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lundi 16 décembre 2024

IA toujours en question

A la croisée des chemins

         Optimisme, doute et interrogations

L'IA ne fait pas disparaître l'incertitude, au coeur des plus importantes décisions

          On attend beaucoup de l'intelligence artificielle et de ses avatars, dans des domaines les plus variés, de l'industrie à la médecine, jusqu'à la gestion des personnels. Avec raison. Sauf que l'on attend souvent trop, par méconnaissance ou par illusion. Dans le domaine des valeurs humaines, notamment, L'IA montre ses limites, comme c'est normal. L'anthropomorphisme doit être exclus en ce domaine, comme la surestimation des pouvoir de la technique, même dite "intelligente". L'homo sapiens ne se ramène pas à l'homo numericus. L'"hybridation technologique" ne peut(et ne doit) être que partielle et l'IA est dépendante des biais cognitifs et sociaux. Les défis que posent ces nouveaux outils méritent d'être soulignés.



           

L'envers du décor

                On ne finit pas de vanter, voir d'exalter les vertus de l'intelligence artificielle. Jusqu'à un certain point...Nul ne contestera les bienfaits de cette technologie, aux applications multiples dans des domaines les plus variés, parfois insoupçonnables. L'imagerie médicale, par exemple, profite de ses bienfaits à une vitesse stupéfiante, comme l'assistance chirurgicale spectaculaire qu'elle fournit. Pour ne parler que de la médecine... Mais l'évolution qu'elle prend et l'horizon qu'elle prépare, sur la base d'applications déjà en cours, ne manque pas d'interroger des spécialistes eux-mêmes sur ce que l'on peut légitimement redouter dans certains domaines. Sans parler de l'IA générative.  Le rapport de Cedric Villani insiste aussi sur ce point.   L'ambigüité est totale.


                                                                                                                                       "...Alléguant la sauvegarde de la souveraineté politique ou économique, la plupart des responsables politiques estiment qu’il est crucial de favoriser le développement d’une « industrie nationale » de l’Intelligence Artificielle. C’est qu’ils redoutent la mainmise des géants technologiques étrangers sur les données, et donc sur les personnes....Une vingtaine d’experts y décrivent les nouveaux dangers auxquels nous expose la technologie dans les cinq prochaines années.

Essaims de drones tueurs à reconnaissance faciale, rançongiciel profilant leurs cibles de manière automatique et sur une grande échelle, détournement de vidéos ou création de deepfakes (vidéo-montages hyperréalistes) aux fins de manipulation et de propagande, etc. Les scénarios ne manquent pas, limités par notre seul pouvoir d’imagination.

Disponibles un peu partout en libre accès, les algorithmes d’Intelligence Artificielle (IA) changent radicalement la donne en matière de sécurité. Là où une organisation malveillante devait investir du temps et de l’expertise pour préparer et mener à bien un petit nombre d’actions criminelles, il suffit désormais de quelques algorithmes courants et de la puissance de calcul de quelques serveurs pour agir avec efficacité et précision sur une vaste échelle....Si le champ des dérives criminelles s’annonce très vaste, que dire de celui des pratiques nuisibles, mais pas nécessairement illégales, qui deviendront possibles pour les individus, les associations ou les entreprises ? Dans un monde où la responsabilité juridique, ou même simplement morale, se dilue à proportion de la distance qu’intercalent Internet et algorithmes entre un acte et son auteur, ne faut-il pas craindre une déliquescence totale de la confiance en l’autre ?                Alléguant la sauvegarde de la souveraineté politique ou économique, la plupart des responsables politiques estiment qu’il est crucial de favoriser le développement d’une « industrie nationale » de l’Intelligence Artificielle. C’est qu’ils redoutent la mainmise des géants technologiques étrangers sur les données, et donc sur les personnes.               Ils craignent, en outre, l’effet des destructions d’emplois liées à la robotisation, et brandissent désormais comme une vérité indiscutable l’argument-choc selon lequel « les économies les plus équipées en intelligence artificielle et en robotique sont celles qui connaissent le moins de chômage ».

