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jeudi 19 octobre 2023

Le rêve de Amos OZ

Au coeur de la tragédie,  

    Point de vue de Ismaïl Haniyeh

                             Amos Oz, une voix israëlienne, pour la Paix maintenant

Amos Oz est généralement considéré comme le plus important écrivain israélien.

Dès le lendemain de la guerre israélo-arabe de 1967, Amos Oz était un des premiers intellectuels de son pays à proposer la création d'un Etat palestinien aux côtés de l'Etat d'Israël. Il fut, en 1978, l'un des fondateurs du mouvement israélien La Paix Maintenant.
Le 30 juillet 2014, Amos Oz a accordé une interview à la radiotélévision internationale allemande (Deutsche Welle - DW).
Propos recueillis par par Denis Stutte
Traduction française: Michel Goldberg pour La Paix Maintenant (LPM)
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Amos Oz: M’autorisez-vous à commencer cette interview de façon atypique, en posant moi-même une ou deux questions à vos lecteurs et à vos auditeurs?
Deutsche Welle: Allez-y!
Amos Oz:
La question n°1: Que feriez-vous si votre voisin, de l’autre côté de la rue, assis à son balcon, prenait son petit garçon sur ses genoux et commençait à tirer à l’intérieur de la chambre de vos enfants?
La question n°2: Que feriez-vous si ce même voisin creusait un tunnel entre la chambre de ses enfants et celle de vos enfants avec l’intention de faire exploser votre maison ou de kidnapper votre famille?
Avec ces deux questions en tête, je vous laisse poursuivre l’interview.
DW: Évidemment, vous êtes déjà au cœur de l’interview. Dois-je comprendre que vous vous positionnez comme durant la seconde guerre du Liban en 2006 et celle de Gaza en 2009, en soutenant l’offensive israélienne actuelle dans la bande de Gaza?
AO: Non, je suis partisan d’une réaction militaire limitée et non pas d’une réaction militaire illimitée, comme je l’ai été en 2006 et plus tard lors de la précédente bataille à Gaza.
DW: Où se situe la limite entre ces deux options?
AO: Il importe de détruire tous les tunnels, où qu’ils soient, et d’essayer de frapper les cibles du Hamas en évitant les civils.
DW: Mais n’y a-t-il pas là un problème? Les tunnels constituent un système complexe et difficile à détecter. Les entrées sont cachées dans des constructions privées et publiques, en sorte que vous devriez les rechercher maison par maison; et cela impliquerait des pertes civiles. Le même raisonnement peut être tenu pour les lance-roquettes dans les zones habitées.
AO: Certes, j’ai bien peur qu’il n’y ait pas de méthode, quelle qu’elle soit, pour éviter les pertes civiles parmi les Palestiniens aussi longtemps que notre voisin, de l’autre côté de la rue, prend son petit garçon sur ses genoux et commence à tirer à l’intérieur de la chambre de vos enfants.
DW: L’analogie avec l’enfant sur les genoux est-elle appropriée à la situation réelle? La population est très dense à Gaza et les positions du Hamas se trouvent inévitablement dans des zones habitées.
AO: Oui, c’est la stratégie du Hamas. C’est pourquoi on peut parler d’une configuration perdant-perdant pour Israël.
Plus il y aura de victimes israéliennes, mieux ce sera pour le Hamas. Plus il y aura de victimes palestiniennes, mieux ce sera pour le Hamas.
DW: Selon vous, l’offensive terrestre actuelle est-elle limitée ou illimitée?
AO: Je pense qu’elle est excessive par certains aspects. Je n’ai pas d’information détaillée sur ce qui se passe sur le terrain actuellement, mais à en juger par les frappes faites par l’armée israélienne dans Gaza, je pense que l’on peut dire que l’action militaire est excessive par certains aspects. Elle est justifiée, mais elle est excessive.
DW: Que proposez-vous?
