Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mardi 21 juillet 2015

La vache!

 La vache  mondialisée
                                          France 5 a rediffusé récemment un document assez complet et incisif sur les conditions de la production laitière, sur celles de l'existence de la vache devenue machine à produire, à pisser le lait, la vache-machine, particulièrement la Holstein, sélectionnée à dessein, et sur l'évolution souvent problématique de la condition des producteurs-éleveurs, ci-devant appelés paysans.
      La vache! 
  Chez nous, contrairement à l'Inde, la vache n'est pas sacrée, on ne l'appelle même plus par son nom, elle est de plus en plus considérée comme une simple productrice, dans un monde où la consommation excessive de lait et de ses dérivés tend à gagner une partie toujours plus grande de la planète, au coût toujours plus bas, favorisant la concentration, mettant en péril les agriculteurs plus traditionnels ne pouvant que s'endetter toujours plus pour acquérir les technologies de l'élevage intensif.
   ...Là où les bêtes, à la vie réduite, dans les nouvelles usines à lait, ne voient jamais l'herbe verte et le ciel bleu, mais sont condamnées à consommer soja et maïs le plus souvent importés, dans des mégastructures devenus des sortes de prisons.
       Il s'agit d' optimiser la vache, dans des structures de plus en plus industrielles et gigantesques , comme en Picardie. 
     Mais il y a mieux (?): aux USA ou en Allemagne du Nord, on arrive à baisser les coûts à 28 centimes le litre, avec un personnel encore souvent  sous-payé. (1)
    Bref, la vache gisement, la vache minerai, parfaitement adaptée aux lois du marché, aux exigences financières des grands groupes laitiers et de distribution, des banques qui les financent, a de beaux jours (?) devant elle...jusqu'au jour où la concentration toujours plus grande des méga-centres de production fera baisser un peu plus la population paysanne, déjà si réduite, si  touchée, souvent endettée, parfois désespérée, en colère . Au dépens de la qualité de vie de l'animal, du lait et de l'environnement.
    La fin des quotas laitiers, l'ouverture totale au  marché mondialisé vont accélérer le processus. Voici l'ère des nouveaux cow-boys, devenus managers.
      Resteront (peut-être) quelques éleveurs de montagne, soucieux de qualité, qui survivront tant bien que mal  grâce au marchés locaux, à la culture de la qualité..De nouvelles voies sont à explorer.
     La viande, comme le lait, bon marché a un coût  et la production demande à être repensée.
     Les rustines ne servent à rien. Une nouvelle vision de l'agriculture s'impose.
                          De nouveaux défis sont à relever.. Repenser l'agriculture est une urgence.
______________
  - Pour de nouvelles pratiques.
Agriculture : de la liberté au servage
La politique du sparadrap
_________________________

lundi 20 juillet 2015

Europe: l'échec...?

 ...Ou revoir totalement la copie?
                                                              Quelques Cassandre, dont Herodote.net, dénoncent depuis dix ans les dérives du projet européen. Rien n'y a fait et, aujourd'hui, 500 millions d'Européens s'apprêtent à plonger dans l'inconnu. Pour la troisième fois en un siècle...
          _______Non, l'Europe n'a pas gagné, comme on le proclame çà ou là, à propos de l'"accord" grec, signé dans les pires conditions. Il ne faut pas être grand clerc pour prévoir qu'on ne va pas cesser d'en parler. La tourmente n'a pas fini de faire sentir ses effets.
   La politique de l'autruche n'est pas une solution. Une crise majeure est inévitable et nécessaire, si elle sert à clarifier les choses et à sortir de l'impasse, produit par le triomphe de Tina.
Les recettes magiques, déjà proposées, seront sans lendemain. Un diktat pour rien.
              L'analyse que propose Joseph Savès, bien qu'incomplète et sur certains points sans doute discutable, mérite qu'on s'y attarde, en la considérant non comme une prophétie, mais comme une remise en perspective et une mise en garde. Ni le peuple allemand, ni la personne de Merkel ne sont personnellement mis en cause, mais la ligne politique et économique mise en place, sous la pression du grand patronat allemand et des banques, depuis l'époque Schröder.________
             Voici la transcription française du texte du 12 juillet 2015 qui place la Grèce sous la tutelle des institutions européennes.
        Le 5 juillet 2015, le Ochi (« Non ») des Grecs a mis en lumière les impasses de la monnaie unique. Il a aussi réveillé les antagonismes européens avec une violence inimaginable il y a encore quelques années.
        Les fantômes de l'Histoire hantent à nouveau le Vieux Continent comme dans la couverture ci-dessous du magazine Bild, qui reflète l'opinion allemande dominante avec ses cinq millions de lecteurs. Elle montre la chancelière coiffée d'un casque à pointe, avec cette légende : « Heute brauchen wir die Eiserne Kanzlerin » (« Aujourd'hui, nous avons besoin de la Chancelière de Fer »). Autrement dit, « C'est Bismarck qu'il nous faut » !...


« C'est Bismarck qu'il nous faut ! » Otto von Bismarck, né il y a 200 ans, était surnommé le « Chancelier de Fer ». Il a pris à revers ses compatriotes, portés vers les valeurs humanistes, en rappelant que « la force prime le droit » et que les grands problèmes du temps ne sauraient être résolus que « par le fer et par le sang ». Sa guerre contre la France (1870-1871) a sécrété les deux guerres mondiales du XXe siècle.  ____Voilà donc l'homme et la politique que le magazine le plus populaire d'Allemagne appelle de ses voeux et érige en modèle à ses lecteurs et à la chancelière ! On peut y voir une maladresse inouïe ou un lapsus lourd de sens au moment où les Grecs ravivent les souvenirs glorieux de leur résistance au nazisme et où les Italiens plébiscitent un essai simplement intitulé Il quarto Reich (« Le IVe Reich », septembre 2014). (Elle est oubliée, la formule de l'ancien chancelier Helmut Kohl : « Nous ne voulons pas d'une Europe allemande mais d'une Allemagne européenne » (« Wir wollen kein deutsches Europa, sondern ein europäisches Deutschland »). ___On pourrait croire que la chancelière Angela Merkel, fille de pasteur et écologiste radicale, disciple du leader chrétien-démocrate Helmut Kohl, aspire à préserver l'équilibre européen. Mais elle est poussée vers la rupture par la grande majorité de ses électeurs et de ses collaborateurs, tant sociaux-démocrates que conservateurs, tous aveuglés par le sentiment de la surpuissance allemande... et l'urgente nécessité de pallier le déclin démographique du pays : comme le Japon, l'Allemagne aspire à retirer de ses placements financiers à l'étranger de quoi assurer une vieillesse confortable à ses citoyens. 

