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jeudi 1 mai 2008

Israël : entre mythe et histoire

Toutes le nations jeunes entretiennent une part de mythologie dans le rapport à leur passé , pour justifier leur existence, des choix politiques récents ou/et actuels..?Pourquoi Israël échapperait-il à la règle ?

Quand des Israëliens parlent de leur passé...

Naissance d’une nation:
[The Lion and the Gazelle - Gush Shalom - Israeli Peace Bloc]

« Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins...

...DANS LES 300 dernières années, l’Europe est devenue "nationale". La nation moderne a remplacé les modèles sociaux antérieurs, tels que la ville-Etat, la société féodale et l’empire dynastique. L’idée nationale a emporté tout ce qui était avant elle, y compris l’histoire. Chacune de ces nouvelles nations a modelé sa propre "histoire imaginaire". En d’autres termes, chaque nation a remanié d’anciens mythes et faits historiques pour constituer une "histoire nationale" qui proclame son importance et sert de ciment unificateur.
La Diaspora juive, qui - comme indiqué ci-dessus - était "normale" il y a 2.000 ans, devint "anormale" et exceptionnelle. Ceci attisa la haine des Juifs qui était d’une certaine façon rampante dans l’Europe chrétienne. Comme tous les mouvements nationaux en Europe étaient plus ou moins antisémites, beaucoup de juifs sentirent qu’ils étaient laissés "en dehors", qu’ils n’avaient pas leur place dans la nouvelle Europe. Certains d’entre eux décidèrent que les juifs devaient se conformer au nouveau Zeitgeist [esprit du temps - ndt] et transformer la communauté juive en une "nation" juive.
Pour ce faire, il était nécessaire de reconstruire et de réinventer une histoire juive et de la transformer à partir des annales d’une diaspora ethnico-religieuse en l’histoire épique d’une "nation". Le travail fut entrepris par un homme qui peut être considéré comme le parrain de l’idée sioniste : Heinrich Graetz, juif allemand qui fut influencé par le nationalisme allemand et créa l’histoire juive "nationale". Ses idées ont formé la conscience juive jusqu’à ce jour.
Graetz considéra la Bible comme si elle était un livre d’histoire, collecta tous les mythes et créa une version historique continue et complète : la période des Pères, l’exode d’Egypte, la conquête de Canaan, le "Premier Temple", l’exil à Babylone, le "Second Temple", la destruction du Temple et l’exil. C’est l’histoire que nous avons tous appris à l’école, la fondation sur laquelle le sionisme fut construit.
LE SIONISME représenta une révolution dans de nombreux domaines, mais sa révolution mentale fut incomplète. Son idéologie transforma la communauté juive en un peuple juif, et le peuple juif en une nation juive- mais sans jamais définir clairement les différences entre eux. Pour persuader les masses juives d’Europe orientale plutôt religieuses, il fit un compromis avec la religion et mélangea tous les termes en un grand cocktail - la religion est aussi une nation, la nation est aussi une religion, et plus tard il affirma qu’Israël était un "Etat juif" qui appartenait à ses citoyens (juifs ?) mais aussi au "peuple juif" à travers le monde. La doctrine israélienne officielle est qu’Israël est un "Etat-nation juif", mais la loi israélienne définit étroitement un Juif seulement comme une personne qui appartient à la religion juive..." [Heinrich Graetz ]

Shlomo Sand : Comment le peuple juif fut inventé : De la Bible au sionisme

-Le « peuple juif » : une invention...
La Déclaration d’indépendance d’Israël dit que le peuple juif est né sur la terre d’Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s’est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C.. La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d’exil. Faux, dit l’historien Shlomo Sand, dans l’un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l’exil non plus n’a jamais eu lieu - il n’y a donc pas eu de retour. Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l’identité nationale dans la Bible, y compris l’exode d’Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d’excuse à la création de l’État d’Israël, affirme-t-il....[An invention called 'the Jewish people' - Haaretz - Israel News]

-Je suis un khazar fier de l'être
"Sand essaie de démontrer que les Juifs qui vivent aujourd’hui en Israël et en d’autres endroits dans le monde, ne sont absolument pas les descendants du peuple ancien qui vivait dans le royaume de Judée à l’époque du premier et du second Temple. Ils tirent leur origine, selon lui, de peuples variés qui se sont convertis au cours de l’Histoire en divers lieux du bassin méditerranéen et régions voisines...Il tente de prouver que le peuple juif n’a jamais existé comme « peuple-race » partageant une origine commune mais qu’il est une multitude bigarrée de groupes humains qui, à des moments différents de l’Histoire, ont adopté la religion juive. ..D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David ...
...Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée. Le judaïsme était une religion prosélyte. Contrairement à une opinion répandue, il y avait dans le judaïsme ancien une grande soif de convertir. Les Hasmonéens furent les premiers à commencer à créer une foule de Juifs par conversions massives, sous l’influence de l’hellénisme. Ce sont les conversions, depuis la révolte des Hasmonéens jusqu’à celle de Bar Kochba, qui ont préparé le terrain à la diffusion massive, plus tard, du christianisme. Après le triomphe du christianisme au 4e siècle, le mouvement de conversion a été stoppé dans le monde chrétien et il y a eu une chute brutale du nombre de Juifs....
... Aucune population n’est restée pure tout au long d’une période de milliers d’années. Mais les chances que les Palestiniens soient des descendants de l’ancien peuple de Judée sont beaucoup plus élevées que les chances que vous et moi en soyons. Les premiers sionistes, jusqu’à l’insurrection arabe, savaient qu’il n’y avait pas eu d’exil et que les Palestiniens étaient les descendants des habitants du pays. Ils savaient que des paysans ne s’en vont pas tant qu’on ne les chasse pas. Même Yitzhak Ben Zvi, le second président de l’Etat d’Israël, a écrit en 1929, que "la grande majorité des fellahs ne tirent pas leur origine des envahisseurs arabes, mais d’avant cela, des fellahs juifs qui étaient la majorité constitutive du pays". » Et comment des millions de Juifs sont-ils apparu tout autour de la Méditerranée ?« Le peuple ne s’est pas disséminé, c’est la religion juive qui s’est propagée...."[Shattering a 'national mythology' - Haaretz - Israel News]---[Histoire des Khazars ]---[Les Berbères de Les Juifs en terre d'Islam ]--

