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lundi 2 septembre 2013

Point d'histoire

Israël: le mythe de l'exil
                                         Une émission intéressante sur Arte vendredi soir, qui soulève une question débattue en Israël même, qui a été et reste au coeur du projet sioniste.
La notion de l'exil est la thématique dominante du monde juif croyant et préside à la fondation de l'Etat d'Israël, exil conditionnant celle du retour..[ L'an prochain à Jérusalem, ville chargée de  mythes et objet de conflits entre toutes.]
Mais s'agit d'un retour et y a-t-il eu véritablement exil?
      Un chercheur israëlien indiquait que l'exil semble avoir été, si l'on en croit les textes,  toujours d'actualité: depuis Abraham, quittant Ur en Chaldée, les Hébreux fuyant l'Egypte, quittant plus tard Babylone...puis expulsés par les troupes romaines après le deuxième révolte...  si l'on en croit les mythes officiels et les récits bibliques, tels qu'une tradition religieuse les a livrés, contestés par nombre d''intellectuels israëliens eux-mêmes, souvent caricaturés, vu les réactions passionnelles que leurs analyses engendrent.
_Tout porte à croire que le thème du retour a été surtout forgé à Babylone, dans  certains groupes juifs et a servi rétrospectivement à interpréter l'histoire passée et comme de grille de lecture pour les présumées conséquences de l'épisode de l'occupation romaine.
     Or, il n'y aurait pas eu d'exil après la destruction du Temple et il y a de fortes probabilités, de nombreux indices archéologiques et culturels l'indiquent, que les Palestiniens d'aujourd'hui sont les descendants des Juifs d'hier, arabisés à partir du 7° siècle. De plus, il n'était pas dans les pratiques de la politique romaine de vider un pays occupé de ses habitants. Ils en ont certainement déplacé un certain nombre, notamment de Jérusalem, transférés certains à Rome comme signes de victoire, mis quelques-uns en esclavage, mais un transfert massif est de l'ordre de l'imaginaire. De plus, la diaspora juive existait déjà depuis longtemps tout autour de la Méditerranée.
         Cette thèse iconoclaste pour l'orthodoxie juive est confortée par les études historiques de l'historien israëlien Schlomo Sand et indirectement par les recherches archéologiques de l'équipe de Finkelstein.
"La Déclaration d’indépendance d’Israël dit que le peuple juif est né sur la terre d’Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s’est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C.. La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d’exil. Faux, dit l’historien Shlomo Sand, dans l’un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l’exil non plus n’a jamais eu lieu - il n’y a donc pas eu de retour. Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l’identité nationale dans la Bible, y compris l’exode d’Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d’excuse à la création de l’État d’Israël" affirme Sand. 
 La notion de peuple juif est donc une invention, un mythe, forgé pour les besoins de la cause, à la suite des idées et du projet sioniste de T.Herzl.
                                    "D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David » (p. 81).
Mais alors, quand le peuple juif a-t-il réellement été inventé, selon l’approche de Sand ? « Dans l’Allemagne du 19e siècle, à un certain moment, des intellectuels d’origine juive, influencés par le caractère ‘volkiste’ du nationalisme allemand, se sont donné pour mission de fabriquer un peuple « rétrospectivement », avec la soif de créer une nation juive moderne. A partir de l’historien Heinrich Graetz, des intellectuels juifs commencent à esquisser l’histoire du judaïsme comme l’histoire d’un peuple qui avait un caractère national, qui est devenu un peuple errant et qui a finalement fait demi-tour pour revenir dans sa patrie. »
                 La déconstruction du mythe national de l'Etat d'Israël ne va pas sans susciter des réactions parfois violentes, surtout dans le milieu des Juits ultra-orthodoxes et /ou nationalistes. Remettre en question une tradition et des convictions revendiquant la réappropriation de la terre sacralisée (aux contours imprécis) donc légitime ne peut aller pour l'instant sans vives contestations privées ou officielles.Nous avons eu, nous aussi nos mythes historiques.
  Les révélations du réalisateur israélien Ilan Ziv semblent plutôt libératrices.
Selon   Uri Avnery, « Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins..."
Gush Shalom ajoute:If we, the Israelis, want to consolidate our nation, we have to free ourselves from the myths that belong to another form of existence and re-define our national history.
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jeudi 1 mai 2008

Israël : entre mythe et histoire

Toutes le nations jeunes entretiennent une part de mythologie dans le rapport à leur passé , pour justifier leur existence, des choix politiques récents ou/et actuels..?Pourquoi Israël échapperait-il à la règle ?

Quand des Israëliens parlent de leur passé...

Naissance d’une nation:
[The Lion and the Gazelle - Gush Shalom - Israeli Peace Bloc]

« Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins...