AO: Je propose de nous rapprocher d’Abu Mazen [le président palestinien Mahmoud Abbas, ndt] et d’accepter les termes d’un accord – que le monde entier connaît – pour une solution à deux États et une coexistence entre Israël et la Cisjordanie: deux capitales à Jérusalem, un accord sur des modifications territoriales et le retrait de la majorité des implantations juives de Cisjordanie.
Lorsque Ramallah et Naplouse, en Cisjordanie, vivront dans la prospérité et la paix, je pense que le peuple de Gaza fera au Hamas ce que le peuple roumain a fait à Ceausescu. Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais cela adviendra, pour la simple raison que le peuple de Gaza sera jaloux de la liberté et de la prospérité de ses frères et sœurs en Cisjordanie, dans l’État de Palestine. Voilà, de mon point de vue, quelle est la solution, et j’ai bien conscience qu’elle n’adviendra pas sous 24 ou 48 heures.
DW: Pouvez-vous imaginer un État palestinien qui ne soit pas hostile à Israël?
AO: Absolument. La majorité des Palestiniens ne tombera pas amoureuse d’Israël, mais ils accepteront, en serrant les mâchoires, que les Juifs israéliens restent ici, comme la majorité des Israéliens accepteront, sans joie et en serrant les mâchoires, que les Palestiniens sont ici pour y rester. Ce n’est certes pas une lune de miel, mais simplement un divorce équitable, comme cela s’est fait entre la Tchéquie et la Slovaquie.
DW: Mais cela ne cadre pas avec l’image d’un État palestinien avec une économie en grandes difficultés, un gouvernement faible sans pouvoir sur les groupes radicaux, et qui pourrait se servir de l’hostilité à Israël pour se maintenir au pouvoir.
AO: Cela dépendra de l’assistance et de l’aide en matériel que le nouvel État palestinien obtiendra d’Israël, des riches États arabes et du reste du monde.
DW: Beaucoup de gens pensent que la solution à deux États est morte parce que les constructions dans les implantations ainsi que les routes en Cisjordanie pénètrent profondément sur ce territoire.
AO: Oui, mais j’ai vu comment, il y a quelques années, le Premier ministre Ariel Sharon a défait toutes les implantations juives ainsi que tous les postes militaires de Gaza en 36 heures, et sans verser de sang. Je ne prétends pas que cette opération pourra se répéter de la même manière en Cisjordanie, mais je pense que rien n’est irrévocable sur terre, hormis la mort.
DW: Mais que faites-vous du soutien puissant des colons dont bénéficie l’actuel gouvernement de droite?
AO: C’est un gouvernement de droite qui repose sur un parti centriste et colombe, le parti Yesh Atid. Et l’avenir de ce gouvernent de droite est entre les mains de ce parti centriste et plutôt pacifiste.
DW: Vous venez de nous présenter une solution à long terme. Mais à quoi pourrait ressembler un accord à court terme?
AO: Les hostilités ne s’arrêteront, malheureusement, que lorsque l’une des parties, ou les deux, seront épuisées. Ce matin, je lisais soigneusement la Charte du Hamas. Elle nous dit que le Prophète ordonne à tout musulman de tuer tout juif, où qu’il se trouve. Elle cite Les Protocoles des Sages de Sion et affirme que les Juifs contrôlent le monde par leur emprise sur la Ligue des Nations, puis sur les Nations unies, que les Juifs sont à l’origine des deux guerres mondiales, et aussi que les Juifs contrôlent le monde entier grâce à leur argent.
Si je voyais péniblement se dessiner une perspective de compromis entre le Hamas et Israël, je serais un homme de compromis exceptionnel. Mais même un homme de compromis ne peut pas se rapprocher du Hamas et lui dire: «Faisons chacun la moitié du chemin, et Israël pourra exister les lundis, les mercredis et les vendredis.»
DW: Actuellement, le Hamas exige la levée du blocus de la bande de Gaza…
AO: Je suis absolument d’accord. Je pense que le blocus doit être levé. Je pense que d’immenses investissements internationaux, arabes et israéliens, doivent être faits dans la bande de Gaza, en échange d’une démilitarisation effective. C’est une proposition qu’Israël devrait faire sans délai.