-Israël et sa « Destinée Manifeste »
-Israël, du mythe à l'histoire[André PAUL - Clio ]
- Israël : notre part de mensonge, par Schlomo Sand
->>>>Livnat Limor<<< -Les mots et la terre. Les intellectuels en Israël
-Israël Finkelstein, Neil Asher Silberman, Les rois sacrés de la Bible
->>La Bible dévoilée - Wikipédia (article en chantier)<< - Esther Benbassa, historienne du judaïsme
-Révolution laïque pour le sionisme, par Zeev Sternhell
-Abandonner le ghetto sioniste (I/II)
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- Le monde moderne et la question juive d'Edgard Morin
-Quel rapport à la la judéité ?
-Une géographie de la violence
-C.Enderlin: un journaliste exposé
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-George Bush, croisé mystique de Sion

lundi 2 septembre 2013

Point d'histoire

Israël: le mythe de l'exil
                                         Une émission intéressante sur Arte vendredi soir, qui soulève une question débattue en Israël même, qui a été et reste au coeur du projet sioniste.
La notion de l'exil est la thématique dominante du monde juif croyant et préside à la fondation de l'Etat d'Israël, exil conditionnant celle du retour..[ L'an prochain à Jérusalem, ville chargée de  mythes et objet de conflits entre toutes.]
Mais s'agit d'un retour et y a-t-il eu véritablement exil?
      Un chercheur israëlien indiquait que l'exil semble avoir été, si l'on en croit les textes,  toujours d'actualité: depuis Abraham, quittant Ur en Chaldée, les Hébreux fuyant l'Egypte, quittant plus tard Babylone...puis expulsés par les troupes romaines après le deuxième révolte...  si l'on en croit les mythes officiels et les récits bibliques, tels qu'une tradition religieuse les a livrés, contestés par nombre d''intellectuels israëliens eux-mêmes, souvent caricaturés, vu les réactions passionnelles que leurs analyses engendrent.
_Tout porte à croire que le thème du retour a été surtout forgé à Babylone, dans  certains groupes juifs et a servi rétrospectivement à interpréter l'histoire passée et comme de grille de lecture pour les présumées conséquences de l'épisode de l'occupation romaine.
     Or, il n'y aurait pas eu d'exil après la destruction du Temple et il y a de fortes probabilités, de nombreux indices archéologiques et culturels l'indiquent, que les Palestiniens d'aujourd'hui sont les descendants des Juifs d'hier, arabisés à partir du 7° siècle. De plus, il n'était pas dans les pratiques de la politique romaine de vider un pays occupé de ses habitants. Ils en ont certainement déplacé un certain nombre, notamment de Jérusalem, transférés certains à Rome comme signes de victoire, mis quelques-uns en esclavage, mais un transfert massif est de l'ordre de l'imaginaire. De plus, la diaspora juive existait déjà depuis longtemps tout autour de la Méditerranée.
         Cette thèse iconoclaste pour l'orthodoxie juive est confortée par les études historiques de l'historien israëlien Schlomo Sand et indirectement par les recherches archéologiques de l'équipe de Finkelstein.
"La Déclaration d’indépendance d’Israël dit que le peuple juif est né sur la terre d’Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s’est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C.. La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d’exil. Faux, dit l’historien Shlomo Sand, dans l’un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l’exil non plus n’a jamais eu lieu - il n’y a donc pas eu de retour. Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l’identité nationale dans la Bible, y compris l’exode d’Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d’excuse à la création de l’État d’Israël" affirme Sand. 
 La notion de peuple juif est donc une invention, un mythe, forgé pour les besoins de la cause, à la suite des idées et du projet sioniste de T.Herzl.
                                    "D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David » (p. 81).
Mais alors, quand le peuple juif a-t-il réellement été inventé, selon l’approche de Sand ? « Dans l’Allemagne du 19e siècle, à un certain moment, des intellectuels d’origine juive, influencés par le caractère ‘volkiste’ du nationalisme allemand, se sont donné pour mission de fabriquer un peuple « rétrospectivement », avec la soif de créer une nation juive moderne. A partir de l’historien Heinrich Graetz, des intellectuels juifs commencent à esquisser l’histoire du judaïsme comme l’histoire d’un peuple qui avait un caractère national, qui est devenu un peuple errant et qui a finalement fait demi-tour pour revenir dans sa patrie. »
                 La déconstruction du mythe national de l'Etat d'Israël ne va pas sans susciter des réactions parfois violentes, surtout dans le milieu des Juits ultra-orthodoxes et /ou nationalistes. Remettre en question une tradition et des convictions revendiquant la réappropriation de la terre sacralisée (aux contours imprécis) donc légitime ne peut aller pour l'instant sans vives contestations privées ou officielles.Nous avons eu, nous aussi nos mythes historiques.
  Les révélations du réalisateur israélien Ilan Ziv semblent plutôt libératrices.
Selon   Uri Avnery, « Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins..."
Gush Shalom ajoute:If we, the Israelis, want to consolidate our nation, we have to free ourselves from the myths that belong to another form of existence and re-define our national history.
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mercredi 19 septembre 2012

Paroles d' Israëliens

 __La vie en Israël n'est pas un long fleuve tranquille...
Des tensions fortes traverse cette société très hétérogène, divisée, jusqu'au sein de l'armée.
Un société jeune, aux frontières non définies, toujours en quête d'une identité problématique, qui oscille encore souvent entre mythe et histoire.
C'est dire que les historiens ont là-bas une tâche difficile, quand ils s'efforcent de mettre à jour les fondements historiques du peuple juif, de son exil, de son retour, des conditions de la constitution de l'Etat d'Israël et de sa légitimation. Notions sur lesquelles planent un brouillard entretenu, des confusions et des croyances qu'il n'est pas toujours bien vu d'éclaircir.
Il faut du temps pour détruire un certain nombre de mythes nationaux. En France, nous sommes seulement en train de remettre en question l'image que nous avions de nos ancêtres les Gaulois, chère à Lavisse.
Quand le nationalisme et/ou la religion interfère(nt), la pensée critique peine à se faire entendre.