Mais le rêve de donner naissance à des champions européens de l’IA n’est pas sans contradiction dans une économie ouverte et globalisée, où lesdits champions peuvent, à tout moment, passer sous contrôle étranger.

Les entreprises technologiques promouvant l’IA, largement transnationales, l’ont bien compris puisqu’elles omettent soigneusement toute référence à une bien illusoire défense de souveraineté. Il n’est guère besoin d’invoquer celle-ci, au demeurant, pour que la compétition économique et la promesse de miracles techniques suffisent à alimenter une fuite en avant totalement débridée...."


  Il en faudrait pas oublier que la science est rongée par les mythes. Une technologie n'est jamais neutre. L'exemple du transhumanisme de doux dingos de la Silicon Valley est toujours évoqué. Il faut le rappeler.                                



__Gros remous  dans le secteur de l'IA 

          Ou tempête dans un verre d'eau? En en attendant d'autres, toujours hautement commerciales.

         La recherche dans le domaine très prometteur de l'IA et de ChapGPT, qui part en flèche, est mise met en  émoi le petit monde de la Silicon Valley    . La liste des limites, des biais et des dangers de l'IA, dans certains domaines d'application,  commence à être mieux connue. Les risques sont mieux cernés, même en haut-lieu. C'est déjà ça. La crise en cours pose même des problèmes inédits. Les usages malveillants de ce nouvel outil en plein développement, dans les domaines les plus variés, commencent à être clairement dénoncés.    Un régulation à le hauteur des enjeux est expressément  demandée. Mais il ne suffit pas de le dire. Il faut légiférer, avant qu'il ne soit trop tard. C'est dire que le problème ne peut pas être que technique, mais est clairement politique, comme le fait savoir Bruxelles, par la voix de Thierry Lebreton.  Affaire à suivre. La guerre est déclarée, le business étant au coeur de la logique du système et de la concurrence féroce. 


                                                                                                                           "... Le succès foudroyant de Chat GTP  et la montée en puissance en accéléré d’autres technologies ont convaincu un grand nombre de groupes high tech que cette période est révolue. Tous souhaitent avancer au plus vite dans la phase industrielle, dans le développement de masse, sur tous les terrains, de ces technologies. Sans se préoccuper des dégâts ni des effets pervers qu’elles peuvent causer dans les sociétés. Mais la mainmise de facto de Microsoft sur une des sociétés les plus avancées de ce secteur ne pas va être sans conséquence. Les géants du numérique n’ont guère envie de laisser le champ libre à leur concurrent au risque de lui assurer une domination comparable à celle qu’il avait aux premiers temps de l’informatique avec le système d’exploitation Dos. Et ils ont toutes les ressources financières pour s’y opposer. Déjà Google ambitionne – comme OpenAI d’ailleurs – de concevoir une puissance de calcul, trouver les technologies qui pourront concevoir, fabriquer, exécuter, contrôler sans intervention humaine. Plus que jamais, les milliards vont commander. [Martine Orange]                                                                                             ______  Les propos de Asma Mhalla méritent d'être entendus sur ce sujet.                                                                                                                                                                      Protéger les créateurs

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mardi 11 février 2025

IA et ChatGPT

On en (re)parle

                  Les choses s'accélèrent. Les débats en cours créent l'effervescence, alimentent aussi les fantasmes et les spéculations. L'enthousiasme est palpable dans les milieux industriels, qui misent sur des perspectives prometteuses, hautement lucratives. Dans d'autres secteurs, l'enthousiasme béat n'est pas de mise. Il est prudent  de ne pas être simpliste et de ne pas sombrer dans le manichéisme. Des mises en garde sont toujours nécessaires, étant donné l'importance des enjeux, seulement entrevus. Notamment dans le domaine scolaire. Un outil multiplicateur ambivalent. Des problèmes humains peuvent en dépendre négativement. De potentielles dérives nous attendent. D'où l'importance de l'engagement éthique. Certaines activités, comme le journalisme et dans le domaine de l'art, on s'interroge légitimement. Des batailles se préparent. Cedric Villani plaide pour un débat de fond. Comment encadrer démocratiquement les aventures en cours et à venir? Pour une régulation.  _______  [Pas drôle] ____