 Depuis son arrivée à la chancellerie le 22 novembre 2005, Angela Merkel a imposé à ses homologues européens les préconisations allemandes sans jamais être prise en défaut, établissant clairement la domination de Berlin sur la nouvelle Europe. 

Ainsi a-t-elle unilatéralement cassé en novembre 2012 le rapprochement entre le constructeur aéronautique européen EADS et son homologue britannique BAE, destiné à créer un géant aéronautique européen, au seul prétexte qu'il menaçait quelques emplois sur le sol allemand. 

Ainsi a-t-elle de façon toute aussi unilatérale relancé en 2013 les négociations avec Washington en vue d'un traité transatlantique de libre-échange (TAFTA), en affirmant sa volonté de le faire avaliser par ses homologues européens avant la fin 2015. 

       Sur la dette grecque, c'est aussi la ligne dure de l'Allemagne qui l'a emporté le lundi 13 juillet 2015, en plaçant la Grèce sous la tutelle des institutions européennes, dirigées pour l'essentiel par des Allemands, à l'image de ce qu'a connu... la Tunisie en 1869 !
Comment en est-on arrivé là ?
             Avant la mise en place de la monnaie unique, en 1999-2001, tout semblait encore sourire à l'Europe. Mais la nouvelle monnaie, fondée sur deux erreurs magistrales, a semé les germes de la discorde au sein de l'Union ainsi que nous l'expliquons en détail dans L'Europe à l'épreuve de la monnaie unique.
              Auparavant, quand un pays laxiste achetait à l'étranger plus qu'il ne vendait, il était promptement ramené à l'équilibre par la dévaluation de sa monnaie. En supprimant cette force de rappel, la monnaie unique a autorisé toutes les dérives et permis par exemple aux industriels et banquiers allemands et français d'abuser de la faiblesse des dirigeants grecs pour leur vendre à crédit toutes sortes d'inutilités (chars et avions de combat, pont de l'isthme de Corinthe, autoroute du Péloponnèse, aéroport d'Athènes, Jeux Olympiques de 2004).
   En 2010, menacés de perdre ces placements irresponsables, les banquiers français et allemands (Commerzbank, BNP...) en ont repassé le fardeau aux États, avec la complicité des oligarques grecs. Ces dettes résultent de la première erreur des promoteurs de la monnaie unique : 
___1- La balance des paiements :
  La balance des paiements entre un pays et l'étranger étant toujours à l'équilibre, toute sortie d'argent (importations ou remboursement de dettes) est compensée au centime près par une rentrée équivalente (exportations ou emprunts). 
  Autrefois, quand de riches Grecs désiraient s'offrir de belles voitures allemandes, ils convertissaient leurs drachmes en marks. Mais si leurs achats n'étaient pas compensés par des exportations grecques d'un montant équivalent, il s'ensuivait une dévaluation de la drachme et les riches Grecs en question, ramenés à plus de modestie, étaient contraints de réduire leurs achats de Mercedes.
En l'absence d'une monnaie nationale qui équilibre automatiquement les échanges commerciaux, ces Grecs peuvent désormais donner libre cours à leur penchant pour les berlines allemandes... tout comme leurs homologues français ou italiens. Rien ne peut les en empêcher. Rien ne vient les freiner et du coup, la balance commerciale de leur pays se déséquilibre sans qu'il soit possible d'y remédier. Autrement dit, en détournant vers l'étranger une partie croissante de leurs revenus, ils en privent leurs compatriotes, à commencer par ceux qui bénéficiaient ces revenus sous forme de salaires ou d'achats.
  Dans le cadre européen, les Grecs victimes de l'appauvrissement de leur territoire ne peuvent compter sur aucun transfert social des Allemands, des Finlandais ou des Français (*). Soit ils se résignent et acceptent une baisse de leurs revenus et de leur niveau de vie (une forme d'appauvrissement abusivement qualifiée de « dévaluation interne » par les hommes en gris de Bruxelles, Francfort et Londres) ; soit ils s'en indignent et l'État, pour éviter une explosion sociale, emprunte à l'étranger les sommes indûment évaporées.
   Une fois amorcée la spirale de l'endettement, le pays a de moins en moins de capacités à augmenter sa compétitivité et ses exportations. Il est condamné à compenser ses remboursements d'emprunts par de nouveaux emprunts !
    Ici intervient la seconde erreur des promoteurs de la monnaie unique, celle de croire qu'une politique d'austérité (augmentation des impôts et baisse des dépenses publiques) peut suffire à effacer les dettes publiques vis-à-vis de l'étranger.
Ils oublient ce faisant qu'il n'y a aucun rapport entre la balance des paiements d'un pays et la manière dont celui-ci répartit ses ressources entre ses habitants
_____________2- La redistribution intérieure des richesses :
    La répartitition des richesses à l'intérieur du pays et leur redistribution par l'impôt est une affaire interne, d'ordre politique. Si les Grecs et les Français choisissent, au contraire des Allemands, de privilégier par l'impôt et les dépenses publiques les inactifs, les fonctionnaires et les pauvres au détriment des salariés des entreprises exportatrices, cela les regarde. Cette répartition intérieure des richesses n'a aucune incidence directe sur l'activité et encore moins sur les échanges avec l'étranger et la balance des paiements
   Illustration par l'absurde : supposons que l'État grec arrive demain à faire rentrer la TVA et imposer l'Église. Ces recettes fiscales nouvelles seront immédiatement transférées à l'étranger pour payer les intérêts de la dette. Pendant ce temps, les contribuables et les entreprises, avec des revenus moindres, seront obligés de réduire leur consommation et leurs effectifs salariés. L'Église devra de son côté renoncer à ses oeuvres sociales avec pour résultat une aggravation de la crise humanitaire... et une baisse des recettes fiscales !
    Autre illustration : supposons que l'État grec vende à l'étranger ses actifs (entreprises publiques, immobilier, îles...) pour rembourser tout ou partie de sa dette, comme l'exigent aujourd'hui ses tuteurs allemands. Année après année, les recettes générées par ces actifs quitteront le pays et feront également défaut à l'activité intérieure. 
    Dans un cas comme dans l'autre, en retirant de l'argent des circuits économiques nationaux pour le transférer à l'étranger, le pays se condamne à une récession permanente. Ainsi l'austérité imposée par Berlin n'a-t-elle d'autre résultat que d'aggraver la dette souveraine, en Grèce mais aussi au Portugal, en Italie ou encore en France.
Un enfant de douze ans peut comprendre cette mécanique ; pas nos dirigeants, prisonniers de leurs préjugés idéologiques !
