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mardi 15 septembre 2009

Paroles d'Israël



Double langage comme méthode de gouvernement

« Finalement écrit Michel Bôle-Richard du Monde, Benyamin Nétanyahou veut bien d’un Etat palestinien mais à ses conditions, et celles-ci sont telles que les chances de voir cet Etat se créer sont infimes.

-La colonisation se poursuit en Cisjordanie.
On promet un jour de la suspendre, sans jamais vraiment l'arrêter

Un jeu ambigü avec les Etats-Unis
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-"Israël n'entrave pas le processus de paix au Proche-Orient" (B.N.)

-Robert Gibbs, porte-parole de la Maison-Blanche: "les Etats-Unis n'acceptent pas la légitimité de la poursuite de l'expansion des colonies et exigent qu'elle cesse".

"Israël n’entrave pas le processus de paix". L’arrogance et le cynisme des extrêmistes au pouvoir en Israël est révoltante mais ceux-ci sont les hommes les plus isolés du monde ils ont tout le monde contre eux y compris l’administration américaine. Il y a donc un mystère: comment se fait-il que le Président Obama sacrifie une partie de son crédit pour ces hommes? La solution de l’énigme c’est que ce qui est livré au public n’est qu’un théâtre les choses sérieuses sont secrètes "(un lecteur de Monde:henrypmfay)
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-Une organisation israélienne s'alarme de projets de colonisation en Cisjordanie:
"Israël entend poursuivre son programme de constructions dans les colonies de Cisjordanie, selon un rapport de l'organisation israélienne, La Paix maintenant, rendu public, lundi 2 mars. ce rapport s'appuie sur les projets du ministère de l'habitat. Un doublement du nombre de colons en Cisjordanie serait à l'étude pour faire passer le nombre de 300 000 actuellement à 600 000. Ces chiffres ne tiennent pas compte des quelque 200 000 colons installés à la périphérie-est de Jérusalem.
Selon La Paix maintenant, le ministère de l'habitat a en effet prévu de construire au moins 73 000 logements au cours des prochaines années sur le territoire occupé de la Cisjordanie. Sur ce total, 5 700 devraient être implantés à Jérusalem-Est, dans des quartiers conquis en 1967 puis annexés.Si la construction d'une partie des logements a d'ores et déjà commencé, pour 58 000 d'entre eux rien n'a encore été véritablement décidé. Mais les plans existent comme en témoignent les documents et les photos du ministère de l'habitat.Au ministère, on fait remarquer qu'il s'agit de "projets préliminaires", de "constructions potentielles" et que, "en pratique seulement, une partie d'entre elles sont mises en oeuvre". Toutefois, l'existence de ces projets n'a pas été officiellement démentie.
Les plans du ministère ne sont qu'une partie des constructions publiques qui, en fait, ne sont que la moitié de celles qui sont réalisées dans les territoires occupés. Nous n'avons que des informations partielles sur la totalité des projets, qu'ils soient publics ou privés, mais nous pouvons estimer qu'il y a des milliers d'unités de logements prévues dans les colonies dont certaines ont déjà été approuvées", mentionne le rapport.
Le document énumère dans le détail ce que les autorités israéliennes envisagent de faire en Cisjordanie. Ces extensions concernent autant les grands blocs de colonies que les points d'implantation moins importants qu'il s'agit d'étoffer.Pour l'association La Paix maintenant les plus préoccupants sont les plans concernant "au moins six colonies sauvages" (sur une centaine) qui risquent d'être pérennisées, et les projets de création de nouvelles extensions dans le secteur de Bethléem (17 000 logements) et de Maale Adumim à l'est de Jérusalem, où il est prévu de faire passer la population de 33 000 habitants à 104 000.Ce dernier secteur est particulièrement sensible, car la construction planifiée de milliers de logements permettrait de rattacher Maale Adumim à Jérusalem. Surtout, elle couperait la Cisjordanie en deux et fermerait complètement l'accès des Palestiniens à Jérusalem.Comme l'a indiqué, la semaine dernière, Rafik Husseini, le chef de cabinet du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, "ce serait la fin de Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine et la négation d'un Etat palestinien viable et continu".
Jusqu'à présent l'administration américaine a mis son veto à toute édification dans cette zone actuellement vierge de toute construction civile. Mais tout est prêt et le terrain viabilisé.Il ne manque plus que le feu vert des autorités. Plusieurs zones de construction sont déjà programmées, selon les plans fournis par l'Autorité palestinienne. Pour Rafik Husseini, le démarrage des travaux est une question de mois. Il signifierait "la mort de la solution de deux Etats"."Le gouvernement doit établir les priorités, fait remarquer La Paix maintenant. Soit il est intéressé à suivre le chemin de la paix ou alors il décide de poursuivre la colonisation et de continuer à occuper la Cisjordanie, ce qui va nous conduire à des violences et à un conflit perpétuel avec, à terme, un Etat binational."

