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mercredi 2 juin 2010

Foot: sport politique


Du pain et des jeux.
__________________Du foot et le RMI?

["La célèbre formule "Du pain et des jeux" date de l'Antiquité romaine. C'est Juvénal qui en est l'auteur. Il l'a écrite pour évoquer les besoins fondamentaux du peuple de Rome qui vivait alors dans la misère. Pour éviter les émeutes et les révoltes, les consuls et les empereurs ont organisé des distributions de farine gratuite, avec l'aide des boulangers devenus fonctionnaires d'Etat au 2ème siècle avant J-C. Cette tradition s'est maintenue jusque sous Aurélien"]

-"Le 11 juin prochain, le foot prend le pouvoir sur la planète. Le monde vivra au rythme du ballon rond. Qu’est ce qui fait du foot le sport roi? Il ne s’agit pas que de sport. Le foot est un élément unificateur des nations. Cela en dit long sur ce qu’il représente."

Sport de masse ,ludique ou instrumentalisé, au coeur des passions identitaires
Drogue populaire , moyen d'oublier la crise?

__La Coupe du monde va-t-elle profiter aux pauvres ?
-L’empire du foot

-Histoire du foot-spectacle




-
-Un succès sportif peut servir autant qu’une victoire militaire ”,
aimait dire Gerald Ford, président des Etats-Unis (1974-1977).
-Deux courants de pensée s’opposent sur cette question. L’un voit dans le football un outil d’émancipation voire de démocratisation pour une nation – c’est ce qu’estiment aujourd’hui les instances internationales du football, avec en tête leur représentant à la FIFA, Sepp Blatter.
L’autre estime que le football n’est qu’un “ opium ” du peuple, qui abrutirait les masses pour mieux les asservir – ainsi que le pense Patrick Vassort, sociologue du sport.

Dans les deux cas, le football est un instrument du pouvoir politique. Tout dépend ensuite de l’utilisation qui en est faite. De fait, le football s’est avéré, par le passé, un instrument efficace aux mains du politique pour museler les esprits."
(L'Obs de Tunisie)
-"La Coupe du monde, une aliénation planétaire"






_____-Nous, nous pensons en France que le sport c’est une réponse à la crise. C’est justement parce qu’il y a une crise, qu’il y a des problèmes, qu’il faut mobiliser tout un pays vers l’organisation de grands événements“, a déclaré le Chef de l’Etat avant d’ajouter : “Et qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le sport et, à l’intérieur du sport, qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le football ?

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-Coupe du monde : Le foot : sport politique par excellence:
"...Si le foot déchaîne les passions, il peut aussi faire surgir le sentiment d’appartenance à une nation. A partir du 11 juin prochain, à l’ouverture de la coupe du monde 2010, tous les peuples représentés par leurs équipes nationales en Afrique du Sud suivront avec ferveur et piété la performance de leurs sélections respectives. C’est cela aussi la magie du foot.

___Si le foot est si populaire, c’est qu’il y a un certain nombre de conditions objectives qui pousse en ce sens. Ce n’est pas un sport onéreux. Pratiquement tous les garçonnets du monde commencent leur vie sportive par le foot. On le pratique n’importe où. A Maurice comme dans d’autres pays, il se joue à même les rues.
___Dans sa dimension identitaire, le foot témoigne de la volonté d’un collectif qui s’identifie à certaines valeurs à vaincre un autre collectif qui véhicule d’autres valeurs. Etant tous nés quelque part, nous appartenons à une famille, à un groupe, à une culture, à un pays… Il devient tout à fait légitime, dans un tel contexte, de sentir de la fierté lorsqu’on triomphe de l’autre. Ce sentiment est naturel. Mais il est aussi vrai qu’une intervention politique va donner une autre forme à ce sentiment d’appartenance.
____Une étude réalisée par Claude Kana, docteur en Droit international économique de l’université de Genève, diplômé de l’Association suisse de foot et entraîneur de foot, démontre clairement qu’il y a eu une certaine politisation du sport. «A partir des années 1930 et sous l’impulsion des régimes totalitaires, la fonction du sport et des compétitions internationales a fondamentalement changé. Les activités physiques sont alors mises au service de la cause nationale.
____Le fascisme italien a inauguré cette pratique en exploitant politiquement, à outrance, le football»,
explique l’auteur de l’étude.