            Les limites doivent être soulignées, dans ce domaine en gestation, dont on entrevoit les biais et les dérives possibles. Il y a des soucis à se faire. On oublie parfois que Chatgpt  n'est qu'un outil sans conscience:                                                                                                                                                 "...En 2023, le prix Nobel Geoffrey Hinton a démissionné de son poste chez Google pour pouvoir relayer plus librement ses craintes au sujet de l’IA, dont il a contribué à créer la forme moderne. Au New York Times, il a dit son inquiétude devant l’avalanche d’infox et d’images truquées dont il anticipe le déferlement.            Dans une autre interview lors de sa remise de prix, il a dessiné un monde où la destruction d’emplois serait inévitable, face aux machines capables de traduire, de créer et de parler comme des humains. Surtout, il a exprimé son angoisse devant « ces choses » qui pourraient « devenir incontrôlables et prendre le contrôle » de la civilisation, nous enjoignant de « trouver s’il existe une manière de faire face à cette menace »....« Pour obtenir une machine consciente, il faut qu’elle puisse exprimer des émotions, des désirs. On en est loin. La technologie et les sciences actuelles ne le permettent absolument pas », balaye Jean-Gabriel Ganascia, qui aime comparer les grands modèles de langage à « des robots bavards ». Des machines statistiques joliment déguisées.                                                                    « Quant à la question de dépasser l’intelligence humains, cela demanderait que la machine accumule des facultés mentales, qu’on ne sait que simuler, et dont on n’a aucune idée de la manière dont elles pourraient s’accumuler. Cette idée est non fondée », assure-t-il.  « Nous projetons sur cette machine des capacités et des connaissances dont elle ne dispose pas, estime elle aussi Laurence Devillers. Elle ne fait qu’aligner des suites de mots en suivant notre prompt et nos intentions, sans intention et sans opinion propre. »                                                                                                                      C’est le « père » de l’IA moderne qui en dit le plus de mal. À propos de l’intelligence artificielle générative, Yann Le Cun avait dès 2023 une formule expéditive et cruelle, mais éclairante : « Personne ne peut garantir que ce qui sort de la machine est factuel, non toxique, compréhensible. »   Le chercheur et vice-président de Meta estime que le modèle technologique des LLM est une impasse et enjoint à ses pairs de chercher d’autres voies. Lui-même travaille depuis deux ans sur un autre modèle, dont il entrevoit l’aboutissement dans seulement de très longues années.vvvvCar tout le monde le sait, bien que presque personne ne le formule clairement : l’IA générative, qui aligne les mots statistiquement les plus probables, commet des erreurs, parfois beaucoup d’erreurs. Demander début février 2025 aux robots disponibles qui est le premier ministre français expose par exemple à se faire répondre qu’il s’agit d’Élisabeth Borne (ChatGPT et DeepSeek) ou Gabriel Attal (Claude). Ce sont les fameuses « hallucinations », un terme promu par les géants de la tech pour humaniser leurs créations et rendre acceptables leurs déraillements.                     Selon l’entreprise de sécurité NewsGuard, qui soumet ces outils à des tests rigoureux, le taux d’échec moyen des dix principaux chatbots était de 62 % (d’erreurs ou de non-réponses) en décembre. Celui de DeepSeek un mois plus tard était de 83 %, et dans trois cas sur dix, le nouveau robot « a relayé la position du gouvernement chinois sans qu’il lui ait été demandé quoi que ce soit concernant la Chine »....
La rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines de racisme du Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU a rappelé l’été dernier que l’IA générative n’était ni neutre ni objective.
          Les erreurs des machines dérivent bien souvent vers des biais racistes ou sexistes. Comme l’a résumé à Mediapart le journaliste technocritique Thibault Prévost, « plus on s’éloigne de la médiane, plus le modèle va avoir du mal à prédire et à modéliser le monde ». Le problème étant que « la médiane politique du monde correspond à la bourgeoisie, à la blanchité, au genre masculin ».    Dans une tribune parue dans Le Monde, un collectif d’ONG, dont Amnesty International et la Ligue des droits de l’homme, dénonce une IA qui « perpétue les stéréotypes, renforce les inégalités sociales et limite l’accès aux ressources et opportunités » des « populations les plus vulnérables et les plus discriminées ». Les exemples sont déjà nombreux..."   
  _____ Le numérique et le Congo_______________________                                                                                                                            

samedi 30 mai 2026

Nouvelle révolte des canuts?