-Proche-Orient : nouveaux efforts diplomatiques pour sauver le processus de paix
-Israël et la stratégie de victimisation
-Israël et le rapport Goldstone
-Israël confirme la construction de logements dans les colonies de Cisjordanie
-Le défi d'Israël
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-Etat palestinien compromis?
-Israël: pacifisme en recul
-Palestine:impuissance verbale
-Israël - Palestine : enlisement
-Palestine: silences d'Obama

samedi 29 décembre 2018

Figure israëlienne

Un écrivain s'en est allé.
                                        Et non des moindres.
      Amos Oz, ecrivain, mais aussi un témoin des tragédies de son temps et une voix qui a compté  et qui résonnera encore longtemps, pas seulement dans son pays.
          Même s'il nul n'y est prophète...
   Comme celle de David Grossman, qui déplorait l'"impuissance" des gouvernements israëliens à faire la paix, après les vaines tentatives de Rabin, le conciliateur tardif, assassiné par l'extrémisme aveugle.
   Profondément engagé, il avait suivi un parcours sinueux et incertain, toujours prêt à se remettre en question, avant de devenir un militant de la paix, dont la voix s'exprimait souvent dans Haaretz, faisant prévaloir la voie d'une certaine sagesse dans une société épousant de plus en plus les extrêmes, surtout depuis Sharon et la politique d'annexion qui s'instaure progressivement, en dépit de toutes les conventions internationales. pour l'instauration du Grand Israël, souvent inspiré par un messianisme sans freins.
   Comme d'autres figures; entre autre, Théo Klein, D.Barenboïm, Charles Enderlin...et l'UJP, qui rappelle obstinément que:
« Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.      Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »
     La Paix Maintenant , aux ramifications internationales était devenu pour Amos son lieu d'expression et de militantisme, essayant difficilement de faire barrage aux dérives d'une extrême-droite décomplexée et d'un fondamentalisme sioniste s'exerçant de plus en plus au coeur même des institutions, la Knesset comme Tsahal. En route vers un apartheid renforcé....
         L' annexion est et deviendra de plus en plus un cauchemar pour Israël, rappelle une majorité d'anciens généraux de Tsahal (Commanders for Israel’s Security) 
      Le grignotage est sans fin dans le silence et parfois la réprobation purement verbale, comme avec Obama, avec la complicité affichée, comme avec Trump
         Le problème est qu'Israël est extrêmement divisé, comme le souligne l'historien israëlien Marius Schattner.
 Celui-ci avait naguère analysé les clivages et les divisions qui affectent sourdement mais profondément l'Etat d'Israël.    Il soulignait "le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
    La crise est profonde. __L' évolution de la politique du  pays depuis Sharon et surtout depuis Netanyaou n'a fait que confirmer le durcissement et le glissement vers l'extrême droite d'une partie du monde politique et même de l'opinion... La  fuite en avant  vers la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, malgré l'opposition palestinienne et des voix israëliennes. 
 . Le poète Natan Zach, l’une des figures du laïcisme israélien va jusqu'à déclarer au journal «Maariv»: «Je ne pense pas que ce pays tiendra longtemps. La société s’est fragmentée […]. Notre nation s’est désintégrée en factions partisanes imprégnées de haine et de fanatisme […]. Cela ne pourra pas durer.»
 ___De plus en plus, les orthodoxes ont le vent en poupe,. un monde à part dans le pays, qui pose des problèmes notamment aux femmes, religieuses ou non.
  Comme le reconnaît Mme Livni, de la droite israëlienne elle-même, tout marche à l'envers. La droite nationaliste, d'une aveugle stupidité, domine à la Knesset, qui considère les Palestiniens israëliens comme ennemis de l’intérieur. Israël contre Israël?
    Une politique suicidaire qui compromet l'avenir et sape la légitimité du pays.
      L'espoir de paix s'est progressivement évanoui, d'autant plus que les faucons, le lobby des colons ont de plus en plus d'influence. Ceux qui se risquent encore à parler de négociations sont marginalisés
Un Likoud qui se déchire comme jamais. Une société dans l'impasse, paralysée par la peur
Une peur entretenue et instrumentalisée. 
 ____Comme dit  ALEXANDRA SCHWARTZBROD «Tant que ce problème (palestinien) ne sera pas réglé, il n’y aura pas de paix ici»... «Effacer l’existence même des Palestiniens, c’est le processus en cours dans ce pays. Nous allons nous effondrer si nous continuons ainsi."
    Une terre qui dévore ses enfants?
      De sombres perspectives d'avenir, selon Gidéon Lévy, si rien ne change très vite.
          La paix maintenant?...ou trop tard? 
_________
- Le pouvoir « maléfique » des hommes en noir
- Les sombres prophéties d’Amos Oz
"En Israël, il y a quelque chose d'une tragédie grecque"
L'inquiétant M. Bennett
-Pas de solution militaire au conflit
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samedi 8 août 2026

