familles » a indiqué le Directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM) pour l'Afrique de l'Ouest, Thomas Yanga, dans un communiqué publié vendredi. « Ces populations ont perdu leurs récoltes, leur bétail et leur capacité à surmonter les chocs alimentaires », a-t-il ajouté.
-Le Programme alimentaire mondial (PAM) a mis en garde vendredi contre le risque de famine dans la région ouest-africaine du Sahel, où la sécheresse et de mauvaises récoltes ont créé un besoin urgent de nourriture pour 10 millions de personnes"
-Cri de détresse-
-Crise alimentaire au Sahel
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- Solutions: la maîtrise de l'eau ( contre la désertification au Sahel) et des prix agricoles , contre la logique de l'OMC-
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-Le Sahel meurt de faim:
"...Dix millions de Sahéliens souffrent d'«insécurité alimentaire», dans une relative discrétion. La situation, jugée «critique» par le Plan alimentaire mondial (PAM), menace surtout le Niger et le Tchad. Le nord du Cameroun, le nord du Burkina et le nord-est du Mali sont également touchés. Selon des observateurs sur place, joints par Mediapart, l'intensité de cette crise dépasse, pour le Sahel, celle de 2008, lorsque la flambée des prix agricoles avait provoqué des «émeutes de la faim» aux quatre coins de la planète...
La faiblesse des précipitations – et leur répartition – est l'une des explications à la crise en cours. «Il n'a pas plu assez l'an dernier, et surtout pas de manière assez régulière. Les pousses ont vite été brûlées par le soleil», constate Jean-François Carémel, d'ACF, au Tchad. D'où de mauvaises récoltes, mais aussi trop peu de fourrage pour le bétail. Autre facteur pointé du doigt: le niveau toujours alarmant des produits agricoles. Si les cours du blé ou du riz sont retombés de leurs plus hauts niveaux d'il y a deux ans, ils restent très élevés. Dans leurs perspectives sur l'agriculture, publiées le 15 juin, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) et l'OCDE préviennent que les cours moyens du blé et d'autres céréales seront supérieurs, de 15% à 40%, sur les dix prochaines années, à ceux de la période 1997-2006. Pour les huiles, l'augmentation dépassera les 40%.
Mais l'autre grande explication au désordre actuel est plus basique: les promesses n'ont pas été tenues. Après l'échec cinglant du sommet de Rome, en novembre 2009, totalement éclipsé par le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, les investissements dans l'agriculture restent très insuffisants. Ils ont progressé l'an dernier de 6% à l'échelle de la planète, alors qu'il faudrait, pour nourrir neuf milliards d'habitants à l'horizon 2050, les doubler chaque année. Jacques Diouf, le patron de la FAO, s'en est donc pris, en début de semaine, aux Etats membres de l'institution, qui avaient promis, l'an dernier, de débloquer des milliards de dollars contre la faim dans le monde. Au Niger, par exemple, le géographe Harouna Mounkaïla estime qu'à peine 30% des 270.000 hectares irrigables du pays sont aujourd'hui utilisés, faute de moyens..
."
____________-Dix millions de personnes menacées par la faim au Sahel -"Le Marché de la faim" et l''agrobusiness' -Une reféodalisation du monde
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-Faim au Sommet___-Nourrir la planète ou gonfler les profits ?___-PAC en question____-Agrobusiness et subventions___-Prix alimentaires : le vrai et le faux____- Emeutes de la faim___- Agriculture et spéculation____-Multinationales et agriculture___-Famine mondiale : causes, remèdes ?

mardi 22 juin 2010

Avis de tempête

Sur un volcan?

Ce qu'il y a de bien avec les volcans, c'est qu'on ne sait jamais quand ils vont exploser.
Et s'ils explosent , on ne peut rien leur reprocher
...


-"Jean-François Copé : « il règne actuellement une ambiance malsaine de nuit du 4 août ».

-"On demande aux pyromanes d'hier de jouer les pompiers." (entendu à Vancouver)


-Au-delà des flons-flons (ratés) du Mondial -qui sert opportunément de diversion passagère-, la situation économique est préoccupante en France comme au sein de l'Europe.
Des Cassandre versatiles annoncent le pire :« Tous ruinés dans dix ans ? » prophétisait récemment un conseiller du prince. Faire dans l'apocalypse relève d'une projection douteuse et fait le lit de la résignation, du fatalisme.
Mais il est sûr que le piège de la rigueur, qui ne dit pas son nom, dont on connaît les causes lointaines_des décénnies de finance prédatrice_ nous entraine vers une récession certaine, qui peut être longue et dont les conséquences en chaîne ne sont pas toutes encore calculables. La montée des périls politiques en Europe est déjà perceptible .Sentant venir le vent mauvais, J.Delors tente de rassurer.
La situation parait si inextricable, les politiques si impuissants, malgré les démentis et les apaisements verbaux, que l'on est en droit de s'inquiéter, en sachant que le pire n'est pas toujours sûr...
__En France particulièrement, l'autocratie et l'arrogance présidentielles, les faveurs faites aux plus favorisés , la régression du niveau de vie des plus démunis,le développement accéléré de la précarité, du chomage risquent de créer une situation de blocage. Le monde patronal cultive l'autisme. Les plans irréalistes ne tiendront pas, le dossier retraite est profondément injuste et l'exaspération, comme à d'autres époques, risque de créer une situation pré-révolutionnaire _la colère montant_( prélude à une reconstruction?), comme le décrit un bourgeois conservateur au 19° siécle, dans le contexte de son époque, A de Tocqueville:

