Plus dure sera la (prochaine) shut-down...
C'était prévisible...
Enfin, presque. Rabibochage in extremis!
Ce n'était pas la première fois que les USA se trouvaient devant une impasse, un mur...ou une falaise.
Mais ce petit jeu grotesque (du genre "retenez-moi ou je fais un malheur!") et inquiétant, qui coûte déjà cher au contribuable américain et plus encore à beaucoup de fonctionnaires, a débouché sur un compromis de dernière heure, chacun ayant joué à se faire peur, en suivant sa partition partisane.
Une caricature , qui met un peu plus à mal les institutions, même si on a sauvé les apparences.
Un jeu pervers assez révélateur de l'état de ce pays, pas seulement des erreurs d'Obama ou de l'ineptie de Tea Party.
Ce n'était pas qu'un simple "défaut technique", quoique le sort du dollar ne soit pas encore menacé...pour cette fois. On aurait pu connaître un scénario peu engageant
Le problème de la démesure de la dette
américaine reste entier ...Quand le
pouvoir politique est aussi faible, il n’y a plus à se demander pourquoi
la finance règne toujours en maître.
Un compromis boiteux, absolument pas à la hauteur, qui ne fait que reporter le problème à une échéance prochaine, un autre mur budgétaire. Mais, vu le délabrement politique, pouvait-on s'attendre à mieux?
Pas grave, on peut encore compter sur la complaisance des marchés financiers et on relèvera le plafond légal de la dette...toujours réaugmentée, atteignant des sommets stratosphériques.
Un plafond sans limites...que le Congrès avait fixé à 16 394 milliards de dollars en août 2011. Une paille!...Le compteur tourne inéxorablement et il n'y a pas de plan B.
Le grand avantage des Américains (impérial, mon cher Watson) c’est le dollar et le fait qu’ils
peuvent très facilement refinancer leur dette auprès de partenaires
commerciaux – pays asiatiques en tête – en émettant des obligations
d’Etat.
Mais jusqu'à quand la confiance durera-t-elle? N'est-il pas trop tard?
Comme on pouvait le lire, dans le très libéral Financial Time du 02/10/2013, « le système actuel basé sur le dollar est intrinsèquement instable » ..
Ça sent quand même la fin d'empire... comme le pensait Paul Kennedy, un empire fonctionnant à crédit.
"Heureusement" il y a les forces armées...qui alimentent aussi la dette.
La Chine sonnerait-elle le glas à venir?
La démocratie fut prise en otage, comme le titrait Courrier international.
Encore faudrait-il que la démocratie ait encore un sens Outre-Atlantique...
On se demande parfois si Jean Yanne, assez shakespearien ici (*), n'avait pas quelque don de voyance...« Le monde est peuplé d’imbéciles qui se battent contre des demeurés pour sauvegarder une société absurde ».
(*) " C'est un malheur du temps que les fous guident les aveugles " (Le roi Lear)
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- Questions/réponses sur l'économie américaine
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-Paru dans Agoravox
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CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
Le MILLION de visites est atteint.
Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
jeudi 17 octobre 2013
mercredi 16 octobre 2013
Le filon vélo
Le vélo, ça marche ça roule!
Certains diront: encore du re-cyclage!...
Non, la nouvelle est importante. Que dis-je? Enôôrme!
De plus en plus de Français, désireux de se véloxygéner, commencent à se remettre sérieusement en selle, au lieu d'en parler seulement épisodiquement.
On parle ici de vélos ordinaires, bien sûr, car il existe des vélos fous, comme il existe des fous du vélo.
Les VAE (Vélos à Assistance Electrique, pour les ignorants) font un tabac, avec parfois le bois comme matériau du futur. Comme les premières draisiennes, mais en plus sophistiqué. Quilucru?
Est-ce le début d'un frémissement ou d'une vélorution?
Ou d'une envolée, comme en Italie, le pays des vélos sur mesure, des Ferrari des routes de Toscane?
On en n'est pas encore au point, loin de là, en France, où la mutiplication des vélos urbains créerait des embouteillages à certaines heures, comme dans certaines villes nordiques.
...Trop de vélos tueraient-ils le vélo?
On les resort du fond des garages. Il était temps!
Juste retour des choses, sauf qu'aujourd'hui le vélo de base n'est ni rare ni cher et ne représente plus un ou deux mois de travail, comme à une époque...
En fait, ".. L’histoire de la bicyclette en France ressemble à une soudaine amnésie. Nos corps et nos
villes ont perdu de vue, en quelques années, ces gestes circulaires et
répétés qui avaient permis aux foules de se déplacer en toute autonomie
et à bas coût depuis le début du XXe siècle. De 1976 à 2007, la pratique
quotidienne du biclou a diminué de moitié. Les plus jeunes ont été les
premiers frappés. Il y a trente-cinq ans, ils enfourchaient leur bécane
pour un quart de leurs déplacements et ne prenaient la voiture que 12 % à
15 % du temps. Aujourd’hui, la fourchette se situe entre 2 % et 10 %
pour la bicyclette et entre 20 % et 30 % pour l’auto..."
On a donc du retard. Pour ma modeste part, je parcours en une année plus de km à vélo qu'en voiture. Pas par obligation ou religion écologique fervente. Par plaisir. Seulement par plaisir... ♥
Le problème est que les constructeurs ou plutôt les monteurs français sont devenus rares. Manufrance s'est envolé...comme une Hirondelle. Les ventes ne vont pas nous sauver du marasme économique, car l'importation reste importante. Les Taïwanais et les Chinois écrasent les prix.
Mais le vélo-tourisme pourrait faire un bond considérable.
Il y a bien des raisons...
Certaines régions exploitent le FILON...
Les entreprises devraient aider à financer les achats de vélos pour leurs employés. Ce serait tout bénéf pour l'économie et la santé...
Vite! En selle! Filons...☺
Vélocyclopédiquement vôtre.
__________
-Publié sur Agoravox
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Certains diront: encore du re-cyclage!...
Non, la nouvelle est importante. Que dis-je? Enôôrme!
De plus en plus de Français, désireux de se véloxygéner, commencent à se remettre sérieusement en selle, au lieu d'en parler seulement épisodiquement.On parle ici de vélos ordinaires, bien sûr, car il existe des vélos fous, comme il existe des fous du vélo.
Les VAE (Vélos à Assistance Electrique, pour les ignorants) font un tabac, avec parfois le bois comme matériau du futur. Comme les premières draisiennes, mais en plus sophistiqué. Quilucru?
Est-ce le début d'un frémissement ou d'une vélorution?
Ou d'une envolée, comme en Italie, le pays des vélos sur mesure, des Ferrari des routes de Toscane?
On en n'est pas encore au point, loin de là, en France, où la mutiplication des vélos urbains créerait des embouteillages à certaines heures, comme dans certaines villes nordiques.
...Trop de vélos tueraient-ils le vélo?
On les resort du fond des garages. Il était temps!
Juste retour des choses, sauf qu'aujourd'hui le vélo de base n'est ni rare ni cher et ne représente plus un ou deux mois de travail, comme à une époque...
En fait, ".. L’histoire de la bicyclette en France ressemble à une soudaine amnésie. Nos corps et nos
villes ont perdu de vue, en quelques années, ces gestes circulaires et
répétés qui avaient permis aux foules de se déplacer en toute autonomie
et à bas coût depuis le début du XXe siècle. De 1976 à 2007, la pratique
quotidienne du biclou a diminué de moitié. Les plus jeunes ont été les
premiers frappés. Il y a trente-cinq ans, ils enfourchaient leur bécane
pour un quart de leurs déplacements et ne prenaient la voiture que 12 % à
15 % du temps. Aujourd’hui, la fourchette se situe entre 2 % et 10 %
pour la bicyclette et entre 20 % et 30 % pour l’auto..."On a donc du retard. Pour ma modeste part, je parcours en une année plus de km à vélo qu'en voiture. Pas par obligation ou religion écologique fervente. Par plaisir. Seulement par plaisir... ♥
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| Le vélo, c'est la santé, mais couvert! |
Mais le vélo-tourisme pourrait faire un bond considérable.
Il y a bien des raisons...
Certaines régions exploitent le FILON...
Les entreprises devraient aider à financer les achats de vélos pour leurs employés. Ce serait tout bénéf pour l'économie et la santé...
Vite! En selle! Filons...☺
Vélocyclopédiquement vôtre.
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-Publié sur Agoravox
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mardi 15 octobre 2013
USA: La prison, vrai business
Quand la prison profite
A l'heure où on s'interroge sur l'état des prisons en France, sur leur surpopulation et sur la possibilité d'autres formes de peines pour certaines formes de délit, la prison n'étant pas la panacée...
...Aux USA, le principe de rentabilité
est de rigueur depuis un certain nombre d'années, dans l'armée comme dans les prisons.
