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mardi 1 septembre 2015

Il y a dix ans, Katrina

 Des catastrophes et des hommes
                                                Il y a dix ans, les digues cédaient sous les forces déchaînées de ce phénomène naturel au doux nom de Katrina.
    Mais aussi les secours, l'organisation, la gestion locale et fédérale de cette catastrophe d'une ampleur exceptionnelle.
     Quand les digues cèdent, faute d'entretien, c'est le chaos et la desolation 
Une gestion discutable
          L’ouragan Katrina, l’un des plus violents de toute l’histoire des Etats-Unis, déferle sur la côte sud des Etats-Unis le 29 août 2005 et fait plus de 1.800 morts, dont la plupart à La Nouvelle Orléans. Environ 80% de la ville est submergée. Des digues mal entretenues cèdent sous la pression et le niveau de la mer monte de jusqu’à six mètres. L’inondation est si fulgurante de beaucoup d’habitants périssent noyés dans leurs maisons.
   Comme dit une journaliste présente sur les lieux,  j’ai perdu toute confiance dans les institutions gouvernementales, et ma colère ne retombe pas quand je pense à tous ceux qui sont morts ou qui ont souffert à cause de l’inefficacité des pouvoirs publics pour faire face à cette catastrophe. Mais ma foi en l’humanité a aussi été renforcée grâce à tous les actes de courage, d’abnégation et de gentillesse auxquels j’ai assisté. Comme cet homme qui a passé des jours à transporter sur son bateau ses voisins pour les mettre à l’abri hors des zones inondées, et qui n’avait pas une minute à consacrer à une journaliste.
      L'hyperpuissance américaine a révélé ses failles et les fractures de la société américaine apparurent au grand jour.
     Les stigmates d'une catastrophe annoncée  sont  toujours visibles 10 ans après.
         Le populations noires, les plus pauvres, furent les plus touchées et ce fut l'occasion de vider la ville de ses pauvres
... Alors que La Nouvelle Orléans comptait près de 450 000 habitants avant Katrina dont deux tiers de noirs américains, aujourd’hui la population est d’environ 180 000 habitants dont seulement la moitié de noirs.
  Les quartiers les plus vite reconstruits sont évidemment les quartiers riches. La ville a même décidé que beaucoup de logements sociaux – dont certains qui n’ont même pas réellement été abîmés pendant l’inondation – seraient détruits prochainement, puis les terrains vendus à des entrepreneurs privés qui construiront à la place du « mix-housing » pour mélanger les populations. Malheureusement les plus pauvres ne peuvent pas payer les loyers des mix-housing...
    Finalement, pour beaucoup de décideurs – économiques et politiques – américains, Katrina est l’occasion de vider la ville de ses pauvres et de sa population noire (souvent les mêmes. C’est ainsi qu’un leader républicain louisianais confiait à des affairistes de Washington : « Enfin, les cités de La Nouvelle Orléans ont été nettoyées. Ce que nous n’avons pas su faire, Dieu s’en est chargé » Katrina est l’occasion de faire grimper l’immobilier, d’investir dans les nouvelles entreprises de La Nouvelle Orléans en reconstruction... En reconstruction ? Pour une ville plus riche, plus blanche, plus sûre, plus rentable, plus attractive pour les investisseurs, pour une ville dominée par le secteur privé... pour une ville sans solidarité, sans justice, sans unité, sans ses anciens habitants, chassés par l’ouragan Katrina puis par celui du capitalisme dans son visage le plus brut. C’est ce qu’on appelle le capitalisme de catastrophe. Rien de tel qu’une bonne catastrophe pour faire de l’argent rapidement....
       La nature et ses humeurs violentes ont bon dos ..
                      La catastrophe naturelle est aussi souvent politique.
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vendredi 6 mai 2011

Catastrophes: le naturel et le social

Des catastrophes dites naturelles

(Catastrophe:""Événement soudain, qui, bouleversant le cours des choses, amène la destruction, la ruine, la mort...".)

__Des phénomènes naturels n'ont un sens de
catastrophes que pour les hommes, parce que des hommes sont présents pour en subir les effets. Un volcanisme puissant dans un île déserte n'affecte personne. Une petite météorite tombant en plein pacifique passe inaperçue.
Mais, en présence d'êtres humains, tout change. Des transformations géologiques normales , par leur soudaineté et leur ampleur, peuvent avoir des conséquences prévisibles ou parfois non prévisibles redoutables, à court ou à long terme.
Le tremblement de terre de Lisbonne fut une surprise terrible pour toute l'Europe, celui de Haïti, très meurtrier, il y a plus d'un an, n'étonna pas les vulcanologues, comme pour le Japon récemment.
__Accablés par le malheur, les victimes et les survivants invoquent très souvent le destin, font référence à la fatalité, au cours inexorable d'une nature mystérieuse aux "humeurs" et aux réactions imprévisibles, devant laquelle on ne pourrait que se résigner, bien qu'accablés.
Pline le Jeune, observateur privilégié de la destruction de Pompei, décrit de loin le phénomène naturel mais aussi l'accablement et le désespoir des habitants, s'estimant victimes d'un vengeance divine. Pourtant
le poète Lucrèce s'était efforcé de démystifier les phénomènes naturels en évacuant les aspects religieux et mythiques traditionnels . Mais sa leçon ne pouvait pas porter à son époque, et, sous le coup du sort, les hommes sont submergés par l'effroi, neutralisant toute raison.
Cette réaction bien compréhensible aux époques où les hommes ne disposaient d'aucun savoir et de peu de moyens techniques, survit encore aujourd'hui: on l'a vu à Haïti ,où la religion et la mentalité magique (superstitions, vaudou) prennent tant de place. On l'a observé dans la région de Fukushima, dans une population modeste et désemparée, où règne encore une part de l'antique esprit bouddhiste de soumission aux éléments, de sentiment de contingence et de fragilité humaine.
La nature serait parfois considérée comme l'unique source d'événements aussi violents qu'inattendus...On ne peut se garder d'un cyclone, mais on peut alerter les populations, pour éviter le pire. On peut interdire les constructions en zônes réputées inondables,etc...
Si le tremblement de terre a fait tant de dégâts humains à Port-au-Prince, la responsabilité n'en revient-elle pas d'abord à l'incurie d'une politique (coloniale et postcoloniale) ancienne qui a laissé la misère s'installer dans l'île avec son cortège de pénuries et ses défauts d'infrastructures. La construction antisismique, qui a fait merveille à Tokyo, et qui demande des moyens et des décisions politiques, est inconnue à Ha
ïti.
C'est donc un problème économique, donc politique, de niveau de développement aussi bien sûr, mais en aucun cas la nature n'est "fautive", selon la vieille mentalité magique.
__Parfois la responsabilité humaine n'apparaît pas toujours avec autant d'évidence.
A Fukushima, on le sait maintenant,une multitude d'erreurs de la direction de la centrale a aggravé les effets du Tsunami. La première erreur a été de construire dans un endroit exposé à tant de risques connus. La parade au tsunami possible a été négligée: le mur de protection était dérisoirement insuffisant. L'intérêt à court terme a prévalu, contre toute mesure de prudence et de vision à long terme.
L'action (ou l'inaction) des hommes est parfois à l'origine de catastrophes qui auraient pu ne pas se produire avec un peu plus de prévoyance. Les graves inondations chroniques chinoises doivent beaucoup à une déforestation inconsidérée...
Les catastrophes d'origine humaine sont légion.
_________Si on prend le cas de l'ouragan Katrina, on peut clairement parler de négligence humaine, et même de problème politique:

