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mardi 8 juin 2010

Turquie: nouvelle donne?

-Un problème nommé Turquie

-Un pays en mutation: une chance ou un risque?





Naissance d'un nouveau tigre au Moyen-Orient?
__"...L’arrivée au pouvoir, en mars 2003, de Tayeb Erdogan, chef du parti Justice et Développement, bouleverse la politique étrangère turque. Dès 2003, la Turquie s’oppose à l’invasion américaine de l’Irak et refuse aux Américains l’utilisation de ses bases aériennes à cette fin. Ce qui prouve que l’alignement turc sur la politique occidentale ne signifie ni servilité ni soumission. Dans la foulée, Erdogan s’engage à assainir ses relations avec l’Iran et les Etats arabes, consolide la coopération avec les pays riverains de la mer Noire, et renforce les relations avec les républiques musulmanes de l’ex-Union soviétique. En 2005, la Turquie entame les négociations officielles pour l’adhésion à l’UE.Cet activisme diplomatique turc répond à trois objectifs : affirmer l’ancrage de la Turquie dans son voisinage immédiat, vider les abcès de fixation hérités du passé et donner un coup de fouet aux échanges économiques.L’affirmation du rôle turc dans la région est condensée dans une phrase du ministre turc des Affaires étrangères, Dovutoglu : "Avec les voisins, zéro problèmes."..)
-Nostalgie de l'empire ottoman?
-La Turquie se découvre un nouveau rôle à jouer-
-Ni Orient ni Occident, les choix audacieux d’Ankara-
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__________Les récents événements au large d'Israël ont montré à l'évidence le rôle diplomatique que prétend jouer la Turquie dans les affaires du Moyen-Orient,sur fond d'absence d'une solution palestinienne et d'inertie des principaux pays arabes. Les tensions avec Israël sont perceptibles depuis des mois, même si les relations économiques étroites continuent entre les deux pays. Forte de ses 6% de croissance annuelle, la Turquie semble ne plus vouloir jouer la carte européenne , cherche à se libérer de l'influence US, de l'Alliance Atlantique, et esquisse de nouveaux rapprochements avec les nouvelles puissances montantes, comme le Brésil ,et avec des voisins plus ou moins écartés du jeu diplomatique comme l'Iran.Pour le meilleur ou pour le pire?
["
C'est une diplomatie qui privilégie le bon voisinage avec les voisins immédiats de la Turquie : amélioration des relations avec la Grèce et l'Arménie, avec l'Iran et avec le monde arabe. C'est aussi "une diplomatie du business", dit une spécialiste de la Turquie, Ariane bonzon : "M. Erdogan ne voyage jamais sans une cohorte d'hommes d'affaires", VRP d'une économie turque plus dynamique que jamais."-A.Frachon]
Ce nouveau jeu, ce nouveau réseau qui se met en place seront-ils facteurs de stabilisation ou facteur d'aggravation . Nouveaux équilibres ou nouveaux périls?
Il est trop tôt pour esquisser des hypothèses sérieuses, même à moyen terme.
-Le chercheur Olivier Roy estime que « cela est parfaitement cohérent avec sa nouvelle politique étrangère: placer la Turquie au coeur du Moyen Orient, sans renoncer à ses alliances traditionnelles. Ce recentrage est bien sûr perçu comme une trahison par les Israéliens mais pas par les USA ni par les Européens. Pour des raisons moins avouables, les européens préfèrent souvent une Turquie plus orientale -car alors comment lui refuser l'adhésion?- mais qui reste une alliée dans le cadre de l'OTAN) »
Du reste , l'attrait européen régresse , pour des raisons facilement compréhensibles."Beaucoup de Turcs, il y a dix ans, fondaient leurs espoirs sur la générosité de l'Union européenne comme, avant eux, la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande. Submergés par l'argent «gratuit» de Bruxelles, ces pays sont aujourd'hui au bord de la faillite et sous tutelle de la Commission et du FMI. L'Union est elle-même à la dérive après avoir désarmé les États-Nations qui faisaient sa force.Revenus de leurs illusions, les Turcs découvrent de nouveaux motifs de satisfaction dans les offensives diplomatiques de leur Premier ministre. Peu leur chaut qu'elles déplaisent aux Européens..."(J.Savès)
Cette situation ambigüe sera-t-elle durable ou n'est-on pas là face à une tendance pragmatique et instable?
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-La Turquie s’éloigne de l’Occident:
"...La Turquie, qui connait également une croissance rapide, montre des tendances plus en plus marquées en direction du « Reste », et moins vers « l’Occident ». Ceci est interprété comme par certains en Europe et aux États-Unis comme une « islamisation de la politique étrangère turque », mais cette évolution pointe vers quelque chose de bien plus significatif.
__L’émergence de ce nouvel ordre mondial ne constitue bien évidemment pas une surprise. Il était prévu par ceux qui sont suffisamment compétents pour en déceler les signes avant-coureurs. Nombre d’historiens occidentaux, d’économistes, et des chercheurs en sciences humaines ont décrit ce processus depuis un certain temps.
__Quelques noms viennent immédiatement à l’esprit, notamment ceux de Walter Laqueur (« Les derniers jours de l’Europe : une épitaphe pour le vieux continent »), Joseph E. Stiglitz (« La Grande Désillusion »), et Zakaria, mentionné ci-dessus.__Même un Timothy Garton Ash, apparemment optimiste dans « Monde Libre : l’Amérique, l’Europe et le futur inattendu de l’occident » décrit ce qui se adviendra si le lien de transatlantique n’est pas renforcé dans toutes ses dimensions, ce qui est bien sûr plus facile à dire qu’à faire, comme l’admet l’auteur.
__Dans le même temps, l’anti-occidentalisme en général et particulièrement l’anti-américanisme deviennent de plus en plus palpable chez les Turcs. Rester partisan de l’orientation occidentale de la Turquie dans ce climat devient un défi pour une élite minoritaire. Mais l’éloignement de la Turquie des États-Unis et de l’Europe n’est pas quelque chose qui inquiète les Turcs dans leur majorité.
___Cette attitude à l’égard de l’Occident n’est à l’évidence pas spécifique aux Turcs. De la Russie à l’Inde, de la Chine à l’Afrique on assiste à une réaction croissante et forte contre l’Occident. Certains parlent d’un retour de bâton « post-colonial. »
___Roberto Fao, un doctorant à l’Université d’Harvard qui a écrit pour le Financial Times, a travaillé à la Banque Mondiale et été consultant pour des projets gouvernementaux, propose des vues intéressantes sur la question.___Dans une tribune publiée par EUobserver.com le 25 mai, M. Fao affirme que les Européens doivent aujourd’hui « se demander pourquoi ils provoquent si peu de respect dans le monde. » Il cite Kishore Mahbubani, le doyen de la Lee Kwan Yew School of International Affairs de Singapour, qui soutient que l’Europe ne comprend pas à « quel point elle devient peu pertinente pour le reste du monde. »M. Fao rappelle également que Richard Haas, le président du Council on Foreign Relations, a déclaré publiquement « adieu à l’Europe en tant que puissance de haut rang. » M Fao ne croit cependant pas que l’on puisse négliger cette situation, en n’y voyant qu’une simple « jalousie » de la part des non-européens.« Au contraire », écrit-il, « j’y discerne une vérité plus dérangeante. Les pays du monde entier ne supportent plus depuis longtemps l’ingérence et les leçons de morale de l’occident, et ont acquis assez de confiance pour parler haut face à une Europe dont l’influence mondiale n’est plus considérée comme assurée »...)