...DANS LES 300 dernières années, l’Europe est devenue "nationale". La nation moderne a remplacé les modèles sociaux antérieurs, tels que la ville-Etat, la société féodale et l’empire dynastique. L’idée nationale a emporté tout ce qui était avant elle, y compris l’histoire. Chacune de ces nouvelles nations a modelé sa propre "histoire imaginaire". En d’autres termes, chaque nation a remanié d’anciens mythes et faits historiques pour constituer une "histoire nationale" qui proclame son importance et sert de ciment unificateur.
La Diaspora juive, qui - comme indiqué ci-dessus - était "normale" il y a 2.000 ans, devint "anormale" et exceptionnelle. Ceci attisa la haine des Juifs qui était d’une certaine façon rampante dans l’Europe chrétienne. Comme tous les mouvements nationaux en Europe étaient plus ou moins antisémites, beaucoup de juifs sentirent qu’ils étaient laissés "en dehors", qu’ils n’avaient pas leur place dans la nouvelle Europe. Certains d’entre eux décidèrent que les juifs devaient se conformer au nouveau Zeitgeist [esprit du temps - ndt] et transformer la communauté juive en une "nation" juive.
Pour ce faire, il était nécessaire de reconstruire et de réinventer une histoire juive et de la transformer à partir des annales d’une diaspora ethnico-religieuse en l’histoire épique d’une "nation". Le travail fut entrepris par un homme qui peut être considéré comme le parrain de l’idée sioniste : Heinrich Graetz, juif allemand qui fut influencé par le nationalisme allemand et créa l’histoire juive "nationale". Ses idées ont formé la conscience juive jusqu’à ce jour.
Graetz considéra la Bible comme si elle était un livre d’histoire, collecta tous les mythes et créa une version historique continue et complète : la période des Pères, l’exode d’Egypte, la conquête de Canaan, le "Premier Temple", l’exil à Babylone, le "Second Temple", la destruction du Temple et l’exil. C’est l’histoire que nous avons tous appris à l’école, la fondation sur laquelle le sionisme fut construit.
LE SIONISME représenta une révolution dans de nombreux domaines, mais sa révolution mentale fut incomplète. Son idéologie transforma la communauté juive en un peuple juif, et le peuple juif en une nation juive- mais sans jamais définir clairement les différences entre eux. Pour persuader les masses juives d’Europe orientale plutôt religieuses, il fit un compromis avec la religion et mélangea tous les termes en un grand cocktail - la religion est aussi une nation, la nation est aussi une religion, et plus tard il affirma qu’Israël était un "Etat juif" qui appartenait à ses citoyens (juifs ?) mais aussi au "peuple juif" à travers le monde. La doctrine israélienne officielle est qu’Israël est un "Etat-nation juif", mais la loi israélienne définit étroitement un Juif seulement comme une personne qui appartient à la religion juive..." [Heinrich Graetz ]

Shlomo Sand : Comment le peuple juif fut inventé : De la Bible au sionisme

-Le « peuple juif » : une invention...
La Déclaration d’indépendance d’Israël dit que le peuple juif est né sur la terre d’Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s’est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C.. La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d’exil. Faux, dit l’historien Shlomo Sand, dans l’un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l’exil non plus n’a jamais eu lieu - il n’y a donc pas eu de retour. Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l’identité nationale dans la Bible, y compris l’exode d’Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d’excuse à la création de l’État d’Israël, affirme-t-il....[An invention called 'the Jewish people' - Haaretz - Israel News]

-Je suis un khazar fier de l'être
"Sand essaie de démontrer que les Juifs qui vivent aujourd’hui en Israël et en d’autres endroits dans le monde, ne sont absolument pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du premier et du second Temple. Ils tirent leur origine, selon lui, de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines...Il tente de prouver que le peuple juif n’a jamais existé comme « peuple-race » partageant une origine commune mais qu’il est une multitude bigarrée de groupes humains qui, à des moments différents de l’Histoire, ont adopté la religion juive. ..D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David ...
...Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée. Le judaïsme était une religion prosélyte. Contrairement à une opinion répandue, il y avait dans le judaïsme ancien une grande soif de convertir. Les Hasmonéens furent les premiers à commencer à créer une foule de Juifs par conversions massives, sous l’influence de l’hellénisme. Ce sont les conversions, depuis la révolte des Hasmonéens jusqu’à celle de Bar Kochba, qui ont préparé le terrain à la diffusion massive, plus tard, du christianisme. Après le triomphe du christianisme au 4e siècle, le mouvement de conversion a été stoppé dans le monde chrétien et il y a eu une chute brutale du nombre de Juifs....
... Aucune population n’est restée pure tout au long d’une période de milliers d’années. Mais les chances que les Palestiniens soient des descendants de l’ancien peuple de Judée sont beaucoup plus élevées que les chances que vous et moi en soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à l’insurrection arabe, savaient qu’il n’y avait pas eu d’exil et que les Palestiniens étaient les descendants des habitants du pays. Ils savaient que des paysans ne s’en vont pas tant qu’on ne les chasse pas. Même Yitzhak Ben Zvi, le second président de l’Etat d’Israël, a écrit en 1929, que "la grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays". » Et comment des millions de Juifs sont-ils apparu tout autour de la Méditerranée ?« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée...."[Shattering a 'national mythology' - Haaretz - Israel News]---[Histoire des Khazars ]---[Les Berbères de Les Juifs en terre d'Islam ]--

