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lundi 21 novembre 2022

Dérives à Jérusalem

 Bibi reprend la route....

                       Il n'est pas inutile de rappeler pour commencer que la critique de certains aspects de la vie politique israëlienne ne peut être taxée d'antisémitisme, comme certains, qui ont intérêt à cet amalgame grossier, le proclame régulièrement, à Tel Aviv comme ailleurs. Sinon, combien de Juifs, croyants ou laïcs, israëliens ou pas, pourraient l'être aussi!..                            ___Bibi reprend donc du service dans un contexte complexe, après des élections troublées, qui ont vu la  droite extrême prendre un peu plus d'ascendant. Le sionisme radical rebondit. Ce sont même les partis religieux les plus radicaux qui vont avoir la capacité de tenir le haut du pavé, comme le regrette le journal d'opposition Haaretz: "...« Un gouvernement ultra-religieux, quasi fasciste, que ce pays ne méritait pas », résume le quotidien Haaretz. Un tournant historique en direction d’un régime « illibéral ».Tout indique pourtant qu’il sera accueilli dans une relative indifférence de l’opinion publique. Indifférence d’autant plus surprenante que depuis la création de l’État, il y a près de 75 ans, les épisodes majeurs de l’histoire politique israélienne ont provoqué des manifestations populaires spectaculaires..." Comme le signale aussi Courrier International, dans l'indifférence la plus totale. La lassitude des instances internationales est manifeste, tout comme l'absence de réaction des pays naguère soucieux de la défense des droits palestiniens, qui ne croient plus à de possibles négociations. Depuis l'assassinat de Rabin, le pays a basculé dans le rapport de forces et la division. Il n'y aura pas de miracle à Jérusalem...  (*)      Ça craint...                                          ___Le retour de Bibi souligne aussi le renoncement d'une certaine gauche, attachée à certaines valeurs naguère défendues, comme le signale un journaliste israëlien: "...Pendant des années, les Israéliens ont parlé du «peuple élu», de l’Holocauste après lequel tout est permis, des Arabes qui veulent nous jeter à la mer, de notre droit à la terre en raison des récits bibliques, de l’Armée de défense d’Israël (Tsahal) comme l’armée la plus morale du monde, de David contre Goliath, des Arabes israéliens comme une cinquième colonne, du monde entier qui est contre nous et du fait que quiconque nous critique est un antisémite. Que pensions-nous qu’il ressortirait de tout cela? Ben-Gvir, en fait, a pris son temps. Il aurait pu faire son grand tabac il y a longtemps. C’est ce qui arrive quand vous avez un Bolsonaro et pas de Lula en face de lui. C’est ce qui arrive lorsque les cris de «Mort aux Arabes», qui seront désormais répétés dans les écoles lors de la réunion matinale, n’ont pas été accueillis par un seul cri de «Liberté pour les Arabes». C’est là que ça a commencé, c’est là que ça se termine. (Article publié sur le site du quotidien Haaretz, le 3 novembre 2022)                 Il existe maintenant un populisme israëlien qui n'a rien à envier à d'autres, qui fleurissent à Washington ou ailleurs. Dans les territoires palestiniens, la politique de "grignotage" des terres continuent. Personne n'ose plus élever la voix, de peur d'être taxé d'antisémitisme. Le piège a bien fonctionné.  L'Europe paie mais ne dit rien. Le cynisme est à son comble. Rabin et Barak avaient vu juste sur ces dérives possibles, malheureusement. Certains y voient le risque d'une nouvelle explosion, plus radicale que les précédentes.


