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mercredi 12 août 2026

Quand l'archéologie devient politique

 Les risques de l'instrumentalisation

        L'archéologie, historique ou préhistorique, a beaucoup à nous apprendre sur notre passé -proche ou lointain- pour peu qu'elle soit "savante", confiée à des historiens ou des préhistoriens bien formés, mieux à même de donner du sens aux documents matériels ou immatériels mis au jour en éclairant souvent d'un jour nouveau ce que l'on savait ou croyait savoir. En ce sens, elle est une pratique auxiliaire de l'histoire, si elle menée avec rigueur et objectivité.                                         Mais de même que l'histoire peut être parfois instrumentalisée, au niveau politique, l'archéologie peut aussi, parfois sans le vouloir directement, se mettre au service de causes qui sont loin d'être indiscutables, créant parfois des polémiques qui dépassent de loin la neutralité de l'archéologue parfois imprudent ou trop engagé. Il arrive que la pratique archéologique devienne, officiellement ou pas, cause nationale. Comme on le voit aujourd'hui en Israël, en contribuant peu ou prou à forger ou à renforcer un idéal national, à légitimer une terre revendiquée comme authentiquement sienne, souvent sur fond de récits mythiques. Le projet de Grand Israël revendiqué par l'extrême droite du Likoud sert souvent de moteur pour des recherches orientées. Le mythe de la Terre Promise se réactive en cette période de conflits territoriaux. Bien que certains, comme Finkelstein, prennent leur distances par rapports aux mythes bibliques. L'archéologie n'a pas à légitimer quoi que ce soit pour cette école, soucieuse d'objectivité. Elle explore, décrit, interprète...Car il existe des faussaires  de la Bible, comme l'a bien montré le document de Arte hier soir. On est bien loin de l'archéologie rigoureuse, loin des pressions et de l'idéologie dominante. Même si elle a contribué à la fabrique de certaines identités impériales ou nationales....Elle reste malgré tout une discipline "politique", au sens large.                                                                                        Pour JP Demoule,  "...Les archéologues et historiens ont pour « devoir scientifique, éthique et citoyen de faire la part des mythes, de les décrire et les expliquer, mais en aucun cas de les alimenter ni de les justifier », estime Jean-Paul Demoule.  L’autre préoccupation majeure du chercheur est d’éviter que le passé ne soit considéré comme une marchandise, et son étude laissée au marché. L’archéologie préventive a précisément pour fonction d’éviter que les vestiges ne soient sacrifiés sans être étudiés lors d’aménagements. Il retrace avec minutie les péripéties législatives qui ont entouré son encadrement en France. La représentation nationale, l’Etat et ses grands corps, tout comme l’exécutif, n’en sortent pas grandis. Un de ses sujets d’indignation ? Les entreprises privées qui peuvent réaliser des travaux de fouilles bénéficient de crédits d’impôts – « l’argent des citoyens » –, ce qui leur permet, in fine, de proposer aux aménageurs des tarifs imbattables, « mettant en péril la survie économique et scientifique d’un institut de recherche publique ...»._____________

samedi 8 août 2026

Figure israëlienne

 Il manque à son peuple... 

Un écrivain s'en est allé.
                                        Et non des moindres.
      Amos Oz, ecrivain, mais aussi un témoin des tragédies de son temps et une voix qui a compté  et qui résonnera encore longtemps, pas seulement dans son pays.
          Même s'il nul n'y est prophète...
   Comme celle de David Grossman, qui déplorait l'"impuissance" des gouvernements israëliens à faire la paix, après les vaines tentatives de Rabin, le conciliateur tardif, assassiné par l'extrémisme aveugle.
   Profondément engagé, il avait suivi un parcours sinueux et incertain, toujours prêt à se remettre en question, avant de devenir un militant de la paix, dont la voix s'exprimait souvent dans Haaretz, faisant prévaloir la voie d'une certaine sagesse dans une société épousant de plus en plus les extrêmes, surtout depuis Sharon et la politique d'annexion qui s'instaure progressivement, en dépit de toutes les conventions internationales. pour l'instauration du Grand Israël, souvent inspiré par un messianisme sans freins.
   Comme d'autres figures; entre autre, Théo Klein, D.Barenboïm, Charles Enderlin...et l'UJP, qui rappelle obstinément que:

« Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut être résolu qu'en mettant un terme à la domination d'un peuple par un autre, et en mettant en œuvre le droit à l'autodétermination pour le peuple palestinien, y compris le droit de créer son propre État indépendant. Le retrait d'Israël des territoires occupés depuis 1967 constitue une étape nécessaire à l'accomplissement de l'autodétermination palestinienne. Le droit à l'autodétermination est déjà, bien entendu, clairement établi pour le peuple israélien.      Toute forme étatique ultérieure que les peuples de la région pourront établir dépendra de l'évolution des relations entre ces peuples, notamment entre Palestiniens et Israéliens. Nous espérons qu'elles évolueront dans le sens de la paix, de la coopération mutuelle et de la justice sociale. Nous militerons pour encourager de tels développements. »
     La Paix Maintenant , aux ramifications internationales était devenu pour Amos son lieu d'expression et de militantisme, essayant difficilement de faire barrage aux dérives d'une extrême-droite décomplexée et d'un fondamentalisme sioniste s'exerçant de plus en plus au coeur même des institutions, la Knesset comme Tsahal. En route vers un apartheid renforcé....
         L' annexion est et deviendra de plus en plus un cauchemar pour Israël, rappelle une majorité d'anciens généraux de Tsahal (Commanders for Israel’s Security) 
      Le grignotage est sans fin dans le silence et parfois la réprobation purement verbale, comme avec Obama, avec la complicité affichée, comme avec Trump
         Le problème est qu'Israël est extrêmement et de plus en plus divisé, comme le souligne l'historien israëlien Marius Schattner.
 Celui-ci avait naguère analysé les clivages et les divisions qui affectent sourdement mais profondément l'Etat d'Israël.    Il soulignait "le potentiel dévastateur du mélange de nationalisme et de religion, quand brader la moindre parcelle d'Eretz Israël est considéré comme pire qu'une trahison: un sacrilège." (-Histoire de la droite israelienne)
    La crise est profonde. __L' évolution de la politique du  pays depuis Sharon et surtout depuis Netanyaou n'a fait que confirmer le durcissement et le glissement vers l'extrême droite d'une partie du monde politique et même de l'opinion... La  fuite en avant  vers la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est se poursuit à un rythme de plus en plus soutenu, malgré l'opposition palestinienne et des voix israëliennes. 

 . Le poète Natan Zach, l’une des figures du laïcisme israélien va jusqu'à déclarer au journal «Maariv»: «Je ne pense pas que ce pays tiendra longtemps. La société s’est fragmentée […]. Notre nation s’est désintégrée en factions partisanes imprégnées de haine et de fanatisme […]. Cela ne pourra pas durer.»
 ___De plus en plus, les orthodoxes ont le vent en poupe,. un monde à part dans le pays, qui pose des problèmes notamment aux femmes, religieuses ou non.
  Comme le reconnaît Mme Livni, de la droite israëlienne elle-même, tout marche à l'envers. La droite nationaliste, d'une aveugle stupidité, domine à la Knesset, qui considère les Palestiniens israëliens comme ennemis de l’intérieur. Israël contre Israël?
    Une politique suicidaire qui compromet l'avenir et sape la légitimité du pays.

      L'espoir de paix s'est progressivement évanoui, d'autant plus que les faucons, le lobby des colons ont de plus en plus d'influence. Ceux qui se risquent encore à parler de négociations sont marginalisés
Un Likoud qui se déchire comme jamais. Une société dans l'impasse, paralysée par la peur
Une peur entretenue et instrumentalisée. 
 ____Comme dit  ALEXANDRA SCHWARTZBROD «Tant que ce problème (palestinien) ne sera pas réglé, il n’y aura pas de paix ici»... «Effacer l’existence même des Palestiniens, c’est le processus en cours dans ce pays. Nous allons nous effondrer si nous continuons ainsi."
    Une terre qui dévore ses enfants?
      De sombres perspectives d'avenir, selon Gidéon Lévy, si rien ne change très vite.
          La paix maintenant?...ou trop tard? 
_________
- Le pouvoir « maléfique » des hommes en noir
- Les sombres prophéties d’Amos Oz
- "En Israël, il y a quelque chose d'une tragédie grecque"
- L'inquiétant M. Bennett
-Pas de solution militaire au conflit
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jeudi 9 juillet 2026

Varia

__  Ingérence

__ Reconversion

__ Autocélébration

__ Chiffres discutés

__ Gud connection

__ L'Europe et l'IA

__ Eminence grise

__ Radioactivité en mer

__ Opacité fiscale

__ Bernard épinglé                

__ Taxe sur le soleil

__Droit d'association: péril

__ IA: grand flou

__ Le lion et la gazelle

__ Les femmes au MA

__ Silicon Valley chinoise

__ Israël: vers un tsunami diplomatique?

            ______ Point de vue: la Bourse, comme un casino sous perfusion _______

mardi 30 juin 2026

Palestine

 A pleurer! De rage.

