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vendredi 5 octobre 2012

La guerre des 3%

Nouvelle ligne bleue des Vosges?...
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♦« C'est mon devoir. Je veux préserver la qualité de la signature de la France à l'égard des marchés financiers [...] »
(F.Hollande_discours à la Cour de comptes LCP/Public Sénat - 07.09.2012)

♦« Les 3 % sont nécessaires, pour la crédibilité du pays, pour la qualité de la signature [...] »

( P. Moscovici - interview à Europe 1 - 28.09.2012)
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_ 3%: un nombre fétiche et symbolique sur lequel on ne transige pas à Bercy.
Les Vosges, au loin...
Même s'il y a des flottements...
" Le  tabou se fissure. Et si la France ne revenait pas à un déficit de 3 % dès l’an prochain ? Après les économistes, ce sont désormais des responsables socialistes et même des conseillers de l’exécutif qui remettent en cause, publiquement ou à demi-mots, l’objectif imposé par les traités européens. Le gouvernement le proclame pourtant avec force alors qu'il présente ce vendredi son budget pour 2013 dont la vocation première est de revenir dans les clous de Maastricht.
« Concernant les perspectives des finances publiques de la France, nous tiendrons cet objectif de 3 % de déficit, parce que nous voulons maîtriser notre destin et préserver notre souveraineté » « Ce choix va demander des efforts, justes, mais qui ne cassent ni notre économie ni notre modèle social. Ce n’est ni l’Europe ni le traité qui nous l’impose, c'est notre volonté de ne pas nous laisser dicter notre politique par les marchés financiers », insistait-il. Un message répété jeudi soir sur France-2..."
 _Mais un nombre arbitraire, création bien française.
__*Un verrou, qu'il faut faire sauter estiment certains:
" Pour revenir à 3% de déficit en 2013, il fallait que l’économie croisse à un rythme supérieur à 2% par an entre 2011 et 2013. Or la mise en œuvre de plans de rigueur dans toute l’Europe et le retournement de la conjoncture américaine rendaient déjà plus qu’hypothétique cet objectif..."
__*Un  piège redoutable pour d'autres, dénonçant les talibans de l'austérité:
La forteresse de Bercy
" Dès juillet, l’Office français de conjonctures économiques (OFCE) indiquait que les objectifs de réduction du déficit (3 % du PIB en 2013 et équilibre en 2017) et de retour à la croissance (1,3 % en 2012 et 2 % en moyenne pour le reste du quinquennat) n’étaient pas atteignables, sauf sous des hypothèses irréalistes. Et, aux yeux d’un nombre croissant d’économistes, il apparaît clairement que cette réduction des déficits publics à 3 % n’est pas tenable. Sauf à exposer le pays à une grave récession, entraînant une véritable saignée sur le front de l’activité et de l’emploi, déjà dévasté.
Le revendiquer alors n’était en aucun cas crédible. Cela ne l'est pas davantage aujourd'hui..."
__*Un échéancier bien risqué, même pour S&ampP. Il faudra choisir entre la corde de l'austérité imposée ou la chaise électrique des sanctions financières, qui ramèneront à la corde...
__*Un serrage de ceinture, pouvant produire des effets pervers.
__________________Sous la coupe des marchés, dont la dictature n'est pas remise en cause, les objectifs ne sont pas assurés. L' austérité, qui est une impasse et qui aggrave le mal,  serait-elle notre seul avenir? La potion peut parfois être mortelle, quand nulle croissance ne se pointe à l'horizon.
______________
- Le FMI découvre que l’austérité est bien plus nocive que prévu
-Appeler un chat un chat
 

jeudi 4 octobre 2012

Touche pas à mon demi!

__________________________Hausse des taxes sur la bière
 
En Allemagne aussi..Ach! Unglaublich schlimm..

L'Europe des taxes est en route et on prive les chômeurs de bière
( pas de bordeaux, de champagne ou de whisky, vous l’aurez noté !)

Abominable! clament en choeur les brasseurs sachant brasser

La cervoise est pourtant reconnue  bonne pour la santé

May be good for you...selon les britiches docteurs.
Cliquez_ merci à Urtikan

Avec modération, of course !

Pour financer la Sécu, qu'ils disent, et soigner les névroses cirrhoses...

Un art de vivre pourtant, pour un honnête épicurien

 En attendant la mise en bière...

Et la félicité éternelle avec les moines brasseurs, en dégustant et en  chantant ♫♪♫

Amen!

mercredi 3 octobre 2012

"Noire finance"

Un document exceptionnel hier soir sur Arte, aussi pédagogique que possible, sur un sujet des plus techniques parfois, mais ô combien important pour comprendre ce que nous vivons, à la lumière d'un retour sur le passé proche et moins proche...
Comme quoi la télévision n'est pas toujours une "boîte à cons", mais peut occasionnellement se révéler être un pertinent relai et un puissant levier.
____Si l'histoire ne se répète pas, mais bégaie...les mêmes causes produisent les mêmes effets...
 Rien n'était de l'ordre de la fatalité dans l'engendrement et le développement des événements qui n'ont pas fini de nous emporter, pour le plus grand malheur des plus faibles, as usual... 
Certains, pour passer magiquement l'éponge, ont poussé le déni jusqu'à qualifier cela de crise sans causes.
Un document qui mérite d'être vu et revu, à la lumière du livre de Eric Laurent , de ce long métrage, des analyses de Aglietta et de Jean de Maillard, en méditant sur les exploits d'une banque au dessus de toutes les autres, toujours écoutée à la Maison-Blanche et qui a bien tiré profit d'une crise qu'elle a elle-même puissamment contribué à engendrer. Ça se passe comme ça chez Goldman Sachs...
Vraiment, il vaut mieux être banquier que salarié ou guadeloupéen...comme disait quelqu'un.
Et pourtant, ils se plaignent
__Quand la pompe à phynance selon l'expression de Jarry, sera-t-elle désamorcée, pour laisser place à des systèmes financiers simplifiés et régulés et à des banques coopératives de développement, pour que l'argent n'aille plus à l'argent?
Hier soir, on s'est pris à rêver...