 Casser les outils

           Quand on lit certaines propositions de services américains au sujet de  réactions  possibles et attendues de certaines couches de la population active vis à vis des effets prévisibles de l'IA et de ses avatars, concernant notamment  des pertes rapides et massives d'emplois dans divers secteurs, on ne peut pas ne pas penser à la Révolte des canuts en France, en 1831.    L'introduction rapide de machines à tisser à Lyon provoqua des réactions violentes des ouvriers au travail manuel complexe, qui se trouvèrent dépossédés rapidement de leurs activités spécialisées par les machines Jacquart, les transformant rapidement en des chômeurs en colère.                     On peut parler aussi d'une fronde américaine. Les data centers sont particulièrement visés. Au point de faire craindre pour Trump, dans sa propention à dramatiser, un extrêmisme anti-technologique. Le doute et l'incertitude commencent en tous cas à s'installer...   Comme le scepticisme, très répandu.  


                                                                       
Ce sont certains services US qui envisagent et redoutent, à plus grande échelle, un phénomène semblable dans certains secteurs économiques où les outils numériques complexes et la robotisation galopante pourraient produire un vent de révolte inédit, au vu de leurs exclusions potentielles et de dysfonctionnements non prévus. Déjà des mouvement ont eu lieu dans certains secteurs, même dans le monde du cinéma à Hollywood. Certains, dans de nombreux secteurs, même de pointe, se sentent dépossédés de leur tâche, et cela à une vitesse grandissante, anticipant un avenir encore plus inquiétant. Il n'y aura pas que de l'accompagnement...                                        "  Le développement des intelligences artificielles bouleverse le domaine de la création de contenu. Le rôle des journalistes et rédacteurices évoluent en raison de logiciels qui rédigent des articles et même analysent l’actualité. Les graphistes et illustrateurices sont d’autres métiers que l’IA menace. Ces spécialistes du visuel font face à des outils qui permettent de générer des images en quelques secondes, impactant ainsi leur travail qui demande plus de temps. Dans le secteur de la musique et du montage vidéo, les logiciels assistés par intelligence artificielle sont capables de créer des compositions musicales et d’éditer des vidéos avec une facilité grandissante. Néanmoins, cette technologie peut se révéler être une aide intéressante, car elle peut donner des idées, proposer des axes et ainsi produire du contenu plus pertinent et percutant. Toutefois, rappelons que ces professionnel∙les possèdent chacun∙e « une plume » ou « un coup de patte », c’est-à-dire leur marque créative personnelle qui font d’eux/elles un∙e spécialiste dans leur domaine. C’est ce qui est reproché à l’IA : le manque d’âme, le fait ne de pas ressentir d’émotions...."                                                                                                                          On peut passer de la crainte réelle ou fantasmée à la révolte possible, avec des risques encore peu prévisibles? C'est ce que soulignent des services US plutôt alarmistes. "...Des rapports et documents élaborés par plusieurs services fédéraux et locaux, dont le département de la Sécurité intérieure et le FBI, indiquent que l’administration Trump s’attend à faire face à une opposition croissante aux projets de construction de centres de données 1.En particulier, un rapport du Bureau du renseignement et de la lutte contre le terrorisme de New York alerte : « l’atmosphère chaotique qui pourrait résulter de l’émergence des technologies d’IA au cours des cinq prochaines années pourrait alimenter des manifestations à grande échelle qui dégénéreraient en troubles civils et en activités extrémistes violentes anti-technologie ».La formulation « anti-technologie », utilisée pour désigner des activistes qui s’opposent notamment aux projets de construction de centres de données, n’a jamais été publiquement utilisée par les services de renseignement américains..."                                                                                                                                 Il y aurait donc urgence à réglementer. Des dérives sont déjà là, pas seulement en Chine. Mais quelles instantes régulatrices, étant donnée l'ampleur du problème qui nous attend?                                                                                     L’IA de frontière [modèle d’IA parmi les plus performants actuellement] comporte des risques que des chercheurs de premier plan décrivent en des termes catastrophiques, notamment la perte de contrôle humain et l’émergence de systèmes « dévoyés » agissant contre les intérêts humains. Dans un tel profil de risque, l’autolimitation volontaire est fragile. 
Il existe aussi une voie de traverse séduisante, mais incapable de résoudre le problème. De nombreux commentateurs voient dans le statut de public benefit corporation une solution de gouvernance. Ces statuts remplacent souvent des obligations permissives – « peut » (en anglais, may) – par des obligations impératives – « doit » (en anglais, shall).