    Le remède à cette double erreur de construction eut consisté selon notre analyse à transformer la « monnaie unique » en une « monnaie commune » en restaurant des monnaies nationales au-dessous de l'euro. Mais il est maintenant sans doute trop tard pour l'envisager...
___Les « Somnambules »
   L'espoir d'un sursaut est ténu car les dirigeants européens, aveuglés par l'idéologie néolibérale et la domination allemande, n'osent pas débattre des causes de la Crise européenne et notamment de la concomitance entre celle-ci et la monnaie unique.
    Ils craignent bien évidemment qu'un tel débat ne les disqualifie et mette en lumière leurs phénoménales erreurs, depuis la monnaie unique que chacun présentait il y a quinze à vingt ans comme une garantie de prospérité commune, jusqu'aux politiques d'austérité qui devaient ramener les États surendettés dans la course, en passant par le traité constitutionnel, qui devait renforcer la cohésion de l'Union et son poids dans le monde !...
    Ces dirigeants avancent tels des somnambules, en réagissant seulement à l'instant présent et sans rien comprendre à l'enchaînement des événements. Ils sont en cela semblables à leurs homologues de 1914, que dépeint l'historien Christopher Clark dans son célèbre ouvrage (Flammarion, 2013). Soucieux de conserver leurs entrées dans les palais officiels, les journalistes qui les entourent répercutent sans nuances leurs préjugés auprès de l'opinion.
    À défaut de pouvoir démontrer la viabilité de la monnaie unique, les uns et les autres se consolent en arguant qu'elle est contestée seulement par les leaders d'extrême-droite et d'extrême-gauche. Mais ils ignorent les Cassandre nombreux qui, il y a vingt ans déjà, tentaient de les mettre en garde contre l'irréalisme de la monnaie unique. Parmi ces Cassandre figurent quatre Prix Nobel d'économie, Milton Friedman et Maurice Allais, aujourd'hui décédés, Paul Krugman et Joseph Stiglitz. Excusez du peu. Notons aussi l'anthropologue Emmanuel Todd qui écrivait en 1995, en préface à la réédition de L'invention de l'Europe : « (si) la monnaie unique est réalisée, ce livre permettra de comprendre, dans vingt ans, pourquoi une unification étatique imposée en l'absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu'une société ».
__Vers le précipice
                     Depuis une dizaine d'années, les leaders européens affichent un unique objectif : sauver l'euro, sans comprendre que sous sa forme actuelle, il est non-viable. Aujourd'hui, pour beaucoup, cet objectif sacré justifie même le sacrifice de la Grèce, sa mise sous tutelle et peut-être à terme son expulsion de la zone euro, voire de l'Union européenne (*).
   Tous justifient auprès de leur opinion publique le Grexit (Greece exit, « sortie de la Grèce ») et leur refus d'effacer au moins en partie la dette grecque : « Une dette se rembourse toujours » (faux, l'exemple le plus manifeste est celui de l'Allemagne en 1953), « Il est essentiel que les États de la zone euro respectent les règles qu'ils se sont imposées » (faux, la France et l'Allemagne se sont délibérément affranchies en 2004 du pacte de stabilité qu'elles avaient conclu dix ans plus tôt)... L'argument le plus drôle : « Si les Grecs font défaut, chaque Français perdra 700 euros, soit sa part des crédits français à la Grèce » (vrai et faux, si les Grecs font défaut, la dette de la France, qui est déjà de 2000 milliards d'euros, s'accroîtra de 40 milliards d'euros, soit de 2% seulement, sans aucune incidence directe sur le portefeuille des Français ; cette dette, au demeurant, ne sera sans doute jamais remboursée comme la dette grecque ; elle se dissoudra lentement au fil des crises et de l'inflation).
    Sauf à réformer hardiment la monnaie unique (hypothèse devenue improbable), la zone euro et l'Union européenne vont être entraînées dans un précipice quoi qu'il advienne : révoltes sociales en Grèce, si le gouvernement d'Athènes tente d'appliquer les conditions de Bruxelles ; déboires économiques mais aussi et surtout politiques et même militaires en cas de Grexit.
- tensions interétatiques :
    La déstabilisation de la Grèce, voir le Grexit, achèvera de discréditer les institutions européennes et conduira chaque État à jouer sa partition contre les autres. Il va exacerber aussi les haines entre les peuples et déjà l'on nous dit que de nombreux Allemands, par crainte d'être mal reçus, renoncent à leurs vacances au bord de la Méditerranée ! Il leur restera les rives de la Baltique...
- pressions migratoires :
      Réduits à mendier une aide humanitaire auprès de Bruxelles, les Grecs n'accepteront bien évidemment plus de recueillir les immigrants illégaux que leur envoie par centaines de milliers la Turquie. Ils les dirigeront au plus vite vers l'Italie et il s'ensuivra de nouvelles tensions entre les États de l'Union quant à la répartition de ces réfugiés d'Afrique et d'Asie.
- Chypre :
   On l'a oublié mais Chypre est un État très fragile de la zone euro, à 90 kilomètres de la Syrie, avec un territoire en partie occupé par la Turquie. L'île ne doit d'appartenir à l'Union européenne et à la zone euro qu'à l'insistance de la Grèce. Si celle-ci est humiliée ou exclue, Chypre perdra tout soutien à Bruxelles et le gouvernement national-islamiste d'Ankara en profitera pour déstabiliser l'île.
- Brexit :
      De l'autre côté de la Manche, on doit se prononcer l'an prochain sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Il va sans dire que la tragédie grecque y est suivie avec attention et va conduire une nette majorité d'Anglais et même d'Écossais à se prononcer en faveur de la sortie (le Brexit).
   Dans cette éventualité, l'Europe de 2016 ressemblera furieusement à celle d'il y a 75 ans (1941), les canons et les fusils heureusement en moins : un Royaume-Uni fièrement à l'écart, soudé aux États-Unis ; une Europe continentale sous la complète domination de l'Allemagne, avec la France en docile féale et l'Italie en alliée revêche ; une Grèce entrée avant tout le monde en résistance ; une Suisse soucieuse de préserver sa neutralité ; une Espagne attentiste... et une Russie attendant que tout cela explose.
    Attentif aux leçons de l'Histoire, Herodote.net a souvent pu décrypter avec justesse l'actualité. Début juillet 2015, nous avons ainsi entrevu la victoire du Ochi en mesurant à sa juste valeur la capacité de résistance des Grecs. Puissions-nous cette fois nous tromper et donner raison aux dirigeants européens ! Mais quoi qu'il advienne, les Européens ne s'exonéreront pas des souffrances infligées aux Grecs, si grands que puissent être leurs torts.  
_____________Joseph Savès
__[Merci à Hérodote.net -site complet non gratuit]___________________________________________