_____C'est le cas de l'historien israëlien  Shlomo Sand, et de quelques autres se situant dans le courant dit postsioniste, objet de vifs débats internes, reconnaissant la légitimité de l'Etat d'Israël, mais remettant en question un certain nombres de croyances fondatrices et de pratiques sociales partagées même par des dirigeants athées pour des raisons politiques, notamment l'invention de la terre d'Israël, qui sous-tend le traitement fait au peuple palestinien, à l'existence déniée dès l'origine. Comme citoyen, l'auteur ne met pas en cause l'identité israëlienne , mais il conteste les choix politiques de ses élites au double langage et prône une laïcisation de l'Etat, contre le retour de l'ultraorthodoxie religieuse et les tendances extrêmistes avec lesquelles joue dangereusement le pouvoir.(1). De nouvelles formes de racisme se font jour.
__En tant qu'historien, il n'échappe pas bien sûr à la critique dans sa discipline, comme c'est naturel, mais il est parfois contesté pour les remises en question dérangeantes qu'il suscite chez ceux qui ont renoncé aux engagement au moins formels d'antan.
 "Continuant son entreprise de questionnement du lien entre les juifs et la “terre d'Israël”, Shlomo Sand décrypte « cette image mystifiante centrale » consistant à présenter la Palestine comme “une terre sans peuple” forcément destinée à “un peuple sans terre”. L'ouvrage s'attache à démontrer le rôle des chrétiens évangélistes dans la propagation d'une telle appréhension.
« En apparence, l'occupation, entrée dans sa cinquième décennie, prépare, au plan territorial, la constitution d'un État binational. La pénétration croissante de colons au sein de zones d'habitation palestiniennes densément peuplées apparaît comme un processus qui rend impossible toute tentative de séparation politique (...) Le grand compromis prometteur, reposant sur le retour d'Israël aux frontières de 1967, la création d'un État palestinien voisin (avec Jérusalem comme capitale commune), la fondation d'une confédération entre deux républiques souveraines et démocratiques appartenant à tous les citoyens qui vivent dans chacune d'elle, apparaît comme un rêve qui s'éloigne et s'évanouit dans l'obscurité du temps. »
__Dans ce pays pas comme les autres, engagé aujourd'hui dans un bras de fer avec l'Iran, contesté par certains Israëliens et, officiellement pour l'instant, par Obama, les voix de la modération peinent à se faire entendre.
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- Les élections américaines vues... d'Israël

jeudi 18 janvier 2018

Point d'histoire

Ces Khazars oubliés    [Jalons]
                        Une brève existence aux prolongements discutés.
     L' historien israëlien Schlomo Sand, comme d'autres, se déclarait il y a peu khasar, fier de l'être, remettant en question une mythologie nationale ayant été à l'origine de son pays.
    Le mythe fondateur de l'exil avait été l'élément idéologique fondateur du retour sur la terre d'origine.
    Le discours officiel sur le retour du peuple juif dans sa terre serait un discours construit a posteriori, comme il arrive souvent dans l'histoire, où le mythe s'élabore souvent facilement pour fonder une légitimité.
   Mais qu'en est-il de cette thèse qui n'est pas sans intérêt mais qui suscite de nombreux débats entre historiens et d'autres, plus passionnés, en terre d'Israël, surtout à l'heure où le sionisme politique est en cours d'extension en Cisjordanie notamment.
      Qui furent ces Khazars, ce  royaume englouti  qui aurait été à l'origine de la branche askkénase?
  Un peuple de nomades au secours de Byzance, qui disparut sans laisser de traces, un peuple qui a préservé le Caucase de la conquête arabe musulmane et soutenu la lutte de l’empire byzantin contre son puissant voisin perse. Aux VIIe-IXe siècles, il jouait donc un rôle déterminant sur la scène du monde.
Plus étonnant encore : ce peuple turcophone s’est en partie converti au judaïsme, cas unique en son genre.   S’ils réussissent à garder leur identité de peuple de la steppe, jusqu'à se convertir au judaïsme, ils conservent aussi un pouvoir essentiellement clanique, sans État. Au moindre signe de faiblesse, les clans et tribus qui leurs sont soumis sont tentés de se révolter. Après une période de troubles dans les années 830, le rapport de force se renverse dans la seconde moitié du IXe siècle et conduit à la chute de l'empire khazar.
    Thomas Tanase est aeez prudent dans son interprétation
          "Cela ne signifie pas pour autant que les Khazars n’aient laissé aucun héritage. Arthur Koestler a popularisé l’idée d’une « treizième tribu » d’Israël, postulant que les Khazars auraient été la véritable origine des populations ashkénazes, ces communautés juives d’Europe centrale et orientale.  Les historiens ont plus que nuancé cette idée, qui repose sur une exagération manifeste. Ils ont parfois nié en bloc toute forme de lien, surtout si l’on estime que la conversion des Khazars n’a jamais concerné qu’une élite restreinte. Mais ce point de vue est lui-même aujourd’hui de plus en plus souvent nuancé.  De fait, une part du peuple khazar s’est bien convertie au judaïsme. Il n’est donc pas impossible, même si cela fait toujours l’objet d’un débat, que des groupes d’origine khazare aient été intégrés dans les populations juives est-européennes ou russes. Mais il ne s’agirait alors que d’un élément parmi bien d’autres, sans doute limité, dans une formation qui s’inscrit sur le temps long.   Les Turcs seldjoukides, appelés à une grande destinée, à l’origine lointaine de la Turquie moderne, sont issus de ces Oghouz qui ont côtoyé les Khazars ; on s’est parfois demandé, là aussi à titre d’hypothèse, si le fait que le fondateur de la dynastie, Seldjouk, ait appelé ses fils Mikhaïl (Michel), Yunus (Jonas), Musa (Moïse) et Israël ne témoigne pas d’une influence khazare."
     Ceux qu'on a nommés la treizième tribu d'Israël ont adopté le judaïsme essentiellement par opportunisme et par intérêt.,  à l’intersection de 3 grandes voies commerciales. D’est en ouest, la route de la soie, qui relie la Chine à la Méditerranée, du nord au sud, la route de l’étain et de l’ambre, vers le sud la route de l’encens, en provenance de la corne de l’Afrique et du Yémen en passant par l’Egypte. La route de la soie est un trait d’union entre l’empire chrétien de Byzance et les puissances perses et ensuite musulmanes de l’est et du sud.
  Ces Juifs de la steppe auraient quitté une sorte de religion chamanique pour adopter le judaïsme, afin surtout de se différencier de ses puissants voisins,  Byzance d'un côté, perse de l'autre.
       Si on suit S.Sand, la notion d'un peuple juif homogène, revenant sur ses terres tels qu'ils les ont quiitées pose problème. Le problème se pose aussi pour la branche  séfarade, qui serait l'aboutissement de nombreuses conversions en Afrique du Nord, de certains peuples berbères notamment 
   Mais épouser à la lettre sa thèse pose problème pour certains historiens, qui sont en fait partagés sur le sujet. à des degrés divers. En Israël, le déconstructivisme de Shlomo Sand et de quelques autres est diversement accueilli. Parfois avec hostilité, surtout dans les milieux religieux fondamentalistes (on le comprend, étant donné le poids des dogmes ambiants et le littéralisme de la lecture biblique) ou avec intérêt, surtout dans les milieux universitaires. 
          Encore du travail pour la recherche à venir, l'archéologie, la génétique des populations...
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lundi 2 février 2009

ISRAEL-Gaza: et après ?