__"Katrina, 2005 raconte l’ouragan survenu à la fin de l’été 2005 à la Nouvelle Orléans. Mais plus profondément, il raconte ce que ce désastre révèle : les fractures sociales résultant d’années de privatisation des formes de solidarité sociale à la suite des réformes conservatrices de l’État-providence américain. Les eaux portées par l’ouragan et entraînées par la rupture des digues ont mené à la destruction de la Nouvelle Orléans : 80% de la ville a été inondée, 1300 personnes ont péries, 1,5 millions de personnes ont été déplacées, quelques 150 000 personnes abandonnées sur place parce qu’elles n’avaient pas les moyens de quitter la ville par elles-mêmes
.
La catastrophe est sociale, bien plus que naturelle. Comme l’ont montré plusieurs travaux, elle est le produit d’une longue histoire de racisme et d’exclusion sociale, de machines économiques de développement urbain aveugles aux périls de la nature et d’ingénieries techniques qui, en tentant de contrôler les risques d’inondation par des digues, fabriquent la vulnérabilité de la ville par la fragilité de ces dispositifs et leurs conséquences perturbatrices sur l’écologie locale (érosion et affaissement du territoire en-dessous du niveau de la mer) . À la question lancinante de savoir comment un tel désastre a été possible, Romain Huret, en s’arrêtant sur les formes de protection des citoyens aux États-Unis au XXe siècle, apporte dans cet ouvrage un éclairage important : c’est l’abandon des pauvres par l’État, suite aux réformes conservatrices, qui a fait de Katrina ce désastre social...
"
____________
-Du risque à la catastrophe
-JP Dupuy

mardi 6 octobre 2015

Ces catastrophes dites naturelles

Amnésie.
             Par- delà les drames humains, la stupeur, l'accablement, c'est l'étonnement qui étonne.
   Dame nature, là comme ailleurs, suit son cours. Elle n'a aucune fin qui lui soit d'avance fixée, comme le disait Spinoza. Ses mécanismes suivent des déterminismes de plus en plus connus.
Elle se moque de la négligence des hommes et de leurs intérêts. A eux de composer avec elle, le plus intelligemment. On en est loin...
Certes, la nature, notre matrice, est finalement la plus forte, comme on dit. Elle aura le dernier mot.
Mais elle a parfois bon dos, quand elle semble ne pas se plier à nos désirs. On le répète à chaque fois, depuis tant d'années: à Nîmes, Vaison-la-Romaine, etc...C'est l'homme qui se met le plus souvent en situation de risques. La nature ne se venge pas, elle exerce ses lois. Aveuglément. Des banalités à répéter.
        L’urbanisation inconsidérée, dans certaines régions et dans certains lieux, a été maintes et maintes fois montrées du doigt, comme hier soir.
        Comme le dit un intervenant sur Mediapart: "...C'est une une région conçue par des fous.
Je connais bien l’endroit. C’est une épouvante, ce pays. Entre Grasse, Cannes, Mandelieu, Sofia-Antipolis, Opio, Antibes et Biot, il n’y a rien. Rien de compréhensible. Il y a des villes, et entre les villes, des centres commerciaux, des bureaux, des pépinières, des entreprises et des villas palissadées. Il y a des routes qui cheminent comme elles peuvent et sont heureuses de trouver des ronds points pour faire demi-tour. Il y a un urbanisme sans plan, sans unité architecturale, sans cohérence. Il n’y a dans ce pays nulle colonne vertébrale à laquelle l’homme ordinaire projeté innocemment ici peut se soutenir : ici est-il perdu, car il n’existe aucun repère ordinaire. Et il est seul, angoissé, car ici est le domaine de la grosse voiture. Rien ne se peut sans elle. Cette région n’a pas été conçue par des êtres vivants mais par le prix du foncier et la bêtise de l’héliotropisme. La mer rend con, surtout quand elle est au soleil...." 
     Le bétonnage effréné, l'urbanisation forcenée, l'occupation des sols irréfléchie, la perte de mémoire, le faux sentiment de sécurité au sein d'une nature oubliée ou artificiellement envisagée, réduite à un décor...Autant d'éléments qui entrent en jeu, en proportions diverses, dans des débordements naturels, vite rangés dans le domaine de l'oubli ou du déni. On revient sur les bords fertiles d'un volcan, comme près de Naples, on n'entretient plus les cours d'eau ou on les canalise à outrance, on continue à désertifier une terre fragile ou à assécher des marais ....On oublie les épisodes cévenoles réguliers, les cycles volcaniques périodiques, etc... 
     Le risque de forts orages en cette saison est connu. Sur le site de l’Observatoire français des tornades et orages violents, il est ainsi écrit que «la journée du 3 octobre compte parmi les jours à risque orageux marqué sur la France, […] avec une probabilité d’orage sévère de 27%». Mais surtout, ce qui est noté et pointé du doigt par les météorologues interviewés par différents médias, c’est l’impact de l’urbanisation. Notre aménagement urbain n’est pas du tout adapté à une montée brutale des eaux.
... Magali Reghezza-Zitt, géographe spécialiste de l'Environnement et des villes, fait le même constat: «Ces inondations sont les conséquences directes de l'urbanisation du littoral français. À un moment, les canalisations ne sont plus capables d'absorber le trop-plein d'eau et ça déborde.»
     Une analyse qui est loin d’être nouvelle. En 2012, un rapport sénatorial s’était penché sur deux épisodes rapprochés de crues dans le Var. Ses auteurs concluaient que, «à strictement parler, les inondations et leurs conséquences ne sont pas des catastrophes “naturelles. En effet, si le fait déclencheur est bien un phénomène météorologique, parfois hors norme [...], il s'applique à un territoire de longue date remodelé par l'homme, ce qui en diminue ou en aggrave les conséquences».
    La catastrophe est rarement seulement naturelle.
          L'erreur humaine et une certaine urbanisation sont en cause.
              Katrina est un exemple dramatique, prenant une ampleur politique
__________________________..
______             (*)  Seule une gigantesque dose de naïveté ou de malhonnêteté politique peut faire dire que la catastrophe qui vient de se produire dans les Alpes-Maritimes et ses victimes sont le fait d’une inondation violente non prévisible. Il y a déjà plusieurs années que nombre d’études de géologues et chercheurs de différentes disciplines (1) montrent de manière indiscutable que depuis trente ans, ce genre de désastres et d’autres sont devenus plus fréquents et plus dévastateurs, en France comme en Italie, en Europe et dans le monde entier (même si nous n’avons pas les cyclones, les tornades ou les tsunamis habituels sur d'autres continents).
    Selon les données disponibles, les inondations ont provoqué en France plus de 397 morts de 1990 à aujourd’hui, presque autant que dans les autres pays comparables – sans compter toutefois les morts dus aux «effets collatéraux». Les dommages matériels sont énormes et les coûts supportés par la population elle-même, par les collectivités locales et par les Etats sont impressionnants; le plus souvent, ceux-ci font l’objet d’un business acharné aux dépens des gens qui n’ont pas de relations privilégiées avec les élus et le monde des affaires ; on peut même dire que dans nombre de cas, ce sont les acteurs du business de la gestion des catastrophes et de l’après celles-ci qui ont intérêt à leur reproduction.
    Les gouvernements qui se sont succédé depuis les années 1980 n’ont presque jamais adopté de sérieux programmes d’assainissement du territoire indispensables pour mettre au point des dispositifs de prévention efficaces. Il est connu en effet que les catastrophes dites «naturelles» se sont aggravées tout d’abord à cause du bétonnage du territoire, de la déforestation, surtout dans les hauteurs, bref en raison de la spéculation immobilière et des grands travaux, le tout sans aucun souci pour les conséquences désastreuses que ces œuvres provoquent. Encore plus graves sont les désastres silencieux, à savoir les désastres sanitaires directement liés à la pollution découlant de substances ou déchets toxiques allant jusqu’à produire une vaste diffusion de cancers. Assez souvent, on ignore que les inondations ne font qu’amplifier cette contamination.
    Or, force est de constater que depuis trente ans (encore plus qu’auparavant), les élus locaux et les gouvernements de tous les pays ne font pas grande chose pour faire face aux risques de ces catastrophes. Les agences de contrôle sont souvent affaiblies, privés de moyens suffisants et parfois une partie de leurs personnels est corrompue. Une partie de la population elle aussi est complice, notamment quand elle vote pour tel élu ou tel député qui lui donnera l’autorisation de construire même dans des sites à risque ou provoquant des risques. La logique commune qui s’est imposée est de privilégier le bâti, tout comme l’industrie et les grands travaux, malgré les risques et même aux dépens de la santé publique, souvent à travers le travail au noir de néo-esclaves (immigrés irréguliers fort utiles) et à travers les pots-de-vin et la corruption des contrôleurs.
    ....Pour les tenants du sécuritarisme néo-libéral, les morts dus aux catastrophes et les cancers liés à la pollution industrielle, nucléaire et militaire, même s’ils sont chaque jours des milliers, ne comptent pas. Ainsi, la res publica à laquelle un gouvernement effectivement démocratique devrait subordonner toute son œuvre a été totalement bafouée. Cela veut dire que face aux risques d’inondation, il est absolument nécessaire d'adopter un programme d’assainissement du territoire. Et cela n’est pas du tout un investissement à perte ; non seulement il permet de créer une très grande quantité d’emplois, mais il permet aussi de créer les conditions pour un futur de développement sain et durable.
    Bien évidemment, cela est le contraire de la logique du profit maximum hic et nunc et sur la peau de quiconque. Et c’est aussi le contraire d’une autre trouvaille néo-libérale : celle qui propose aux gens (individualisés) qui vivent dans les situations à risques de développer leur résilience, d’apprendre à s’arranger, à vivre avec, à se débrouiller. C’est ce nouveau mot magique que les autorités européennes et des pays dits occidentaux ont mis à la mode, selon une approche psychologisante qui de toute évidence reporte sur les populations à risque les coûts des catastrophes provoquées par la gouvernance néo-libérale. Il y a là une sorte d'éternel retour d'une certaine psychologie ancillaire des dominants, qui de facto cherche à renouer le darwinisme social sinon la thanatopolitique, voire l’élimination de ceux qui ne sont pas capables de se doter des moyens de faire face aux risques (voir le sort des pauvres après Katrina à La Nouvelle Orléans). Ainsi, les questions du développement, voire du futur même de l’humanité (qui devraient être discutées aussi prochainement à l’occasion de COP21 à Paris) n’entament en rien les orientations de la gouvernance de la sécurité, lesquelles continuent à ignorer la vie et le futur de l’humanité,..
       (1) Voir entre autres les actes du colloque Catastrophes, vulnérabilités et résiliences dans les pays en développement, les livres Le gouvernement des catastrophes, dirigé par S. Revet et J. Lagumier, Kathala, 2013; La mondialisation des risques, dirigé par Soraya Boudia et Emmanuel Henry, PUR, 2015; Governance of Security and Ignored Insecurities in Contemporay Europe, Ashgate, 2016
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samedi 31 mai 2008