-Comment Israël a donné la main à la Turquie
-GAZA • La Turquie était bien visée
-ISRAËL-TURQUIE • Les intérêts économiques sont plus forts que tout
-La Turquie, nouvelle héroïne du monde arabo-musulman
-Israël et la Turquie, la fin d'une époque
-
La Turquie s’invite dans le conflit israélo-arabe
-Turquie - BiblioMonde

-Contre le leadership du Nord, le nouvel axe Brésil-Turquie
-L'accord nucléaire tripartite Iran-Turquie-Brésil : un coup d'épée dans l'eau ?
-
Fausses frayeurs, vraies erreurs, ou comment «perdre la Turquie»
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-
La fin de l'Empire Ottoman et les appétits coloniaux
-Comment l'Empire ottoman fut dépecé

lundi 7 juin 2010

Bombe démographique?

Quel contrôle démographique?

Le "ventre des femmes":

Une excellente émission sur Arte, récemment diffusée, illustre de manière précise le traitement subi par des femmes indiennes pauvres au Pérou notamment, entre 1995 et 2000, au nom d'un programme de contrôle démographique d'une rare coercition, au nom d'une idéologie discutable , au mépris des droits humains. La presse en avait déjà fait écho il y a des années. _____ (Photo personnelle)

___Rockefeller lui-même avait donné le ton.
_Kissinger n'était pas en reste:
["Dans le National Security Memo 200, daté du 24 avril 1974, et intitulé « Implications de la croissance de la population mondiale sur la sécurité des Etats-Unis et ses intérêts à l’étranger », on peut lire :
"Le Dr. Henry Kissinger proposa dans son mémorandum au NSC que la dépopulation devrait être la plus haute priorité de la politique étrangère des Etats-Unis en ce qui concerne le Tiers-Monde. Il invoqua des raisons de sécurité nationale, parce que l’économie US aura besoin de quantités importantes et croissantes de matières premières de l’étranger, en particulier des pays moins développés... Là où une diminution de la population peut augmenter la perspective d’une telle stabilité, la politique démographique devient en rapport avec les ressources, les fournitures et les intérêts économiques des Etats-Unis." Kissinger prépara un manifeste de dépopulation pour le président Jimmy Carter appelé Global 2000 qui détaillait l’usage de la nourriture comme une arme pour dépeupler le Tiers-Monde.
http://www.schillerinstitute.org/food_for_...sm_jb_1995.html]

______-Quand l'équilibre démographique peut devenir enjeu(ou alibi) politique...-
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-"C’est l’accès pour les femmes, et plus globalement pour les populations pauvres, à l’éducation et à un emploi, qui régulerait le plus sûrement la croissance démographique, de manière consentie..."

- « Il existe à mes yeux une relation étroite entre la politique néolibérale imposée au Pérou par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, et le plan de planification familiale manigancé par Fujimori, soutient-il. En échange de crédits et d’une renégociation de la dette, le FMI a exigé les privatisations – y compris dans le secteur de la santé – et l’ouverture au capital étranger, mais aussi un contrôle de la croissance démographique. Les secteurs pauvres, voire très pauvres, potentiellement “dangereux”, sont visés. Cela a violé les droits individuels, les droits des familles, et plus largement les principes éthiques sur lesquels devrait reposer la société. » (A.Toledo)
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-Le ventre des femmes:
"Ce document enquête sur la stérilisation forcée de centaines de milliers de femmes au Pérou dans les années 90, une politique mise en place par l'Etat.En cinq ans, au Pérou, plus de 300 000 femmes et près de 30 000 hommes ont été stérilisés de force par le gouvernement d'Alberto Fujimori, soutenu par les instances internationales. Au nom de la lutte contre la pauvreté, les Indiennes quechua en ont été les premières victimes. Yoni raconte qu'elle a été emmenée en salle d'opération, comme un animal. Comme des milliers d'autres femmes, elle a subi une ligature des trompes, une opération irréversible réalisée dans des conditions dangereuses. Beaucoup de femmes sont mortes après leur stérilisation. D'autres souffrent aujourd'hui encore de graves séquelles.
___Entre 1995 et 2000, au Pérou, 330 000 femmes et 25 000 hommes ont été stérilisés de force avec le soutien d'instances internationales. C'est ce que nous apprend ce remarquable document consacré à une tragédie longtemps cachée.
Tout commence avec l'élection d'Alberto Fujimori à la tête du Pérou en 1990, un pays de 26 millions d'habitants parmi les plus pauvres au monde, encore marqué par le mouvement de guérilla maoïste du Sentier lumineux. Pour plaire aux bailleurs de fonds internationaux, Fujimori décide d'engager une campagne de planning familial pour lutter contre la pauvreté en réduisant le nombre des naissances. Condition obligatoire pour bénéficier de prêts de la Banque mondiale et réduire la dette auprès du Fonds monétaire international (FMI).
Le président péruvien s'engage à utiliser toutes les formes de contraception afin de faire passer, en cinq ans, de 3,5 à 2,5 le taux de fécondité par femme.
Mais, en réalité, vasectomie pour les hommes et ligature des trompes pour les femmes sont privilégiées. Population visée ? Les Indiens de la forêt amazonienne et des hauts plateaux andins. Des paysans démunis, analphabètes, ne parlant que la langue quechua, dont les familles comptent en moyenne 5 ou 6 enfants. Des miséreux perçus comme une menace pour la sécurité du pays. Avec la collaboration de l'Unsaid, l'agence des Etats-Unis pour le développement international, de l'Association pour la Contraception chirurgicale volontaire (AVSC) qui en émane, et du Fonds des Nations unies pour la Population (FNUAP), le Pérou lance une vaste opération de stérilisation jusque dans les villages les plus reculés. « Quand mon fils est né ils m'ont dit : «Combien de fois tu vas encore mettre bas ?, raconte Michaela. Tu veux faire comme les lapins ou les truies ?» » Les médecins mentent à ces mères sans éducation en leur assurant que l'opération est réversible.
Au fur et à mesure que s'installe la dictature militaire d'Alberto Fujimori, les mutilations forcées s'accélèrent, jusqu'à la destitution du président péruvien en 2000. Comme en Inde, dans les années 1970, où 8 millions de personnes furent stérilisées, avec la complicité d'organismes mondiaux censés défendre les droits de l'homme..
.(Sylvie Véran)