-Israël et sa « Destinée Manifeste »
-Israël, du mythe à l'histoire[André PAUL - Clio ]
- Israël : notre part de mensonge, par Schlomo Sand
->>>>Livnat Limor<<< -Les mots et la terre. Les intellectuels en Israël
-Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible
->>La Bible dévoilée - Wikipédia (article en chantier)<< - Esther Benbassa, historienne du judaïsme
-Révolution laïque pour le sionisme, par Zeev Sternhell
-Abandonner le ghetto sioniste (I/II)
---------------------------------------------------------------
- Le monde moderne et la question juive d'Edgard Morin
-Quel rapport à la la judéité ?
-Une géographie de la violence
-C.Enderlin: un journaliste exposé
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-George Bush, croisé mystique de Sion

samedi 23 décembre 2023

Cette terre dite "sainte"

Lieu de concurrence, parfois de rivalités, d'affrontements violents.

                   L'actualité tragique nous y ramène, même si tout n'est pas religieux dans les terribles affrontements en cours au Proche-Orient . On discute encore âprement sur le statut de Jérusalem, ville cosmopolite, au statut particulier, mais pour l'essentiel contrôlée par Israël, objet de vives et parfois meurtrières contestations, surtout depuis que Sharon s'est imposé sur l'Esplanade des mosquées. Avec le colonisation qui se poursuit dans la partie Est, on ne peut pas dire que ce symbole des monothéismes soit la capitale la plus pacifique, surtout quand les ultra-sionistes prétendent y faire la loi. Le symbole fort interreligieux est devenu un haut-lieu d'enjeux politiques, qui ne disent toujours pas leur nom, comme lorsque Trump décida, par provocation, d'y faire construire l'ambassade des USA.     


                                                                                                  Mais les problèmes générés par la "capitale" des monothéismes remontent aux différentes aventures des croisades européennes, des "guerres saintes" contre les "Sarrazins". Auparavant , dans la longue tradition juive, la terre (Haaretz)  est un thème central, qui reprendra vigueur au 19° siècle, dans le mouvement sioniste qui se constitue, objet de vifs débats dans l'interprétation rabbinique..." C’est la concrétisation de la promesse faite à Abraham par Dieu : «C’est à ta postérité que je donnerai cette Terre» (Gn 12, 7). «Cette promesse fut répétée treize fois aux trois patriarches qui furent enterrés à Hébron, rappelle l’écrivain Armand Abécassis (3). Elle fut réalisée sous la direction de Josué après le séjour des Hébreux dans le désert où ils reçurent la Torah trois mois après leur sortie d’Égypte ».  La terre «plantureuse et verte, (…) qui ruisselle de lait et de miel» (Ex 3, 8), est donc dans le judaïsme d’abord un don de Dieu, resté en suspens pendant plusieurs siècles, le temps qui sépare Abraham le croyant de Josué le conquérant, en passant par l’alliance au Sinaï, puis l’errance dans le désert pendant quarante années. Elle représente « la nécessité d’un espace vital pour y donner corps à son aventure humaine, religieuse et spirituelle », assure le Père Marchadour.  Mais c’est aussi un don sous condition. «Moïse met en garde les Hébreux qu’ignorer les commandements de Dieu serait la cause de calamités», allant jusqu’à la dispersion et l’exil, explique le rabbin Harvey J. Fields (4). Les juifs ont reçu leur terre à cause de leur mission d’observer ces commandements. «Si vous ne gardez pas la Torah, la Terre vous vomira» : cet avertissement revient très régulièrement dans la tradition rabbinique.  Dans la tradition rabbinique, l’exil est toujours une punition de Dieu, mais il n’est pas définitif. Par ailleurs, quitter volontairement la terre peut être considéré comme de l’idolâtrie pour les juifs, car «c’est comme si l’on allait adorer d’autres dieux que le Dieu d’Israël», explique le Père Massonnet.  «Nos rabbins ont enseigné : on doit toujours vivre sur la terred’Israël, même si c’est dans un village où la majorité des gens sont idolâtres ; car celui qui vit sur la terre d’Israël peut être considéré comme ayant un Dieu, mais celui qui vit en dehors de la terre peut être considéré comme n’ayant pas de Dieu», est-il écrit dans le traité Ketoubot du Talmud de BabyloneMais pour d’autres interprètes, la terre est une réalité spirituelle plus que géographique. «Tout lieu où la sagesse et la crainte du péché sont présentes a le même statut normatif que la terre d’Israël», écrit ainsi Menahem ben Salomon HaMeïri, commentateur catalan du Talmud au XIIIe siècle. Dans la tradition juive, l’on «monte» (alya) à Jérusalem ou l’on en «descend» (yeridah). D’après certains commentaires du Talmud, un juif de la diaspora ne doit pas accomplir son alya avant que Dieu ait fixé la rédemption d’Israël..."                                                                                                                  
Une vieille histoire surchargée d'interprétations multiples et de mythes, dont la Bible et ses différentes lectures restent le fondement, le christianisme ayant recueilli une partie de ses messages dits inspirés.  Un terre disputée, parfois avec acharnement, pas seulement à l'époque des Croisades. Une aventure pleine de mythes, toujours résurgents et de fureurs dont les "nouveaux historiens" israëliens ont montré les limites, comme Shlomo Sand, non sans être parfois conspués par les "croyants" attachés à la lettre. Remettre les mythes en question pour que puisse mieux s'imposer la vérité historique et le rétablissement de rapports moins conflictuels, religieux et/ou politiques. Sortir du roman national-religieux. Israël est un Etat comme un autre, ni plus ni moins, dans le concert (ou le tohu-bohu) des nations.                                                                                                                 On sait que les monothéismes sont des terreaux d'exclusions et de violences, comme l' avait noté Nietzsche, Les religions occidentales, depuis leurs origines, n'ont pas montré le meilleur exemple d'ouverture et de tolérance et la Bible n'est pas exempte d'affrontements meurtriers, au nom d'une cause dite "sainte"...  __________________