Connaissez-vous Naomi Klein ?

Une conscience éveillée...

Sun Tzu disait :"Pour que le chant des victoires de votre adversaire n’affecte pas le moral de vos soldats, il est primordial de le discréditer par avance. Ainsi, le temps venu, ses propos seront percus comme une simple propagande"

"Seule une crise réelle ou imaginaire peut engendrer un changement profond" (Mitlon Friedman)= "La France est en faillite" (F. Fillon).

Lettre envoyée par le Pape Léon X à son neveu Lorenzo (en 1513): "Il faut maintenir la fiction, entretenue par les Médicis depuis 1434, de "république" ; il faut aussi (et il reparaît ici nettement l’enseignement du Magnifique), contrôler les organes de l’État par un réseau d’hommes sûrs, qu’il est néanmoins prudent de soumettre, en secret, à la surveillance de "confidents", connus du seul Prince. Il faut enfin, tout en laissant aux anciennes familles de l’aristocratie et du monde des affaires le rôle politique prépondérant qu’elles occupent depuis toujours, il faut donc ouvrir la classe politique à des hommes nouveaux, dont l’ascension doit tout aux Médicis."

Comment gagner de l’argent sur le dos du malheur ?:

"Ce que je dis c’est que le marché s’adapte à un marché qui sera fait de crises à l’avenir. C’est un nouveau modèle et c’est très inquiétant parce que nous perdons la motivation à sortir de cette ligne qui nous mène au désastre."
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- Naomi Klein : La stratégie du choc:

« Ces quatre dernières années, j’ai mené des recherches sur ce domaine peu exploré de l’histoire économique : la manière dont les crises ont préparé le chemin de la révolution économique droitière tout autour du globe. Une crise frappe, la panique se répand et les idéologues colmatent la brèche en réorganisant rapidement les sociétés dans l’intérêt des entreprises les plus importantes. Je désigne cette manœuvre sous les termes de “capitalisme du désastre” ». Présentation du dernier ouvrage de Naomi Klein qui, pour l’occasion, a co-réalisé une vidéo promotionelle utilisant sans retenue la technique qu’elle dénonce par ailleurs : le shock & awe, le choc et l’effroi.

La stratégie du choc - La montée d’un capitalisme du désastre

Naomi Klein - éditions Actes Sud

Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l’année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux - Abou Ghraïb ou Guantànamo - aujourd’hui ?.
Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un "capitalisme du désastre". Approfondissant la réflexion militante entamée avec son best-seller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l’existence d’opérations concertées clans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme tout-puissant.
Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.

La Stratégie du Choc » va encore frapper ! - AgoraVox
-Dérégulation & Libéralisme :La Stratégie Du Choc
-Capitalisme et fascisme : "la stratégie du choc" par Naomi Klein | AgoraVox- A qui profitent les crises ?
- Stratégie du choc et marketing de la peur
-Bagdad Année Zero
-Pour faire du fric, Bush conduit le capitalisme du désastre exploiteur de la souffrance du monde
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-Naomi Klein- Site
-Naomi Klein : "Suivre la naissance d'un nouveau modèle économique"
-Recherche Google : naomi klein

samedi 30 août 2025

Après Katrina

 Une renaissance? 

                   L'Ouragan infernal: catastrophe révélatrice des failles de la société américaine


                                 Avec Trump, rien ne pourra s'arranger...  __________________

samedi 8 décembre 2007

Marché et infantilisation


Le capitalisme nous prend pour des enfants… que nous sommes devenus (B.Barber)

Consommateurs ou citoyens ?

"...l'infantilisme a assimilé les tendances utilitaristes et instrumentalistes de notre époque et s'en est servi pour démontrer les « vertus » supposées de la puérilité. Les tensions entre facile et difficile ont posé problème à toutes les sociétés, mais la nôtre est peut-être la première à voir les institutions adultes prendre parti pour le facile. Elles récompensent la facilité et pénalisent la difficulté. Elles promettent des profits à vie à ceux qui prennent des raccourcis et simplifient le complexe à toute occasion. Perte de poids sans exercice, mariage sans engagement, peinture ou piano par les chiffres sans pratique ni discipline, « diplômes d'université » par Internet sans suivre de cours ni apprendre, succès sportifs avec anabolisants et fanfaronnades. En politique étrangère, la noble stratégie mondiale du président Bush en faveur de la liberté se situe pleinement dans l'éthos de la facilité, car elle est faite de mots sans conséquences : guerre sans conscription, idéalisme sans impôt, morale sans sacrifice et vertu sans effort. L'exact contraire de l'éthique protestante : ce n'est plus « sans effort on n'a rien », c'est « on a tout sans effort ». Une vision du monde issue d'un rêve d'enfant, ou` il suffit de dire « je veux que ce soit comme ça » pour que ce soit comme ça. Un monde où, comme le penseur critique Slavoj Zizek l'a bien souligné, le marché consumériste propose des produits qui facilitent le choix – « des produits privés de leurs propriétés nocives : café sans caféine, crème sans matière grasse, bière sans alcool... le sexe virtuel comme sexe sans sexe, la doctrine Colin Powell de guerre sans victimes (dans notre camp, bien sûr) comme guerre sans guerre, et la redéfinition de la politique en gestion technocratique comme politique sans politique ...». (extrait)

Le consommateur-roi ne se contente pas d'être un grand gosse, c'est aussi un redoutable égoïste, supportant de moins en moins les compromis qu'impose la vie en société. La haine de l'Etat qui découle du tout-marché est hautement dangereuse, explique Benjamin Barber. « Quand on affirme aujourd'hui que seules les personnes privées sont libres, que seuls les choix personnels comme ceux que font les consommateurs sont autonomes, ces idées attaquent non la dictature mais la démocratie. » Dans un des chapitres les plus intéressants du livre, l'auteur dénonce la privatisation par le gouvernement américain de la plupart de ses fonctions régaliennes, notamment dans le domaine de la sécurité tant extérieure (l'Irak) qu'intérieure (après le passage de Katrina sur la Floride). Le gouvernement américain dépense chaque année 100 milliards de dollars (70, 27 milliards d'euros) de plus pour payer ses divers sous-traitants que pour payer ses fonctionnaires, note-t-il. « C'est la souveraineté elle-même qu'on externalise », dénonce Benjamin Barber, qui juge également qu'avec la privatisation de l'éducation, de la politique du logement ou des retraites, les Américains sont « moins un peuple qu'avant ».

Bien dit de la part de quelqu'un qui a (re)lu Rousseau...Une voix américaine qu'on n'espère pas isolée...

