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samedi 25 mai 2019

Le cas Assange (2)

Lanceur d'alerte en péril
                                     Une presse (aussi) menacée.
                                                                        Julien Assange n'est pas un journaliste, mais ses recherches ont souvent été très proches du journalisme d'investigation et il a souvent collaboré en complémentarité avec certains organes de presse. Leurs chemins se sont souvent croisés.

     Il fait plutôt partie de la cohorte des lanceurs d'alertes de toutes sortes.
  Malgré toutes les réserves qu'on peut émettre à son égard et les critiques qui ont pu être apportées (à tort ou à raison, de bonne ou mauvaise foi -on a fait beaucoup pour le discréditer dans certains milieux-), on peut considérer que son courage et son obstination ne peuvent être minimisés. Sa mise à jour des exactions de troupes américaines en Irak, pas exemple, reste dans les mémoires....
    Le voilà maintenant en danger,  sans doute extradé sous la pression politique des services de Trump, qui s'était juré d'avoir sa peau.
  Les conséquences, pas seulement pour lui, peuvent être lourdes.
     Après l'annonce de ces nouvelles " les associations de défense des libertés ont immédiatement tiré la sonnette d’alarme. « Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, le gouvernement entame une procédure criminelle contre un éditeur pour la publication d’informations véridiques. C’est une attaque directe contre le premier amendement et une escalade inouïe des attaques de l’administration Trump contre le journalisme », s’est inquiétée l’Union américaine pour les libertés civiles (en anglais American Civil Liberties Union, ACLU), une puissante association de défense des droits des citoyens.
        __  "Depuis son arrestation dans l’enceinte de l’ambassade d’Equateur à Londres, le 11 avril dernier, Julian Assange attendait de savoir à quelle sauce il allait être cuisiné, en attendant une extradition inéluctable vers les Etats-Unis, ou la Suède, qui veut l’entendre dans une affaire de viol. Après l’avoir inculpé pour un délit mineur de conspiration informatique, les autorités américaines ont déployé la grosse artillerie hier soir : le fondateur de WikiLeaks a été inculpé de dix-sept (!) chefs d’accusation au titre de l’Espionage Act.(*) Il risque cent soixante-quinze ans de prison. Quoi qu’on pense de l’urticant Australien, cette stratégie de l’administration Trump envoie un signal très inquiétant pour la liberté de la presse. C’est la première fois que ce texte centenaire est utilisé non pas contre la source directe d’une fuite, mais contre un tiers ayant publié des informations classifiées (l’acte d’accusation vise l’année 2010, celle des maxi-publications de WikiLeaks, en collaboration avec de grands médias internationaux)« Le département de la Justice vient de déclarer la guerre au journalisme », a immédiatement réagi le lanceur d’alerte Edward Snowden sur Twitter. Difficile de lui donner tort...."
      (*) En mai 2019, le comité de rédaction de Pittsburgh Post-Gazette a publié un article d’opinion plaidant en faveur d’un amendement permettant une défense d’intérêt public, car "la loi est devenue depuis un outil de répression, utilisée pour punir les dénonciateurs actes répréhensibles et criminalité commis par le gouvernement ". 
      Les réactions sont parfois vives aux USA.   (Notamment) " de la part de la Freedom of the Press Foundation, ONG de défense de la liberté de la presse, qui évoque  « un développement réellement choquant », qui dépasse le simple cadre de WikiLeaks. « Peu importe votre avis personnel sur Assange, ces nouvelles inculpations contre lui sont sans précédent, effrayantes, et un coup porté au cœur du droit fondamental à la liberté de la presse ». Son directeur exécutif, Trevor Timm, évoque même « la menace la plus significative et la plus terrifiante contre le premier amendement au XXIe siècle »....
      [WikiLeaks a mis en ligne 391 832 documents secrets sur la guerre en Irak, portant sur une période du 1erjanvier 2004 au 31 décembre 2009, et révélant, notamment, que la guerre avait fait environ 110 000 morts pour cette période, dont 66 000 civils, et indiquant que les troupes américaines auraient livré plusieurs milliers d'Irakiens à des centres de détention pratiquant la torture]
   Comment va réagir l'indomptable australien, dans les accusations qui lui sont portées?
           Le Daily Beast, un site d’information, a tout résumé en une phrase « Pour la première fois dans l’histoire moderne des États-Unis, le gouvernement a inculpé un éditeur pour avoir révélé des informations classifiées. »
  Jamais, depuis 1917, la loi sur l’espionnage (« Espionage Act »), promulguée aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale pour traquer les communistes, les socialistes et les pacifistes américains, alors considérés comme des traîtres à la nation, n’avait été utilisée pour criminaliser la révélation publique d’informations gouvernementales.
  Leurs sources, des lanceurs d’alerte courageux, en avaient souvent fait les frais, de façon d’ailleurs exponentielle sous les administrations Obama et Trump. Mais si les sources avaient été inquiétées, jamais la publication de ces informations n’avait été comparée à un acte d’espionnage.
