Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mardi 6 janvier 2026

Incroyable!

 Il neige...😬

              Et en hiver de surcroît....     L'heure est grave!

Alerte! ___Il y a bien un responsable... forcément, Madame Michu!
      Mais que fait l'Etat?
           A qui la faute?
    Les affaires allant mal, Le Président, pour détourner l'attention, doit bien être complice.
C'est Valérie, à la météo, qui le suggère.
Le complot, toujours le complot...

__En attendant, il faut surfer sur la neige et gérer la crise...
On invoque le fantôme de la crise de 2010

___Pour qui sonne le verglasose un blogueur, naufragé parmi les  naufragés, philosophe conscient de l'insignifiance des choses humaines face à certains phénomènes naturels que nous ne maîtrisons pas.
Un seul flocon de trop et tout est dépeuplé.
        Sont gelés les Français, dirait un Norvégien ou un Canadien...     

 _La précarité énergétique, elle, existe bien... _________________

Le temps des ingérences brutales

Il l'avait promis. Il l'a fait.                                                                                                                                                                        Fidèle à sa parole. Il assume. On ne peut lui reprocher le contraire. MAGA s'invite avec ses gros sabots...   '...Désormais, Washington ne cache plus l’aspect économique de son impérialisme. Même si l’enlèvement de Nicolás Maduro a été justifié a posteriori par la « liberté » du peuple vénézuélien et la lutte contre le trafic de drogue, l’expansionnisme économique a été immédiatement mis en avant par l’administration Trump. Dès samedi, le président états-unien avait annoncé : « Nos très grandes compagnies pétrolières, les plus importantes du monde, vont se rendre sur place et dépenser des milliards de dollars. » Plus tard, il pouvait affirmer : « Nous allons extraire du sol [du Venezuela] une quantité colossale de richesses. »     Ce n'est pas inédit. Mais on a connu plus de ruse avec Bush et Cheney au Moyen-Orient,  avec un dessein comparable et les conséquences que l'on connaît                                                                                                                                                Quel sera le pays suivant: ColombieNicaragua? Mexique? Groenland?... Sans le moindre avis du Congrès, bien sûr. Il est assez grand pour prendre ses décisions tout seul et comme l' Onu est sans voix, paralysée, pourquoi se gêner?                                           Il est le maître de Amériques, SON continent, son "hémisphère", selon la doctrine Monroe retrouvée et adaptée. Washington avait déjà ses habitudes Outre Atlantique: le Chili, Panama, etc. L'oncle Sam est "chez lui", notamment depuis qu'il s'est beaucoup agrandi aux dépends du Mexique...La Pax Americana, c'est un leurre.                                                                                     Ce n'est pas tant que Maduro soit un garçon toujours recommandable, mais il a du pétrole, beaucoup de pétrole, mais il n'y a pas que cela.   Et la Chine lorgne sur cette ce trésor.    C'est le nouvel âge de Washington. Le début d'un nouvel mpérialisme prédateur, un nouvel âge d'or. LEurope aussi est visée, indirectement, c'est sûr. Plus sûrement que par le passé. Après tout, elle dépérit...  Le Business par la force, sans vergogne,il fallait y songer, même si les précédents historiques ne manquent pas. L'Europe a bien mis à genoux l'empire chinois, au début du 20° siècle.                                                                                                                Bon début d'année dans le tableau de chasse de Demolition Man! Que devient l'ordre  international   ou ce qu'il en restait? Machiavel en serait-il revenu? C'est le retour de la politique du gros bâton...