DW: Cela ne signifierait-il pas que les attaques aux roquettes constituent un moyen efficace afin d’exercer une pression sur Israël?
AO: Si la démilitarisation de Gaza est effective, je suis certain que 80% des Juifs israéliens accepteront un tel accord, même dans leur état d’esprit actuel.
DW: Faites-vous partie des 85% d’Israéliens qui veulent que l’offensive actuelle se poursuive jusqu’à la destruction totale des tunnels et des lance-roquettes?
AO: La seule alternative à l’opération miliaire israélienne est de faire comme Jésus-Christ et de tendre l’autre joue. Je n’ai jamais été d’accord avec Jésus-Christ pour tendre l’autre joue à l’ennemi. Contrairement aux pacifistes européens, je n’ai jamais pensé que le pire ennemi dans le monde est la guerre. À mon sens, le pire ennemi est l’agression, et le seul moyen de repousser l’agression est malheureusement la force. C’est là que réside la différence entre un pacifiste européen et un Israélien qui veut la paix, comme moi.
Laissez-moi ajouter une anecdote: un proche parent, qui a survécu au génocide nazi à Theresiendstadt en 1945, rappelait souvent à ses enfants et petits-enfants que sa vie n’avait pas été sauvée en 1945 par des pacifistes défilant avec des pancartes et des fleurs, mais par des soldats et des engins de guerre.
DW: Quels sont les effets de ces hostilités permanentes sur les gens?
AO: Ils sont très mauvais. La haine, l’amertume, la suspicion, la méfiance augmentent. Mais c’est le cas pour toute guerre. Il est classique, et sentimental, d’espérer que les ennemis finiront par se comprendre, par s’aimer, et finalement par se réconcilier pour faire la paix. Mais dans l’histoire, les choses se passent pas comme cela. Les ennemis, avec leurs cœurs emplis de haine et d’amertume, finissent par signer un traité de paix en serrant les mâchoires et avec des sentiments de revanche. Ensuite, avec le temps, l’émotion s’émousse graduellement.
DW: Vous avez écrit il y a 50 ans qu’une «occupation, même si elle est inévitable, est une occupation qui corrompt».
AO: Je ne suis pas toujours d’accord avec moi-même, mais ici, je suis d’accord. L’occupation corrompt, même lorsqu’elle est inévitable. La brutalité, le chauvinisme, l’esprit étroit, la xénophobie sont les symptômes classiques des conflits et de l’occupation. Cependant, l’occupation israélienne en Cisjordanie n’est plus inévitable.
DW: Si vous n’aviez pas commencé l’interview, je vous aurais demandé: comment allez-vous?
AO: Personnellement, pas très bien. Je rentre juste de l’hôpital après trois opérations, et je reprends des forces à la maison, entre une sirène qui annonce une attaque aérienne et la suivante. Pendant les alertes, nous allons nous abriter et nous attendons quelques instants. Puis nous poursuivons le cours de nos vies jusqu’à l’alerte suivante.
DW: Vous n’aviez pas la possibilité de vous abriter pendant les alertes à l’hôpital… Cela semble terrifiant.
AO: Non. J’ai déjà vécu une longue vie, et j’ai moi-même été sur le champ de bataille à deux reprises. Cela ne devient terrifiant que lorsque je pense à mon petit-fils.
DW: Jusqu’à quel point les Israéliens peuvent-ils se sentir en sécurité?
AO: Jusqu’à quel point les Juifs peuvent-ils se sentir en sécurité sur cette planète? Je ne parle pas ici des vingt ou des cinquante dernières années, mais des 2000 dernières années. Je vais maintenant vous dire quels sont mon espoir et ma prière pour le futur d’Israël.
Je voudrais qu’une fois pour toutes, Israël n’apparaisse plus à la Une des journaux du monde entier à propos de conquête, d’occupation ou de construction d’implantation. Je voudrais qu’on parle d’Israël dans les suppléments consacrés à la littérature, à l’art, à la musique ou à l’architecture. Tel est mon rêve pour le futur.