-Le ventre des femmes, un combat:
"...le scandale a fini par éclater en 1997. Mais, ironie de l’histoire, ces pratiques abusives ont été récupérées par le lobby anti-avortement, instrumentalisées au service d’une autre idéologie, conservatrice. Ce qui a eu pour effet de faire reculer, encore, la cause des femmes ! Aux Etats-Unis, le PRI (Population Research Institute), pilier du mouvement anti-avortement, utilise sans vergogne les stérilisations péruviennes pour mener campagne contre l’IVG et la contraception. En Equateur, la pilule du lendemain a depuis été déclarée anti-constitutionnelle Autre effet collatéral : le retrait par l’administration Bush en 2002 des aides allouées au Fonds de la population des Nations unies. Du coup, ce sont à nouveau les femmes qui trinquent, puisque ce sont autant de soins qui ne seront pas prodigués, notamment, aux femmes enceintes dans des pays où la mortalité en couche n’est pas rare
.Ce documentaire choc offre une réflexion globale, étayant son propos éclairé du témoignage des principaux acteurs : ex-responsables de la Santé au Pérou, représentants du PRI ou de l’Usaid, historiens, avocate féministe Avec toujours, au premier plan, la parole des victimes. Et ces visages qui en disent plus long que tous les discours.On retiendra le point de vue, juste, de cet historien de l’Université de Columbia en guise de conclusion : c’est l’accès pour les femmes, et plus globalement pour les populations pauvres, à l’éducation et à un emploi, qui régulerait le plus sûrement la croissance démographique, de manière consentie..."
-
« Le Ventre des femmes » sur Arte
- Les stérilisations forcées au Pérou sous la présidence d’Alberto Fujimori

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-Pauvreté - Démographie en Afrique
-DEMOGRAPHIE ET PAUVRETE : LES FEMMES D'ABORD
-Enjeux de la démographie politique
-Démographie et politique (selon Sarkozy)

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-Climatologie et démographie

dimanche 6 juin 2010

Prémisses d'été


Bonjour et merci au 90000° visiteur ...et aux autres !

samedi 5 juin 2010

Gaza (suite)


Les mots, les medias , la réalité

Réactions, analyses, hypothèses et points de vue (suite)

-« Un engrenage mortifère »(Dr Hervé Rehby)
__-« Israël a déjà perdu la bataille des opinions » déplore le quotidien israélien Maariv
__-Plus de 5.000 manifestants ont défilé dans le calme au centre de Tel Aviv, dénonçant un «gouvernement qui coule Israël, au lieu de naviguer vers la paix»
___-Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël en France : « La politique de Netanyahou risque d’entraîner la fin de l’Etat juif tel qu’il a été rêvé et façonné par ses pères fondateurs en le transformant en un ghetto surarmé ».
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-"Le grand aveuglement", par d'autres moyens?...
(C.Enderlin)
-D'autres voies possibles
-Une détresse explosive
-USA-Israël: doutes persistants
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Gaza Blockade Isn't Really About Stopping Weapons
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-La "flottille de la liberté" : humanitaire ou politique?:
Par delà les querelles de mots:
"...une assistance légitime et utile peut être inspirée par d'autres considérations qu'humanitaires.
Certains des manifestants maritimes sont animés par des considérations humanitaires, d'autres par une sympathie politique ou politico-religieuse, mais tous se rejoignent dans la dénonciation d'une politique d'État. Ce registre les propulse inévitablement dans le champ politique, comme bien d'autres avant eux à qui on ne l'a pas nécessairement reproché. L'usage des mots n'étant pas soumis à copyright, on est bien obligé d'accepter leurs emplois variés et parfois incohérents mais on n'est pas tenu de s'y soumettre. En l'occurrence, la question n'est pas de savoir si cette flottille est humanitaire ou politique mais quelle politique elle poursuit et il n'y a, sur ce point, aucune ambiguïté: «Réveiller la conscience internationale sur la fermeture de la Bande de Gaza», selon la formulation de Freegaza. Convenons que cette spectaculaire diplomatie non-étatique, humanitaire ou non, a réussi là où les diverses chancelleries ont à ce jour échoué." (Rony Brauman)