                  En Cisjordanie, après Gaza, on tue. En silence.    On le sait, mais rien ne se passe...                                                            Caritas constate, MSF fait ce qu'il peut. L'ONU déplore, les colons jubilent. Netanyahou est droit dans ses bottes.                                                              La déshumanisation est assumée.  L'impunité est totale. Il s'agit d'un plan concerté:                                                                                            ___ Après l'anéantissement de Gaza, qui en parle?  Le projet du "Grand Israël" suit son cours. A bas bruit aujourd'hui, mais selon une logique qui n'a pas varié. La colonisation par la construction, l'implantation, n'est pas nouvelle, mais s'intensifie, depuis la guerre des six jours.« Nous construirons l’Etat juif ici, sur le terrain », déclarait ainsi, le 30 mai,  le ministre de la défense, Israel Katz, en saluant la création de nouvelles colonies.Dans un quasi silence médiatique et diplomatique. A Hébron et ailleurs, on détruit, on construit. Jeunes en tête Rapidement. 


           Dans les faits, la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967, est déjà annexée. Sur les cartes officielles israéliennes, la ligne verte qui sépare ce territoire palestinien de celui d’Israël n’est pas tracée ; elle n’existe pas davantage dans l’esprit de nombre d’Israélien·nes. Chaque matin, aux checkpoints, de longues files de voitures israéliennes passent d’ailleurs de la Cisjordanie à Israël avec la même facilité que des automobilistes franchissant un péage sur une autoroute française. Tout un réseau de lignes de bus maille le territoire de la mer Méditerranée au Jourdain, reliant les colonies aux grandes villes israéliennes.    Les colons « jouissent des mêmes droits et avantages que les Israéliens vivant à l’intérieur d’Israël », rappelait d’ailleurs un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme publié le 7 janvier, et qui met en évidence les discriminations entre Palestiniens et colons juifs en Cisjordanie – y compris à Jérusalem-Est. L’armée israélienne d’occupation mène des incursions quotidiennes dans les villes en zones A et B, censées être sous juridiction administrative de l’Autorité palestinienne, selon les accords d’Oslo. Israël a déjà le plein contrôle sécuritaire et administratif de la zone C, qui représente 60 % de la Cisjordanie et où se trouve l’immense majorité des colonies.                                       «Enterrer l’idée d’un État palestinien». C'est avec ces mots que le ministre fasciste israélien Bezalel Smotrich a salué les nouvelles règles validées par Israël le 8 février. Il a même ajouté : «Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d’Israël». Le ministre de la Défense Israël Katz parle quant à lui d'un intérêt «sécuritaire, national et sioniste de premier ordre». Ce dimanche, le gouvernement d'extrême droite israélien a annoncé une série de «mesures techniques» pour faciliter et amplifier l'implantation de nouvelles colonies sur les territoires palestiniens. Maintenant que Gaza a été totalement anéantie et annexée de facto – puis qu'Israël a déjà imposé de nouvelles frontières, la «ligne jaune», réduisant d'un tiers la surface de Gaza, et s'apprête à prendre le contrôle sur le reste de ce territoire avec le soutien de Trump – il s'agit de voler les dernières terres de Cisjordanie pour liquider ce qu'il reste de la Palestine. Ainsi, ces règles vont renforcer le contrôle militaire, administratif et civil d'Israël sur les territoires occupés de façon illégale depuis 1967. Concrètement, il s'agit de faciliter l'achat de nouvelles terres par les juifs Israéliens : «Les Juifs vont pouvoir acheter en Judée-Samarie [le nom religieux donné à la Cisjordanie par les sionistes] comme à Tel-Aviv ou Jérusalem». Le mouvement des colons, massivement financé par des réseaux internationaux et épaulé par l'armée israélienne, vont utiliser l'immobilier comme une arme coloniale. Le gouvernement liquide également ce qu'il restait des accords d'Oslo de 1993, un texte qui partageait la Cisjordanie en trois zones. La zone A devait rester sous contrôle total de l'autorité palestinienne, la B dans laquelle Israël pouvait intervenir seulement en matière «sécuritaire», et la C sous contrôle israélien. Les nouvelles mesures permettent à l’État colonial d'intervenir partout «dans les domaines de l’archéologie et de l’environnement». Un prétexte cynique : par le passé, des soi-disant «recherches archéologiques» ont permis à Israël de détruire des villages et des maisons palestiniennes officiellement pour réaliser des fouilles, mais pour ensuite les annexer. Il en va de même pour l'écologie : d'un côté, Israël dévaste les champs d'oliviers et les ressources des palestinien·nes, de l'autre, elle utilise l'agriculture et la plantation de nouveaux arbres pour prendre des terres qui ne lui appartiennent pas. Dans la ville d'Hébron, Israël retire à la municipalité ses responsabilités en matière d’urbanisme, afin de développer les colonies situées dans la ville et de pouvoir modifier un site sacré pour les musulman·nes. ___ Le 7 octobre 2023 n'était qu'un prétexte pour organiser la phase finale du nettoyage ethnique de la Palestine. La Cisjordanie n'a aucun lien avec les attaques, et elle subit pourtant une colonisation accélérée et une politique de terreur imposée par Israël. Depuis 2023, des milliers d’hectares de terres palestiniennes ont été volées par les colons, et de véritables pogroms racistes sont organisés régulièrement contre des villages palestiniens. Plus d'un millier de Palestinien·nes ont été tué·es par l’armée et les colons depuis octobre 2023, les arrestations se comptent par dizaines de milliers, des destructions de routes et d'infrastructures sont menées partout par l'armée coloniale, des actes de torture ont lieu dans les prisons.Tout est fait pour rendre chaque parcelle de terre palestinienne restante invivable.

