mercredi 3 mars 2021

L'ex-Président et les "petits pois"

Sarko- piège

                L'ancien chanoine du Latran, encore "victime", lui l' habituel pourfendeur de la justice.            Elle est dévoyée à ses yeux, depuis longtemps, simplement parce qu'elle essaie, difficilement, de remplir son rôle... Les magistrats, ces "petits pois, comme il avait commis l’erreur de les surnommer, embarqués dans ce que certains de ses proches appellent une vendetta judiciaireIL est vrai qu'elle ne remplit pas toujours sa fonction comme il conviendrait, en partie à cause de moyens insuffisants, des mauvais traitements subis, mais elle ne mérite pas cet excès d'indignation, surtout quand elle veut, trop tardivement et trop sélectivement, mettre de l'ordre dans les affaires de corruption, au plus haut sommet de l'Etat. Dans un Etat républicain, aucune exception ne saurait exister. dès lors que les preuves sont établies.  Celui qui a "passé sa vie à donner des coups de pouce" ne devrait pas s'étonner. Ça fait quand même beaucoup d'affaires...

         Le piège s'est refermé. "...Quelque chose de très politique se jouait à travers ce procès : l’affirmation de l’autorité des juges face à un ancien président de la République qui n’a cessé de chercher à les discréditer. En ligne de mire, le Parquet national financier, créé en décembre 2013 pour traquer la grande délinquance économique et financière, jouait sa réputation et donc sa survie. Fragilisé par de nombreuses polémiques sur ses méthodes d’investigation, constamment mis en cause par Nicolas Sarkozy et ses défenseurs, il sort conforté par le jugement du tribunal, sans être totalement assuré de la suite.  A chaque fois qu’il s’est trouvé acculé, Nicolas Sarkozy a cherché à galvaniser ses troupes contre les juges, ce qui était une façon de se réarmer politiquement. Aujourd’hui, il récolte la monnaie de sa pièce et doit s’interroger sur l’opportunité de poursuivre cette surenchère de nature populiste, qui est non seulement devenue un piège pour lui mais un risque pour le pays....". Que le procès soit "politique", c'est évident , mais pas au sens où l'entend l'accusé. La politique concerne aussi le bon fonctionnement des institutions et l'égalité de tous devant la loi. Le problème est que Nicolas ait été le premier à être ainsi légalement traité et que cette question judiciaire est l'arbre et la foret. C'est aussi un système qui est en cause, pas seulement un homme, des habitudes et des moeurs qui ne commencent pas avec lui: "... il y a indéniablement un micro-climat judiciaire du sarkozysme, une spécificité mortifère de ce mouvement politique qui risque de laisser dans les livres d’histoire, comme le berlusconisme en Italie ou le trumpisme aux États-Unis, les stigmates d’un clan suspecté d’avoir privatisé le bien commun à des fins privées. De s’être servi de l’État plus que de l’avoir servi..."         


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Il s’agit là d’un système unique en son genre quand on l’ausculte au prisme des innombrables dossiers judiciaires qui le cernent désormais. Il n’est pas un proche de Nicolas Sarkozy qui n’ait eu maille à partir avec la justice ces dernières années.   La liste a vraiment quelque chose de vertigineux quand on se penche dessus : les mentors de Sarkozy (Charles Pasqua, Édouard Balladur), son premier ministre (François Fillon, donc), ses amis d’adolescence (Brice Hortefeux, Patrick Balkany), ses conseillers (Patrick Buisson, Boris Boillon), des ministres phares (Claude Guéant, Christine Lagarde), son trésorier (Éric Woerth), son associé historique dans un cabinet d’avocats (Arnaud Claude), son propre avocat (Thierry Herzog), son maître espion (Bernard Squarcini), son témoin de mariage (Nicolas Bazire), sa suppléante (Joëlle Ceccaldi-Reynaud), etc… Certains ont été condamnés, d’autres vont être jugés, d’autres encore ne sont « que » mis en examen dans les enquêtes en cours, mais tous décrivent par les faits qui leur sont reprochés un terrible soupçon pour une démocratie comme la France. Celui d’une prédation sur le dos des citoyens, de leur confiance dans la démocratie et de leur portefeuille (aussi), au mépris des règles élémentaires de décence publique qu’imposent pourtant les mandats et fonctions que chacun a occupés...." 
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