mardi 2 octobre 2012

Lire le Traité

 Simples notes sur le TSCG (suite)

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬  __ « Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9 décembre ». (F.Hollande_Discours du Bourget)
 __« Les deux partis conviennent que le traité européen tel qu’il a été convenu par le sommet du 30 janvier 2012 et signé le 2 mars dernier est inacceptable. La vision purement budgétaire et disciplinaire qui est celle du traité déboucherait sur une austérité et une récession généralisée ». (Accord signé le 9 mars 2012 entre le MRC et le Parti Socialiste.Martine Aubry a signé au nom du parti)
__ "J'entends encore : mais qu'est-ce qui a changé depuis le mois de juin, puisque le texte du traité est identique ? Mais tout. C'est l'économie générale de la réponse à la crise qui a été bouleversée", ( M. Ayrault, invoquant les nouvelles dispositions avancées par la Banque centrale européenne (BCE) et son président, Mario Draghi.)
▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

►Dans le petit monde des économistes sociaux-démocrates modérés et au sein de la gauche elle-même, le débat se poursuit sur ce Traité, objet de discorde, sans doute pas explicable en quelques minutes.
 __________Il faut lire le TSCG, conseille Lordon, " pour se faire une idée assez exacte d’où en est la politique en Europe et de ce qu’elle n’hésite pas à faire prétendument en notre nom", en mettant en exergue la langue de bois et en soulignant les enjeux essentiels qu'on s'acharne à masquer. Quand on ne s'attaque pas aux causes de la crise, on a peu de chances de guérir le mal et la potion peut l'aggraver .  L'Europe libérale du libre-échange s'est toujours appliquée à jeter un voile sur ses dysfonctionnements:
"... La prémisse réside dans le constat que nous vivons une de ces époques historiques de surendettement généralisé – et passons sur le fait que ce surendettement de tous les agents (ménages, institutions financières, Etats) est le produit même du néolibéralisme… – : les ménages se surendettent sous l’effet de la compression salariale ; les banques se surendettent pour tirer, par « effet de levier », le meilleur parti des opportunités de profit de la déréglementation financière ; les Etats se surendettent par abandon de recettes fiscales sous le dogme de la réduction des impôts (pour les plus riches). De cet énorme stock de dette, il va bien falloir se débarrasser. Or la chose ne peut se faire que selon deux options : soit en préservant les droits des créanciers – l’austérité jusqu’à l’acquittement du dernier sou –, soit en allégeant le fardeau des débiteurs – par l’inflation ou le défaut. Nous vivons à l’évidence en une époque qui a choisi de tout accorder aux créanciers. Que pour leur donner satisfaction il faille mettre des populations entières à genoux, la chose leur est indifférente. C’est à cette époque qu’il faut mettre un terme.
Changer d’époque suppose en premier lieu d’affirmer le droit des « débiteurs » à vivre dignement contre celui des créanciers à l’exaction sans limite. Seuls les fétichistes du droit des créanciers pourront s’insurger qu’on y attente, en tout cas qu’on lui en oppose un autre, pas moins légitime, et même beaucoup plus si l’on se souvient des origines de la dette. Où le parti pris acharné des créanciers nous conduit, nous ne le savons maintenant que trop. L’alternative est donc simplissime : ou bien nous poursuivons dans cette voie, par ailleurs exposée à la perspective d’un échec macroéconomique très probable, ou bien nous choisissons le parti inverse, celui des corps sociaux."
►__Le débat serait-il interdit  quand "rien ne ressemble plus à l’ancien traité que le nouveau. Il s’agit bel et bien du même document auquel a été rajouté un « pacte de croissance » sans engagement précis"?
► ____Au PS, il n'est pas toujours occulté, mais les positions ne sont pas concordantes: M.N.Lienmann ne veut pas renoncer à une "certaine Europe", mais elle considère que ce  traité est à renégocier:
 "... La crise trouve ses racines dans un constat plus fondamental : il ne peut y avoir une monnaie commune avec des écarts économiques et sociaux aussi considérables entre pays, et qui, de surcroît, s’accroissent de plus en plus. Mais là, ce sont bel et bien les fondements libéraux de l’actuelle construction européenne qui sont en cause.
 Le système libéral met les peuples en concurrence et non en coopération solidaire, il renforce le fort et écrase le faible, il accroît les inégalités entre et au sein des pays et il affaiblit la puissance publique, les outils de redistribution et les capacités d’arbitrage démocratique des citoyens. Voilà ce qui s’est passé et s’opère encore sous nos yeux, voilà ce qui a guidé les choix européens depuis plus de vingt ans et qu’il faut résolument changer.
 On doit, dès à présent, faire de nouvelles propositions :