____Dans l’un de ses articles, Ignacio Ramonet, éditorialiste au Monde Diplomatique, confirme que les fascistes ont estimé que le football permettait de rassembler dans «un espace propice à la mise en scène, des foules considérables d’exercer sur celles-ci une forte pression et d’entretenir les pulsions nationalistes des masses
____Poursuivant cette analyse, Claude Kana note que dans les années 20 et 30, «les stades fleurissent dans toute l’Italie, comme celui de Turin qui fut nommé Benito Mussolini. Hitler avait compris l’intérêt que pouvait représenter le sport dans la mobilisation des masses, la culture du chauvinisme et l’orientation de l’action politique.
___Il écrivait dans Mein kampf: ‘des millions de corps entraînés au sport, imprégnés d’amour pour la patrie et remplis d’esprit offensif pourraient se transformer, en l’espace de deux ans, en une armée’. Les conservateurs attendent cette victoire inespérée pour montrer la puissance de leur idéologie.»
___La débâcle du nazisme et du fascisme ne signifie pas pour autant la fin de l’instrumentalisation du sport. Dans l’ex-Union Soviétique également, il y a cette conscience qu’une grande nation se construit à travers ses exploits sportifs. C’est ainsi que tous les moyens sont déployés pour encadrer les jeunes. Le «dressage» des adolescents, afin d’en faire des athlètes de renom, est quasiment militaire. L’objectif, c’est de porter au pinacle le drapeau national.
____Cette dimension identitaire habite le foot comme nulle autre discipline sportive. Etre membre de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) est aujourd’hui un impératif pour toute nouvelle nation.__C’est ce qui, dans une certaine mesure, confère à la nation sa reconnaissance et sa légitimité.
___«Il n’y a pas la moindre surface habitée de la planète qui ait su, pu ou voulu résister à la conquête du football. Ce sport si typiquement britannique est devenu le sport mondial. Quel beau succès pour les Anglais que d’avoir su exporter partout ce modèle. Il est vrai que cette conquête s’est faite de façon pacifique et non par les armes. Si Londres avait voulu imposer par la force le football, il serait resté un sport britannique, vaguement répandu dans quelques pays», explique ainsi Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales français.
___Qu’on le veuille ou non, le football s’est, en effet, installé dans quasiment tous les pays du monde. S’il est ici question de «peste émotionnelle» ou là de «passion exaltante», le fait demeure que le foot mobilise les foules.
____Aujourd’hui, il a aussi définitivement transcendé sa dimension sportive. Il est devenu, comme l’affirme l’essayiste français Norbert Elias, «un fait social total».
___Le football, c’est aussi le sport préféré des plus démunis. On peut jouer au foot sans chaussures.
___D’où aussi cette passion pour son club. On accepte la défaite.
___On accepte plus facilement de souffrir lorsqu’on est pauvre. Mais, on reste solidaire et fidèle à son club. Le club représente une identité et c’est cette identité que revendiquent ses fans.
___La sélection nationale représente, elle, toute la fierté du pays. «Le football est le sport politique par excellence.___Il se situe au carrefour de questions capitales comme l’appartenance, l’identité, la condition sociale et même, par son aspect sacrificiel et sa mystique, la religion.
___C’est pourquoi les stades se prêtent si bien aux cérémonies nationalistes, aux localismes et aux débordements identitaires ou tribaux qui débouchent parfois sur des violences entre supporteurs fanatiques», explique, à cet effet, Ignacio Ramonet dans l’un de ses éditoriaux.
__La fascination pour le foot prendra une plus grande envergure grâce à l’arrivée des chaînes satellitaires. Cela implique aussi des budgets publicitaires conséquents et, de manière générale, l’intérêt des grands magnats des différents secteurs grandit pour le foot. On achète les meilleurs joueurs à des prix exorbitants.
___En quelques années, le prix d’un grand joueur a plus que quintuplé.
___Les moyens financiers mis en oeuvre sont démentiels. «De telles masses d’argent rendent fou. Toute une faune affairiste rôde autour du ballon rond. Elle contrôle le marché des transferts de joueurs, ou celui des paris sportifs. Certaines équipes, pour s’assurer la victoire, n’hésitent pas à tricher. Les cas avérés sont légion », explique Ignacio Ramonet...."