«Où trouve-t-il toute cette énergie ?», se demandent les admirateurs français de Donald Trump, fascinés par son autoritarisme et son usage de la force brute. Dans les années 1930, l'extrême droite était déjà subjuguée par la brutalité et la violence des fascismes conquérants. Le président des USA démarre l'année 2026 par un coup d’État militaire. Il a bombardé la capitale du Venezuela puis a kidnappé son président, avant de l'exhiber de manière humiliante devant le monde entier : menotté avec un bandeau sur les yeux, comme un trophée. Cette mise en scène sert à montrer que le droit international n'existe pas pour les USA. Que l'Empire peut faire ce qu'il veut, où il veut. Qu'il peut enlever n'importe quel chef d’État s'il en a envie. Que la loi du plus fort l'emporte. Histoire d'être encore plus clair, Trump a donné une conférence de presse pour la chaîne conservatrice Fox News et une «adresse à la nation». Il assume pleinement le pillage des ressources du Venezuela et ne s'embarrasse même plus de formules creuses sur la «démocratie». Dans son discours, il assure que les Etats-Unis vont «gouverner» le Venezuela, et vont exploiter le pétrole du pays : «Nous allons faire intervenir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, qui vont investir des milliards de dollars pour réparer les infrastructures gravement endommagées et partager les ressources pétrolières et commencer à générer des revenus». Comme un chef de gang, Trump vient donc de faire main basse sur les plus grandes réserves d'or noir du monde. Plus grave encore, il menace désormais tous les pays d'Amérique Latine. Le président de Colombie, Gustavo Petro, un homme de gauche qui a dénoncé le coup d’État au Venezuela, est visé : il devrait «faire gaffe à ses fesses» selon Trump. «Il possède des usines où il fabrique de la cocaïne. […] Il fabrique de la cocaïne et l’expédie aux États-Unis, donc il doit vraiment faire gaffe». Méthode mafieuse : une annonce à peine voilée qu'il pourrait renverser le gouvernement élu de ce vaste pays de 51 millions d'habitants, doté d'une puissante économie. Puisqu'il n'y a plus aucune limite, Donald Trump affirme aussi sur FoxNews que «quelque chose va devoir être fait avec le Mexique», estimant que «les cartels dirigent le pays». Il s'agit de l'un des plus grands pays du monde, peuplé de 130 millions d'âmes, avec une présidente de gauche élue en 2024. Le Mexique est régulièrement injurié et déstabilisé par son voisin, mais à présent les menaces n'ont jamais été aussi précises. Enfin, Cuba aussi reste dans le viseur. Marco Rubio, secrétaire d’État de Trump, déclare : «Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet». C'est donc une annonce de guerre contre tout le continent américain. Il y a les pays déjà gouvernés par l'extrême droite qui se soumettent totalement à la domination des USA, et les autres, qui subiront des attaques. Trump a même menacé le Canada l'an dernier. Le président des USA invoque la «doctrine Monroe», instaurée au 19ème siècle, qui consistait à faire des USA les «protecteurs» de tout le continent américain, pour ses propres intérêts. Cette doctrine avait permis à la puissance impériale d'installer une suprématie sur tout le continent, et de faire et défaire les gouvernements qui lui déplaisaient. Trump ose même ce 3 janvier : «les doctrines Monroe sont très importantes. Mais nous les avons largement dépassées». Tout cela est malheureusement cohérent avec son programme, publiquement annoncé. En décembre, un document de 33 pages était publié par la Maison Blanche, pour définir les contours de la «stratégie de défense nationale» des USA. Le texte, clairement néofasciste, parlait de «l'effacement civilisationnel» de l’Europe, de stopper les flux migratoires et de «restaurer la suprématie américaine» en Amérique Latine. Les USA, qui disposent de l'appareil militaire le plus puissant de la planète, sont la principale menace pour la paix mondiale. Un fasciste mafieux impose sa loi par les armes, et personne ne bouge. Pire, la France et ses voisins continuent à lui servir de paillasson, à lui acheter des armes, à soutenir ses actions, à confier à ses entreprises des missions cruciales. Ce jeudi, en début de soirée, neuf pays seulement avaient condamné l’attaque contre le Venezuela : la Chine, le Bélarus, le Brésil, le Mexique, le Chili, Cuba et la Colombie. Aucun pays européen.

