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lundi 3 août 2026

La ville où on ne dort jamais

     Un choc, oui...

            Et pourtant, j'y ai bien dormi...

    Quelques souvenirs d'une ville fascinante et désarmante

                

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Services publics (suite)

Pas de fatalité

          Dans le sillage de la révision des politiques publiques inaugurées par N.Sarkozy et F.Fillon, dans le contexte néolibéral inauguré plus tôt tendant à réduire, parfois drastiquement, le rôle de l'Etat, dans des domaines parfois cruciaux, les services publics, ou encore appelés tels, parfois réduits à la portion congrue, sont devenus des cibles de choix...

           Le manque de moyens apparus lors des incendies en cours, sans parler de l'état souvent désastreux de nos hôpitaux, a mis en évidence une nouvelle fois l'état dégradé de nos services publics. Tout cela est le processus de choix politiques qui ne sont pas si lointains et qui ont provoqué un infléchissement de l'engagement de l'Etat sous l'effet de choix néolibéraux. Réduire les coûts, quelles qu'en soient les conséquences, diminuer les personnels et les crédits alloués, sans perspectives à long terme, sinon favoriser le secteur privé,  libéraliser à tout va, dans le sens contraire des objectifs fixés initialement. N. Sarkozy et F.Fillon, qui se comparait à M. Thatcher, ont donné le ton, avec quelques précautions oratoires d'usage. Le logiciel est resté inchangé, malgré quelques aménagements circonstanciels.                        Depuis l’instauration de la révision générale des politiques publiques (RGPP) imaginée par Nicolas Sarkozy à son arrivée à la présidence en 2007 – devenue par la suite modernisation de l’action publique (MAP) –, la feuille de route du ministère des finances n’a pas changé. Chaque loi de finances est l’occasion de donner un coup de rabot supplémentaire dans les services publics, considérés comme dépensiers et improductifs, de supprimer des effectifs, de lancer des réorganisations permanentes alimentant l’impuissance.                                                                                                                                                                                            Point de vue           « Le logiciel gouvernemental reste le même : il faut réduire la dépense publique. Alors que les besoins augmentent, qu’il faudrait investir massivement pour faire face aux dérèglements climatiques, on assiste à un définancement des services publics. À l’exception de l’intérieur, de l’armée et, dans une moindre mesure, de la justice, mais dans des proportions nettement insuffisantes, tous les budgets des services publics sont en baisse », relève Marie Pla, coporte-parole de l’association Nos services publics, qui documente depuis plusieurs années la mise à sac de nos biens communs.                                     Aussi essentielle soit-elle, la sécurité civile n’a pas échappé à la règle. Vivement critiqué par toutes les oppositions pour le manque de moyens dévolus aux pompiers, le gouvernement se défend d’avoir sacrifié la sécurité de la population et des territoires.   Du côté de Renaissance, on assure que « depuis 2017, les moyens pour la sécurité civile ont été augmenté de plus de 70 % », et notamment chez l’ancien premier ministre Gabriel Attal, sur la sellette après avoir annulé, en 2024, la commande de deux canadairs, pourtant promis en 2017 (lire l’encadré).                             Les chiffres relativisent, toutefois, l’effort de l’État. Il consacre chaque année 800 millions d’euros à la sécurité civile. C’est presque soixante fois moins que le budget de l’armée. Cela représente à peine 10 % des dépenses totales pour les services incendies et de sécurité.  Car l’essentiel est payé par les départements et les collectivités locales. Mais depuis des années, le budget stagne autour de 7 milliards d’euros. « On dépense [deux ou trois fois plus] pour nos déchets » que pour la lutte contre les incendies, constate le député La France insoumise (LFI) Damien Maudet, coauteur de deux rapports sur la sécurité civile...Alors qu’en 1983 la France disposait de 24 canadairs, elle en possède deux fois moins aujourd’hui. Et encore, près de la moitié est clouée au sol. En effet, Sabena Technics, la société sous-traitante chargée de la maintenance, n’a pas tenu ses engagements de disponibilité à l’été, faute de pièces détachées suffisantes, comme l’a expliqué Éric Durand, secrétaire général adjoint du Syndicat du personnel navigant de l’aéronautique civile dans Le Monde.      