-Le foot, c'est aussi de la politique:
"...L’intérêt de l’Euro 16 n’est évidemment pas que politique. Le plaidoyer de cinq minutes développé par le président français devant le comité de sélection de l’UEFA réuni à Genève a été explicite. “C’est une décision pour nous stratégique qui engage tout le pays face à la crise.” “Nous, nous pensons en France que le sport c’est une réponse à la crise. C’est justement parce qu’il y a une crise, qu’il y a des problèmes, qu’il faut mobiliser tout un pays vers l’organisation de grands événements“, a déclaré le Chef de l’Etat avant d’ajouter : “Et qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le sport et, à l’intérieur du sport, qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le football ?”.
____Un peu “marseillais” pour l’occasion, le Président s’est un peu avancé dans la conclusion de son intervention par “Vous savez, en France, on a beaucoup de débats, mais s’il y a un sujet qui ne fait pas débat, c’est notre candidature à l’Euro 2016“.
____Pour paraphraser
la maxime de Clausewitz, le foot s’est substitué à la guerre pour devenir une continuation de la politique par d’autres moyens. En 1948, Eric Honecker, secrétaire général du Parti communiste de RDA déclarait que : Le sport n’est pas un but en soi ; il est un moyen d’atteindre d’autres buts“.
__Pascal Boniface dans Géopolitique du football constate que la définition de l’Etat ne se limite plus aux trois éléments traditionnels (un territoire, une population, un gouvernement) mais que désormais s’y ajoute un quatrième critère : une équipe nationale de football.

Le sport en général et le football en particulier est devenu un puissant vecteur de diffusion de l’idéologie libérale. Christian Bromberger dans son ouvrage “
Aimez-vous les stades ?” décrypte la mécanique lorsqu’il évoque des “foules conditionnées par l’esprit de compétition et le culte de la performance sans limite, persuadés de la légitimité du combat perpétuel, de la juste domination du vainqueur couvert d’or et de prestige, de la soumission du faible au fort, de l’exploit et de la réussite individuelle“.
Autant d’éléments qui invitent à porter un jugement inquiet et sévère sur
l’expérimentation présentée cette semaine par Luc Chatel. Dès la rentrée prochaine, une centaine de collèges et de lycées pilotes testera une nouvelle formule dans laquelle les matinées seront réservées aux heures d’enseignement et les après-midis exclusivement au sport, même pas aux activités artistiques et culturelles. A défaut d’éveiller les consciences, on préfère désormais fatiguer les sauvageons."