En août dernier Smotrich déclarait déjà : «Nous allons enterrer l’État palestinien, les européens n’auront plus rien à reconnaître», et validait du même coup la construction de 3400 logements israéliens dans une zone de Jérusalem peuplée de palestinien·nes. La «reconnaissance» de la Palestine par les dirigeants français et anglais en septembre dernier est effectivement sans effet, puisqu'il ne restera bientôt plus de territoire palestinien. La seule solution est donc un seul État, décolonisé et multiconfessionnel, avec une égalité des droits pour tou·tes les habitant·es."
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dimanche 14 juin 2026

Petit billet du dimanche

  __ Echec

__ Réarmement?

__ Asphyxie

__ Exemple

__ Ingérences                   

__ Méfiance

__ Persépolis

__ Normalisation?

__ Grand virage

__ Contamination

__ "Utopie" réaliste

__ Coup de rabot

__ Revers allemand

__ Coût de la guerre

__ Paix improbable

__ Bombe politique?

__ Quel pluralisme ?

__ Opacités américaines

__ Journalistes menacés

__ Tests génétiques

__ Demain l'Ukraine?

__ Palestiniens dépossédés

__ Ségrégation encore

__ Sous Notre-Dame

__ Taxe californienne

__Gestion des déchets

__ Bipédie en question

__  Russie: en survie?

__ Presse "débile"

__ Reprendre le contrôle

__ Son univers impitoyable

__ Israël: maigres espoirs                                                                                                                                     " ...Devant la Cour suprême, mardi 2 juin, Noa Sattath, directrice de l’Association pour les droits civiques en Israël, vient défendre les droits de Bédouins de la vallée du Jourdain régulièrement agressés par des colons juifs. Ces dernières années, l’ONG a déposé des centaines de recours sur la liberté d’expression, les détentions arbitraires, les violences des militaires et des colons, la loi sur la peine de mort. Beaucoup de défaites et quelques victoires juridiques. « Nous sommes confrontés à un effondrement des droits civiques », s’alarme Noa Sattath....  S’il est vrai que l’extrême droite religieuse est minoritaire en Israël, les activistes de la paix sont, eux, ultraminoritaires. Leurs différents mouvements ne recouvrent pas, tant s’en faut, l’opposition à Benyamin Nétanyahou. Ils demeurent cantonnés à la gauche, souvent la plus radicale, là où l’opposition actuelle inclut une partie du centre et de la droite, jusqu’à Naftali Bennett ou Avigdor Liberman, partisan de la colonisation pour le premier, de la peine de mort, pour le second.    Le chemin de la paix est difficile à trouver dans un pays aussi profondément meurtri et une société dont l’armée est devenue la colonne vertébrale..."   __________

mardi 26 mai 2026

Larges horizons

  __ Energies: 

                        Symbiose ou compétition? Pour dissiper quelques malentendus

__ Et nos enfants?                                                                                                                                              Une mission fondamentale qui s'érode

__ Une déjà vieille affaire                                                                                                                                        Le passé est souvent prémonitoire

__ Soft Power chinois tik tok                                                                                                                                          Un outil d'influence

__  Et nos enfants? (bis)                                                                                                                                         Mais pas seulement.  Nous voilà avertis. Il est bon d'aller voir sous le capot...

__ Dictionnaires amoureux, en marge du conflit

__ Les (nouvelles) ambigüités de l'IA

__ Guerre de l'information aux USA 

__ L'écologie n'est pas une affaire de bobos   

__ Le climat ne suit pas les humeurs de  Trump

__ Techno-oligarchie en question                                                                                                                                     _ Des tuyaux menacés                                                                                                                                      De toutes sortes 

__ Retour à un Age Moyen?

__ Google: un modèle de recherche disruptif?

__ Ultra_transformation en question

__ IA: ver l'abondance ou la rareté?  

__Chat GPT et la médecine:                                                                                                                                 Une avancée intéressante mais périlleuse 

__ Géopolitique de MBZ, le roitelet                                                                                                                                Des haillons au millions

__ Panique à Tel Aviv ou tensions                                                                                                                             Encore des "détails" à régler

                   ________"...Les derniers développements dans la guerre contre l'Iran sont pour le moins surprenants. Aujourd'hui, le site web Axios (un média américain spécialisé dans le renseignement) a publié un article affirmant que l'Iran accepterait une trêve de 60 jours et que la guerre prendrait fin aux conditions suivantes :