                    (*) "...A l'issue des élections législatives  israéliennes, Benyamin Netanyahou s'impose, une fois de plus, comme le leader du parti le plus puissant d'Israël et l'axe autour duquel s'organise la vie politique du pays. Les résultats définitifs devraient être publiés d'ici jeudi, ou vendredi au plus tard, mais les premiers éléments indiquent que le bloc qu'il a réussi à créer avec le Likoud, deux partis ultraorthodoxes et le Parti sioniste religieux, va probablement dominer la 25e Knesset. Les quatre mouvements pro-« Bibi » bénéficient tous d'une dynamique positive et ont tous gagné suffisamment de voix pour lui assurer, en principe, une majorité de plus de 61 sièges, sur les 120 que compte l'assemblée législative israélienne. Signe de l'importance que les Israéliens apportaient à ces élections, les cinquièmes en moins de quatre ans, la participation a atteint un taux record de 71,3 %.    Pourtant, c'est une victoire en demi-teinte pour « Bibi », car l'équilibre des forces au sein de son camp l'assujettit à ses alliés. Les partis ultraorthodoxes, qui comptaient 16 députés jusqu'à présent, devraient en aligner une vingtaine. Mais c'est surtout la percée du Parti sioniste religieux qui change la donne : avec 14 sièges, ce mouvement d'extrême droite devient la troisième force politique du pays. Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, les deux leaders de ce mouvement, unis par la volonté de Netanyahou, ne cachent désormais plus leurs ambitions. Ils entendent peser lourdement dans le futur gouvernement : le premier se verrait bien au ministère de la Défense et le second à celui de la Sécurité intérieure.  Mardi soir, deux heures après les premiers résultats, Itamar Ben Gvir a fait une entrée triomphale dans les salons du Vert Hotel de Jérusalem, aux cris de « Ben Gvir, premier ministre ! » Désormais, a-t-il annoncé, les soldats et la police seraient « soutenus » dans un contexte tendu en Cisjordanie. « Il est temps pour nos enfants de marcher dans la rue sans crainte ; il est temps de réaffirmer notre domination sur ce pays », a-t-il proclamé, promettant à ses militants le retour d'un pouvoir « qui protégerait la terre d'Israël et coloniserait la Judée et la Samarie », ainsi qu'il désigne la Cisjordanie occupée..."_______________________

dimanche 20 novembre 2022

Un peu de légèreté...

 ...Ne nuit pas à la santé...

    * Le dernier coup d'Elon Musk.

          * Pauvre sanglier!

                * Rappel de la Fifa.               

                        * Boycotter, oui mais...

                                  * Sage préconisation.

                                             * Les cinq conseils de Michel.     



                                                          [ Bon site pour les zygomatiques...]            _________________
    

Petit billet

__ C'était prévisible

__ IA: veiller au grain

__ Sardou et les vélos                               

__ Une avancée

__ En progrès...

__Colonisation US

__ Pandémie silencieuse

__ Hanouna et le droit

__ Début du déclin?

                                      *_____Revue de presse_____                                ____________

samedi 19 novembre 2022

Inimitable Monet

 Chantre de la lumière et de la couleur

                                          A l'aube de l'impressionnisme.

                                                                                                                 ___________________

Macdonaldisation du monde

 Mais où va-t-on? 

                             Il est temps de sonner la sonnette d'alarme. La malbouffe gagne toujours plus de terrain. Manger US est devenu tendance. Même les moins jeunes s'y mettent. Venez comme vous êtes, qu'ils disent...Sans chichi. Vite fait, bien fait. De Chicago à Shangaï. Même Rome n'est plus dans Rome.     La ville sacrée est envahie peu à peu par les barbares de la malbouffeDe Florence jusqu'au Vatican, c'est le déferlement. Faisant fi de la qualité de la cuisine italienne, variée et succulente.  Certains affairistes n'y voient pas d'inconvénients.