Au mieux, la France disposera de deux nouveaux appareils en 2030-2032. Le constructeur canadien De Havilland a arrêté la production des canadairs en 2017, faute de commandes suffisantes. Il a accepté de la relancer en 2019 après que l’Union européenne (UE) lui a passé commande de 24 canadairs dans le cadre du plan « Reset ». Mais il a les plus grandes difficultés à retrouver son rythme de production antérieur.   À voir les délais imposés pour seulement obtenir deux avions, la situation est inexplicable. Alors que le secteur aéronautique français est reconnu dans le monde, pourquoi le gouvernement ne lui a-t-il pas demandé de plancher sur des projets de bombardiers d’eau ou de drones capables de lutter contre les feux de forêt ? Pourquoi lui a-t-il préféré De Havilland ?         Certains expliquent que les grands constructeurs aéronautiques ne sont pas tellement intéressés par des projets qui, pour l’instant au moins, ne représentent que des marchés de niche. Le gouvernement français n’aurait donc pas eu d’alternatives industrielles. Dans les faits, elles existent, comme le relève le rapport parlementaire « sur la stratégie de renouvellement de la flotte aérienne de la sécurité civile ». L’entreprise Hynaero est en train de développer un bombardier d’eau dit Frégate F-100, avec le soutien d’Airbus.  Mais le projet le plus avancé est celui mis au point par les ingénieurs de Positive Aviation à Toulouse. Il consiste à transformer des modèles de l’ATR-72, avion de transport régional, en bombardiers d’eau, ce qui permet de réduire les coûts de production. Le premier avion sera disponible en 2029.    Ce qu’il manque pour que ces projets décollent vraiment ? « Le soutien de l’État et des commandes publiques », dit le député insoumis Damien Maudet, coauteur d’un rapport à ce sujet. Même Bpifrance, la banque publique d’investissement, ne semble s’engager qu’avec précaution.     Alors que les moyens stagnent, les charges, elles, explosent. Elles ont augmenté en moyenne de 30 % sur les dix dernières années. D’autant que les services de sécurité doivent assumer de nouvelles missions, comme le transport de malades, à la suite des demandes du gouvernement de centraliser les appels d’urgence afin d’éviter l’engorgement des services d’urgence hospitaliers et de diminuer le coût des ambulanciers privés.       « Cela nous mobilise pendant 80 % de notre temps », dénoncent les syndicats de pompiers. Mais ces missions supplémentaires ne sont pas compensées par les caisses d’assurance-maladie.     Résultat ? Des services de sécurité sous tension permanente ; des pompiers mal payés et mal considérés qui ne veulent plus renouveler leur engagement volontaire après cinq ans ; des équipements hors d’âge et insuffisants ; des moyens financiers qui se réduisent comme une peau de chagrin, au point que certains départements ne peuvent leur acheter des masques filtrants pour les protéger.  Cette description de leurs conditions de travail faite par les pompiers pourrait tout aussi bien être faite par les professeur·es, les personnels de santé, les chercheurs et chercheuses, les personnels pénitentiaires et tant d’autres, tant le secteur public souffre d’un sous-investissement chronique.Pressées de toutes parts, les collectivités territoriales – départements et villes – disent qu’elles ne peuvent guère faire plus. Au nom de la rigueur budgétaire, les gouvernements successifs n’ont cessé de rogner leur autonomie financière et de renforcer la tutelle de Bercy, en les privant de recettes indépendantes (suppression des taxes professionnelle et d’habitation, par exemple) et en ne compensant pas intégralement le manque à gagner. Le ruissellement espéré par ces suppressions d’impôt devait participer à cette compensation. Il est toujours attendu.                                  