-Cargo irlandais : la vengeance posthume de Rachel Corrie
"...En milieu d'après-midi, vendredi, le MV Rachel Corrie se trouvait à 215 kilomètres de la côte de la bande de Gaza, soumise par l'armée israélienne à un blocus aussi bien naval que terrestre.___Après le tollé mondial et la condamnation du Conseil de sécurité de l'ONU, provoqué par son intervention dans la nuit de dimanche à lundi, faisant neuf morts -huit Turcs et un Américain- et des dizaines de blessés, Israël ne peut répéter le même scénario.
___D'autant qu'il s'agit cette fois d'un cargo battant pavillon d'un Etat membre de l'Union européenne, dont le Premier ministre a mis en garde Israël contre l'usage de la violence sur un équipage animé par des intentions non violentes.
_
__A l'opposé, malgré le début de débat qui se déroule en Israël même sur la validité du blocus de Gaza, l'Etat hébreu ne veut pas permettre qu'une initiative de ce genre défie son autorité et son armée.
___Ce n'est pas l'humeur du moment en Israël, ni celle du gouvernement actuel dont le centre de gravité est très à droite.
___
L'épopée du MV Rachel Corrie, qui va se retrouver dans les prochaines heures dans l'œil du cyclone, permet en même temps de redécouvrir l'action de ces humanitaires qui, depuis des années, s'engagent dans ce conflit.__« Rachel Corrie », le nom qui a été donné à ce cargo irlandais, n'est pas inconnu des lecteurs de Rue89 . Il y a sept mois, nous hébergions le blog de Simone Bitton, cinéaste franco-israélienne engagée, qui sortait un documentaire intitulé « Rachel », justement consacré à cette jeune volontaire américaine écrasée par un bulldozer militaire israélien, en 2003 dans la bande de Gaza, alors qu'elle et ses camarades tentaient d'empêcher la destruction de maisons palestiniennes..."

>"L'entrée en zone palestinienne, un danger mortel"

______________________-Ankara-Gaza-Brasilia :
Bavure ou calcul cynique risqué?
"....Au-delà du cynisme des autorités de Tel-Aviv, par-delà leur art consommé de la tromperie, en dépit du chœur des pleureuses de la presse israélienne qui se lamente sur l’honneur perdu de Tsahal, le devoir de tout observateur lucide et honnête de la chose internationale, est de dire que la démonstration de force de l’État hébreu est un « succès ». Et il faut certainement s’attendre à d’autres manifestations de son ire car les hommes de fer qui le dirigent, n’accepteront pas que la politique israélienne (laquelle associe in fine la droite religieuse, les likoudistes et la gauche travailliste) puisse être désavouée de quelque façon que ce soit par quelqu’État que ce soit.
__Il faut donc tempérer l’optimisme de ceux qui crient victoire, pensant que l’État hébreu s’est - avec une bavure de trop - définitivement plombé. Le proche avenir devrait, en toute logique, démentir, cette prévision bien prématurée. Certains ont cru à un dérapage incontrôlé de l’hybris israélien (son absence de mesure), alors que tout indique au contraire que cette opération (même si elle est allée un peu loin) est à l’arrivée un franc succès, en particulier auprès de ceux qui sont capables de décrypter les messages. Après tout la crispation internationale n’est-elle pas montée de quelques degrés ? Et n’est-ce pas ce que veulent ceux qui souhaitent voir le monde entrer en guerre ?
Il existe à ce propos un précédent et de taille. Ignoré des Européens, la mémoire en restée vive chez les vétérans de la Marine des États-Unis. Il s’agit du lamentable épisode de l’USS Liberty qui le 8 juin 1967, lors de la guerre des Six jours, fut l’objet d’attaques, par mer et par air, pendant plusieurs heures de la part de l’armée israélienne, cela sans que les bâtiments américains croisant à proximité n’interviennent. Un bilan lourd, 34 morts, 171 blessés, une plaie loin d’être refermée chez les militaires américains. Apparemment le « message » avait été entendu à Washington qui s’était contentée à l’époque d’une poignée de plates excuses…
Tous les analystes craignent à présent que des « provocations » (telles ces rencontres fâcheuses, faussement fortuites, entre des intercepteurs rapides lourdement armés et une flottille de pacifistes non-violents) ne servent à un moment ou à un autre de déclencheur à un affrontement direct avec l’Iran.
Car comment ne pas imaginer qu’en semant le vent, Tel-Aviv n’espère récolter la tempête ? C’est un jeu dangereux certes, à double tranchant..."

-Israël, entre déni et paranoïa :
"...un déni puissant doublé d’un sentiment de paranoïa qui confine au pathologique. Et ce ne sont pas les dernières déclarations faites par Benyamin Netanyahou qui pourront infirmer cette affirmation, ce dernier s’enfermant dans un positionnement quasi criminel tant le rapport de force est à sens unique. Si, dans le domaine de la psychologie, le déni représente un mécanisme de défense face à un risque de décompensation, alors il vaut ici parfaite métaphore quant à la posture affichée par les autorités israéliennes. Quant à la notion de légitime défense, elle ne tient pas car elle présuppose une réponse proportionnée.
L’aveuglement est donc total, l’auto-critique inexistante, et le sens de la raison ne cesse de s’éloigner, de sorte que les plus pessimistes des annotateurs prédisent un avenir encore plus ténébreux pour la région. La chronologie de ce conflit doit nous rappeler à notre bon souvenir, notamment dans le bouillonnement présent du monde où les turbulences géostratégiques, économiques et sociales annoncent bien des bouleversements improbables.
A cela s’ajoute le sentiment d’impunité totale au regard du droit international, corpus largement foulé aux pieds avec constance et arrogance par une nation qui impose sa force d’airain à l’ensemble de la région [7]. Mais, sur ce plan encore, le déni prévaut et s’érige en véritable mode de fonctionnement qui tend à induire une escalade qui peut mener à un chaos irréversible avec un effet de contamination dont il convient de s’inquiéter.
A l’évidence, l’État israélien est gravement malade, comme atteint d’une paranoïa – essentiellement démographique - qui infère l’agressivité unanimement observée par l’ensemble des scrutateurs avisés, Israéliens y compris...
"

- Gaza, un an après , dossier à lire sur le site Youphil.com
-Quel Avenir pour le rapport Goldstone ? , Sylvain Mouillard, Libération, 29 janvier 2010
- Gaza : 1,5 million de personnes en proie au désespoir, rapport du CICR 2009.
-Bradley Burston, Ha’ Aretz, in Courrier international
- A regarder sur LCP
-Alain Gresh, Israël, l’impunité jusqu’à quand ? Les blog du monde diplomatique.
Le site btselem.org
- Esther Benbassa, Être juif après Gaza, éditions CNRS.