   L’« Espionage Act » a toujours été considéré par les défenseurs de la liberté de la presse     américains comme une épée de Damoclès pouvant être un jour dirigée contre les médias. Mais jusqu’ici, aucune administration ne s’était aventurée à l’activer pour punir la révélation d’informations, afin d’éviter toute atteinte au sacro-saint premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté de la presse et la liberté d’expression.
    Le sort désormais réservé à Julian Assange, le fondateur contesté de WikiLeaks, installe un précédent historique. S’il y avait un doute, cette fois c’est très clair : l’administration Trump lui a déclaré la guerre. Et à travers lui, c’est bien toute la presse, américaine mais pas seulement – rappelons qu’Assange n’est pas américain, mais australien –, qui est potentiellement menacée de poursuites, si elle s’enhardit à publier des informations sensibles et secrètes touchant à la sécurité nationale.Jeudi 23 mai, le département de la justice américain a révélé que 17 nouvelles charges judiciaires pèsent sur le fondateur de WikiLeaks, arrêté le mois dernier à     Londres après six ans de confinement dans l’ambassade de l’Équateur.
     Aux termes de son acte d’inculpation révélé dans la foulée de son arrestation après plus d’un an d’instruction secrète, Assange était jusqu’ici visé par un seul chef d’inculpation, passible de cinq ans de prison, pour avoir encouragé l’ancienne militaire américaine Chelsea Manning, alors en poste en Irak, à « craquer le mot de passe d’un ordinateur du gouvernement américain classé secret défense ».    L’opération avait donné lieu à une révélation massive sur la plateforme WikiLeaks, en 2010, de câbles diplomatiques et de documents dévastateurs prouvant les exactions de l’armée américaine en Irak en en Afghanistan.
    Les charges rendues publiques par le département de la justice américaine ce jeudi sont très lourdes (lire ici l’acte d’inculpation)Au titre de la loi sur l’espionnage, Assange, que le Département de la justice refuse de considérer comme un journaliste, est accusé d’avoir sollicité, reçu, obtenu et publié des éléments relevant de la « défense nationale ». Il lui est reproché :d’avoir « encouragé de façon répétée des sources ayant accès à des informations classifiées à les voler et à les fournir à Wikileaks dans un but de révélation » d’avoir « encouragé Chelsea Manning à poursuivre son opération de vol de documents classifiés » ;d’avoir « eu pour objectif de subvertir les restrictions légales concernant les informations classifiées, et de les disséminer publiquement » d’avoir « révélé les noms de sources humaines » [du renseignement américain] ;d’avoir « créé un risque grave et imminent pour leur vie », en sachant que « la dissémination de [leurs] noms mettait ces individus en danger ».Julian Assange risque dix ans de prison pour chacune de ces charges : au total, 170 ans de détention…
   « C'est de la folie, a commenté WikiLeaks, la plateforme d’Assange. C’est la fin du journalisme touchant à la sécurité nationale, et la fin du premier amendement. »     « Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, le gouvernement a activé des charges criminelles au nom de l’“Espionage Act” contre un éditeur, à cause de la publication d’une information véridique »estime l’ACLU, la plus grande association américaine de défense des droits de l’homme  .« C’est une agression directe contre le premier amendement. Ces inculpations sont une escalade extraordinaire dans les attaques de l’administration Trump contre le    journalisme », poursuit l’association, en écho aux attaques quotidiennes du président américain contre les médias, qu’il qualifie d’« ennemis du peuple ».
   « Elles établissent un précédent dangereux qui peut être utilisé pour cibler tous les médias qui demandent des comptes aux gouvernements et publient leurs secrets. Les charges portées contre Assange sont également dangereuses pour les journalistes qui révèlent les secrets d’autres nations. Si les États-Unis peuvent poursuivre un éditeur étranger pour violation de nos lois sur le secret, rien n’empêche la Chine ou la Russie de faire la même chose. »   « Ces charges sans précédent contre Julian Assange et Wikileaks sont la menace la plus significative, et la plus terrifiante, contre le premier amendement depuis le début du XXIe siècle »s’alarme la Freedom of Press Foundation....
 « Cette administration décrit la presse comme le parti d’opposition, un ennemi du peuple. Aujourd’hui, ils utilisent la loi comme un sabre et entendent lâcher tout le pouvoir de l’État contre l’institution précisément destinée à nous protéger de tels excès », a réagi dans un communiqué Chelsea Manning, jugée et condamnée par un tribunal militaire, graciée et libérée par Obama, désormais emprisonnée car elle refuse de témoigner à nouveau devant un grand jury.
   Présentateur star de la chaîne libérale MSNBC, Chris Hayes s’inquiète, lui, d’une « attaque frontale et extrêmement dangereuse contre la presse libre ».