Dans le même temps, l’État n’a cessé de leur demander d’assumer de nouvelles charges, sociales pour l’essentiel. En 2022 et 2023, deux rapports de l’Assemblée des départements de France (ADF) décrivaient « un système à bout de souffle » et demandaient une remise à plat du système de financement de la sécurité civile. Les catastrophes en cours les amènent à renouveler leur alerte.  « On ne peut pas demander aux départements d’investir toujours davantage alors qu’eux-mêmes sont au bord de l’asphyxie financière. À force d’attendre, c’est notre capacité collective à protéger les Français qui est fragilisée », dit François Sauvadet (UDI), président de l’ADF.                Jusqu’alors, le gouvernement a joué la montre. La dernière grande loi de programmation de la sécurité civile remonte à 2003, reposant sur des bases de taxation à partir des immatriculations qui n’ont jamais été révisées et sont devenues obsolètes. Depuis lors, plus rien.                                                                                              Un Beauvau de la sécurité civile, qui a bien été réuni en 2025, était censé aboutir à une grande réforme permettant la remise à plat du système de financement du secteur. Promis début 2026, le texte a été renvoyé aux calendes grecques, comme le dénonce la députée écologiste Sandra Regol, autrice de nombreuses propositions de loi sur le sujet.                     « La sécurité civile, ce n’est pas un sujet politique. Après l’été, tout le monde oublie les feux de forêt et on passe à autre chose », constate l’insoumis Damien Maudet. Sans guère rencontrer d’opposition, le gouvernement a pu ainsi réécrire une disposition adoptée au Parlement accordant des trimestres supplémentaires pour le calcul de retraite des pompiers. Au lieu de six trimestres supplémentaires, l’exécutif a décidé mesquinement de limiter la compensation à trois trimestres au bout de quarante années de service volontaire. La mesure devait concerner une poignée de pompiers. C’est ce qui s’appelle une gestion « en bon père de famille », sans doute.                                               Dans le même élan, outre la suppression de la commande de deux canadairs en 2024, le gouvernement a décidé, dans sa réécriture du budget 2026, de supprimer l’amendement prévoyant l’achat supplémentaire de retardateur d’incendie, dispersé aujourd’hui lors des vols d’A400M. Il a déjà prévenu les collectivités territoriales qu’elles seraient associées aux nouveaux efforts de réduction du déficit et devaient prévoir des budgets en baisse.    Le nouveau maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, peut désormais mesurer les effets de ses réductions budgétaires, dont il était un fervent défenseur quand il était ministre des comptes publics (2023-2024). Aujourd’hui, il réclame l’aide de l’État. « Quand on fera l’addition financière des catastrophes de cet été, il est probable, compte tenu de l’ampleur des sinistres, qu’elle sera plus élevée que le budget consacré à la sécurité civile », prédit Damien Maudet. Mais Bercy ne compte jamais comme cela : il note les dépenses mais jamais ce qu’elles apportent ou les dégâts qu’elles évitent.                                                                                                                           Une erreur, selon le député socialiste Philippe Brun. Reprenant une idée émise dans un des rapports parlementaires, il préconise que l’État évalue aussi le montant des catastrophes évitées grâce au système public de protection civile et que les assurances participent à son financement.                                                                                     À peine émise, l’idée paraît déjà mort-née. Par principe, le gouvernement se refuse à demander au privé de participer à l’effort général. Et s’il s’est tant désintéressé de la sécurité civile ces dix dernières années, c’est que ces missions ne peuvent pas être déléguées au privé, qu’il n’y a pas moyen d’en tirer profit. Au contraire. Ce ne sont que des externalités négatives qu’il importe de faire supporter au public.                     Quand les missions de service public peuvent être déléguées au privé, l’État s’empresse de les encourager, quel qu’en soit le prix pour la collectivité. Alors que les moyens et les effectifs diminuent partout, les transferts de financement et l’externalisation des missions de service public n’ont jamais été aussi nombreux. Selon les calculs de Nos services publics, l’externalisation s’élève désormais à 160 milliards d’euros par an.                                                                                                                   