Il s'est d'abord appliqué à certains Etats, puis à l'ensemble du pays, même si, ici ou là, les dérives constatées entraînent des remises en question. Une industrie comme une autre, surtout par temps de crise. Les noirs sont sureprésentés et les plus jeunes n'y échappent pas: 65 000 enfants sont en prison aux Etats-Unis.
___Trop souvent, des faits choquants font la une de la presse: un jour, un enfant de 13 ans risque la prison à vie, hier une écolière de 6 ans se retrouve menottée en prison pour une grosse colère à l'école...No place for kids: des citoyens américains militants se sentent souvent impuissants face au système, bénéficiant de l'indifférence de la grande masse.
Les USA détiennent la palme de l'incarcération (La population des États-Unis représente 5% de la population mondiale. La population carcérale américaine représente 25% de tous les détenus du monde. Autre chiffre important, celui de la progression de cette population carcérale aux States : 300.000 en 1972, 1 million en 1990, 2 millions en 2000 et 2,3 millions en 2009) , juste devant les tristes prisons de la Russie, où la torture sévit encore.)
La politique de détention est liée à un business, que la crise encourage:
" ...Depuis le début de la crise, en 2007, ils essayent par tous les moyens de comprimer les dépenses des prisons. Fermetures d’établissements, retard dans les investissements programmés, mais aussi allègement des peines de prison et libérations anticipées font partie de cette cure de rigueur. « Plus de 26 Etats ont réduit leurs dépenses carcérales dans le budget 2010 et de nouvelles coupes sont prévues en 2011 », explique Suzanne Kirchhoff. Car une justice plus clémente est synonyme d’économies substantielles : le raccourcissement d’un mois du séjour moyen en prison aboutirait à réduire le nombre de détenus de 50.000 personnes.
L’autre moyen de comprimer le coût passe par un recours de plus en plus fréquent au secteur privé. Le phénomène a commencé bien avant la crise - sur les 153 nouvelles prisons construites entre 2000 et 2005, 151 l’ont été par des sociétés privées -, mais il s’est renforcé avec celle-ci. En Californie, le gouverneur Arnold Schwarzenegger a par exemple recommandé dans son discours de l’Etat en janvier dernier de faire inscrire dans la constitution californienne que les dépenses consacrées aux prisons ne puissent pas dépasser le budget de l’éducation : un changement qui passerait par la privatisation de nombreux établissements...
De plus en plus sollicités, les opérateurs privés sont devenus indispensables dans l’univers carcéral américain.., contrôlant près d’un quart des 1.800 prisons américaines (contre 16% en 2000). « Au plan national, près de 8% des détenus se trouvent aujourd’hui dans des prisons privées, ce chiffre pouvant atteindre 30% dans certains Etats », détaille le rapport. Un succès qui s’explique par les coûts moins élevés du secteur privé. La comparaison des salaires est éloquente. Alors qu’un gardien de prison dans un établissement fédéral gagne 50.830 dollars par an, son collègue dans une prison privée ne perçoit que 28.900 dollars... Presque deux fois moins. C’est pourquoi les entreprises privées n’ont pas nécessairement à craindre un resserrement des budgets consacrés aux prisons : elles sont bien placées pour récupérer des « parts de marché » des prisons publiques..."
De plus en plus de prisons sont donc maintenant construites et gérées par des entreprises privées, qui se livre ainsi à un business juteux:
" ...Même si la criminalité diminue, des lois répressives et des "clauses d'occupation" assurent le remplissage de leurs établissements, souvent aux dépens du contribuable...
Les entreprises pénitentiaires privées ont favorisé l'adoption de lois sur la seconde récidive [les "three-strike laws" permettent de condamner les petits délinquants à perpétuité dès la troisième infraction] et la "vérité des condamnations" [les "truth-in-sentencing laws", qui prévoient des peines incompressibles afin que celles-ci correspondent aux sentences], lois qu'elles ont même contribué à rédiger. Cette législation fait augmenter la population carcérale. Pour prospérer, ces sociétés ont besoin que les villes, les grandes agglomérations et les Etats envoient davantage d'individus dans les prisons et les y fassent croupir. On pourrait se demander ce qui se passe quand la criminalité baisse et que la population carcérale diminue dans les Etats qui ont accepté de garder leurs prisons privées pleines à 80 % ou 90 %. Prenez le Colorado. Le taux de criminalité de cet Etat s'est effondré d'un tiers au cours de la dernière décennie et, depuis 2009, cinq prisons gérées par l'Etat ont fermé parce qu'elles n'avaient plus d'utilité. De nombreuses places restent vides dans d'autres prisons de l'Etat.
Pourtant, le Colorado a choisi de ne pas occuper ces places, car le gouverneur démocrate, John Hickenlooper, et CCA ont conclu un accord prévoyant d'envoyer 3 330 prisonniers dans les trois prisons que possède le groupe au Colorado. Résultat, les contribuables de cet Etat paient la sous-occupation des prisons publiques...."
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A l'heure où on s'interroge sur l'état des prisons en France, sur leur surpopulation et sur la possibilité d'autres formes de peines pour certaines formes de délit, la prison n'étant pas la panacée...
...Aux USA, le principe de rentabilité
est de rigueur depuis un certain nombre d'années, dans l'armée comme dans les prisons.Il s'est d'abord appliqué à certains Etats, puis à l'ensemble du pays, même si, ici ou là, les dérives constatées entraînent des remises en question. Une industrie comme une autre, surtout par temps de crise. Les noirs sont sureprésentés et les plus jeunes n'y échappent pas: 65 000 enfants sont en prison aux Etats-Unis.
___Trop souvent, des faits choquants font la une de la presse: un jour, un enfant de 13 ans risque la prison à vie, hier une écolière de 6 ans se retrouve menottée en prison pour une grosse colère à l'école...No place for kids: des citoyens américains militants se sentent souvent impuissants face au système, bénéficiant de l'indifférence de la grande masse.
Les USA détiennent la palme de l'incarcération (La population des États-Unis représente 5% de la population mondiale. La population carcérale américaine représente 25% de tous les détenus du monde. Autre chiffre important, celui de la progression de cette population carcérale aux States : 300.000 en 1972, 1 million en 1990, 2 millions en 2000 et 2,3 millions en 2009) , juste devant les tristes prisons de la Russie, où la torture sévit encore.)
La politique de détention est liée à un business, que la crise encourage:
" ...Depuis le début de la crise, en 2007, ils essayent par tous les moyens de comprimer les dépenses des prisons. Fermetures d’établissements, retard dans les investissements programmés, mais aussi allègement des peines de prison et libérations anticipées font partie de cette cure de rigueur. « Plus de 26 Etats ont réduit leurs dépenses carcérales dans le budget 2010 et de nouvelles coupes sont prévues en 2011 », explique Suzanne Kirchhoff. Car une justice plus clémente est synonyme d’économies substantielles : le raccourcissement d’un mois du séjour moyen en prison aboutirait à réduire le nombre de détenus de 50.000 personnes.
L’autre moyen de comprimer le coût passe par un recours de plus en plus fréquent au secteur privé. Le phénomène a commencé bien avant la crise - sur les 153 nouvelles prisons construites entre 2000 et 2005, 151 l’ont été par des sociétés privées -, mais il s’est renforcé avec celle-ci. En Californie, le gouverneur Arnold Schwarzenegger a par exemple recommandé dans son discours de l’Etat en janvier dernier de faire inscrire dans la constitution californienne que les dépenses consacrées aux prisons ne puissent pas dépasser le budget de l’éducation : un changement qui passerait par la privatisation de nombreux établissements...
De plus en plus sollicités, les opérateurs privés sont devenus indispensables dans l’univers carcéral américain.., contrôlant près d’un quart des 1.800 prisons américaines (contre 16% en 2000). « Au plan national, près de 8% des détenus se trouvent aujourd’hui dans des prisons privées, ce chiffre pouvant atteindre 30% dans certains Etats », détaille le rapport. Un succès qui s’explique par les coûts moins élevés du secteur privé. La comparaison des salaires est éloquente. Alors qu’un gardien de prison dans un établissement fédéral gagne 50.830 dollars par an, son collègue dans une prison privée ne perçoit que 28.900 dollars... Presque deux fois moins. C’est pourquoi les entreprises privées n’ont pas nécessairement à craindre un resserrement des budgets consacrés aux prisons : elles sont bien placées pour récupérer des « parts de marché » des prisons publiques..."
De plus en plus de prisons sont donc maintenant construites et gérées par des entreprises privées, qui se livre ainsi à un business juteux:
" ...Même si la criminalité diminue, des lois répressives et des "clauses d'occupation" assurent le remplissage de leurs établissements, souvent aux dépens du contribuable...