 - faire converger progressivement les politiques sociales : instauration partout de Smic nationaux, qui année après année, devront être augmentés en vue d’atteindre, à une date butoir, un Smic européen ; des règles communes antidumping social.
 -  harmonisation fiscale et véritable lutte contre les paradis fiscaux et autres méthodes d’évasion fiscale en Europe.
 - taxer les transactions financières, les transports poids lourds… pour constituer une ressource propre de l’UE afin de financer des politiques d’investissements de modernisation des régions européennes.
 - instaurer des politiques industrielles communes, par exemple dans le secteur des énergies renouvelables, des technologies du vivant et rétablir les aides publiques pour soutenir les filières industrielles, la recherche..."
►___Pour  Jérôme Guedj, ce traité " est une mauvaise réponse à la crise que traverse l'Europe. Le TSCG tourne le dos à l'origine des maux. Il dit que le seul mal dont nous souffrons est l'endettement trop important des Etats, et la mauvaise gestion des dépenses publiques. Il ne dit pas un mot sur la responsabilité des marchés financiers dans cette crise et sur l'absence de régulation. Il ne dit pas un mot non plus sur le rôle de la BCE qui doit soutenir les Etats, et sur la gouvernance au service de la croissance que doit adopter l'UE."
►__Pour d'autres,  il y a nécessité de créer " un pôle public financier (qui) permettra à la France comme aux Etats Européen de se libérer de la rapacité des marchés financiers  qui n’ont que trop parasité l’économie réelle. La France n’a jamais été aussi riche mais ses richesses n’ont jamais été aussi mal partagées. La priorité absolue devrait être d’éradiquer la pauvreté, la précarité et de relancer l’économie par le partage, et de mettre fin à ce pillage éhonté au seul profit des actionnaires-rentiers des grandes banques internationales. La captation et la confiscation des richesses produites, par un petit nombre de prédateurs au détriment des peuples deviennent la règle. Faut-il rappeler que les services publics sont la seule alternative à la monétisation et à la marchandisation de la santé et de l’éducation. Pour le secteur privé, un secteur public fort est une source de croissance, capable de fournir des services indispensables ainsi que de garantir les investissements d’avenir."
►__Pour J.Sapir,  les choix de François Hollande relèveraient d'un pari stupide
►___Contrairement à  Michel Rocard,  J.P. Chevènement dit « non » au traité budgétaire européen
►__Le débat est parfois vif _comme ICI_
"Le traité qu’on nous demande de ratifier est le même que celui que nous dénoncions pendant la campagne. Le rapport de force actuel en Europe est tel, les ultra-conservateurs étant ultra-majoritaires, que je m’étonne d’une telle confiance et d’un tel enthousiasme sur la suite des événements. Après Maastricht, on avait dit que ce serait l’Europe sociale. Après Amsterdam, on avait dit que ce serait l’Europe politique. À chaque fois, on avait des rapports de force bien plus favorables qu’aujourd’hui, et on n’a pas été en mesure de tenir ces promesses...."
►__Certains vont jusqu'à appeler le pacte budgétaire  arme de destruction massive de la souveraineté populaire et de la démocratie représentative
▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬
Les citoyens européens sont silencieusement privés de leurs droits par les institutions anonymes, explique l'écrivain allemand Hans Magnus Enzensberger, _observateur critique d'une certaine eurocratie_dans un commentaire publié par le quotidien espagnol El País quotidien (27 septembre 2012) :  "Apparemment, très peu de gens ont remarqué que depuis quelque temps maintenant, l'Europe n'est pas gouverné sur la base d'une légitimité démocratique de ses institutions, mais par une panoplie d'abréviations qui les ont supplantés. Aujourd'hui, ce sont le FESF, le MES, la BCE, l'ABE et le FMI qui devraient attirer les coups. Seuls les experts sont capables de décoder ces acronymes. Seuls les initiés sont conscients de qui décide quoi et comment à la Commission européenne et à l'Eurogroupe. Une caractéristique commune de toutes ces institutions est qu'elles ne figurent dans aucune des Constitutions existantes dans le monde, et qu'aucun électeur n'a son mot à dire dans leurs décisions. Le seul agent qu'ils écoutent est ceux que l'on est appelle "les marchés", dont le pouvoir se traduit par la fluctuation des cours des actions et les évaluations des agences de notation américaines. Le calme avec lequel les peuples de notre petit continent ont accepté la privation de leurs droits politiques est presque effrayant " conclut Enzensberger.
_____________
-Briser l'étau des marchés financiers 
- Par quels moyens espèrent-ils sauver l'euro ?

lundi 1 octobre 2012

La faute à Robespierre

 ...Retour de l'Incorruptible... sur la scène médiatique française
___________ Maximilien convoqué dans les débats d'aujourd'hui...
________________Au risque d'instrumentalisation et de caricature.