1- Un cessez-le-feu de 60 jours

2- La réouverture du détroit d'Ormuz sans péage
3- La fin de la guerre d'Israël au Liban dans le cadre de l'accord, mais avec une « liberté d'action » pour Israël (c'est-à-dire la poursuite des frappes)
4- Un allègement partiel des sanctions sur le secteur énergétique iranien et le déblocage des avoirs iraniens gelés
5- Le report des discussions sur le programme nucléaire iranien à une date ultérieure (30 à 60 jours).
Bien sûr, tout cela est absurde, une manœuvre des services de renseignement américains pour servir les intérêts de Trump et dissimuler le scandale de la guerre. Premièrement : le détroit d'Ormuz est la plus grande victoire de l'Iran et son arme la plus précieuse. Elle ne renoncera pas à son contrôle sur celui-ci et n'autorisera pas l'imposition de péages (cette question est réglée et non négociable). L'Iran considère le détroit d'Ormuz comme une voie maritime régionale entre l'Iran et Oman, et non comme une question internationale relevant de la compétence américaine. L'Iran a également annoncé un mécanisme de compensation pour les pays ayant soutenu les États-Unis (certains États du Golfe et certains pays européens) en guise de dédommagement pour la guerre. Il s'agit d'une décision stratégique du Guide suprême, irrévocable. Enfin, le programme nucléaire iranien est non négociable. Fruit de 47 années de sanctions, il représente un investissement et des sacrifices considérables, et les Iraniens n'y renonceront en aucun cas. Ce qui est négociable, c'est l'uranium enrichi à 60 %, soit environ 400 kg. Il s'agirait d'une réduction interne, c'est-à-dire d'un arrêt temporaire de l'enrichissement d'uranium (semblable à l'accord de 2015 avec Obama). L'uranium enrichi resterait en Iran, sous l'autorité du Guide suprême, et ne serait ni restitué ni détruit à l'étranger. Trump exige la restitution de la poussière d'uranium, mais l'Iran refuse, car elle constitue un bien public iranien, et les États-Unis ne sont pas en mesure d'imposer des conditions de restitution. Troisièmement, l'Iran rejette catégoriquement la liberté d'action d'Israël au Liban. Il a déclaré qu'il ne saurait y avoir de véritable cessez-le-feu sans la cessation des agressions contre le Liban et a conditionné la réouverture du détroit d'Ormuz à la paix au Liban. En substance, le principe de liberté d'action d'Israël signifie la poursuite de la guerre, et non sa cessation, comme ce fut le cas lors des précédents accords (2024), où les frappes se sont poursuivies et ont conduit à l'intervention de la résistance (2026). Quant aux illusions d'Israël, la résistance libanaise ne faiblira pas ; au contraire, elle se renforcera à chaque attaque. Le Liban n'est pas la Syrie, que l'on peut terroriser par des bombardements et la destruction d'infrastructures civiles. Il existe d'authentiques résistants qui ignorent tout de la sédition et du chaos qu'al-Julani a semés en Syrie, contribuant à son affaiblissement. En bref : l'Amérique a perdu la guerre et n'est pas en mesure d'imposer des conditions de capitulation.Les conséquences de la guerre sont les suivantes : échec du changement de régime, échec de la destruction des programmes nucléaires et balistiques, échec de la destruction de l’axe de la résistance, épuisement des objectifs et affaiblissement des alliés des États-Unis en Europe, en Israël et dans le Golfe. Trump subit des pressions internes (économiques et d’opinion publique) en plus des pressions internationales, ce qui explique ses négociations. Sans ces pressions, il n’aurait tout simplement pas entamé de négociations. Après les frappes iraniennes contre des systèmes américains, les États-Unis ont transféré des systèmes de défense aérienne de Corée du