mercredi 28 août 2024

Cette terre dite"sainte"

 Lieu de concurrence, parfois de rivalités, d'affrontements violents.

                   L'actualité tragique nous y ramène, même si tout n'est pas religieux dans les terribles affrontements en cours au Proche-Orient . On discute encore âprement sur le statut de Jérusalem, ville cosmopolite, au statut particulier, mais pour l'essentiel contrôlée par Israël, objet de vives et parfois meurtrières contestations, surtout depuis que Sharon s'est imposé sur l'Esplanade des mosquées. Avec le colonisation qui se poursuit dans la partie Est, on ne peut pas dire que ce symbole des monothéismes soit la capitale la plus pacifique, surtout quand les ultra-sionistes prétendent y faire la loi. Le symbole fort interreligieux est devenu un haut-lieu d'enjeux politiques, qui ne disent toujours pas leur nom, comme lorsque Trump décida, par provocation, d'y faire construire l'ambassade des USA.     


                                                                                                  Mais les problèmes générés par la "capitale" des monothéismes remontent aux différentes aventures des croisades européennes, des "guerres saintes" contre les "Sarrazins". Auparavant , dans la longue tradition juive, la terre (Haaretz)  est un thème central, qui reprendra vigueur au 19° siècle, dans le mouvement sioniste qui se constitue, objet de vifs débats dans l'interprétation rabbinique..." C’est la concrétisation de la promesse faite à Abraham par Dieu : «C’est à ta postérité que je donnerai cette Terre» (Gn 12, 7). «Cette promesse fut répétée treize fois aux trois patriarches qui furent enterrés à Hébron, rappelle l’écrivain Armand Abécassis (3). Elle fut réalisée sous la direction de Josué après le séjour des Hébreux dans le désert où ils reçurent la Torah trois mois après leur sortie d’Égypte ».  La terre «plantureuse et verte, (…) qui ruisselle de lait et de miel» (Ex 3, 8), est donc dans le judaïsme d’abord un don de Dieu, resté en suspens pendant plusieurs siècles, le temps qui sépare Abraham le croyant de Josué le conquérant, en passant par l’alliance au Sinaï, puis l’errance dans le désert pendant quarante années. Elle représente « la nécessité d’un espace vital pour y donner corps à son aventure humaine, religieuse et spirituelle », assure le Père Marchadour.  Mais c’est aussi un don sous condition. «Moïse met en garde les Hébreux qu’ignorer les commandements de Dieu serait la cause de calamités», allant jusqu’à la dispersion et l’exil, explique le rabbin Harvey J. Fields (4). Les juifs ont reçu leur terre à cause de leur mission d’observer ces commandements. «Si vous ne gardez pas la Torah, la Terre vous vomira» : cet avertissement revient très régulièrement dans la tradition rabbinique.  Dans la tradition rabbinique, l’exil est toujours une punition de Dieu, mais il n’est pas définitif. Par ailleurs, quitter volontairement la terre peut être considéré comme de l’idolâtrie pour les juifs, car «c’est comme si l’on allait adorer d’autres dieux que le Dieu d’Israël», explique le Père Massonnet.  «Nos rabbins ont enseigné : on doit toujours vivre sur la terred’Israël, même si c’est dans un village où la majorité des gens sont idolâtres ; car celui qui vit sur la terre d’Israël peut être considéré comme ayant un Dieu, mais celui qui vit en dehors de la terre peut être considéré comme n’ayant pas de Dieu», est-il écrit dans le traité Ketoubot du Talmud de BabyloneMais pour d’autres interprètes, la terre est une réalité spirituelle plus que géographique. «Tout lieu où la sagesse et la crainte du péché sont présentes a le même statut normatif que la terre d’Israël», écrit ainsi Menahem ben Salomon HaMeïri, commentateur catalan du Talmud au XIIIe siècle. Dans la tradition juive, l’on «monte» (alya) à Jérusalem ou l’on en «descend» (yeridah). D’après certains commentaires du Talmud, un juif de la diaspora ne doit pas accomplir son alya avant que Dieu ait fixé la rédemption