____Personnage contesté, souvent idéalisé-sanctifié ou objet de détestation-diabolisation, notre Arrageois mérite mieux que cet excès d'honneur ou ces caricatures, si on relit l'histoire de la Révolution avec de bonnes lunettes, un distance correcte, pour sortir des images d'Epinal, des mythes et des reconstructions
Il revient ces temps-ci dans nos débats franco-français, en cette période de crise et de débats idéologique aigüs.
 "Il est de bon ton aujourd'hui, ce qui n'est pas chose nouvelle, de décontextualiser les événements, ou les idées, ou les actions des hommes, pour porter des jugements à l'emporte-pièce qui permettent à certains de se donner bonne conscience à peu de frais. Ou même tout simplement, commes vous le dîtes, de porter des jugements définitifs sur des choses que l'on ignore. Soboul rappelait que Robespierre était le seul homme politique français qui ait jamais été surnommé "l'Incorruptible", ce qui n'est quand même pas rien" dit un internaute
Le premier qui sort ses griffes est notre incontournable-philosophe-médiatique, qui, depuis peu, déboulonne à tout va (après Freud et d'autres... Mais n'est pas Nietzsche qui veut...) .
Onfray, souvent excellent par ailleurs, se paie maintenant Robespierre, sans grand souci de nuances et de contextualisation. Un tyran, dit-il, tout comme Mélenchon, ou vice-versa...car celui-ci se réfère à celui-là. Et alors?
_____Robespierre, saint et martyr? non, mais tyran, voilà une image qu'on croyait révolue...
 Plutôt un homme complexe, certes, mais révolutionnaire cohérent, prenant à la lettre le Contrat Social de Rousseau, qui "croit tout ce qu'il dit", comme disait Danton (ou Mirabeau?) en forme de critique (ou d'hommage?)
L'homme de la Terreur? Une erreur...en tout cas une vision simpliste. Sans être le modèle de pureté parfois imaginé, son rôle a en tous cas été amplifié.
Ni ange, ni démon, mais seulement vertueux , passionné de justice (abolition de l'esclavage), soucieux de mettre en cohérence les principes et les faits, jusqu'à une certaine rigidité, contrairement au vénal Danton.
 L'enfant vertueux d'Arras , l'Incorruptible, comme on disait, "fut d’abord consterné que la révolution de 1789 n’eut été qu’une bagarre pour le pouvoir entre la bourgeoisie d’affaire et la noblesse en place, sur le dos du peuple manipulé, ce tiers exclu qu’il entendait défendre. Il fut seul à dénoncer l’hypocrisie de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, qui reconnaissait la liberté et l’égalité en droits de tous les citoyens tout en divisant les dits citoyens en catégories selon leur argent. Le concept de liberté se limitant quant à lui aux blancs non-ouvriers puisque les noirs étaient esclaves et que les ouvriers se voyaient interdits de coalition" (loi Le Chapelier)
____Onfray est justement contesté pour ses approximations et ses amalgames polémiques.
Le rôle de Robespierre pendant la Terreur a été diabolisé. L'histoire a  largement repris les caricatures diffusées, jusque dans l'enseignement scolaire.
Etienne Chouard apporte une  clarification nécessaire.
 Henri Guillemin donne sur Maximilien un éclairage inédit (et ICI)
Emporté dans le  maelstrom des événements exceptionnels qui se précipitaient, partiellement victime de rapports de force et de la tempête qui lui échappaient, il se défendra jusqu'à sa chute des accusations dont il était l'objet.
___________________________
- Parcours et discours (1)
-Actualité de Robespierre 
- Robespierre, le mal aimé 
- Robespierre, un moralisateur incompris
____________________________
Le débat est ouvert:
http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?rubrique58
http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article378
http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php ?article523
 http://www.xn—lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php ?article543
http://revolution-francaise.net/2011/09/11/448-une-revolution-paysanne

samedi 29 septembre 2012

Juste en passant...

1)-L'IPhone 5 et l'envers du décor
 ________Les ouvriers ne sont pas à le noce à Foxconn... accusé même par les médias officiels chinois

2)_Pour une coopération européenne , renégocier semble le bon sens même

3)_ Le lobbying est intense à Bruxelles, même celui du  numérique

 4)-La classe moyenne,ou plutôt les classes moyennes, sont-elles en péril?

5)_ Pesticides: risques sanitaires
_____Dans notre assiette...
  ____Mort des sols = mort des hommes?

6)_ Flexibilité : un fantasme inflexible ?


Merci à sebrieu
7)_Des Juifs sont partagés:  Trop juif ou pas assez ?
_____ Le conflit israélo-palestinien leur pourrit la vie. Un désarroi souvent profond.

8)_ « La colère des musulmans »: fantasme instrumentalisé?

 9)_A quoi sert la vidéosurveillance ?
____Même les élèves britanniques...
____Télésurveillance en question
 

 10)-_Facebook: cauchemar de la vie privée? 
_____On s'en doutait...

vendredi 28 septembre 2012

Le paradoxe de Fukushima

 Questions sur une énigme technico-culturelle
___________________________________Et pourtant ils savaient...

On peine à comprendre le Japon.
Beaucoup de voyageurs et d'experts qui en reviennent le soulignent assez souvent.
Pour ce qui est de la tragédie de Fukushima, au fur et à mesure des rapports et des témoignages, on tombe dans des abîmes de perplexité et d'incrédulité.
____ L'arrêt du nucléaire aura bien lieu, le gouvernement l'a confirmé officiellement, mais un grand flottement, une cacophonie subsistent et un certain déni général persiste. Pourtant, il semble que la construction des nouvelles centrales programmées continuent...
__Rompant avec la langue de bois précédente, le rapport de la commission nommée par la Diète avait souligné très lucidement que "La direction de Tepco était consciente des retards dans les travaux antisismiques et des mesures contre les tsunami et savait que Fukushima Daiichi était vulnérable", ce qui invalidait toutes les déclarations officielles précédentes de la firme.
Les conclusions partielles de ce rapport n'ont pas étonné certains spécialistes japonais avertis, notamment  le sismologue Ishibashi Katsuhiko, professeur à l'université de Kobe, qui faisait partie du comité d'experts chargé d'établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaise et en avait démissionné pour protester contre la position du comité, estimant que ses recommandations étaient beaucoup trop laxistes. Il écrivait le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune (L'article complet est à lire ici): " A moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche."
"Il avait prévenu les autorités de son pays que les centrales japonaises souffraient d'une « vulnérabilité fondamentale » aux séismes. Mais ses avertissements ont été ignorés tant par le gouvernement que par Tepco.
Katsuhiko a lancé son alerte en 2006. Les faits lui ont donné raison dès l'année suivante. Le 16 juillet 2007, un séisme de magnitude 6,8 a provoqué des incidents sérieux à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus importante unité de production d'électricité nucléaire au monde..
 __D'autres ont suivi. et de nombreux et graves dysfonctionnement techniques avaient été notés mais tus dans plusieurs autres centrales.....Les risques des tremblements de terre étaient connus et signalés avant la catastrophe historique