    Habemus McDo, disent-ils. Mais place St Pierre gronde une sainte colère
        De ce satanique projet, la Curie n'a cure. Vade retro!  McDo  ne passera pas! disent les autres ensoutanés. Il faut chasser les marchands du temple!   
   Quoique...ça peut rapporter gros. Les saintes finances ne sont pas bonnes et la sacrée banque est au bord de la crise..Pas très catholique...
            La tentation est grande... 
    Dans l'enceinte sacrée, les cardinaux  voient rouge.
     François, lui, aimerait de temps en temps sortir, avec les copains, sans chichi ni soutane, pour manger une bonne pizza, arrosé d'un Lacryma Christi..
      Il sait en donner autour de lui, surtout aux pauvres. Un vrai papa pizza! Lui, il préfère la napolitaine. 
             Mais l'Argentin ne cracherait pas sur un Big Mac au boeuf de la pampa.
   L'envie lui vient souvent de faire le mur,  murmure-t-on,  pour en déguster un.
                                                   Ce pape nous étonnera toujours. Il ne fait rien comme les autres (papes).
                                       C'est un pape-à-part. 
Pour faire le ménage dans la maison, il lui faut manger, et du bon.
     Il fut un temps où François (mieux connu comme Pancho le fouteux, fan de San Lorenzo, condamnant le foot-business, et le capîtalisme- du bout de ses lèvres pies était un fervent des stades et un croqueur de fugazzetas.
       Fait divers révélateur. le mal s'étend partout.                                       Un mal qui répand la rondeur... et l'uniformité. Comme j'aime n'est pas passé par là.
                                                                             La McDonaldisation poursuit son expansion programmée et  sa domination (presque ) sans partage, dans la fasfoodisation du monde.
 D'Orlando à Stockholm, de Buenos Aires à Manille. 
         La voilà maintenant qui a franchi la Grande Muraille, où s'arrêtaient les Barbares, à la conquête de la Chine (même si là-bas le célèbre Big Mac de McDonald coûte quatre fois plus cher qu'un bol de nouilles.)
        La  Nefast-food gagne du terrain chaque jourbouleversant les habitudes alimentaires locales, suivant la voie tracée par la mondialisation galopante, l'américanisation des affaires, des moeurs comme des goûts, brisant les résistances par sa modernité provocante, favorisant une consommation effrénée de bidoche et un avenir en XXL...
     Qu'est-ce qui ressemble plus à un Mc Do? Un autre Mc Do...
Même forme, mêmes produits, même composition (à quelques variantes locales près). Cela va jusqu'au calibrage des frites.
La répétition planétaire d'un même truc-à-manger. Vite.
   Standardisation, taylorisation de la production, homogénéisation, rapidité....ça se passe comme ça chez McD!  Comme ça aussi...
Produit qui ne pouvait venir que d'un pays sans histoire culinaire, où la gastronomie était inconnue, où la "fordisation" du travail comme des comportements poussaient à la vitesse, à l'efficacité, à la production de masse.
    Phénomène mimétique qui touche toute production aussi bien matérielle que culturelle (les jeux, les feuilletons télévisés...), modifie le goût, les modèles de vie, le sens esthétique...la vision du monde.
       La fast-food nation a conquis les papilles et les esprits. So fun, la bouffe-en-kit! Soft Power.
Le dé-goût s'installe sans en avoir l'air, dès l'enfance, par mimétisme inconscient de l'american way of life, même si certains font de la résistance à la junkfood.  
       C'est un grand agrément que la diversité.
       Nous sommes bien comme nous sommes.
       Donnez le même esprit aux hommes,
       Vous ôtez tout le sel de la société ;
       L'ennui naquit un jour de l'uniformité
.(  La Motte-Houdar)


                   Selon Wikipédia« McDonaldisation » est un terme employé par le sociologue américain George Ritzer dans son livre McDonaldization of Society (1991) pour désigner la prise d'une société des caractéristiques d'un restaurant rapide... Ritzer voit la restauration rapide comme devenu le paradigme de représentation contemporaine.