-Football et politique
-Football et passions politiques
-Quand p
olitique et football se mettent en ménage
-
Les dessous politiques du foot
-Foot: vitrine politique
-Football et politique en Afrique
-
Boycott du mondial de football en Argentine en 1978
-« Si on fait du football une chose déterminée par l'argent, on va le tuer »
-Du foot et du fric
-Le cloaque mafieux du football mondial
-
Foot : la puissance d’une peste émotionnelle -

dimanche 11 mai 2014

Ballon pas rond

 Le foot est-il foutu?
                               Ce que dit le pape n'est pas toujours parole d'Evangile, même s'il s'appelle François (Premier ou pas), même s'il fait tout pour se rendre sympa, pour s'efforcer de fuir l' écurie la curie, les pompes vaticanes (qui le pompe), pour s'intéresser aux activités du commun des mortels.
  Le foot, par exemple. 
                           Il le suit de près. D'ailleurs, il fut très tôt un fan de San Lorenzo, dans une Argentine où ce sport est presque une religion. Il reste encore un aficionado, gardant encore des liens avec son club de Buenos Aires.
    Là-bas, on l'appelait Pancho. Un fouteux pas ordinaire...
    A la veille où le Brésil, pays voisin, La Mecque du foot, se prépare fébrilement au Jour J pas tout à fait prêt, à ce qu'il paraît (le béton n'en finit pas de couler), voilà que François lance une parole peu papale, presque sacrilège, brisant un tabou, désacralisant l'activité du dieu Pelé, du saint Maradona, des (petits) dieux du stade et leurs fidèles...
     Enfin, ce n'est pas une révélation. Il n'a pas eu besoin de l'inspiration du Saint-Esprit. 
     Publiquement, sans faire de bulles de buzz, il condamne urbi et orbi le foot-business. Oui, il a osé dire: "«Aujourd’hui, le football s’inscrit dans un gros business en raison de la publicité, des télévisions, etc. Mais le facteur économique ne doit pas prévaloir sur l’aspect sportif, parce que cela risque de tout contaminer.»
     Mein Gott! On a beau être païen ou parpaillot, bouffeur de calotte ou voltairien, antipapiste ou même protestant, on peut reconnaître qu'il n'est pas dans le faux. Même si ses paroles n'ont rien d'inspirées, même si le problème ne date pas d'aujourd'hui.
Mais aujourd'hui, il est vrai, tout s'accélère.
        The big fric règne en maître sur les stades et surtout ...dans les coulisses, là où les managers font la loi. où les investisseurs, anonymes ou ayant pignon sur boulevard ou sur Golfe, font leur petite ou grande cuisine...
  Une étape irréversible dans l'histoire , déjà ancienne, d'une activité d'abord uniquement ludique, qui connut de modestes débuts sur les rives de la Tamise ou aux pieds des terrils de Noeux-les Mines...où on footait après le turbin.
  Le poids financiers du foot mondialisé est devenu monstrueux.
         L'argent fou du foot  prend une place à la mesure des récents développements inconsidérés et parasites de la sphère financière hors sol.
     Il arrive que l' argent sale  s'en mêle, au coeur de réseaux souvent obscurs.
    Une dénaturation qui gagne aussi d'autres sphères sportives.
Sans parler des ingérences et des enjeux politiques qui interviennent directement ou indirectement. 
    Les stars surpayées d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec les Kopa, les Beckenbauer, etc...Leurs caisses de luxe, entrevues à la sortie de l'entraînement, en témoignent.
    Le foot ne connaît en tous cas pas la crise.
Brésil-Croatie: 12 juin
        Au Brésil, où il n'est pas toujours sans violence,  on fait place nette pour ces (très) chers jeux...enfin presque!... Les pauvres devront souvent déménager et s'abstenir.  
Le pays de la samba a déjà le blues du Mondial.
      Platini aurait mieux fait de se taire...A-t-il déjà mis les pieds en dehors de Sao Polo ou de Rio? (Piqure de rappel...)
                          Place aux jeux et aux ..dollars réals !
Le ballon ne  tourne plus rond
                                        Trop souvent le spectacle est triste.     Que s'est-il passé pour en arriver là ?
     Relisons Juvénal et  le Football, ombre et lumière d'Eduardo Galeano : « L'histoire du football est un voyage triste, du plaisir au devoir. A mesure que le sport s'est transformé en industrie, il a banni la beauté qui naît de la joie de jouer pour jouer. [...] Le football professionnel condamne ce qui est inutile, et est inutile ce qui n'est pas rentable. Il ne permet à personne cette folie qui pousse l'homme à redevenir un enfant un instant, en jouant comme un enfant joue avec un ballon de baudruche et comme un chat avec une pelote de laine. »
                                                       A quand la fin de partie?
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-  Le foot et ses enjeux
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-Relayé par Agoravox
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samedi 13 juin 2026

Modestes réflexions d'un ex-fouteux amateur

La coupe est pleine                                                                                                                                         Quel foot pour demain?