“Je veux vous dire ceci très clairement, ne vous en faites pas à propos de la pression américaine sur Israël, nous, les Juifs, contrôlons les États-Unis, et les Américains le savent.” - Ariel Sharon parlant à Shimon Peres, le 3 octobre 2001, rapporté à la radio Kol Yisrael.-
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“Nous avions le devoir de privilégier
la diplomatie, de ne pas commettre
ce massacre de civils.” (S.Sand)


-Israël a-t-il perdu la guerre ?- Entretien avec l’historien israélien Shlomo Sand -

"...Bien sûr, il n'est pas normal que des roquettes tombent sur Israël. Mais est-il plus normal qu'Israël n'ait toujours pas décidé quelles étaient ses frontières ? Cet Etat qui ne supporte pas les roquettes est aussi un Etat qui ne veut pas renoncer aux territoires conquis en 1967. Il a refusé l'offre de la Ligue arabe en 2002 d'une pleine reconnaissance d'Israël dans les frontières d'avant 1967. ...
Le Hamas, ce mouvement bête, pas diplomate, avait proposé une « oudna », une trêve de longue durée à Gaza et en Cisjordanie. Israël a refusé parce qu'il veut continuer de tuer les militants du Hamas en Cisjordanie, soit une quinzaine en octobre-novembre après des mois de calme. Israël a donc eu sa part de responsabilité dans la reprise des tirs de roquettes. Au lieu de renforcer le courant modéré du Hamas, Israël pousse les Palestiniens au désespoir. Nous avons ghettoïsé une population entière et refusons de lui accorder sa souveraineté depuis quarante-deux ans. Comme je suis indulgent envers Israël, je dirai seulement depuis vingt ans, 1988, date à laquelle Arafat et l'Autorité palestinienne ont reconnu l'Etat d'Israël, sans rien avoir gagné en échange...
“La raison pour laquelle il est impossible
de conclure une paix juste,
ce ne sont pas les roquettes,
c'est la faiblesse palestinienne.
”

Israël ne comprend malheureusement que la force. La raison pour laquelle il est impossible de conclure une paix juste en ce début du XXIe siècle, ce ne sont pas les roquettes, c'est la faiblesse palestinienne. Israël n'a signé la paix avec Sadate en 1977 que parce que l'Egypte avait remporté une demi-victoire en 1973..."

-La presse israélienne s'interroge après Gaza:
Gideon Levy, l’un des rares critiques de l’opération israélienne, affirme dans Haaretz (22 janvier) que la guerre s’est terminée par un échec total israélien : « Gaza war ended in utter failure for Israel »

-La déchéance d’Israël & l’indécente partialité des médias | CentPapiers:
"...Il est impossible de comprendre la brutalité de cette guerre sans prendre en compte son arrière-plan historique : le sentiment d’être des victimes après tout ce qui a été fait aux Juifs à travers les âges, et la conviction qu’après l’Holocauste ceux-ci ont le droit de tout faire, absolument tout, pour se défendre, sans aucune restriction légale ou morale. (Source: Le patron est devenu fou)

Noam Chomsky écrit aussi dans un texte intitulé “Exterminer toutes les brutes: Gaza 2009” qu’Israël a fait le calcul qu’il serait avantageux d’avoir l’air de devenir “fou”, causant une terreur largement disproportionnée, une doctrine remontant aux années 1950. Jonathan Cook décrit comment, après avoir rapidement manqué de nouvelles cibles à attaquer dans les premiers jours de l’agression de Gaza, la définition des cibles reliées au Hamas a été élargie pour inclure mosquées, universités, cours de justice, écoles, ambulances, hôpitaux, ponts, routes, station de production d’électricité, égouts, manufactures, boutiques et endroits de travail. Mieux encore, selon le Jerusalem Post, le président israélien Shimon Peres a déclaré lors d’une rencontre avec une mission de l’AIPAC en visite en Israël que “l’objectif des attaques était de livrer un dur coup aux habitants de Gaza pour leur faire passer le gout de tirer sur Israël“. Ceci explique la joie de Shimon Peres à propos du déroulement du processus: “La mise en place des opérations courantes ont procédé à 90% en accord avec les plans“. Dans un article publié dans le journal israélien Haaretz en octobre 2008, les militaires israéliens ont exposé leur plan “d’utiliser une force disproportionnée” contre tous les villages qui résisteront dans une prochaine guerre prévue contre le Liban, de “causer d’immenses dommages et destruction“. (Source)...

-Israël complice de la colonisation illégale en Cisjordanie:

"...La poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie, en contradiction avec les accords internationaux et les propres lois de l'Etat hébreu, s'effectue avec la complicité passive ou active du gouvernement israélien, selon un rapport officiel confidentiel obtenu par un groupe de défense des droits de l'homme.Ces nouvelles constructions réalisées par des entreprises privées en concertation avec des agences gouvernementales violent non seulement les engagements internationaux tels que la «feuille de route» mais aussi les propres lois israéliennes. Ce rapport qui renferme des données confidentielles compilées par le ministère israélien de la Défense lui-même est parvenu par une «fuite» au groupe israélien de défense des droits de l'homme Yesh Din, qui l'a rendu public et a promis vendredi de s'en servir pour aider les Palestiniens à engager des poursuites judiciaires.Interrogé par l'Associated Press, le ministère de la Défense s'est refusé à tout commentaire.."
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La paix au Proche-Orient est-elle encore possible ?