Pourtant, la mission vit ou meurt avec la nomination des administrateurs, et les actionnaires conservent ce levier. Les dirigeants peuvent bénéficier d’un refuge juridique leur permettant d’arbitrer entre différents intérêts, mais les conseils d’administration continuent de privilégier la croissance. La réalisation de la mission dépend alors de l’altruisme discrétionnaire des fondateurs ou des mandataires élus par les actionnaires.  Il faut donc passer de la confiance à une conception institutionnelle réellement contraignante. Créons des laboratoires à but non lucratif financés par les pouvoirs publics, mais clairement séparés du pouvoir d’Etat. Plaçons dans leurs conseils de véritables administrateurs indépendants ou des gardiens dédiés de la mission – comme Ben & Jerry’s l’avait fait avant que sa société mère, The Magnum Company, ne défasse ce dispositif – et fermons les canaux par lesquels les financeurs peuvent faire primer leurs intérêts sur la mission.   Limitons l’accès aux intrants de frontière, tels que les puces haut de gamme et les capacités de calcul, au-delà de seuils définis, et imposons des environnements de cybersécurité confinés pour les prototypes d’IA générale jusqu’à ce qu’ils aient fait leurs preuves en conditions de quarantaine...."                                    Il est urgent de ne pas attendre...  ______________

samedi 1 août 2026

IA : nouvelles perspectives

 A vitesse accélérée 

                           C 'est le rythme de développement des nouvelles applications de l'IA, dans des domaines de plus en plus variés et un contexte de concurrence  et de rivalités mondiales assez exacerbées sur plusieurs plans. Certains, même en haut lieu, demandent déjà que l'on freine ce développement assez anarchique, constatant des formes de piratage dans les domaines sensibles. Et plus...Au point que le PDG de Open AI lui-même déclarait à un podcasteur américain : « Nous allons peut-être devoir ralentir de rythme de développement des IA pour donner suffisamment de temps à la société pour se préparer à ces nouvelles capacités. »      Enfin se pose le problème d'une régulation de systèmes qui peuvent s'emballer et d'une maîtrise nécessaire des innovations en la matière. Les dérives graves constatées n'ont pas été anticipées. Des fuites de données. Des chiens fous dans un jeu de quilles.... Du grain à moudre pour la pétition qui demande une régulation capable de freiner le développement des modèles les plus avancés, y compris le patron d'Anthropic. Frankenstein échappe à son créateur...Les droits d'auteurs risquent aussi d'être facilement violés, dans tous les domaines.  Le risque de flop n'est pas exclu.