Sud à Israël, affaiblissant ainsi leur position en Asie. Cette situation engendre des vulnérabilités et des pertes accrues pour les États-Unis, notamment dans leur conflit international avec la Chine et la Russie. La guerre a davantage affaibli les États-Unis que l'Iran, et Israël n'a pas réalisé le « Grand Israël » promis par Netanyahu aux zélotes du Likoud. Tout accord, s'il est conclu, constituera une concession américano-israélienne sur des points épineux, tandis que l'Iran en est sorti stratégiquement renforcé, ayant acquis simultanément plusieurs avantages : le contrôle du détroit d'Ormuz, la capacité nucléaire, la levée des sanctions, ainsi que le soutien et la revitalisation des mouvements de résistance. Quant à Trump, il tente de monnayer sa victoire à des fins électorales, mais la réalité est tout autre. Comme toujours, ses adversaires et la presse américaine locale le démasqueront.  "...L'anxiété, la confusion et la colère s'emparent des cercles du pouvoir à Tel-Aviv après le coup dur porté au gouvernement d'occupation par son plus proche allié, Washington. Ces dernières heures ont viré au cauchemar pour Benjamin Netanyahu, qui a longtemps prospéré en attisant les conflits dans la région. Il se retrouve désormais complètement isolé et marginalisé face à l'imminence d'un accord historique entre le président américain Donald Trump et Téhéran, un accord qui menace de mettre fin à la guerre et de briser les illusions d'une élimination du régime iranien. L'état de panique et de confusion qui s'empare de l'entité occupante était manifeste dans l'appel urgent lancé par Netanyahu à une réunion de sécurité de haut niveau, à huis clos, afin de discuter de l'escalade rapide et dangereuse des négociations américano-iraniennes. Des sources bien informées au sein de l'entité ont décrit la situation comme extrêmement préoccupante pour toutes les parties en Israël, car un état de panique et de stupéfaction règne depuis que les dirigeants politiques et militaires ont réalisé que le processus de colonisation s'est enclenché avec force et qu'il est impossible de l'arrêter, ce qui a plongé le système de sécurité dans une confusion extrême par crainte des répercussions de ce changement stratégique. L'armée israélienne est sur le qui-vive, craignant les termes de l'accord. Sur le plan militaire, elle a placé ses forces en état d'alerte maximale, anticipant un effondrement soudain qui pourrait précéder la signature, et se montrant inquiète et consternée par les clauses choquantes qui ont fuité du projet d'accord. L'état-major israélien considère ce projet comme une menace directe pour sa sécurité, d'autant plus qu'il n'impose pas l'arrêt complet de l'enrichissement d'uranium iranien et n'empêche pas Téhéran de poursuivre le développement de son arsenal de missiles balistiques. De plus, la clause explicite exigeant la fin de la guerre au Liban a profondément choqué Netanyahu, contrariant ses plans d'extension et de prolongation du conflit. La Maison Blanche exclut Israël des négociations secrètes Le plus grand scandale, révélé par des sources du renseignement, réside dans le mépris délibéré de l'administration Trump envers Israël et son exclusion quasi totale des négociations secrètes, quelques semaines seulement après le début de la confrontation avec l'Iran. Cette décision américaine décisive est intervenue après que la Maison Blanche a réalisé que les promesses de Netanyahu d'éliminer le régime iranien n'étaient que vaines paroles et slogans inexacts et irréalistes. Washington a donc choisi de le court-circuiter et de traiter l'armée israélienne comme un simple sous-traitant, exécutant des ordres sans avoir voix au chapitre. .." _________________________________