________Le journaliste Bob Simon s’est rendu en Cisjordanie pour enquêter sur les chances de la paix. Au coeur du conflit, l’expansion incessante des colonies rend de plus en plus improbable la création d’un Etat palestinien.Daniella Weiss, ex mairesse d’une colonie, le déclare sans ambages : ces implantations sont destinées à « prévenir la création d’un Etat palestinien sur les terres d’Israël. C’est l’objectif, c’est la réalité ».Le docteur Barghouthi, ancien candidat à la Présidence de l’Autorité Palestinienne, pourtant fervent partisan de la solution à deux Etats avoue douter qu’elle soit encore d’actualité. « Mon coeur veut continuer à croire que la solution à deux Etats est possible, ma raison me dit le contraire, en raison de ce que je vois, de ces constructions de colonies. Ces colons sont en train de détruire la possibilité de la paix pour les deux peuples que nous aurions pu avoir avec la solution des deux Etats. »

Bob Simon rend également compte des brimades dont sont victimes les palestiniens de Cisjordanie. Routes interdites, points de contrôles - plus de 600 - où les palestiniens sont soumis à « d’humiliantes attentes », dit-il.Interrogé sur le nombre de points de contrôle, M. Barghouthi considère qu’il ne se justifie pas pour des raisons sécuritaires et que l’objectif est de fragmenter la Cisjordanie, de bloquer les déplacements des palestiniens.M. Barghouthi, qui est natif de Jérusalem, y a grandi et travaillé, indique avoir tenté 16 fois durant les deux dernières années d’obtenir un permis pour se rendre dans sa ville natale où vit encore sa soeur. Sans succès.Bob Simon a également filmé une famille de Naplouse retenue prisonnière chez elle par les soldats israéliens qui occupent quand bon leur semble pour un ou deux jours leur maison, située sur une colline dominant la ville, pour en faire un poste d’observation des mouvements alentours.Lors de sa première visite, toute la famille, adultes comme enfants, est retenue, confinée dans une seule pièce, et le père s’est vu refuser le droit de sortir pour se rendre à son travail. Dans un autre appartement, les habitants sont enfermés chez eux par les soldats qui ont confisqué les clés.Deux jours plus tard, la même scène se répète. Cette fois les enfants et le père ont été autorisés à vaquer à leurs activités. Mais lorsque les jeunes rentrent de l’école, les soldats en armes qui occupent les lieux, un instant entrevus, refuseront d’ouvrir à nouveau la porte en présence des caméras.Dans une dizaine d’années, la population arabe sera majoritaire entre le Jourdain et la Méditerranée. Bob Simon résume ainsi les trois issues possibles si la solution à deux Etats ne voit pas le jour :Le « nettoyage ethnique », l’expulsion des palestiniens de la Cisjordanie.L’option démocratique, consistant à donner le droit de vote aux palestiniens, mais qui marquerait la fin du caractère juif de l’Etat d’Israë .L’apartheid, où une minorité israélienne dominerait la majorité. Mais, note-t-il, les régimes d’apartheid ne durent guère.Le docteur Barghouthi estime quand à lui que « malheureusement, l’apartheid est déjà en place. »


Palestine occupée: La solution à un Seul Etat Par Edward Said

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- Gaza: autre regard

- Gaza: opération pour rien ?
-Gaza : droit de la guerre ?
- Gaza : tournant fatal ?

lundi 3 mars 2014

Israel et ses lobbies

 Permanences et vicissitudes
           Notes sur des  lobbies  en voie de transformation vis à vis d'un pays en constante mutation.
                                                                       Retour de bâton prévisible: la colonisation, souvent masquée, toujours déniée, mais toujours continuée, ne pouvait que se retourner contre l'extrême droite israëlienne et sa ligne politique constante, quelles que soient ses promesses.
  "Le gouvernement israélien est embarrassé parce que la plupart de ses membres refusent la position de la communauté internationale sur la colonisation. Pour l’ONU et pour la quasi-totalité de ses membres, Israël occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, conquis durant la guerre des Six Jours en 1967. En construisant des villes, des places fortes, des quartiers, qui abritent aujourd’hui 7 % de sa population – 350 000 habitants en Cisjordanie, 200 000 à Jérusalem-Est, l’État hébreu viole le droit international.    Le gouvernement Netanyahou accepte d’autant plus difficilement ce point de vue qu’il compte plusieurs ministres issus de ces localités. Les colons ont en effet de nombreux relais dans différents partis de droite ainsi que dans l’armée et dans l’administration, qui affecte chaque année des dizaines de millions d’euros aux implantations. Or, à leurs yeux, dénoncer le droit d’Israël à la terre de Judée-Samarie – la Cisjordanie –, c’est porter atteinte au droit à l’existence de leur pays, c’est faire preuve d’antisémitisme. Le hiatus sur cette question cruciale est sans doute davantage perceptible aujourd’hui qu’hier du fait de la forte baisse de la violence en Cisjordanie. Le silence des armes permet de mieux appréhender d’autres formes de contrainte et de violations du droit..."
              L'antisémitisme, reste toujours l'argument instrumentalisé par le pouvoir. Comme le souligne Esther Benbassa: "La thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique"   
                A l'heure même où  Amnesty International dénonce l’impunité d'Israël,   les relations sont de plus en plus problématiques entre l'Union européenne et Tel-Aviv, ce qui constitue une certaine nouveauté par rapport au passé..
Même des tensions commencent à se manifester avec l'Allemagne, généralement plus bienveillante à l'égard d'Israël.(1)  
      Mais le travail des lobbies toujours actifs de par le monde, en France comme au Canada et aux USA surtout, ne cesse pas (même s'il est encore discuté parmi les spécialistes américains).
 L'alliance solide et profonde qui unit les États-Unis et Israël depuis plus de soixante ans est communément attribuée à l'influence d'un lobby juif tout-puissant qui tirerait les ficelles de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. Or cette vision réductrice néglige un aspect essentiel de la question : aujourd'hui, aux États-Unis, les supporters d'Israël les plus fervents et les plus nombreux sont issus de la droite chrétienne. (1)
Les mouvements plutôt de gauche aux USA se désinvestissent de plus en plus d’Israël et le gouvernement montre son irritation.
                 La société israëlienne, elle, tend à se diversifier toujours plus, sous l'effet de nouveaux migrants, russophones surtout, constituant peu à peu une nouvelle  mosaïque.
  "...Ce qui caractérise la société israélienne en effet, c’est un multiculturalisme de nature antagoniste et engagée en vertu duquel chaque communauté ethnique, linguistique ou religieuse est détentrice d’une vision, d’un rêve et surtout d’une exigence sur la totalité de la collectivité politique. Ainsi, loin de se dissoudre dans l’indifférence de ses parties les unes aux autres, la mosaïque hébraïque demeure à présent cimentée par la force centrifuge de sa conflictualité..."
     Une mosaïque qui ne va pas sans conflits, sans tensions internes parfois. (2)
 Des intellectuels israëliens ne ménagent pas leur critiques par rapport au sionisme revendiqué et les nouveaux penseurs et historiens postsionistes, comme Finkelstein ou Shlomo Sand ne se privernt pas de démystifier certains mythes, pour faire d' Israël un Etat normal, répondant au droit international.
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(2) Comme l'avoue le cinéaste israëlien  Nadav Lapid (« Le policier »), sorti il y a deux ans, et qui, lui aussi, radiographiait les bouleversements de la société israélienne:« À l’étranger, on a souvent une image idéalisée de ce qui se passe en Israël et les films n’y sont pas pour rien… Les Israéliens ne passent pas leur journée à parler de l’Etat palestinien. De façon assez tragique, pour la majorité d’entre eux, le conflit appartient au passé. Une idée basique et terriblement primaire s’est imposée : le camp palestinien est une bonne fois pour toutes celui des méchants. »  Il ajoutait :
     « Le mythe fondateur du “ Tous ensemble contre les autres ”, ressemble à la façade d’un immeuble. Au fil des années, les failles se voient de plus en plus. Et, progressivement, il n’existe plus qu’une gigantesque faille, qu’il faut tenter de masquer par tous les moyens..."

