Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 20 mars 2020

Une saison en enfer

Par ces temps incertains,... 
                       ...Sylvain Tesson nous recommande le détachement, dans son expérience sibérienne de confinement, racontée dans le détail.
      Il montre que le confinement peut être assumé, à certaines conditions.
  Le problème est que l' isolement pour lui était un choix revendiqué, dans l'esprit de Rimbaud, une sorte d'aventure spirituelle.

   Mais on ne peut demander au commun des mortels d'atteindre ce niveau d'ascèse. surtout dans les épreuves du moment, vécu comme une sorte de tremblement de terre.
    On ne peut demander à la masse des gens d'assumer dans la sérénité une telle expérience, souvent traumatisante. où il est question de vie ou de mort.  La plupart sont désorientés, parfois assommés, et même hagards. Incrédules aussi.  
   L'avenir n'est même plus mis en perspective, dont on se demande ce qu'il pourra devenir. C'est au jour le jour. Dans un climat de fatalité résignée ou de tensions extrêmes.  Dans le repli individualiste ou la compassion réveillée.. Les hommes font l'expérience des sentiments contradictoires qui les animent. Le meilleur ou/et le pire.
                La tragédie de Bergame laisse incrédule et semble nous ramener à certaines expériences mortifères des pestiférés du Moyen-Age qu'il fallait fuir, mais sans la consolation de la foi et les interprétations spirituelles des clercs.
  Une tragédie qui semble n'épargner personne. Un mort suit l'autre, d'une demi-heure à l'autre. L'armée évacue par camions des corps dont il faut vite se débarrasser. Sans rituel souvent.Hallucinant et terrifiant.
   Ce n'est plus le passage épisodique du choléra, comme dans Mort à  Venise, c'est l'installation plus durable d'un virus faucheur de vies sans discernement. 
   La Hollande fait peur avec ses choix discutables, auxquels renonça Boris Johnson finalement.
          Le moins pire est de vivre les heures avec résignation, ou mieux dans l'esprit taoïste, le "lâcher prise", pour tenter de désamorcer les tensions permanentes, voire la panique qui parfois submerge, en se disant que rien ne sera plus comme avant.
     Le livre de Pessoa peut nous aider à assumer une certaine intranquillité dans les souffrances communes.
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