dimanche 19 juillet 2015

Une époque formidable....

 Quand les nerfs lâchent

La réserve princière et la dignité royale ne supportent aucun écart.

Mais des surprises sont toujours possibles.
  "Just take the fucking picture !"
            Shoking! Mais tout le monde n'a pas une meute de paparazzi à ses basques...
______________________________________________________

Big bazar papal
                  
Musclé! François!

Même si l'espace du Vatican respire silence,ordre et volupté dignité

Hors les murs, l'homme en blanc n'hésite pas à faire l'éloge du bazar 

Est-ce bien sérieux?

Se prend-il pour le divin chasseur du Temple?
_______________________________________

 Le clan
                 Auchan en emporte l'argent...

Le petit épicier de Roubaix a fait des petits

La galaxie Mulliez est un univers en expansion.

______________________________

 Ramdam

Quel ramdam, pour un ramadan!

Marrakech, ville ouverte...
           
Enfin, pas trop...

Gare aux oranges  toxiques!

___________________________________________
Dopés ou pas?


Tout le monde en parle 

  - Le dopage mécanique fait tourner les pédales et les têtes 

Scanner les vélos?
____________________________________________________

Cause nationale

Au pays de la frite, se déroule un débat crucial

La guerre de la mayonnaise aura bien lieu, une fois!

Un pays qui a la patate!

__________________________________________________________________
 Elisons-la!

Elice Lucet ne manque pas de cran

Si ça se présente, élisons Elise à l'Elysée

_______________________________________

samedi 18 juillet 2015

Au fil du net

*  Un coureur n'est pas forcément un minus habens
    Une autre philosophie du vélo

*   Ecole: du bon sens, ecore du bon sens.

*  Le spectacle est dans la rue 

*   Grèce : Tout ça pour rien ?

*  Le FMI congratule Macron 

*   Un ancien policier de Baltimore témoigne

*  Coût de la pollution de l'air

*  Un métier de tueur

*  L'Eurogroupe et l'autruche 

*  La politique shadokienne de l'Eurogroupe  
_________
Revue de presse 
__________________________ 

