Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 10 septembre 2018

Modèles scolaires

    En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des modèles.
                                                        Les idées, on va souvent les chercher ailleurs.
              Par paresse, par renoncement ou par mimétisme.
     L'obsession  de nos chefs d'Etat, c'est de trouver des recettes pour sortir des difficultés qu'ils ont eux-mêmes souvent créés.
   Après le modèle américain des années 70, vint le modèle japonais, puis le modèle allemand, qui a montré ses faiblesses et ses failles.
  Aujourd'hui, l'heure est au modèle danois, après le modèle suédois, présenté de manière biaisée et partielle.
   C'est vrai en matière de "gouvernance" économique, emprunté au monde anglo-saxon revu et corrigé par la tacherisme.
   Mais c'est aussi vrai en matière scolaire, chaque ministre ayant à coeur de laisser son nom à une réforme ou à une réformette.
      Sous prétexte de dépoussiérer le mammouth, on vide progressivement de sa substance un système qui, sous l'effet de la massification, demandait certes bien des adaptations, mais que beaucoup ne reconnaissent plus, tant il s'éloigne des missions fondamentales de l'école, qui est d'abord de former l'homme et le citoyen, avec un minimum d'exigence de culture, de maîtrise de la langue.
    Tout se passe comme si l'accent était mis sur une nouvelle ambition, et cela très précocément: préparer le plus tôt possible de futurs producteurs et d'excellents consommateurs
               Ce que l'on déplore chez nous est encore plus visible dans d'autres pays, qui ont pris à grande vitesse les voies indiquées par de nouveaux pédagogues, marquées par la permissivité, l'idéal d'auto-apprentissage, le recul de l'autorité légitime du maître, les exigences minimales exigées le plus souvent, le fameux "apprendre à apprendre"
   En même temps la privatisation va bon train, accompagnant et accentuant les inégalités.
     En Suède, par exemple, qui a engagé un vaste tournant libéral et que l'on veut mimer, après d'autres modes, qui vont et viennent.
   Le modèle scolaire suédois est très souvent vanté, mais c'est se fier à l'apparence et ne pas comprendre ce qui se joue dans le fond ainsi que les dérives en cours.
   Certes, l'élève est "au centre" du système" (comme on le répète chez nous comme un mantra); il est aussi roi, avec toutes les effets pervers de cette promotion. Les parents ont une autorité  sur un système en fait très contrôlé, malgré la libéralisation proclamée.
   Un marché scolaire trop concurrentiel commence à être remis en question là-bas, ainsi qu'une baisse de niveau.
   La communication devient prioritaire aux dépends des contenus et des matières que l'on sacrifie peu à peu. La France prend le même chemin.
   La ségrégation scolaire va de pair avec une privatisation de plus en plus poussée.
       Les qualités de "modèle" suédois ont aussi des revers, à cette échelle. Il est discuté au coeur même du pays et du monde enseignant, après s'être trop ouvert.
    Etant donnée l'extrême permissivité qui s'est mise en place sous le gouvernement libéral, certains se demandent si l'on est pas en train de former là-bas des "petits cons".
    C'est la fin d'un mythe, semble-t-il..
       La privatisation galopante de l'école s'imprègne des lois du marché. La recherche de la "satisfaction client" pousse à une inflation de bonnes notes , qui fausse tout le système, les parents demandant souvent aux enseignant de revoir leur copie. Un système qui tend à devenir à la carte. Il n'est pas étonnant que le métier d'enseignant, assez mal payé, ne séduise plus.
       L'obsession  de nos chefs d'Etat, c'est de trouver des modèles pour sortir des difficultés qu'ils ont eux-mêmes souvent contribué à créer.
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