Tout y passe : de l’établissement des cartes grises, qui donne lieu à des fraudes gigantesques, à la perception des amendes, en passant par certaines tâches douanières ; les réseaux de cliniques privées prospèrent sur le dos du système de santé ; les transporteurs ferroviaires concurrencent la SNCF sans assumer aucune charge pour l’entretien du réseau ; les producteurs indépendants d’électricité sont assurés d’une rente garantie sans aucune obligation, tandis qu’EDF paie toutes les charges.                                                                                                                                            Tandis que les fermetures de classes s’accélèrent dans l’Éducation nationale, les financements de l’enseignement privé ne cessent d’augmenter et dépassent désormais celui de la sécurité civile. Quelques dizaines de milliers d’élèves valent bien qu’on leur consacre plus d’argent qu’à 66 millions d’habitant·es.                                   « Il serait temps de se poser la question de l’efficacité de la dépense publique. Car l’État verse de l’argent au privé sans contrôle, sans évaluation. Ces dépenses doivent être conditionnées, voire, pour certaines, totalement supprimées », dit Marie Pla.  En tout cas, cette politique de réduction du secteur public et de transfert au privé n’a pas permis de diminuer l’endettement : en dix ans, il s’est accru de 1 300 milliards d’euros. Aucun gouvernement n’a affiché un bilan aussi désastreux.                                      Le gouvernement ne semble pas prêt à en prendre le chemin. Les ravages forestiers pourraient même lui donner l’occasion d’étendre encore la politique de mise en coupe réglée des services publics. Depuis quelque temps, l’Office national des forêts (ONF), lointain héritier des services royaux institués par François Ier pour protéger le domaine patrimonial forestier, est entré dans le champ d’intérêt d’Emmanuel Macron.      Une vaste réforme de l’organisme a été entreprise. Objectif : faire le plus d’argent possible en se mettant au service des intérêts privés. Un tiers des effectifs de l’ONF a été supprimé, créant un malaise interne profond. « L’État fait obligation aux propriétaires de débroussailler ses terrains. Mais il n’est pas sûr que l’ONF soit lui-même en capacité de le faire, tant il a supprimé d’emplois », dénonce Damien Maudet.                                                                                                                                  Avec les incendies, le chef de l’État voit une occasion d’accélérer son projet. Comme après l’incendie de Notre-Dame, il a promis, lundi 27 juillet depuis la Gironde, de reconstituer la forêt disparue, mais une « forêt différente » qui tienne compte des changements climatiques, ainsi que de la pression urbaine. Ce même jour, lors du conseil des ministres, il a rappelé qu’il s’agissait d’« un enjeu de premier plan ».                                                                                                                       La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, semble poser les premiers jalons de cette ambition présidentielle. Le week-end des 25 et 26 juillet, alors que les habitant·es, les pompiers et les autorités étaient en pleine panique dans la région bordelaise, elle a annoncé la création d’un fonds, associant public et privé, pour préserver et replanter les massifs forestiers en France, afin de les rendre plus résistants aux dérèglements climatiques. Elle pourrait surtout donner lieu à une vaste redistribution territoriale et foncière entre public et privé.  Les expériences récentes de ce mélange public-privé pour défendre des enjeux climatiques ou environnementaux, que ce soit dans l’énergie, l’automobile ou ailleurs, aboutissent souvent aux mêmes résultats : à la fin, ce sont toujours la vision et les intérêts privés qui priment, et le public paie, surtout en cas d’échec. Nos biens communs, nos services publics, l’intérêt général et, désormais, comme le prouvent les catastrophes en cours, notre sécurité valent mieux que cela..."(Martine Orange _ Merci à Médiapart)     _________    