Les entreprises pénitentiaires privées ont favorisé l'adoption de lois sur la seconde récidive [les "three-strike laws" permettent de condamner les petits délinquants à perpétuité dès la troisième infraction] et la "vérité des condamnations" [les "truth-in-sentencing laws", qui prévoient des peines incompressibles afin que celles-ci correspondent aux sentences], lois qu'elles ont même contribué à rédiger. Cette législation fait augmenter la population carcérale. Pour prospérer, ces sociétés ont besoin que les villes, les grandes agglomérations et les Etats envoient davantage d'individus dans les prisons et les y fassent croupir. On pourrait se demander ce qui se passe quand la criminalité baisse et que la population carcérale diminue dans les Etats qui ont accepté de garder leurs prisons privées pleines à 80 % ou 90 %. Prenez le Colorado. Le taux de criminalité de cet Etat s'est effondré d'un tiers au cours de la dernière décennie et, depuis 2009, cinq prisons gérées par l'Etat ont fermé parce qu'elles n'avaient plus d'utilité. De nombreuses places restent vides dans d'autres prisons de l'Etat.
Pourtant, le Colorado a choisi de ne pas occuper ces places, car le gouverneur démocrate, John Hickenlooper, et CCA ont conclu un accord prévoyant d'envoyer 3 330 prisonniers dans les trois prisons que possède le groupe au Colorado. Résultat, les contribuables de cet Etat paient la sous-occupation des prisons publiques...."
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lundi 14 octobre 2013
Dictature des banquiers?
Avant qu'il ne soit trop tard...
La vie des (grands) banquiers n'est pas toujours facile, alors qu'elle devrait être sans histoire, voire ennuyeuse...
Il leur arrive de se plaindre des critiques et parfois des menaces dont ils sont l'objet, parfois en plus haut lieu...même si cela reste souvent purement verbal.
Mais ils peuvent dormir tranquilles, ils restent encore choyés.
Les réformes promises, ce fut un petit clapotis dans un verre d'eau, c'est trop peu, trop tard...
Ce qui devait être une révolution, la séparation bancaire (le retour à l'avant Clinton, en fait),considérée comme essentielle pour enrayer les dérives spéculatives et ne pas mettre en péril les dépôts des particuliers, n'a pas eu lieu.
Mais il arrive que certains banquiers sortent du lot, ne jouent plus le jeu, comme Mathieu Pigasse, vice-président de la banque Lazard, qui affirmait naguère: «Qui est responsable ? Les banques, évidemment, qui ont oublié que le coeur de leur métier était d'évaluer les risques, et qui, pis encore, les ont transférés à d'autres. Mais les pouvoirs publics également : ils ont conduit des politiques à courte vue, et, surtout, ils ont été des régulateurs déficients...C'est un modèle idéologique, libéral et anglo-saxon qui a failli. On ne peut impunément se préoccuper exclusivement du profit à court terme.»
On en entend plus rarement pousser un vrai cri d’alarme.
Certains, comme Jean-Michel Naulot, dans son livre Crise financière – Pourquoi les gouvernements ne font rien sont pris d'un sentiment de lassitude:
"Il a été « banquier pendant 37 ans » et « membre du collège de l’Autorité des marchés financiers (AMF) de 2003 à 2013 » où il « y a présidé la commission des émetteurs, puis la commission des marchés ».... Cet ouvrage est celui d’un « insider » – d’un très bon connaisseur du monde de la banque et de la finance qui va, de l’intérieur, nous raconter les mécanismes de la crise, alimentée notamment par la machine infernale de la spéculation...Jean-Michel Naulot a longtemps exercé son métier de banquier à Indosuez, la filiale du groupe Suez que ce dernier à revendu au Crédit agricole dans le courant des années 1990, après sa privatisation.Il a longtemps été un proche de Philippe Séguin. ...Jean-Louis Debré » qui lui a fait confiance en le « désignant comme membre du collège de l’AMF en 2003, alors qu’il était président de l’Assemblée nationale ». Et ceux qui ne connaissent pas son cheminement intellectuel peuvent juste supposer qu’il avait des sympathies à droite ou dans des mouvances proches du parti néo-gaulliste, qui lui ont valu d’être adoubé à l’AMF.
Jean-Michel Naulot... n’a jamais changé de convictions. Alors que beaucoup ont fluctué et même abjuré leurs convictions – à la manière d’un Henri Guaino qui, après avoir conseillé lui aussi Philippe Séguin et l’avoir inondé de note contre la « pensée unique » ou la « fracture sociale », est passé dans le camp d’en face, celui de Nicolas Sarkozy –, notre auteur, lui, a manifesté, tout au long de ces années, la même rectitude. Comme dès le début des années 1990, il n’a jamais cessé de sonner le tocsin contre la déréglementation folle du monde de la finance, il est aujourd’hui en meilleure position que d’autres pour tirer les enseignements des ravages qu’elle a créés. De lui, au moins, on ne peut pas dire que c’est un ouvrier de la vingt-cinquième heure.
Le deuxième intérêt de ce livre, plus directement accessible à tous les lecteurs sans version décodée, c’est le formidable constat que dresse l’auteur du mécanisme même de la crise. On lira en particulier avec beaucoup d’intérêt le long chapitre consacré par Jean-Michel Naulot aux États-Unis, d’où tout le dérèglement du système financier mondial a commencé le 15 août 1971, avec la fin de la convertibilité du dollar en or, et qui ont alors commencé à financer leur développement en vivant à crédit aux dépens du reste du monde, et en développant en leur sein de formidables inégalités.
C’est d’ailleurs ce constat qui conduit notre banquier à donner ce coup de chapeau inattendu à Stiglitz : « Les thèses développées par Joseph Stiglitz sur la nécessité de combattre au plus vite les inégalités aux États-Unis en utilisant les marges d’augmentation des impôts que permet un niveau de prélèvements obligatoires très faibles, 25 %, sont très intéressantes et courageuses », écrit-il ainsi, avant d’ajouter : « En faisant le lien entre inégalités et spéculation, Joseph Stiglitz s’attaque au cœur des dérèglements du système capitaliste. » Qui, au sein de la droite française, oserait dire les choses aussi nettement ? Par fanatisme, les cercles dominants de l’oligarchie française détestent l’impôt et il n’est pas sûr que, même quand il s’agit des États-Unis, un tel discours puisse être entendu.
Un autre chapitre retient aussi fortement l’attention, c’est celui
qu’il consacre plus précisément – et là, on mesure que c’est
l’expérience irremplaçable du banquier qui joue – aux mécanismes de la
spéculation et aux produits hyper-sophistiqués sur lesquels elle
s’appuie. Un constat clinique, méthodique, mais qui donne du même coup
de nombreuses pistes pour surmonter cette crise historique que nous
traversons....
Il établit bien qu’il y a un parallèle frappant entre la crise financière gravissime que nous traversons et la crise démocratique dans laquelle nous sommes englués – singulièrement en France. « Le projet démocratique qui n’avait cessé de progresser depuis le siècle des Lumières, à l’exception de quelques périodes abominables, est à l’arrêt », déplore-t-il. C’est donc la force de ce livre : comme Jean-Michel Naulot le dit lui-même, c’est un « cri d’alarme adressé aux citoyens pour qu’ils se réapproprient le débat sur la finance ». Un cri d’autant plus fort que les politiques de tous bords, droite et gauche confondues, font mine de ne pas comprendre la gravité de la crise que nous affrontons et, par complicité avec le monde de la finance ou par conservatisme, se montrent impuissants à la conjurer.
Dans le système de l'oligarchie française, le lobby des grands patrons de la banque française – les Pébereau, les Bouton hier, les Pérol ou les Oudea aujourd'hui – a eu un rôle si considérable ces dernières décennies – un rôle si néfaste, un rôle si conservateur – qu'il faut forcément du courage pour oser se démarquer de la meute, celle qui a fait de Nicolas Sarkozy son champion, après le plus souvent avoir fait fortune en surfant sur la grande vague des privatisations..."
On peut donc parler d'une dictature des banquiers, comme le démontrent très bien Admati et Hellwig:
" L’évolution presque séculaire de l’industrie bancaire, avec la complicité active des politiques et des régulateurs, a consisté à réduire, jusqu’à des niveaux voisins de zéro, le pourcentage de capital que les banques devaient conserver par rapport à leurs engagements. De quelque 30% au début du XXe siècle, il était tombé à 2 % dans certaines grandes banques internationales avant que le problème ne soit bien tardivement (et pour de mauvaises raisons) reconnu par le fameux Comité de Bâle dans les années 80. La justification de cette tendance, un des plus funestes de ces «nouveaux habits» revêtus par les banquiers, est bien sûr que cet énorme effet de levier permet aux banques d’accorder toujours plus de crédits avec toujours moins de capital, au nom, bien entendu, de la croissance et de l’emploi. Les politiciens applaudissent, les régulateurs somnolent et les banquiers se remplissent les poches.