Figure israëlienne

 Il manque à son peuple... 

Un écrivain s'en est allé.
                                        Et non des moindres.
      Amos Oz, ecrivain, mais aussi un témoin des tragédies de son temps et une voix qui a compté  et qui résonnera encore longtemps, pas seulement dans son pays.
          Même s'il nul n'y est prophète...
   Comme celle de David Grossman, qui déplorait l'"impuissance" des gouvernements israëliens à faire la paix, après les vaines tentatives de Rabin, le conciliateur tardif, assassiné par l'extrémisme aveugle.
   Profondément engagé, il avait suivi un parcours sinueux et incertain, toujours prêt à se remettre en question, avant de devenir un militant de la paix, dont la voix s'exprimait souvent dans Haaretz, faisant prévaloir la voie d'une certaine sagesse dans une société épousant de plus en plus les extrêmes, surtout depuis Sharon et la politique d'annexion qui s'instaure progressivement, en dépit de toutes les conventions internationales. pour l'instauration du Grand Israël, souvent inspiré par un messianisme sans freins.
   Comme d'autres figures; entre autre, Théo Klein, D.Barenboïm, Charles Enderlin...et l'UJP, qui rappelle obstinément que:

« Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.      Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »
     La Paix Maintenant , aux ramifications internationales était devenu pour Amos son lieu d'expression et de militantisme, essayant difficilement de faire barrage aux dérives d'une extrême-droite décomplexée et d'un fondamentalisme sioniste s'exerçant de plus en plus au coeur même des institutions, la Knesset comme Tsahal. En route vers un apartheid renforcé....
         L' annexion est et deviendra de plus en plus un cauchemar pour Israël, rappelle une majorité d'anciens généraux de Tsahal (Commanders for Israel’s Security) 
      Le grignotage est sans fin dans le silence et parfois la réprobation purement verbale, comme avec Obama, avec la complicité affichée, comme avec Trump
         Le problème est qu'Israël est extrêmement et de plus en plus divisé, comme le souligne l'historien israëlien Marius Schattner.
 Celui-ci avait naguère analysé les clivages et les divisions qui affectent sourdement mais profondément l'Etat d'Israël.    Il soulignait "le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
    La crise est profonde. __L' évolution de la politique du  pays depuis Sharon et surtout depuis Netanyaou n'a fait que confirmer le durcissement et le glissement vers l'extrême droite d'une partie du monde politique et même de l'opinion... La  fuite en avant  vers la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, malgré l'opposition palestinienne et des voix israëliennes. 

 . Le poète Natan Zach, l’une des figures du laïcisme israélien va jusqu'à déclarer au journal «Maariv»: «Je ne pense pas que ce pays tiendra longtemps. La société s’est fragmentée […]. Notre nation s’est désintégrée en factions partisanes imprégnées de haine et de fanatisme […]. Cela ne pourra pas durer.»
 ___De plus en plus, les orthodoxes ont le vent en poupe,. un monde à part dans le pays, qui pose des problèmes notamment aux femmes, religieuses ou non.
  Comme le reconnaît Mme Livni, de la droite israëlienne elle-même, tout marche à l'envers. La droite nationaliste, d'une aveugle stupidité, domine à la Knesset, qui considère les Palestiniens israëliens comme ennemis de l’intérieur. Israël contre Israël?
    Une politique suicidaire qui compromet l'avenir et sape la légitimité du pays.