   Pour Gabriel  Zucman" C’est bien le pétrole qui constitue le mobile essentiel de ce coup de force : l’accaparement et l’extraction des plus importantes réserves d’or noir du monde, longtemps exploitées avec une profitabilité inouïe par les multinationales américaines et leurs actionnaires. Maduro était un dictateur brutal et corrompu, mais Trump s’entend très bien avec de nombreux dictateurs brutaux et corrompus, cela ne génère chez lui nulle hostilité. __ L’objectif principal de l’expédition trumpiste est ailleurs : reprendre l’exploitation de la manne pétrolière vénézuélienne au profit des grandes fortunes américaines, exploitation qui avait atteint un premier paroxysme dans les années 1950, pendant cet « âge d’or » mythifié par le mouvement MAGA. Si l’on veut comprendre l’ambition de la Maison Blanche, c’est sur cette histoire peu connue qu’il faut revenir : celle d’un extractivisme international poussé à son paroxysme, dont Trump cherche à écrire aujourd’hui un nouveau chapitre qui, s’il y parvient, pourrait s’avérer plus extrême encore. La production pétrolière vénézuélienne commence dans les années 1910 par un vice fondateur : le pétrole est pour ainsi dire donné aux majors étrangères. Le dictateur Juan Vicente Gomez accorde des concessions extraordinairement généreuses aux multinationales américaines et britanniques, qui y développent rapidement la production. Dès 1929, Caracas pèse pour plus de 10 % de la production d’or noir de la planète et en est le premier exportateur mondial. Initialement, Britanniques et Américains se partagent le gâteau. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les seconds finissent par rafler la mise. Le Venezuela devient le premier réceptacle des investissements internationaux américains, et sa première source de profits étrangers. Il faut bien prendre la mesure des richesses ainsi extraites du Venezuela par les Etats-Unis au mitan du 20e siècle. En 1957, au sommet de cet extractivisme transfrontière, les profits enregistrés par les majors américaines au Venezuela sont du même ordre de grandeur que l’ensemble des bénéfices réalisés par toutes les multinationales américaines – tous secteurs confondus – dans tous les autres pays d’Amérique latine et tous les pays d’Europe continentale confondus !
L’équivalent de 12 % du produit intérieur net vénézuélien – c’est-à-dire de la valeur de tous les biens et services produits chaque année dans le pays – va aux actionnaires américains. Soit à peu près autant que ce que touche la classe populaire du Venezuela, les 50 % les plus pauvres du pays. Le PIB du Venezuela augmente, mais au profit des grandes fortunes états-uniennes qui encaissent les dividendes et des employés américains bien payés. Le Venezuela abrite en effet au début des années 1960 la plus grande communauté d’expatriés américains. Ces derniers y vivent dans des enclaves qui leur sont réservées, dotées d’hôpitaux flambants neufs et de terrains de baseball luxuriants. C’est « l’âge d’or » auquel le pouvoir trumpiste souhaite revenir. Un partage de la rente pétrolière qu’on peut difficilement imaginer plus injuste et inégalitaire. C’est aussi un modèle de développement foncièrement instable, qui ne peut susciter que des réactions violentes. Car comment accepter que les revenus versés aux actionnaires étrangers soient du même ordre de grandeur que ceux touchés par la moitié de la population locale ? Jusqu’aux années 1950, dans la foulée de Gomez, les différents régimes au pouvoir à Caracas préfèrent choyer les capitaux internationaux, maintenant une fiscalité légère, se pliant aux désidérata des majors, s’enrichissant souvent au passage. À partir des années 1960, comme dans le reste de l’Amérique latine, les gouvernements successifs vont essayer de négocier des conditions financières plus équilibrées. Le Venezuela prend la tête de ce mouvement. C’est un homme politique vénézuélien, Juan Pablo Pérez Alfonzo, qui se trouve derrière la création de l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole) en 1960. Le pays prend les rênes du mouvement pour faire advenir un « nouvel ordre économique international », exiger une réécriture des règles du commerce mondial.Ce processus culmine dans la nationalisation, en 1976, des actifs d’ExxonMobil, Shell et Chevron au Venezuela. Donald Trump a 30 ans. Il ne cesse aujourd’hui de dénoncer ce « vol ». Et ne cache guère son objectif principal : revenir aux conditions léonines de la période 1920-1960. S’il y parvient, on peut envisager un doublement voire un triplement des profits de l’industrie pétrolière américaine, l’un des plus gros financeurs de Trump et du parti républicain. Les réserves d’or noir du Venezuela sont en effet considérables : les plus importantes du monde. Et elles sont quasi-inexploitées, la production s’étant effondrée en raison de la mauvaise gestion du régime chaviste et du durcissement des sanctions américaines en 2017. Les enjeux financiers sont d’autant plus importants que les prix du pétrole sont plus élevés que dans les années 1950. Si Trump parvenait à rétablir les conditions financières qui prévalaient au milieu du 20e siècle, la manne captée par les majors américaines et leurs propriétaires en serait augmentée d’autant. Quand Trump dit qu’il veut « gouverner » le Venezuela, c’est là son projet. Pour fixer un ordre de grandeur, les profits d’Aramco – le principal producteur de pétrole d’Arabie saoudite, pays qui abrite les deuxièmes plus grandes réserves d’or noir – se sont élevés ces dernières années à $100-$150 milliards par an. $100 à $150 milliards par an : c’est la somme en jeu, aujourd’hui, derrière l’enlèvement de Maduro. " _____________
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lundi 5 janvier 2026

La Bible et le fusil

     Il n'a pas tort

            Juif et critique, ça existe. Sans amalgame ni confusions...

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Loup, y es-tu?

    Qui a (encore) peur du loup?

               Parler du loup, c'est aussi parler de nous...même enfants.