_________________On comprend mal a priori comment tant d'aveuglement et de déni aient pu coexister avec tant d'assurance et de confiance collective dans une société jugée si performante.
Le Japon tout entier vivait sur un mythe, celui de la sécurité nucléaire absolue.
___Dans Mediapart, des éléments intéressants de réponse sont fournis par "Reiko Hagesawa, chercheuse à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), qui participe au projet franco-japonais Devast, destiné à évaluer l’impact de la catastrophe de Fukushima sur les populations de la région.Cette coopération originale a permis d’apporter un éclairage nouveau sur le grand paradoxe de Fukushima :
 _________Comment un tel désastre a-t-il pu se produire dans l’une de sociétés technologiquement les plus avancées de la planète, marquée par la mémoire d’Hiroshima, et rompue depuis la nuit des temps à la gestion du risque des séismes et des tsunamis ?
Comprendre ce paradoxe, c’est aussi répondre à une question clé : la catastrophe de Fukushima est-elle avant tout un drame japonais, ou concerne-t-elle l’industrie nucléaire dans son ensemble ? Cette interrogation, dont l’enjeu est crucial pour l’avenir du nucléaire, a été le fil rouge d’une conférence internationale sur le risque après Fukushima organisée à Paris les 17 et 18 septembre par l’Iddri et Sciences-Po.
Le mythe de la sécurité nucléaire évoqué par Reiko Hasegawa est au cœur du problème. Il explique que des populations aient pu accepter de vivre près de centrales nucléaires installées dans des zones sismiques. Il contribue aussi à expliquer le chaos dans lequel se sont déroulées les opérations d’évacuation, auxquelles ni les autorités ni les populations n’étaient préparées, ce qui a aggravé le traumatisme des personnes déplacées.
[Propos d’un vétérinaire évacué de Naraha, commune située dans la zone d’exclusion de 20 km autour de la centrale : « Tepco (l’exploitant de la centrale accidentée) avait lancé une vaste campagne de propagande dans les villes où la compagnie a construit des sites nucléaires. D’après elle, ses centrales nucléaires étaient les plus sûres du monde par leur système de sécurité et de défense. On croyait donc au “mythe de sécurité” ; on n’aura jamais d’accident et on n’aura jamais besoin de s’en inquiéter. Voilà, les habitantes de ces villes avaient subi un lavage de cerveau total de la part de Tepco... On n’a donc jamais pensé qu’un accident pouvait s’y produire... » 
Un fonctionnaire de la ville voisine de Futaba raconte : « Je pensais que même si un accident se produisait, on pourrait le régler en 24 heures. Donc, les exercices qu’on faisait à Futaba étaient basés sur l’éventualité d’un accident de ce niveau. Nous n’étions pas préparés pour faire évacuer tous les habitants de Futaba... » (les deux citations sont extraites d’un mémoire réalisé par Rina Kojima, étudiante qui a travaillé avec les chercheurs du projet Devast).]
   ___________Comment une telle croyance a t-elle pu s’installer, au détriment d’une perception réaliste des faits ? Lors de la conférence de l’Iddri, le professeur Noriyuki Ueda, anthropologue à l’Institut de technologie de Tokyo, a démonté la construction du mythe japonais de la sécurité nucléaire.
 __Selon Ueda, ce mythe fonctionne en évacuant la réalité et les faits objectifs. Illustration frappante : à la suite des accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl, les pays européens ont installé dans toutes leurs centrales nucléaires des systèmes de filtres qui permettent de ventiler les bâtiments des réacteurs en cas de surpression. Autrement dit, d’effectuer des rejets volontaires afin de ne pas soumettre l’enceinte du réacteur à de trop fortes contraintes. Les filtres servent à diminuer la radioactivité des rejets. En France, il s’agit des filtres à sable dits « U5 », mis en place par EDF après Three Mile Island.
Or, explique Ueda, aucun système de ce type n’a été installé sur les centrales japonaises (de sorte que les rejets volontaires effectués lors de l’accident de Fukushima ont été très radioactifs). Mais pourquoi les industriels du nucléaire japonais n’ont-ils pas équipés leurs centrales d’un tel dispositif ? Ueda répond par cette citation d’un ingénieur de Toshiba : « Si nous ajoutons des filtres, cela prouvera que les centrales nucléaires n’étaient pas parfaites et portera atteinte à la croyance selon laquelle elles sont absolument sûres. »
Venant d’un ingénieur du nucléaire, une telle déclaration est ahurissante, car elle revient à éliminer une démarche qui constitue l’un des piliers de la sûreté nucléaire : le retour d’expérience, autrement dit l’utilisation des expériences antérieures pour améliorer la sécurité des installations. En fait, Ueda montre que le mythe de la sécurité nucléaire se développe en effaçant le passé et en se débarrassant de tous les faits qui contredisent l’idée que la technologie japonaise est parfaite et exempte d'erreur...