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vendredi 19 avril 2024

Cisjordanie, l'oubliée

Pendant que Gaza se meurt

         Gaza tient un triste et tragique record de l'attention de medias et des politiques, qui se focalisent avec raison là où le pire arrive, sans perspective d'issue envisageable pour l'instant. Mais ce n'est pas la première fois que des incursions y ont eu lieu, mais sans atteindre ce degré extrême de violence paroxystique. Mai il n'y a pas que Gaza. La Palestine ne se réduit pas à cette enclave, souvent cataloguée de prison à ciel ouvert, terreau favorable à tous les extrêmes.


        Il existe une autre guerre, plus ancienne, plus larvée, plus insidieuse, redoublant aujourd'hui, loin des médias, à la faveur de ce qui se passe à l'Ouest. Avec la bénédiction de l'extrême droite israëlienne et l'appui d'une armée aux ordres des éléments les plus radicaux du gouvernement de Netanyahou. On parle d'un chaudron qui menace d'exploser. Les exactions contre les populations locales, souvent sommées par la peur de quitter les liens, s'amplifient, l'impunité des colons les plus radicaux étant assurée. La colonisation, déjà entamée depuis Sharon et même à bas bruit bien avant, ne se cache plus, au nom d'une terre qui devrait rester éternellement juive, la conquête ancestrale de Josué contre les Philistins prenant un nouveau sens. Ce qui n'était que prétention dissimulée devient aujourd'hui but publiquement revendiqué: de la mer au Jourdain. L'apartheid de fait s'installe un peu plus. Le double langage n'est plus de mise, les objectifs sont clairement avoués, soutenus en haut lieu. Malgré les multiples résolution de l'ONU, dont Tel Aviv n'a que faire.                        ___L'opposition israëlienne, sommée de se taire, ose encore évoquer ce cancer qui ronge une communauté déjà divisée, comme le journal Haaretz ou d'autres, très minoritaires, à la suite d'auteurs comme Amos OZ, d'historiens comme Shlomo Sand ou de journalistes comme Charles Enderlin. Encouragé par l'extrêmiste Ben Gvir, qui a fait armer les colons, l'armée prête main forte, La brutalité ne se cache plus. Un front oublié, comme titre un quotidien. Un vieux projet ultra- sioniste à la Jabotinski est-il en voie de se constituer? Son admirateur Netanyahou ne le nie pas, renouant avec le mythe d'une terre sans homme de Ben Gourion et de Golda Meir. Le mythe du Grand Israël n'a pas fini de produire ses effets, hélas!sous les yeux d' une population tétanisée... 
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mercredi 29 mai 2024

En souvenir de S.Zweig

Cette guerre rend fou

              ...Disait un observateur au sujet de l'aspect inhumain que prend le conflit à Gaza et du piège mortel dans lequel s'enferre Israël.. En prenant maintenant une dimension internationale. Ce que l'on pouvait redouter depuis que l'extrême droite a pris le pouvoir à Jérusalem et la radicalisation du Hamas. La dimension passionnelle a pris le pas sur les solutions rationnelles encore envisageables à une certaine époque. La fin tragique de  Rabin  a mis fin à la possibilité de tout accord possible. Une occasion historique manquée. La dimension religieuse est venu tout envenimer et tout brouiller, par son réveil encouragé et son instrumentalisation.   Un imbroglio.


                                                     Ce que le journaliste franco-israëlien Enderlin le souligne bien, dans Au nom du Temple, comme l'historien Shlomo Sand. Au nom de la foi, qui masque les questions géopolitiques restées en suspens depuis 1948, s'est installée un situation apparemment sans issue, la radicalisation du Hamas répondant à l'extrêmisme des colons surtout en Cisjordanie.