          Un animal politique et encore (largement) mythique. Entre peur et fascination depuis l'Antiquité              

__La louve et Rome __


             "  En cette période où les plaisirs des fêtes doivent composer avec la dureté des temps, le loup apparaît comme une figure idéale car pétrie de contradictions. Il effraie – comme les menaces politiques, guerrières, climatiques qui planent sur nous –, mais c’est aussi un animal protégé, respectable, puisqu’il trône, aux côtés de l’homme, au sommet de la pyramide alimentaire, et fascinant par sa présence ancestrale dans notre culture. Animal menaçant les troupeaux, mais lui-même menacé et donc protégé par la loi, il concentre les paradoxes d’une époque qui n’en manque pas.   S’il fallait une preuve supplémentaire du pouvoir des loups sur les humains, le long spot publicitaire d’Intermarché, vu par plus de 1 milliard d’internautes du monde entier, la fournirait. Le conte de Noël met en scène un loup qui apprend à cuisiner des légumes pour se faire aimer. Au-delà du message alimentaire bien-pensant d’un grand distributeur et de la fable publicitaire à laquelle chacun est tenté de croire, l’engouement planétaire pour ce « grand méchant loup » devenant aimable sonne comme un rêve pacificateur dont nous avons probablement besoin.                    Cette énième représentation du loup dans un film d’animation confirme son étrange statut : alors que les personnes l’ayant rencontré à l’état sauvage sont rarissimes, chacun a l’esprit peuplé de représentations, de mythes le concernant. Mais le canidé, disparu dans les années 1930 après des siècles de combats avec l’homme et réapparu en France en 1992 dans le parc du Mercantour, est d’abord une réalité de nos montagnes, de nos campagnes d’aujourd’hui.  Ils ont beau n’être qu’un peu plus d’un millier à être recensés dans l’Hexagone, leur présence concerne un public vaste et multiple : éleveurs et bergers, dont les animaux sont autant de proies (10 524 victimes indemnisables en 2024) dans les quelque 70 départements désormais concernés, mais aussi défenseurs de l’environnement, syndicalistes agricoles, agents de l’Office français de la biodiversité, randonneurs, etc. .."  

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                                                                                                           _____________________

dimanche 4 janvier 2026

Re-2026

  Ne pas trop en attendre

             Sortir de l'ornière sera long

                            Mais tout faire pour que nous évitions le pire

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Petit billet du dimanche

__ "Annulations"

__ Ligne jaune  >>                     

__ Exil doré

__ Sans queue

__ Contournement

__ VDL et Gaza

__ Fichiers d'Eric

__ Liberté de ton?

__ Miser sur tout?

__ Rivalité énergétique

__ Un service "public"?

__ Balle dans le pied

__ Robots à Tokyo

__ Interdits scandaleux

__ Bundeswehr en cause

                  ________   Revue de presse _________________

samedi 3 janvier 2026

S'abstenir

           Une chaîne d'information?

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Economie de guerre

 Vers une re -militarisation de l'Europe...

  De manière inégale et peu harmonisée, l'Europe semble entrer dans une nouvelle phase de son histoire souvent chaotique. Un vent mauvais souffle de l'Est, mettant en péril ses croyances et son relatif confort. Oui, la guerre peut revenir, nous dit-on, mais où? sous quelle forme? nul ne peut le dire. Certains pays ne se sentent pas ou peu concernés. D'autres n'y croient pas. C'est là qu'on peut juger de la fragilité de ce que l'on nomme encore l'"Union". La Pologne, les Etats baltes se sentent davantage visés par d'éventuelles réelles incursions russes. La géographie et l'histoire expliquent leurs projets défensifs.                   L'Allemagne entre elle aussi dans une  logique d'état de guerre. Venant de loin, elle met en place à la hâte des mesures importantes pour constituer une défense crédible. Pour Merz, c'est l'heure des choix, discutés (et discutables). L'Ostpolitik à courte vue et mercantile est bel et bien enterrée. Merz se présente implicitement comme l'anti Merkel . En plein milieu d'une  crise économique qui dure. Certains murmurent à Berlin que cette détermination soudaine de la droite allemande a quelque chose à voir avec le désir de relancer son industrie. Au Bundestag aussi des vois dénoncent un calcul intéressé jouant sur des peurs exagérées et des ressorts patriotiques affaiblis par des années de prospérité aujourd'hui en question et d'impréparation défensive, de croyances naïves en une sorte de "paix perpétuelle" (comme préconisait Kant). Les menaces sont-elles si sérieuses dans le court terme? Est-ce vraiment un  tournant majeur quand on connaît les faiblesses réelles de la Russie, malgré les menaces de son tsar? En tous cas, pour Berlin c'est la fin des tabous...Des  milliards d'euros sont en jeu. C'est bien une logique d'état de guerre. Vue avec une certain suspicion de part et d'autre du Rhin...Qui va payer finalement cet énorme  réarmement à marche forcée?... 