« La France avait jeté dans le monde, la première, au milieu du fracas du tonnerre de sa première révolution, des principes qui, depuis, se sont trouvés régénérateurs de toutes les sociétés modernes. Ça été sa gloire, c’est la plus précieuse partie d’elle-même. Eh bien ! Messieurs, ce sont ces principes-là que nos exemples affaiblissent aujourd’hui.(…) On dit qu’il n’y a point de péril, parce qu’il n’y a pas d’émeute. On dit que, comme il n’y a pas de désordre matériel à la surface de la société, les révolutions sont loin de nous. Messieurs, permettez-moi de vous dire que je crois que vous vous trompez. Sans doute le désordre n’est pas dans les faits, mais il est entré bien profondément dans les esprits. Regardez ce qui se passe au sein de ces classes ouvrières qui, aujourd’hui, je le reconnais, sont tranquilles. Il est vrai qu’elles ne sont pas tourmentées par les passions politiques proprement dites, au même degré où elles ont été tourmentées jadis. Mais ne voyez-vous pas que leurs passions, de politiques, sont devenues sociales ? Ne voyez-vous pas qu’il se répand peu à peu dans leur sein des opinions, des idées, qui ne vont point seulement à renverser telles lois, tel ministère, tel gouvernement même, mais la société, à l’ébranler sur les bases sur lesquelles elle repose aujourd’hui ? N’écoutez-vous pas ce qui se dit tous les jours dans leur sein ? N’entendez-vous pas qu’on y répète sans cesse que tout ce qui se trouve au dessus d’elles est incapable et indigne de les gouverner ; que la division des biens faite jusqu’à présent dans le monde est injuste ; que la propriété repose sur des bases qui ne sont pas équitables ? Et ne croyez-vous pas que, quand de telles opinions prennent racine, quand elles se répandent d’une manière presque générale, quand elles descendent profondément dans les masses, elles doivent amener tôt ou tard, je ne sais pas quand, je ne sais comment, mais elles doivent amener tôt ou tard les révolutions les plus redoutables ? Telle est, Messieurs, ma conviction profonde : je crois que nous nous endormons à l’heure qu’il est sur un volcan, j’en suis profondément convaincu… »

______(sauf que le désordre-institutionnel et économique- est essentiellement aussi et surtout dans les faits, qui, on le sait, "sont têtus"
-
La rigueur, appel d'air pour les spéculateurs

lundi 21 juin 2010

Le courage: valeur en baisse?

Le renoncement à soi: une fatalité?

Comment restaurer une vertu citoyenne dont l'absence (ou la carence) nous mine?


-"Il n'y a de bonheur possible pour personne sans le soutien du courage"( Alain)

-Dans les circonstances exceptionnelles, le (vrai) courage apparaît comme allant presque de soi, même s'il est rare. La résistance à l'oppression est stimulée par le caractère exceptionnel de la situation, l'imminence des dangers. ("Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'occupation allemande", disait paradoxalement JP Sartre).Les exemples ne manquent pas, de Louise Michel à Jean Moulin, de Voltaire à Victor Hugo.
__Mais dans la vie ordinaire, l'espace public, la vie sociale et politique, il semble en déclin: les habitudes, le mimétisme social, la peur de résister, la "privatisation" de l'invidu, le repli individualiste , la passivité consumériste, la pression des marchés annexant nos désirs, le poids des "servitudes volontaires", le fatalisme politique, les pathologies de la démocratie, les pièges de la "double contrainte"... semblent contribuer à déliter notre capacité à nous exposer, à dépasser notre "fatigue d'être soi", à lutter contre les conditions qui réduisent nos capacités de liberté
, dont une des caractéristique est de pouvoir s'effacer par inertie ou par consentement.
Notre "fragile humanité" a plutôt tendance à se soumettre.
Là est la menace. Il n'y a pas d'autres choix que de résister, en prenant conscience de nos déterminismes. La liberté définit notre humanité. L'autonomie n'existe pas, elle se gagne .
" Nous sommes condamnés à être libres"(JP Sartre)
. ____"Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent" (V.Hugo)
"L'esclave perd tout dans ses fers, jusqu'au désir d'en sortir" (JJ Rousseau)
__[M.Foucault]______________________________
Le point de vue de C.Fleury:
_____________________-« Savoir dire non » La fin du courage
"A leur travail ou dans leur vie quotidienne, de plus en plus d’individus désavouent ce qu’ils font mais continuent à le faire. Pourquoi ne se révoltent-ils pas ? Pourquoi une telle soumission à un non ordre des choses ? La peur est telle qu’ils en oublient d’avoir recours au courage. On a cru que l’individualisme était un processus de non-contrainte, de liberté absolue. L’individu se focalise sur ses propres intérêts, délaissant l’engagement public. Livré à cette quête narcissique, il est, en fait, fortement fragilisé, rendu vulnérable par ce processus d’individualisation qui le coupe des formes collectives de défense.__On croit se sauver en succombant à de régulières petites lâchetés, en fait, il y a un prix à payer. L’émergence de ce moi décomplexé, non distancié d’avec soi-même, signe la fin du courage moral. Nous sommes les passagers clandestins de l’absence de morale. En se faufilant, l’individu pense sauver sa peau. Il fabrique sa propre érosion et sombre dans la dépression. L’érosion de soi vient de la somme de ces démissions quotidiennes. Jamais le malaise individuel n’a été à ce point lié à une déstructuration de la société. L’homme et plus largement la société, meurent pas manque de courage. Et comble du paradoxe, cet individu acculé à une mise en disposition de soi-même n’en est que plus invisible.