       ____ On peut évoquer les paroles du juif S.Zweig pour aider à comprendre:                                               «Parce qu’ils croient entendre des messages divins, leurs oreilles restent sourdes à toute parole d’humanité». "....Ce sont les mots de Stefan Zweig, immense intellectuel, écrivain juif et autrichien, qui a dû fuir l'Europe et la barbarie nazie dans les années 1930. Il s'est suicidé en 1942 au Brésil, durant la deuxième guerre mondiale, ne supportant plus la folie meurtrière qui embrasait son continent d'origine. Ses mots puissants résonnent avec force, alors qu'un génocide est en cours, justifié au nom de la foi religieuse. Ils pourraient précisément s'appliquer à l'armée et au gouvernement israéliens. Stefan Zweig pouvait-il imaginer que le fascisme et les pulsions de mort justifiées par la religion pourraient ressurgir de la même manière près d'un siècle après sa mort ? Le quotidien israélien Haaretz révèle ce mardi qu'un journaliste qui soutient Netanyahou a ouvertement célébré le massacre de Rafah, qu'il a comparé au feu de joie de Lag Ba'Omer, une fête religieuse juive qui a lieu au mois de mai. Le 25 octobre dernier, le Premier Ministre israélien Netanyahou lui-même justifiait le massacre au nom d'une prophétie religieuse, celle d'Isaïe : «Nous sommes le peuple de la lumière, eux sont le peuple des ténèbres… nous réaliserons la prophétie d’Isaïe». L'attaque sur Gaza était ainsi présentée comme une guerre sainte. Le Livre d’Isaïe est un texte de l’Ancien Testament qui évoque l’exil du peuple juif à Babylone et son retour en Judée pour reconstruire le Temple à Jérusalem. En termes religieux, cette prophétie est appelée «eschatologique», c’est-à-dire qu’elle renvoie à la fin du monde. Les juifs doivent reconquérir leur terre pour réaliser la victoire finale de Dieu. Le 13 février le ministre d’extrême droite, Bezalel Smotrich, publiait une directive pour immobiliser les 1049 conteneurs de nourriture destinée au peuple de Gaza affamé. Une famine, là encore, justifiée au nom de la foi. Smotrich vient du parti «Sionisme religieux», qui prône l’apartheid et l’application littérale de textes Saints écrits il y a plus de 2000 ans. Il regrette que les arabes n’aient pas été totalement expulsés de leurs terres en 1948. Il a déclaré : «Nous [les juifs orthodoxes] voudrions tous que l’État d’Israël soit dirigé selon la Torah et la loi juive». Il rêve donc d’un État théocratique, comme le régime iranien ou Daesh. Il estime par ailleurs qu’un promoteur immobilier ne doit pas avoir à vendre de maisons aux palestiniens, veut séparer les arabes et les juifs dans les maternités – déclarant qu’«il est naturel que ma femme ne veuille pas s’allonger à côté de quelqu’un qui vient d’accoucher d’un bébé qui pourrait vouloir l’assassiner dans 20 ans» – et s’oppose aux mariages mixtes entre juifs et musulmans, par ailleurs interdits dans cette grande démocratie qu’est Israël. Son mouvement se nomme le Kahanisme, qui a pour objectif de créer Eretz Israël, le «grand Israël» tel que décrit dans la Bible, ce qui implique l’implantation juive en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et bien au-delà, car selon eux c’est la terre que Dieu leur a promise… La colonisation est pour eux un commandement divin. Comme la haine des minorités sexuelles d’ailleurs. Cette idéologie a pris son essor en 1974, année de création d'un parti de colons religieux : le «Bloc de la foi». Celui-ci se base sur la Torah pour justifier le vol des terres et l'envoi de membres directement dans les zones peuplées de palestiniens, pour raser leurs maisons et les chasser, là encore au nom d’une interprétation littérale du judaïsme. Le mouvement des colons a pris une place énorme dans la société israélienne. Ils étaient 100.000 en 1992 et sont plus de 500.000 en 2022, avec des moyens, des armes, des partis, des relais… Depuis l’an dernier, les colons religieux d’extrême droite sont désormais représentés dans le gouvernement de Netanyahou. Après l’attaque du 7 octobre, un vétéran de l’armée israélienne, Ezra Yachin, déclarait dans un reportage : «Si vous avez un voisin arabe, n’attendez pas, allez dans sa maison et tuez-le […] Nous allons voir des choses que nous n’avions jamais rêvée […] Toutes les prophéties sont sur le point de se réaliser». La société israélienne, de la classe politique aux écoles militaires, est puissamment et durablement imprégnée de suprémacisme et de messianisme, d'obscurantisme religieux, qui servent à justifier tous les crimes, toutes les violences, toutes les déshumanisations..."

___ La bible est notre mandat.... (Nathan Thrall) _____________________________

Toutes les 

jeudi 14 janvier 2021

Parler d'apartheid

En Israël

              Là-bas, sur le terrain, certains n'ont plus peur du mot. Non pas les Palestiniens de Cisjordanie, mais certains journalistes, anciens militaires et hommes publics israëliens, qui osent soumettre les plans du gouvernement actuel au feu de la critique. Des plans déjà anciens, qui ne font que se prolonger, avec l'arrière pensée, tout à fait proclamée dans la communauté ultra-orthodoxe, de rendre au pays, les terres ci-devant appelées Judée et Samarie. Le mythe de la Terre perdure, comme le remarque l'historien Shlomo.Sand, comme projet politique sous couvert de justifications religieuses.


       Le projet routier en développement va continuer à y contribuer, jusqu'à effacement des enclaves palestiniennes,  leur disparition du regard et des mémoires. L'entre-soi sera total, Le mythe de deux Etats, encore entretenu par Rabin, aura vécu. Le quotidien le Monde, en date du 12 janvier 2021, soulignait l’importance du dernier rapport de B’Tselem: «Israël maintient un régime d’apartheid entre le Jourdain et la Méditerranée: c’est le constat, radioactif, que fait pour la première fois une organisation de défense des droits de l’homme juive israélienne de premier plan, B’Tselem. Dans un rapport, publié le mardi 12 janvier, l’ONG s’affranchit de la division communément admise entre les systèmes politiques en place en Israël et dans les territoires palestiniens. Démocratie d’un côté, occupation militaire temporaire de l’autre. B’Tselem estime qu’une telle distinction s’est vidée de son sens au fil du temps, depuis la conquête des territoires par Israël, lors de la guerre de 1967..."   