vendredi 17 juillet 2015

De rêve au cauchemar

Points de vue: Méditations (pseudo)cartésiennes    

                                                                      Que l'on soit "cartésien"ou non, ce papier donne à penser, à l'instant "t" où nous sommes d'une Europe qui vacille:
       A chacun de juger... 
                                    « Le sommeil de la raison engendre des monstres »
    La soirée de dimanche 11 juillet 2015 restera marquée d’une pierre blanche dans les annales de l’Europe. Ce soir là, l’Europe est morte. Non pas le continent d’Europe en tant que réalité géographique. Non plus l’ensemble foisonnant d’institutions et de règles progressivement mis en place depuis l’après-guerre. Mais cette Europe-nation illusoire faite de l’amitié, de la solidarité, de la coopération entre les peuples. Le rêve est fini, nous sommes réveillés.
    Rapellez vous du « rêve européen », celui d’une union « chaque jour plus étroite » qui donnerait naissance aux « Etats-Unis d’Europe » dont les pays membres seraient les provinces. Imagine-t-on la France, l’Allemagne, l’Italie infliger à l’une de leurs régions pauvres le genre de remède qu’on impose aujourd’hui à la Grèce ? Imagine-t-on un gouvernement national faisant preuve à l’égard des autorités régionales de la hargne, la morgue, de l’insensibilité dont on fait preuve les dirigeants des pays de l’Eurogroupe à l’égard des autorités grecques ? Que se passerait-il en France si le Premier ministre infligeait au président de la région Corse ou Bretagne le genre d’humiliation qu’ont du subir les Grecs ? Quels que soient les conflits, les suspicions, les différences à l’intérieur d’une nation, il y a une perception de son concitoyen comme un autre soi-même qui empêche ce genre d’instincts de se manifester. Il est clair qu’un demi-siècle de construction européenne n’a pas réussi à construire ce qu’on pourrait appeler une identité européenne.
       On nous avait expliqué que la « construction européenne » devait nous protéger du retour de la brutalité dans les rapports entre états qui avait marqué les années vingt et trente. On voit aujourd’hui combien cette idée était fausse. La négociation de l’accord avec la Grèce a tous les relents de la négociation des accords de Munich en 1938. Tout y est : la prétention de l’Allemagne de mettre un état sous tutelle pour s’assurer de ses intérêts, la résistance d’un petit pays sommé de s’exécuter sous la menace de représailles terribles, la capitulation de la France qui préfère jouer les « monsieur bons offices » pour faire accepter au faible les conditions du fort, pour ensuite clamer qu’on a « sauvé » l’essentiel – la paix hier, l’Euro et l’Europe aujourd’hui. On a même eu droit au vote massif des deux chambres du Parlement pour remercier Hollande-Daladier d’avoir joué ce rôle. En 1938, le PCF fut le seul parti politique a dénoncer l’accord. Aujourd’hui, il s’est trouvé à peine une quarantaine de députés pour faire de même.
      Les échanges autour de la table communautaire n’étaient pas ceux de partenaires réunis pour résoudre un problème commun. C’était une rencontre ou les forts posaient leurs conditions aux faibles. Avec des rares et honorables exceptions, les états-membres créanciers n’ont guère accordé d’attention à la misère des citoyens grecs, au désespoir d’une jeunesse qui voit l’avenir bouché. Ils n’ont nullement cherché ce qui est mieux pour l’ensemble des européens. Non : leur seule et unique préoccupation, c’était celle que Margaret Thatcher avait si bien résumé en son temps : « I want my money back ». Il fallait donc non seulement mettre la Grèce sous tutelle pour s’assurer que toutes les ressources dégagées par l’austérité aillent dans les poches des créanciers, mais en plus la punir et l’humilier pour bien montrer aux autres pays en difficulté ce qui arrive à ceux qui choisissent de s’écarter de la logique austéritaire.
       Tout cela ne me surprend guère. J’ai toujours pensé que la construction européenne n’était qu’une vaste fumisterie, qui déguisait – de moins en moins bien – la brutalité des rapports entre les Etats. Aujourd’hui les choses sont claires : Le citoyen allemand comme le citoyen grec savent qu’ils n’ont aucune protection à attendre de l’Europe. Ils auront compris qu’ils ne peuvent compter que sur leurs états nationaux pour défendre leurs intérêts. Le jeune grec comprendra que si son avenir est bouché, c’est parce que la Grèce est faible, alors que le jeune allemand saura que s’il a un avenir radieux, c’est parce que l’Allemagne est forte. Alors, que reste-t-il de « l’Europe qui protège » ? Qu’à-t-elle à offrir au jeune étudiant grec, autre que l’émigration vers une nation mieux lotie que la sienne ?
       Même la fameuse « amitié franco-allemande », vache sacrée de la politique extérieure française, se révèle pour ce qu’elle est : une fiction utilisée dans les années 1960 par la France pour obtenir l’appui politique de l’Allemagne en échange de son soutien à la candidature allemande à la réadmission dans l’espèce humaine. Aujourd’hui, l’Allemagne est redevenue une puissance et n’en a plus besoin de ce boulet, ce qui place la France en position de suppliante. « L’amitié franco-allemande » est morte, elle a été remplacée par un rapport de puissance à puissance. Et nos élites ont tellement peur de devoir faire le deuil de leurs rêves européens qu’elles sont tétanisés à l’idée de signer l’acte de décès, préférant jouer le rôle de « bon flic » chargé d’expliquer aux grecs pourquoi ils doivent tout accepter, comme Daladier le fit hier lorsqu’il s’est agi de faire avaler à Benes le dépècement de son pays.
      Pour constater combien la fiction qu’était le « projet européen » était devenue la colonne vertébrale d’une idéologie dominant totalement la politique française, il suffit d’observer les conséquences de l’effondrement de dimanche. La « béquille » mentale européenne s’est cassée, et du coup nos soi-disant « élites » sont obligées de penser par elles mêmes. On ne peut dire que les résultats soient brillants. Au contraire : cela a donné lieu à une suite de positions contradictoires qui montrent à quel point la « gauche » en général et la « gauche radicale » en particulier sont incapables d’une pensée cohérente.
      Prenons le Parti socialiste. Par la voix de son secrétaire national, mais aussi par celle du président du groupe à l’Assemblée, le parti se réjouit de la signature de l’accord. Pourtant, on se souvient, les socialistes ont soutenu à chaque élection nationale la doctrine selon laquelle la politique d’austérité devait être modifiée pour faire place à une véritable relance européenne. Et les voilà se réjouissant au contraire de la signature d’un accord qui ne fait que consacrer la primauté absolue à une austérité toujours plus grande, un accord qui contient toutes les mesures que les socialistes ont toujours refusé à mettre en œuvre en France. Alors pourquoi ces réjouissances ? Et bien, parce qu’on a sauvé l’Euro ! L’Euro devient la nouvelle version de la « relique barbare » dont parlait Keynes, à laquelle l’économie réelle, c'est-à-dire, la vie des hommes et des femmes qui vivent de leur travail, doit être sacrifiée.