   Il y a un mois, lorsqu’un seul chef d’inculpation, mineur au regard des charges d’espionnage, pesait sur Assange, des défenseurs américains de la liberté d’informer s’étaient déjà inquiétés. « Quoi que l’on pense d’Assange, que l’on veuille l’appeler journaliste ou pas, l’acte d’inculpation soulève des inquiétudes plus larges pour la presse en général, car la rédaction est très générale et inclut des pratiques journalistiques quotidiennes »nous disait Caroline DeCell, juriste au Knight First Amendment Center de l’université new-yorkaise Columbia.
   Source du New York Times et du Washington Post dans l’affaire emblématique des Pentagon Papers sous l’administration Nixon, Daniel Ellsberg prévoyait comme un fait certain« une longue série » de charges. « C’est la liberté de la presse qui est en jeu, disait-il. Je pense que tout le monde devrait se rallier autour de son cas. Quoi qu’on pense de sa personne. »
    Ellsberg sait de quoi il parle. En 1973, le lanceur d’alerte, un ancien employé du think tank Rand Corporation, fut poursuivi par l’administration Nixon au nom de l’« Espionage Act », pour avoir révélé à la presse américaine les fameux Pentagon Papers, des documents confidentiels révélant le fiasco de l’intervention militaire américaine au Vietnam. Il risquait alors 115 ans de prison. Les charges à son encontre furent par la suite levées, notamment parce que l’administration Nixon avait jugé pertinent d’ordonner le cambriolage du cabinet de son psychiatreDepuis un siècle, rappelle le journaliste Jeremy Scahill, cofondateur du site d’investigation The Intercept, l’« Espionage Act » a été utilisé comme une « arme pour attaquer la liberté d’expression et les dissidents » : contre l’anarchiste Emma Goldman et le leader socialiste pacifiste Eugene Debs pendant la Première Guerre mondiale, ou encore pour punir les époux Rosenberg, condamnés (et exécutés en 1963) pour espionnage au profit de l’URSS.   Plus récemment, il a été utilisé pour traquer les lanceurs d’alerte et les sources des journalistes, rappelle Scahill.
   « Le département de la justice sous Obama a inculpé huit sources au nom de l’“Espionage Act”, explique Scahill dans la dernière livraison de son podcast, “Intercepted”Plus que tous les présidents avant lui. Parmi ces cas, Chelsea Manning, l’ancien officier de la CIA Jeffrey Sterling [accusé d’avoir divulgué au journaliste James Risen, alors au New York Times, des opérations secrètes contre le programme nucléaire iranien – ndlr], les lanceurs d’alerte de la NSA Thomas Drake et Edward Snowden. Dans certains de ces cas, ces personnes ont été condamnées à de longues peines de prisons. Dans d’autres, le gouvernement a ruiné leur vie. »
   « Trump a pris le pouvoir et a commencé à utiliser les méthodes de son prédécesseur. Il l’a surpassé en seulement deux ans. » La première cible de l’administration fut Reality Winner, une linguiste militaire travaillant pour la NSA, accusée d’avoir transmis à The Intercept des informations sur l’ingérence russe pendant la présidentielle de 2016.
  Il y eut aussi Terry Allbury, un salarié du FBI, à l’origine de révélations sur l’étendue des méthodes de surveillance du FBI.
  Et encore, au début de ce mois, l’arrestation du lanceur d’alerte Daniel Everett Hale, un salarié du département de la justice ayant transmis des documents sur les campagnes d’assassinats ciblés par drones sous la présidence Obama.  En ciblant un responsable de publication, selon des termes qui pourraient très bien, en tout cas en partie, s’appliquer à d’autres journalistes, l’inculpation d’Assange pour espionnage marque une gradation supplémentaire.
   Le New York Times s’inquiète déjà d’une « escalade dramatique de cette administration pour punir les fuites d’informations classifiées », escalade qui constitue une « attaque directe contre les protections du premier amendement pour les journalistes ».
    Il y a un mois, dans un éditorial rugueux, le Washington Post, qui a comme de multiples médias utilisé les informations publiées par WikiLeaks, avait tenu à se démarquer d’Assange, accusé d’avoir « obtenu des documents de façon non éthique »« publié des informations dans le domaine public sans vérifier leur caractère factuel ou donné aux individus une occasion de commenter », et d’avoir « trempé dans un complot d’un régime autoritaire étranger visant à nuire à un candidat à la présidence américaine, au bénéfice de son concurrent », allusion à son rôle trouble dans la présidentielle de 2016.
   Mais dès jeudi soir, le quotidien de la capitale américaine s’est inquiété des « conséquences potentielles » de ces nouvelles inculpations, « pas juste pour [Assange], mais aussi pour tous ceux qui publient des informations classifiées ».    « Elles pourraient modifier la balance, sensible aux États-Unis, entre la liberté de la presse et les secrets du gouvernement. » Les États-Unis doivent notifier d’ici au 11 juin aux autorités britanniques leurs motifs d’extradition. Assange a été condamné à 50 semaines de prison le 1er mai pour ne pas avoir respecté les conditions de sa liberté provisoire. La Suède a par ailleurs rouvert une enquête pour viol le concernant, suspendue depuis 2017. Autant de délais qui pourraient retarder sa confrontation avec la justice américaine...."
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lundi 20 juin 2022