samedi 29 décembre 2018

Figure israëlienne

Un écrivain s'en est allé.
                                        Et non des moindres.
      Amos Oz, ecrivain, mais aussi un témoin des tragédies de son temps et une voix qui a compté  et qui résonnera encore longtemps, pas seulement dans son pays.
          Même s'il nul n'y est prophète...
   Comme celle de David Grossman, qui déplorait l'"impuissance" des gouvernements israëliens à faire la paix, après les vaines tentatives de Rabin, le conciliateur tardif, assassiné par l'extrémisme aveugle.
   Profondément engagé, il avait suivi un parcours sinueux et incertain, toujours prêt à se remettre en question, avant de devenir un militant de la paix, dont la voix s'exprimait souvent dans Haaretz, faisant prévaloir la voie d'une certaine sagesse dans une société épousant de plus en plus les extrêmes, surtout depuis Sharon et la politique d'annexion qui s'instaure progressivement, en dépit de toutes les conventions internationales. pour l'instauration du Grand Israël, souvent inspiré par un messianisme sans freins.
   Comme d'autres figures; entre autre, Théo Klein, D.Barenboïm, Charles Enderlin...et l'UJP, qui rappelle obstinément que:
« Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.      Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »
     La Paix Maintenant , aux ramifications internationales était devenu pour Amos son lieu d'expression et de militantisme, essayant difficilement de faire barrage aux dérives d'une extrême-droite décomplexée et d'un fondamentalisme sioniste s'exerçant de plus en plus au coeur même des institutions, la Knesset comme Tsahal. En route vers un apartheid renforcé....
         L' annexion est et deviendra de plus en plus un cauchemar pour Israël, rappelle une majorité d'anciens généraux de Tsahal (Commanders for Israel’s Security) 
      Le grignotage est sans fin dans le silence et parfois la réprobation purement verbale, comme avec Obama, avec la complicité affichée, comme avec Trump
         Le problème est qu'Israël est extrêmement divisé, comme le souligne l'historien israëlien Marius Schattner.
 Celui-ci avait naguère analysé les clivages et les divisions qui affectent sourdement mais profondément l'Etat d'Israël.    Il soulignait "le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
    La crise est profonde. __L' évolution de la politique du  pays depuis Sharon et surtout depuis Netanyaou n'a fait que confirmer le durcissement et le glissement vers l'extrême droite d'une partie du monde politique et même de l'opinion... La  fuite en avant  vers la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, malgré l'opposition palestinienne et des voix israëliennes. 
 . Le poète Natan Zach, l’une des figures du laïcisme israélien va jusqu'à déclarer au journal «Maariv»: «Je ne pense pas que ce pays tiendra longtemps. La société s’est fragmentée […]. Notre nation s’est désintégrée en factions partisanes imprégnées de haine et de fanatisme […]. Cela ne pourra pas durer.»
 ___De plus en plus, les orthodoxes ont le vent en poupe,. un monde à part dans le pays, qui pose des problèmes notamment aux femmes, religieuses ou non.
  Comme le reconnaît Mme Livni, de la droite israëlienne elle-même, tout marche à l'envers. La droite nationaliste, d'une aveugle stupidité, domine à la Knesset, qui considère les Palestiniens israëliens comme ennemis de l’intérieur. Israël contre Israël?
    Une politique suicidaire qui compromet l'avenir et sape la légitimité du pays.
      L'espoir de paix s'est progressivement évanoui, d'autant plus que les faucons, le lobby des colons ont de plus en plus d'influence. Ceux qui se risquent encore à parler de négociations sont marginalisés
Un Likoud qui se déchire comme jamais. Une société dans l'impasse, paralysée par la peur
Une peur entretenue et instrumentalisée. 
 ____Comme dit  ALEXANDRA SCHWARTZBROD «Tant que ce problème (palestinien) ne sera pas réglé, il n’y aura pas de paix ici»... «Effacer l’existence même des Palestiniens, c’est le processus en cours dans ce pays. Nous allons nous effondrer si nous continuons ainsi."
    Une terre qui dévore ses enfants?
      De sombres perspectives d'avenir, selon Gidéon Lévy, si rien ne change très vite.
          La paix maintenant?...ou trop tard? 
_________
- Le pouvoir « maléfique » des hommes en noir
- Les sombres prophéties d’Amos Oz
"En Israël, il y a quelque chose d'une tragédie grecque"
L'inquiétant M. Bennett
-Pas de solution militaire au conflit
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samedi 8 août 2026

Figure israëlienne

 Il manque à son peuple... 