  Les géologues et sismologues japonais disposaient depuis longtemps de données historiques qui montraient qu’un tsunami de grande ampleur pouvait se produire à Fukushima. Ainsi, en 1896, un séisme de magnitude 8,5, associé à un tsunami dont certaines vagues atteignaient 24 mètres, s’est produit sur la côte de Sanriku. La même côte a été frappée en 1933 par un autre séisme majeur, lui aussi accompagné d’un tsunami. Cette côte est située dans la région de Tohoku, où se trouve aussi Fukushima, et les deux séismes ont touché des zones qui se situent à environ 200 km au nord de la centrale nucléaire accidentée.
Comment toutes ces informations ont-elles pu être ignorées ? Selon Ueda, « la société japonaise rend la réalité invisible ». Rien ne doit obscurcir le mythe d’une industrie nucléaire absolument sûre et sans défauts. Ueda établit un parallèle assez frappant entre ce mythe de la perfection nucléaire et celui de l’invincibilité japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale....
  Un désastre « made in Japan » ?
Kivoshi Kurokawa
Cette idée a été avancée par le docteur Kiyoshi Kurokawa, président de la commission d’enquête parlementaire indépendante sur l’accident de Fukushima ou Naiic (voir notre article ici). Lors de la publication du rapport de cette commission, en juillet dernier, un passage de l’avant-propos rédigé par Kurokawa retenait l’attention : le président de la commission parlementaire qualifiait l’accident de « désastre causé par l’homme », mais parlait aussi de « désastre “made in Japan” » dont les causes fondamentales « doivent être recherchées dans les conventions enracinées dans la culture japonaise : notre obéissance réfléchie ; notre réticence à questionner l’autorité ; notre propension à “coller au programme prévu” ; notre esprit de groupe ; et notre insularité ....
Un propos qui semble imputer la responsabilité de la catastrophe à la seule culture japonaise et peut être entendu comme exonérant l’industrie nucléaire mondiale de toute remise en question : si Fukushima est une affaire japonaise, pourquoi s’en préoccuper – en dehors de la dimension de compassion que suscite le malheur des Japonais ?
Curieusement, le passage sur la culture japonaise ne figure que dans la synthèse du rapport traduite en anglais et présentée début juillet à la presse internationale. Dans le rapport original en japonais (qui n’a pas encore été traduit), cette référence à la culture japonaise est totalement absente (ainsi que nous l’ont affirmé plusieurs interlocuteurs, japonais ou spécialistes français du Japon).
Selon Noriyuki Ueda, le discours d’autocritique de la culture japonaise tenu par Kurokawa serait inacceptable pour beaucoup de ses compatriotes. Ueda n’exclut pas non plus que ce discours, dirigé vers l’étranger, ait une finalité « non nécessairement consciente » de relations publiques internationales en suggérant que ce n’est pas l’industrie nucléaire qui est en cause, mais ce Japon lointain, exotique et insulaire. Le Japon poursuivrait ainsi son rôle d’ambassadeur de l’énergie nucléaire pacifique, malgré Fukushima.
Mais quelle part de vérité y a-t-il dans ce discours ? Dans quelle mesure la catastrophe de Fukushima est-elle l’affaire des Japonais, et dans quelle mesure concerne-t-elle le monde nucléaire dans son ensemble ?
Pour Ueda, même si l’accident nucléaire a été « profondément lié au système socio-culturel japonais, cela ne signifie pas que l’industrie nucléaire soit plus sûre dans les autres pays. Cela montre que les industries nucléaires, dans tous les pays, sont fortement dépendantes d’un contexte socioculturel et que le risque doit à chaque fois être examiné dans ce contexte ».
Il faut ajouter que ce contexte socioculturel n’est jamais immuable et ne détermine pas tout. Le Japon en est aujourd’hui l’illustration vivante : malgré la force des représentations culturelles décrites ci-dessus, un gouvernement japonais vient de décider une sortie progressive du nucléaire.
Cette décision est encore fragile – une victoire du parti libéral démocrate aux prochaines élections pourrait tout changer. Pourtant, Ueda estime que la société japonaise est aujourd’hui à un tournant. L’opinion est majoritairement favorable à l’arrêt du nucléaire, même progressif, tandis que les lobbies industriels font pression sur les politiques pour remettre en route les centrales. Mais, ce qui est nouveau, les citoyens ordinaires manifestent de plus en plus clairement leur opposition.
Depuis avril 2012, des manifestations contre le nucléaire et plus particulièrement contre le redémarrage de la centrale nucléaire de Ohi, sur la côte ouest du Japon, se tiennent chaque vendredi devant les bureaux du premier ministre. Entre avril et fin juin, le nombre de manifestants est passé de quelques centaines à 200 000. Un réacteur a été remis en route le 2 juillet, un autre deux semaines plus tard. Mais les manifestations hebdomadaires continuent. La société japonaise a peut-être entamé sa révolution culturelle..." (M. de Pracontal)
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Ne pas oublier Fukushima