Assange: fin de partie?

     Vers un dénouement tragique...

                     Alors que Bush n'a toujours pas été jugé comme criminel de guerre. on s'acharne depuis des années. sur Julien Assange. La libre expression journalistique a pris un coup de plus, les lanceurs d'alerte seront un peu plus menacés. Une extradition qui peut être dramatique pour cet homme affaibli. Le fondateur de Wikileaks risque une fin tragique.                                                                                       L'acharnement se poursuit. Et l'affaire entre dans une nouvelle phase. Julien est une victime, en grand danger, mais aussi un révélateur.  Un acharnement politique et une affaire d'Etat.   Malgré la victoire obtenue par la défense, au vu de l'état de santé de l'inculpé. Si c'est un soulagement, il ne peut être que provisoire, au vu de l'entêtement américain à condamner une personne extrêmement diminuée, du fait de son long isolement forcé et de sa détention prolongée.    Une situation pire que celle d'un condamné de droit commun. La pression de la justice très politique de Washington sur Londres va sans doute continuer, même en l'absence de Trump, malgré les soutiens déjà anciens dans la presse internationale.     Assange a été lâché par ceux qui ont profité des information diffusées comme lanceur d'alerte dans les fameux et complexes dossiers wikileaks, qui ont à l'origine fait l'objet d'un long débat.  On constate aujourd'hui un acharnement que plus rien ne justifie, surtout après les multiples soutiens et les déclarations de l'Union européenne. Malgré l'ire de la CIA, malgré les assauts des ultra-conservateurs de la Maison Blanche et du Pentagone. Les menaces de condamnation côtoient la démesure absurde: presque deux cents ans de réclusion...pour un quasi mort vivant. Le Mexique sera-t-il son dernier refuge?