                          Le problème est qu'un mur de complexité  rend les contrôles de plus en plus problématiques.  Et que l'intelligence, la vraie , fait parfois défaut . Même le simple bon sens. Sans parler d'éthique élémentaire.      Ce qui  explique mieux des prises de position récentes, souvent d'ordre "philosophique".   Cédric Villani , toujours un peu à part, ne mâche pas ses mots:                                         
Pour moi, le premier problème, c’est que l’IA rend fou. Elle rend folle l’économie, folle la société, folle une partie des élites techniques et politiques. Quand on regarde certains discours aujourd’hui dans la Silicon Valley, on a parfois l’impression d’assister à une forme de délire collectif autour de la promesse technologique.    En même temps, cette obsession permanente pour l’IA détourne aussi l’attention collective d’autres enjeux absolument centraux, notamment climatiques et écologiques. Toute l’énergie intellectuelle, financière, industrielle est aujourd’hui mobilisée autour des datacenters, de la puissance de calcul, de la compétition technologique, des semi-conducteurs. Or pendant ce temps-là, les problèmes climatiques et sociaux ne disparaissent pas, bien au contraire.    Et puis il y a évidemment toute la dimension militaire et sécuritaire. L’IA fournit déjà de nouvelles armes : cyberattaques automatisées, drones pilotables avec précision et bientôt beaucoup plus autonomes, systèmes de surveillance, capacités massives de désinformation, automatisation grandissante de la guerre. Le risque n’est pas vraiment celui d’une machine qui deviendrait autonome ou incontrôlable au sens de la science-fiction, mais son utilisation autodestructrice par l’humain.                                  Les technologies de la communication, dès le début, ont été employées par les sociétés autoritaires pour renforcer leur contrôle de la population, mais ont aussi constitué pour les régimes plus libéraux une tentation irrésistible. Voyez les programmes massifs de surveillance lancés par les États-Unis et quelques autres. Flicage en temps de paix, démultiplication des moyens de destruction en temps de guerre, c’est une combinaison redoutable pour une humanité qui n’a guère progressé moralement et qui a toujours, en période de tension, utilisé la technologie dernier cri pour se battre. Rendez-vous compte, personne n’en parle mais l’an dernier cinq pays européens se sont retirés du traité international contre les mines antipersonnel ! Les industriels de l’armement ont leur carnet de commande plein à ras bord, de même que tout le business des addictions (drogue, sexe, jeu). J’imagine un extraterrestre en mission d’observation sur Terre, qui ferait son compte rendu à son quartier général : « Ils font tout pour éviter de regarder en face leurs vrais problèmes, ils se préparent à la guerre, et construisent d’immenses datacenters comme les cathédrales d’un culte ». À la fois hyper-connectés et déconnectés du réel..." 
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lundi 22 avril 2024

Humains dépossédés?

L'envers du décor

                On ne finit pas de vanter, voir d'exalter les vertus de l'intelligence artificielle. Jusqu'à un certain point...Nul ne contestera les bienfaits de cette technologie, aux applications multiples dans des domaines les plus variés, parfois insoupçonnables. L'imagerie médicale, par exemple, profite de ses bienfaits à une vitesse stupéfiante, comme l'assistance chirurgicale spectaculaire qu'elle fournit. Pour ne parler que de la médecine... Mais l'évolution qu'elle prend et l'horizon qu'elle prépare, sur la base d'applications déjà en cours, ne manque pas d'interroger des spécialistes eux-mêmes sur ce que l'on peut légitimement redouter dans certains domaines. Sans parler de l'IA générative.  Le rapport de Cedric Villani insiste aussi sur ce point.   L'ambigüité est totale.


                                                                                                                                       "...Alléguant la sauvegarde de la souveraineté politique ou économique, la plupart des responsables politiques estiment qu’il est crucial de favoriser le développement d’une « industrie nationale » de l’Intelligence Artificielle. C’est qu’ils redoutent la mainmise des géants technologiques étrangers sur les données, et donc sur les personnes....Une vingtaine d’experts y décrivent les nouveaux dangers auxquels nous expose la technologie dans les cinq prochaines années.

Essaims de drones tueurs à reconnaissance faciale, rançongiciel profilant leurs cibles de manière automatique et sur une grande échelle, détournement de vidéos ou création de deepfakes (vidéo-montages hyperréalistes) aux fins de manipulation et de propagande, etc. Les scénarios ne manquent pas, limités par notre seul pouvoir d’imagination.