                                                                                                                         Point de vue (à discuter):    " ...Explosion des budgets militaires au détriment de tous les services publics, retour du service militaire, discours catastrophistes sur l’imminence d’une attaque russe, propagande dans les écoles… Depuis 2022, l’Allemagne, comme presque tous les autres pays européens, s’est engagée dans un énorme effort d’armement, qui renforce le risque d’un conflit de grande ampleur. Accéléré par le chancelier Friedrich Merz, ce tournant vers l’économie de guerre, disproportionné par rapport aux menaces, vise à achever le démantèlement de l’Etat-providence et à légitimer un Etat d’exception permettant de museler les contestations grandissantes contre un système économique toujours plus dans l’impasse. Si ce tournant historique fait face à certaines contestations en Espagne, en France ou au Royaume-Uni, ce n’est pour l’instant pas le cas en Allemagne. Par le journaliste allemand Fabian Scheidler, traduction par Alexandra Knez.                                                              L’Union européenne, la Grande-Bretagne et d’autres membres européens de l’OTAN se sont engagés sur la voie d’une militarisation massive, dont la rapidité et l’ambition sont sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Alors que la plupart des pays de l’OTAN peinaient jusque‑là à atteindre l’objectif, fixé en 2014, de consacrer 2 % de leur PIB à la défense, ils se sont brusquement engagés à porter cet effort à 5 % par an lors du sommet de 2025, sous la pression de Donald Trump. Seul le gouvernement espagnol a refusé d’obtempérer.                               Ni l’OTAN, ni ses États membres, ni les grands médias ne soulignent qu’un effort de 5 % du PIB représente, en réalité, près de 50% des budgets nationaux. S’ils appliquaient réellement cet engagement, les gouvernements seraient contraints de tailler massivement dans les dépenses sociales, de l’éducation à la santé, tout en creusant leurs déficits publics. En mars 2025, le Financial Times résumait l’enjeu en titrant : « L’Europe doit réduire son État‑providence pour construire une économie de guerre ». Autrement dit, la militarisation programmée s’apparente à une offensive de classe menée d’en haut. Bien que les gouvernements aient quelque peu édulcoré leurs engagements, en déclarant que seuls 3,5 % iront directement à l’armée et que 1,5 % serviront à réorganiser les infrastructures à des fins militaires, consacrer 35 % des budgets nationaux à la défense représenterait un coup dur pour ce qu’il reste du modèle européen de protection sociale.                                    Dans la plupart des pays européens, des coupes massives dans les dépenses publiques sont désormais envisagées pour rediriger des ressources vers le complexe militaro‑industriel. Le gouvernement allemand est l’un des plus zélés à cet égard. Le ministre des Finances, Lars Klingbeil (SPD), a promis de tripler le budget de la défense, qui passerait de 52 milliards d’euros en 2024 à 153 milliards en 2029, un niveau inédit. Parallèlement, le chancelier Friedrich Merz (CDU) a déjà annoncé de fortes réductions des allocations chômage afin de compenser une partie de l’écart.        ____ Au Bundestag, les voix dissidentes se font désespérément rares. Les Verts, depuis longtemps parmi les partisans les plus résolus du réarmement, ont voté en mars 2025 un amendement constitutionnel levant toutes les contraintes budgétaires pour l’armée et les services de renseignement, tout en maintenant l’austérité pour le reste des dépenses publiques. De son côté, l’Alternative für Deutschland (AfD), désormais en tête dans plusieurs sondages, soutient elle aussi un renforcement massif de l’appareil militaire et un recul de l’État‑providence. Bien que Die Linke s’oppose officiellement à ce programme, ses représentants au Bundesrat, la seconde chambre fédérale (équivalent du Sénat français, ndlr), ont soutenu l’amendement constitutionnel, déclenchant de vives tensions au sein du parti. Pour certains observateurs, cette absence d’opposition parlementaire évoque le sombre précédent des crédits de guerre de 1914, adoptés à l’unanimité au Reichstag — avec le soutien du SPD..." .....                                                   