vendredi 22 mai 2026

Billet d'humeur

Une guerre si jolie?

         De nouveau en Europe circulent des rumeurs de guerre. Alors que l'on se croyait à tout jamais à l'abri. La menace russe, qu'on n'avait pas vu venir, reste toujours présente.  Il s'est passé un lâchage inattendu du parapluie américain, incitant les pays de l'Otan  à se prendre en charge pour les question de défense.   Pourtant, on le sait maintenant, Poutine n'arrivera jamais aux portes de Berlin, encore moins  de Paris.  L'ombre d'une  défaite se précise pour lui; il cherche maintenant, pour autant qu'on le sache, les moyens de sortir par le haut du bourbier  ukrainien où il s'est mis, pour retrouver la puissance de Catherine II.                                                                                                     Il n'en reste pas moins que nous sommes entrés dans un keynésianisme de guerre, variable selon les pays. Pour relancer l'économie, résoudre la crise industrielle, en Allemagne notamment. La France mobilise des moyens financiers. L'épargne va être mise à contribution. Nous sommes en guerre, dit le généralissime. La Caisse des dépôts emboîte le pas.



"  Voir un missile sortir de nos usines pour être livré aux forces, ça rend mon métier extrêmement concret, j’y ai ma part de responsabilité. » « Thibault », technicien dont le témoignage est cité dans une vidéo promotionnelle du fabricant MBDA, ne croit pas si bien dire. Les produits de son employeur ont récemment foudroyé écoles, mosquées et camps de réfugiés gazaouis, causant la mort de plus de cinq cents personnes, dont une centaine d’enfants (1). Cette entreprise européenne d’armement — au carnet de commandes bien garni, à hauteur de 44 milliards d’euros (Challenges, 23 février 2026) — met pourtant tout en œuvre pour enjoliver ses marchandises : un code éthique qui « veille au respect des libertés fondamentales et des droits humains » ; des opérations de sensibilisation du personnel sur l’identité de genre, la neurodiversité ou la ménopause ; le lancement de projets de reforestation et de préservation des nappes phréatiques ; ou encore l’adoption de « pratiques d’écoconception » du matériel de guerre, afin de « réduire l’impact environnemental à la source » (2) — un pas vers les bombes bio ?          ___  Mais cette stratégie de gestion du risque réputationnel a-t-elle encore un sens quand les médias, les principaux partis de gouvernement et la présidence de la République communient dans la célébration du grand réarmement et de l’activité militaire (3) ? Les lecteurs de L’Express, du Point ou du Parisien ont récemment pu feuilleter des catalogues promotionnels d’engins français, les auditeurs de France Culture apprendre « comment préparer les hommes à la guerre » (30 octobre 2025), cependant que les abonnés du quotidien Le Monde découvraient en mars 2025 un dossier en six volets dont l’article initial s’intitule « Les dépenses militaires, un levier pour la croissance ».      ___ Ce dernier fait écho aux directives de la « Revue nationale stratégique 2025 », qui appelle de ses vœux « une économie qui se prépare à la guerre ». Pour faire tomber sur le secteur une pluie d’« investissements massifs, qu’ils soient publics ou privés », le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) recommande que l’État s’assure que « les politiques internes des banques et des assurances n’aillent pas au-delà des exclusions réglementaires » : en clair, il s’agit de veiller à ce que les « règles ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) ne dissuadent pas les investisseurs de financer les entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD) »          ___    Le 20 mars 2025, devant un parterre d’investisseurs et de patrons réunis à Bercy, M. Sébastien Lecornu, alors ministre des armées, soucieux de « lever les derniers verrous culturels et réglementaires », rappelait avec « fermeté » que le secteur militaire ne représentait pas un investissement « sale ». La Commission européenne a, elle, décidé que « la finance durable de l’Union européenne [était] compatible avec l’investissement dans le secteur de la défense » (5). Ainsi, certaines armes nucléaires, incendiaires, munitions à uranium appauvri deviennent éligibles aux investissements « éthiques », au même titre que les chars, les canons, les avions de chasse, les obus et les logiciels de surveillance. Seules les armes interdites restent pour le moment taboues. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, le nombre de fonds ESG exposés à l’industrie de l’armement nucléaire aurait augmenté de plus de 50 % (Bloomberg, 24 août 2025). Ces placements gérés selon des critères « environnementaux, sociaux et de gouvernance » sont réputés liés au développement durable…                                    __    Un consortium de journalistes a récemment révélé que 120 milliards d’euros issus des fonds « verts » de banques telles que le Crédit agricole, le Crédit mutuel, la Banque populaire et la Caisse d’épargne (groupe BPCE) ont été investis entre 2021 et 2025 dans l’industrie des armes — dont certaines impliquées dans le génocide à Gaza. La Commission européenne les a justifiés par leur contribution à la « durabilité sociale ». Sans le savoir, de petits épargnants européens ont potentiellement contribué à valoriser les actions d’Elbit Systems, le plus grand fabricant d’armes israélien, impliqué dans la destruction de terres agricoles à Gaza, par le biais de fonds ESG consacrés à la « transition climatique » (6).   ___ Ce fléchage des investissements privés en faveur du complexe militaro-industriel s’inscrit dans une stratégie de soutien institutionnel plus large. La sollicitation du contribuable européen — 800 milliards d’euros avec le plan « ReArm Europe » — et français — plus de 700 milliards cumulés sur les deux dernières lois de programmation militaire — s’accompagne d’une mobilisation du premier investisseur européen, la Bpifrance. Détenue par l’État, la « banque des entrepreneurs » a lancé en octobre 2025 une quête de financement auprès des particuliers, en partenariat avec le groupe BPCE. Avec leurs plans d’épargne-retraite (PER) ou leurs assurances-vie, les Français peuvent à présent directement miser sur des entreprises d’armement. Ces investissements, particulièrement risqués et sans garantie de rendement, s’ajoutent au milliard d’euros injecté chaque année depuis 2021 par Bpifrance dans les « jeunes pousses » du secteur (7). Trois dispositifs couronnent l’ensemble : un « fonds innovation défense » alimenté par la direction générale de l’armement (DGA), l’assureur allemand Allianz et MBDA à hauteur de 400 millions d’euros pour prendre des participations dans les entreprises prometteuses ; un « accélérateur défense » pour les accompagner dans leurs choix stratégiques ; un « prêt DEF’FI » avantageux pour combler leurs besoins de trésorerie. La banque d’investissement public vante même une « opération de porte à porte » auprès de centaines d’entreprises pour les avertir de cette manne financière à leur disposition.     _____ Une fois créées et consolidées, les petites et moyennes entreprises seront mûres pour tomber dans les filets tendus par quelques grands groupes militaires Illustration de cette mécanique économique bien huilée : en janvier dernier, Dassault Aviation annonçait un investissement de 200 millions d’euros dans le vendeur de drones autonomes Harmattan AI, dont le jeune fondateur assimile ses marchandises à des « armées robotiques napoléoniennes » (Le Grand Continent, 15 février 2026). La valorisation de cette entreprise créée en 2024 dépasse à présent le milliard d’euros.  Si les investisseurs institutionnels ont depuis longtemps intégré les valeurs de l’armement dans leurs portefeuilles d’actifs, « la nouveauté réside dans l’appétit des fonds de capital-investissement [private equity funds], qualifiés de finance alternative, pour le secteur de l’armement », allant « à l’inverse des discours selon lesquels les marchés n’aiment pas la guerre », analyse Claude Serfati, économiste et spécialiste de l’industrie de l’armement. Dans un contexte d’intensification des guerres et des tensions géopolitiques, miser sur des entreprises grassement subventionnées et soutenues par des commandes pluriannuelles de l’État représente un bon pari, car « peu de secteurs industriels bénéficient d’un taux de croissance de leur chiffre d’affaires équivalent à celui de l’armement », complète le chercheur. En 2025, les entreprises technologiques de défense ont vu les investissements en provenance du capital-risque — largement dominé par les acteurs nord-américains — bondir de 132 % en Europe, soit la plus importante progression tous secteurs confondus (8).       D’autres filières industrielles réclament elles aussi leur part du gâteau. D’après une étude publiée en octobre 2025 par Bpifrance et titrée « Aux armes, dirigeants ? », une entreprise non liée au secteur militaire sur deux aimerait « s’y développer, soit par opportunité de développement, (…) soit par contrainte ». Les exemples récents de Renault, constructeur automobile en difficulté qui lance un projet de production de drones militaires, et Mistral IA, start-up d’intelligence artificielle en vogue ayant conclu un partenariat avec le ministère des armées, illustrent cette tendance.  Comme le rappelle Serfati, les dépenses publiques d’éducation, de transports ou de communications représentent des investissements beaucoup plus fructueux, en termes économiques et sociaux, que celles destinées aux armements : « Les entreprises n’utilisent pas de Rafale pour produire autre chose, pas plus que les ménages ne consomment de missiles. » Financer la santé ou le logement génère en outre davantage d’emplois indirects que les secteurs à dominante militaire, grâce notamment aux liens qu’ils établissent avec les autres filières de l’économie. L’activité à finalité sociale crée par exemple trois fois plus de postes que les secteurs de production militaire (9).            ___  Mais considérer l’économie de guerre comme une industrie banale est-il seulement envisageable ? Aux millions de morts engendrés par les conflits armés depuis la seconde guerre mondiale s’ajoutent les désastres écologiques qu’ils entraînent. En excluant l’impact des combats, on estime que le complexe militaro-industriel représenterait à lui seul 5,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (10) ; atteindre le seuil des 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) consacrés aux dépenses militaires fixé par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) reviendrait à émettre 2,33 milliards de tonnes d’équivalent CO2 d’ici à 2030 — soit une consommation annuelle proche de celle du Brésil et du Japon réunis (11). Chargé d’études à l’Observatoire des armements, Tony Fortin compare la dérégulation du marché militaire à un « un libéralisme autoritaire opaque, où les industriels font ce qu’ils veulent ». Le secret-défense empêche en effet la Cour des comptes d’accéder à certaines données pour vérifier l’usage des ressources publiques, tandis que l’État invite les entreprises militaires « à recourir à la loi du 26 juillet 1968, dite de blocage, pour contrer des demandes d’informations, voire des audits intrusifs » (12).     ___  Pour reprendre le contrôle, Fortin préconise un plus fort niveau de transparence de l’État sur les exportations. « Les Pays-Bas doivent rendre publiques sous deux semaines les licences d’exportation accordées aux entreprises militaires », tout comme l’Allemagne, où le Parlement contrôle tous les appels d’offres supérieurs à 25 millions d’euros. En France, la commission parlementaire créée en 2023 pour contrôler les exportations n’est pour lui qu’« une coquille vide qui ne commencera à exercer pleinement son rôle que si le débat prend de l’ampleur dans la société civile ». L’Observatoire a créé un réseau de surveillance des entreprises d’armement et formé des citoyens à enquêter sur leurs activités. La coalition d’organisations militantes Guerre à la guerre, créée en 2025, tente également de mobiliser la société civile au travers d’actions et de rassemblements — quatre mille personnes se sont réunies au salon aéronautique du Bourget pour s’opposer aux « marchands de mort ». Les récentes mobilisations des dockers de Gênes — soutenus par un cortège de cinquante mille personnes dans la ville —, Marseille et Tanger, mais aussi de leurs collègues de Suède et de Belgique (13), pour bloquer des cargaisons de matériel militaire à destination d’Israël, traduisent la volonté d’une partie de la société de peser sur les conflits. La perspective d’une production militaire par Renault provoque elle aussi des remous chez les travailleurs. Car le « grand réarmement » que l’Union européenne  d’argent public dont la paix menace les bénéfices."  [Merci à Médiapart et à Thomas Jusquiame. _ Souligné par moi]                   _______________________