        Mais si le Parti socialiste ne fait finalement que continuer dans la voie libérale-libertaire dans laquelle il s’était engagé, la cacophonie est bien pire dans la « gauche radicale », coincée entre ses sympathies pour Syriza et son eurolâtrie. Il faut dire que si toutes les eurolâtries sont imbéciles, celle de la « gauche radicale » l’est particulièrement, puisqu’il s’agit d’une eurolâtrie de rejet. La « gauche radicale » est europhile parce qu’elle est nation-phobe. Sa détestation de tout ce qui se rapporte à la nation la conduit à rechercher une instance qui puisse lui servir d’alternative. Mais comme il arrive souvent chez les nouveaux convertis, la « gauche radicale » en fait trop. Ainsi, le 14 juillet Pierre Laurent félicite « le gouvernement grec (qui) a fait un choix responsable, celui de permettre avant tout la stabilité financière durable du pays » en évitant le « Grexit ». Cette déclaration appelle deux conclusions. La première, c’est que, pour le secrétaire national du PCF, le « choix responsable » pour un gouvernement de gauche, c’est « de permettre avant tout la stabilité financière durable ». Le second c’est que Laurent croit que ce accord est susceptible de garantir une telle « stabilité durable ». On se demande s’il faut rire ou pleurer…
       Mais la suite est pire. Pendant que Pierre Laurent se félicite et félicite le gouvernement grec d’avoir signé l’accord, les députés du Front de Gauche s’apprêtent à voter contre au parlement français. Pourquoi ? Parce qu’il faut – du moins si on écoute André Chassaigne – « sauver le projet européen ». Mais… depuis quand « le projet européen » - notez bien l’article défini, il ne s’agit pas de sauver « un projet européen », ni même « un autre projet européen », mais « le » projet européen, le seul, l’unique – est-il digne d’être « sauvé » ? On découvre tout à coup que dans le désordre idéologique ambiant le PCF semble avoir fait sien le projet de Monnet et de Schuman, de Mitterrand et de Delors. Chaissaigne va plus loin encore : l’alternative, c’est le « projet européen » ou le « nationalisme » honni. C’est dire si on a les idées claires au PCF.
      Chez la tribu Mélenchon, c’est encore plus confus. Après avoir qualifié de « maréchalistes » il y a seulement deux ans ceux qui veulent sortir de l’Euro, la tonique semble changer au PG : Ainsi, Eric Coquerel écrit curieusement que, s’agissant de l’Euro, « il nous faudra donc imposer sa transformation ou bien en sortir ». Laurent Mafféis va plus loin : « L’Allemagne a mis l’Europe dans une impasse dont il est peu probable qu’elle se relève. D’ailleurs ses méfaits économiques et sociaux ont déjà conduit le grand nombre à en faire le deuil. L’Europe n’a pas d’autre destin que celui que ses peuples pourraient lui donner. En l’état actuel elle n’en a donc plus. »
      Allelouiah !, me direz vous. Enfin quelqu’un dans la gauche de la gauche s’aperçoit que le « projet européen » est condamné et qu’il faut faire autre chose. Seulement voilà : il est difficile de savoir au PG qui parle au nom de qui. S’agit-il de points de vue personnels ou bien d’une ligne assumée par l’organisation ? Difficile de le savoir dans l’étrange galaxie qu’est le PG, ou Mélenchon, qui pourtant n’a aucune fonction dans les organes de direction du parti, continue à signer des communiqués sur le site de celui-ci. Mais il faut rappeler qu’une motion appelant à l’inscription dans le programme du PG de la sortie de l’Euro a été battue au congrès du PG il y a deux semaines.
       En fait, la « gauche » en général et la « gauche radicale » en particulier se bercent de douces illusions en imaginant des « Europes » bisounoursiennes, dont l’Allemagne empêcherait on ne sait pour quelles raisons la réalisation. L’Europe n’est pas une zone franche qui échapperait mystérieusement aux rapports de force qui régissent les relations entre les états. Si les nations sont toujours là, si leurs dirigeants mettent les intérêts de leur pays avant ceux de « l’Europe », ce n’est pas par égoïsme ou faiblesse morale, mais parce que la nation a une réalité en tant qu’unité politique que l’Europe n’a pas et ne peut pas avoir, quelque soient les ingéniosités institutionnelles qu’on puisse imaginer. Merkel et Tsipras ont une légitimité que ne peuvent pas avoir Juncker, Tusk ou l’ineffable Schultz. Et ce n’est pas dû au mode d’élection ou de désignation : le Parlement européen est élu au suffrage universel direct, et pourtant il n’arrive pas à avoir la légitimité que peuvent avoir les parlements nationaux. La question n’est pas seulement la procédure, mais aussi la question du « démos » au nom duquel on gouverne : derrière Merkel ou Tsipras, il y a un peuple constitué en unité politique, conscient d’une unité d’histoire et de destin.        Derrière Juncker, Tusk ou Schultz, il n’y a rien d’autre qu’une procédure. Merkel, Tsipras, Hollande parcourent leur pays, serrent des mains, ont des réunions avec des « vraies gens », écoutent et prennent en permanence le pouls d’une collectivité dont ils sont membres et qu’ils connaissent parfaitement. Imaginez-vous Schultz, Juncker ou Tusk en train de dialoguer avec des paysans de Transylvanie ou des ouvriers de Bilbao ? Comment le pourraient-ils, puisqu’ils ne parlent pas la même langue ?
       Quant à la droite… sa situation est peut-être un peu plus confortable, du moins pour les franges proches de la logique ordo-libérale allemande. Certains dirigeants de droite, Sarkozy en tête, ont essayé de jouer cette corde en prenant des positions « dures » vis-à-vis du gouvernement grec, oubliant la sagesse populaire qui veut qu’on ne tire pas sur un homme à terre. Ils s’en mordront à mon avis les doigts. La brutalité avec laquelle la procédure européenne a été conduite a mis beaucoup de gens qui au départ soutenaient la position européenne dans l’embarras, et la droite, fut-elle libérale, ne peut ignorer le fait que cette affaire risque de rendre les institutions européennes odieuses à beaucoup de français, et alimenter la fuite de voix vers le Front National, seule organisation politique à avoir dans cette affaire gardé une ligne politique claire. La droite aussi devrait réfléchir à cet épisode.
        Si nos élites peuvent apprendre quelque chose de cette crise, c’est combien les vaches sacrées de « l’euro-pensée » ont stérilisé le débat politique et empêché de voir les problèmes. Il est urgent de jeter aux orties ce qui reste de cette idéologie néfaste, cesser de construire des châteaux dans l’air et revenir à une réflexion politique rationnelle et pragmatique, qui ne peut être construite à mon avis qu’autour de la nation. Cela n’implique en rien qu’on soit chauvin ou isolé. On peut parfaitement bâtir entre les nations des coopérations fondées sur un partage équitable des avantages et des inconvénients. L’option d’une « union » où les nations s’effacent pour laisser place à la magie du marché pour produire et partager équitablement les richesses a, de toute évidence, échoué. Et cet échec est définitif : il ne tient ni aux erreurs commises, ni à la faillibilité des hommes, mais à la structure même du projet.
       Comme beaucoup de Parisiens, je suis allé contempler le concert et le feu d’artifice qui marque la fin de la célébration du 14 juillet. C’était, comme à chaque fois, magnifique. Mais je voudrais noter deux choses : à la fin du concert, on a chanté « La Marseillaise », et deux fois plutôt qu’une. Et pendant le feu d’artifice, on l’a joué une deuxième fois, ce qui à ma connaissance ne s’était fait que très rarement. J’ai vu les jeunes chanter l’hymne national avec passion. J’ai vu à la télévision une jeune fille qui, interrogée sur ce qu’elle avait le plus aimé dans le spectacle, a parlé elle aussi de l’émotion de la Tour Eiffel éclairée par les couleurs nationales, et d’avoir chanté l’hymne composé il y a si longtemps par Rouget de l’Isle. Et mon cœur s’est serré en pensant que l’ambiance ne devait pas être très différente en 1938. « Si vis pacem, para bellum ».
Descartes
___________
Version intégrale de l’accord de spoliation de la Grèce
________________________________________________________