Culture McWorld contre démocratie, par Benjamin R. Barber (Le Monde diplomatique) : -à lire absolument (extrait ci-dessous)-

Repenser la démocratie selon Barber:
Démocratie forte

"...
Le gouvernement que l’on démantèle en notre nom est en réalité le seul garant de nos libertés et de nos intérêts communs. Le détruire, ce n’est pas nous émanciper, mais nous faire passer sous le joug des entreprises mondiales et du matérialisme consumériste. Cette évidence a d’ailleurs été admise par des conservateurs américains tels MM. William Bennett et Patrick Buchanan. Les marchés ne sont pas là pour faire ce qui incombe aux communautés démocratiques. Ils nous permettent, en tant que consommateurs, de dire aux fabricants ce que nous voulons. Ou plutôt ils permettent aux fabricants, via la publicité et la persuasion culturelle, de nous dire ce que nous voulons. En tout cas, ils nous empêchent de dialoguer entre citoyens pour discuter des conséquences sociales de nos choix privés de consommateurs. Le consommateur peut désirer une voiture capable d’atteindre 220 km/h, mais le citoyen voter pour une limitation de la vitesse qui économisera l’essence et préservera la sécurité sur les routes..." BARBER (Monde Diplo-extraits-)
Changer le monde et se changer par Jean-Marie Harribey
Robert Reich : le « supercapitalisme » menace la démocratie

jeudi 16 août 2007

Irak (suite)


UNE GUERRE PRIVATISEE
(
AgoraVox le média citoyen : Une guerre privatisée)

D'excellents sous-traitants

En franchissant le seuil de son bureau tous les matins, le boss de la compagnie multinationale Blackwater a toutes les raisons d’être satisfait :

les affaires sont prospères, les actionnaires comblés, l’avenir est prometteur, car le bourbier irakien a de l’avenir. Voir l’article sur AgoraVox.

Son Job : "Global security consulting", sa reference : "... the most comprehensive professional military, law enforcement, security, peacekeeping, and stability operations company in the world". Un professionnel de la paix, donc, en langage orwellien. Son objectif est on ne peut plus humaniste : " To support security, peace, freedom, and democracy everywhere." Il peut donc dormir en toute bonne conscience... Son lieu principal d’activité : l’Irak. Le travail ne manque pas, depuis que son ami Georges a fait appel à lui pour quelques menus services, rendant l’ascenseur à une institution qui l’a bien aidé lors de son élection. Entre amis, l’échange de bons procédés est la règle, question de civilité...

Mais quels services ? Fournir des hommes pour des tâches diverses sur le terrain, tâches d’appoint ou d’engagement direct dans les combats. La Libre Belgique, habituellement modérée, a parlé de "mercenaires".

... Il s’agit (seulement) de soutenir l’armée fédérale dans ses tâches difficiles, mais légitimes aux yeux de ceux qui ont encore la foi à la Maison-Blanche et au Pentagone... L’ objectif de Blackwater est de fournir à l’armée américaine des militaires bien entraînés, bien payés, de toutes origines, d’anciens militaires US, mais aussi des Chiliens, des Philippins, des Fidjiens... Pour lutter contre l’Axe du Mal, l’engagement n’a pas de frontières.On recrute dans trente nationalités différentes.

Cette entreprise a eu son premier contrat avec la CIA en Afghanistan et sur bien d’autres terrains... Depuis, ses hommes sont nombreux sur le champ des opérations irakiennes. Ils peuvent même parfois intervenir sur des objectifs civils, comme à la Nouvelle-Orléans, lors de la catastrophe Katrina. Le chiffre d’affaires tourne autour de quelques milliards de dollars. Elle possède le centre d’entraînement militaire le plus grand du monde. Siègent au CA quelques anciens du clan Bush.

Entreprise de sous-traitance, donc, très utile, car comme dit Michael Ratner, président du Centre pour les droits constitutionnels : "Le recours croissant aux sous-traitants privés... rend les guerres plus faciles à déclencher et à mener ; ça ne prend que de l’argent et pas de citoyens". Cela permet aussi d’éviter les résistances, les protestations des citoyens, qui se sentent moins directement concernés par les combats et les morts, même si ces hommes, mal contrôlés, peuvent provoquer certains « dommages collatéraux »(Falloudja)... Le recours aux sociétés privées amortit donc le coût politique du conflit.

Selon ACG, « avant le conflit, les sociétés privées ont largement participé aux préparatifs : approvisionnement, entraînement, et même exercices de simulation et planification des combats dans le désert koweïtien. L’énorme complexe militaire américain de Camp Doha, d’où a été lancée l’invasion, était construit, géré et gardé par un groupe privé. Leur spécialité : préparatifs, approvisionnement,alimentation , logement des troupes, entretien d’armements... »

Il y a bien d’autres "entreprises" de ce type, plusieurs dizaines. Par exemple, Halliburton est spécialisée dans la restauration, le convoyage de carburant, la réparation des secteurs pétroliers. ErInys, force paramilitaire, se charge de la sécurité des personnalités, des convois, de la formation des gardes nationaux. Vinnel, MPRI, NourUSA... forment et équipent la nouvelle armée irakienne. On estime qu’une personne sur dix engagées fait partie de ces nouvelles sociétés privées. Mais il est difficile d’avoir des chiffres fiables. Les pertes d’hommes sont aussi mal connues, restant à la discrétion des employeurs.

Ces sociétés prospèrent donc, aux frais du contribuable américain et le personnel recruté semble ne pas se plaindre, car il y trouve son compte. "L’Irak, actuellement, est une mine d’or. La marge bénéficiaire est incroyablement élevée, bien plus que le facteur risque", relève Duncan Bullivant, le chef de la société britannique Henderson Risks. Les soldats des PMF gagnent deux à dix fois plus que leurs collègues des forces régulières, les mieux payés étant ceux qui ont eu une formation d’élite. L’échelle des salaires reflète aussi la mondialisation : en Irak, un ancien béret vert américain peut gagner jusqu’à 1 000 dollars par jour là où un ancien gurkha népalais fera 1 000 dollars par mois...

Business as usual...

(1)http://www.blackwaterusa.com/)

http://www.lalibre.be/article.phtml ?id=10&subid=391&art_id=113116

http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/VernaG/EH/F/cons/lectures/Blackwater.htm

http://www.dedefensa.org/article.php ?art_id=4279

Géopolitique.com

http://www.acrimed.org/article1620.html

Le Monde Diplomatique

http://mondialisation.ca/index.php ?context=va&aid=5214

http://agircontrelaguerre.free.fr/article.php3 ?id_article=97

http://www.dailymotion.com/video/xd4ry_mercenaires-en-irak


ZEN

dimanche 2 novembre 2008

Où va l'empire ?


"La question est maintenant de savoir comment, avec la fin de la mécanique des subprimes, on va donner aux Américains les moyens financiers de continuer à vivre aux frais de la planète. .."(E.T.)
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"Le monde est trop compliqué pour être dominé par un seul Etat. Sans oublier que, mis à part la supériorité militaire, les Etats-Unis dépendent de ressources qui se réduisent, ou menacent de le faire. Bien que leur économie soit puissante, la part qu’elle représente dans l’économie mondiale diminue. Elle est vulnérable à court comme à long terme " (E.Hobsbawm)________

"Habituellement, les Chinois sont très prudents dans leurs déclarations, mais le 24 Octobre Reuters a indiqué que le Quotidien du Peuple, le journal officiel du gouvernement, dans une tribune publiée en première page, avait accusé les États-Unis de piller « la richesse mondiale en utilisant la position dominante du dollar. » Pour corriger cette situation inacceptable, cette tribune appelait l’Asie et les pays européens à « bannir le dollar de leurs relations commerciales directes, en utilisant uniquement leurs propres monnaies. » Et cette étape, poursuivait l’auteur, devrait être un simple point de départ pour renverser la domination du dollar." (PC Roberts)_________

_________Emmanuel Todd: "Les Américains ont réalisé la plus grande escroquerie financière de l’histoire de l’humanité"___________:

-L’élection annoncée de Barack Obama sera interprétée comme une régénération de la démocratie américaine, affirme Emmanuel Todd. Suffira-t-elle pourtant à opérer les ruptures espérées? Historien, démographe, auteur en 2002 d’«un «essai sur la décomposition du système américain», Todd ne cache pas sa perplexité. S’il accueille avec enthousiasme l’accession d’un président noir à la Maison-Blanche, il craint, dit-il, que l’événement ne s’inscrive dans un «processus de dislocation-
"...Une partie de l’oligarchie est derrière Obama. Il a du reste ramassé plus d’argent chez les riches que McCain. Son élection sera interprétée comme une regénération de la démocratie américaine. J’ai quant à moi le sentiment qu’elle fait plutôt partie d’un processus de dislocation.
- Les Etats-Unis comptent certaines des meilleures universités du monde. Ils attirent de partout les capitaux, les chercheurs, les entrepreneurs de la nouvelle économie. Ces atouts-là ne leur assurent-ils pas une place centrale dans la compétition internationale?
- Quelques universités sont en effet très bonnes. Mais la majorité d’entre elles est d’une médiocrité absolue. Sur le terrain de la production scientifique et technologique, les chiffres sont sans équivoque: l’Europe est redevenue le centre de gravité du monde. Ce sont les Européens qui savent construire les centrales nucléaires modernes, ou qui fabriquent des avions gros porteurs - même avec retard.
L’ouragan Katrina avait en 2005 constitué un premier moment de vérité. On a compris tout à coup que les Américains ne disposaient pas d’assez d’ingénieurs pour protéger les villes, ou les reconstruire. Je pense aussi que le conflit au Caucase a contribué au cours de l’été dernier à précipiter la crise financière. L’inexistence de l’Amérique a été perçue comme un moment d’atterrissage dans la réalité.
- Il reste pour l’industrie américaine des secteurs porteurs. L’informatique, la Silicon Valley...
- Si l’on songe à ce qu’étaient les Etats-Unis en 1945, il serait étonnant qu’il ne reste rien de leur puissance industrielle et technologique. Mais alors qu’ils étaient excédentaires dans tous les domaines, ils enregistrent aujourd’hui un déficit commercial de 800 milliards de dollars. La vitesse de régression est hallucinante, et elle n’épargnera pas l’informatique: l’Inde va bientôt porter l’estocade.
- Le projet économique du candidat démocrate peut-il contrecarrer la dépression qui menace?- Il n’a pas de programme économique. Au début de sa campagne, il a bien proposé quelques mesures protectionnistes, mais le déficit commercial est tel que le protectionnisme entraînerait dans une première période une baisse dramatique du niveau de vie.Obama se confond avec son image. Or les difficultés américaines vont bien au delà d’une image. Pour le moment, le dollar tient, car à l’extérieur, des institutions, des gens riches, des Etats veulent que les Etats-Unis restent au centre du monde. Mais la situation ne changera pas: elle devrait même se dégrader encore. La question est maintenant de savoir comment, avec la fin de la mécanique des subprimes, on va donner aux Américains les moyens financiers de continuer à vivre aux frais de la planète. .."
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-USA : période cruciale
- Après l' empire....
- Le monde va se détourner du dollar
- S' émanciper du Dollar...?
-Crise et dépenses militaires US

lundi 6 juillet 2009

Wall Mart: un géant

Au service des plus pauvres pour des salaires les plus bas...

Un symptôme americain

Vers une walmartisation de l'économie?

Wal Mart : le nouvel ordre social dicté par les prix bas

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-"En 1992, le président des Etats-Unis eut cette formule : « Le succès de Wal-Mart est le succès de l’Amérique. »

-Fortune : «En 1979, Wal-Mart faisait un chiffre d'affaires d'à peine un milliard de dollars. En 1993, il faisait cela en une semaine. L'an dernier, il pouvait y arriver en un jour.»

-M. Scott(PDG de WM) : « Wal-Mart est trop important pour les familles qui essaient de boucler leur budget, pour les fournisseurs qui emploient des millions de salariés, pour nos associés que nous aimons et apprécions tant. »
Les « associés », ce sont, on le sait, les employés de l’entreprise . Pour décrire les sentiments qu’ils lui inspirent, le PDG emploie ainsi le verbe « aimer »... en 2005, le salaire de M. Scott s’éleva à 27 207 799 dollars ; la rémunération moyenne d’un des vendeurs, à 13 861 dollars. Un rapport salarial s’étirant de 1 à 2 000, voilà au moins une première définition, inattendue, de l’amour entre « associés »
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La plus grosse entreprise du monde : Wal-Mart:
"...Au départ, une petite boutique dans un des Etats (l’Arkansas) les plus pauvres du pays. A l’arrivée, un chiffre d’affaires tournant autour de 310 milliards de dollars en 2005, une famille dont quatre des fils comptent au nombre des dix personnes les plus riches de la planète, une chaîne d’hypermarchés devenue à la fois la plus grosse entreprise du monde – elle a dépassé ExxonMobil en 2003 – et le premier employeur privé. Les seules ventes de Wal-Mart représentent 1 CD acheté aux Etats-Unis sur 5, 1 tube de dentifrice sur 4, 1 couche-culotte sur 3. Et, de façon plus significative, 2,5 % de l’ensemble du produit national brut (PNB) américain (1) ! Plus riche et plus influente que cent cinquante pays, l’entreprise doit aux règles qu’ils ont mises en place le pouvoir qu’elle exerce aujourd’hui._A ce niveau de puissance, inutile en effet de s’étonner que la plupart des transformations (économiques, sociales, politiques) de la planète aient trouvé leur pendant – parfois aussi leur origine, leur courroie de transmission, leur accélérateur – à Bentonville, dans l’Arkansas, siège de la firme. Combat contre les syndicats, délocalisations, recours à une main-d’œuvre surexploitée que la déréglementation du travail et les accords de libre-échange rendent chaque année plus prolifique : c’est le modèle Wal-Mart. Pression sur les fournisseurs pour les contraindre à serrer leurs prix en comprimant leurs salaires (ou à s’implanter à l’étranger) ; flou des missions pour favoriser l’enchaînement des tâches et pourchasser ainsi le moindre temps mort, la moindre pause : c’est le modèle Wal-Mart. Construction de bâtiments hideux (les « boîtes à chaussures ») achalandés par l’armada des 7 100 camions géants de l’entreprise, roulant et polluant 24 heures sur 24 afin de bourrer à l’heure dite les coffres des millions de voitures alignées dans les parkings immenses de presque chacune de ces 5 000 grandes surfaces que la multinationale exploite : c’est le modèle Wal-Mart.-Et puis, quand les syndicats contre-attaquent, quand les écologistes se réveillent, quand les clients enfin mesurent ce que « les prix les plus bas » leur dérobent, quand des artistes oublient un instant de se vendre pour relayer le mouvement populaire, quand des citoyens font barrage à l’installation de nouveaux cubes de béton sur leurs territoires (lire « Résistances populaires»), c’est encore Wal-Mart, qui, cette fois, recrute d’anciens « communicants » de la Maison Blanche, démocrates ou républicains, et leur enjoint de blanchir l’image de l’entreprise, de saturer les médias . Ils diront : désormais, Wal-Mart est « éthique » ; elle ne cherche qu’à créer des emplois – certes médiocrement payés, mais mieux vaut peu que rien, et les clients aiment tant les prix bas… Ils ajouteront que la quête obstinée de rendement a permis d’améliorer la productivité nationale. Et que dorénavant l’entreprise défendra l’environnement comme elle a secouru les victimes de l’ouragan Katrina. Exploitation, communication : un modèle, encore… Au fond, comment s’en étonner vraiment ? On ne devient pas la plus grosse entreprise du monde par hasard, uniquement parce que, quarante ans plus tôt, le fondateur Sam Walton (décédé en avril 1992, quelques jours après avoir reçu des mains de l’ancien président George Herbert Bush une des plus hautes distinctions américaines) a eu l’illumination de vendre des pastèques sur le trottoir du magasin et d’offrir en même temps aux enfants de ses clients des promenades à dos d’âne sur le parking ...