dimanche 2 août 2026

Drame à Ceuta

          Inédit

                    Ce n'est pas une submersion à Ceuta, quoiqu'en pense Z.


               
Cela sent l'instrumentalisation, doublement _________________

Echos du dimanche

 __ Critiques

__ Epidémie

__ Bénéfices         

__ Fractures

__ Rhéocratie

__ Plan Sécu

__ Covid long

__ Nouveau cap

__ Amazonie en péril

__ Spéculation agricole

__ Hypothèse rassurante

__ Carburants: prévision

               ________   Qui finance la France? __________

samedi 1 août 2026

Rififi à la Maison Blanche

       Le début de la fin?

             Une stratégie du chaos.      


                          Témoignage       


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IA : nouvelles perspectives

 A vitesse accélérée 

                           C 'est le rythme de développement des nouvelles applications de l'IA, dans des domaines de plus en plus variés et un contexte de concurrence  et de rivalités mondiales assez exacerbées sur plusieurs plans. Certains, même en haut lieu, demandent déjà que l'on freine ce développement assez anarchique, constatant des formes de piratage dans les domaines sensibles. Et plus...Au point que le PDG de Open AI lui-même déclarait à un podcasteur américain : « Nous allons peut-être devoir ralentir de rythme de développement des IA pour donner suffisamment de temps à la société pour se préparer à ces nouvelles capacités. »      Enfin se pose le problème d'une régulation de systèmes qui peuvent s'emballer et d'une maîtrise nécessaire des innovations en la matière. Les dérives graves constatées n'ont pas été anticipées. Des fuites de données. Des chiens fous dans un jeu de quilles.... Du grain à moudre pour la pétition qui demande une régulation capable de freiner le développement des modèles les plus avancés, y compris le patron d'Anthropic. Frankenstein échappe à son créateur...Les droits d'auteurs risquent aussi d'être facilement violés, dans tous les domaines.  Le risque de flop n'est pas exclu.


                          Le problème est qu'un mur de complexité  rend les contrôles de plus en plus problématiques.  Et que l'intelligence, la vraie , fait parfois défaut . Même le simple bon sens. Sans parler d'éthique élémentaire.      Ce qui  explique mieux des prises de position récentes, souvent d'ordre "philosophique".   Cédric Villani , toujours un peu à part, ne mâche pas ses mots:                                         
Pour moi, le premier problème, c’est que l’IA rend fou. Elle rend folle l’économie, folle la société, folle une partie des élites techniques et politiques. Quand on regarde certains discours aujourd’hui dans la Silicon Valley, on a parfois l’impression d’assister à une forme de délire collectif autour de la promesse technologique.    En même temps, cette obsession permanente pour l’IA détourne aussi l’attention collective d’autres enjeux absolument centraux, notamment climatiques et écologiques. Toute l’énergie intellectuelle, financière, industrielle est aujourd’hui mobilisée autour des datacenters, de la puissance de calcul, de la compétition technologique, des semi-conducteurs. Or pendant ce temps-là, les problèmes climatiques et sociaux ne disparaissent pas, bien au contraire.    Et puis il y a évidemment toute la dimension militaire et sécuritaire. L’IA fournit déjà de nouvelles armes : cyberattaques automatisées, drones pilotables avec précision et bientôt beaucoup plus autonomes, systèmes de surveillance, capacités massives de désinformation, automatisation grandissante de la guerre. Le risque n’est pas vraiment celui d’une machine qui deviendrait autonome ou incontrôlable au sens de la science-fiction, mais son utilisation autodestructrice par l’humain.                                  Les technologies de la communication, dès le début, ont été employées par les sociétés autoritaires pour renforcer leur contrôle de la population, mais ont aussi constitué pour les régimes plus libéraux une tentation irrésistible. Voyez les programmes massifs de surveillance lancés par les États-Unis et quelques autres. Flicage en temps de paix, démultiplication des moyens de destruction en temps de guerre, c’est une combinaison redoutable pour une humanité qui n’a guère progressé moralement et qui a toujours, en période de tension, utilisé la technologie dernier cri pour se battre. Rendez-vous compte, personne n’en parle mais l’an dernier cinq pays européens se sont retirés du traité international contre les mines antipersonnel ! Les industriels de l’armement ont leur carnet de commande plein à ras bord, de même que tout le business des addictions (drogue, sexe, jeu). J’imagine un extraterrestre en mission d’observation sur Terre, qui ferait son compte rendu à son quartier général : « Ils font tout pour éviter de regarder en face leurs vrais problèmes, ils se préparent à la guerre, et construisent d’immenses datacenters comme les cathédrales d’un culte ». À la fois hyper-connectés et déconnectés du réel..." 
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vendredi 31 juillet 2026

