Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 1 septembre 2018

Vers quelle nouvelle Europe?

Où va-t-on?
                   C' est peu dire que l'Europe bat de l'aile.
       A tel point qu'on ne sait plus que mettre sous cette notion, qui était d'abord un idéal.
  Le projet de Monnet et de Schuman a perdu de son élan, pour utiliser un euphémisme.voire même son sens. 
  Le contexte d'après-guerre s'est estompé et le triomphe du courant néolibéral des années 80, sous l''impulsion du tatcherisme et du reaganisme, a introduit les germes de division.
     La financiarisation mondialisée a eu raison des idéaux toujours proclamés, mais rarement ou pas suivis. La solidarité européenne fait long feu.
  La concurrence généralisée entre pays et le dumping sur tous les plans ont mis à mal les discours toujours idéalisés, mais qui ont démontré leur vanité surtout à partir de l'ère Barroso.
    Au lieu de construire,on a progressivement créé les conditions d'une crise politique permanente, sur fond de crise économique. 
   Les institutions se sont fossilisées, perdant peu à peu de leur crédibilité, en même temps que l' intégration de nouveaux pays se faisait sans réflexion préalable et sans renégociation de conditions sérieuses et réalistes.
  Sans parler de la crise du Brexit, qui se passe plutôt mal, un mauvais vent de nationalisme réactionnel souffle de l'Est jusqu'à nos frontières.
    Face à ces menaces de désintégration progressive, Bruxelles manifeste son impuissance et montre ses limites institutionnelles. On gère empiriquement les crises successives sans dessein, on répare un peu, on bricole surtout.
    Mais les tropismes historiques nationaux, avec leurs excès, reprennent le dessus, faute d'idéaux et du fait de la force d'inertie d'institutions hors sol.
     Le principe de souveraineté des Etats a été mis à mal rendant une fédération plus problématique et à courte vue, sans vision politique globale et à long terme.
     La notion de peuple européen ne fait pas sens et le consensus de Berlin n'est un facteur stabilisant.
        Redéfinir et concrétiser un nouveau projet qui tienne compte à la fois des intérêts légitimes des nations, qui ont leur histoire propre, et la nécessité de formes fortes et contraignantes de cohésion économique et politique, voilà un projet pour demain. Pour éviter le pire.
       Le bilan est pour l'instant préoccupant, les choses ne s'arrangeant pas d'années en années, c'est le moins que l'on puisse dire, la question des flux migratoires révélant et accentuant les tensions déjà présentes et les exacerbant.
      Comme disait Hubert Védrine, « Quand on analyse les votes aux différentes élections en Europe, il est clair que les peuples veulent garder une certaine identité, un certain niveau de souveraineté, et être assurés d’une certaine sécurité. Ce à quoi s’ajoute un désir, au Sud, de souplesse économique.
     Le problème, c’est que les élites majoritairement européistes, animées par le mythe post-national, n’ont pas voulu tenir compte de ces demandes, persuadées que l’Europe n’avait d’avenir que dans une intégration sans cesse plus poussée. Pendant des années, ces élites politiques et médiatiques ont condamné avec morgue ou arrogance les réclamations populaires. Résultat : les insurrections électorales. Les européistes trop dogmatiques ont une lourde responsabilité dans la situation actuelle en Europe. Si nous ne répondons pas à ces demandes banales des classes populaires et moyennes, elles renverseront la table.
    S’il y a un domaine où les pays membres devraient agir de façon volontaire, coordonnée et rapide, c’est pour doter Schengen de vraies frontières. 
      Oh, il y a quelques forces idéologiques et quelques lobbys qui continuent de s’opposer par aveuglement ou calcul à toute régulation renforcée des flux migratoires, mais globalement il n’y a pas d’opposition insurmontable en Europe contre l’idée de faire un vrai nouveau Schengen qui fonctionne. Les populations sont toutes demandeuses. Et les élites, après avoir été très pro immigration, comme on dit, sont désormais en pleine interrogation.
     Pendant longtemps, après la chute de l’Union soviétique, l’Europe a connu une phase angélique, avec une vision « Bisounours » du monde. Nous avons aboli les frontières intérieures sans organiser assez les frontières externes, pour rester ouverts, accueillants, etc. Et puis, petit à petit, cette bien-pensance naïve a reculé sous le coup du nombre et des événements. Les uns après les autres, les pays ont rétabli leurs frontières dans le désordre. Il faut traiter ce sujet calmement et collectivement. Vraiment maîtriser les flux aux frontières, c’est-à-dire d’une part répondre de façon rapide et efficace aux demandes d’asile, et d’autre part co-gérer les flux migratoires avec les pays de départ et de transit.
     Que les gouvernements se mettent vraiment d’accord, que les ministres de la Justice, de l’Intérieur, des différents pays travaillent ensemble, qu’il y ait une police Schengen des frontières, que les lois et les règlements soient harmonisés, etc. C’est un préalable indispensable. Beaucoup a été fait ces dernières années. Après, on pourra mieux réfléchir à comment défendre nos intérêts face à la Russie, la Chine, les Etats-Unis, etc. Mais si on ne commence pas par la maîtrise des flux, les peuples vont être furieux. C’est par ce biais que les élites peuvent retisser le lien perdu avec les peuples.  »
     Le discours macronien est irresponsable, il déclare la guerre à tous ceux qui tiennent à la Nation et refuse de tenir compte des réalités du Monde. Par ignorance, ceux qui le soutiennent, voteront pour un projet que toute l’Europe refuse. Depuis 1992 ils nous promettent un budget fédéral et les Etats-Unis d’Europe mais personne en dehors des intello boboistes français, personne n’en veut !
    La campagne des européennes sera donc menée au nom de la morale contre les méchants populistes. Macron a été élu par défaut, il sait que les Français tiennent à l’Euro et refuseront toute aventure. Pour lui une troisième voie crédible serait une tragédie et celui ou celle qui l’incarnerait, changerait la donne.
     Cette troisième voie est pourtant celle que choisissent nos partenaires....
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