             La volonté de transparence, même si elle ne peut être illimitée, est une exigence qui s'impose à tout journalisme d'investigation, c'est le coeur de son métier. La notion de secret d'Etat est souvent un paravent commode, un rempart pour éviter toute investigation citoyenne ou parlementaire, pour masquer des pratiques discutables méritant des informations, même extorquées (affaire Karachi...)   Les prises de position de Védrine, trop défensives, trop machiavéliennes, ne satisfont qu'à moitié, car on pourrait lui opposer de nombreux contre-arguments. La notion équivoque de "secret" demande à être interrogée. Combien de "sales secrets"-connus maintenant ou pas encore- dans la diplomatie américaine depuis la guerre du Vietnam à celle de l'Irak, dans les relations entre la France et certains pays africainsN.Klein nous en donne une petite idée. La vérité doit souvent être mises au jour, pour des avancées démocratiques nécessaires, même si elle peut être insoutenable. Quoi qu'il en coûte.

vendredi 17 décembre 2021

Assange: nouvelle étape

 Un procès qui n'en finit pas 

                           L'acharnement se poursuit. Et l'affaire entre dans une nouvelle phase. Julien est une victime, en grand danger, mais aussi un révélateur.  Un acharnement politique et une affaire d'Etat.   Malgré la victoire obtenue par la défense, au vu de l'état de santé de l'inculpé. Si c'est un soulagement, il ne peut être que provisoire, au vu de l'entêtement américain à condamner une personne extrêmement diminuée, du fait de son long isolement forcé et de sa détention prolongée.    Une situation pire que celle d'un condamné de droit commun. La pression de la justice très politique de Washington sur Londres va sans doute continuer, même en l'absence de Trump, malgré les soutiens déjà anciens dans la presse internationale.     Assange a été lâché par ceux qui ont profité des information diffusées comme lanceur d'alerte dans les fameux et complexes dossiers wikileaks, qui ont à l'origine fait l'objet d'un long débat.  On constate aujourd'hui un acharnement que plus rien ne justifie, surtout après les multiples soutiens et les déclarations de l'Union européenne. Malgré l'ire de la CIA, malgré les assauts des ultra-conservateurs de la Maison Blanche et du Pentagone. Les menaces de condamnation côtoient la démesure absurde: presque deux cents ans de réclusion...pour un quasi mort vivant. Le Mexique sera-t-il son dernier refuge?

             La volonté de transparence, même si elle ne peut être illimitée, est une exigence qui s'impose à tout journalisme d'investigation, c'est le coeur de son métier. La notion de secret d'Etat est souvent un paravent commode, un rempart pour éviter toute investigation citoyenne ou parlementaire, pour masquer des pratiques discutables méritant des informations, même extorquées (affaire Karachi...)   Les prises de position de Védrine, trop défensives, trop machiavéliennes, ne satisfont qu'à moitié, car on pourrait lui opposer de nombreux contre-arguments. La notion équivoque de "secret" demande à être interrogée. Combien de "sales secrets"-connus maintenant ou pas encore- dans la diplomatie américaine depuis la guerre du Vietnam à celle de l'Irak, dans les relations entre la France et certains pays africainsN.Klein nous en donne une petite idée. La vérité doit souvent être mises au jour, pour des avancées démocratiques nécessaires, même si elle peut être insoutenable. Quoi qu'il en coûte.

mardi 5 janvier 2021

Justice sous influence

Un procès qui n'en finit pas.

                                           Un acharnement politique.   Malgré la victoire obtenue par la défense, au vu de l'état de santé de l'inculpé. Si c'est un soulagement, il ne peut être que provisoire, au vu de l'entêtement américain à condamner une personne extrêmement diminuée, du fait de son long isolement forcé et de sa détention prolongée.    Une situation pire que celle d'un condamné de droit commun. La pression de la justice très politique de Washington sur Londres va sans doute continuer, même en l'absence de Trump, malgré les soutiens déjà anciens dans la presse internationale.     Assange a été lâché par ceux qui ont profité des information diffusées comme lanceur d'alerte dans les fameux et complexes dossiers wikileaks, qui ont à l'origine fait l'objet d'un long débat.  On constate aujourd'hui un acharnement que plus rien ne justifie, surtout après les multiples soutiens et les déclarations de l'Union européenne. Malgré l'ire de la CIA, malgré les assauts des ultra-conservateurs de la Maison Blanche et du Pentagone. Les menaces de condamnation côtoient la démesure absurde: presque deux cents ans de réclusion...pour un quasi mort vivant. Le Mexique sera-t-il son dernier refuge?