C’est dans le monde du travail que le manque de courage sévit, particulièrement, dite-vous.__Chaque matin, en allant travailler, un certain nombre d’individus adhèrent à un système qui désavoue les principes mêmes qui les construisent. Ils critiquent la culture de l’évaluation, les objectifs de rentabilité, le management par le harcèlement. Des puéricultrices disent : « Nous ne pouvons pas avoir seize bébés dans les bras », Les salariés de Pôle Emploi dénoncent la déshumanisation des services. Autour d’eux, de grandes entreprises gagnent de l’argent mais ferment des usines. L’homme ne résiste pas à ces logiques illogiques, à sa propre schizophrénie. Le monde du travail est donc le lieu même de l’érosion du moi et des structures collectives de résistance. A défaut de faire exploser le système, les individus se font imploser eux-mêmes. Ce sont les suicides au travail qui peuvent devenir un massacre.

Des salariés pourtant s’opposent. __Dans l’Education nationale ou ailleurs, des « désobéissants » se font entendre.Descendre dans la rue, signer des pétitions, faire la grève ou mettre en place un droit de retrait restent des actes forts. Il y a d’ailleurs plus d’actes que d’hommes courageux. Nous commettons tous, un jour, quelque acte courageux. Mais la guerre économique requiert hélas plus que des intermittents du courage. L’atomisation de tels actes ne permet pas toujours la construction d’une éthique collective du courage. C’est tout le paradoxe : il n’y a d’éthique du courage que seul. Que si nous sommes prêts à faire ce geste sacrificiel qui consiste à savoir ce que l’on peut perdre sans connaître ce qu’on peut gagner. Et, en même temps, seule l’éthique collective du courage est durable et peut nous permettre de résister.

Pourquoi cette valeur semble t-elle désuète ?__Qui enseigne le courage ? Le père, la mère, les grandes figures faisant loi. Lié à l’autorité et à l’exemplarité, le courage est donc l’inverse de l’égalitarisme ambiant. Il est perçu presque comme un geste autoritaire. Aujourd’hui, les parents se focalisent sur la réussite de leurs enfants et transmettent de moins en moins de valeurs morales. Mais le courage ne disparaît pas pour autant, il a simplement déserté le monde réel. Nous sommes vaillant dans notre imaginaire. Jeux vidéos ou fictions, content de magnifiques épisodes de bravoure ou plutôt de performances de courage. Et c’est là une forfaiture. Pour être réellement courageux, il faut avoir éprouvé la peur et trouver en soi la force de la surmonter. Dans le monde réel, chacun se nourrit d’un fantasme de courage totalement travesti qui n’a nullement besoin de tout cet apparat.__En fait, les individus ne sont pas devenus fondamentalement peureux, ils ont simplement perdu l’entraînement au courage. Cette valeur s’apprend, se transmet par des figures dans l’entourage familial, amical, scolaire, etc. Plus que l’absence, c’est le manque d’entraînement et d’apprentissage du courage qui caractérise notre société.

En quoi le courage serait-il un excellent moyen de lutter contre la dépression ?__D’abord, malgré ce que l’on croit, l’ennemi c’est la mélancolie. La mélancolie est cette chose terrible qui vous met à terre. La posture de résistance et de combat permet de sortir de cette logique du découragement. L’ennemi désigné est ainsi à l’extérieur, il n’est plus soi-même. Geste sacrificiel, le courage peut être sans victoire – il l’est même très souvent – mais il restaure le moi, son unicité et sa légitimité. C’est un régulateur contre la dépression, qui permet de sortir de l’anonymat et de l’interchangeabilité des hommes. Ce que le courage dit-, c’est que vous n’êtes pas interchangeable avec les autres.

C’est à vous que l’acte incombe. Or, le système capitaliste est là pour nous prouver exactement le contraire, que nous sommes tous remplaçables les uns par les autres. Le courage ne s’exerce donc pas exclusivement en temps de guerre ou de circonstances exceptionnelles. Il fait partie intégrante du temps quotidien et de la pratique démocratique. Bien sûr, il ne s’agit pas de jouer constamment les héros, ce serait intenable. Mais il faut apprendre à faire du courage un réflexe, un éthos.___Comment l’enseigner ?Tout le monde est convoqué, les parents dans l’éducation de leurs enfants, les enseignants à l’école, les médias dans le choix des parcours qu’ils mettent en avant, les hommes politiques dans les valeurs et les pratiques qu’ils défendent. Ceux qui sont exemplaires ont l’exigence de croire à l’exemplarité des autres. Les Lâches sont toujours ceux qui désespèrent des autres.___Pourquoi est-ce si difficile d’être courageux ?--Faire preuve de courage, c’est instaurer un rendez-vous radical avec ses principes et soi-même. Voilà pourquoi la majorité des individus se défilent. L’autre difficulté est que cette épreuve se vit seul. Savoir dire non, en assumer le risque et le sacrifice est une démarche solitaire. Peu d’entre nous prennent ce risque. On sait ce qu’on va perdre, pas ce qu’on va gagner. Mais le courageux n’est pas non plus celui qui ignore la peur. On juge le courage d’un homme à ses peurs, celles qui sait éviter ou bien garder."

Cet acte individuel aurait des vertus thérapeutiques sur le fonctionnement même de la démocratie ?Je travaille sur la démocratie, ses écarts entre les principes et la réalité. Comment réguler et corriger les excès désordonnés de la démocratie ? La paix qui caractérise notre société a fait croire qu’il n’y avait plus de guerre à mener, que la démocratie, c’était du statut quo mais la démocratie n’est pas un ordre spontané de l’égalité. C’est une dynamique entre plusieurs forces, celles qui portent les valeurs d’égalité et de liberté et celles qui s’y opposent.En déléguant nos intérêts aux automatismes de la démocratie, nous sommes entrés dans un système dégénérescent. Il ne suffit pas d’alimenter la machine démocratique, en allant voter par exemple, il faut aussi ranimer son âme et son esprit. Le courage pourrait être le pilier de cette régulation."