Dans d’autres pays européens, cependant, la résistance est plus forte. Au Royaume-Uni, Keir Starmer s’est heurté à une opposition farouche à son projet de réduction des prestations sociales, même au sein de son propre parti travailliste, et a été contraint de faire marche arrière. En France, le premier ministre François Bayrou a été renversé par une motion de censure concernant un plan de réduction budgétaire de 44 milliards d’euros (le budget 2026, toujours en discussion, prévoit cependant encore de nouveaux efforts budgétaires dans tous les domaines, excepté la défense dont le budget doit augmenter de près de 7 milliards d’euros, ndlr). En Espagne, des manifestations de masse contre le réarmement ont exercé une forte pression sur le premier ministre Sanchez pour qu’il limite les dépenses militaires.         Si l’on ignore encore jusqu’où les gouvernements européens pourront aller dans leur programme « tout pour les armes, rien pour le social », l’offensive contre les services publics et les classes populaires ne faiblit pas et s’étend partout. La militarisation sans limites s’impose désormais comme le projet central de l’Union européenne, qui cherche à consolider des fondations fragilisées en bâtissant une union militaire.                                                                           En Allemagne, une vague de militarisation qui aurait été impensable il y a quelques années déferle sur le pays, touchant les écoles, les universités, les médias et les espaces publics. Des tramways arborent désormais un camouflage militaire. D’immenses publicités pour l’armée présentent la guerre comme une grande aventure renforçant l’esprit d’équipe. La Bundeswehr mène une campagne de recrutement particulièrement offensive auprès des jeunes, que ce soit dans la rue, dans les écoles ou sur les campus universitaires. Des mineurs de moins de 18 ans sont même enrôlés, en contradiction avec les principes de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant, comme le rappellent des organisations telles que Terre des Hommes. De jeunes officiers interviennent directement dans les salles de classe pour promouvoir l’armée devant des élèves parfois âgés d’à peine 13 ans. Au lieu de favoriser un débat critique sur la présence militaire à l’école, celle‑ci s’y déploie sans véritable contrepoids. L’administration envisage en outre d’instaurer des exercices réguliers de défense civile dans les établissements scolaires, avec l’objectif explicite de préparer mentalement les élèves à la guerre.                                                                  
Dans les médias, la chaîne publique allemande ARD a commencé à mettre en avant l’armée et ses préparatifs de guerre dans son émission pour enfants « 9 ½ », allant jusqu’à donner des conseils sur la manière de s’engager. Le programme n’aborde aucune question critique et passe sous silence les risques de mort ou de traumatismes liés aux zones de conflit. La deuxième chaîne publique, ZDF, adopte la même approche : dans son émission jeunesse ZDFtivi, l’armée est présentée comme une force sympathique et charitable.                           Les universités sont de plus en plus poussées à collaborer avec l’armée. Si quelques Länder interdisent encore la recherche militaire dans les établissements publics et qu’environ 70 universités se sont engagées volontairement à mener exclusivement des travaux civils, l’écologiste Robert Habeck, alors vice-chancelier, a déclaré au début de 2025, qu’il fallait « repenser la séparation stricte entre usages militaires et civils » dans le monde académique. En Bavière, les autorités ont déjà supprimé toute « clause civile », empêchant désormais les universités de refuser des projets à vocation militaire. Parallèlement, l’armée allemande a élaboré un vaste plan confidentiel, baptisé « Opération Allemagne », visant à subordonner les institutions civiles aux objectifs militaires.                                                                                                                                                    Ces efforts concertés pour créer un État de guerre visent notamment à transformer les attitudes de la population allemande qui, depuis des décennies, est majoritairement sceptique à l’égard de l’armée et en particulier, des engagements à l’étranger. Depuis la fin des années 1960, puis tout au long des années 1970 et 1980, la montée des mouvements pacifistes a contribué à briser des traditions militaristes profondément ancrées en Allemagne. En 1981, quelque 300 000 personnes ont défilé à Bonn contre le réarmement nucléaire de l’OTAN. Fondés un an plus tôt, les Verts jouaient alors un rôle central dans cette mobilisation : leur manifeste appelait à la « dissolution immédiate des blocs militaires, en particulier de l’OTAN et du Pacte de Varsovie » et, en pleine guerre froide, réclamait « le démantèlement de l’industrie allemande de l’armement et sa conversion à une production pacifique »...                   ________________