             La volonté de transparence, même si elle ne peut être illimitée, est une exigence qui s'impose à tout journalisme d'investigation, c'est le coeur de son métier. La notion de secret d'Etat est souvent un paravent commode, un rempart pour éviter toute investigation citoyenne ou parlementaire, pour masquer des pratiques discutables méritant des informations, même extorquées (affaire Karachi...)   Les prises de position de Védrine, trop défensives, trop machiavéliennes, ne satisfont qu'à moitié, car on pourrait lui opposer de nombreux contre-arguments. La notion équivoque de "secret" demande à être interrogée. Combien de "sales secrets"-connus maintenant ou pas encore- dans la diplomatie américaine depuis la guerre du Vietnam à celle de l'Irak, dans les relations entre la France et certains pays africainsN.Klein nous en donne une petite idée. La vérité doit souvent être mises au jour, pour des avancées démocratiques nécessaires, même si elle peut être insoutenable. Quoi qu'il en coûte.

mercredi 21 février 2024

Assange: vers le pire?

Le destin tragique d'un lanceur d'alerte. 

                Un acharnement mortifère. Julien Assange reste la victime d'un Etat qui veut sa peau. Juste pour avoir été un lanceur d'alerte.  Le premier qui dit la vérité...♪♫♪   Il ne fait pas bon  traquer la vérité qui dérange, notamment Outre- Atlantique. Julien l'apprend à ses dépens, mais il n'est pas le premier. Après une traque ahurissante, est-ce le dernier recours pour lui? Plus d'une centaine d'années de prison (!), voila ce qu'il risque, alors que sa santé est déjà très précaire. On le dit même complètement épuisé, au bord de la rupture psychologique et physique. Serait-ce une fin de partie?  L'acharnement et le calvaire continue.


    Il y a toujours un risque pour soi-même d'être trop curieux, comme journaliste d'investigation, par exemple; En France ou ailleurs, dans certaines affaires d'Etat que l'on voudrait garder secrètes, au nom de certains intérêts, qui regardent pourtant tout le monde. C'est la liberté de la presse qui est en question.     _____  "La démocratie meut dans l'obscurité. Ce slogan aux accents d’appel à la vigilance adopté par le Washington Post en 2017 lors de la présidence de Donald Trump devrait résonner fortement aux oreilles de Joe Biden ces jours-ci. A fortiori depuis le décès, en Russie, d’Alexeï Navalny, le célèbre opposant politique à Vladimir Poutine dans une colonie pénitentiaire reculée de l’Arctique, où il purgeait une peine de 19 ans de prison.cAlors que l’ultime recours en droit britannique de Julian Assange doit être examiné, mardi 20 et mercredi 21 février, pour empêcher son extradition aux États-Unis, où il encourt une peine allant jusqu’à 175 ans de prison, il faut rappeler inlassablement que le supplice du fondateur de WikiLeaks, enfermé depuis douze années, est aussi celui d’un double principe, le droit d’informer et le droit d’être informé·e.   Ce supplice tient à la durée de la procédure judiciaire, à la lourdeur des charges retenues contre lui et à la dureté des conditions d’enfermement auxquelles il est soumis. Le piège se referme sur Julian Assange quatre ans après la création en 2006 de WikiLeaks, organisation non gouvernementale à but non lucratif dont la mission était de rendre publics, de manière anonyme et sécurisée pour leurs sources, des documents d’intérêt général n’ayant initialement pas vocation à être révélés.  La publication en 2010 d’une vidéo et de près de 400 000 rapports militaires documentant les exactions américaines en Irak et en Afghanistan fait l’effet d’un coup de tonnerre. S’y ajoute la diffusion de 251 000 dépêches diplomatiques envoyées au siège du Département d’État racontant cinquante ans de relations diplomatiques des États-Unis entretenues à travers le monde.  De quoi susciter la fureur de la Maison-Blanche : non seulement ces fuites massives révèlent les défaillances technologiques de la première puissance mondiale, incapable de protéger ses données sensibles, mais elle met aussi la lumière sur ses mensonges, ses petits arrangements et ses violations du droit international. Furieuses d’être ainsi mises à nu, les autorités américaines lancent aussitôt une enquête pour « espionnage » contre WikiLeaks et recherchent activement son fondateur, désigné comme ennemi public numéro un.... _________________

lundi 6 décembre 2010

Vraie source ou caniveau ?