    Je ne suis plus fou du foot. Du moins tel qu'il est devenu, depuis une trentaine d'années de dérives libérales. Il a perdu son âme. Une coupe sans doute la plus discutée. La Fifa est en pleine dérive marchande.                                                                                           Comme le dit Stéphane Alliès, "Est-il encore temps de se réapproprier le foot?                            " La Coupe du monde qui s’ouvre est un condensé de tout ce qui a tué l’amour du jeu depuis trente ans. De l’instrumentalisation politique à la toute-puissance de l’argent roi, en passant par l’autocratie liberticide qui règne sur cette compétition, il est temps de ne plus la prendre au sérieux, et de penser à l’après.... la faillite du football professionnel, telle que la Fifa a choisi de le dévoyer sans aucune limite, n’a jamais été aussi évidente. La privatisation du football est achevée, et les matchs de ce mois de juin n’auront plus grand-chose à voir avec le jeu de ballon universel qui unit ses adeptes à travers tous les terrains du monde. ...La compétition a été élargie à quarante-huit pays – au détriment de l’intérêt comme de la santé des joueurs – pour se donner les atours de l’universalisme façon Jeux olympiques (JO). Hypocrisie suprême quand une partie des joueurs, supporteurs et supportrices, journalistes et arbitres sont interdits de participer à cause de leurs seules origines. L’Allemagne nazie, au moins, avait laissé Jesse Owens en 1936 concourir aux JO de Berlin et démontrer l’absurdité de ses thèses....Le Mondial n’est plus qu’un paradis techno-sécuritaire pour gens riches, et même sa diffusion télévisée n’a plus rien de fascinant. ..Comme avec Mussolini en 1934, Videla en 1978 ou Poutine en 2018, la Coupe du monde et ses organisateurs zélés vont à nouveau dérouler le tapis rouge à un autocrate local, sans que plus personne soit dupe du cynisme à l’œuvre. L’asservissement atteint même un niveau jamais vu, tant Gianni Infantino, le président de la Fifa, s’est mis au service du récit trumpien (location de bureaux dans la tour Trump, remise d’un « prix de la paix » au président états-unien, acceptation des contraintes migratoires états-uniennes tout en les niant….                                                                                              Le foot est bien un sport politique. Depuis longtemps. Mais aujourd'hui, il s'est compromis, dans les filets de la financiarisation .  La coupe est pleine. Le racisme s'invite. Et la fête est triste.  L'espoir peut-il renaître?

 Où est passé le foot d'antan, encore "artisanal"?  Notamment avant l'ère Tapie . Où le plaisir de jouer dominait les transactions commerciales et les enjeux tribaux et politiques.   Où l'on pouvait encore trouver un plaisir sans mélanges.                                                                                                                                                                                     Qui n'était pas envahi par la finance, les rachats stratosphériques, l'obsession des parts de marché, le sponsoring, souvent international.     Le grand maquignonnage, les corruptions, les matchs truqués.   Et les affrontements générés dans et à l'ombre des stades

         _____ Le ballon ne tourne pas rond...
     Le foot business  a tout footu en l'air.
    Un des effets du capitalisme libéral investissant tout secteur pouvant être lucratif.
            Bien que l'argent public  s'y investisse aussi.
   Du pain et des jeux... 
         Même si le talent n'est pas absent.
     Une vieille pratique ludique et populaire, tombée dans les filets de la financiarisation
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-Point de vue d'un ancien entraîneur amateur                       _______________

mercredi 14 septembre 2022

Foi de fouteux

La cata du Qatar

                               On a beau être fou de foot...Ça ne passe pas. Certains tergiversent, hésitent encore à s'engager. D'autres franchissent le pas. Le problème va bien plus loin que le contexte climatique. Il y a plus fondamental. Comment passer outre les relations économiques et politiques qui se sont tissées avec ce petit émirat ambigü et influent? La Fifa regarde ailleurs....


                                       Eric Cantona n'hésite plus, après d'autres, connus ou inconnus.

" Moi, l’amoureux de foot, à contre coeur, j’ai pris ma décision, je vais le suivre, lui et d’autres personnalités comme Philipp lahm, Vincent Lindon et j’en passe. Je ne regarderai pas un seul match de cette coupe du monde.

Ça me coûte parce que depuis que je suis gosse c’est un évènement que j’adore, que j’attends et que je regarde avec passion!
Mais soyons hônnètes avec nous mêmes! Cette coupe du monde là n’à aucun sens! Pire c’est une abberation!
Déjà parce que le qatar n’est pas un pays de foot! Aucune ferveur, aucune saveur.
Une abberation écologique, avec tous ces stades climatisés… quelle folie, quelle stupidité!
Mais surtout, surtout, une horreur humaine… combien de millier de morts, pour construire ces stades, pour au final quoi, amuser la galerie 2 mois… et tout le monde s’en fout…
La caricature même de ce que l’homme est capable de porter en lui comme saloperie extrême!
Le seul sens de cet évènement, on le sait tous, c’est le pognon. Il est plus fort que tout… business is business… le reste…
J’ai pris ma décision! Je ne regarderai pas! Arfff je sais bien qu’ils s’en foutent et que ma petite personne ne changera pas la face du monde.
Mais moi personnellement, je n’ai juste pas envie de participer à cette grande mascarade. Et faire gagner de l’argent à ceux qui ferment les yeux et se cachent derrière leur petit doigt en disant c’est pas de notre ressort on peut rien faire… Etats, fédérations, diffuseurs, annonceurs etc etc. Si tu peux faire, il suffit juste de prendre une décision simple.
Dire nous on joue pas, dire nous on diffuse pas, nous on fait pas de pub etc etc. C’est tout à fait faisable. Parfois dans la vie, il faut prendre des décisions, même si ça nous coûte.
Mais tous ces gens là ne l’ont pas prise… encore une fois, le pognon est plus fort que tout.
Donc moi je ne participerai pas à ça! Que la France gagne, perde, rien à carrer! Dans la vie, il y à des choses bien plus importantes que le foot! A la place, je me referai tous les épisodes de colombo, ça fait longtemps que je les ai pas vus.
En espérant que ça fasse réfléchir tous mes amis fouteux comme moi😉 Moins de téléspectateurs, moins de pognon qui rentre dans leurs poches, aussi bête que ça…
« Le Qatar, ce n'est pas le pays du football. Je ne suis pas contre l'idée d'organiser une Coupe du monde dans un pays où il est possible de développer et de promouvoir le football, comme en Afrique du Sud ou aux États-Unis dans les années 1990. »
« Ce n'est qu'une question d'argent et la façon dont ils ont traité les gens qui ont construit les stades est horrible. Et des milliers de personnes sont mortes. Et pourtant, nous allons fêter cette Coupe du monde. Pour être honnête, je ne me soucie pas vraiment de la prochaine Coupe du monde, qui n’en est pas une, selon moi »

jeudi 1 juillet 2021

Et pourtant...