L’entreprise fondée par Sam Walton se prévaut d’un atout maître : les 100 millions d’Américains qui iraient désormais chercher les « everyday low prices » (« les prix chaque jour plus bas ») qu’elle leur propose.Plus bas, ils le sont. En moyenne de 14 % (5). Mais à quel prix ? c’est toute la question. La réponse diffère selon qu’on se soucie de l’individu-client à l’affût des meilleures affaires, ou plutôt des salariés des fournisseurs d’une entreprise assez puissante pour imposer à chacun de tenir – et de réduire – ses coûts. Pour que le client de Wal-Mart soit comblé, le travailleur doit souffrir… Pour que les prix de Wal-Mart et de ses sous-traitants soient toujours les plus bas, il faut aussi que les conditions sociales se dégradent alentour. Et mieux vaut par conséquent que les syndicats n’existent pas. Ou que les produits viennent de Chine (lire « Petites mains du Sud pour firme du Nord»)._La schizophrénie du client qui économise avec un tel acharnement qu’il contribue chemin faisant à appauvrir le producteur qu’il est aussi peut paraître théorique et lointaine. Compte tenu de la puissance que Wal-Mart exerce (8,5 % des ventes de détail des Etats-Unis, hors automobile), la contradiction devient vite réelle et immédiate. Ainsi, la firme de Bentonville se targue des « 2 329 dollars par an » qu’elle « permet d’économiser aux familles qui travaillent » ; elle affirme avoir accru en 2004 le pouvoir d’achat de chaque Américain de 401 dollars en moyenne et, la même année, permis la création, directe ou indirecte, de 210 000 emplois (c’est l’idée que l’argent économisé par ses clients a été affecté à d’autres consommations et a donc dopé l’activité ailleurs)._Les adversaires de la multinationale ont en tête des indicateurs moins affriolants. Les prix bas ne tombent pas du ciel ; ils s’expliquent pour partie par la baisse, de 2,5 % à 4,8 %, du revenu moyen des salariés dans chacun des comtés des Etats-Unis où la multinationale s’est installée. La firme déprime les rémunérations là où elle se déploie. Elle crée les conditions des « everyday low prices ». Au passage, elle multiplie le nombre des clients qui n’auront bientôt d’autre recours que de devoir économiser dans ses rayons.Car, entre le pot de fer de la distribution et les pots de terre de la sous-traitance, des employés de la multinationale, des grandes surfaces rivales, le « jeu du marché » opère un triple effet de déflation salariale. D’abord, à cause de la domination d’une entreprise peu prodigue envers ses « associés » (le terme d’usage). Ensuite, à cause de la destruction de la plupart de ses concurrents ou de l’obligation qui leur est faite pour survivre de s’aligner sur son moins-disant social. Enfin, et surtout, à cause des oukases que Wal-Mart exerce sur ses fournisseurs, Etats compris, dont elle détermine souvent de fait les prix (en 2002, elle achetait par exemple 14 % des 1,9 milliard de dollars de produits textiles exportés aux Etats-Unis par le Bangladesh).Au fil de ses pérégrinations, la firme de Bentonville n’a jamais renoncé à deux de ses caractéristiques d’origine : le paternalisme et l’aversion pour les syndicats..."
-Wal-Mart à l’assaut du monde
-Petites mains du Sud pour firme du Nord
-Des « dirigeants à notre service

-Wal-Mart, un symptôme américain:
"La "walmartisation" de l’économie est un symptôme qui en dit long sur l’évolution de la société américaine. A force d’importer de Chine des montagnes de tee-shirts et de fours à micro-ondes, d’asphyxier le petit commerce et de tirer les coûts vers le bas, la modeste entreprise fondée en 1962 à Rogers (Arkansas) par Sam Walton n’a-t-elle pas déréglé l’american way of life ? Autrement dit, ce qui est bon pour Wal-Mart est-il bon pour l’Amérique ?"Mister Sam", comme ses collaborateurs l’appelaient jusqu’à sa disparition en 1992, était un génie, aux méthodes innovantes et implacables : une logistique réglée comme une horloge suisse ; un suivi à la minute près des achats effectués dans les Wal-Mart Supercenters ; un réassort immédiat ; et une idée fixe : "Every day low prices" (des prix bas tous les jours).Ces Wal-Mart Supercenters en forme de boîte à chaussures, ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre, font aujourd’hui partie du paysage américain. Le groupe emploie 1,8 million de salariés dans le monde, dont 1,3 million aux Etats-Unis, qu’il appelle ses "associés". Son chiffre d’affaires, tous pays confondus, est de 312,4 milliards de dollars (246,375 milliards d’euros), soit le PIB de la Norvège.L’entreprise, qui a son siège à Bentonville (Arkansas), a beau dégager 11,2 milliards de bénéfices annuels, ses employés gagnent en moyenne 20 000 dollars par an (1 310 euros mensuels). A peine de quoi faire vivre une famille de quatre personnes. Le revenu de nombre d’entre eux est plus faible encore. 30 % des effectifs de Wal-Mart sont des emplois à temps partiel pour un objectif à terme, non avoué officiellement, de 40 %, cela sous la pression des marchés financiers qui ont constaté que l’action Wal-Mart avait perdu 10 % de sa valeur en trois ans.Le turnover est rapide chez Wal-Mart, érigé en mode de gestion par un groupe qui part du constat que le coût d’un "associé" ayant sept ans d’ancienneté est "presque 55 % supérieur" à celui d’un salarié entré l’année précédente. "Alors même, affirme la direction, que leur productivité est la même."Mal payés, sujets à de fréquents changements d’horaires, la moitié seulement des salariés de Wal-Mart bénéficient d’une couverture santé maison. Les autres sont censés être couverts par l’assurance-maladie de leur conjoint, s’ils en ont, ou par le système public Medicaid, réservé aux nécessiteux, ce qui revient, pour Wal-Mart, à laisser cette couverture à la charge de la collectivité.Le social n’est pas le fort de Wal-Mart. On ne compte plus les procédures judiciaires engagées aux Etats-Unis contre le groupe pour avoir obligé ses "associés" à faire des heures supplémentaires non payées, pour avoir employé des immigrés en situation irrégulière et pour discrimination sexuelle. Qui est embauché chez Wal-Mart est aussitôt informé qu’aucune activité syndicale n’y est tolérée. Cité par le Los Angeles Times, l’un des porte-parole de la firme le reconnaît implicitement : "Notre philosophie est que seul un associé malheureux est susceptible de se syndiquer. C’est la raison pour laquelle Wal-Mart fait tout ce qu’il peut pour s’assurer que ses associés bénéficient de tout ce dont ils ont besoin."Cette vision des relations sociales hérisse nombre de démocrates. Avec d’autres, l’ancien candidat à la Maison Blanche, John Kerry, a pris la défense des salariés de Wal-Mart lors de la campagne pour le renouvellement partiel du Congrès. Il se demande pourquoi une entreprise comptant parmi ses actionnaires cinq des plus grosses fortunes des Etats-Unis (les héritiers de Sam Walton) est incapable d’assurer une couverture santé digne de ce nom à ses salariés. Quant à Hillary Clinton, qui a longtemps siégé au conseil d’administration de Wal-Mart, à l’époque où elle était la first lady de l’Arkansas, elle a refusé le chèque de 5 000 dollars que la firme de Bentonville lui avait proposé pour financer sa réélection au Sénat.

Pour contrer ces critiques, Wal-Mart avait engagé comme lobbyiste Andrew Young, une figure de l’establishment noir américain, ancien ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU. Mais celui-ci a dû démissionner cet été de ses fonctions pour avoir déclaré à un journal que "les boutiquiers juifs, arabes et coréens arnaquaient depuis des années les Américains des centres-villes en leur vendant du pain rassis, de la viande infecte et des légumes défraîchis".Habitué aux critiques, Wal-Mart joue la carte du consommateur qui trouve un réel avantage à remplir chaque semaine son chariot dans un Supercenter aux prix cassés. H. Lee Scott Jr., son PDG depuis 2000, le constate avec satisfaction : deux fois plus d’Américains font leurs courses dans un magasin Wal-Mart qu’il y a eu d’électeurs à la dernière présidentielle. Un plébiscite de tous les jours.Auteur dans les années 1980 du fameux slogan "Buy American", la firme doit aujourd’hui sa fortune au "made in China". Chaque année, elle importe de là-bas pour 18 milliards de dollars de produits manufacturés. Ce chiffre atteint les 20 ou même les 30 milliards si l’on prend en compte ce qu’elle achète à ses fournisseurs américains qui, eux aussi, font fabriquer en Chine, des perceuses Black & Decker aux poupées Barbie. Lorsqu’on sait que le déficit américain à l’égard de Pékin est de 154 milliards de dollars, cela signifie que Wal-Mart y contribue pour près de 20 %.Ce dumping de Wal-Mart n’a pas que des inconvénients. Une étude du cabinet d’études indépendant Global Insight montre que sur la période 1995-2004, le groupe a freiné les salaires de 2,2 % aux Etats-Unis et les prix de 3,1 %.Mais cette contribution à la lutte contre l’inflation a un coût humain. Wal-Mart pèse si lourd qu’il contraint nombre d’entreprises américaines à s’aligner sur ses pratiques sociales et commerciales, sous peine de n’être plus compétitives. En un mot, les gens de Bentonville tirent vers le bas la qualité de vie des Américains. Comme salariés, ceux-ci maudissent le modèle Wal-Mart. Comme consommateurs, ils le bénissent."(B.le Gendre)

-_La plus grosse entreprise mondiale s'appelle Wal-Mart
-
Des patriotes américains contre Wal-Mart
-Walmart fait son lobbying sur la Toile
-WalMart s’active sur la blogosphère pour redorer sa réputation
-Le triomphe de Wal-Mart : de l'esclavagisme comme modèle de développement
-Wal-Mart ou la flexibilité extrême
-May Day pour Wal-Mart... le cousin américain de Carrefour | Rue89
-Malgré la crise financière et les procès et enquêtes contre elle, l'entreprise Wal-Mart cartonne en bourse.
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-Supermarchés : effets pervers

mardi 26 janvier 2010

Voyageurisme

Voyager, voir...