Picsou ou Donald?

 __ Tromp s'enrichit...encore 

Il n'y a pas de raison que ça s'arrète...  _____________________

Dictature du consommateur

  Client: roi ou sujet[Bis repetita]

                                  « La croyance en une économie de marché ou le client est roi
est l’un de nos mensonges les plus envahissants
(Jk Galbraith)_______

                                                                                                                 Le consommateur est roi, nous serine-t-on, à longueur d'ondes et de slogans alléchants.
Voire...
     Il existe des rois sans pouvoirs, des rois déchus ou des rois dominés.
Un slogan illusoire.
     Dans Au bonheur des dames déjà, Zola montrait la stratégie des marchands en quête de clientèle parisienne aisée. Ils savaient déjà habilement faire jouer les passions, l'envie et la distinction, dans des grands magasins où il fallait  étonner par des produits aussi divers que nouveaux.
     Le consommateur, même si son pouvoir de choix n'est pas nul, dans le cadre d'un état de production donné, ne serait-il pas plutôt le pigeon d'un système, sans qu'il en ait conscience?
    La demande existe bien, stimulant l'offre, mais c'est aussi et en premier lieu l'offre qui crée et conditionne structurellement la demande, comme le reconnaissait déjà J.Say.
     Problème de l'oeuf et de la poule?
      Les besoins humains sont premiers, bien sûr, et l'offre marchande, pour les satisfaire de manière de moins en moins élémentaire, fut là pour y répondre dès qu'il y eut division du travail. Mais en produisant des marchandises de plus en plus diverses et sophistiquées, jusqu'à sortir du strict domaine utilitaire, l'offre créa réellement la demande. Des biens, des services auxquels personne n'avait pensé s'offrent au désir du consommateur, qui pense avoir l'initiative, même pour le "choix" du dernier I-pad ou celui du voyage aux iles Marquise.
   Les premières automobiles déjà ne vinrent pas d'une demande mais furent la conséquence d'une offre (Ford sut la rendre désirable pour tous), qui finit par s'imposer comme une "nécessité",  comme les téléphones portables, etc...  biens auxquels personne ne pensait avant leur apparition  et qui débouchèrent  sur une demande sans fin et de plus en plus élaborée, en rapport avec le développement des forces productives, des relations, marchandes et autres, le développement des loisirs, etc...
                           Le débat sur l'antériorité de l'offre sur la demande ou vice-versa est en partie un faux problème.
              Le débat insoluble en cours sur la priorité de l'offre sur la demande ou vice-versa est source de confusion, quant à la véritable nature des échanges humains, des marchés.
    Il est surtout purement circonstanciel,  objet d'âpres débats entre décideurs politiques et théoriciens économiques, (notamment dans la formation des prix), et  nous éloigne, dans le contexte de crise que nous vivons, de la nature des choses.
     Il y a une interdépendance systémique entre les deux aspects, comme l'avait bien vu Marx:
       "Chacune apparaît comme le moyen de l'autre; elle est médiée par l'autre; ce qui s'expri­me par leur interdépendance, mouvement qui les rapporte l'une à l'autre et les fait apparaître comme indispensables réciproquement, bien qu'elles restent cependant extérieures l'une à l'autre. La production crée la matière de la consommation en tant qu'objet extérieur; la consommation crée pour la production le besoin en tant qu'objet interne, en tant que but. Sans production, pas de consommation; sans consommation, pas de production. Ceci figure dans l'économie politique sous de nombreuses formes."
              A partir des année 50 surtout, la consommation de masse, "l’équipement en appareils ménagers et audiovisuels des ménages ainsi que l’étendue de la grande distribution industrialisée ont permis une pénétration de la consommation marchande industrialisée dans les modes de vie. Ensuite, progressivement et avec l’industrialisation des services, certaines activités jusque-là non marchandes le sont devenues. L’interpénétration entreprise/marché ou l’intégration du client dans le processus production/consommation ont permis le contrôle du marché par les entreprises jusque dans la sphère personnelle et familiale.   L’intégration du client dans l’entreprise ne résulte pas, comme on pourrait le penser a priori, d’une meilleure prise en compte des besoins du client, mais fait plutôt, et surtout, suite à un discours marketing et managérial de légitimation, permettant l’investissement de l’espace domestique et son contrôle par l’entreprise.
  Il importe de voir que ces processus d’investissement et de contrôle de l’espace domestique s’appuient sur la diffusion, dans les sociétés, et avec l’aide du marketing et des techniques de communication, d’une pensée dominante prescrivant un bonheur dépendant de la consommation de marchandises censées répondre à tous les aspects de la vie et à tous les besoins des individus. Ainsi, le marché s’est étendu à toutes les sphères de la vie privée : « Le marché débarrassé de toute entrave et étendu graduellement à toutes les sphères de la vie sociale » (Castoriadis)