Un écrivain s'en est allé.
                                        Et non des moindres.
      Amos Oz, ecrivain, mais aussi un témoin des tragédies de son temps et une voix qui a compté  et qui résonnera encore longtemps, pas seulement dans son pays.
          Même s'il nul n'y est prophète...
   Comme celle de David Grossman, qui déplorait l'"impuissance" des gouvernements israëliens à faire la paix, après les vaines tentatives de Rabin, le conciliateur tardif, assassiné par l'extrémisme aveugle.
   Profondément engagé, il avait suivi un parcours sinueux et incertain, toujours prêt à se remettre en question, avant de devenir un militant de la paix, dont la voix s'exprimait souvent dans Haaretz, faisant prévaloir la voie d'une certaine sagesse dans une société épousant de plus en plus les extrêmes, surtout depuis Sharon et la politique d'annexion qui s'instaure progressivement, en dépit de toutes les conventions internationales. pour l'instauration du Grand Israël, souvent inspiré par un messianisme sans freins.
   Comme d'autres figures; entre autre, Théo Klein, D.Barenboïm, Charles Enderlin...et l'UJP, qui rappelle obstinément que:

« Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.      Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »
     La Paix Maintenant , aux ramifications internationales était devenu pour Amos son lieu d'expression et de militantisme, essayant difficilement de faire barrage aux dérives d'une extrême-droite décomplexée et d'un fondamentalisme sioniste s'exerçant de plus en plus au coeur même des institutions, la Knesset comme Tsahal. En route vers un apartheid renforcé....
         L' annexion est et deviendra de plus en plus un cauchemar pour Israël, rappelle une majorité d'anciens généraux de Tsahal (Commanders for Israel’s Security) 
      Le grignotage est sans fin dans le silence et parfois la réprobation purement verbale, comme avec Obama, avec la complicité affichée, comme avec Trump
         Le problème est qu'Israël est extrêmement et de plus en plus divisé, comme le souligne l'historien israëlien Marius Schattner.
 Celui-ci avait naguère analysé les clivages et les divisions qui affectent sourdement mais profondément l'Etat d'Israël.    Il soulignait "le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
    La crise est profonde. __L' évolution de la politique du  pays depuis Sharon et surtout depuis Netanyaou n'a fait que confirmer le durcissement et le glissement vers l'extrême droite d'une partie du monde politique et même de l'opinion... La  fuite en avant  vers la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, malgré l'opposition palestinienne et des voix israëliennes. 

 . Le poète Natan Zach, l’une des figures du laïcisme israélien va jusqu'à déclarer au journal «Maariv»: «Je ne pense pas que ce pays tiendra longtemps. La société s’est fragmentée […]. Notre nation s’est désintégrée en factions partisanes imprégnées de haine et de fanatisme […]. Cela ne pourra pas durer.»
 ___De plus en plus, les orthodoxes ont le vent en poupe,. un monde à part dans le pays, qui pose des problèmes notamment aux femmes, religieuses ou non.
  Comme le reconnaît Mme Livni, de la droite israëlienne elle-même, tout marche à l'envers. La droite nationaliste, d'une aveugle stupidité, domine à la Knesset, qui considère les Palestiniens israëliens comme ennemis de l’intérieur. Israël contre Israël?
    Une politique suicidaire qui compromet l'avenir et sape la légitimité du pays.

      L'espoir de paix s'est progressivement évanoui, d'autant plus que les faucons, le lobby des colons ont de plus en plus d'influence. Ceux qui se risquent encore à parler de négociations sont marginalisés
Un Likoud qui se déchire comme jamais. Une société dans l'impasse, paralysée par la peur
Une peur entretenue et instrumentalisée. 
 ____Comme dit  ALEXANDRA SCHWARTZBROD «Tant que ce problème (palestinien) ne sera pas réglé, il n’y aura pas de paix ici»... «Effacer l’existence même des Palestiniens, c’est le processus en cours dans ce pays. Nous allons nous effondrer si nous continuons ainsi."
    Une terre qui dévore ses enfants?
      De sombres perspectives d'avenir, selon Gidéon Lévy, si rien ne change très vite.
          La paix maintenant?...ou trop tard? 
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- Le pouvoir « maléfique » des hommes en noir
- Les sombres prophéties d’Amos Oz
- "En Israël, il y a quelque chose d'une tragédie grecque"
- L'inquiétant M. Bennett
-Pas de solution militaire au conflit
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vendredi 22 novembre 2024