-Sagesse et révolte___-Socrate et le courage___-La manufacture du consentement____-Le courage, dans le temps et dans ses formes___-Les stratégies absurdes___-Relire Marcuse pour ne pas vivre comme des porcs___-


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dimanche 20 juin 2010

De toutes les couleurs


Les Bleus sont rouges de honte...
___Pathétique!
__Domenech : "c'est plus que décevant"(?!!!..wouaf!.un art consommé de la litote)

...Et TF1 voit rouge après la défaite des Bleus
_______La Bourse est en baisse...
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-Il n'y a pas eu de jeu, y aura-t-il du pain?

-Nous, nous pensons en France que le sport c’est une réponse à la crise..."(N.S.)
Pas rassurant...
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Tous les virer?

"Il faudrait un avocat de compétition pour défendre l'équipe de France de football après sa défaite (2-0) face au Mexique, jeudi 17 juin, en Coupe du monde. ________Mais talent et endurance ne suffiraient sans doute pas à convaincre les jurés, tant la vindicte pointe sous la colère. De toute façon, la défense n'est pas le point fort des Bleus. L'attaque non plus, d'ailleurs. Quant au milieu de terrain...

___________La France s'apprête à quitter l'Afrique du Sud, soulagée des illusions qui encombraient ses bagages à l'aller. Précisons que, mathématiquement, la sélection nationale garde encore une chance de qualification. Rappelons que les mathématiques n'ont rien à voir avec le sport de haut niveau, ainsi que le Loto foot et autres Cote et Match le prouvent régulièrement (un seul vainqueur, la Française des jeux).Le temps est venu de louer Rama Yade. «J'attends que l'équipe de France nous éblouisse par ses résultats plutôt que par le clinquant des hôtels. Moi je les ai appelés à la décence en temps de crise», avait déclaré la secrétaire d'Etat chargée des sports, le 6 juin, après une visite au Pezula Resort de Knysna, près de l'océan Indien, où les Bleus avaient choisi de s'isoler.__________Plus avisée que le président de la République, Nicolas Sarkozy, fasciné par le luxe, et que la ministre de la santé et des sports, Roselyne Bachelot, qui n'aime rien tant que les mots d'ordre – «Tous au dispensaire, voilà la grippe!», «Tous dans les tribunes, voilà les Bleus!» – Rama Yade avait vu venir le coup. «Si la France va très loin, le choix d'un site proposant les meilleures conditions d'entraînement paraîtra judicieux. En revanche, si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos attentes, les instances devront s'expliquer. Il faudra logiquement en tirer les conséquences», avait-elle averti. On y est..."

-Réactions contrastées...______-La colère des politiques__ -Petit lexique de l'insulte en milieu footballistique

samedi 19 juin 2010

Hygiénisme d'hier et d'aujourd'hui

Les aventures de l'hygiénisme et ses dérives

-Les pauvres puent...


-L'hygiène est une chose...
L'hygiénisme, lui, est un courant, qui , au XIX° siècle, à la suite des premières conquêtes médicales, milite en faveur de conditions de vie individuelle collective et d'alimentation plus propices à la bonne santé. D'abord dans les classes aisées et cultivées, il est l'effet d'une prise de conscience de l'insalubrité des villes, des mauvaises conditions alimentaires et, plus tard, de la nécessité de l'exercice physique et du sport.Un mouvement historique positif donc, dans l'histoire européenne.
__Mais" le mot hygiénisme est aussi utilisé pour désigner une médecine non conventionnelle créée au XIX° par Herbert M. Shelton, qui prône l'autoguérison, le crudivorisme, le jeûne et la naturopathie : hygiène vitale",ce qui est déjà plus discutable, source de dérives basées sur la croyance naïve dans les bienfaits des apports naturels, souvent contre les principes de la médecine traditionnelle."L’hygiénisme contemporain, a été développée par un biologiste anglais, Shelton, au 20ème siècle. Sur le principe selon lequel tout être vivant tend naturellement vers la guérison, cet hygiénisme prône la santé par la diète, le refus de tout médicament et la naturothérapie." (V.Péan)