vendredi 2 janvier 2026

Quelle dignité?

 A Gaza

   Et ça continue...en hiver.

              Jusqu'à quand?

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L'empire en pire?

Russie: Peut-on parler d'un despotisme impérial?                                                                                                                                                        Ce terme est-il encore approprié?       C'est plus qu'une question de  sémantique...                                                         Oui, si l'on tient compte du sens que lui donne l'historienne Sabine Dullin et des nuances qu'elle apporte.   Une déjà longue histoire...Le "despotisme" est une notion négative que les dirigeants russes eux-mêmes n’assumeraient pas. Elle est le plus souvent utilisée par les détracteurs du pouvoir russe... Pourtant, Déjà Karl Marx, qui prit fait et cause pour les insurgés polonais en 1830 comme en 1863, dénonçait le danger que faisait peser la « sombre puissance asiatique sur l’Europe », dont l’art de la servitude, qu’il jugeait hérité des Mongols, servait une conquête sans fin. ____Qu'en penser, sans caricature ni ostracisme?   

                                                                   Point de vue:        "...Les

Les récentes déclarations russes, arguant d’une douteuse attaque de l’Ukraine contre une résidence de Vladimir Poutine, ont pour finalité de justifier un durcissement de la position de négociation de Moscou. Elles rappellent à quel point la « paix » recherchée en Ukraine dépend avant tout du président russe, qui a déclenché cette guerre pour mieux asseoir son système autoritaire, et l’a légitimée par des motifs clairement impérialistes, voire coloniaux.          Le récent ouvrage de Sabine Dullin, Réflexions sur le despotisme impérial de la Russie (Payot), a pour intérêt d’offrir une perspective de longue durée à l’exercice du pouvoir par Vladimir Poutine. Celui-ci, à la lire, ne fait que reproduire un carcan dans lequel « l’identité russe est enfermée depuis des siècles ».                                                                                    De manière originale, le livre est composé de deux parties. La première est une synthèse écrite par l’historienne, professeure à Sciences Po, dans laquelle elle démontre que « l’autocratie et l’empire se sont nourris l’un l’autre » de manière récurrente. La seconde est un recueil de textes rédigés par des observateurs extérieurs du pays, entre le XVIe et le XXIsiècles, traitant de ce Sonderweg (« chemin spécifique ») russe à partir de points de vue nationaux et idéologiques différents.                                                                                                                          Sabine Dullin rappelle que l’expansion initiale de la grande-principauté de Moscou, avant le couronnement d’Ivan IV comme « tsar » en 1547, s’est faite en parallèle d’une consolidation interne du pouvoir central, et dans une filiation revendiquée avec l’Empire byzantin. Si le pouvoir russe a partagé des traits absolutistes avec d’autres modèles en Europe (dont la France), l’asservissement des paysans a contrasté avec la sortie de la féodalité expérimentée à l’ouest du continent.                                                                                                                                                                    À la tête d’un immense empire multinational, étendu jusqu’en Extrême-Orient et jusqu’à la mer Noire, les tsars de la dynastie des Romanov ont fait, au XIXe siècle, « figure de chef[s] contre-révolutionnaire[s] de l’Europe des princes ». Les troupes et les espions russes ont ainsi contribué à la répression des peuples et des classes ouvrières en dehors de leurs frontières. De quoi inspirer à Karl Marx une défense de la nation polonaise contre une Russie revêtant régulièrement « l’habit […] du sauveur prédestiné de l’ordre ».                     Sans reprendre le vocabulaire essentialiste du philosophe allemand, qui n’hésitait pas à parler de « barbarie asiatique », le géographe anarchiste Élisée Reclus réagissait quelques années plus tard à la révolution avortée de 1905 en présentant les ferments de déstabilisation du régime russe. « La cause première de l’instabilité de toute la nation russe provient du servage et de l’injuste répartition des terres, écrivait-il. Mais une [autre] question s’agitera forcément, celle des peuples de langues différentes, de consciences nationales distinctes [et] asservies. »                                      1917, par contraste avec 1905, fut une révolution réussie en tant qu’elle déboucha sur une redistribution radicale du pouvoir social. Mais s’il changea de mains, sa monopolisation par un centre impérial fut rapidement reconduite, loin des promesses initiales de Lénine et de ses camarades bolcheviks. Sabine Dullin résume ici ce qu’elle avait brillamment développé dans un précédent ouvrageL’Ironie du destin. Une histoire des Russes et de leur empire (Payot, 2021).                                                    Non seulement aucune des formes démocratiques qui s’étaient esquissées en 1917 ne vit le jour, « un absolutisme d’un jour nouveau », exercé par un parti unique, s’y étant substitué, mais les « velléités postcoloniales » des premières années de l’Union soviétique firent également long feu, anéanties par une politique d’annexion, de prédation et de persécutions contre les peuples périphériques, en particulier sous Staline.              