Mais comme l’expliquent les auteurs, « le côté obscur de l’endettement » se manifeste quand l’effet de levier se détend...
La cause première de la préférence des banquiers pour l’endettement par rapport aux fonds propres est évidente : avec la dette, ils travaillent avec « l’argent des autres ». C’est « pile, je gagne, face, tu perds ». Dans les périodes d’ascension du cycle économique, et plus encore quand elles donnent naissance à des bulles spéculatives, l’effet de levier permet aux banquiers de faire des fortunes, à une échelle et à une vitesse exceptionnelles. Quand la crise vient, les pertes sont pour les autres, les actionnaires et surtout les contribuables.
Qu’est-ce qui autorise et même encourage les banquiers à jouer avec « l’argent des autres » ? En résumé, les garanties et les subventions apportées par les États. « La
source principale de subventions pour les banques est le soutien que le
gouvernement apporte pour protéger les banques, leurs déposants et
parfois même leurs autres créanciers et leurs actionnaires »,
résument Admati et Hellwig. Les banques et leurs créanciers bénéficient
de garanties explicites et implicites de la part des gouvernements. Les
déposants sont protégés par l’assurance des dépôts, elle-même garantie
par les contribuables. Les autres créanciers et même les actionnaires de
la banque bénéficient du capital additionnel apporté par le
gouvernement pour empêcher la banque de faire faillite, par exemple en
cas de crise. « Paradoxalement, ces subventions encouragent les banques à être plus fragiles »,
résument les auteurs. Et de comparer les banques aux pétroliers géants
ou aux usines chimiques qui exposent le public à des risques
considérables, mais sans avoir à en payer le prix sous la forme de fonds
propres plus élevés..".
Plus qu'une entente cordiale entre Finances et Etat, on peut donc affirmer que l' Etat est sous tutelle, à la solde des banques.
Avant qu'il ne soit trop tard...et que l'Europe ne soit entraînée vers le fond.
“Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. [...] L’argent n’a pas de patrie; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence; leur unique objectif est le gain.” (Napléon Ier)
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-Système financier intact
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La vie des (grands) banquiers n'est pas toujours facile, alors qu'elle devrait être sans histoire, voire ennuyeuse...
Il leur arrive de se plaindre des critiques et parfois des menaces dont ils sont l'objet, parfois en plus haut lieu...même si cela reste souvent purement verbal.
Mais ils peuvent dormir tranquilles, ils restent encore choyés.
Les réformes promises, ce fut un petit clapotis dans un verre d'eau, c'est trop peu, trop tard...
Mais il arrive que certains banquiers sortent du lot, ne jouent plus le jeu, comme Mathieu Pigasse, vice-président de la banque Lazard, qui affirmait naguère: «Qui est responsable ? Les banques, évidemment, qui ont oublié que le coeur de leur métier était d'évaluer les risques, et qui, pis encore, les ont transférés à d'autres. Mais les pouvoirs publics également : ils ont conduit des politiques à courte vue, et, surtout, ils ont été des régulateurs déficients...C'est un modèle idéologique, libéral et anglo-saxon qui a failli. On ne peut impunément se préoccuper exclusivement du profit à court terme.»
On en entend plus rarement pousser un vrai cri d’alarme.
Certains, comme Jean-Michel Naulot, dans son livre Crise financière – Pourquoi les gouvernements ne font rien sont pris d'un sentiment de lassitude:
"Il a été « banquier pendant 37 ans » et « membre du collège de l’Autorité des marchés financiers (AMF) de 2003 à 2013 » où il « y a présidé la commission des émetteurs, puis la commission des marchés ».... Cet ouvrage est celui d’un « insider » – d’un très bon connaisseur du monde de la banque et de la finance qui va, de l’intérieur, nous raconter les mécanismes de la crise, alimentée notamment par la machine infernale de la spéculation...Jean-Michel Naulot a longtemps exercé son métier de banquier à Indosuez, la filiale du groupe Suez que ce dernier à revendu au Crédit agricole dans le courant des années 1990, après sa privatisation.Il a longtemps été un proche de Philippe Séguin. ...Jean-Louis Debré » qui lui a fait confiance en le « désignant comme membre du collège de l’AMF en 2003, alors qu’il était président de l’Assemblée nationale ». Et ceux qui ne connaissent pas son cheminement intellectuel peuvent juste supposer qu’il avait des sympathies à droite ou dans des mouvances proches du parti néo-gaulliste, qui lui ont valu d’être adoubé à l’AMF.
Jean-Michel Naulot... n’a jamais changé de convictions. Alors que beaucoup ont fluctué et même abjuré leurs convictions – à la manière d’un Henri Guaino qui, après avoir conseillé lui aussi Philippe Séguin et l’avoir inondé de note contre la « pensée unique » ou la « fracture sociale », est passé dans le camp d’en face, celui de Nicolas Sarkozy –, notre auteur, lui, a manifesté, tout au long de ces années, la même rectitude. Comme dès le début des années 1990, il n’a jamais cessé de sonner le tocsin contre la déréglementation folle du monde de la finance, il est aujourd’hui en meilleure position que d’autres pour tirer les enseignements des ravages qu’elle a créés. De lui, au moins, on ne peut pas dire que c’est un ouvrier de la vingt-cinquième heure.
Le deuxième intérêt de ce livre, plus directement accessible à tous les lecteurs sans version décodée, c’est le formidable constat que dresse l’auteur du mécanisme même de la crise. On lira en particulier avec beaucoup d’intérêt le long chapitre consacré par Jean-Michel Naulot aux États-Unis, d’où tout le dérèglement du système financier mondial a commencé le 15 août 1971, avec la fin de la convertibilité du dollar en or, et qui ont alors commencé à financer leur développement en vivant à crédit aux dépens du reste du monde, et en développant en leur sein de formidables inégalités.
C’est d’ailleurs ce constat qui conduit notre banquier à donner ce coup de chapeau inattendu à Stiglitz : « Les thèses développées par Joseph Stiglitz sur la nécessité de combattre au plus vite les inégalités aux États-Unis en utilisant les marges d’augmentation des impôts que permet un niveau de prélèvements obligatoires très faibles, 25 %, sont très intéressantes et courageuses », écrit-il ainsi, avant d’ajouter : « En faisant le lien entre inégalités et spéculation, Joseph Stiglitz s’attaque au cœur des dérèglements du système capitaliste. » Qui, au sein de la droite française, oserait dire les choses aussi nettement ? Par fanatisme, les cercles dominants de l’oligarchie française détestent l’impôt et il n’est pas sûr que, même quand il s’agit des États-Unis, un tel discours puisse être entendu.
Un autre chapitre retient aussi fortement l’attention, c’est celui
qu’il consacre plus précisément – et là, on mesure que c’est
l’expérience irremplaçable du banquier qui joue – aux mécanismes de la
spéculation et aux produits hyper-sophistiqués sur lesquels elle
s’appuie. Un constat clinique, méthodique, mais qui donne du même coup
de nombreuses pistes pour surmonter cette crise historique que nous
traversons....Il établit bien qu’il y a un parallèle frappant entre la crise financière gravissime que nous traversons et la crise démocratique dans laquelle nous sommes englués – singulièrement en France. « Le projet démocratique qui n’avait cessé de progresser depuis le siècle des Lumières, à l’exception de quelques périodes abominables, est à l’arrêt », déplore-t-il. C’est donc la force de ce livre : comme Jean-Michel Naulot le dit lui-même, c’est un « cri d’alarme adressé aux citoyens pour qu’ils se réapproprient le débat sur la finance ». Un cri d’autant plus fort que les politiques de tous bords, droite et gauche confondues, font mine de ne pas comprendre la gravité de la crise que nous affrontons et, par complicité avec le monde de la finance ou par conservatisme, se montrent impuissants à la conjurer.
Dans le système de l'oligarchie française, le lobby des grands patrons de la banque française – les Pébereau, les Bouton hier, les Pérol ou les Oudea aujourd'hui – a eu un rôle si considérable ces dernières décennies – un rôle si néfaste, un rôle si conservateur – qu'il faut forcément du courage pour oser se démarquer de la meute, celle qui a fait de Nicolas Sarkozy son champion, après le plus souvent avoir fait fortune en surfant sur la grande vague des privatisations..."