      L'espoir de paix s'est progressivement évanoui, d'autant plus que les faucons, le lobby des colons ont de plus en plus d'influence. Ceux qui se risquent encore à parler de négociations sont marginalisés
Un Likoud qui se déchire comme jamais. Une société dans l'impasse, paralysée par la peur
Une peur entretenue et instrumentalisée. 
 ____Comme dit  ALEXANDRA SCHWARTZBROD «Tant que ce problème (palestinien) ne sera pas réglé, il n’y aura pas de paix ici»... «Effacer l’existence même des Palestiniens, c’est le processus en cours dans ce pays. Nous allons nous effondrer si nous continuons ainsi."
    Une terre qui dévore ses enfants?
      De sombres perspectives d'avenir, selon Gidéon Lévy, si rien ne change très vite.
          La paix maintenant?...ou trop tard? 
_________
- Le pouvoir « maléfique » des hommes en noir
- Les sombres prophéties d’Amos Oz
- "En Israël, il y a quelque chose d'une tragédie grecque"
- L'inquiétant M. Bennett
-Pas de solution militaire au conflit
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jeudi 19 octobre 2023

Le rêve de Amos OZ

Au coeur de la tragédie,  

    Point de vue de Ismaïl Haniyeh

                             Amos Oz, une voix israëlienne, pour la Paix maintenant

Amos Oz est généralement considéré comme le plus important écrivain israélien.