d’Israël..."                                                                                                                  
Une vieille histoire surchargée d'interprétations multiples et de mythes, dont la Bible et ses différentes lectures restent le fondement, le christianisme ayant recueilli une partie de ses messages dits inspirés.  Un terre disputée, parfois avec acharnement, pas seulement à l'époque des Croisades. Une aventure pleine de mythes, toujours résurgents et de fureurs dont les "nouveaux historiens" israëliens ont montré les limites, comme Shlomo Sand, non sans être parfois conspués par les "croyants" attachés à la lettre. Remettre les mythes en question pour que puisse mieux s'imposer la vérité historique et le rétablissement de rapports moins conflictuels, religieux et/ou politiques. Sortir du roman national-religieux. Israël est un Etat comme un autre, ni plus ni moins, dans le concert (ou le tohu-bohu) des nations.                                                                                                                 On sait que les monothéismes sont des terreaux d'exclusions et de violences, comme l' avait noté Nietzsche, Les religions occidentales, depuis leurs origines, n'ont pas montré le meilleur exemple d'ouverture et de tolérance et la Bible n'est pas exempte d'affrontements meurtriers, au nom d'une cause dite "sainte"...  __________________

jeudi 18 janvier 2018

Point d'histoire

Ces Khazars oubliés    [Jalons]
                        Une brève existence aux prolongements discutés.
     L' historien israëlien Schlomo Sand, comme d'autres, se déclarait il y a peu khasar, fier de l'être, remettant en question une mythologie nationale ayant été à l'origine de son pays.
    Le mythe fondateur de l'exil avait été l'élément idéologique fondateur du retour sur la terre d'origine.
    Le discours officiel sur le retour du peuple juif dans sa terre serait un discours construit a posteriori, comme il arrive souvent dans l'histoire, où le mythe s'élabore souvent facilement pour fonder une légitimité.
   Mais qu'en est-il de cette thèse qui n'est pas sans intérêt mais qui suscite de nombreux débats entre historiens et d'autres, plus passionnés, en terre d'Israël, surtout à l'heure où le sionisme politique est en cours d'extension en Cisjordanie notamment.
      Qui furent ces Khazars, ce  royaume englouti  qui aurait été à l'origine de la branche askkénase?
  Un peuple de nomades au secours de Byzance, qui disparut sans laisser de traces, un peuple qui a préservé le Caucase de la conquête arabe musulmane et soutenu la lutte de l’empire byzantin contre son puissant voisin perse. Aux VIIe-IXe siècles, il jouait donc un rôle déterminant sur la scène du monde.
Plus étonnant encore : ce peuple turcophone s’est en partie converti au judaïsme, cas unique en son genre.   S’ils réussissent à garder leur identité de peuple de la steppe, jusqu'à se convertir au judaïsme, ils conservent aussi un pouvoir essentiellement clanique, sans État. Au moindre signe de faiblesse, les clans et tribus qui leurs sont soumis sont tentés de se révolter. Après une période de troubles dans les années 830, le rapport de force se renverse dans la seconde moitié du IXe siècle et conduit à la chute de l'empire khazar.
    Thomas Tanase est aeez prudent dans son interprétation
          "Cela ne signifie pas pour autant que les Khazars n’aient laissé aucun héritage. Arthur Koestler a popularisé l’idée d’une « treizième tribu » d’Israël, postulant que les Khazars auraient été la véritable origine des populations ashkénazes, ces communautés juives d’Europe centrale et orientale.  Les historiens ont plus que nuancé cette idée, qui repose sur une exagération manifeste. Ils ont parfois nié en bloc toute forme de lien, surtout si l’on estime que la conversion des Khazars n’a jamais concerné qu’une élite restreinte. Mais ce point de vue est lui-même aujourd’hui de plus en plus souvent nuancé.  De fait, une part du peuple khazar s’est bien convertie au judaïsme. Il n’est donc pas impossible, même si cela fait toujours l’objet d’un débat, que des groupes d’origine khazare aient été intégrés dans les populations juives est-européennes ou russes. Mais il ne s’agirait alors que d’un élément parmi bien d’autres, sans doute limité, dans une formation qui s’inscrit sur le temps long.   Les Turcs seldjoukides, appelés à une grande destinée, à l’origine lointaine de la Turquie moderne, sont issus de ces Oghouz qui ont côtoyé les Khazars ; on s’est parfois demandé, là aussi à titre d’hypothèse, si le fait que le fondateur de la dynastie, Seldjouk, ait appelé ses fils Mikhaïl (Michel), Yunus (Jonas), Musa (Moïse) et Israël ne témoigne pas d’une influence khazare."
     Ceux qu'on a nommés la treizième tribu d'Israël ont adopté le judaïsme essentiellement par opportunisme et par intérêt.,  à l’intersection de 3 grandes voies commerciales. D’est en ouest, la route de la soie, qui relie la Chine à la Méditerranée, du nord au sud, la route de l’étain et de l’ambre, vers le sud la route de l’encens, en provenance de la corne de l’Afrique et du Yémen en passant par l’Egypte. La route de la soie est un trait d’union entre l’empire chrétien de Byzance et les puissances perses et ensuite musulmanes de l’est et du sud.
  Ces Juifs de la steppe auraient quitté une sorte de religion chamanique pour adopter le judaïsme, afin surtout de se différencier de ses puissants voisins,  Byzance d'un côté, perse de l'autre.
       Si on suit S.Sand, la notion d'un peuple juif homogène, revenant sur ses terres tels qu'ils les ont quiitées pose problème. Le problème se pose aussi pour la branche  séfarade, qui serait l'aboutissement de nombreuses conversions en Afrique du Nord, de certains peuples berbères notamment 
   Mais épouser à la lettre sa thèse pose problème pour certains historiens, qui sont en fait partagés sur le sujet. à des degrés divers. En Israël, le déconstructivisme de Shlomo Sand et de quelques autres est diversement accueilli. Parfois avec hostilité, surtout dans les milieux religieux fondamentalistes (on le comprend, étant donné le poids des dogmes ambiants et le littéralisme de la lecture biblique) ou avec intérêt, surtout dans les milieux universitaires. 
          Encore du travail pour la recherche à venir, l'archéologie, la génétique des populations...
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mardi 27 juin 2023