On peut donc parler d'une dictature des banquiers, comme le démontrent très bien Admati et Hellwig:
" L’évolution presque séculaire de l’industrie bancaire, avec la complicité active des politiques et des régulateurs, a consisté à réduire, jusqu’à des niveaux voisins de zéro, le pourcentage de capital que les banques devaient conserver par rapport à leurs engagements. De quelque 30% au début du XXe siècle, il était tombé à 2 % dans certaines grandes banques internationales avant que le problème ne soit bien tardivement (et pour de mauvaises raisons) reconnu par le fameux Comité de Bâle dans les années 80. La justification de cette tendance, un des plus funestes de ces «nouveaux habits» revêtus par les banquiers, est bien sûr que cet énorme effet de levier permet aux banques d’accorder toujours plus de crédits avec toujours moins de capital, au nom, bien entendu, de la croissance et de l’emploi. Les politiciens applaudissent, les régulateurs somnolent et les banquiers se remplissent les poches.
Mais comme l’expliquent les auteurs, « le côté obscur de l’endettement » se manifeste quand l’effet de levier se détend...
La cause première de la préférence des banquiers pour l’endettement par rapport aux fonds propres est évidente : avec la dette, ils travaillent avec « l’argent des autres ». C’est « pile, je gagne, face, tu perds ». Dans les périodes d’ascension du cycle économique, et plus encore quand elles donnent naissance à des bulles spéculatives, l’effet de levier permet aux banquiers de faire des fortunes, à une échelle et à une vitesse exceptionnelles. Quand la crise vient, les pertes sont pour les autres, les actionnaires et surtout les contribuables.
Qu’est-ce qui autorise et même encourage les banquiers à jouer avec « l’argent des autres » ? En résumé, les garanties et les subventions apportées par les États. « La
source principale de subventions pour les banques est le soutien que le
gouvernement apporte pour protéger les banques, leurs déposants et
parfois même leurs autres créanciers et leurs actionnaires »,
résument Admati et Hellwig. Les banques et leurs créanciers bénéficient
de garanties explicites et implicites de la part des gouvernements. Les
déposants sont protégés par l’assurance des dépôts, elle-même garantie
par les contribuables. Les autres créanciers et même les actionnaires de
la banque bénéficient du capital additionnel apporté par le
gouvernement pour empêcher la banque de faire faillite, par exemple en
cas de crise. « Paradoxalement, ces subventions encouragent les banques à être plus fragiles »,
résument les auteurs. Et de comparer les banques aux pétroliers géants
ou aux usines chimiques qui exposent le public à des risques
considérables, mais sans avoir à en payer le prix sous la forme de fonds
propres plus élevés..".Plus qu'une entente cordiale entre Finances et Etat, on peut donc affirmer que l' Etat est sous tutelle, à la solde des banques.
Pendant ce temps-là, les lobbies détricotent la taxe sur les transactions financières.
Repenser l’Etat affaibli et sa fonction est une urgence.
Repenser l’Etat affaibli et sa fonction est une urgence.
“Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au dessus de la main qui reçoit. [...] L’argent n’a pas de patrie; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence; leur unique objectif est le gain.” (Napléon Ier)
___________________
-Système financier intact
_______________________________________
dimanche 13 octobre 2013
Vivement dimanche prochain!
Ciel,
mon dimanche!
Aujourd'hui le ciel est vide et le dimanche n'est que le 7ème jour de la semaine selon notre calendrier actuel.
Sacré dimanche ! Toute une histoire...(*)
Le dimanche n'est plus sacré pour la plupart de nos contemporains. Il le fut longtemps. Officiellement, depuis Constantin:
[Dimanche est un nom propre issu de *diominicu (*non attesté), qui remonte au gallo-roman *didominicu par dissimilation consonantique, lui-même du latin chrétien dies dominica (latin dies Dominicus) « jour du Seigneur ». L'étymologie du terme peut être retracée à partir de la Didachè : Dies dominicus est une traduction du grec Kuriake Heméra (quoi que la Didaché ne définisse pas le "jour du Seigneur" de façon explicite comme étant le dimanche). L'expression appliquée à ce jour de la semaine est un usage chrétien manifestement fort ancien.] (Wiki)
Il s'est laïcisé, banalisé, comme les fêtes ci-devant religieuses, dont certains ont oublié l'origine, et qui ne sont plus que des temps de loisirs.
Mais la tradition perdure et l'importance d'un repos en fin de semaine s'impose non seulement comme une pratique culturelle, mais surtout comme un temps d'arrêt pour une majorité, temps de rupture par rapport au temps de la production et des services, des rythmes imposés, des contraintes sociales en tous genres. Temps familial permettant un regroupement et des échanges souvent problématiques par ailleurs, surtout en milieu urbain. Temps pour d'autres formes de liberté, où les rythmes habituels sont modifiés, où d'autres modes de vie peuvent être inventés.
Temps de se
poser et de perdre
son temps.
Du temps. Avoir du temps, du temps à soi, du temps pour faire autre chose, ou rien, en lâchant prise, en se mettant hors-circuit des cycles de la logique fordienne et ultralibérale, des rythmes assèchants de la production/consommation, de la course au profit, de la marchandisation du monde, de la vitesse, du sentiment d'urgence.
Le temps n'est pas que de l'argent.
La question revient, comme une grand messe médiatique!...A travers le débat biaisé et déjà ancien de l'autorisation d'ouverture de certaines surfaces commerciales, qui pourraient en préparer bien d'autres. Ceux qui s'accrochent à l'emploi ce jour-là, pressés par leur direction, pourraient bien voir alors disparaître le petit avantage qu'ils revendiquent, expression de salaires insuffisants.
-----------
(*) "... Avec la révolution industrielle et le besoin de main-d’œuvre, la bourgeoisie finit par avoir le dernier mot. L'obligation du repos dominical est supprimée en 1880, au début de la IIIe République. Tout y concourt. L'anticléricalisme militant de cette époque justifie que l'on mette à bas un «archaïsme» religieux.
Les dirigeants républicains se méfient par ailleurs des ouvriers, qu'ils soupçonnent de sympathie pour la Commune, le socialisme et l'anarchie, ainsi que d'une irrésistible propension à la paresse. Les romans d'Émile Zola démontrent à satiété que le loisir dominical n'a d'autre effet que d'entraîner les ouvriers vers le vice et la boisson.
Mais comme aujourd'hui, employés des grands magasins, syndicats ouvriers et associations religieuses s'allient alors pour retrouver un droit qui devient un des symboles de la lutte sociale, à l'égal de la lutte concomitante pour une journée de travail limitée à huit heures.
Il faut attendre une loi du 13 juillet 1906 et pas moins de 43 articles du Code du travail pour que le dimanche redevienne (sauf exception) un jour de congé obligatoire et garanti. Sans en avoir sans doute conscience, les syndicats ouvriers adoptent la même ligne que les évêques d'antan...
Les dérogations sont, il est vrai, nombreuses, depuis les hôpitaux jusqu'aux restaurants, en passant par les entreprises de spectacles... Ajoutons à la liste, depuis 1993, les magasins spécialisés dans la culture, puis les zones commerciales et les zones touristiques etc etc. De leur côté, les commerces de détail alimentaire gagnent le dimanche le droit d'ouvrir jusqu’à midi, voire 13h aujourd'hui..."___________________________
Aujourd'hui le ciel est vide et le dimanche n'est que le 7ème jour de la semaine selon notre calendrier actuel.
Sacré dimanche ! Toute une histoire...(*)
Le dimanche n'est plus sacré pour la plupart de nos contemporains. Il le fut longtemps. Officiellement, depuis Constantin:
[Dimanche est un nom propre issu de *diominicu (*non attesté), qui remonte au gallo-roman *didominicu par dissimilation consonantique, lui-même du latin chrétien dies dominica (latin dies Dominicus) « jour du Seigneur ». L'étymologie du terme peut être retracée à partir de la Didachè : Dies dominicus est une traduction du grec Kuriake Heméra (quoi que la Didaché ne définisse pas le "jour du Seigneur" de façon explicite comme étant le dimanche). L'expression appliquée à ce jour de la semaine est un usage chrétien manifestement fort ancien.] (Wiki)
Il s'est laïcisé, banalisé, comme les fêtes ci-devant religieuses, dont certains ont oublié l'origine, et qui ne sont plus que des temps de loisirs.
Mais la tradition perdure et l'importance d'un repos en fin de semaine s'impose non seulement comme une pratique culturelle, mais surtout comme un temps d'arrêt pour une majorité, temps de rupture par rapport au temps de la production et des services, des rythmes imposés, des contraintes sociales en tous genres. Temps familial permettant un regroupement et des échanges souvent problématiques par ailleurs, surtout en milieu urbain. Temps pour d'autres formes de liberté, où les rythmes habituels sont modifiés, où d'autres modes de vie peuvent être inventés.
Temps de se
poser et de perdre
son temps.Du temps. Avoir du temps, du temps à soi, du temps pour faire autre chose, ou rien, en lâchant prise, en se mettant hors-circuit des cycles de la logique fordienne et ultralibérale, des rythmes assèchants de la production/consommation, de la course au profit, de la marchandisation du monde, de la vitesse, du sentiment d'urgence.