Dès le lendemain de la guerre israélo-arabe de 1967, Amos Oz était un des premiers intellectuels de son pays à proposer la création d'un Etat palestinien aux côtés de l'Etat d'Israël. Il fut, en 1978, l'un des fondateurs du mouvement israélien La Paix Maintenant.
Le 30 juillet 2014, Amos Oz a accordé une interview à la radiotélévision internationale allemande (Deutsche Welle - DW).
Propos recueillis par par Denis Stutte
Traduction française: Michel Goldberg pour La Paix Maintenant (LPM)
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Amos Oz: M’autorisez-vous à commencer cette interview de façon atypique, en posant moi-même une ou deux questions à vos lecteurs et à vos auditeurs?
Deutsche Welle: Allez-y!
Amos Oz:
La question n°1: Que feriez-vous si votre voisin, de l’autre côté de la rue, assis à son balcon, prenait son petit garçon sur ses genoux et commençait à tirer à l’intérieur de la chambre de vos enfants?
La question n°2: Que feriez-vous si ce même voisin creusait un tunnel entre la chambre de ses enfants et celle de vos enfants avec l’intention de faire exploser votre maison ou de kidnapper votre famille?
Avec ces deux questions en tête, je vous laisse poursuivre l’interview.
DW: Évidemment, vous êtes déjà au cœur de l’interview. Dois-je comprendre que vous vous positionnez comme durant la seconde guerre du Liban en 2006 et celle de Gaza en 2009, en soutenant l’offensive israélienne actuelle dans la bande de Gaza?
AO: Non, je suis partisan d’une réaction militaire limitée et non pas d’une réaction militaire illimitée, comme je l’ai été en 2006 et plus tard lors de la précédente bataille à Gaza.
DW: Où se situe la limite entre ces deux options?
AO: Il importe de détruire tous les tunnels, où qu’ils soient, et d’essayer de frapper les cibles du Hamas en évitant les civils.
DW: Mais n’y a-t-il pas là un problème? Les tunnels constituent un système complexe et difficile à détecter. Les entrées sont cachées dans des constructions privées et publiques, en sorte que vous devriez les rechercher maison par maison; et cela impliquerait des pertes civiles. Le même raisonnement peut être tenu pour les lance-roquettes dans les zones habitées.
AO: Certes, j’ai bien peur qu’il n’y ait pas de méthode, quelle qu’elle soit, pour éviter les pertes civiles parmi les Palestiniens aussi longtemps que notre voisin, de l’autre côté de la rue, prend son petit garçon sur ses genoux et commence à tirer à l’intérieur de la chambre de vos enfants.
DW: L’analogie avec l’enfant sur les genoux est-elle appropriée à la situation réelle? La population est très dense à Gaza et les positions du Hamas se trouvent inévitablement dans des zones habitées.
AO: Oui, c’est la stratégie du Hamas. C’est pourquoi on peut parler d’une configuration perdant-perdant pour Israël.
Plus il y aura de victimes israéliennes, mieux ce sera pour le Hamas. Plus il y aura de victimes palestiniennes, mieux ce sera pour le Hamas.
DW: Selon vous, l’offensive terrestre actuelle est-elle limitée ou illimitée?
AO: Je pense qu’elle est excessive par certains aspects. Je n’ai pas d’information détaillée sur ce qui se passe sur le terrain actuellement, mais à en juger par les frappes faites par l’armée israélienne dans Gaza, je pense que l’on peut dire que l’action militaire est excessive par certains aspects. Elle est justifiée, mais elle est excessive.
DW: Que proposez-vous?
AO: Je propose de nous rapprocher d’Abu Mazen [le président palestinien Mahmoud Abbas, ndt] et d’accepter les termes d’un accord – que le monde entier connaît – pour une solution à deux États et une coexistence entre Israël et la Cisjordanie: deux capitales à Jérusalem, un accord sur des modifications territoriales et le retrait de la majorité des implantations juives de Cisjordanie.
Lorsque Ramallah et Naplouse, en Cisjordanie, vivront dans la prospérité et la paix, je pense que le peuple de Gaza fera au Hamas ce que le peuple roumain a fait à Ceausescu. Je ne sais pas combien de temps cela prendra, mais cela adviendra, pour la simple raison que le peuple de Gaza sera jaloux de la liberté et de la prospérité de ses frères et sœurs en Cisjordanie, dans l’État de Palestine. Voilà, de mon point de vue, quelle est la solution, et j’ai bien conscience qu’elle n’adviendra pas sous 24 ou 48 heures.
DW: Pouvez-vous imaginer un État palestinien qui ne soit pas hostile à Israël?
AO: Absolument. La majorité des Palestiniens ne tombera pas amoureuse d’Israël, mais ils accepteront, en serrant les mâchoires, que les Juifs israéliens restent ici, comme la majorité des Israéliens accepteront, sans joie et en serrant les mâchoires, que les Palestiniens sont ici pour y rester. Ce n’est certes pas une lune de miel, mais simplement un divorce équitable, comme cela s’est fait entre la Tchéquie et la Slovaquie.
DW: Mais cela ne cadre pas avec l’image d’un État palestinien avec une économie en grandes difficultés, un gouvernement faible sans pouvoir sur les groupes radicaux, et qui pourrait se servir de l’hostilité à Israël pour se maintenir au pouvoir.
AO: Cela dépendra de l’assistance et de l’aide en matériel que le nouvel État palestinien obtiendra d’Israël, des riches États arabes et du reste du monde.
DW: Beaucoup de gens pensent que la solution à deux États est morte parce que les constructions dans les implantations ainsi que les routes en Cisjordanie pénètrent profondément sur ce territoire.
AO: Oui, mais j’ai vu comment, il y a quelques années, le Premier ministre Ariel Sharon a défait toutes les implantations juives ainsi que tous les postes militaires de Gaza en 36 heures, et sans verser de sang. Je ne prétends pas que cette opération pourra se répéter de la même manière en Cisjordanie, mais je pense que rien n’est irrévocable sur terre, hormis la mort.