Le monde n'est pas un spectacle

Voir quoi, comment, dans quelles conditions ?
A partir de quand le regard , le désir de voir (et de photographier) devient discutable, équivoque,malsain,marqué parfois par une jouissance perverse inavouée ?
__Pour une autre forme de tourisme?


-"L'industrie touristique emprunte les autoroutes, sans considération éthique, préoccupée par la maximalisation des profits. La concentration des opérateurs en quelques multinationales dans un processus de mondialisation néolibérale leur permet d'imposer des prix planchers aux travailleurs du secteur et un marketing agressif dissimulé sous un vocabulaire idyllique. Le tourisme autrement prend, quant à lui, des chemins de traverse, joue avec le temps, contemple la nature, rencontre les autres hommes, les autres femmes et respecte leurs systèmes symboliques. Le tourisme autrement porte en lui les germes d'une modification du comportement touristique. Tout en offrant un produit de haute qualité, il pense globalement le développement en agissant localement et se révèle un puissant facteur de cohésion sociale. Il apporte une réponse positive à l'urbanisation croissante en offrant des perspectives de vie qui maintiennent la population rurale sur sa terre. Il responsabilise autant le consommateur que tous les participants de la chaîne du tourisme et favorise l'estime de soi des populations. Enfin, par sa prise en considération de la fragilité de certaines zones et des problèmes environnementaux, il participe à la sauvegarde de la Planète."
_________________
-Tourisme de la pauvreté : solidarité ou voyeurisme:
"Rio, son carnaval, ses plages, son soleil et... ses pauvres. Pendant que certains touristes se prélassent sur le sable chaud, d'autres ont choisi une façon bien différente de profiter de leur séjour : ils visitent des favelas, autrement dit les bidonvilles brésiliens.Depuis une dizaine d'années, le tourisme de la pauvreté, rebaptisé «poorism», est en plein essor. «Chaque année, le nombre de nos clients augmente de 15%» assure Marcelo Armstrong, fondateur de l'agence Favela Tour, qui organise des après-midis dans les bidonvilles. «Ce sont majoritairement des Anglais, des Américains et des Scandinaves. Beaucoup de Français aussi. Et malgré la crise, cette année sera positive pour nous».
Ce type d'entreprise fleurit aux quatre coins du monde. En Afrique du Sud, elles proposent de se promener à Soweto, une des régions les plus démunies du pays. En Inde, on peut passer quelques heures avec les enfants des rues de New-Delhi."La guide était tendue"«Le tourisme, depuis toujours, n'est pas seulement une histoire de géographie, mais de distance sociale» explique Rachid Amirou, sociologue du tourisme, auteur de «l'Imaginaire du tourisme culturel» (1). «On a souvent été voir des populations qu'on définissait comme 'authentiques', ce qui veut généralement dire 'pauvres'. Cela permet, inconsciemment, de vérifier sa situation de domination économique. La nouveauté aujourd'hui, c'est que c'est mis en marché.»Se faire de l'argent sur le dos de la pauvreté, c'est bien ce qui dérange. «Indécent», «voyeuriste», sont quelques uns des qualificatifs employés par les détracteurs du «poorism». Sur les forums internet, le débat fait rage. On parle de «curiosité malsaine», on reproche aux touristes de se comporter comme au zoo, de rechercher le frisson du danger, de pouvoir dire, en rentrant au pays, «je l'ai fait !». Le tout sans réelle considération des personnes rencontrées, pauvres et qui le resteront, malgré les miettes redistribuées par les agences....
Le sociologue Rachid Amirou, quant à lui, se montre plus réservé. «L'agence est une caution morale : 'vous n'avez pas à vous poser de questions éthiques, on s'en occupe !' C'est une façon habile de déculpabiliser et de déresponsabiliser les gens.» Et ça marche. «Les touristes partent avec le sentiment vague qu'ils font une bonne action. Mais quand on décortique, il n'y a rien derrière. Or, si ce tourisme n'est pas accompagné d'une réflexion, c'est du voyeurisme.»...


-Le tourisme est un sport de combat:
"...En l'espace d'une dizaine d'années, les agences de voyages proposant ces formes de tourisme ont tout bonnement trouvé un fantastique filon. L'occidental a désormais adopté en matière de voyage les mêmes codes qui régissent sa consommation matérielle. La logique de frime consistant à être parmi les premiers à posséder une console dernier cri (ou un iPhone, ou Harry Potter...) que tout le monde finira par avoir — dans un monde de plus en plus standardisé — s'applique également à la visite des lieux les plus surprenants de la planète. En ce sens, l'explosion du tourisme choc traduit parfaitement la tendance. D'autant que les prix pas nécessairement prohibitifs — entre 200 et 400 euros pour une journée à Tchernobyl, souvent moins de cent euros pour la visite d'une favela ou d'un bidonville — encouragent fortement le voy(age)eurisme.____Dans le même état d'esprit, certaines agences russes proposent ainsi à ses clients de vivre une forme de dépassement de soi en passant deux journées harassantes physiquement et psychologiquement dans un camp militaire à suivre les méthodes d'entraînement des services spéciaux (soit se faire gueuler et tirer dessus pour une centaine de dollars). Les territoires en guerre jouissent aussi d'une grosse côte dans le catalogue. Au cours du World Travel Market qui se tenait mi-novembre à Londres, les professionnels du tourisme ont ainsi pu constater que des pays réputés dangereux et en guerre comme le Pakistan, l'Afghanistan ou l'Irak attirent de plus en plus de touristes en recherche de «dépaysement».

-Le tourisme macabre à La Nouvelle-Orléans après Katrina
-Rencontres chez les Papous:
"...depuis 1998, les voyageurs se font plus rares, mais le tourisme international continue de représenter une aubaine pour les autorités et les militaires indonésiens pour mieux contrôler les Papous, et dissuader une bonne partie d'entre eux d'aller rejoindre les rangs de la guérilla… Une situation qui est à l'origine chez de nombreux Papous d'une hésitation entre ouverture et fermeture aux étrangers, entre les possibles recettes liées au tourisme et les inquiétudes quant aux menaces qui pèsent sur l'avenir de leur identité culturelle… et politique .."
-Tourisme en Sowetoland:
"...Lieu mythique de la résistance noire contre l'oppression de l'apartheid, South West Township fascine
l'imaginaire blanc et étranger. Les autorités du pays l'ont vite compris, et l'immense cité dortoir de plus de
trois millions d'habitants devient au fil des années une destination incontournable pour les tour opérateurs et
autre guides touristiques. Chaque jour, ce sont mille visiteurs qui traversent, le plus souvent dans des
minibus ou des autocars de compagnies touristiques, cette banlieue de Johannesburg étendue sur 140
kilomètres carrés....
Sans réticence, Irena confie que l'intérêt historique n'est pas le seul aspect prétexte à une visite de la ville. "
Franchement, en Europe, il n'y a pas de tel ghetto. Ici, en plus, la visite est apparemment sécurisée malgré
tout". L'ancienne demeure de Nelson et Winnie Mandela, les sites des émeutes de 1976 et différents autres
lieux symboles de la lutte des Noirs sont bien sûr prévus dans tous les circuits. Mais c'est finalement dans la contemplation de la pauvreté et dans le spectacle de la délinquance que bien des touristes viennent glaner leur dose d'émotion..."

