Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 25 mars 2021

Silence, on espionne!

        Curiosité illégale.     

                        Chez Ikea- France, on n'y va pas par quatre chemins. On s'instaure surveillant de la main d'oeuvre. On se sait jamais. Mais ce n'est pas anecdotique et ce n'est pas nouveau, même si les moyens on changé et se sont sophistiqués. Aujourd'hui, on peut être observé et suivi sans même le savoir. On n'arrête pas le progrès....Mais c'est verboten: espionner les salariés peut  coûter cher, quelle que soit la manière, quels que soient les moyens. Les droits patronaux ne sont pas illimités. L'information sur la personne salariée ne peut s'exercer que dans certaines limites bien définies.

           Chez IKEA, on a des principes, mais...."Plus de neuf ans après le scandale d’espionnage qui a mis dans la tourmente la filiale française du géant suédois du meuble en kit, un procès s’ouvre ce lundi 22 mars au tribunal judiciaire de Versailles. L’entreprise, mais aussi deux anciens P.-D.G., sont jugés aux côtés de douze autres prévenus, tous accusés d’avoir soumis, à différents degrés, des salariés d’Ikea France, mais aussi des clients et des candidats à l’embauche, à une vaste opération de surveillance illégale entre 2009 et février 2012. Ces cibles auraient été épiées, leurs antécédents judiciaires illégalement épluchés, avec l’aide d’un réseau de détectives privés et de policiers..."                                                                 _____Chez AMAZON aussi , la colère ouvrière gronde dans plusieurs pays contre le géant de la distribution, ses conditions de travail et sa "curiosité" concernant son personnel, notamment en Alabama:   "...Depuis plusieurs mois, les membres du syndicat des travailleurs de la distribution RWDSU (Retail, Wholesale and Department Store Union) se relaient à ce croisement, qui mène au parking du gigantesque centre de distribution « BHM1 » d’Amazon, quelques dizaines de mètres plus loin.  Armés de pancartes, ils encouragent les 5 800 employés qui défilent en voiture toute la journée, à voter pour la création d’un syndicat dans le cadre du référendum interne en cours depuis début février. Ces derniers ont jusqu’au 29 mars pour remettre leur bulletin de vote. S’il voit le jour, ce syndicat serait le premier à naître au sein d’un entrepôt d’Amazon aux États-Unis, toutes les autres tentatives ayant échoué jusqu’à présent....Inquiète du risque de contagion syndicale parmi ses 800 000 employés aux États-Unis, l’entreprise a demandé aux autorités locales de raccourcir la durée du feu rouge au carrefour pour éviter que ses employés ne discutent trop longtemps avec les équipes de la RWDSU – Amazon assure que le changement a été fait pour éviter les embouteillages à la sortie du parking. « C’est la plus grosse campagne de l’histoire de notre syndicat », résume Stuart Appelbaum, le président de la RWDSU, fondée en 1937. Ouvert en mars 2020 pour faire face au boom des commandes pendant la pandémie, le centre de distribution de Bessemer est une aubaine économique pour cette région du « Deep South » des États-Unis, pauvre et noire, scarifiée par le déclin de l’industrie et le manque de protections sociales hérité de l’esclavage. Rapidement, il est aussi devenu le symbole des dérives du système Amazon. Face au refus de la direction d’augmenter ses employés, composés à 80 % d’Afro-Américains, en pleine pandémie, une poignée d’employés de « BHM1 » ont rencontré en secret les syndicalistes de la RWDSU l’été dernier pour leur demander de les aider à monter un syndicat. En décembre, quelque 2 000 employés avaient manifesté leur soutien au projet. Le référendum a démarré deux mois plus tard.  Depuis, la campagne bat son plein devant et derrière les murs du bâtiment, où quatre grandes banderoles « Vote » ont été installées sur la façade. Côté Amazon, un consultant anti-syndical a été recruté à prix d’or pour dissuader les employés de voter pour le syndicat – une pratique nommée union busting répandue dans les grandes entreprises américaines.....« Beaucoup des travailleurs d’Amazon ont deux emplois. Ils travaillent 10 heures au centre et ont un autre emploi le week-end car ils ne peuvent pas faire face au coût de la vie. Amazon pense qu’ils leur font une fleur en les payant 15 dollars de l’heure, mais c’est loin d’être suffisant », dit-il, surtout pour les parents qui élèvent leurs enfants seuls.... Pour sa part, Perry Connelly, un employé de « BHM1 » impliqué dans la campagne, dénonce des conditions de travail « déshumanisantes ». Recruté par Amazon en avril, cet Afro-Américain de 58 ans est « water spider » (« araignée d’eau »), un employé chargé de s’assurer que les commandes sont réparties entre les différentes stations de travail pour être traitées. Rencontré dans le local syndical à Birmingham, la grande ville à côté de Bessemer, il évoque le système informatique « ToT » (« Time off Tasks »), qui mesure la productivité des employés..."                                                                                                                        A plus grande échelle et pour des raisons plus stratégiques, Les USA espionnent les grands groupes français en toute impunité, au nom du principe d'exterritorialité qu'ils se sont arrogés unilatéralement. Faut pas se gêner...     _________________________

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