DW: Mais que faites-vous du soutien puissant des colons dont bénéficie l’actuel gouvernement de droite?
AO: C’est un gouvernement de droite qui repose sur un parti centriste et colombe, le parti Yesh Atid. Et l’avenir de ce gouvernent de droite est entre les mains de ce parti centriste et plutôt pacifiste.
DW: Vous venez de nous présenter une solution à long terme. Mais à quoi pourrait ressembler un accord à court terme?
AO: Les hostilités ne s’arrêteront, malheureusement, que lorsque l’une des parties, ou les deux, seront épuisées. Ce matin, je lisais soigneusement la Charte du Hamas. Elle nous dit que le Prophète ordonne à tout musulman de tuer tout juif, où qu’il se trouve. Elle cite Les Protocoles des Sages de Sion et affirme que les Juifs contrôlent le monde par leur emprise sur la Ligue des Nations, puis sur les Nations unies, que les Juifs sont à l’origine des deux guerres mondiales, et aussi que les Juifs contrôlent le monde entier grâce à leur argent.
Si je voyais péniblement se dessiner une perspective de compromis entre le Hamas et Israël, je serais un homme de compromis exceptionnel. Mais même un homme de compromis ne peut pas se rapprocher du Hamas et lui dire: «Faisons chacun la moitié du chemin, et Israël pourra exister les lundis, les mercredis et les vendredis.»
DW: Actuellement, le Hamas exige la levée du blocus de la bande de Gaza…
AO: Je suis absolument d’accord. Je pense que le blocus doit être levé. Je pense que d’immenses investissements internationaux, arabes et israéliens, doivent être faits dans la bande de Gaza, en échange d’une démilitarisation effective. C’est une proposition qu’Israël devrait faire sans délai.
DW: Cela ne signifierait-il pas que les attaques aux roquettes constituent un moyen efficace afin d’exercer une pression sur Israël?
AO: Si la démilitarisation de Gaza est effective, je suis certain que 80% des Juifs israéliens accepteront un tel accord, même dans leur état d’esprit actuel.
DW: Faites-vous partie des 85% d’Israéliens qui veulent que l’offensive actuelle se poursuive jusqu’à la destruction totale des tunnels et des lance-roquettes?
AO: La seule alternative à l’opération miliaire israélienne est de faire comme Jésus-Christ et de tendre l’autre joue. Je n’ai jamais été d’accord avec Jésus-Christ pour tendre l’autre joue à l’ennemi. Contrairement aux pacifistes européens, je n’ai jamais pensé que le pire ennemi dans le monde est la guerre. À mon sens, le pire ennemi est l’agression, et le seul moyen de repousser l’agression est malheureusement la force. C’est là que réside la différence entre un pacifiste européen et un Israélien qui veut la paix, comme moi.
Laissez-moi ajouter une anecdote: un proche parent, qui a survécu au génocide nazi à Theresiendstadt en 1945, rappelait souvent à ses enfants et petits-enfants que sa vie n’avait pas été sauvée en 1945 par des pacifistes défilant avec des pancartes et des fleurs, mais par des soldats et des engins de guerre.
DW: Quels sont les effets de ces hostilités permanentes sur les gens?
AO: Ils sont très mauvais. La haine, l’amertume, la suspicion, la méfiance augmentent. Mais c’est le cas pour toute guerre. Il est classique, et sentimental, d’espérer que les ennemis finiront par se comprendre, par s’aimer, et finalement par se réconcilier pour faire la paix. Mais dans l’histoire, les choses se passent pas comme cela. Les ennemis, avec leurs cœurs emplis de haine et d’amertume, finissent par signer un traité de paix en serrant les mâchoires et avec des sentiments de revanche. Ensuite, avec le temps, l’émotion s’émousse graduellement.
DW: Vous avez écrit il y a 50 ans qu’une «occupation, même si elle est inévitable, est une occupation qui corrompt».
AO: Je ne suis pas toujours d’accord avec moi-même, mais ici, je suis d’accord. L’occupation corrompt, même lorsqu’elle est inévitable. La brutalité, le chauvinisme, l’esprit étroit, la xénophobie sont les symptômes classiques des conflits et de l’occupation. Cependant, l’occupation israélienne en Cisjordanie n’est plus inévitable.
DW: Si vous n’aviez pas commencé l’interview, je vous aurais demandé: comment allez-vous?
AO: Personnellement, pas très bien. Je rentre juste de l’hôpital après trois opérations, et je reprends des forces à la maison, entre une sirène qui annonce une attaque aérienne et la suivante. Pendant les alertes, nous allons nous abriter et nous attendons quelques instants. Puis nous poursuivons le cours de nos vies jusqu’à l’alerte suivante.
DW: Vous n’aviez pas la possibilité de vous abriter pendant les alertes à l’hôpital… Cela semble terrifiant.
AO: Non. J’ai déjà vécu une longue vie, et j’ai moi-même été sur le champ de bataille à deux reprises. Cela ne devient terrifiant que lorsque je pense à mon petit-fils.
DW: Jusqu’à quel point les Israéliens peuvent-ils se sentir en sécurité?
AO: Jusqu’à quel point les Juifs peuvent-ils se sentir en sécurité sur cette planète? Je ne parle pas ici des vingt ou des cinquante dernières années, mais des 2000 dernières années. Je vais maintenant vous dire quels sont mon espoir et ma prière pour le futur d’Israël.
Je voudrais qu’une fois pour toutes, Israël n’apparaisse plus à la Une des journaux du monde entier à propos de conquête, d’occupation ou de construction d’implantation. Je voudrais qu’on parle d’Israël dans les suppléments consacrés à la littérature, à l’art, à la musique ou à l’architecture. Tel est mon rêve pour le futur.