jeudi 16 juillet 2015

Fin du dopage?


        Plus d'un tour dans leur sac...
                                                      Comme le printemps annonce l'été, les soupçons reviennent à chaque grande boucle.
  Pour certains, on serait devant un problème insoluble, fertile en innovations biochimiques et en rebondissements, malgré les proclamations, la main sur le coeur.
    Promis, juré, on ne m'y reprendra plus on ne le fera plus!.Tous clean!
   Pourtant, si l'on en croit les chiffres, souvent discutés,le problème revêt une ampleur impressionnante.
    Le système Armstrong, mené à son plus haut point de sophistication, a impressionné tout le monde.
Le rouleur texan a bien roulé... son public.(*)
      Le spectacle fait oublier l'argent, le nerf de la boucle, le carburant quotidien.
Le vélo-business (mais pas que le vélo) semble ne pas (plus) soulever d'indignation, tant il est en phase avec les valeurs contemporaines de réussite rapide sociale et économique. Et...panem et circenses. On comprend mieux pourquoi Bernard Tapie s'y est très tôt investi.
     On se pose toujours des questions.  Le soupçon est partout.
 L'homo cyclopedus ordinaire est décontenancé et se détourne du grand barnum national.
       Le Docteur de Mondenard, ex-médecin expérimenté .du Tour, ne se fait pas d'illusions....
              L’amoureux du Tour de France peut suivre l’épreuve avec, peut-être, un peu plus de confiance que lors des années Lance Amstrong au niveau de l’intensité de la pratique et du nombre. Mais vous savez, il y a toujours eu du dopage dans le Tour de France. Et ce, depuis sa création, en 1904. La quasi-totalité des vainqueurs du Tour se sont plus ou moins dopés. Sans oublier ce paradoxe que les anciens dopés se trouvent ensuite aux manettes d’équipes. Aujourd’hui, il faut savoir que l’on peut toujours se doper sur le Tour de France sans se faire prendre. Toutes les substances interdites ne sont pas détectables lors des contrôles, qui sont trop souvent inefficaces. C’est la réalité. Et c’est la même chose en rugby, en football… Dans l'émission « Stade2 », une enquête récente a démontré que l'on pouvait ingérer un cocktail de produits dopants (hormones de croissance, EPO) permettant d'augmenter ses performances de 3%, ce qui est énorme au plus haut niveau, et de passer à travers les mailles des contrôles...
     Vive le vélo quand même!
__________________________________

mercredi 15 juillet 2015

Athènes: alea jacta est

_Vers une catastrophe?
Points de vue: 
                           "L'europe a gagné (F.Hollande)

