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vendredi 17 avril 2026

Croisade idéologique

 Dans l'édition 

                                    Contre l'entreprise idéologique et le coup de force de Vincent Bolloré,  la colère gronde dans le monde des écrivains contre la mise au pas indirecte de la pensée et de la création. De grands auteurs prennent leur distance avec le patron se croyant tout-puissant de la galaxie au service du RN, à l'appêtit sans mesure, à sa croisade culturelle.. Un courage collectif. C'est comme une déclaration de guerre:     



                                                                                                                                                                          

L’onde             L'onde de choc provoquée par le limogeage d’Olivier Nora, emblématique patron de Grasset, n’en finit plus de se propager dans le milieu de l’édition. Jeudi 16 avril, plus d’une centaine d’auteurs et autrices (parmi lesquel·les Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Bernard-Henri Lévy, Philippe Grimbert, Delphine Horvilleur ou encore Frédéric Beigbeder ) ont annoncé dans un texte collectif leur départ de la célèbre maison de la rue des Saints-Pères.                À leurs yeux, le « licenciement » du patron de Grasset marque une « une atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale et [à] la liberté de création ». « Une fois de plus, Vincent Bolloré dit “je suis chez moi et je fais ce que je veux”, au mépris de celles et ceux qui publient, de celles et ceux qui accompagnent, éditent, corrigent, fabriquent, diffusent, distribuent nos livres. Et au mépris de celles et ceux qui nous lisent, écrivent-ils. Nous ne voulons pas que nos idées, notre travail, soient sa propriété. »     Très différent·es les un·es des autres, ces auteurs et autrices se sont rapidement organisé·es, via une boucle WhatsApp, pour aboutir à une position commune. Ce qui a donné des « débats logiquement un peu houleux vu la grande variété des signataires », raconte l’un d’entre eux à Mediapart. « Aujourd’hui, nous avons un point commun : nous refusons d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias », affirment-ils.....nous sommes en guerre. Il faut arrêter de parler de bataille culturelle, d’abord parce que c’est très désobligeant envers Gramsci, mais surtout parce que c’est une euphémisation de ce qu’il se passe. Ce n’est pas une bataille, c’est une guerre industrielle, médiatique, politique. Bolloré déclare la guerre à tout ce qui ne lui ressemble pas.                                 Il a tout à fait le droit de publier ce qu’il veut, mais ce qui ne va pas, c’est quand il commence à décapiter tout ce qui lui déplaît. Face à cela, chacun réagit comme il peut. Il m’a semblé que réagir symboliquement pouvait mettre un petit élément dans le débat.            Je n’ai pas reçu ce texte, parce que je ne dois pas faire partie du monde germanopratin, et ce n’est pas pour me déplaire. Je le trouve bien, il y a des gens courageux qui l’ont signé, courageux parce qu’ils ont des enjeux économiques assez considérables, mais ce qui me gêne un peu dans cette démarche c’est le côté « les auteurs font bloc ». Je crains que cela renforce l’idée que l’extrême droite peut avoir du monde de la culture, qui serait univoque, symbole d’une pensée unique, d’un entre-soi.    Le texte est signé par des personnes très différentes, et c’est l’une des leçons que je retiens de la résistance à laquelle a appartenu ma grand-mère, Françoise d’Eaubonne. Dans ses écrits, elle raconte fort bien que, dans son maquis, il y avait des communistes, mais aussi des royalistes, des légalistes, des gaullistes, des chrétiens, des laïcs… Quand on entre en résistance – je ne compare évidemment pas les époques, mais il y a quand même quelque chose qui est en train de se jouer de cet ordre-là –, ce n’est pas le moment de demander ses papiers aux uns ou aux autres. Ce ne serait pas à la hauteur de la situation. On fait front.                                                            On parle beaucoup des auteurs et autrices de Grasset, mais un peu moins des salarié·es de la maison, pourtant très impacté·es par la situation… Absolument. Les gens sont abasourdis en interne. Comme beaucoup, je pense à tous ceux qui sont aujourd’hui sacrifiés chez Grasset et qui ne seront pas courtisés. C’était justement l’une des raisons pour lesquelles j’avais du mal à partir. Parce que toutes ces personnes-là, des éditeurs aux correcteurs et correctrices, en passant par les magasiniers, les fabricants, les services commerciaux, aucune n’avait choisi d’être achetée par Bolloré. Aucune. Et donc, je trouvais ça dégueulasse de partir et de les abandonner à leur sort.    Pour le moment, les politiques sont absolument en dessous de tout sur la question de la concentration des médias et de l’édition.                                                                  Mais les choses sont tout à fait différentes avec le limogeage de Nora, puisque la guerre est désormais déclarée. Il n’y a malheureusement plus rien à sauver, il faut réajuster la stratégie. La férocité du capitalisme, qui s’applique dans la grande distribution et dans l’industrie depuis toujours, arrive dans le monde médiatique et littéraire. Ce qui m’étonne, c’est que ce monde réagisse si peu alors qu’il est touché par la même brutalité, les mêmes plans sociaux dont on parle depuis quarante ans. C’est comme s’il n’y avait pas de leçons qui avaient été tirées.                                                     Est-ce que le limogeage d’Olivier Nora prouve définitivement que l’idée de lutter en interne est vaine ? Vous avez raison, c’est probablement vain. Après, on parlait à l’instant des salariés de Grasset, et il faut souligner qu’il y a des gens qui ont la possibilité d’être plus libres que d’autres, de gagner leur liberté plus facilement. C’est le cas des auteurs et des autrices, mais pas de tout le monde. Donc, ce serait cruel de dire aux gens qui sont là-dedans : vous êtes condamnés, rien de ce que vous allez pouvoir faire ne servira à quelque chose. Grasset était encore un pôle de résistance et il vient de tomber. Il faut voir comment on peut réagir à l’extérieur sans pour autant jeter les gens qui sont dans la merde à l’intérieur..." (Merci à Ellen Salvi)          __________

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