Le piège

Diviser pour mieux régner [Notes de lectures]

            Jouer avec le feu. Calcul machiavélique et impasse tragique. (ici)

                         De la dénégation à la réalité. Prémonition? Naguère déjà Yossi Alpher, un ancien fonctionnaire appartenant au Mossad, le service de renseignements, et ex-conseiller sur les négociations de paix à l’époque où Ehud Barak était Premier ministre, estime que le blocus de la bande de Gaza était un stratégie vouée à l’échec et qui pourrait renforcer le Hamas. « Je ne pense pas que quiconque puisse produire des preuves évidentes montrant que le blocus ait été contre-productif, mais il n’a certainement pas été productif. Il est très possible qu’il ait été contre-productif. C’est une punition collective, une souffrance [au plan] humanitaire. Il n’a pas conduit les Palestiniens dans la bande de Gaza à se comporter de la façon dont nous le voulions. Alors pourquoi le faire ? » déclare-t-il. « Je pense que des gens ont vraiment cru que si on affamait les habitants de Gaza, ils contraindraient le Hamas à cesser les attaques. C’est la répétition d’une politique vouée à l’échec, déraisonnable ».

                             " Le 7 octobre dernier, Israël était frappé par l’attentat terroriste le plus important de son histoire. Derrière lui, le Hamas laissait des milliers de victimes civiles, directes et indirectes – morts et blessés, traumatisés et endeuillés. Une année durant, le gouvernement de Netanyahou devait méthodiquement pilonner et affamer la Bande de Gaza. Les forces armées israéliennes devaient se livrer à des tueries de civils à un rythme inédit pour le XXIè siècle, tandis que les dirigeants multipliaient les propos considérés comme génocidaires par la Cour internationale de justice (CIJ). À Israël comme à Gaza, le conflit renforçait les forces maximalistes. Tandis que le Hamas était concurrencé par des groupes armés plus radicaux – notamment le Jihad islamique -, Netanyahou se pliait à l’agenda d’une extrême droite suprémaciste. Ce renforcement mutuel n’est pas neuf. Il remonte en réalité à l’assassinat de Yitzhak Rabin. Les dirigeants israéliens, conscients que l’hégémonie du Hamas leur fournirait une justification pour refuser la création d’un État palestinien, ont contribué à le renforcer. Retour sur un sabotage méthodique des issues pacifiques.       la progression du Hamas donne du grain à moudre à la droite (dominée par le Likoud), prompte à qualifier de « terroriste » toute forme d’opposition à la colonisation. Déjà fragile, la confiance de la population à l’égard des processus de pacification s’érode davantage. Il faut dire que la stratégie israélienne n’était pas totalement étrangère à cette montée en puissance du Hamas. En 2006, le reporter Charles Enderlin en résumait la teneur dans Le Monde : « depuis trente ans, les dirigeants israéliens ont misé sur les islamistes pour détruire le Fatah » [NDLR : le principal mouvement de l’OLP]. Depuis les années 1970 en effet, les gouvernements successifs avaient fait le pari de soutenir les Frères musulmans palestiniens pour affaiblir l’OLP. Les premiers étaient tolérés, voire encouragés, tandis que la seconde était prohibée et réprimée. Dans un premier temps, ce choix pouvait s’expliquer par une mésestimation du danger représenté par la mouvance islamiste1. Mais cette orientation stratégique a perduré bien au-delà de la création du Hamas....     