- Tourisme De Guerre/Voyeurisme
>Gaza: Des Israéliens s'adonnent au "tourisme catastrophe
"
-Haïti: croisière de luxe à quelques kilomètres du centre du séisme
-Voyeurisme journalistique
___>Traitement journalistique du séisme haïtien par les médias américains.

lundi 22 juillet 2019

Voyageurisme

    Pour une critique de la raison touristique
                             Voyager, voir...
                                     Les modes et parfois des pulsions scopiques douteuses nous poussent à aller voir sur place ce dont tout le monde parle ou a parlé. Pour des raisons qui ne sont pas toujours très claires ou très saines.
    Ou à suivre les sentiers battus, les pistes proposées par les agences sur papier glacé. Il faut aller ici ou là, c'est un impératif catégorique.   Il faut pouvoir en parler à table. Que ce soit Bali ou Santorin.                      Aujourd'hui, la mode est au Japon ou au Groenland...
   Difficile de ne pas suivre les tendances ou de faire le choix,..de rester chez soi. Questions de moyens aussi.
    Dis-moi ce que tu visites et pour quelles motivations, et je te dirai qui tu es.
  Les motivations qui nous poussent à visiter tel lieu plutôt que d'autres sont révélatrices de ce qu nous sommes, dans une large mesure.
    Voir et ne rien voir...Que retiennent la plupart des touristes pressés,  le doigt sur le portable, pour des photos évanescentes.
   Notre-Dame en lambeaux, Auchwitz,..et même l'Irak deviennent des destinations comme les autres...
      Le monde n'est pas un spectacle

    Voir quoi, comment, dans quelles conditions ?
A partir de quand le regard , le désir de voir (et de photographier) devient discutable, équivoque,malsain, marqué parfois par une jouissance perverse inavouée ?_

_Pour une autre forme de tourisme?

-"L'industrie touristique emprunte les autoroutes, sans considération éthique, préoccupée par la maximalisation des profits. La concentration des opérateurs en quelques multinationales dans un processus de mondialisation néolibérale leur permet d'imposer des prix planchers aux travailleurs du secteur et un marketing agressif dissimulé sous un vocabulaire idyllique. Le tourisme autrement prend, quant à lui, des chemins de traverse, joue avec le temps, contemple la nature, rencontre les autres hommes, les autres femmes et respecte leurs systèmes symboliques. Le tourisme autrement porte en lui les germes d'une modification du comportement touristique. Tout en offrant un produit de haute qualité, il pense globalement le développement en agissant localement et se révèle un puissant facteur de cohésion sociale. Il apporte une réponse positive à l'urbanisation croissante en offrant des perspectives de vie qui maintiennent la population rurale sur sa terre. Il responsabilise autant le consommateur que tous les participants de la chaîne du tourisme et favorise l'estime de soi des populations. Enfin, par sa prise en considération de la fragilité de certaines zones et des problèmes environnementaux, il participe à la sauvegarde de la Planète."
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          -Tourisme de la pauvreté : solidarité ou voyeurisme:
"Rio, son carnaval, ses plages, son soleil et... ses pauvres. Pendant que certains touristes se prélassent sur le sable chaud, d'autres ont choisi une façon bien différente de profiter de leur séjour : ils visitent des favelas, autrement dit les bidonvilles brésiliens.Depuis une dizaine d'années, le tourisme de la pauvreté, rebaptisé «poorism», est en plein essor. «Chaque année, le nombre de nos clients augmente de 15%» assure Marcelo Armstrong, fondateur de l'agence Favela Tour, qui organise des après-midis dans les bidonvilles. «Ce sont majoritairement des Anglais, des Américains et des Scandinaves. Beaucoup de Français aussi. Et malgré la crise, cette année sera positive pour nous».
Ce type d'entreprise fleurit aux quatre coins du monde. En Afrique du Sud, elles proposent de se promener à Soweto, une des régions les plus démunies du pays. En Inde, on peut passer quelques heures avec les enfants des rues de New-Delhi."La guide était tendue"«Le tourisme, depuis toujours, n'est pas seulement une histoire de géographie, mais de distance sociale» explique Rachid Amirou, sociologue du tourisme, auteur de «l'Imaginaire du tourisme culturel» (1). «On a souvent été voir des populations qu'on définissait comme 'authentiques', ce qui veut généralement dire 'pauvres'. Cela permet, inconsciemment, de vérifier sa situation de domination économique. La nouveauté aujourd'hui, c'est que c'est mis en marché.»Se faire de l'argent sur le dos de la pauvreté, c'est bien ce qui dérange. «Indécent», «voyeuriste», sont quelques uns des qualificatifs employés par les détracteurs du «poorism». Sur les forums internet, le débat fait rage. On parle de «curiosité malsaine», on reproche aux touristes de se comporter comme au zoo, de rechercher le frisson du danger, de pouvoir dire, en rentrant au pays, «je l'ai fait !». Le tout sans réelle considération des personnes rencontrées, pauvres et qui le resteront, malgré les miettes redistribuées par les agences....
Le sociologue Rachid Amirou, quant à lui, se montre plus réservé. «L'agence est une caution morale : 'vous n'avez pas à vous poser de questions éthiques, on s'en occupe !' C'est une façon habile de déculpabiliser et de déresponsabiliser les gens.» Et ça marche. «Les touristes partent avec le sentiment vague qu'ils font une bonne action. Mais quand on décortique, il n'y a rien derrière. Or, si ce tourisme n'est pas accompagné d'une réflexion, c'est du voyeurisme.»...

"...En l'espace d'une dizaine d'années, les agences de voyages proposant ces formes de tourisme ont tout bonnement trouvé un fantastique filon. L'occidental a désormais adopté en matière de voyage les mêmes codes qui régissent sa consommation matérielle. La logique de frime consistant à être parmi les premiers à posséder une console dernier cri (ou un iPhone, ou Harry Potter...) que tout le monde finira par avoir — dans un monde de plus en plus standardisé — s'applique également à la visite des lieux les plus surprenants de la planète. En ce sens, l'explosion du tourisme choc traduit parfaitement la tendance. D'autant que les prix pas nécessairement prohibitifs — entre 200 et 400 euros pour une journée à Tchernobyl, souvent moins de cent euros pour la visite d'une favela ou d'un bidonville — encouragent fortement le voy(age)eurisme.____Dans le même état d'esprit, certaines agences russes proposent ainsi à ses clients de vivre une forme de dépassement de soi en passant deux journées harassantes physiquement et psychologiquement dans un camp militaire à suivre les méthodes d'entraînement des services spéciaux (soit se faire gueuler et tirer dessus pour une centaine de dollars). Les territoires en guerre jouissent aussi d'une grosse côte dans le catalogue. Au cours du World Travel Market qui se tenait mi-novembre à Londres, les professionnels du tourisme ont ainsi pu constater que des pays réputés dangereux et en guerre comme le Pakistan, l'Afghanistan ou l'Irak attirent de plus en plus de touristes en recherche de «dépaysement».
     Ce fut même La Nouvelle-Orléans après Katrina, spectacle de désastre.
 C'est aussi celui des township d'Afrique du Sud,"...Lieu mythique de la résistance noire contre l'oppression de l'apartheid, South West Township fascine
l'imaginaire blanc et étranger. Les autorités du pays l'ont vite compris, et l'immense cité dortoir de plus de trois millions d'habitants devient au fil des années une destination incontournable pour les tour opérateurs et autre guides touristiques. Chaque jour, ce sont mille visiteurs qui traversent, le plus souvent dans des minibus ou des autocars de compagnies touristiques, cette banlieue de Johannesburg étendue sur 140 kilomètres carrés....
Sans réticence, Irena confie que l'intérêt historique n'est pas le seul aspect prétexte à une visite de la ville. "
Franchement, en Europe, il n'y a pas de tel ghetto. Ici, en plus, la visite est apparemment sécurisée malgré tout". L'ancienne demeure de Nelson et Winnie Mandela, les sites des émeutes de 1976 et différents autres. Lieux symboles de la lutte des Noirs sont bien sûr prévus dans tous les circuits.         Mais c'est finalement dans la contemplation de la pauvreté et dans le spectacle de la délinquance que bien des touristes viennent glaner leur dose d'émotion..."

    Il y a aussi le tourisme De Guerre,, celui de la catastrophe, comme à Haïti...
                                   Heureusement, il y a les autres...
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