Vers le "Grand Israël" ?

   Cisjordanie: une situation bientôt incontrôlable?

                    Cynisme et cécité.   ___Au point où sont les choses, l'inquiétude monde même dans des instances de l'ONU, toujours frappée d'impuissance. Des recommandations d'usage monte dans certains pays d'Europe, qui regardent ailleurs, comme d'habitude. La situation est pourtant dangereusement inédite, surtout depuis que la Knesset, dirigée par les plus extrêmes, met en péril les prérogatives de la Court Suprême et ne connaît plus aucune retenue dans la provocation des populations palestiniennes, entraînant un nouveau cycle de violence. On n'est jamais allé aussi loin dans l'intention affichée de faire fuir une population et d'occuper ce qu'il est convenu d'appeler maintenant la Judée-Samarie. Ce n'est plus que le grignotage et l'encerclement encouragés depuis des années: 


                                                                                                                                                                    "Itamar Ben Gvir a pris la parole, le matin du 23 juin, devant des Israéliens religieux qui venaient d’installer un embryon de colonie illégale sur une colline de Cisjordanie. Le ministre israélien de la Sécurité nationale n’était pas venu pour les expulser ou même les réprimander, mais… pour les encourager : « Nous devons avoir une implantation en bonne et due forme ici. Et pas seulement ici, mais sur toutes les collines environnantes. Nous devons occuper la terre d’Israël. Et en plus d’occuper la terre, nous avons besoin d’une opération militaire : démolir des bâtiments, tuer des terroristes, pas un ou deux, mais des dizaines, des centaines, et si nécessaire, des milliers ! C’est le seul moyen de renforcer le contrôle et de ramener le calme pour les résidents. Et, par-dessus tout, c’est comme ça que nous réaliserons notre grand objectif : la terre d’Israël pour le peuple d’Israël. »                  De rares condamnations, enfin?...Mais pour la forme ou par crainte d'une escalade incontrôlable, sans doute. Netanyahou reste muet.                                                                                                              A l'heure où la droitisation (voire l'extrême-droitisation) de l'Etat d'Israël arrive à un sommet, sous la pression des groupes les plus extrêmes, malgré les protestations et les actions de nombre de citoyens éclairés et modérés du pays, une Europe seulement "inquiète" mais silencieuse, revient en force le vieux mythe du "Grand Israël", celui d'une extension du pays, dont les limites furent définies pas les conventions de l'ONU après guerre, au delà même du Jourdain, selon le vieux rêve biblique flou de la "terre promise", notion critiquée par des historiens israëliens eux-mêmes, dont Shlomo Sand. Une notion qui fut réactualisée par certains fondateurs, prêcheurs d'un retour du "peuple d'Israël" à l'ancienne "Terre Promise" selon d'anciens objectifs religieux mythiques.. Une notion très indéfinie, mais entretenue dans certains milieux religieux et souvent aussi non adhérents à l'orthodoxie.                                                                                                                           Les colons en sont venus à faire la loi de la manière la plus cynique qui soit maintenant qu'il n'y a plus le moindre frein. Le sionisme religieux s'acharne à compromettre tout espoir de paix et à détruire les rêves de Rabin. Plus aucun complexe ni aucune retenue.  "
...Le ministre des finances, Bezalel Smotrich, farouche partisan du Grand Israël, de la responsabilité de la planification des constructions dans les colonies – une prérogative qui relevait jusqu’alors du ministre de la défense. La seconde simplifie le lancement de ces travaux : là où, auparavant, il fallait franchir six étapes avant que les projets soient définitivement validés, il n’y en a plus que deux. M. Smotrich donnera le feu vert initial, puis la proposition sera revue par un comité de planification. Aucune autre instance politique ou militaire ne sera impliquée. Ce faisant, M. Smotrich, qui avait déclaré lors de sa venue à Paris, en mars, que le peuple palestinien était une « invention », obtient quasi les pleins pouvoirs pour étendre la colonisation à sa guise, au mépris du droit international, qui interdit le transfert d’une population civile sur un territoire occupé. La promotion de ce représentant de la frange extrémiste et messianique du courant sioniste religieux avait été décidée en février lorsqu’il avait pris la tête de l’administration chargée de la Cisjordanie, au sein du ministère de la défense, devenant une sorte de gouverneur du territoire palestinien. Son objectif, énoncé dans l’accord de coalition négocié par son parti avec le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, est de contraindre ce dernier à travailler « à la formulation et à la promotion d’une politique où la souveraineté sera appliquée en Judée-Samarie ». Autrement dit, à l’annexion formelle de la Cisjordanie. M. Smotrich entend doubler le nombre de colons sur cette terre occupée – ils sont actuellement 700 000, dont 229 000 à Jérusalem-Est, selon l’ONG israélienne La Paix maintenant..."                                                              