jeudi 14 août 2008

Une juive américaine témoigne

Dans un "processus de paix" (formule consacrée) complètement gelé ,qui semble même avoir de moins en moins de chances d'aboutir, de plus en plus de juifs, israëliens ou non, prennent la parole pour s'indigner,critiquer, condamner la ligne politique du gouvernement israëlien, qui dit ce qu'il ne fait pas et ne dit pas ce qu'il fait...

Israël : “Je n’étais pas préparée à toutes les horreurs que j’ai vues”

"Hedy Epstein est une survivante de l’Holocauste, née en 1924, dont les parents ont été déportés à Auschwitz, où ils ont péri. En 2003, elle a décidé de faire un voyage en Palestine. Horrifiée par les mauvais traitements que les soldats de l’armée israélienne font subir aux peuple palestinien, elle se consacre, depuis lors, à les dénoncer."

-"...S’ils aiment réellement Israël, comme ils le disent, et qu’ils veulent assurer son avenir, ils devraient ouvrir leurs yeux et leurs esprits, et voir ce qu’Israël est en train de faire, et à quel point ce qu’il fait est néfaste. Si les Israéliens veulent vivre en sécurité, ils doivent changer de cap, arrêter les discriminations et les attaques contre le peuple palestinien ; et alors les deux peuples pourront vivre en paix et en harmonie. C’est réellement ce que la plupart d’entre eux souhaitent, mais Israël bloque toujours le chemin, avec le soutien de la communauté juive américaine et du gouvernement américain. Ce qu’ils font est une erreur ; cela va à sens contraire de ce qu’ils veulent obtenir..."

-Regards israéliens sur l’occupation
- La réalité de l’occupation en Cisjordanie
-Palestiniens, le peuple de l’absurde
-Mahmoud Darwich, « le poète des vaincus »
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-Israël : entre mythe et histoire
-Une géographie de la violence
-1948 : la Palestine des archives aux cartes
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-Israël reporte l'évacuation de la plus grande colonie sauvage de Cisjordanie:
"..."UN CADEAU FAIT AUX COLONS"

Migron compte quelque 200 résidents installés dans plusieurs maisons en dur et des dizaines de mobile homes, ainsi qu'une synagogue, un bain rituel, un jardin d'enfants et des serres, le tout relié par Israël au réseau électrique et protégé par l'armée. Le mouvement israélien anticolonisation La Paix Maintenant a dénoncé ce nouveau report de l'évacuation. "Le gouvernement a capitulé devant les menaces des colons d'user de la violence s'ils étaient évacués, alors qu'ils occupent en toute illégalité des terres privées palestiniennes", a déclaré son dirigeant Yariv Oppenheimer. "Nous n'acceptons pas le cadeau qui est fait aux colons, qui obtiennent en compensation de leur action illégale la construction d'une nouvelle colonie" a-t-il ajouté, indiquant que La Paix Maintenant poursuivrait son action en justice pour obtenir le démantèlement de Migron.
Un rapport policier interne, publié vendredi par le quotidien Haaretz, fait par ailleurs état d'une augmentation sensible des agressions commises contre des Palestiniens par des colons ou de heurts de colons avec la police et l'armée. Selon ce rapport, 429 incidents ont été enregistrés dans les six premiers mois de l'année contre 551 pour toute l'année 2007. Israël s'est engagé à plusieurs reprises auprès de Washington à démanteler les colonies sauvages de Cisjordanie, au nombre d'une centaine selon La Paix Maintenant. Aux yeux de la communauté internationale, toutes les colonies dans les territoires occupés depuis juin 1967 sont illégales...."

Palestine: quand les colons israéliens harcèlent les villageois



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