                                                                                                                        
Yitzhak Rabin déclarait que le Likoud était « le meilleur collaborateur dont le Hamas puisse rêver ». Amos Oz ajoutait que le Hamas était « le meilleur instrument que les faucons extrémistes d’Israël avaient à disposition ».                                                  En 2007, alors qu’une guerre civile sanglante déchirait le Hamas et le Fatah à Gaza, le chef des services secrets israéliens Amos Yadlin se déclarait « heureux » de la perspective d’une « conquête par le Hamas de la Bande de Gaza », qui « [permettrait] de la traiter comme un État hostile », ainsi que le rapporte Wikileaks. Durant les mandatures de Benjamin Netanyahou (au pouvoir de 2009 à 2019 puis à partir de 2022), ce soutien tacite au Hamas a continué, soulevant l’indignation répétée de la gauche israélienne.            __
Le Premier ministre a notamment autorisé, sans aucun contrôle, des transferts de fonds qataris et iraniens vers Gaza – autrement soumise à un blocus – qui ont directement alimenté la branche militaire du Hamas. Benjamin Netanyahou a défendu cette politique lors d’une entrevue à la Knesset, en des termes rapportée par plusieurs médias israéliens, dont Haaretz et The Times of Israël : « Quiconque s’oppose à la création d’un État palestinien devrait soutenir l’afflux de fonds vers Gaza, car la séparation entre l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas à Gaza empêchera l’établissement d’un État palestinien. »  Au-delà de ces manoeuvres, la politique menée par le premier ministre israélien a contribué à empêcher tout rapprochement entre le Hamas (hégémonique à Gaza) et le Fatah (au pouvoir en Cisjordanie). En 2006, ce dernier refusait de reconnaître la victoire de son concurrent aux élections législatives. De violents affrontements s’en sont suivis : le Fatah a été évincé de la Bande de Gaza, tandis qu’il est demeuré au pouvoir en Cisjordanie (sous l’appellation « d’Autorité palestinienne »).                                                                                  Le Hamas, maître à Gaza, est resté ouvert à une réunification des institutions palestiniennes, tant et si bien qu’en 2014 un pacte est entériné : l’Autorité palestinienne est rétablie dans ses fonctions sur la Bande, tandis qu’un gouvernement unitaire est instauré. Cet accord ne survit pas aux bombardements commandités par Netanyahou en juin, qui accuse le Hamas de la mort de trois adolescents israéliens enlevés dans la zone d’Hébron.                               Cette nouvelle période de tueries signe la fin du rapprochement intra-palestinien. Ainsi que l’écrit le chercheur Jean-Pierre Filiu : « En cet automne 2014, le Hamas peut être reconnaissant à Netanyahou de l’avoir sorti d’une impasse qui aurait pu lui coûter son pouvoir sans partage dans la bande de Gaza. Les pilonnages féroces de l’armée israélienne ont en effet rendu sa légitimité à la “résistance islamique”2. » Plus largement, ajoute-t-il, la cruauté du blocus imposé à Gaza accroît l’emprise de l’organisation sur la Bande : « le refus israélien de desserrer significativement l’étau du siège fait aussi le jeu du Hamas. Le contrôle sourcilleux des points de passage par Israël permet en effet au Hamas d’affecter prioritairement les secours ainsi chichement admis à sa propre clientèle de sympathisants3. » Le « cauchemar dans le cauchemar », ainsi que le qualifie un manifeste gazaoui en 2010, était amené à durer..."                                                                                                                       Comme le note Charles Enderlin « Benjamin Netanyahu a joué avec le feu. De retour au pouvoir en 2009, poursuivant la stratégie de ses prédécesseurs, il a favorisé le contrôle de Gaza par le Hamas. Cette politique destinée à empêcher la création d'un État palestinien, renforcée par son soutien au messianisme juif et au développement de la colonisation a, le 7 octobre 2023, conduit Israël à la plus grande défaite militaire et politique depuis sa création. À partir de sources souvent exclusives, il me fallait raconter et analyser les erreurs de calcul, l'incompréhension, la cécité des dirigeants israéliens et des responsables du renseignement face à l'islam radical. Un aveuglement qui a débuté dans les années soixante-dix lorsque les Israéliens croyaient que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas en 1987, pouvait être "l'antidote à l'OLP", comme, à Washington, la CIA était persuadée qu'Oussama Ben Laden et les Talibans pouvaient servir de rempart au communisme.  Les deux fondamentalismes, juif et musulman, mènent aujourd'hui le Proche-Orient vers une guerre de religion. Il appartient à la communauté internationale d'arrêter cette marche insensée vers de nouvelles tragédies... » [Charles Enderlin]                                                              Et pendant que Gaza se meure...  __________________