___________-ISRAËL • "Gaza sera notre Vietnam"
___-Elie Barnavi : Netanyahou, le nul !

_-Political Israel does not understand the new world
-Juifs de gauche du monde entier, unissez-vous
-A Tel Aviv aussi, 5000 manifestants contre le blocus
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-Gaza: jours ordinaires
-Israël: impunité

vendredi 4 juin 2010

jeudi 3 juin 2010

Chine , la mutante


Chine toujours surprenante

Mutations à marche contrainte et forcée , blocages et contradictions

-Priorité au marché intérieur, manque relatif et localisé de main d'oeuvre, éveil de la conscience revendicative, dans le cadre d'un malaise social grandissant, poussent les salaires à la hausse.
Bonne nouvelle? En tous cas, évolution prévisible aux conséquences imprévisibles

-Pourquoi les salaires montent



__________-Dans un éditorial, le Quotidien du Peuple, organe de presse du Parti communiste, estime que « pour assurer un travail dans la dignité, les syndicats doivent jouer un plus grand rôle » :

« Suite à une série de suicides dans une grande entreprise, l'opinion est très sensible sur la question de la vie des ouvriers, les syndicats ne peuvent plus rester silencieux, fuir leurs responsabilités.Alors que la Chine connaît des changements dans son économie, sa politique et sa société, les conflits sociaux se multiplient. Il faut résoudre ce problème à temps et assurer la stabilité sociale. » (P.Haski)

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-Adieu au «made in China» bon marché?:
"Enfin une bonne nouvelle au milieu du marasme économique mondial?
Face aux protestations sociales surgies au printemps, la Chine est en train de lâcher du lest sur le salaire de ses ouvriers. Quitte à freiner la productivité de son économie, et perdre des marchés à l'extérieur. Les jours du «made in China» bon marché sont-ils comptés? Le New York Times n'y va pas par quatre chemins: le quotidien croit déceler «une nouvelle étape» pour l'économie chinoise.
Deux usines au cœur du Guangdong, la province la plus peuplée du pays, à l'extrême Sud, font parler d'elles. D'abord, le site de Foxconn, où se fabriquent certains composants des iPhone et iPad d'Apple, connaît une vague de suicides sans précédent. Dix ouvriers, âgés de 18 à 24 ans, s'y sont tués depuis le début de l'année, sur 13 tentatives de suicide. Tous étaient des migrants originaires de l'intérieur du pays. Des filets de protection viennent d'être posés le long des bâtiments pour décourager les désespérés.
Le propriétaire milliardaire de Foxconn, Terry Gou, réputé l'homme le plus riche de Taiwan, s'est même plaint de récents problèmes de sommeil, angoissé à l'idée de se faire réveiller par l'annonce d'un nouveau cas de suicide, raconte l'envoyé spécial du Guardian.
En Chine, le débat s'est concentré sur les conditions de travail et le niveau de rémunération des ouvriers
, au sein de cette usine hyper-secrète, qui compte environ 420.000 employés. Des photographies volées circulent ici et sur internet. Le Christian Science Monitor relaie le témoignage d'un journaliste entré dans l'enceinte de Foxconn, et qui a vu des ouvriers obligés à rester debout, silencieux, pendant huit heures, sans pause, devant leur poste de travail. Des conditions extrêmement pénibles, certes, mais loin d'être les pires du pays,

Dans un geste d'apaisement, la maison mère de Foxconn, Hon Hai Industry, a consenti le 28 mai des hausses de 20% des salaires pour au moins 200.000 de ses 800.000 ouvriers en Chine. Le salaire moyen, à l'usine de Guangdong, tournait jusqu'à présent autour de 900 yuans mensuels (108 euros). Pour le quotidien anglophone China Daily, la leçon à tirer de cette affaire ne fait aucun doute: «Evidemment que les forces de travail bon marché ont soutenu la Chine dans son ascension depuis trente ans. Mais il est impensable que notre économie continue de s'appuyer sur la faiblesse de ses coûts salariaux alors qu'elle s'apprête à devenir la deuxième puissance économique au monde
Quant à l'usine Honda Auto Parts Manufacturing, qui fabrique des boîtes de vitesse pour le japonais Honda, près de Canton, ses ouvriers sont en grève depuis le 17 mai et exigent des hausses de salaire. Par ricochet, les quatre usines du constructeur en Chine, qui fabriquent 3.000 voitures par jour, sont elles aussi à l'arrêt. Honda a proposé une amélioration de 24% des salaires pour débloquer le conflit, à 1910 yuans (228 euros), mais une petite centaine d'ouvriers du site, sur un effectif global de 1.900 personnes, continuent de demander davantage et empêchent la reprise. «Il va devenir plus difficile de faire de généreux bénéfices en Chine», résume un analyste, stoïque, à l'agence Bloomberg....
Le gigantesque plan de relance dévoilé en octobre 2008, de 450 milliards d'euros, continue de produire des effets. Le déversement de liquidités dans l'économie a provoqué de l'inflation, par ailleurs favorisée par des taux d'intérêt très bas de la Banque centrale. Surtout, ce plan s'est concentré sur le développement de l'intérieur du pays, plus pauvre et rural, aux dépens de la côte. Conséquence, au moins 20 millions de migrants de l'intérieur sont retournés chez eux, abandonnant leur poste de travail dans les grandes villes du littoral.
__Début 2010, il manquait quelque 900.000 ouvriers dans le Guangdong (certains évoquent même deux millions de postes vacants) – une situation inimaginable il y a encore quelques années, dans un pays de 1,3 milliard d'habitants! Face à la pénurie de main-d'œuvre, les patrons n'ont d'autre choix que d'augmenter les salaires. «La croissance chinoise des dernières années a fortement favorisé les détenteurs de capital, mais les évolutions démographiques actuelles laissent penser que la main-d'œuvre va manquer, ce qui renverse l'équation salariale en faveur des salariés», résume le Wall Street Journal...
C'est aussi l'émergence d'une nouvelle génération d'ouvriers, née après l'instauration de la politique de l'enfant unique (1979), donc moins nombreuse, mais aussi beaucoup plus consciente de ses droits, qui se fait entendre. D'après Merrill Lynch, le nombre de Chinois ayant entre 20 et 39 ans a chuté de 22% ces dix dernières années...
Les autorités chinoises voient elles aussi d'un bon œil ce rééquilibrage. Afin d'apaiser les tensions sociales, mais aussi et surtout pour faire évoluer le modèle de croissance du pays. L'enjeu des années à venir est de doper la consommation intérieure (actuellement 37% du produit intérieur brut), pour moins dépendre des exportations. D'où la nécessaire hausse des salaires. Le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, de passage par Pékin fin mai, n'a d'ailleurs pas manqué de féliciter Pékin pour ses efforts en ce sens...(L.Lamant)
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-Patrick Chovanec, qui enseigne l’économie à l’Université de Pékin et y a effectué de nombreux voyages depuis 1986, décrit la Chine comme une mosaïque de régions dotées chacune d’un particularisme propre.