_[Herbert M. Shelton_(photo ci-contre]_______________________

- La notion "d'hygiénisme a été encore utilisée plus récemment pour désigner le discours sécuritaire et moral en matière de mode de vie et d’alimentation. Bref, un retour à la l’hygiénisme du 19ème siècle, c’est-à-dire à la grande entreprise d’assainissement menée en France à partir de 1870. La croisade des hygiénistes (le mot est apparu en 1830) obéissait à un projet politique que l’on retrouve dans bon nombre de mythes, depuis Platon jusqu’à Rabelais : un corps sain, une cité juste, une raison pure.
Cette grande œuvre de salubrité politique a certes permis de nettes avancées en termes bactériologiques, les découvertes pasteuriennes aidant, - c’est l’époque où l’on enterre les morts dans des cimetières, où le préfet Poubelle oblige les Parisiens à enfermer leurs déchets, où l’on canalise les eaux usées dans les égouts, où des campagnes de vaccinations s’opèrent. C’est la naissance de la santé publique, qui rejoint l’origine du mot grec, hygiène signifiant santé et désignant la branche de la médecine qui concerne le mode de vie adéquat pour conserver la santé et l’améliorer, principalement par l’hygiène corporelle.
_______Mais d’emblée, ce projet politique a opéré un amalgame délibéré, entre le corps humain et le corps social - une vision organique de la société -, la propreté et la pureté, la saleté et la souillure morale. . Ce grand ménage de printemps devait permettre de lutter contre les miasmes, les odeurs pestilentielles, la saleté des rues, la mortalité infantile, les épidémies - en l’occurrence la syphilis- et de fil en aiguille, la décadence, la souillure, la criminalité et les fléaux sociaux telles que la prostitution. Un objectif de moralisation donc, qui vise les pauvres, et un but clairement affiché d’amélioration de la race .
Dès lors, hygiénisme a flirté avec l’eugénisme : une amélioration de la race très intéressée : à des fins économiques et militaires (avoir des bras pour cultiver et des hommes pour guerroyer, après la défaite de 70). On le voit nettement dans les colonies, notamment au Maroc, où des brigades sanitaires ont littéralement raflé les pauvres, pour les désinsectiser et les revigorer dans des stations sanitaires et militaires. Cette politique hygiéniste s’est poursuivie jusqu’à la première guerre mondiale, relayée par la fondation Rockefeller, garante du bien-être de l’humanité, pour prévenir la tuberculose à travers la création des dispensaires et des visiteuses d’hygiène, la propagande d’un ministère de l’Hygiène, de l’assistance et de la prévoyance sociale...
." (Valérie Péan)_[_Hygiénisme, c'est du propre...]
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__L'hygiénisme a pu déboucher sur la raciologie, comme on le voit chez Martial (La race française), notamment sous certains régimes fascistes. Le sport-hygiène au service de la "race"
La pensé de Pierre de Coubertin flirtera avec ces thèmes
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____Aujourd'hui, de nouvelles formes d'hygiénisme se font jour. De nouvelles formes de régulation qui tendent à s'occuper de tout, une sorte de pouvoir qui touche à l'intimité par souci exclusif de contrôle, selon lequel:
"
... il convient de ne pas dépasser les limites. Il est nécessaire de rester dans les frontières de son corps, de ne pas incommoder par son odeur, de respecter la privacy de l'autre. La propreté est donc un nouveau rapport au corps qui tient de la discipline. Elle est un discours social qui renvoie non pas à l'hygiène, mais au contrôle de soi (Vernex, 1994). C'est dans la rencontre de ces deux discours que naît l'hygiénisme, alors que l'on glisse de l'« hygiénique au moral » (Corbin, 1988).
______
Les slogans l'affirment, « une société sera d'autant plus moralisée qu'elle sera décrassée » (Journal de la Société vaudoise d'utilité publique, 1869, cité par Heller, 1979). « L'individu qui s'est lavé, qui s'est débarbouillé, marche d'un pas alerte, le visage frais, l'esprit dispos, et peut réellement produire mieux et plus vite » (ibid.). Alors il faut laver. Tout, et tous. À commencer par les plus pauvres, « les classes dangereuses » pour reprendre l'expression de L. Chevalier (1958), « les monstres tapis dans le soubassement de la ville » (Corbin, 1991 [1998] : 216)_voir "Le miasme et la jonquille"_.
Ainsi, une nouvelle sensibilité olfactive se manifeste dans la diffusion de thèses qui démontrent scientifiquement que les pauvres dégagent une odeur plus intense, travaillant sur le socle des traités d'osmologie, qui depuis 1750, au moins, s'essaient à une taxonomie des odeurs urbaines, cherchent à en quantifier le volume per capita et élaborent une cartographie de leur répartition (Corbin, 1988 [1997]).

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Ainsi l'hygiénisme réalisera son projet moral en s'inscrivant dans l'espace — et singulièrement l’espace urbain — et dans les corps.
Il relève de ce que M. Foucault a appelé le "
biopouvoir" (1976 [1994]), un pouvoir de gestion de la vie, qui circule de proche en proche, dans des procédures de normalisation intersubjectives ; dans sa logique de fonctionnement, il tient de ce que M. Foucault, encore, a identifié comme des « micro-pouvoirs » (1975 [1993]). Présent partout et toujours, l'hygiénisme suit l'agent social et le contrôle pour son bien, passe par des institutions et des individus, par des discours et des actes. Comme les micro-pouvoirs de M. Foucault, l'hygiénisme produit de la parole plutôt qu'il ne la réprime ; il incite à l'aveu pour identifier le déviant. L'hygiénisme travaille la norme plus que la loi, attribut du Pouvoir et non des micro-pouvoirs..."
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Un hygiènisme qu débouche parfois sur une législation discutable
Elément d'identification et de conformisme, il est aussi souvent au service des affaires , du mythe du "corps parfait", des normes corporelles inatteignables et parfois dangereuses

vendredi 18 juin 2010

Repenser les délocalisations

Pour de nouvelles formes de protectionnisme?

-La mondialisation dérégulée, uniquement générée par des considérations financières , où la concurrence " non faussée" ne fonctionne pas, fait de plus en plus problème, aboutissant pour une part à une désindustrialisation , une perte d'emplois dans l'industrie et certains services.
La finalité est de bénéficier d'une main d'oeuvre moins chère, de "s'affranchir de toutes les contraintes des pays occidentaux (taxes diverses, normes environnementales, investissement dans la protection des salariés sur le poste de travail,...), de bénéficier d'avantages offerts. Certains pays Low Cost, en plus de la main d'oeuvre moins chère, offrent des prestations supplémentaires aux grandes entreprises qui s'implantent. Terrains offerts, construction d'usine financée par les communes, exonérations d'impôts sur les bénéfices pendant 10 ans..." (Wiki)
-Un protectionnisme sélectif permettrait-il de sauver l'Europe, notamment, des effets pervers et ravageurs de ce processus, naguère présenté comme un dogme intangible par l'OMC ( et le Consensus de Washington)?
Nos rapports avec le grand atelier de la Chine notamment posent problème, même dans les secteurs les plus pointus , que nous revendiquions comme notre privilège et la source de nouveaux emplois et de nouvelles richesses
.
"En effet dans les branches comme l’électronique ou la mécanique, la productivité des chinois se rapproche dangereusement de celle des européens, alors que les salaires sont dix fois plus faibles. A terme, la zone euro, Allemagne comprise – surtout lorsqu’on sait que la population active allemande est très faible – est condamnée. Donc si l’on veut préserver un minimum de niveau de vie et de protection sociale dans la zone euro, il faut se protéger de la concurrence déloyale de pays sans contraintes sociales et environnementales. Il ne s’agit pas de remettre des barrières douanières, mais d’instaurer une protection sélective – et je rappelle que la Chine est un pays très protectionniste pour tout ce qui touche ses propres marchés publics. "