 Elle tourne toujours...la terre.

     Ce n'est pas une défaite française qui va modifier son orbite. Un épiphénomène dans l'histoire du monde et même dans celle du foot. Un sport qui n'est plus ce qu'il était, du moins à ce niveau, dans le système tel qu'il est.

       Ce n'est qu'un  jeu. On finirait par l'oublier, surtout sur le gazon et sur les canapés. Aucun enjeu vital. Depuis qu'un argent fou est venu changer bien des choses.   Moins politique qu'il ne fut, du fait de l'internationalisation des équipes et de la marchandisation des épreuves, où des sommes considérables sont investies.

   Le ballon rond reprend du service comme il peut dans ces temps compliqués où le public est invité à rester encore devant son écran pour soutenir son équipe. Le covid cloue les fans à la maison.
     Ce sport en crise réémerge après des mois de convalescence. Mais il n'est pas pour autant au mieux de sa forme. Surtout si, faisant un peu d'histoire, on compare son état d'aujourd'hui avec ce qu'il fut dans ses temps les plus florissants et les plus populaires, loin du business qui s'est emparé de lui au niveau professionnel.
      Il a évolué du meilleur au pire.

         Ce qu'est le foot devenu.
   La fête est repartie et avec elle des prises de position pour le moins contrastées.
      Il est vrai qu'il y a matière à débat au sujet de l'évolution récente de cette pratique sportive. populaire, qui a changé plus que dans son esprit, devenu un marché sur le plan international.
   Un sport qui remonte à loin, sous des formes variées et peu codifiées. On en trouve déjà des manifestations dans l'ancienne Chine avant de le voir éclore dans le berceau anglais, puis un peu partout dans le monde.
   Cette pratique, qui continue à enthousiasmer les gamins, à attirer des foules autour d'un club fétiche, n'est pas à l'abri de dérapages et parfois de violences dans certains cas. Violences racistes en Italie, violences d'une certaine jeunesse en Algérie.
    Mais il semble être devenu malade au plus haut niveau, atteint d'une pathologie qui affecte notre société toute entière, miné par des pratiques financières de tous ordres, souvent critiquées mais pas toujours transparentes (pour utiliser un euphémisme). sous l'oeil indifférent des pouvoirs publics.
 C'est tout un système qui a changé, depuis que le monde des affaires a envahi l'univers des stades, dénaturant les pratiques sportives et l'esprit du jeu.
   Le foot mérite bien mieux que ce que la FIFA en a fait.
       Avec les pratiques financières les plus folles, le jeu est devenu aseptisé
 Rien à voir avec les équipes d'avant ces trente dernières années, à Lens ou ailleurs.
   Pour les jeunes, le sport professionnel est devenu un contre-exemple.  il n'est plus guère l' instrument d'émancipation qu'il fut.
   De dérives en dérives, il détourne de plus en plus de personnes autrefois motivées.
        Des millionnaires courant après un ballon, c'est un peu simple, mais pas si caricatural que cela.     Le business est partout.
     Ils nous ont volé notre football, disait quelqu'un avec une certaine justesse.

Une chose est sure: le ballon ne tourne pas très rond.
     Foutu, le footIl reste encore parfois de bons restes.
         Même si on partage pas tous les éléments de cet avis tranché:
             L’économie politique du football est (donc) de part en part une économie politique capitaliste – n’en déplaise à ses thuriféraires de ‘‘gauche’’ – parce que la logique du profit en a fait une entreprise comme une autre, avec ses employeurs, ses actionnaires, ses salariés, ses rapports d’exploitation, ses stratégies financières, ses conflits d’intérêts, ses licenciements, ses liquidations et son chômage. L’Empire football est même devenu au fil des ans une vaste multinationale bureaucratique gérant un énorme marché international où circulent des masses considérables d’argent et où s’opposent sans interruption de grandes fédérations dominantes avec leurs championnats réputés (Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne, France, Brésil, Argentine), des clubs d’élite (en Europe : Real de Madrid, Juventus de Turin, Manchester, Barcelone, Chelsea, Liverpool, Inter de Milan, Bayern de Munich, Milan AC, Ajax d’Amsterdam, Arsenal, Benfica, Eindhoven, CSKA Moscou) et des groupes capitalistes qui se disputent férocement l’hégémonie sur ce ‘‘marché porteur’’. Pour comprendre le fonctionnement de cet univers mercantile complexe qui organise une débauche de compétitions, de rencontres et de ‘‘fêtes’’ – championnats nationaux, régionaux et locaux, Coupes du monde, Coupes de l’UEFA, Super Coupes d’Europe, Coupes intercontinentales, Coupes d’Afrique, Jeux Olympiques, Jeux méditerranéens – il ne faut jamais perdre de vue qu’il repose totalement sur une infrastructure capitaliste et que ses modes d’organisation peuvent, suivant les lieux et les époques, combiner plusieurs formes politiques ou idéologiques : le fascisme, le stalinisme, le libéralisme, le travaillisme, la mafia, le poujadisme, le régionalisme, l’islamisme, etc. – ce qui lui donne cette apparence bigarrée de diversité dans l’unité. Malgré ses manifestations nationales très diverses, le football reste cependant partout traversé par la même logique, car il est institutionnellement subordonné à la maison-mère, la mère pondeuse, la Fédération international de football association (FIFA), créée à Paris en 1904. C’est en effet la FIFA qui accrédite les diverses fédérations et ligues nationales de football, qui fixe les règlements et contrôle ses applications, chapeaute les grandes compétitions, en particulier les Coupes du monde, et oriente les grands projets de développement qui visent tous à convertir la planète à la religion profane du ballon rond, à étendre son empire jusque dans les pays les plus réfractaires, bref à piloter la footballisation du monde. La pieuvre a donc étendu ses tentacules sur tous les continents, des grandes métropoles aux plus petits villages : après l’Europe, l’Amérique latine, la Russie, l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, l’Australie, le Japon, l’Asie du Sud-Est, l’Océanie. A sa manière, le football est l’expression de la colonisation capitaliste du monde, et son exportation aux quatre coins de la planète – à partir de son lieu d’origine, l’Angleterre – traduit l’extension du processus impérialiste, sa pénétration dans des zones encore vierges, son insatiable appétit de conquêtes et de surprofits. Le football, porté par la vague déferlante du libéralisme contemporain, tend également à pénétrer l’ensemble des pays, mais aussi à affirmer son monopole idéologique dans l’industrie de l’abrutissement qui caractérise le capitalisme avancé. Le football est, en effet, contrairement aux rêveries idylliques des zélotes qui persistent à y voir un élément de la culture, l’une des principales machineries idéologiques de manipulation, d’endoctrinement et de crétinisation des masses. En cela, le football est bien l’idéologie dominante par excellence parce qu’il correspond exactement aux valeurs préconisées par le capital. […] De ce point de vue le football est bien une forme de tyrannie et d’aliénation parce qu’il favorise la chloroformisation des esprits, l’obnubilation des médias et la sidération des masses : des matches, des buts, des anecdotes, des olas, des hurlements, des insultes, toute la panoplie de l’infantilisation et de la régression au service d’une entreprise de décervelage ou de lavage de cerveau – pour paraphraser Tchakhotine : le viol des foules par la propagande footballistique  »______Mais comment peut-on être fouteux? (à la mode de Montesquieu)    Mais qu'ont-ils donc à courir ainsi en tous sens après cette malheureuse balle en caoutchouc  En la poussant du pied sans jamais s'en emparer?