Le symptôme WikiLeaks

"Comment repenser la place du curseur entre secret et transparence en politique dans une société fidèle à l’idéal démocratique ?" (Amélie)

____Difficile encore de prendre une distance suffisante sur cette affaire politico-médiatique, qui n'en n'est sans doute qu'à ses débuts, et qui pose des problèmes de fond sur le fonctionnement des institutions d' Etat et la transparence de leurs pratiques.
Au milieu
de cette bulle qui enfle, ces bruits de fond intenses et parfois contradictoires, ces rumeurs, ces postures idéologiques, morales ou simplement défensives, on saisit encore mal pour l'instant la nature exacte du phénomène Wikileaks, les tenants et les aboutissants de cette aventure à prétention citoyenne et morale, les véritables intentions de son leader idéalisé ou villipendé, derrière les quelques déclarations faites, ses projets dans la durée, sa stratégie équivoque, ses méthodes parfois discutables...
En tous cas, ce remue-ménage aura au moins déjà permis de poser crûment plusieurs problèmes interdépendants:
_La nature et les limites du journalisme dans sa recherche des sources. Jusqu'où peut et doit aller le droit légitime à l'information, surtout dans les dossiers les plus sensibles, surtout politiquement, dans le domaine des relations internationales, théoriquement les moins accessib
les pour des raisons diverses, justifiées ou non?
_Y a-t-il lieu d'admettre
qu'à l'intérieur d'un Etat ou dans les relations d'un Etat à un autre, il puisse exister des zônes d'ombres nécessaires, pour préserver des intérêts supérieurs, au nom de son bon fonctionnement (démocratique!)et du bien commun?
Autrement dit, faut-il préserver un certain "secret", au nom de la
raison d'Etat, notion qui semble se légitimer elle-même?
La transparence absolue, l'information à tout prix que revendique Assange, doit-elle et peut-elle être un objectif légiti
me et même seulement pensable?
Le secret d'Etat doit-il être préservé à tout prix? Doit-il y avoir des archives incommunicables?