La fuite en avant est évidente. L'Europe est juste "inquiète"....Des Israëliens comme Grossman  et des journaux comme Haaretz, le seul de l'opposition, sont aux avant poste de la critique d'un processus politique mortifère. Dans la continuité s'une tradition qui remente à Thédore Herzl, Jabotinski et à différents père fondateurs: "...Premiers conseils donnés aux colons Juifs«Repoussez discrètement hors frontière la population sans le sou en lui refusant le travail... Tant le processus d'expropriation que le transfert des pauvres doivent être menés discrètement et avec circonspection.» Théodore Herzl, fondateur de l'Organisation Sioniste Mondiale, à propos des Arabes de Palestine. Journal, à la date du 12 juin 1895.Radicalisation du projet sioniste«Entre nous, il doit être clair qu'il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays... Il n'y a pas d'autre solution que de transférer les Arabes dans les pays voisins, de les transférer tous; pas un village, pas une tribu ne doit subsister.» Yosef Weitz du Fonds National Juif. Journal, 1940Réflexions significatives de Ben Gourion père fondateur de l'entité sioniste Lucidité prémonitoire«Nous et eux [les Palestiniens] voulons la même chose: nous voulons tous les deux la Palestine. Et c'est le conflit fondamental.» David Ben Gourion en 1936.  «Un État Juif partiel n'est pas une fin, mais seulement un début. Je suis certain que nous ne pourrons pas être empêchés de coloniser d'autres parties du pays et de la région.» David Ben Gourion, dans une lettre à son fils, 1937.Réalisme politique, conscience des enjeux «Ne nous racontons pas d'histoire... Politiquement, nous sommes les agresseurs et ils se défendent... C'est leur pays, parce qu'ils y habitent, alors que nous voulons venir ici et coloniser, et de leur point de vue, nous voulons nous emparer de leur pays.» Discours de David Ben Gourion en 1938)Mise en application du projet sioniste«Nous devons tout faire pour nous assurer qu'ils [les Palestiniens] ne reviendront jamais dans leurs maisons. (...) Les vieux mourront et les jeunes oublieront.» David Ben Gourion dans ses mémoires, le 18 juillet 1948«Nous devons nous préparer à passer à l'offensive. Notre but est d'écraser le Liban, la Transjordanie et la Syrie. Le point faible est le Liban, parce que le régime musulman est artificiel et facile pour nous à déstabiliser. Nous établirons là un État chrétien, et ensuite nous frapperons la Légion Arabe, éliminerons la Transjordanie; la Syrie nous reviendra. Puis, nous bombarderons, avancerons et prendrons Port Saïd, Alexandrie et le Sinaï.» David Ben Gourion, mai 1948, à l'État-Major. «Après la création de l'État, qui fera de nous une force puissante, nous abolirons la partition et nous nous étendrons à toute la Palestine «Ce qui compte n'est pas de maintenir le statu quo. Nous devons créer un État dynamique, orienté vers l'expansion.» Réalisme politique «Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l'a promis, mais comment cela pourrait-il les concerner? Notre Dieu n'est pas le leur. Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute? Ils ne voient qu'une seule chose: nous sommes venus et nous avons volé leur pays. Pourquoi devraient-ils accepter cela?»                                                                                                       L'assassin de Rabin n'a pas surgi du néant. Jabotinky reste toujours une référence, encensé ou critiqué (Vladimir Jabotinsky (1880-1940) : fondateur du parti révisionniste, aile droite du mouvement sioniste, qui réclamait un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain, intégrant aussi la Transjordanie, l’actuelle Jordanie. Dans un livre fameux, le Mur de fer. Nous et les Arabes, publié en 1923, il prônait pour poursuivre la colonisation sioniste de la Palestine la construction d’« un mur de fer que la population autochtone ne pourra pas franchir ».)                                                                                                 Un avenir bien inquiétant.....     
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jeudi 14 janvier 2021