Le temps n'est pas que de l'argent.
La question revient, comme une grand messe médiatique!...A travers le débat biaisé et déjà ancien de l'autorisation d'ouverture de certaines surfaces commerciales, qui pourraient en préparer bien d'autres. Ceux qui s'accrochent à l'emploi ce jour-là, pressés par leur direction, pourraient bien voir alors disparaître le petit avantage qu'ils revendiquent, expression de salaires insuffisants.
-----------
(*) "... Avec la révolution industrielle et le besoin de main-d’œuvre, la bourgeoisie finit par avoir le dernier mot. L'obligation du repos dominical est supprimée en 1880, au début de la IIIe République. Tout y concourt. L'anticléricalisme militant de cette époque justifie que l'on mette à bas un «archaïsme» religieux.
Les dirigeants républicains se méfient par ailleurs des ouvriers, qu'ils soupçonnent de sympathie pour la Commune, le socialisme et l'anarchie, ainsi que d'une irrésistible propension à la paresse. Les romans d'Émile Zola démontrent à satiété que le loisir dominical n'a d'autre effet que d'entraîner les ouvriers vers le vice et la boisson.
Mais comme aujourd'hui, employés des grands magasins, syndicats ouvriers et associations religieuses s'allient alors pour retrouver un droit qui devient un des symboles de la lutte sociale, à l'égal de la lutte concomitante pour une journée de travail limitée à huit heures.
Il faut attendre une loi du 13 juillet 1906 et pas moins de 43 articles du Code du travail pour que le dimanche redevienne (sauf exception) un jour de congé obligatoire et garanti. Sans en avoir sans doute conscience, les syndicats ouvriers adoptent la même ligne que les évêques d'antan...
Les dérogations sont, il est vrai, nombreuses, depuis les hôpitaux jusqu'aux restaurants, en passant par les entreprises de spectacles... Ajoutons à la liste, depuis 1993, les magasins spécialisés dans la culture, puis les zones commerciales et les zones touristiques etc etc. De leur côté, les commerces de détail alimentaire gagnent le dimanche le droit d'ouvrir jusqu’à midi, voire 13h aujourd'hui..."___________________________
samedi 12 octobre 2013
Au fil du net
* Un admirateur de Bonaparte a disparu.

* Vosges martyrs: anniversaire du 5 octobre 1944
* A Fukushima, des erreurs (presque) tous les jours.
Gère-t-on encore quelque chose?
Des liquidateurs en enfer.
Des humains jetables
* Crise de la dette américaine: un tournant?
Les Etats-Unis pris au piège du Tea Party
* De l'importance du logiciel libre.
* Les langues meurent dans les universités britanniques
" L’enseignement des principales langues européennes, français, allemand, italien et espagnol, a diminué de 40% depuis 1998 dans les universités britanniques et la tendance risque fort de s’aggraver dans les années qui viennent. Selon une enquête publiée par le Guardian en date du 8 octobre, plus d’un tiers de ces mêmes universités ne proposent plus de diplômes en langues dans l’éventail de leurs formations..."
* La Grèce vue par le JT 2
Loin du réel...

* Hold up des Usa en Iran
* Des planètes qui n'en font qu'à leur tête
* Un Trichet heu-reux!
*___Combien de temps encore 99% de la population des Etats-Unis acceptera que le fruit de son travail ne profite de facto qu’à 1% de la population ?
Par ailleurs, 46% du patrimoine mondial est détenu par 1% des ménages.____________________________

* Vosges martyrs: anniversaire du 5 octobre 1944
* A Fukushima, des erreurs (presque) tous les jours.
Gère-t-on encore quelque chose?
Des liquidateurs en enfer.
Des humains jetables
* Crise de la dette américaine: un tournant?
Les Etats-Unis pris au piège du Tea Party
* De l'importance du logiciel libre.
* Les langues meurent dans les universités britanniques
" L’enseignement des principales langues européennes, français, allemand, italien et espagnol, a diminué de 40% depuis 1998 dans les universités britanniques et la tendance risque fort de s’aggraver dans les années qui viennent. Selon une enquête publiée par le Guardian en date du 8 octobre, plus d’un tiers de ces mêmes universités ne proposent plus de diplômes en langues dans l’éventail de leurs formations..."
* La Grèce vue par le JT 2
Loin du réel...

* Hold up des Usa en Iran
* Des planètes qui n'en font qu'à leur tête
* Un Trichet heu-reux!
*___Combien de temps encore 99% de la population des Etats-Unis acceptera que le fruit de son travail ne profite de facto qu’à 1% de la population ?
Par ailleurs, 46% du patrimoine mondial est détenu par 1% des ménages.____________________________
vendredi 11 octobre 2013
Fractures sur la fracturation
Miracle ou mirage?
La fausse bonne idée continue d'agiter le petit monde politico-économique.
L'exploitation du gaz de schiste commence à susciter des résistances en Grande-Bretagne (1), alors que David Cameron réitère son soutien. Son "geste fiscal" fait scandale.
L'UE reste dans la plus grande ambiguïté.
En France, les projets sont toujours gelés.
Le Conseil Constitutionnel vient d'entériner l'interdiction de la fracturation hydraulique et met fin "à un feuilleton juridique lancé par la compagnie texane Schuepbach depuis dix mois. Après l'annulation, en octobre 2011, de ses deux permis miniers du sud de la France, le pétrolier avait posé en janvier 2013 auprès du tribunal administratif de Cergy-Pontoise une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), transmise au Conseil d'Etat puis au Conseil constitutionnel."
La Pologne revoit à la baisse ses objectifs et aux USA, on s'interroge..
____Le doute s'installe
"... Même aux Etats-Unis, le seul pays qui exploite à large échelle les gaz et huiles de schiste, la productivité des puits et le taux de récupération font encore débat. Dans son rapport Golden Rules for a Golden Age of Gas, l'Agence internationale de l'énergie propose ainsi deux scénarios futurs, un haut qui voit la production de gaz de schiste grimper jusqu'en 2035, et un bas, qui prévoit une production qui croît jusqu'en 2017 avant de revenir aux niveaux de 2010. Avec d'autres facteurs qui interviennent, tels que le coût de l'extraction et l'opposition d'une partie de l'opinion, rien ne garantit que l'Oncle Sam tirera toujours autant profit de son sous-sol..".
En France, le PDG d'Axa prône l'exploitation, alors que les estimations ne sont pas fiables.
Mais le lobbying ne faiblit pas.
Jacques Julliard qualifie d'«environnementalistes en peau de lapin» ceux qui contestent les vertus de la prospection en ce domaine.
Or les choses sont moins simples que ce que pense le journaliste:
"En juin 2011, une enquête du New York Times révélait déjà quelques fissures dans la construction médiatico-industrielle du «boum» des gaz de schiste, en ébruitant les doutes nourris par divers observateurs quant aux effets d'annonce des compagnies pétrolières soupçonnées de «surestimer délibérément et même illégalement le rendement de leurs exploitations et le volume de leurs gisements».
- Début 2012, deux consultants américains tirent la sonnette d'alarme dans Petroleum Review, la principale revue de l'industrie pétrolière britannique. Tout en s'interrogeant sur la «fiabilité et la durabilité des gisements de gaz de schiste américains», ils relèvent que les prévisions des industriels coïncident avec les nouvelles règles de la Securites And Exchang Com-mission (SEC), l'organisme fédéral de contrôle des marchés financiers. Adoptées en 2009, celles-ci autorisent en effet les compagnies à chiffrer le volume de leurs réserves comme bon leur semble, sans vérification par une autorité indépendante.
Pour les industriels, la surestimation des gisements de gaz de schiste permet de faire passer au second plan les risques liés à leur exploitation. Or la fracturation hydraulique n'a pas seulement des effets délétères sur l'environnement, elle pose aussi un problème strictement économique, puisqu'elle génère une production à très faible durée de vie. Dans la revue Nature, un ancien conseiller scientifique du gouvernement britannique, David King, souligne que le rendement d'un puits de gaz de schiste décroche de 60 à 90 % au terme de sa première année d'exploitation.
Une chute aussi brutale rend évidemment illusoire tout objectif de rentabilité. Dès qu'un forage s'épuise, les opérateurs doivent à toute vitesse en creuser d'autres pour maintenir leur niveau de production et rembourser leurs dettes.
- Dans une étude publiée par la revue Energy Policy, l'équipe de King parvient à la conclusion que l'industrie pétrolière a surévalué d'un tiers les réserves mondiales d'énergies fossiles. King récuse catégoriquement l'idée selon laquelle l'exploitation des gaz de schiste pourrait résoudre la crise énergétique.."
- Les spécialistes en placements financiers ne sont pas dupes non plus.