Alternativement, la « McDonaldisation » peut se rapporter au remplacement des restaurants traditionnels par des restaurants McDonald's.
 Ritzer détermine cinq composants principaux de la « McDonaldisation » :
            1)Efficience: trouver la méthode optimale pour accomplir une tâche (organisation scientifique du travail) ___2)Quantification: l''objectif doit être quantifiable (par exemple en termes de chiffre d'affaires) plutôt que subjectif ____    3)Contrôle: des employés « normalisés », et remplacement des employés par des technologies non-humaines _____4)Culture: dans le processus de standardisation, une hybridation culturelle se produit. Quand McDonald's s'installe dans un nouveau pays, les habitudes des consommateurs sont standardisées et, commençant par la chaine alimentaire, les cultures locales sont occidentalisées. Avec ces cinq processus, une stratégie apparemment raisonnable selon un point de vue peut mener à des résultats nocifs ou irrationnels. Ainsi, le processus de McDonaldisation peut être récapitulé comme suit : « Les principes du restaurant rapide parviennent à dominer de plus en plus de secteurs de la société américaine aussi bien que du reste du monde. »
      On peut voir la  McDonaldisation comme l'essence même du capitalisme
                     " Le processus d’américanisation défini par Georges Ritzer comme « la diffusion des idées, des coutumes, des habitudes sociales, de l’industrie et du capital américains dans le monde » voit dans la McDonaldisation son exemple le plus significatif. Pour le sociologue étatsunien, le principe du fast-food est amené à dominer des secteurs de plus en plus larges de la société, aux États-Unis et dans le reste du monde. C’est donc un processus profond et de grande envergure rendu possible par la reproductibilité des principes d’efficacité, de calculabilité, de prédictibilité et de contrôle. En ce sens, les machines tendent de plus en plus à remplacer l’être humain, et quand ce n’est pas possible, c’est l’homme lui-même, piégé par sa routine, qui peut devenir une machine. Cette métamorphose incarne l’essence du capitalisme : le passage du stade d’être vivant à celui de producteur, de consommateur et de marchandise. La déshumanisation signe, entre autres choses, la rupture définitive avec la planète, vue par les multinationales comme un énorme territoire à piller en vue d’accroître leurs propres richesses. L’équilibre terrestre, cette subtile et fragile harmonie, est ainsi régulièrement mis à mal par les intérêts financiers de quelques sociétés. La variété cède alors le pas à la globalisation, qui consiste à rendre les choses toujours plus égales à l’échelle mondiale...
     La macdonaldisation est un impérialisme, soft mais efficace, une entreprise à dé-goûter, une machine à désapprendre ce qui est bon, varié, diversifié, sain...
       Le nivellement par le bas, le médiocre, continue...
 
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vendredi 18 novembre 2022

Politiser le sport?

 Il ne faut pas...dit le Président

                                 Il ne faut surtout pas froisser le Qatar et nuire au business. Fermons les yeux pudiquement sur les aberrations économiques et écologiques et les multiples dégâts humains sur les chantiers, depuis des années, physiques, civiques et moraux. Pensons au gaz dont nous aurons besoin. La vitrine internationale aura fonctionné un temps. Un mirage.  En tous cas, la billetterie est ouverte.       


                                                                                                 Bien sûr, aucun sport n'est en tant que tel  directement politique, mais il est avéré que cette ancestrale et noble activité sur gazon a été maintes fois instrumentalisée. Le ballon rond n'y est pour rien. Mais des hommes politiques et des régimes ont vu tout l'intérêt de soutenir ce sport devenu si populaire, de l'encourager, pour se donner une nouvelle aura, pour promouvoir leurs intérêts. La junte argentine  n'avait pas hésité à organiser la coupe du monde en 1978 pour tenter de faire oublier ses exactions.             La Qatar n'est pas à proprement parler une dictature, mais la démocratie n'est pas son idéal, avec son hypercentralisation du pouvoir et ses interdits d'un autre âge.