__On comprend qu'une certaine part de secret, d'information non livrée soit nécessaire, comme le pense J. Lacouture. Par exemple, on conçoit mal qu' un chef de gouvernement évoque publiquement ou livre à la presse des informations pouvant mettre en péril l'ordre public. Par exemple, au sujet de négociations délicates sur des sujets sensibles, sur un rapprochement diplomatique décisif, que la révélation ferait capoter en réveillant certaines passions (par ex.concernant les Accords d'Evian ou celles qui peuvent faire avancer la cause palestinienne).
Mais cette notion de secret d'Etat est souvent un paravent commode, un rempart pour éviter toute investigation citoyenne ou parlementaire, pour masquer des pratiques discutables méritant des informations, même extorquées (affaire Karachi...)
Les prises de position de Védrine, trop défensives, trop machiavéliennes,ne satisfont qu'à moitié, car on
pourrait lui opposer de nombreux contre-arguments. La notion équivoque de "secret" demande à être interrogée. Combien de "sales secrets"-connus maintenant ou pas encore- dans la diplomatie américaine depuis la guerre du Vietnam à celle de l'Irak, dans les relations entre la France et certains pays africains?
N.Klein no
us en donne une petite idée. La vérité doit souvent être mises au jour, pour des avancées démocratiques nécessaires, même si elle peut être insoutenable.
___________"Une grande partie du débat à propos des fuites de WikiLeaks s'est centré autour de la question de la transparence. Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, estime que l'opacité des gouvernements est un obstacle à la démocratie et à des politiques plus morales, assumées par tous les citoyens. Ses détracteurs (les diplomates, les gouvernants et tous les défenseurs de la raison d'État) dénoncent ce culte de la «maison de verre» susceptible de mener à la dictature. «La transparence illimitée, c'est la Chine de Mao», estime Hubert Védrine (lire et voir ici), ancien ministre des affaires étrangères. D'autres critiques se placent également sur un plan purement pratique : si les diplomates n'ont pas la garantie d'un minimum de secret, ils ne peuvent plus opérer.
Cette question de la transparence est un leurre. Les journalistes ont pour fonction de rechercher de l'information. Mais ils savent aussi qu'il faut parfois dissimuler pour protéger (une source, un détail, un événement). La véritable question est celle de la responsabilité des médias, à la fois à l'égard de leurs sources, mais surtout à l'égard du public qu'ils ont pour vocation d'informer. Trop de journalistes ont pris l'habitude de garder pour eux les confidences et les petits secrets qu'ils reçoivent et qui permettraient une meilleure compréhension de l'actualité. Leur déférence à l'égard des puissants devient bien plus grande que celle due à leurs concitoyens.__Quant aux gouvernants qui plaident pour le secret, ils sont souvent les premiers à faire « fuiter » des informations et des documents vers les journalistes. Les meilleurs le font dans un souci «démocratique» de communication indirecte ; les plus mauvais, dans un souci de manipulation, en ne révélant que ce qui sert leurs intérêts. Dans les deux cas, ce qui gêne ces sources, c'est que l'on puisse les identifier. Il y a donc une forme d'hypocrisie à défendre le secret au nom de la «raison d'État», quand il n
e s'agît en fait que de garantir son propre double jeu..." (Mediapart)
_____________Les relations entre la presse et le pouvoir gagneront peut-être au débat, s'il est mené à son terme, au-delà de l'agitation médiatique.
La notion de secret d'Etat n'est pas battue en brêche, quoi qu'on dise, elle est juste contestée, même si Assange frôle parfois le fantasme, celui d'une transparence totale, potentiellement dangereuse, le risque de l'"oeil absolu"
Un débat qui ne fait que commencer...
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mercredi 29 janvier 2020

Acharnement

Julien Assange en grand danger.
                                   L'investigateur solitaire  et acharné connaît actuellement une période critique, dangereuse pour sa vie même. Poursuivi, harcelé par une justice aux ordres, après une aventure personnelle hors du commun, le voilà soumis à l'arbitraire de poursuites d'Etat, qui ne lui pardonne pas ses révélations sur les abus et les crimes commis, notamment sur certaines
pratiques de l'armée américaine destinées à rester secrètes. notamment en Irak à une certaine époque. Trop curieux, il a mis à jour les fameux dossiers dont on a tant parlé. La CIA, mais pas seulement, n'a pas apprécié du tout.
  C'est une intimidation de plus qui pèse sur une activité d'investigation marginale mais nécessaire aux yeux de Assange et de ceux qui le soutenaient individuellement ou institutionnellement., sans céder aux pressions poussant à ne pas révéler l'intolérable. Un peu comme dans l'affaire Deyfus, toute proportion gardée et à une autre échelle.
  Trump s'était juré d'avoir sa peau. Une vraie déclaration de guerre contre sa personne, malgré les soutiens dont il dispose encore. L'alerte est donnée, mais qui s'en soucie encore?
      Faudra-t-il mourir pour avoir rendu justice? La lutte est difficile et aléatoire pour faire valoir un minimum de droits dans une détention qui risque de s'éterniser et mener au pire, dans l'indifférence générale, après tant de harcèlements, au milieu de tant d'acharnements.
Julien n'est pas un saint, mais il a fait, avec ses appuis individuels et journalistiques, ce qu'il a estimé devoir faire. Il est des silences coupables.
   La revendication du secret d'Etat (comme celui des affaires) ne peut être défendue inconditionnellement; elle cache parfois de sombres pratiques dans certaines circonstances.
      Les lanceurs d'alerte ont une activité qu'il faut revendiquer comme nécessaire dans des circonstances où les droits de l'homme sont menacés, quand l'abus se présente comme activité normale ou vertueuse. Une reconnaissance bien tardive.
   On attend un sursaut collectif pour continuer ou reprendre le combat pour une personne qui représente plus que lui-même, une certaine exigence de transparence, un courage de parler et d'informer quoi qu'il en coûte. Malgré ses erreurs. Malgré tout
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