Après la victoire contre les nazis, le credo anticolonial prêché à l’extérieur n’empêchait pas, à l’intérieur du bloc soviétique, l’application de discriminations ethniques et de la théorie de la « souveraineté limitée » des prétendues « démocraties populaires ». Et c’est une guerre de type colonial, en Afghanistan au cours de la décennie 1980, qui contribua à l’effondrement du régime prétendument communiste. Avec Mikhaïl Gorbatchev, note Sabine Dullin, « les périphéries de l’empire furent les plus réceptives aux nouvelles possibilités de changement et entamèrent, avec leur démocratisation, leur décolonisation ».                                                      Pour la Russie, cœur de l’empire qui se détacha également de l’Union soviétique en décembre 1991, les choses étaient plus compliquées. D’une part, sa « libération » s’est accompagnée du développement d’un discours mensonger et xénophobe faisant de la Russie la victime d’un système ayant profité aux « non-Russes ». D’autre part, la Russie est restée une fédération multinationale et il fallut moins de cinq ans pour que le front d’une « guerre coloniale » s’ouvre en Tchétchénie.   C’est dans cette configuration que s’est édifié le pouvoir de Vladimir Poutine. Despotisme et impérialisme allant toujours de pair, ce dernier a fait coïncider sa « verticale de la peur » avec l’écriture d’un récit historique falsificateur, afin de s’ouvrir le droit de reconstituer un « monde russe » indûment fragmenté.                                                                                              La traversée historique que propose Sabine Dullin est convaincante, même si des développements auraient été bienvenus pour distinguer plus précisément les dimensions « multinationale » et strictement « coloniale » de l’Empire russe, et préciser à quels territoires elles se sont appliquées à travers les siècles.    Concernant la notion de « despotisme », Sabine Dullin note elle-même à quel point elle se prête à des dérives essentialisantes, en « orientalisant » la Russie et en la figeant dans une altérité rassurante. Pour sa part, l’historienne entend user du mot en ayant conscience du « miroir tendu à l’Europe, lui renvoyant ce qu’elle fut : coloniale, impérialiste et fasciste, et ce qu’elle pourrait bien redevenir : antidémocratique ». Les alliances et les échanges de pratiques autoritaires et dominatrices démentent toute étanchéité géographique en la matière.                                            C’est ce que notait l’intellectuel russe Ilya Budraitskis dans un texte donné à l’automne 2022 à la revue Spectre. Le régime poutinien, expliquait-il, a suivi en deux décennies une évolution graduelle depuis un « autoritarisme néolibéral dépolitisé » jusqu’à une « dictature brutale » – ce qu’il qualifie de « développement grotesque à partir de la “normalité” d’une société capitaliste, quand elle est sujette aux crises économiques, aux inégalités sociales massives et à un ordre maintenu à travers la répression ».                                                                            Ce qui nous amène à une autre limite du terme de « despotisme », qui tend à confondre les dynamiques très différentes des régimes qui se sont succédé en Russie. Qualifier de « despote » Nicolas II, Staline ou Poutine n’est pas inexact, si l’on cherche à désigner un pouvoir personnel autocratique. Mais leur férule respective, tout en réinvestissant certains instruments de pouvoir et certains imaginaires les ayant précédés, ne s’est pas exercée dans les mêmes cadres.    Les tsars régnaient dans des régimes hiérocratiques, c’est-à-dire en prétendant tirer leur puissance d’un principe sacré supérieur, religieux en l’occurrence – d’où la formule « orthodoxie, autocratie, esprit national » des Romanov, rappelée par Sabine Dullin. Les dirigeants soviétiques ont exercé le pouvoir au nom d’une idéologie séculière devenue totalitaire, et dans une structure de classe moderne au sein de laquelle les « cadres organisateurs » ont écrasé à la fois la bourgeoisie et le petit peuple pour jouir de leurs privilèges.            ___________Poutine, lui, tire sa domination de ses ressources passées dans les services secrets et de celles extraites d’un capitalisme rentier perclus de pratiques mafieuses. L’enrôlement de l’Église orthodoxe et l’exaltation nationaliste sont des expédients qui cachent mal l’absence initiale d’utopie mobilisatrice ou d’une sacralité largement admise dans la population.                                                                                         Il reste ce constat qu’à chaque changement de régime le cadre impérial, voire colonial a persisté, et donc nécessairement le caractère autocratique. « Je pense que le colonialisme et l’identité coloniale russes ne sont pas réformables, tout comme le communisme ne l’était pas »confiait d’ailleurs l’historienne Botakoz Kassymbekova au Kyiv Independent, en décembre de l’année dernière. Échapper à la récurrence infernale du despotisme impérial nécessite, pour les Russes, d’affronter cette question. " [ Merci à Fabien Escalona_ Mediapart_ Souligné par moi_]                                                                                                                                                _____       Bibliographie:   Mer Noire convoitée   ___  Géopolitique de la Russie  __ La grande Catherine   ___ L'Ukraine en tenailles ___ La verticale du pouvoir __ Marx et la Russie (Notamment à partir de ici) ___ La question russe __ The First Russian Revolution: The Decembrist Revolt of 1825 (« la première révolution russe : la révolte décembriste de 1825 », Reaktion, non traduit) __ _____________