«L'économie de la fracturation est une économie destructrice, avertit le journaliste Wolf Richter dans Business Insider. Pour éviter que cette dégringolade n'entame leurs revenus, les compagnies doivent pomper encore et encore, en compensant les puits taris par d'autres qui le seront demain. Hélas, tôt ou tard, un tel schéma se heurte à un mur, celui de la réalité.»
- Arthur Berman, un géologue qui a travaillé pour Amoco, se dit lui-même surpris par le rythme «incroyablement élevé» de l'épuisement des gisements. Pour s'assurer des résultats stables, les exploitants vont devoir forer «presque 1 000 puits supplémentaires chaque année sur le même site. Soit une dépense de 10 à 12 milliards de dollars par an... Si on additionne tout cela, on en arrive au montant des sommes investies dans le sauvetage de l'industrie bancaire en 2008. Où est-ce qu'ils vont prendre tout cet argent ?»
Même Goldman Sachs se pose des questions...
Serait-on déjà passé de la panacée à la panique?
__________
-Publié dans Agoravox
_________________________________
La fausse bonne idée continue d'agiter le petit monde politico-économique.
L'exploitation du gaz de schiste commence à susciter des résistances en Grande-Bretagne (1), alors que David Cameron réitère son soutien. Son "geste fiscal" fait scandale.
L'UE reste dans la plus grande ambiguïté.En France, les projets sont toujours gelés.
Le Conseil Constitutionnel vient d'entériner l'interdiction de la fracturation hydraulique et met fin "à un feuilleton juridique lancé par la compagnie texane Schuepbach depuis dix mois. Après l'annulation, en octobre 2011, de ses deux permis miniers du sud de la France, le pétrolier avait posé en janvier 2013 auprès du tribunal administratif de Cergy-Pontoise une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), transmise au Conseil d'Etat puis au Conseil constitutionnel."
La Pologne revoit à la baisse ses objectifs et aux USA, on s'interroge..
____Le doute s'installe
"... Même aux Etats-Unis, le seul pays qui exploite à large échelle les gaz et huiles de schiste, la productivité des puits et le taux de récupération font encore débat. Dans son rapport Golden Rules for a Golden Age of Gas, l'Agence internationale de l'énergie propose ainsi deux scénarios futurs, un haut qui voit la production de gaz de schiste grimper jusqu'en 2035, et un bas, qui prévoit une production qui croît jusqu'en 2017 avant de revenir aux niveaux de 2010. Avec d'autres facteurs qui interviennent, tels que le coût de l'extraction et l'opposition d'une partie de l'opinion, rien ne garantit que l'Oncle Sam tirera toujours autant profit de son sous-sol..".
En France, le PDG d'Axa prône l'exploitation, alors que les estimations ne sont pas fiables.
Mais le lobbying ne faiblit pas.
Jacques Julliard qualifie d'«environnementalistes en peau de lapin» ceux qui contestent les vertus de la prospection en ce domaine.
Or les choses sont moins simples que ce que pense le journaliste:
"En juin 2011, une enquête du New York Times révélait déjà quelques fissures dans la construction médiatico-industrielle du «boum» des gaz de schiste, en ébruitant les doutes nourris par divers observateurs quant aux effets d'annonce des compagnies pétrolières soupçonnées de «surestimer délibérément et même illégalement le rendement de leurs exploitations et le volume de leurs gisements».
- Début 2012, deux consultants américains tirent la sonnette d'alarme dans Petroleum Review, la principale revue de l'industrie pétrolière britannique. Tout en s'interrogeant sur la «fiabilité et la durabilité des gisements de gaz de schiste américains», ils relèvent que les prévisions des industriels coïncident avec les nouvelles règles de la Securites And Exchang Com-mission (SEC), l'organisme fédéral de contrôle des marchés financiers. Adoptées en 2009, celles-ci autorisent en effet les compagnies à chiffrer le volume de leurs réserves comme bon leur semble, sans vérification par une autorité indépendante.
Pour les industriels, la surestimation des gisements de gaz de schiste permet de faire passer au second plan les risques liés à leur exploitation. Or la fracturation hydraulique n'a pas seulement des effets délétères sur l'environnement, elle pose aussi un problème strictement économique, puisqu'elle génère une production à très faible durée de vie. Dans la revue Nature, un ancien conseiller scientifique du gouvernement britannique, David King, souligne que le rendement d'un puits de gaz de schiste décroche de 60 à 90 % au terme de sa première année d'exploitation.
Une chute aussi brutale rend évidemment illusoire tout objectif de rentabilité. Dès qu'un forage s'épuise, les opérateurs doivent à toute vitesse en creuser d'autres pour maintenir leur niveau de production et rembourser leurs dettes.
- Dans une étude publiée par la revue Energy Policy, l'équipe de King parvient à la conclusion que l'industrie pétrolière a surévalué d'un tiers les réserves mondiales d'énergies fossiles. King récuse catégoriquement l'idée selon laquelle l'exploitation des gaz de schiste pourrait résoudre la crise énergétique.."
- Les spécialistes en placements financiers ne sont pas dupes non plus. «L'économie de la fracturation est une économie destructrice, avertit le journaliste Wolf Richter dans Business Insider. Pour éviter que cette dégringolade n'entame leurs revenus, les compagnies doivent pomper encore et encore, en compensant les puits taris par d'autres qui le seront demain. Hélas, tôt ou tard, un tel schéma se heurte à un mur, celui de la réalité.»
- Arthur Berman, un géologue qui a travaillé pour Amoco, se dit lui-même surpris par le rythme «incroyablement élevé» de l'épuisement des gisements. Pour s'assurer des résultats stables, les exploitants vont devoir forer «presque 1 000 puits supplémentaires chaque année sur le même site. Soit une dépense de 10 à 12 milliards de dollars par an... Si on additionne tout cela, on en arrive au montant des sommes investies dans le sauvetage de l'industrie bancaire en 2008. Où est-ce qu'ils vont prendre tout cet argent ?»
Même Goldman Sachs se pose des questions...
Serait-on déjà passé de la panacée à la panique?
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-Publié dans Agoravox
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jeudi 10 octobre 2013
Des trains pas comme les autres...
Toujours plus vite?
Depuis les premiers chemins de fer, la vitesse a été privilégiée et s'est spectaculairement développée.
Mais est-il vraiment rationnel de vouloir gagner toujours plus de temps, parfois juste un quart d'heure sur un trajet donné, si on multiplie les risques en négligeant la sécurité?
La vitesse à tous prix n'est pas seule en cause.
L'accident de Brétigny a mis en évidence les problèmes liés à un entretien insuffisant sur certaines lignes, ce qui a amené à parler de voies secondaires dangereuses et de trains poubelles, notamment les Corail.
"...Tant que, par sa situation de monopole, la SNCF pouvait opérer des péréquations internes, les recettes du TGV venant combler les trous des services Corail, tout le monde fermait les yeux. Les passagers du TGV subventionnaient ceux des services classiques sur lesquels on maintenait une qualité de service plutôt minimaliste. Mais enfin, les services étaient assurés.
Avec la libéralisation des transports ferroviaires et l’obligation pour la SNCF de parvenir au moins à équilibrer ses comptes, la péréquation interne devint un casse-tête pour l’opérateur public obligé de faire face à des services déficitaires dont ses concurrents potentiels n’ont pas la charge. Et les voyageurs du TGV devenant de plus en plus sourcilleux à l’annonce des augmentations tarifaires, cette péréquation devint de plus en plus difficile à réaliser..."
La question de la sécurité dérange la SNCF, mais elle est en partie une des conséquences de la libéralisation en cours depuis des années et du changement de "métier" des personnels, de la perte d'expérience, de la division des gestions, du recours à une sous-traitance mal formée...
Les incidents se sont multipliés depuis ces dernières années.
Certes, l'expérience est plus grande en France qu'en Espagne, équipée plus récemment à très grande vitesse:
La catastrophe de Saint-Jacques de Compostelle a révélé la défaillance de systèmes de sécurité
Les ambitions espagnoles en matière de TGV, devenu joujou de nouveau riche, ont négligé quelques détails techniques
Mais chez nous, la marche vers la privatisation, déjà en partie engagée et exigée par Bruxelles, ne va pas sans créer des problèmes. Pas étonnant que certainsusagers clients se plaignent des prix, des retards et de l'opacité du système. Certains investissements ont un grand retard.
Certes, ce n'est pas la gestion naguère catastrophique à l'anglaise (on songe à une renationalisation), mais progressivement, par petites touches, la dérégulation se met en place, en catimini, selon une méthode bien connue par ailleurs.
Les règles absurdes de la concurrence européenne dans un domaine où la cohérence s'impose, une gestion purement libérale des services publics (RGPP) s'obstinent à vouloir s'appliquer.
Il faut dire que les lobbies privés veillent et veulent leur part de gâteau, comme Véolia.