            “ Un succès sportif peut servir autant qu’une victoire militaire ”,aimait dire Gerald Ford, président des Etats-Unis (1974-1977).-Deux courants de pensée s’opposent sur cette question. L’un voit dans le football un outil d’émancipation voire de démocratisation pour une nation – c’est ce qu’estiment aujourd’hui les instances internationales du football, avec en tête leur représentant à la FIFA, Sepp Blatter.L’autre estime que le football n’est qu’un “ opium ” du peuple, qui abrutirait les masses pour mieux les asservir – ainsi que le pense Patrick Vassort, sociologue du sport.Dans les deux cas, le football est un instrument du pouvoir politique. Tout dépend ensuite de l’utilisation qui en est faite. De fait, le football s’est avéré, par le passé, un instrument efficace aux mains du politique pour museler les esprits."    Surtout en période de crise, comme le disait N. Sarkozy et déjà Chirac, qui aimait se montrer sur les stades.                                                                                                                          Un sport qui remonte à loin, sous des formes variées et peu codifiées. On en trouve déjà des manifestations dans l'ancienne Chine avant de le voir éclore dans le berceau anglais, puis un peu partout dans le monde. Cette pratique, qui continue à enthousiasmer les gamins, à attirer des foules autour d'un club fétiche, n'est pas à l'abri de dérapages et parfois de violences dans certains cas. Violences racistes en Italie, violences d'une certaine jeunesse en AlgérieMais il semble être devenu malade au plus haut niveau, atteint d'une pathologie qui affecte notre société toute entière, miné par des pratiques financières de tous ordres, souvent critiquées mais pas toujours transparentes (pour utiliser un euphémisme). sous l'oeil indifférent des pouvoirs publics.  C'est tout un système qui a changé, depuis que le monde des affaires a envahi l'univers des stades, dénaturant les pratiques sportives et l'esprit du jeu. Le foot mérite bien mieux que ce que la FIFA en a fait. Avec les pratiques financières les plus folles, le jeu est devenu aseptisé,  Rien à voir avec les équipes d'avant ces trente dernières années, à Lens ou ailleurs.  Pour les jeunes, le sport professionnel est devenu un contre-exemple.  il n'est plus l' instrument d'émancipation qu'il fut. De dérives en dérives, il détourne de plus en plus de personnes autrefois motivées.  Des millionnaires courant après un ballon, c'est un peu simple, mais pas si caricatural que cela.     Le business est partout.  Ils nous ont volé notre football, disait quelqu'un avec une certaine justesse.

Une chose est sure: le ballon ne tourne pas très rond.
     Foutu, le foot? Il reste encore parfois de bons restes.
         Même si on partage pas tous les éléments de ce commentaire:
             L’économie politique du football est (donc) de part en part une économie politique capitaliste – n’en déplaise à ses thuriféraires de ‘‘gauche’’ – parce que la logique du profit en a fait une entreprise comme une autre, avec ses employeurs, ses actionnaires, ses salariés, ses rapports d’exploitation, ses stratégies financières, ses conflits d’intérêts, ses licenciements, ses liquidations et son chômage. L’Empire football est même devenu au fil des ans une vaste multinationale bureaucratique gérant un énorme marché international où circulent des masses considérables d’argent et où s’opposent sans interruption de grandes fédérations dominantes avec leurs championnats réputés (Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne, France, Brésil, Argentine), des clubs d’élite (en Europe : Real de Madrid, Juventus de Turin, Manchester, Barcelone, Chelsea, Liverpool, Inter de Milan, Bayern de Munich, Milan AC, Ajax d’Amsterdam, Arsenal, Benfica, Eindhoven, CSKA Moscou) et des groupes capitalistes qui se disputent férocement l’hégémonie sur ce ‘‘marché porteur’’.                                                 Le foot est-il foutu? Non heureusement, pas au niveau des petits clubs où le plaisir désintéressé est encore d'actualité.                               ______________________.