      ...On parle alors de « pouvoir du client », de « client roi », de « client unique ». Dans le discours des dirigeants d’entreprises, ce client devient le patron, et sert de justification à la flexibilisation et la précarisation consécutives du travail : l’entreprise doit s’adapter aux exigences changeantes des clients et aux fluctuations du marché. Le management de la qualité a ainsi été le précurseur de l’introduction, il y a une dizaine d’années, de la relation client–fournisseur dans le processus de production. On voit d’ailleurs progressivement apparaître de nouvelles terminologies, dans les discours, autour de cette notion d’intégration du client : on parle de « consommateur actif », de « client informé », « consom’acteur », de « pouvoir du consommateur–client », de « client roi », et même d’« entrepreneur ». Dans ce mode de communication, le client se reconnaît en tant qu’individu unique et non plus en tant que consommateur destinataire d’un message commercial uniforme.
      Le marketing a été la fonction principale qui a formulé ce changement en prétendant passer d’un « marketing–produit » à un « marketing–client » ou bien d’un marketing transactionnel à un marketing relationnel one to one. Le Customer Relationship Management (CRM) en est la plus célèbre expression. Cette stratégie vise à utiliser, à l’aide d’outils technologiques, les bases de données clients, pour personnaliser les offres. Les techniques de la relation client participent à ces stratégies très en vogue de personnalisation de l’offre, voire de co-construction de l’offre. Même si ce concept a « ouvert la possibilité d’un partenariat entretenu entre l’entreprise et le client personnalisé (en oubliant jamais que ce qui est perçu comme personnalisation par le client n’est toujours que la modularisation de segments standardisés du coté de l’entreprise) » (Floris, 2001 : 11). Il s’agit à la fois « d’aiguiller » mais aussi de « construire implicitement le portrait de celui que l’on cherche à orienter » (Mallard, 2000 : 397).
                                            Mais le mythe du client roi a la vie dure... 
         "...Le consommateur d’aujourd’hui, qui est individualiste, vindicatif, volage, avide de nouveautés et d’immatériel, n’est pas assez éduqué pour faire des choix vraiment éclairés. La question sous-jacente est celle de savoir si l’on peut ou si l’on doit résoudre les problèmes de la société par le marché. En abordant les pistes et leurs limites, l’auteur souligne les logiques perverses du marché, lorsqu’elles sont transposées au niveau des citoyens. Etre citoyen ne se réduira jamais à bien consommer. En effet, le consommateur comme un enfant gâté, lui, veut tout, tout de suite. Alors qu’être un vrai citoyen devrait consister à faire des choix et se donner des échéances. Or, le marketing politique contribue à promouvoir un citoyen dénaturé qui consomme du politique comme des 4x4.
Nous vivons donc tous dans une double schizophrénie. Celle du consommateur travailleur, par exemple contester les délocalisations et acheter à bas prix, et celle du consommateur citoyen, par exemple, vouloir aider les pays pauvres et en même temps s’en méfier.... Plus fondamentalement, l’auteur dit que c’est à une crise de la transmission en des valeurs humanistes et républicaines que nous avons à faire. Il appelle cela « la disparition de l’exemplarité ».
           Le consommateur moyen d'aujourd'hui finit par être la victime d'un tel narcissime exigeant et finit par reproduire sa demande marchande à toutes les institutions (santé, école...) et la notion de client finit par remplacer celui d'usager dans les services publics. 
         L'horizon du bien commun finit par perdre son sens, l'égocentrisme, le narcissisme fonctionnant à fond comme moteurs principaux, comme C. Lasch l'a bien montré. L'infantilisme et ses exigences impérieuses finissent par devenir un des aspects des consommateurs captifs. La schizophrénie s'installe (entre l'acheteur en quête de "bonnes affaires"et le producteur qui risque son emploi par délocalisation expliquant ces dites bonnes affaires) et le marketing de l'ego devient la stratégie dominante.
    La société de consommation est donc bien loin de représenter une libération, surtout quand le consommateur devient esclave du crédit, un homo debitor.
    Et le consommateur s'efface devant le citoyen...
         Roi le consommateur? Un pouvoir qu'il n'a pas. Plutôt un (faux) dictateur. Une avidité de jouissance, sans cesse inassouvie, sans perspective ni souci de l'intérêt général et du long terme.
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-  Le marché manipulé