____Il y aurait lieu de s'interroger sur les avantages d’un raisonnable protectionnisme européen
"La crise actuelle pose donc la question de la régulation des échanges : le libre échange intégral ne peut plus être un dogme incontesté parce qu’il n’est plus adapté à la situation actuelle qui a vu l’émergence de pays à forte capacité technologique mais à coûts salariaux bas, dans une économie internationale où le prix des transports et des télécommunications a chuté de façon vertigineuse. Du coup, la mise en concurrence de salariés venus d’horizons très divers a été rendue possible, et avec elle la stagnation de leurs rémunérations… et le développement de l’endettement pour remédier malgré tout à cette crise de la demande intérieure.
C’est Maurice Allais, prix Nobel d’économie en 1988, qui rappelle : « une libéralisation totale des échanges et des mouvements de capitaux n’est possible, elle n’est souhaitable que dans le cadre d’ensembles régionaux groupant des pays économiquement et politiquement associés, et de développement économique et social comparable ». (La mondialisation, Paris, 1999) (2).
Comme le rappelle Bruno Amable (Colloque Fondation Res Publica, Mondialisation régulée des échanges, 28 novembre 2005), « la théorie économique dit qu'il y a des bienfaits au libre-échange à condition de remplir certaines conditions. Notamment, il peut y avoir bienfaits du libre-échange s’il permet une meilleure réallocation des facteurs de production. Le problème est que si le libre-échange conduit à ce que, dans un pays, les facteurs de production ne soient pas réalloués mais inemployés – typiquement si ça conduit à mettre des gens au chômage – il est clair qu'on est hors du cadre des bienfaits du libre-échange. Si on a des difficultés de réadaptation de la main d'œuvre vers d'autres activités, il est clair que la protection est non seulement souhaitable, mais légitime d'un point de vue de théorie économique. »


Il ne s’agit pas évidemment de reconstruire des murs infranchissables et d’imaginer une autarcie absurde. Il ne s’agit pas non plus de tenter un protectionnisme national absolument pas adapté à l’horizon économique actuel qui est mondial.
Il s’agit simplement de réguler les échanges commerciaux en imaginant de grandes zones géographiques de taille suffisamment importante pour éviter la création de situations de rente – le risque du protectionnisme – tout en en faisant un moyen d’organiser le monde : c’est pourquoi il ne peut être imaginé qu’au niveau européen, ou américain, ou asiatique..
."
_________Ne pas tenir compte de ces principes de bon sens conduirait à une Europe de plus en plus irréparable, où le social ne pourrait que s'aggraver.Il est urgent de civiliser la mondialisation
-Pour un nouveau protectionnisme européen

-Le protectionnisme européen au service du développement durable
-Pour ou contre un protectionnisme européen ?

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-Vers la déglobalisation ?
-Protectionnisme raisonnable ?
-Libre- échange en question

jeudi 17 juin 2010

Dossier retraites (suite)

Une réforme juste?

__Faut-il écouter le son du COR?
Des esprits bien préparés



Deux poids deux mesures
__Ou le pâté aux alouettes (
"il sera demandé cinq fois plus au travail qu'au capital".)

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- Les Français les moins qualifiés "vont payer l'essentiel de cette réforme
__La répartition guillotinée
-Le vrai problème, c'est le chomage

-“Le chef de l’État entend montrer à ses partenaires européens et aux marchés financiers qu’il s’attaque au problème de la dette. Tant pis si les retraites ne constituent qu’un aspect partiel du problème : il faut donner un signal et ne surtout pas perdre la note AAA dont bénéficie encore la France sur les marchés”. (Les Échos, 13 avril 2010)

_______"La vérité est que le gouvernement veut avant tout donner des gages aux marchés financiers pour tenter de prouver que la France est bel et bien entrée dans une politique de rigueur sans le dire."(Corinne Lepage)

_________-Le travail accablé, le capital épargné
"... La mesure prévoyant le relèvement de 60 ans à 62 ans de l'âge légal du départ à la retraite, qui est la mesure phare du projet gouvernemental et qui pénalisera lourdement les salariés, rapportera à elle seule près de 19 milliards d'euros, à l'horizon de 2018, selon les projections officielles du gouvernement. Or, par comparaison, la totalité des recettes nouvelles qui pèseront sur les hauts revenus ou sur le capital n'atteindra que 3,7 milliards d'euros en 2011 et 4,6 milliards d'euros en 2020...
C'est donc la première mesure de l'iniquité du plan: comme l'établit le tableau réalisé par le gouvernement (la version intégrale du plan peut être téléchargée ici), il sera donc demandé cinq fois plus au travail qu'au capital. Pour être précis, et isoler les mesures spécifiques nouvelles qui vont peser sur le capital, il faut même déduire des 4,6 milliards les taxes qui seront à la charge des ménages fortunés et ne retenir que celles à la charge des entreprises. Dans ce cas, on parvient à un partage des efforts encore plus déséquilibré: en face des 19 milliards d'euros qui seront à la charge des salariés, on ne trouve que 2,650 milliards d'euros à l'horizon de 2020 qui seront à la charge des entreprises. Dans ce mode de calcul, le rapport n'est donc plus de un à cinq mais de un à huit...

