Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 13 mars 2021

Fukushima (suite...et quelle fin?)

  Une suite hautement problématique

                        On n'a pas fini de parler de la catastrophe nipponne, qui aurait pu beaucoup plus mal se passer, si les vents avaient été différents ces jours-là. Savoir que l'on est passé à deux doigts d'un drame national, comme le répète le premier ministre de l'époque, donne à réfléchir et le fait que le directeur de la centrale ait désobéi aux ordres d'évacuation pour arroser à tout prix et par tous les moyens les décombres hautement radioactifs  souligne un peu plus que l'on est passé à deux doigts d'une tragédie immense, qui aurait nécessité au moins l'évacuation de la mégapole de Tokyo.        Il reste à "gérer", au moins pour trente ans encore le site, en vue d'un démantèlement ruineux et problématique. Le moins que l'on puisse dire est que Tepco n'avait rien anticipé et avait sous-évalué les risques sur la base de rapports caviardés et dans un optimisme technologique d'une singulière naïveté.          __L'aveuglement a été grand et le paradoxe de l'événement ne cesse encore de frapper, de nous interroger. Fukushima a profondément affecté les politiques nucléaires dans le monde, particulièrement en Allemagne, qui a entamé un virage radical et a forcé la France à commencer à prendre des mesures drastiques mais très onéreuses pour renforcer la sécurité de ses centrales. Il y a du travail jusqu'en 2035 pour (re)mettre aux normes un ensemble déjà vieillissant. 

           ________L’histoire de la plus grave catastrophe du début du XXIe siècle est loin d’être écrite"..;Dix ans après, l’accident de Fukushima continue. Il n’a jamais cessé en réalité : de l’eau doit encore être injectée en permanence sur trois des réacteurs de la centrale nucléaire
 pour stabiliser leur température – ainsi que de l’azote, pour éviter une explosion d’hydrogène. Cet arrosage permanent génère 150 mètres cubes d’eau contaminée chaque jour – soit l’équivalent d’une piscine olympique toutes les trois semaines. Tepco, l’exploitant de l’installation, se donne encore dix ans pour récupérer tous les combustibles usés entreposés dans les piscines des six réacteurs – qui elles aussi doivent être constamment refroidies.  Les eaux souterraines en périphérie de la centrale sont pompées et déversées dans la mer, pour éviter qu’elles n’entrent en contact avec la radioactivité dans les bâtiments. Le sol est congelé en permanence sur une profondeur de 30 mètres pour former un « mur imperméable » et empêcher les radioéléments de se propager en dehors de la centrale. Le gouvernement a autorisé le retour des habitant·e·s dans des zones où la dose annuelle de radioactivité peut atteindre les 20 millisieverts (mSv) – un millième de sievert, l’unité qui sert à évaluer l'effet biologique produit par une dose sur un organisme vivant. Pourtant la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) fixe à 1 mSv la limite de dose annuelle, en dehors des expositions médicales et naturelles – voir à ce sujet cet entretien vidéo avec Yves Lenoir, président de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus, et auteur de La Comédie atomique. Dans le cas japonais, cette même commission a considéré acceptable d’élever la fourchette du taux de radiation pour tout citoyen, et de fixer le seuil maximal à 20 mSv.     Dix ans après l’accident, le taux de retour des résident·e·s dans la zone de décontamination n’est que de 22 %. En juin 2020, Shinzō Abe, l’ancien premier ministre japonais a annoncé la réouverture à l’habitat de l’ensemble de l’ancienne zone évacuée, « sans obligation de décontamination, générant une nouvelle vague de colère et d’incompréhension » décrit la sociologue Cécile Asanuma-Brice dans un autre livre tout juste publié, Fukushima, dix ans après. Sociologie d’un désastre (Maison des sciences de l’homme).     Cette mesure s’accompagne du paiement de 2 millions de yens (16 000 euros) par foyer pour les familles qui accepteraient de venir vivre dans l’ancienne zone évacuée au moins durant cinq années, ainsi que du paiement de 1,2 million de yens (9 500 euros) pour celles, en provenance d’autres préfectures, qui consentiraient à venir vivre dans le département de Fukushima, ajoute la chercheuse. Depuis février 2020, il n’y a plus de restriction sur la pêche et la vente d’espèces marines pêchées à proximité des côtes de la préfecture de Fukushima...." 

__    * Souriez, vous ne serez pas contaminés..._____ * Vous avez dit "résilience"?______ * Rien n'est résolu...__ * Multiples dénis_____ * Du corium pour l'éternité..._______________

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