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-Paru dans Agoravox
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Depuis les premiers chemins de fer, la vitesse a été privilégiée et s'est spectaculairement développée.
Mais est-il vraiment rationnel de vouloir gagner toujours plus de temps, parfois juste un quart d'heure sur un trajet donné, si on multiplie les risques en négligeant la sécurité?
La vitesse à tous prix n'est pas seule en cause.L'accident de Brétigny a mis en évidence les problèmes liés à un entretien insuffisant sur certaines lignes, ce qui a amené à parler de voies secondaires dangereuses et de trains poubelles, notamment les Corail.
"...Tant que, par sa situation de monopole, la SNCF pouvait opérer des péréquations internes, les recettes du TGV venant combler les trous des services Corail, tout le monde fermait les yeux. Les passagers du TGV subventionnaient ceux des services classiques sur lesquels on maintenait une qualité de service plutôt minimaliste. Mais enfin, les services étaient assurés.
Avec la libéralisation des transports ferroviaires et l’obligation pour la SNCF de parvenir au moins à équilibrer ses comptes, la péréquation interne devint un casse-tête pour l’opérateur public obligé de faire face à des services déficitaires dont ses concurrents potentiels n’ont pas la charge. Et les voyageurs du TGV devenant de plus en plus sourcilleux à l’annonce des augmentations tarifaires, cette péréquation devint de plus en plus difficile à réaliser..."
La question de la sécurité dérange la SNCF, mais elle est en partie une des conséquences de la libéralisation en cours depuis des années et du changement de "métier" des personnels, de la perte d'expérience, de la division des gestions, du recours à une sous-traitance mal formée...Les incidents se sont multipliés depuis ces dernières années.
Certes, l'expérience est plus grande en France qu'en Espagne, équipée plus récemment à très grande vitesse:
La catastrophe de Saint-Jacques de Compostelle a révélé la défaillance de systèmes de sécurité
Les ambitions espagnoles en matière de TGV, devenu joujou de nouveau riche, ont négligé quelques détails techniques
Mais chez nous, la marche vers la privatisation, déjà en partie engagée et exigée par Bruxelles, ne va pas sans créer des problèmes. Pas étonnant que certains
Certes, ce n'est pas la gestion naguère catastrophique à l'anglaise (on songe à une renationalisation), mais progressivement, par petites touches, la dérégulation se met en place, en catimini, selon une méthode bien connue par ailleurs. Les règles absurdes de la concurrence européenne dans un domaine où la cohérence s'impose, une gestion purement libérale des services publics (RGPP) s'obstinent à vouloir s'appliquer.
Il faut dire que les lobbies privés veillent et veulent leur part de gâteau, comme Véolia.
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-Paru dans Agoravox
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mercredi 9 octobre 2013
Mourir pas cher
Dans la série on n'arrête pas le progrès...
Le low cost s'envole
Il connaît un développement foudroyant dans tous les domaines
L'industrie de la mort n'y échappe pas (*)
On peut faire aujourd'hui des économies appréciables jusque dans ses derniers instants et au delà...
Il faut dire que les nouveaux croque-morts, qui font un métier utile, mais sans risque de chômage, ne vivent pas toujours de peu, certains même se faisant remarquer par des pratiques douteuses.
Le marché est considérable et la guerre des prix sans pitié.
" Le secteur et ses 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel est même «porteur», comme le rappelle Philippe Martineau, directeur général du Choix Funéraire, le 2e groupe français du marché, qui a organisé mardi une conférence de presse sur les tendances de la saison hiver 2013-2014 en prévision de la Toussaint. «Nous sommes sur un environnement économique atypique», poursuit-il en pesant chaque mot pour ne pas faire le bateleur. Quand il évoque la légère hausse du nombre de décès entre 2011 (534 000) et 2012 (571 000), synonyme d’affaires au beau fixe, il se sent obligé d’ajouter «malheureusement».
Business is business!
Le bénévolat d'autrefois n'existe plus qu'à l'état de traces
La gestion numérique du deuil reste encore l'exception...
Les funérailles d'antan se passaient avec moins de pompe qu'aujourd'hui, avec plus de lenteur et de convivialité.
"Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert, Emportent les trépassés jusqu'au diable vauvert, Les malheureux n'ont mêm' plus le plaisir enfantin, D'voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin... "
Aujourd'hui, c'est de la folie: un petit bout de terre peut vous coûter une petite fortune et un modeste cercueil en chêne peut ruiner vos économies.
Mais une honnête boîte en carton, 100% écolo,vous laissera quelques réserves. Dans le domaine du recyclable, on n'arrête pas le progrès...
Sans tralala, on peut donc mourir sans se ruiner
" 15% des obsèques célébrées en 2012 au Choix Funéraire étaient low-cost. Il y a une dynamique d'appel sur les autres offres, affirme Philippe Martineau, «à l'instar d'un produit tel que la Renault Logan». Et puis, comme partout, certains cassent les prix. Depuis juillet 2012, les services funéraires de Paris proposent eux-même des obsèques à moindre coût. Prix : 789€... cet enterrement via la mairie de Paris s'organise exclusivement en ligne sur le site révolution-obsèque.fr..."
Inutile donc de se croire obligé de faire construire de somptueux monuments, comme certains coqs de village, comme les bourgeois ou les célébrités du Père Lachaise. De toute manière, la reproduction symbolique du rang social ne fait pas gagner une place de choix au paradis, du moins pour ce que l'on en sait...
Il faut revenir à plus de modestie, à une mort discrète, à une post-mort effacée.
Jusqu'au bout on peut faire de bonnes affaires, comme dirait Michel Leclerc, qui fait des promotions avant la Toussaint. On en profite! ☻
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(*) L'abus d' humour noir n'est pas préjudiciable à la santé...
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-Publié dan Agoravox
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Le low cost s'envole
Il connaît un développement foudroyant dans tous les domaines
L'industrie de la mort n'y échappe pas (*)
On peut faire aujourd'hui des économies appréciables jusque dans ses derniers instants et au delà... Il faut dire que les nouveaux croque-morts, qui font un métier utile, mais sans risque de chômage, ne vivent pas toujours de peu, certains même se faisant remarquer par des pratiques douteuses.
Le marché est considérable et la guerre des prix sans pitié.
" Le secteur et ses 10 milliards d'euros de chiffre d'affaire annuel est même «porteur», comme le rappelle Philippe Martineau, directeur général du Choix Funéraire, le 2e groupe français du marché, qui a organisé mardi une conférence de presse sur les tendances de la saison hiver 2013-2014 en prévision de la Toussaint. «Nous sommes sur un environnement économique atypique», poursuit-il en pesant chaque mot pour ne pas faire le bateleur. Quand il évoque la légère hausse du nombre de décès entre 2011 (534 000) et 2012 (571 000), synonyme d’affaires au beau fixe, il se sent obligé d’ajouter «malheureusement».
Business is business! Le bénévolat d'autrefois n'existe plus qu'à l'état de traces
La gestion numérique du deuil reste encore l'exception...
Les funérailles d'antan se passaient avec moins de pompe qu'aujourd'hui, avec plus de lenteur et de convivialité.
"Maintenant, les corbillards à tombeau grand ouvert, Emportent les trépassés jusqu'au diable vauvert, Les malheureux n'ont mêm' plus le plaisir enfantin, D'voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin... "
Aujourd'hui, c'est de la folie: un petit bout de terre peut vous coûter une petite fortune et un modeste cercueil en chêne peut ruiner vos économies.
Mais une honnête boîte en carton, 100% écolo,vous laissera quelques réserves. Dans le domaine du recyclable, on n'arrête pas le progrès...
Sans tralala, on peut donc mourir sans se ruiner
" 15% des obsèques célébrées en 2012 au Choix Funéraire étaient low-cost. Il y a une dynamique d'appel sur les autres offres, affirme Philippe Martineau, «à l'instar d'un produit tel que la Renault Logan». Et puis, comme partout, certains cassent les prix. Depuis juillet 2012, les services funéraires de Paris proposent eux-même des obsèques à moindre coût. Prix : 789€... cet enterrement via la mairie de Paris s'organise exclusivement en ligne sur le site révolution-obsèque.fr..."
Inutile donc de se croire obligé de faire construire de somptueux monuments, comme certains coqs de village, comme les bourgeois ou les célébrités du Père Lachaise. De toute manière, la reproduction symbolique du rang social ne fait pas gagner une place de choix au paradis, du moins pour ce que l'on en sait...Il faut revenir à plus de modestie, à une mort discrète, à une post-mort effacée.
Jusqu'au bout on peut faire de bonnes affaires, comme dirait Michel Leclerc, qui fait des promotions avant la Toussaint. On en profite! ☻
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(*) L'abus d' humour noir n'est pas préjudiciable à la santé...
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-Publié dan Agoravox
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