Quiconque veut comprendre la Chine, note-t-il, devrait prendre en compte ces dynamiques régionales.

(JPG)

>>(zoom)

-Chine : l'"usine du monde" face aux tensions sociales
-Aujourd'hui la Chine
-Chine : suicides en série chez un sous-traitant d'Apple et Nokia
-Libération de Yao Fuxin, le "Walesa chinois"
-Et si le miracle de l'économie chinoise était en fait une mystification ?

-Les mauvaises raisons de la supériorité chinoise
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-La Chine déstabilise____- Chine: si loin, si près___- Chine-USA : entente (moins) cordiale ?___- Craindre la Chine ?____- Que fera la Chine ?___-Chine d'hier, Chine d'aujourd'hui...
- CHINE : notre énigme ?

mercredi 2 juin 2010

Foot: sport politique


Du pain et des jeux.
__________________Du foot et le RMI?

["La célèbre formule "Du pain et des jeux" date de l'Antiquité romaine. C'est Juvénal qui en est l'auteur. Il l'a écrite pour évoquer les besoins fondamentaux du peuple de Rome qui vivait alors dans la misère. Pour éviter les émeutes et les révoltes, les consuls et les empereurs ont organisé des distributions de farine gratuite, avec l'aide des boulangers devenus fonctionnaires d'Etat au 2ème siècle avant J-C. Cette tradition s'est maintenue jusque sous Aurélien"]

-"Le 11 juin prochain, le foot prend le pouvoir sur la planète. Le monde vivra au rythme du ballon rond. Qu’est ce qui fait du foot le sport roi? Il ne s’agit pas que de sport. Le foot est un élément unificateur des nations. Cela en dit long sur ce qu’il représente."

Sport de masse ,ludique ou instrumentalisé, au coeur des passions identitaires
Drogue populaire , moyen d'oublier la crise?

__La Coupe du monde va-t-elle profiter aux pauvres ?
-L’empire du foot

-Histoire du foot-spectacle




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-Un succès sportif peut servir autant qu’une victoire militaire ”,
aimait dire Gerald Ford, président des Etats-Unis (1974-1977).
-Deux courants de pensée s’opposent sur cette question. L’un voit dans le football un outil d’émancipation voire de démocratisation pour une nation – c’est ce qu’estiment aujourd’hui les instances internationales du football, avec en tête leur représentant à la FIFA, Sepp Blatter.
L’autre estime que le football n’est qu’un “ opium ” du peuple, qui abrutirait les masses pour mieux les asservir – ainsi que le pense Patrick Vassort, sociologue du sport.

Dans les deux cas, le football est un instrument du pouvoir politique. Tout dépend ensuite de l’utilisation qui en est faite. De fait, le football s’est avéré, par le passé, un instrument efficace aux mains du politique pour museler les esprits."
(L'Obs de Tunisie)
-"La Coupe du monde, une aliénation planétaire"






_____-Nous, nous pensons en France que le sport c’est une réponse à la crise. C’est justement parce qu’il y a une crise, qu’il y a des problèmes, qu’il faut mobiliser tout un pays vers l’organisation de grands événements“, a déclaré le Chef de l’Etat avant d’ajouter : “Et qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le sport et, à l’intérieur du sport, qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le football ?

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-Coupe du monde : Le foot : sport politique par excellence:
"...Si le foot déchaîne les passions, il peut aussi faire surgir le sentiment d’appartenance à une nation. A partir du 11 juin prochain, à l’ouverture de la coupe du monde 2010, tous les peuples représentés par leurs équipes nationales en Afrique du Sud suivront avec ferveur et piété la performance de leurs sélections respectives. C’est cela aussi la magie du foot.