Le ballon et les ronds

   Sous les clameurs de gens entassés et bariolés, scandant d'étranges slogans et entamant des chants vindicatifs et parfois des cris vengeurs.
    Dans les tribunes, on peut utiliser ses mains, mais pas sur le gazon. Sauf deux, Allez comprendre.
 La logique de cette activité m'échappe, autant que la pelote Maya.
        Mais comment peut-on être persan fouteux?
   Il y a vraiment ici en Europe et ailleurs des activités incompréhensibles. 
 Je ne suis pas le seul à le dire.
            Et ils seraient payés pour faire ça, dit-on.
  Chez nous, en Amazonie, quand on court, c'est pour quelque chose.
   Je me suis fait expliquer par mon hôte l'étrange spectacle vu dans la lucarne du salon.
J'ai fait des efforts, mais je n'ai pas encore tout compris...      ___________________


vendredi 22 juin 2018

Le foot: hier et aujourd'hui

Ou du meilleur au pire.

                                                          Ce qu'est le foot devenu.
   La fête est repartie et avec elle des prises de position pour le moins contrastées.
      Il est vrai qu'il y a matière à débat au sujet de l'évolution récente de cette pratique sportive. populaire, qui a changé plus que dans son esprit, devenu un marché sur le plan international.
   Un sport qui remonte à loin, sous des formes variées et peu codifiées. On en trouve déjà des manifestations dans l'ancienne Chine avant de le voir éclore dans le berceau anglais, puis un peu partout dans le monde.
   Cette pratique, qui continue à enthousiasmer les gamins, à attirer des foules autour d'un club fétiche, n'est pas à l'abri de dérapages et parfois de violences dans certains cas. Violences racistes en Italie, violences d'une certaine jeunesse en Algérie.
    Mais il semble être devenu malade au plus haut niveau, atteint d'une pathologie qui affecte notre société toute entière, miné par des pratiques financières de tous ordres, souvent critiquées mais pas toujours transparentes (pour utiliser un euphémisme). sous l'oeil indifférent des pouvoirs publics.
 C'est tout un système qui a changé, depuis que le monde des affaires a envahi l'univers des stades, dénaturant les pratiques sportives et l'esprit du jeu.
   Le foot mérite bien mieux que ce que la FIFA en a fait.
       Avec les pratiques financières les plus folles, le jeu est devenu aseptisé
 Rien à voir avec les équipes d'avant ces trente dernières années, à Lens ou ailleurs.
   Pour les jeunes, le sport professionnel est devenu un contre-exemple.  il n'est plus l' instrument d'émancipation qu'il fut.
   De dérives en dérives, il détourne de plus en plus de personnes autrefois motivées.
        Des millionnaires courant après un ballon, c'est un peu simple, mais pas si caricatural que cela.     Le business est partout.
     Ils nous ont volé notre football, disait quelqu'un avec une certaine justesse.
Une chose est sure: le ballon ne tourne pas très rond.
     Foutu, le foot? Il reste encore parfois de bons restes.
         Même si on partage pas tous les éléments de ce commentaire:
             L’économie politique du football est (donc) de part en part une économie politique capitaliste – n’en déplaise à ses thuriféraires de ‘‘gauche’’ – parce que la logique du profit en a fait une entreprise comme une autre, avec ses employeurs, ses actionnaires, ses salariés, ses rapports d’exploitation, ses stratégies financières, ses conflits d’intérêts, ses licenciements, ses liquidations et son chômage. L’Empire football est même devenu au fil des ans une vaste multinationale bureaucratique gérant un énorme marché international où circulent des masses considérables d’argent et où s’opposent sans interruption de grandes fédérations dominantes avec leurs championnats réputés (Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne, France, Brésil, Argentine), des clubs d’élite (en Europe : Real de Madrid, Juventus de Turin, Manchester, Barcelone, Chelsea, Liverpool, Inter de Milan, Bayern de Munich, Milan AC, Ajax d’Amsterdam, Arsenal, Benfica, Eindhoven, CSKA Moscou) et des groupes capitalistes qui se disputent férocement l’hégémonie sur ce ‘‘marché porteur’’. Pour comprendre le fonctionnement de cet univers mercantile complexe qui organise une débauche de compétitions, de rencontres et de ‘‘fêtes’’ – championnats nationaux, régionaux et locaux, Coupes du monde, Coupes de l’UEFA, Super Coupes d’Europe, Coupes intercontinentales, Coupes d’Afrique, Jeux Olympiques, Jeux méditerranéens – il ne faut jamais perdre de vue qu’il repose totalement sur une infrastructure capitaliste et que ses modes d’organisation peuvent, suivant les lieux et les époques, combiner plusieurs formes politiques ou idéologiques : le fascisme, le stalinisme, le libéralisme, le travaillisme, la mafia, le poujadisme, le régionalisme, l’islamisme, etc. – ce qui lui donne cette apparence bigarrée de diversité dans l’unité. Malgré ses manifestations nationales très diverses, le football reste cependant partout traversé par la même logique, car il est institutionnellement subordonné à la maison-mère, la mère pondeuse, la Fédération international de football association (FIFA), créée à Paris en 1904. C’est en effet la FIFA qui accrédite les diverses fédérations et ligues nationales de football, qui fixe les règlements et contrôle ses applications, chapeaute les grandes compétitions, en particulier les Coupes du monde, et oriente les grands projets de développement qui visent tous à convertir la planète à la religion profane du ballon rond, à étendre son empire jusque dans les pays les plus réfractaires, bref à piloter la footballisation du monde. La pieuvre a donc étendu ses tentacules sur tous les continents, des grandes métropoles aux plus petits villages : après l’Europe, l’Amérique latine, la Russie, l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, l’Australie, le Japon, l’Asie du Sud-Est, l’Océanie. A sa manière, le football est l’expression de la colonisation capitaliste du monde, et son exportation aux quatre coins de la planète – à partir de son lieu d’origine, l’Angleterre – traduit l’extension du processus impérialiste, sa pénétration dans des zones encore vierges, son insatiable appétit de conquêtes et de surprofits. Le football, porté par la vague déferlante du libéralisme contemporain, tend également à pénétrer l’ensemble des pays, mais aussi à affirmer son monopole idéologique dans l’industrie de l’abrutissement qui caractérise le capitalisme avancé. Le football est, en effet, contrairement aux rêveries idylliques des zélotes qui persistent à y voir un élément de la culture, l’une des principales machineries idéologiques de manipulation, d’endoctrinement et de crétinisation des masses. En cela, le football est bien l’idéologie dominante par excellence parce qu’il correspond exactement aux valeurs préconisées par le capital. […] De ce point de vue le football est bien une forme de tyrannie et d’aliénation parce qu’il favorise la chloroformisation des esprits, l’obnubilation des médias et la sidération des masses : des matches, des buts, des anecdotes, des olas, des hurlements, des insultes, toute la panoplie de l’infantilisation et de la régression au service d’une entreprise de décervelage ou de lavage de cerveau – pour paraphraser Tchakhotine : le viol des foules par la propagande footballistique  »
[Jean-Marie Brohm & Marc Perelman, Le football, une peste émotionnelle, Gallimard, Folio,]
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vendredi 28 août 2020

Le foot et le marché

D'hier à aujourd'hui
                              Le ballon rond reprend du service comme il peut dans ces temps compliqués où le public est invité à rester encore devant son écran pour soutenir son équipe. Le covid cloue les fans à la maison.
     Ce sport en crise réémerge après des mois de convalescence. Mais il n'est pas pour autant au mieux de sa forme. Surtout si, faisant un peu d'histoire, on compare son état d'aujourd'hui avec ce qu'il fut dans ses temps les plus florissants et les plus populaires, loin du business qui s'est emparé de lui au niveau professionnel.
      Il a évolué du meilleur au pire.