La mesurette sur les retraites-chapeau – autre scandale qui défraie périodiquement les milieux du CAC 40 – ne vaut guère mieux: elle générera elle aussi moins que rien. Tout juste 110 millions d'euros.

Quant à la dernière mesure, celle prévoyant de relever de 40 à 41% le taux marginal de l'impôt sur le revenu, elle ne fait pas plus illusion. D'abord son gain est aussi microscopique: 230 millions d'euros. Et surtout, il s'inscrit dans une logique d'affichage. Car, en France, les vraies inégalités sont évidemment beaucoup plus celles face au patrimoine que celles face aux revenus. En supprimant presque totalement les droits de succession en 2007, et en relevant de 1% le taux supérieur de l'impôt sur le revenu, Nicolas Sarkozy sait donc pertinemment ce qu'il fait: il a offert, dans le premier cas, un gros cadeau aux plus grandes fortunes, et va soumettre à une mini-taxe des contribuables parmi lesquels figurent d'abord les cadres.

En bref, cette réforme des retraites, c'est l'histoire du pâté aux alouettes: il n'est fait mention de taxe sur les hauts revenus et le capital que pour l'apparence. Et cette iniquité du dispositif est d'autant plus choquante que le gouvernement disposait d'un levier majeur avec la fiscalité du capital et de l'épargne, comme nous l'évoquions dans un «parti pris» récent (voir notre article
Hypocrisies et leurres autour de la fiscalité du capital). Dans son contre-projet sur les réformes des retraites (que l'on peut consulter ici), le Parti socialiste avait préconisé, lui, des réformes autrement plus hardies sur la fiscalité du capital et de l'épargne..
" (L.Mauduit)
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Thomas Piketty plaide pour une « révolution fiscale »___-Thomas Piketty: «Ne dramatisons pas la question des retraites!»
-Réforme des retraites: le chantage financier auquel l'Elysée a cédé

-Les inégalités face aux retraites
-Retraite devant les marchés
-Retraites: arrêtons de ne parler que de l'âge légal!
-Point de vue de Mélanchon
-Trimer jusqu'à 67 ans !

-Retraites : le problème est ailleurs !
-Lettre aux apôtres de la capitalisation
-La pénibilité prise en compte, mais pour les salariés qui peuvent le prouver
-Retraites : l'ère de la complexité

-Emmanuel Todd : « Le débat n'a aucun sens »
- Retraites : le gros et le détail
-Un problème de croissance

-Un problème européen
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-Retraites : d'autres pistes...___-Retraites : préparer les esprits___- Retraites demain...___-___Retraites:aubaine de la privatisation___Fonds de pension : alerte !__-Retraites: Logique purement comptable ?

mercredi 16 juin 2010

Fin du Monde ?

Ou fin d'un Monde?
__Un tournant "capital" ...

Un Monde convoité
________________Et une ambition compromise:
« un journal où la compétence prime sur toutes les connivences » (Jean-Marie Colombani - Le Monde du 16 décembre 2004)

Le journal "de référence" a bien changé depuis son origine
Ce n'est pas une question de maquette , mais un problème de fond.Il a vécu trop longtemps sur un passé prestigieux (l'après-guerre), un statut particulier mais aussi une bonne part de mythe (celui de l'objectivité et de l'apolitisme)
La relative indépendance de ce journal du soir, à la structure financière originale à l'origine, destinée à assurer une certaine indépendance, est compromise depuis un certain nombre d'années. Cet exemple unique dans le paysage médiatique français est entré dans les turbulences des appétits financiers et des manoeuvres politiques, après avoir perdu une grande part de son originalité, de sa capacité d'analyses critiques._ Le rôle ambigü d'Alain Minc, ancien Président du Conseil de surveillance, n'a pas été sans conséquences (voir ICI )_Il est devenu un journal comme les autres...Pire, un bateau ivre à la gestion cahotique, sur fond de crise générale de la presse et de gestion financière critiquée. "Qui sera le nouveau maître du Monde"
?
A l'heure où le contrôle (indirect) de la presse est devenu un instrument de gouvernement, on comprend certains appétits...
______________________"Le 19 décembre 2007, trois membres de la direction du journal Le Monde annoncent leur démission. Le Monde, qui traverse une crise financière depuis quelques années, est bouleversé par cette annonce. Pierre Jeantet, président du groupe, Bruno Patino, vice-président, et Éric Fottorino, directeur du journal, jugent que l’attitude de la Société des rédacteurs du Monde les met dans « l’incapacité » d’exercer leurs responsabilités. La Société des rédacteurs aurait transmis aux journalistes du quotidien une note dans laquelle elle critiquait l’organisation et la stratégie menée par Le Monde Interactif, la filiale Internet du groupe, lui reprochant de ne pas reverser ses bénéfices à la Société éditrice du Monde alors que ceux-ci augmentent chaque année. La Société des rédacteurs aurait donc refusé de voter le budget 2008 de LeMonde.fr. En conséquence la direction a lancé une menace de démission collective, estimant que l’intervention de la Société des rédacteurs dans la gestion du groupe était illégitime. Finalement Éric Fottorino se rétracte, tandis que ses collègues confirment leur démission. D'après un journaliste, l'objectif de la démission collective aurait été de saborder la Société des rédacteurs, détentrice d'un droit de veto sur la nomination du président du groupe.
En juin 2010, 5 repreneurs sont présentés : Le Nouvel Observateur, le groupe El Pais (Espagne), le groupe de presse L'Espresso (Italie), le groupe de presse Ringier (Suisse) ainsi que Xavier Niel le fondateur de Free.La presse apprend que le pouvoir exécutif utilise des moyens de pressions pour empêcher un groupe de l'opposition de prendre le contrôle du journal, par l'intermédiaire de menaces d'annulation de subventions de l'Etat
."(Wiki)