___Si le foot est si populaire, c’est qu’il y a un certain nombre de conditions objectives qui pousse en ce sens. Ce n’est pas un sport onéreux. Pratiquement tous les garçonnets du monde commencent leur vie sportive par le foot. On le pratique n’importe où. A Maurice comme dans d’autres pays, il se joue à même les rues.
___Dans sa dimension identitaire, le foot témoigne de la volonté d’un collectif qui s’identifie à certaines valeurs à vaincre un autre collectif qui véhicule d’autres valeurs. Etant tous nés quelque part, nous appartenons à une famille, à un groupe, à une culture, à un pays… Il devient tout à fait légitime, dans un tel contexte, de sentir de la fierté lorsqu’on triomphe de l’autre. Ce sentiment est naturel. Mais il est aussi vrai qu’une intervention politique va donner une autre forme à ce sentiment d’appartenance.
____Une étude réalisée par Claude Kana, docteur en Droit international économique de l’université de Genève, diplômé de l’Association suisse de foot et entraîneur de foot, démontre clairement qu’il y a eu une certaine politisation du sport. «A partir des années 1930 et sous l’impulsion des régimes totalitaires, la fonction du sport et des compétitions internationales a fondamentalement changé. Les activités physiques sont alors mises au service de la cause nationale.
____Le fascisme italien a inauguré cette pratique en exploitant politiquement, à outrance, le football»,
explique l’auteur de l’étude.
____Dans l’un de ses articles, Ignacio Ramonet, éditorialiste au Monde Diplomatique, confirme que les fascistes ont estimé que le football permettait de rassembler dans «un espace propice à la mise en scène, des foules considérables d’exercer sur celles-ci une forte pression et d’entretenir les pulsions nationalistes des masses
____Poursuivant cette analyse, Claude Kana note que dans les années 20 et 30, «les stades fleurissent dans toute l’Italie, comme celui de Turin qui fut nommé Benito Mussolini. Hitler avait compris l’intérêt que pouvait représenter le sport dans la mobilisation des masses, la culture du chauvinisme et l’orientation de l’action politique.
___Il écrivait dans Mein kampf: ‘des millions de corps entraînés au sport, imprégnés d’amour pour la patrie et remplis d’esprit offensif pourraient se transformer, en l’espace de deux ans, en une armée’. Les conservateurs attendent cette victoire inespérée pour montrer la puissance de leur idéologie.»
___La débâcle du nazisme et du fascisme ne signifie pas pour autant la fin de l’instrumentalisation du sport. Dans l’ex-Union Soviétique également, il y a cette conscience qu’une grande nation se construit à travers ses exploits sportifs. C’est ainsi que tous les moyens sont déployés pour encadrer les jeunes. Le «dressage» des adolescents, afin d’en faire des athlètes de renom, est quasiment militaire. L’objectif, c’est de porter au pinacle le drapeau national.
____Cette dimension identitaire habite le foot comme nulle autre discipline sportive. Etre membre de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) est aujourd’hui un impératif pour toute nouvelle nation.__C’est ce qui, dans une certaine mesure, confère à la nation sa reconnaissance et sa légitimité.
___«Il n’y a pas la moindre surface habitée de la planète qui ait su, pu ou voulu résister à la conquête du football. Ce sport si typiquement britannique est devenu le sport mondial. Quel beau succès pour les Anglais que d’avoir su exporter partout ce modèle. Il est vrai que cette conquête s’est faite de façon pacifique et non par les armes. Si Londres avait voulu imposer par la force le football, il serait resté un sport britannique, vaguement répandu dans quelques pays», explique ainsi Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales français.
___Qu’on le veuille ou non, le football s’est, en effet, installé dans quasiment tous les pays du monde. S’il est ici question de «peste émotionnelle» ou là de «passion exaltante», le fait demeure que le foot mobilise les foules.
____Aujourd’hui, il a aussi définitivement transcendé sa dimension sportive. Il est devenu, comme l’affirme l’essayiste français Norbert Elias, «un fait social total».
___Le football, c’est aussi le sport préféré des plus démunis. On peut jouer au foot sans chaussures.
___D’où aussi cette passion pour son club. On accepte la défaite.
___On accepte plus facilement de souffrir lorsqu’on est pauvre. Mais, on reste solidaire et fidèle à son club. Le club représente une identité et c’est cette identité que revendiquent ses fans.
___La sélection nationale représente, elle, toute la fierté du pays. «Le football est le sport politique par excellence.___Il se situe au carrefour de questions capitales comme l’appartenance, l’identité, la condition sociale et même, par son aspect sacrificiel et sa mystique, la religion.
___C’est pourquoi les stades se prêtent si bien aux cérémonies nationalistes, aux localismes et aux débordements identitaires ou tribaux qui débouchent parfois sur des violences entre supporteurs fanatiques», explique, à cet effet, Ignacio Ramonet dans l’un de ses éditoriaux.
__La fascination pour le foot prendra une plus grande envergure grâce à l’arrivée des chaînes satellitaires. Cela implique aussi des budgets publicitaires conséquents et, de manière générale, l’intérêt des grands magnats des différents secteurs grandit pour le foot. On achète les meilleurs joueurs à des prix exorbitants.
___En quelques années, le prix d’un grand joueur a plus que quintuplé.
___Les moyens financiers mis en oeuvre sont démentiels. «De telles masses d’argent rendent fou. Toute une faune affairiste rôde autour du ballon rond. Elle contrôle le marché des transferts de joueurs, ou celui des paris sportifs. Certaines équipes, pour s’assurer la victoire, n’hésitent pas à tricher. Les cas avérés sont légion », explique Ignacio Ramonet...."


-Le foot, c'est aussi de la politique:
"...L’intérêt de l’Euro 16 n’est évidemment pas que politique. Le plaidoyer de cinq minutes développé par le président français devant le comité de sélection de l’UEFA réuni à Genève a été explicite. “C’est une décision pour nous stratégique qui engage tout le pays face à la crise.” “Nous, nous pensons en France que le sport c’est une réponse à la crise. C’est justement parce qu’il y a une crise, qu’il y a des problèmes, qu’il faut mobiliser tout un pays vers l’organisation de grands événements“, a déclaré le Chef de l’Etat avant d’ajouter : “Et qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le sport et, à l’intérieur du sport, qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le football ?”.
____Un peu “marseillais” pour l’occasion, le Président s’est un peu avancé dans la conclusion de son intervention par “Vous savez, en France, on a beaucoup de débats, mais s’il y a un sujet qui ne fait pas débat, c’est notre candidature à l’Euro 2016“.
____Pour paraphraser
la maxime de Clausewitz, le foot s’est substitué à la guerre pour devenir une continuation de la politique par d’autres moyens. En 1948, Eric Honecker, secrétaire général du Parti communiste de RDA déclarait que : Le sport n’est pas un but en soi ; il est un moyen d’atteindre d’autres buts“.
__Pascal Boniface dans Géopolitique du football constate que la définition de l’Etat ne se limite plus aux trois éléments traditionnels (un territoire, une population, un gouvernement) mais que désormais s’y ajoute un quatrième critère : une équipe nationale de football.

Le sport en général et le football en particulier est devenu un puissant vecteur de diffusion de l’idéologie libérale. Christian Bromberger dans son ouvrage “
Aimez-vous les stades ?” décrypte la mécanique lorsqu’il évoque des “foules conditionnées par l’esprit de compétition et le culte de la performance sans limite, persuadés de la légitimité du combat perpétuel, de la juste domination du vainqueur couvert d’or et de prestige, de la soumission du faible au fort, de l’exploit et de la réussite individuelle“.
Autant d’éléments qui invitent à porter un jugement inquiet et sévère sur
l’expérimentation présentée cette semaine par Luc Chatel. Dès la rentrée prochaine, une centaine de collèges et de lycées pilotes testera une nouvelle formule dans laquelle les matinées seront réservées aux heures d’enseignement et les après-midis exclusivement au sport, même pas aux activités artistiques et culturelles. A défaut d’éveiller les consciences, on préfère désormais fatiguer les sauvageons."