                                                          Ce qu'est le foot devenu.
   La fête est repartie et avec elle des prises de position pour le moins contrastées.
      Il est vrai qu'il y a matière à débat au sujet de l'évolution récente de cette pratique sportive. populaire, qui a changé plus que dans son esprit, devenu un marché sur le plan international.
   Un sport qui remonte à loin, sous des formes variées et peu codifiées. On en trouve déjà des manifestations dans l'ancienne Chine avant de le voir éclore dans le berceau anglais, puis un peu partout dans le monde.
   Cette pratique, qui continue à enthousiasmer les gamins, à attirer des foules autour d'un club fétiche, n'est pas à l'abri de dérapages et parfois de violences dans certains cas. Violences racistes en Italie, violences d'une certaine jeunesse en Algérie.
    Mais il semble être devenu malade au plus haut niveau, atteint d'une pathologie qui affecte notre société toute entière, miné par des pratiques financières de tous ordres, souvent critiquées mais pas toujours transparentes (pour utiliser un euphémisme). sous l'oeil indifférent des pouvoirs publics.
 C'est tout un système qui a changé, depuis que le monde des affaires a envahi l'univers des stades, dénaturant les pratiques sportives et l'esprit du jeu.
   Le foot mérite bien mieux que ce que la FIFA en a fait.
       Avec les pratiques financières les plus folles, le jeu est devenu aseptisé
 Rien à voir avec les équipes d'avant ces trente dernières années, à Lens ou ailleurs.
   Pour les jeunes, le sport professionnel est devenu un contre-exemple.  il n'est plus l' instrument d'émancipation qu'il fut.
   De dérives en dérives, il détourne de plus en plus de personnes autrefois motivées.
        Des millionnaires courant après un ballon, c'est un peu simple, mais pas si caricatural que cela.     Le business est partout.
     Ils nous ont volé notre football, disait quelqu'un avec une certaine justesse.
Une chose est sure: le ballon ne tourne pas très rond.
     Foutu, le footIl reste encore parfois de bons restes.
         Même si on partage pas tous les éléments de cet avis tranché:
             L’économie politique du football est (donc) de part en part une économie politique capitaliste – n’en déplaise à ses thuriféraires de ‘‘gauche’’ – parce que la logique du profit en a fait une entreprise comme une autre, avec ses employeurs, ses actionnaires, ses salariés, ses rapports d’exploitation, ses stratégies financières, ses conflits d’intérêts, ses licenciements, ses liquidations et son chômage. L’Empire football est même devenu au fil des ans une vaste multinationale bureaucratique gérant un énorme marché international où circulent des masses considérables d’argent et où s’opposent sans interruption de grandes fédérations dominantes avec leurs championnats réputés (Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne, France, Brésil, Argentine), des clubs d’élite (en Europe : Real de Madrid, Juventus de Turin, Manchester, Barcelone, Chelsea, Liverpool, Inter de Milan, Bayern de Munich, Milan AC, Ajax d’Amsterdam, Arsenal, Benfica, Eindhoven, CSKA Moscou) et des groupes capitalistes qui se disputent férocement l’hégémonie sur ce ‘‘marché porteur’’. Pour comprendre le fonctionnement de cet univers mercantile complexe qui organise une débauche de compétitions, de rencontres et de ‘‘fêtes’’ – championnats nationaux, régionaux et locaux, Coupes du monde, Coupes de l’UEFA, Super Coupes d’Europe, Coupes intercontinentales, Coupes d’Afrique, Jeux Olympiques, Jeux méditerranéens – il ne faut jamais perdre de vue qu’il repose totalement sur une infrastructure capitaliste et que ses modes d’organisation peuvent, suivant les lieux et les époques, combiner plusieurs formes politiques ou idéologiques : le fascisme, le stalinisme, le libéralisme, le travaillisme, la mafia, le poujadisme, le régionalisme, l’islamisme, etc. – ce qui lui donne cette apparence bigarrée de diversité dans l’unité. Malgré ses manifestations nationales très diverses, le football reste cependant partout traversé par la même logique, car il est institutionnellement subordonné à la maison-mère, la mère pondeuse, la Fédération international de football association (FIFA), créée à Paris en 1904. C’est en effet la FIFA qui accrédite les diverses fédérations et ligues nationales de football, qui fixe les règlements et contrôle ses applications, chapeaute les grandes compétitions, en particulier les Coupes du monde, et oriente les grands projets de développement qui visent tous à convertir la planète à la religion profane du ballon rond, à étendre son empire jusque dans les pays les plus réfractaires, bref à piloter la footballisation du monde. La pieuvre a donc étendu ses tentacules sur tous les continents, des grandes métropoles aux plus petits villages : après l’Europe, l’Amérique latine, la Russie, l’Afrique, le Proche et le Moyen-Orient, les Etats-Unis, le Canada, la Chine, l’Australie, le Japon, l’Asie du Sud-Est, l’Océanie. A sa manière, le football est l’expression de la colonisation capitaliste du monde, et son exportation aux quatre coins de la planète – à partir de son lieu d’origine, l’Angleterre – traduit l’extension du processus impérialiste, sa pénétration dans des zones encore vierges, son insatiable appétit de conquêtes et de surprofits. Le football, porté par la vague déferlante du libéralisme contemporain, tend également à pénétrer l’ensemble des pays, mais aussi à affirmer son monopole idéologique dans l’industrie de l’abrutissement qui caractérise le capitalisme avancé. Le football est, en effet, contrairement aux rêveries idylliques des zélotes qui persistent à y voir un élément de la culture, l’une des principales machineries idéologiques de manipulation, d’endoctrinement et de crétinisation des masses. En cela, le football est bien l’idéologie dominante par excellence parce qu’il correspond exactement aux valeurs préconisées par le capital. […] De ce point de vue le football est bien une forme de tyrannie et d’aliénation parce qu’il favorise la chloroformisation des esprits, l’obnubilation des médias et la sidération des masses : des matches, des buts, des anecdotes, des olas, des hurlements, des insultes, toute la panoplie de l’infantilisation et de la régression au service d’une entreprise de décervelage ou de lavage de cerveau – pour paraphraser Tchakhotine : le viol des foules par la propagande footballistique  »
[Jean-Marie Brohm & Marc Perelman, Le football, une peste émotionnelle, Gallimard, Folio,]
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Mais comment peut-on être fouteux? (à la mode de Montesquieu)
        Des hommes et un ballon
                                         Mais qu'ont-ils donc à courir ainsi en tous sens après cette malheureuse balle en caoutchouc?
   En la poussant du pied sans jamais s'en emparer?
Le ballon et les ronds
   Sous les clameurs de gens entassés et bariolés, scandant d'étranges slogans et entamant des chants vindicatifs et parfois des cris vengeurs.
    Dans les tribunes, on peut utiliser ses mains, mais pas sur le gazon. Sauf deux, Allez comprendre.
 La logique de cette activité m'échappe, autant que la pelote Maya.
        Mais comment peut-on être persan fouteux?
   Il y a vraiment ici en Europe et ailleurs des activités incompréhensibles. 
 Je ne suis pas le seul à le dire.
            Et ils seraient payés pour faire ça, dit-on.
  Chez nous, en Amazonie, quand on court, c'est pour quelque chose.
   Je me suis fait expliquer par mon hôte l'étrange spectacle vu dans la lucarne du salon.
J'ai fait des efforts, mais je n'ai pas encore tout compris...
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