______________Aujourd'hui, on en est au dernier délai avant recapitalisation.
C'est la guerre
..."
...Qui ? Claude Perdriel, Denis Olivennes, Le Nouvel Observateur, le groupe espagnol Prisa, Pierre Bergé, Matthieu Pigasse, Xavier Niel, de Benedetti, Ringier, Lagardère en embuscade, l'Elysée au téléphone et le groupe Orange en outsider... Manœuvres, rumeurs, pressions, batailles de chiffres: les médias suivent désormais à la loupe le processus de vente du Groupe-Le Monde, puisque c'est bien d'une vente qu'il s'agit même si sa direction appelle cela du terme technique de «recapitalisation».

La direction assume parfaitement ce choix de vendre ce qui est encore, malgré ses crises à répétition, le quotidien d'information le plus influent du pays. Eric Fottorino, directeur du journal et président du directoire du groupe, le revendique même! «La recapitalisation était programmée depuis deux ans, dès mon arrivée à la tête du directoire», a-t-il expliqué (interview au «JDD», cliquez ici). Première surprise: qu'un journaliste du Monde se fixe cette mission, vendre le journal qui l'emploie.__La deuxième surprise en découle. Pendant que tous les médias se focalisent sur l'identité du ou des futurs propriétaires, une question simple mais pourtant fondamentale n'est pas posée: mais pourquoi donc faut-il vendre Le Monde?_Cette question, plusieurs journalistes du quotidien se la posent, même si elle n'est à l'ordre du jour d'aucun des débats et assemblées générales prévus ces jours-ci (la société des rédacteurs du Monde s'est réunie ce jeudi après-midi). Certains estiment que le seul souci de la direction est de trouver des actionnaires qui la maintiendront en place. D'autres assurent que les responsables de la société des rédacteurs se sont résolus à cette vente sans chercher d'alternatives..."(O.Bonnet)
(Affaire à suivre...)
-Un Monde meilleur...

-Sarkozy et la presse, la presse et Sarkozy

-Le Monde et Sarkozy : une longue histoire d'ingérence

-Sarkozy et les médias : l'information neutralisée par la communication politique

-Le Monde : Sarkozy dans le jeu de quille
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-
Medias en péril
-Sarko et la presse
______-Dernières nouvelles: __
Le Monde : l'héritage Beuve-Méry définitivement enterré__-__Pierre-Henry Beuve Méry s'inquiète pour le nouveau Monde: _______________
____Article (légèrement modifié) paru dans Agoravox

mardi 15 juin 2010

Belgique: le tournant

Ou l'impasse ?

-Un pays en voie d'éclatement dans une Europe divisée et crise existentielle d'une "fiction"politique.

Un démantèlement programmé ?



- Le tsunami électoral de dimanche vient confirmer une tendance ancienne, d'abord masquée, puis ouverte.
La Belgique, de par sa fondation artificielle récente, n'a jamais constitué une nation. Les tensions entre les deux principales composantes surgissent dès l'origine, mais se cristallisent, puis se radicalisent surtout avec la montée en force du développement économique de la Flandre et l'affaiblissement de l'industrie traditionnelle wallonne(Quoique l'histoire soit plus compliquée)
Depuis l'affaire de Louvain notamment, la crispation identitaire flamande se focalise sur la langue, les valeurs,le territoire, jusqu'à l'absurde (notamment dans l'imbroglio de la zône bruxelloise-BHV)-.Conséquence d'une inégalité de traitement, où la Flandre était le parent pauvre, longtemps humiliée, ce qui favorisa la montée des extrêmes.
Deux communautés, condamnées à vivre ensemble, allant de compromis en compromis, une vie institutionnelle de plus en plus fragment
dée (doublement des institutions derrière une unité de façade), un casse-tête linguistique (voir le dossier BHV),au point que la résignation, voire le fatalisme a pris le dessus, sans que des solutions satisfaisantes soient envisageables à court terme.

_______Les fondements de l'Etat belge sont-ils remis en question?
On assiste à un séisme politique dans une Europe qui bat de l'aile...
qui, elle-même, a changé la donne. Elle a encouragé les régions à accéder graduellement un peu partout à une autonomie croissante, et à se représenter elles-mêmes auprès d'un pouvoir européen lui-même mutualisé. Ce régionalisme est lui-même un cheval de bataille de l'ultralibéralisme, qui veille à affaiblir les Etats, pour faciliter la circulation des capitaux et la "liberté" des multinationales (La mondialisation à l'assaut de l'Etat nation)
Victoire des séparatistes en Belgique. Et après ?- Le NVA veut rassurer, mais l'aile droite -extrême- subsiste.
La royauté sera-t-elle un rempart contre des dérives plus graves et un ciment pour une unité différente, qui reste à inventer ? La fin de la crise n'est pas pour demain
...
Ou peut-on reconstruire une fiction?
-Le socialiste wallon Jules Destrée , interpellant le roi, en 1912 : " Sire, il n'y a pas de Belges."
- Bart De Wever : "Ce pays n'existe plus"

-Heureusement, les Belges gardent leur humour ( et ICI)
_______-A Bruxelles, il y a aussi LES DESSOUS
_____________________-Néolibéralisme et disparition des Etats-nations : La Belgique premier maillon faible?
-La Belgique à l'ère de l'Europe des tribus
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-Belgique: partition en vue?
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Belgique en souffrance
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L'implosion à nos portes ?
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Article paru (modifié) dans Agoravox