-Football et politique
-Football et passions politiques
-Quand p
olitique et football se mettent en ménage
-
Les dessous politiques du foot
-Foot: vitrine politique
-Football et politique en Afrique
-
Boycott du mondial de football en Argentine en 1978
-« Si on fait du football une chose déterminée par l'argent, on va le tuer »
-Du foot et du fric
-Le cloaque mafieux du football mondial
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Foot : la puissance d’une peste émotionnelle -

mardi 1 juin 2010

Israël: impunité

Une erreur? non, une faute...

-L'arraisonnement musclé par Tsahal de bateaux au large d'Israël n'est pas nouveau
Mais ce qui vient de se produire est exceptionnellement grave et n'est pas un "regrettable incident" (B.Kouchner)



  • « Il faut combattre le terrorisme comme s'il n'y avait pas de négociations, et négocier comme s'il n'y avait pas de terrorisme. »
  • « La Bible n'est pas un cadastre. »
  • « Sans un accord pour l'eau, il n'y aura pas d'accord.» (Rabin)

____________________-Plus qu'une erreur , une stupidité... une faute, où les autorités de Tel Aviv se présentent comme victimes, qui va dégrader un peu plus l'image d'Israël dans le monde (surtout après l'affaire de Dubaï), contribuer un peu plus à son isolement international ,aux dires mêmes de certains observateurs israëliens.
____-La presse israélienne dénonce un «fiasco en pleine mer-
__-
En Israël, l'écume de la flottille-

-La désinformation, comme d'habitude, alors que "A bord des bateaux, "il y a (aussi...)des socialistes, des écologistes, des démocrates qui ne partagent pas les orientations politiques du Hamas (qui contrôle la bande de Gaza ) mais qui s’inscrivent dans une tradition de soutien au peuple palestinien", a déclaré la députée européenne socialiste française Françoise Castex au cours d’une conférence de presse. Du fait du blocus israélien, "Gaza est devenu un camp de concentration de 1,5 million personnes", s’est indignée Michèle Sibony, porte-parole de l’Union des Juifs français pour la Paix"

-Une balle dans le pied aussi, dans la mesure où le Hamas va en sortir renforcé. Mais peut-être cela était-il intentionnel, alors que l'on commençait à reparler de paix. Comme si Netanyahou la redoutait , car elle compromettrait les projets anciens d'extension territoriale, une colonisation renforcée , pour aboutir à un point de non retour: l'impossibilité d'un Etat palestinien.Tragique et grotesque

___Le poids des USA, soutien constant d'Israël, compromet le débat à l'ONU, qui ne débouchera que sur des protestations verbales,faisant dans la dentelle diplomatique, où chaque camp trouvera son compte...pour que rien ne change
________________________[Israël est-il pour les USA un fardeau coûteux ou un allié précieux , avec l'appui de l' AIPAC -____Obama peut-il tordre le bras d’Israël ? C’est, au bout du compte, la véritable inconnue de cette équation.Il y a quelques semaines, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, rapportait dans son tchat sur Rue89 une conversation qu’il avait eue avec Henry Kissinger, l’ancien grand architecte de la diplomatie américaine. Kissinger lui avait dit :"Tout le monde sait comment résoudre le conflit du Proche-Orient, la seule chose qui manque, c’est la volonté politique."Cette volonté politique existe-t-elle cette fois à Washington ?..."
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Obama parle d’Israel et de Palestine: Obama ne dit pas un mot sur l’extension du peuplement et des constructions en Cisjordanie, ni sur les mesures alambiquées pour contrôler la vie des Palestiniens, dans le dessein de détruire les perspectives d’une solution pacifique à deux états..."]

_____Comme d'habitude, il n'y aura que des "regrets"
Le Crif semble "embarassé", comme le pape..La "compassion", comme d’habitude...:"
Le Crif "déplore profondément" l’opération militaire israélienne contre le convoi maritime destiné à Gaza, jugeant que "ce n’est pas une bonne nouvelle pour la paix", a déclaré lundi Haïm Musicant, directeur général du Conseil représentatif des institutions juives de France.______"Nous déplorons ce qui est arrivé, même si Israël avait annoncé qu’il ne laisserait pas ce débarquement se faire", a-t-il ajouté. "Malheureusement, cela arrive au moment où il y avait des espoirs de paix entre Palestiniens et Israéliens, ce n’est pas une bonne nouvelle pour la paix". "Nous déplorons profondément qu’il y ait des victimes", a-t-il ajouté. "On est sincèrement dans la compassion et la tristesse", a encore déclaré Haïm Musicant."

____Et pendant ce temps-là à Gaza...malgré les dénégations grossières: "« Il n'y a pas de problème humanitaire à Gaza » ( Colonel Moshe Levy de l'armée israélienne)

A quand la voix (la voie) de la raison ?

Mais même les Juifs de la dispora sont divisés... Certains ne mâchent pas leurs mots

Pas de quoi être optimiste dans l'immédiat .

La solution viendra-t-elle d'une crise interne du "système" israëlien, malgré (ou à cause de) ses contradictions? Peut-être un nouveau Rabin... ןיבר קחצי

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-«Israël veut montrer qu'il reste maître chez lui» -
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De Paris à Istanbul, la colère contre le raid meurtrier israélien
-Israël accuse les passagers de la flottille d'avoir «déclenché les violences»
________-Israël, l'impunité jusqu'à quand ?
____-Atermoiements de l’Union européenne face à Israël
__Nous, juifs de la diaspora, disons non à l'égarement d'Israël
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La course à l'abîme de l'Etat d'Israël
-Israël : comment disparaître en 10 leçons
_______________-ContreInfo - Israel/Palestine
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-Gaza: jours ordinaires
-Israël: rompre l'engrenage
- Palestine: blocus