jeudi 17 novembre 2022

Varia

 __ Ah?!

__ Urgence école

__ Grèves inédites au RU

__ Orpea paie

__ Spermato-régression

__ Chine: exaspérations                    

__ Les maths et leurs mythes

__  Interventionnisme néolibéral

__ Power point: pas top:   Merci Microsoft et Google!  

                     "... Les diapositives PowerPoint sont toxiques pour l’éducation pour trois raisons principales.      1.  Les diapositives découragent la pensée complexe. Les diapositives encouragent les instructeurs à présenter des sujets complexes à l’aide de puces, de slogans, de figures abstraites et de tableaux simplifiés avec un minimum de preuves. Ils découragent l’analyse approfondie de situations complexes et ambiguës parce qu’il est presque impossible de présenter une situation complexe et ambiguë sur une diapositive. Cela donne aux élèves l’illusion de la clarté et de la compréhension.       _ 2.La lecture des évaluations des étudiants m’a convaincu que lorsque la plupart des cours sont basés sur des diapositives, les étudiants en viennent à penser à un cours comme un ensemble de diapositives. Les bons enseignants qui présentent une complexité et une ambiguïté réalistes sont critiqués pour leur manque de clarté. Les enseignants qui évitent les puces pour les diapositives graphiques sont critiqués pour ne pas fournir de notes appropriées.                   _3.Les diapositives découragent les attentes raisonnables. Lorsque j’ai utilisé PowerPoint, les étudiants s’attendaient à ce que les diapositives contiennent tous les détails nécessaires aux projets, aux tests et aux devoirs. Pourquoi quelqu’un perdrait-il du temps à lire un livre ou à aller à un cours alors qu’il peut obtenir un A en parcourant un jeu de diapositives à la maison en pyjama?...."  _____________

mercredi 16 novembre 2022

Ségrégation scolaire d'aujourd'hui

Pour une égalité plus effective

                                                                  Donner à tous les mêmes chances, dans les mêmes écoles...C'était bien l'ambition des fondateurs de Condorcet, de Ferry à Buisson, réaffirmée avec force dès la fin de la guerre  Une ambition qui a partiellement atteint son but, mais qui tend de plus en plus à s'en éloigner, à tel point que certains se demandent si notre éducation est encore véritablement nationale, si elle n'a pas cessé d'être une priorité. Avec le développement continu de l'enseignement privé, soutenu voire encouragé par les institutions républicaines, un clivage s'installe de plus en plus entre les publics scolaires selon leurs origines sociales. Et le phénomène s'accélère. On ne s'étonnera pas que l'Académie de Versailles caracole en tête et peuvent se permettre de produire les meilleurs résultats, alimentant les grandes écoles réputées les plus prestigieuses. Un élitisme républicain biaisé dès les premières années de scolarité. Des collèges peuvent être proches géographiquement, la pratique de l'évitement fonctionne à fond, renforçant la ségrégation de fait. L'inégalité dans la dotation renforce cette bipartition. Ce qui contredit le principe toujours éno   ncé rue de Grenelle, selon lequel (article L111-1 du Code de l’éducation)  « Le service public de l’éducation […] veille également à la mixité sociale des publics scolarisés au sein des établissements d’enseignement. ». Depuis 1980 notamment, on a lâché du lest...                                                                                                                   L'Indice de Position Sociale a longtemps été non diffusé. "« Si ces données ont longtemps été occultées, c’est surtout parce qu’elles renvoient à une réalité qui n’est pas très jolie à voir », estime Julien Grenet, directeur de recherches au CNRS. Rendre public l’indice de position sociale permet en effet de prendre conscience du fossé qui sépare l’école publique de l’enseignement privé sous contrat, et dans une moindre mesure les grands centres urbains de certaines périphéries..." On ne s'étonnera pas que les enfants des milieux favorisés soient surreprésentés dans les grandes écoles, où sont censées se former les cadres de la nation dans les domaines les plus divers.  Le "héritiers" ont encore de beaux jours devant eux.