jeudi 27 septembre 2012

La France se qatarise-t-elle?

Une France à vendre? 
_________________________Quand les banlieues intéressent l'émir...

__Le Qatar investit partout dans le monde, mais massivement en France.
Dans nos banlieues à problèmes. En attendant de financer aussi la Creuse?
Car  la Seine-Saint-Denis   n'est pas le département le plus pauvre. Les plus défavorisés sont l’Ariège (91e rang), le Cantal (92 e) et la Creuse (96 e). Il est vrai qu'il y a le Stade de France...
Une nouvelle qui passe mal...Même François Lamy, le ministre délégué chargé de la Ville, ne cache pas son scepticisme sur ce projet nourri par des fonds privés étrangers : «J’étais plutôt partisan d’une stratégie spécifique développée dans le cadre de la future Banque publique d’investissement [BPI]. Cela me paraît plus conforme à l’idée qu’on se fait de la politique en direction des quartiers»
____C'est vraiment le signe de l'échec des politiques urbaines et un abandon de souveraineté.
 Pendant qu'on y est, pourquoi ne pas proposer à l'Arabie Saoudite le financement de nos universités, wahhabisme à la clé, ou inviter Monsanto à gérer le CNRS à l'anglaise!...
________________On nous explique que Doha prépare l'après-pétrole et cherche une diversification économique  pour préparer l'avenir, ce qui reflète une certaine faiblesse géopolitique, que ne compensent pas les immenses richesses de son sous-sol.
Certes, ce n'est pas encore la qatarisation de le France et Doha n'investit que quelques miettes de ses immenses réserves financières..Il ne s'agit  pas de l' acheter ( notre pays n'est pas la Grèce), mais de multiplier les investissements de toutes sortes.
_____Mais est-ce seulement du pragmatisme économique, sachant que les intérêts croisés sont nombreux et puissants. La France fait de  bonnes affaires dans la péninsule arabique et les industriels de l'armement tiennent une bonne place dans les relations France-Qatar. Retour d'ascenseur...
N'y a-t-il pas une stratégie politique?
On peut tout de même s'interroger sur le fond du fond de tels investissements, même si le gouvernement reprend la main et si le Qatar semble prudent:
 ".. Tout n’est pas une question de gros sous. Le Qatar n’a pas besoin de l’autorisation de l’Elysée pour investir en France. Et 50 millions d’euros, c’est presque de l’argent de poche quand on sait que le PSG a racheté Thiago Silva au Milan AC pour 49 millions.
Ici, on est surtout dans une logique d’influence diplomatique par l’économie, de soft power, comme on dit en bon français. Le Qatar essaie ainsi d’exister sur la scène diplomatique face à l’Arabie Saoudite ou l’Iran en misant non pas sur la force mais sur l’argent. Investir dans les banlieues main dans la main avec le gouvernement français consolide les amitiés et donne une belle image de mécène. Racheter un club de foot offre une vitrine médiatique exceptionnelle et permet d’inviter ses « amis » dans les loges VIP. Son point d’orgue : l’organisation de la Coupe du monde de foot en 2022 qui fera du Qatar le centre du monde pendant deux semaines..(Causeur)
Doha: une banlieue "nickel"..
______________On sait que le Qatar joue un jeu trouble dans les mutations en cours au Maghreb et au MO, en Syrie notamment, dans sa logique d'affrontement avec l'Iran chiite et sa rivalité idéologico-religieuse avec l'Arabie saoudite. Une diplomatie grise pourrait-on dire...
"De la part du Qatar, rien n’est gratuit", estime le politologue Karim Sader. "Et beaucoup ont été assez naïfs pour ne pas voir la main du Qatar derrière les révolutions arabes et l’établissement de gouvernements proches des Frères musulmans".
Difficile cependant de transposer cela à un contexte français. "L’émirat marche sur des œufs, il sait que la question de l’islamisme est polémique et sensible en France, et il est très soucieux de son image. Le Qatar ne voudrait pas financer un réseau occulte en France. Il n’interagit pas avec les milieux musulmans et salafistes français, ce qui est plutôt le cas de l’Arabie saoudite par le biais de l’octroi de bourses étudiantes. Le Qatar ne mange pas de ce pain-là", analyse pour sa part Nabil Ennasri. D’un côté, l’Arabie saoudite encourage les salafistes égyptiens et finance des mosquées dans les banlieues illettrées du Caire, de l’autre le Qatar préfère soutenir les Frères musulmans, poursuit Nabil Ennasri. "C’est un 'real-islamisme' qui est prôné par l’émirat : un islam bourgeois, humanitaire, soucieux du Coran, mais pas belliqueux a priori, soutient Karim Sader.."
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Doha ou la douceur de vivre...
__" Le Qatar est une dictature personnelle héréditaire, ayant l'islam pour religion d'Etat, faisant de la charia la principale source de sa législation, et où la citoyenneté est soumise à l'appartenance ethnique à la nation arabe et à l'appartenance religieuse à l'islam (art. 1 de la Constitution).
Tout en affirmant que le Qatar est un Etat démocratique, la Constitution prévoit que le pouvoir se transmet de façon héréditaire au sein de la famille Al Thani, par les héritiers mâles d'Hamad bin Khalifa bin Hamad bin Abdullah bin Jassim (art. 8). Le pouvoir est transmis par l'émir au fils qu'il désigne son "héritier apparent". Celui-ci doit bien sûr être musulman et née d'une mère musulmane qatarie (art. 9) - double garantie confessionnelle et ethnique. A sa désignation, l'héritier apparent prête le même serment que l'émir (art. 10, 74) : "Je jure par Allah tout-puissant de respecter la chariah islamique [...]." Il jure aussi "d'être loyal à l'émir". Point important : la rémunération de l'émir est fixée par l'émir lui-même (art. 17).L'émir détient tous les pouvoirs. L'article 67 prévoit qu'il élabore la politique de l'Etat, adopte les lois, réunit le conseil des ministres "si l'intérêt public l'exige", crée et organise les ministères et autres services de l'Etat, définit leurs compétences. Il nomme l'ensemble du personnel civil et militaire, et le congédie à son gré.L'article 21 défend des principes que ne renieraient pas notre bon maréchal Pétain : "La famille est le fondement de la société. Ses pilliers sont la religion, la morale, l'amour de la nation."