Disponibles un peu partout en libre accès, les algorithmes d’Intelligence Artificielle (IA) changent radicalement la donne en matière de sécurité. Là où une organisation malveillante devait investir du temps et de l’expertise pour préparer et mener à bien un petit nombre d’actions criminelles, il suffit désormais de quelques algorithmes courants et de la puissance de calcul de quelques serveurs pour agir avec efficacité et précision sur une vaste échelle....Si le champ des dérives criminelles s’annonce très vaste, que dire de celui des pratiques nuisibles, mais pas nécessairement illégales, qui deviendront possibles pour les individus, les associations ou les entreprises ? Dans un monde où la responsabilité juridique, ou même simplement morale, se dilue à proportion de la distance qu’intercalent Internet et algorithmes entre un acte et son auteur, ne faut-il pas craindre une déliquescence totale de la confiance en l’autre ?                Alléguant la sauvegarde de la souveraineté politique ou économique, la plupart des responsables politiques estiment qu’il est crucial de favoriser le développement d’une « industrie nationale » de l’Intelligence Artificielle. C’est qu’ils redoutent la mainmise des géants technologiques étrangers sur les données, et donc sur les personnes.               Ils craignent, en outre, l’effet des destructions d’emplois liées à la robotisation, et brandissent désormais comme une vérité indiscutable l’argument-choc selon lequel « les économies les plus équipées en intelligence artificielle et en robotique sont celles qui connaissent le moins de chômage ».

Mais le rêve de donner naissance à des champions européens de l’IA n’est pas sans contradiction dans une économie ouverte et globalisée, où lesdits champions peuvent, à tout moment, passer sous contrôle étranger.

Les entreprises technologiques promouvant l’IA, largement transnationales, l’ont bien compris puisqu’elles omettent soigneusement toute référence à une bien illusoire défense de souveraineté. Il n’est guère besoin d’invoquer celle-ci, au demeurant, pour que la compétition économique et la promesse de miracles techniques suffisent à alimenter une fuite en avant totalement débridée...."


  Il en faudrait pas oublier que la science est rongée par les mythes. Une technologie n'est jamais neutre. L'exemple du transhumanisme de doux dingos de la Silicon Valley est toujours évoqué. Il faut le rappeler.                                



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jeudi 28 août 2025

Varia

 __ Surdité

__ Xénophobie

__ Convoitises

__ Foodisation

__ Répression

__   Roman et IA >>               

__ Fait divers?

__ Chères niches

__ Dysfonctionnements

__ Déserts médicaux

__ Grosse fatigue

__ Tragédie à Rafah

__ IA et apprentissage

__ Immigration sélective

__ Anhédonie musicale

__ Dérives sécuritaires                 

__ T'as ti  tes tongs?                _________________

lundi 16 mars 2026

En vrac

__  IA et maths                                                                                                                                                                                  En ce domaine purement formel, ce n'est pas pour étonner. Dans certaines limites seulement?

__ Tik tok et radicalité                                                                                                                                                                          Cela n'étonnera personne

__  Nucléaire en question                                                                                                                                                                           Quel sera le cap

__ Religion à la rescousse                                                                                                                                                                            Dieu n'est jamais loin de Trump

__ Un détroit pas comme les autres

                                                                Casse-tête et confusions


__ Gaza:                                                                                                                                                                                     la crise sanitaire s'approfondit

__ Bibi sans garde-fou                                                                                                                                                                            Il trace sa route. Le silence vaut approbation

__ Malédiction pétrolière                                                                                                                                                                           Souvent vérifiée

__ Liban: danger                                                                                                                                                                            Menacé de tous côtés

__Des morts "justes"?                                                                                                                                                                         Lourdes pertes

__ Prédation par l'IA

__ Dérives américaines                                                                                                                                                                         Toutes les voix critiques ne sont pas éteintes aux USA

__ Après Hiroshima                                                                                                                                                                            Toujours matière à réflexion

__ "Brebis galeuses "                                                                                                                                                                             Comment s'en débarrasser?

__ Iran et le nucléaire

           “L’Iran n’était pas à deux semaines de la bombe (nucléaire), ce n’est pas vrai”, affirme Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique                   _______________