                                                                                                                      "...
Les grandes écoles restent aujourd'hui "largement fermées aux étudiants issus de milieux sociaux défavorisés", les femmes "y demeurent sous-représentées" et "la part des étudiants non-franciliens n'a pas progressé" : ainsi pourrait-on résumer les conclusions de l'étude inédite et particulièrement détaillée, que publie ce mardi 19 janvier l'Institut des politiques publiques.
En s'appuyant sur une masse de données administratives jusqu'ici peu exploitées, les quatre auteurs du rapport livrent une photographie de la population d'étudiants qui siègent sur les bancs des 234 grandes écoles que compte la France. Avec un constat : les portes de ces institutions d'élite s'ouvrent bien plus facilement si l'on est un homme, issu d'un milieu très favorisé et résidant en Île-de-France.    "Les 10% des grandes écoles les plus sélectives sont aussi les plus sélectives socialement", écrivent les chercheurs, qui y voient le signe que les dispositifs d'ouverture mis en place depuis le milieu des années 2000 "n'ont pas atteint leurs objectifs".   Dans le détail, un premier constat émerge des données analysées : les étudiants des grandes écoles ne sont que 9% à être issus de catégories socio-professionnelles défavorisées (enfants d'ouvriers ou parents sans activité professionnelle), alors qu'ils représentent 20% des élèves de l'enseignement supérieur au même niveau, et 36% de leur classe d'âge. À l'autre bout du spectre social, ceux dont les parents sont cadres, chefs d'entreprise, professions intellectuelles ou libérales représentent 64% des effectifs, contre 47% dans l'enseignement supérieur pris dans son ensemble, et 23% de leur classe d'âge..."______________________

mardi 15 novembre 2022

Un empêcheur de penser en rond

 Lire ou relire Günther Anders

                                  L'auteur, il faut le reconnaître, est dérangeant et parfois ne fait pas dans la nuance.  Mais quand on connaît les périodes qu'il a traversées, les événements qu'il a vécus de près (la dernière guerre, la Shoah...), on comprend mieux quand il avoue: "..« On nous a traités de « semeurs de panique ». C'est bien ce que nous cherchons à être. C'est un honneur de porter ce titre. La tâche morale la plus importante aujourd'hui consiste à faire comprendre aux hommes qu'ils doivent s’inquiéter et qu'ils doivent ouvertement proclamer leur peur légitime. Mettre en garde contre la panique que nous semons est criminel. La plupart des gens ne sont pas en mesure de faire naître d'eux-mêmes cette peur qu'il est nécessaire d'avoir aujourd'hui. Nous devons par conséquent les aider. » Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j'y fasse ?, Allia, 2010, p. 92..               __C'est une mise en garde, un appel à la vigilance, à la pensée critique, un refus de se laisser aller aux "divertissements" qu'évoquait Pascal, qui nous détourne de la vie, de son sérieux, des dangers qui nous guettent, du risque pour notre autonomie de pensée. La pensée de l'auteur, derrière certaines outrances apparentes mais assumées, semble prendre aujourd'hui une actualité brûlante, interpelle notre raison, surtout en ces temps troublés où des enjeux civilisationnels, voire vitaux, affectent nos petites vies tranquilles, colonisées par des sources d'information ou de divertissements qui nous enferment souvent dans un endormissement mental faussement rassurant. 