                                                                               Vraiment? Plutôt un pas vers la dislocation.
       Nous avons aujourd'hui l'image d’une zone euro totalement dysfonctionnelle, incapable de régler la question de la dette d’un pays qui pèse moins de 2 % de la richesse du club. Faute de budget propre, faute de mécanisme rodé de règlement des conflits, elle ne consent à des transferts au profit de certains de ses membres que dans l’amertume, le psychodrame et la division. Il fut un temps où l’esprit européen rimait avec intelligence − c’était il y a longtemps....
           Paul Krugman estime qu'il s'agit là d'une «trahison grotesque de tout ce que porte le projet européen».
___La Grèce a été dévastée, entend-on, et maintenant elle va être pillée, a dit hier Romano Prodi, l’ancien premier Ministre Italien. Ses propos ont fait le tour des blogs et des réseaux sociaux. De fait, un fonds étranger va prendre le contrôle des actifs encore possédés par l’Etat Grec pour empêcher Syriza de se soustraire au pseudo-accord qui a été signé. Pour Prodi, "on ne gouverne pas avec l'arithmétique".
   C'est le même homme qui, tout en étant un "père de l'euro", avait trouvé "stupide" le pacte de stabilité européen en 2002.
       Delors ne dit plus rien....
L'Allemagne a contribué a compromettre un projet hellène qui pouvait être viable, au nom d' un juridisme dogmatique et d'un esprit technocratique autocentré et étroit. L'euro est une bénédiction pour l'Allemagne.
__________________________. 
____Une certaine presse allemande devient plus critique,  contrairement au Bild ou die Weltcomme le Süddeutsche Zeitung: " ... «Merkel a réussi à raviver l'image d'une Allemagne laide, avare et au cœur sec, qui commençait seulement à s'estomper». Süddeutsche Zeitung parle des «exigences difficiles» auxquelles doivent répondre les Grecs. «Chaque centime d'aide à la Grèce que les Allemands ont tenté d'épargner devra être dépensé deux ou trois fois dans les prochaines années pour redorer cette image», s'inquiète le quotidien.
«En un week-end, le gouvernement allemand a détruit plusieurs décennies de diplomatie», accuse l'hebdomadaire Der Spiegel sur son site internet, déplorant un «catalogue des horreurs» destiné à «humilier la Grèce». Deutsche Wirtschaftnachrichten met les pieds dans le plat.
____________________________________
    ____Le point de vue d'un économiste américain, parmi d'autres, mérite d'être reproduit, car il signale bien les erreurs ( et les fautes) commises (comme le reconnaissaient certains au FMI)[*] et les risques encourus:
    La perte de confiance dont parlaient les dirigeants de la zone euro envers la Grèce était-elle justifiée ?                       La confiance doit aller dans les deux sens; elle doit être réciproque. Où est la confiance quand l’Allemagne interdit toute discussion honnête sur la faisabilité et la viabilité d’un tel plan ? Où est la confiance quand, à l’issue de l’accord, Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances, reconnaît que la dette est insurmontable mais que c’est contraire aux règles d’y remédier ? La perte de confiance, au fond, se pose surtout sur la faiblesse des institutions européennes. La Commission européenne a complètement été mise sur la touche, à l’image de son commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, systématiquement renvoyé dans les cordes. Si on continue comme cela, sans solidarité, sans compromis, le rêve européen est condamné. L’Europe s’est construite sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale grâce à la vision de chefs d’Etat. Elle est sur le point de s’effondrer à cause des vanités et du cynisme d’une poignée de banquiers et de politiciens.
     Que peut-il se passer en Grèce ?                           Une catastrophe. Fermer un secteur bancaire pendant des semaines ne s’est pas produit depuis la Grande Dépression des années 30. Le pays est déjà au bord de l’effondrement depuis quelques semaines. Il fait des pas de plus vers la falaise. La Banque centrale européenne n’a pas voulu jouer le rôle de prêteur en dernier ressort, parce que Jens Weidmann, président de la Bundesbank, faisait partie des faucons. C’est très choquant. Cela fait quarante ans que je m’investis dans l’économie internationale et je n’ai jamais vu ça; voir cela en 2015, dans une des deux plus grandes économies du monde, tient du cauchemar. C’est la faillite, en soi, d’un système financier et économique sans réelle gouvernance politique.
     Tsípras va-t-il réussir à survivre à une telle humiliation après avoir plaidé à juste titre pour qu’un référendum refuse un tel plan ?                  C’est peu probable. En réalité, depuis l’arrivée au pouvoir de Syriza en janvier, les responsables allemands ont à peine contenu leur fureur de voir un gouvernement de gauche radicale d’un petit pays en faillite oser défier l’une des plus puissantes économies de la planète. Ils vont gagner. Comme les mouvements de la droite radicale et de l’extrême droite, qui vont capitaliser sur la tragicomédie de ce dernier Conseil européen, qui traduit un échec absolu de la prise en compte des intérêts d’un pays vulnérable. A la façon de l’Allemagne avec la zone euro, les Etats-Unis ont tenté d’imposer, pendant des décennies, leur politique économique expansionniste dans leur zone dollar d’Amérique latine. On a vu le résultat : l’échec absolu et la déstabilisation politique…
    Vous faites un parallèle entre les négociations climatiques et les négociations européennes avec la Grèce…                  Oui, parce qu’elles sont marquées par la politique de courte vue, une sorte de cécité dramatique. Face au plus grand enjeu que la planète ait jamais eu à affronter, le changement climatique, les Etats campent encore sur le mode de «qui paiera moins et gagnera plus». Mais tout le monde va perdre; et tous les Etats vont être submergés par la multiplication des catastrophes qui se précisent, même avec une hausse de 1°C des températures.
Les politiques n’aiment pas le bruit, les difficultés, et font semblant de ne pas comprendre les enjeux. Surtout les Etats-Unis, dont le Congrès est totalement verrouillé par les lobbies pétroliers et gaziers. Leur responsabilité historique dans l’inaction coupable sera terrible. Idem pour la Grèce.
Plutôt que de trouver un compromis ambitieux, de chercher les moyens financiers, économiques et humains pour qu’Athènes s’en sorte et que la misère actuelle ne précipite pas un peu plus le pays vers le chaos, l’Allemagne (et accessoirement, la France) a pressé, imposé une solution, sans rien négocier.
   Que ce soit sur le climat ou sur la Grèce, les Etats puissants ne veulent pas entendre ce qui est douloureux pour les plus faibles. Mais à la fin, ils seront rattrapés par les souffrances qu’ils infligent. Sauf réveil essentiel, le parallèle se terminera ainsi : une série de chocs dramatiques vont se produire et nos systèmes politiques, dominés par des élites sans vision, seront incapables d’y faire face."

   _____   Timothy Geithner, ancien secrétaire américain au Trésor sous Obama, explique une même stratégie allemande dans son dernier livre, Stress Test. Il y raconte une rencontre et une discussion informelle avec Wolfang Schäuble, dans la maison de vacances de ce dernier, en juillet 2012. Schäuble, écrit-il, lui explique les nombreuses vertus d'un plan organisant la sortie de la Grèce de la zone euro : d'abord, satisfaire l'électorat allemand, excédé de payer ; surtout, « terrifier » les autres pays membres de la zone euro pour les contraindre à une plus grande intégration et à un renforcement de la zone euro. Geithner dit avoir trouvé l'idée « glaçante », lui qui, tout comme l'administration Obama, jugeait parfaitement contreproductive et vouée à l'échec l'austérité de choc imposée à la Grèce (lire ici le compte-rendu de cette rencontre)....
.....Ce projet politique allemand,  Philippe Riès l'exposait déjà en 2010, au tout début de la crise grecque, quand se discutait le premier plan d'aide : « En poussant Athènes éventuellement hors de la zone euro, Berlin cherche la “crise salutaire” qui permettrait de remettre une Union économique et monétaire épurée sur les rails de la vertu budgétaire. La France est prévenue » (lire l'article Grèce : pourquoi l'Allemagne a décidé de faire un exemple).
(Wolfgang Schaüble, a publié le 11 mars dans le Financial Times. : «Il doit, en principe, rester possible pour un Etat de faire faillite. Affronter une réalité déplaisante peut être la meilleure option dans certaines conditions. L'union monétaire et l'euro sont mieux défendus si la zone euro reste crédible et capable d'agir, même dans des situations difficiles. Cela signifie nécessairement la suspension des droits de vote au sein de l'eurogroupe d'un Etat membre non coopératif (...) Dans le cas où un membre de l'eurozone se trouverait en fin de compte dans l'incapacité de consolider son budget ou de restaurer sa compétitivité, il devrait, en dernier ressort, sortir de l'union monétaire tout en pouvant rester membre de l'UE».)
_____
(*)  La Grèce a besoin de l’allègement des dettes bien au-delà des plans de l’Union Européenne
-   Que le diable les emporte s’ils ne sauvent pas la Grèce
-   Des économistes jugent le plan d’aide grec
-   Le choix du pire
___________________________