jeudi 30 juillet 2026

Un four sans fin

 En viendrons- nous à redouter l'été?

      On pourrait le penser 

                       Sortir de la sidération et du fatalisme

                                 "...   Aujourd’hui, les infrastructures sont adaptées à un climat qui n’est pas celui que nous allons vivre et qui n’est déjà plus celui d’aujourd’hui. Il faut établir des scénarios qui ne reposent pas sur les conditions climatiques passées, mais sur les conditions à venir. Le plan canicule établi après l’été 2003, par exemple, n’est déjà plus adapté à ce que nous allons vivre. Il faut développer une culture du risque qui tienne compte d’événements qu’on n’a pas encore vécus mais dont on sait qu’ils vont se produire ; il faut se préparer à des ruptures de réseaux et d’approvisionnement en eau à grande échelle. C’est ce que soulignait, d’ailleurs, le dernier rapport du Haut Conseil pour le climat. Rapport que doivent impérativement consulter nos dirigeants..."   __________________

Varia

__ Soupçons

__ Or blanc

__ Privilèges

__ Contre sens

__ Anthropomorphisme

__ Rail délaissé

__ Urgence agricole?

== Grand chambardement

 == Nouvelle frontière?

                                    

 __Relay contesté

__Sujet totémisé

__Masculinisme

 __Les cents jours

 __Fronde payante

 __Difficile réforme    

  __Stratégies d'influence

__ Passage en force

__ Tournant cubain

__ Changement de règles

      _____  Pour quand et comment la paix en Ukraine? (Essai) - Incertitudes____________