                                                                  Aujourd'hui, c'est le Temps de cerveau disponible qui est en péril, les techniques et les modes de vie qui mettent notre pensée critique en danger, aliénant nos capacités de résistances et parfois de révolte. Une pensée qui n'est pas sans rapport avec celle d'Orwell, dénonçant la novlangue et la néo-pensée qui fait le jeu de pouvoirs divers, en contribuant à modifier nos façons de penser pour les ajuster le plus possibles à leurs intérêts, dans un conditionnement parfois terriblement efficace. _____"Impossible de ne pas être percuté par l’incroyable actualité de ces lignes… écrites en 1956. Remplacez « radio » par « smartphone », « émissions » par « podcasts », rajoutez « Netflix » et « réseaux sociaux » à l’ensemble, et observez comme ce texte correspond à la perfection à notre temps. La puissance de ce texte visionnaire est sans égale. Déjà, à l’époque, Anders voyait que la croyance dans un salut par le progrès technologique était vaine si cela ne nous permettait pas de nous resocialiser, de nous rapprocher les uns des autres. Pire, en consommant des loisirs de masse, le travailleur contribue lui même à la standardisation des goûts, des usages, nous dit le philosophe allemand. Les appareils de transmission et les émissions (ou les « contenus » pour être plus moderne) aliènent la singularité de chacun dans un mouvement qui nous rend interchangeables – et donc obsolètes. Anders est conscient des critiques que son propos peut susciter, et il se défend par avance contre ceux qui voudraient le dépeindre en réactionnaire en rétorquant que le problème est rhétorique : les défenseurs du progrès jugent ce dernier bon par essence et défendent un bloc, celui du up to date : tant que l’on peut avoir la dernière version de l’homme, on doit le faire, et honte à ceux qui ne s’adaptent pas ! C’est ce qu’Anders appelle « la honte prométhéenne ». Pour appuyer sa démonstration sur le progrès inutile et même « mortifère », il ajoute une seconde partie intitulée : « Sur la bombe et les raisons de notre aveuglement face à l’apocalypse » avec des analyses qu’il développera dans d’autres livres, notamment La Menace nucléaire : Considérations radicales sur l’âge atomiqueSes thèses sont saisissantes et implacables sur l’insuffisante remise en question de notre rapport à la technique après Auschwitz et Hiroshima.  « Aux États-Unis, on peut affirmer que la mort est déjà devenue introuvable »  En tirant le fil de la « honte prométhéenne », Anders tire des conclusions pleines de prescience. Ainsi, à la fin du livre, il prédit l’émergence du courant transhumaniste en ces termes : « De la croyance au progrès découle donc une mentalité qui se fait une idée tout à fait spécifique de « l’éternité », qu’elle se représente comme une amélioration ininterrompue du monde ; à moins qu’elle ne possède un défaut tout à fait spécifique et qu’elle soit simplement incapable de penser à une fin (…). Aux États-Unis, on peut affirmer que la mort est déjà devenue introuvable. Puisqu’on y considère que seul existe « réellement » ce qui toujours s’améliore, on ne sait que faire de la mort, si ce n’est la reléguer en un lieu où elle puisse indirectement satisfaire à la loi universelle du perfectionnement ». La boucle est alors bouclée. Disciple de Husserl, premier mari de Hannah Arendt, Anders a fréquenté les plus grands esprits du siècle et signait en 1956 un livre de leur niveau. Si ce n’est déjà fait, lisez donc L’Obsolescence de l’homme pour comprendre notre époque...."

  __ Extraits:  ___« Rien ne nous aliène à nous-mêmes et ne nous aliène le monde plus désastreusement que de passer notre vie, désormais presque constamment, en compagnie de ces être faussement intimes, de ces esclaves fantômes que nous faisons entrer dans notre salon d’une main engourdie par le sommeil – car l’alternance du sommeil et de la veille a cédé la place à l’alternance du sommeil et de la radio – pour écouter les émissions au cours desquelles, premiers fragments du monde que nous rencontrons, ils nous parlent, nous regardent, nous chantent des chansons, nous encouragent, nous consolent et, ne nous détendant ou nous stimulant, nous donnent le la d’une journée qui ne sera pas la nôtre. Rien ne rend l’auto-aliénation plus définitive que de continuer la journée sous l’égide de ces apparents amis : car ensuite, même si l’occasion se présente d’entrer en relation avec des personnes véritables, nous préférons rester en compagnie de nos portable chums, nos copains portatifs, puisque nous ne les ressentons plus comme des ersatz d’hommes mais comme de véritables amis ».

C'est en 1956 que le philosophe Allemand Günther Anders écrivit cette réflexion prémonitoire :👇🏾
"Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut surtout pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes archaïques comme celles d’Hitler sont nettement dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif en réduisant de manière drastique le niveau & la qualité de l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle.
« Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations matérielles, médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste... que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements abrutissant, flattant toujours l’émotionnel, l’instinctif. »
« On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon avec un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de s'interroger, penser, réfléchir. »
« On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme anesthésiant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité, de la consommation deviennent le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté »
Günther Anders
«L’obsolescence de l’homme» 1956.