Par l'article 26, le « business » est considéré comme "fondamental pour l'éthos social de l'Etat." D'où, sans doute, le suractivisme actionnaire de l'émir, entre autres dans le sport français.
Un parlement sans pouvoir, un émir tout-puissant
L'autorité législative s'appelle - cela en dit long - le "Conseil consultatif". Il est composé de 45 membres, dont 30 élus à bulletin secret et 15 nommés par l'émir. Il suffit donc de huit autres pour que l'émir y ait la majorité absolue, qui est de 23. Ses membres jurent, "par Allah tout-puissant, d'être fidèles à l'émir et de respecter la chariah islamique" (article 92).
L'émir a le droit d'ajourner la réunion du Conseil consultatif pour une période n'excédant pas un mois (art. 90) ; il peut aussi le dissoudre, mais doit expliquer pourquoi. Il ne peut le dissoudre une deuxième fois pour la même raison (art. 104). Après dissolution, des élections doivent être tenues dans les six prochains mois ; pendant ce temps, l'émir assure le pouvoir législatif.
Examinons maintenant les pouvoirs du Conseil consultatif : ses membres peuvent proposer une loi. Si l'émir ne l'approuve pas, il a trois mois pour la retourner au Conseil consultatif. Celui-ci ne peut alors la maintenir qu'à la majorité des deux tiers. L'émir doit théoriquement l'adopter, mais il peut, "quand c'est absolument nécessaire, mettre fin à son application pendant une période qu'il juge conforme aux grands intérêts du pays" (art. 106).S'agissant d'argent, le Conseil consultatif ne peut amender le budget de l'Etat qu'avec l'accord de l'émir (art. 107). Il a le droit d'exprimer des opinions, de demander des explications aux ministres, de leur poser des questions (art. 108, 109, 110). C'est un parlement fantoche, sans pouvoirs, à tout moment placé sous la tutelle de l'émir-dictateur.
S'agissant de l'Autorité exécutive, premier ministre et ministres sont nommés par l'émir. Ils jurent "par Allah tout-puissant, d'être fidèles au pays et à l'émir [et] de respecter la chariah islamique" (art. 118, 119). Le rôle du gouvernement est d'assister l'émir dans l'exercice du pouvoir exécutif (art. 120). L'émir approuve ou non les propositions de loi du gouvernement. Le premier ministre et les ministres sont personnellement responsables devant l'émir (art. 123). Enfin, on ne peut bien sûr modifier la Constitution sans l'autorisation et l'approbation de l'émir (art. 144). Et autres douceurs de vivre... Connu et dénoncé pour sa pratique du travail forcé, le Qatar prévoit la peine de mort en cas d'apostasie (renonciation à sa foi). Les femmes se sont vues octroyer le droit de vote et d'éligibilité en 1999. La sodomie entre adultes consentants est sanctionnée de cinq années de prison. Le Qatar tolère la pratique d'autres religions, à condition qu'elles restent discrètes. Une église chrétienne ne peut ainsi arborer ni croix, ni cloches. La présence de missionnaires est interdite.Le Qatar est bien sûr doté d'un Code de la famille, qui rend le divorce facile aux hommes et difficile aux femmes. Récemment, un tribunal a décidé que l'indemnisation d'une famille pour la mort d'une femme et de sa fille devait être égale à la moitié de celle prévue pour la mort de son mari et de son fils, "onformément à la chariah".
Selon Amnesty International, "onze étrangers au moins ont été déclarés coupables de blasphème. Trois d'entre eux ont été condamnés à la peine maximale de 7 ans de prison pour avoir utilisé des termes considérés comme insultants envers l'islam". C'était notamment le cas d'un Syrien, déclaré coupable d'"avoir insulté l'islam dans un accès de rage" parce qu'il avait prononcé un mot blasphématoire lorsque le crédit de son téléphone mobile avait expiré durant une conversation. Le tribunal a ordonné son expulsion du pays.En outre, le débat se poursuit à propos de l'adoption éventuelle d'une nouvelle loi sur la presse et les publications en remplacement de la Loi n° 8 de 1979, laquelle "punit d'une peine d'emprisonnement toute critique envers la religion, l'armée et l'émir."
Toujours selon Amnesty, en 2009, «"es travailleurs étrangers, qui constituaient plus de 80 % de la population du Qatar, continuaient d'être exposés aux abus et à l'exploitation de la part de leurs employeurs. Ils ne bénéficiaient toujours pas d'une protection juridique satisfaisante. Les employées de maison étrangères risquaient tout particulièrement d'être exploitées et maltraitées, et notamment d'être battues ou violées, entre autres violences sexuelles." "Une nouvelle loi sur le parrainage, adoptée en février, et qui vise à réglementer l'entrée, la sortie, le séjour et le travail des étrangers, a introduit quelques améliorations. En particulier, les employeurs ne peuvent désormais plus conserver le passeport de leurs employés une fois les formalités de visa accomplies." Au moins 18 personnes, des étrangers pour la plupart, ont été condamnées à des peines comprises entre 40 et 100 coups de fouet pour "relations sexuelles illicites" ou consommation d'alcool. On ignore si elles ont été appliquées. Trois personnes au moins ont été condamnées à mort et cinq sentences capitales ont été confirmées en 2009. À la fin de l'année, 27 prisonniers au moins étaient sous le coup de la peine capitale. Finalement, il suffit qu'une dictature islamique soit prête à signer de juteux contrats pour que la chariah, les traitements inhumains et dégradants, l'infériorité institutionnalisée des femmes, l'enfermement des étrangers aient le charme discret de l'exotisme, masqué par celui, plus sonore, du bel et bon affairisme..." (J.Ekher._Médiapart)
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- Le droite se réveille à propos du Qatar
- A quoi joue le Qatar ?
- Qui a peur du Qatar ?