Parler d'apartheid

En Israël

              Là-bas, sur le terrain, certains n'ont plus peur du mot. Non pas les Palestiniens de Cisjordanie, mais certains journalistes, anciens militaires et hommes publics israëliens, qui osent soumettre les plans du gouvernement actuel au feu de la critique. Des plans déjà anciens, qui ne font que se prolonger, avec l'arrière pensée, tout à fait proclamée dans la communauté ultra-orthodoxe, de rendre au pays, les terres ci-devant appelées Judée et Samarie. Le mythe de la Terre perdure, comme le remarque l'historien Shlomo.Sand, comme projet politique sous couvert de justifications religieuses.


       Le projet routier en développement va continuer à y contribuer, jusqu'à effacement des enclaves palestiniennes,  leur disparition du regard et des mémoires. L'entre-soi sera total, Le mythe de deux Etats, encore entretenu par Rabin, aura vécu. Le quotidien le Mondeen date du 12 janvier 2021, soulignait l’importance du dernier rapport de B’Tselem: «Israël maintient un régime d’apartheid entre le Jourdain et la Méditerranée: c’est le constat, radioactif, que fait pour la première fois une organisation de défense des droits de l’homme juive israélienne de premier plan, B’Tselem. Dans un rapport, publié le mardi 12 janvier, l’ONG s’affranchit de la division communément admise entre les systèmes politiques en place en Israël et dans les territoires palestiniens. Démocratie d’un côté, occupation militaire temporaire de l’autre. B’Tselem estime qu’une telle distinction s’est vidée de son sens au fil du temps, depuis la conquête des territoires par Israël, lors de la guerre de 1967..."   


            Le Quotidien Haaretz fait un bilan de l'opération routière en cours, qui n'est pas seulement fonctionnelle mais surtout politique. Une annexion de facto, selon une autre source.   Maintenant que l’annexion de jure a été temporairement retirée de la table, la droite des colons espère continuer à pousser l’annexion rampante, de facto, et porter la population de colons à un million.  Comme l’explique Daniel Seidemann, un avocat israélien spécialisé dans la géopolitique de Jérusalem, les projets d’infrastructure sont «destinés à effacer la ligne verte et à intégrer les colonies de Cisjordanie [en Israël]».   Selon la Moriah Jerusalem Development Corporation, une organisation créée par la municipalité de Jérusalem afin de développer les infrastructures de la ville, le projet de quelque 27 millions d’euros devrait améliorer la circulation des citoyens israéliens entre Jérusalem et d’autres colonies du sud de la Cisjordanie, comme Gush Etzion, Efrat, Kiryat Arba, et d’autres.   La vidéo promotionnelle virtuelle de Moriah montre des véhicules israéliens circulant uniquement sur la route élargie, sans mentionner aucune des villes palestiniennes adjacentes invisibles qui se trouvent derrière les deux murs qui l’entourent. Bien qu’elle ait été construite dans les années 1990 sur des terres privées, confisquées aux Palestiniens, la route des tunnels est interdite aux Palestiniens de Cisjordanie, à l’exception des résidents palestiniens de Jérusalem-Est, qui sont autorisés à conduire des véhicules immatriculés en Israël.    Selon l’Institut de recherche appliquée (Applied Research Institue – ARIJ), une ONG palestinienne qui rend compte des activités de colonisation israéliennes en Cisjordanie, le principal objectif de la route est de contourner Beit Jala et Bethléem, offrant aux colons de Gush Etzion et de la région de Hébron une entrée sud-ouest de la ville de Jérusalem «débarrassée» des Palestiniens. Dans le passé, les Palestiniens pouvaient voyager entre Bethléem et Jérusalem; aujourd’hui, Bethléem est entouré par le mur de séparation...."                                                                                   Comme il a déjà été dit, Bibi trace ses routes, grâce à la complicité des uns, le silence des autres, l'indifférence générale. Que demandait-il de plus? Une géographie de la violence, comme il était dit déjà en 2008. La Cisjordanie et Jérusalem-Est seront effacés. Mais que deviendront les Palestiniens?___________________