            Le Quotidien Haaretz fait un bilan de l'opération routière en cours, qui n'est pas seulement fonctionnelle mais surtout politique. Une annexion de facto, selon une autre source.   Maintenant que l’annexion de jure a été temporairement retirée de la table, la droite des colons espère continuer à pousser l’annexion rampante, de facto, et porter la population de colons à un million.  Comme l’explique Daniel Seidemann, un avocat israélien spécialisé dans la géopolitique de Jérusalem, les projets d’infrastructure sont «destinés à effacer la ligne verte et à intégrer les colonies de Cisjordanie [en Israël]».   Selon la Moriah Jerusalem Development Corporation, une organisation créée par la municipalité de Jérusalem afin de développer les infrastructures de la ville, le projet de quelque 27 millions d’euros devrait améliorer la circulation des citoyens israéliens entre Jérusalem et d’autres colonies du sud de la Cisjordanie, comme Gush Etzion, Efrat, Kiryat Arba, et d’autres.   La vidéo promotionnelle virtuelle de Moriah montre des véhicules israéliens circulant uniquement sur la route élargie, sans mentionner aucune des villes palestiniennes adjacentes invisibles qui se trouvent derrière les deux murs qui l’entourent. Bien qu’elle ait été construite dans les années 1990 sur des terres privées, confisquées aux Palestiniens, la route des tunnels est interdite aux Palestiniens de Cisjordanie, à l’exception des résidents palestiniens de Jérusalem-Est, qui sont autorisés à conduire des véhicules immatriculés en Israël.    Selon l’Institut de recherche appliquée (Applied Research Institue – ARIJ), une ONG palestinienne qui rend compte des activités de colonisation israéliennes en Cisjordanie, le principal objectif de la route est de contourner Beit Jala et Bethléem, offrant aux colons de Gush Etzion et de la région de Hébron une entrée sud-ouest de la ville de Jérusalem «débarrassée» des Palestiniens. Dans le passé, les Palestiniens pouvaient voyager entre Bethléem et Jérusalem; aujourd’hui, Bethléem est entouré par le mur de séparation...."                                                                                   Comme il a déjà été dit, Bibi trace ses routes, grâce à la complicité des uns, le silence des autres, l'indifférence générale. Que demandait-il de plus? Une géographie de la violence, comme il était dit déjà en 2008. La Cisjordanie et Jérusalem-Est seront effacés. Mais que deviendront les Palestiniens?___________________

mardi 27 juin 2023

Vers le "Grand Israël" ?

   Cisjordanie: une situation bientôt incontrôlable?

                    Cynisme et cécité.   ___Au point où sont les choses, l'inquiétude monde même dans des instances de l'ONU, toujours frappée d'impuissance. Des recommandations d'usage monte dans certains pays d'Europe, qui regardent ailleurs, comme d'habitude. La situation est pourtant dangereusement inédite, surtout depuis que la Knesset, dirigée par les plus extrêmes, met en péril les prérogatives de la Court Suprême et ne connaît plus aucune retenue dans la provocation des populations palestiniennes, entraînant un nouveau cycle de violence. On n'est jamais allé aussi loin dans l'intention affichée de faire fuir une population et d'occuper ce qu'il est convenu d'appeler maintenant la Judée-Samarie. Ce n'est plus que le grignotage et l'encerclement encouragés depuis des années: 


                                                                                                                                                                    "Itamar Ben Gvir a pris la parole, le matin du 23 juin, devant des Israéliens religieux qui venaient d’installer un embryon de colonie illégale sur une colline de Cisjordanie. Le ministre israélien de la Sécurité nationale n’était pas venu pour les expulser ou même les réprimander, mais… pour les encourager : « Nous devons avoir une implantation en bonne et due forme ici. Et pas seulement ici, mais sur toutes les collines environnantes. Nous devons occuper la terre d’Israël. Et en plus d’occuper la terre, nous avons besoin d’une opération militaire : démolir des bâtiments, tuer des terroristes, pas un ou deux, mais des dizaines, des centaines, et si nécessaire, des milliers ! C’est le seul moyen de renforcer le contrôle et de ramener le calme pour les résidents. Et, par-dessus tout, c’est comme ça que nous réaliserons notre grand objectif : la terre d’Israël pour le peuple d’Israël. »                  De rares condamnations, enfin?...Mais pour la forme ou par crainte d'une escalade incontrôlable, sans doute. Netanyahou reste muet.                                                                                                              A l'heure où la droitisation (voire l'extrême-droitisation) de l'Etat d'Israël arrive à un sommet, sous la pression des groupes les plus extrêmes, malgré les protestations et les actions de nombre de citoyens éclairés et modérés du pays, une Europe seulement "inquiète" mais silencieuse, revient en force le vieux mythe du "Grand Israël", celui d'une extension du pays, dont les limites furent définies pas les conventions de l'ONU après guerre, au delà même du Jourdain, selon le vieux rêve biblique flou de la "terre promise", notion critiquée par des historiens israëliens eux-mêmes, dont Shlomo Sand. Une notion qui fut réactualisée par certains fondateurs, prêcheurs d'un retour du "peuple d'Israël" à l'ancienne "Terre Promise" selon d'anciens objectifs religieux mythiques.. Une notion très indéfinie, mais entretenue dans certains milieux religieux et souvent aussi non adhérents à l'orthodoxie.                                                                                                                           Les colons en sont venus à faire la loi de la manière la plus cynique qui soit maintenant qu'il n'y a plus le moindre frein. Le sionisme religieux s'acharne à compromettre tout espoir de paix et à détruire les rêves de Rabin. Plus aucun complexe ni aucune retenue.  "
...Le ministre des finances, Bezalel Smotrich, farouche partisan du Grand Israël, de la responsabilité de la planification des constructions dans les colonies – une prérogative qui relevait jusqu’alors du ministre de la défense. La seconde simplifie le lancement de ces travaux : là où, auparavant, il fallait franchir six étapes avant que les projets soient définitivement validés, il n’y en a plus que deux. M. Smotrich donnera le feu vert initial, puis la proposition sera revue par un comité de planification. Aucune autre instance politique ou militaire ne sera impliquée. Ce faisant, M. Smotrich, qui avait déclaré lors de sa venue à Paris, en mars, que le peuple palestinien était une « invention », obtient quasi les pleins pouvoirs pour étendre la colonisation à sa guise, au mépris du droit international, qui interdit le transfert d’une population civile sur un territoire occupé. La promotion de ce représentant de la frange extrémiste et messianique du courant sioniste religieux avait été décidée en février lorsqu’il avait pris la tête de l’administration chargée de la Cisjordanie, au sein du ministère de la défense, devenant une sorte de gouverneur du territoire palestinien. Son objectif, énoncé dans l’accord de coalition négocié par son parti avec le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, est de contraindre ce dernier à travailler « à la formulation et à la promotion d’une politique où la souveraineté sera appliquée en Judée-Samarie ». Autrement dit, à l’annexion formelle de la Cisjordanie. M. Smotrich entend doubler le nombre de colons sur cette terre occupée – ils sont actuellement 700 000, dont 229 000 à Jérusalem-Est, selon l’ONG israélienne La Paix maintenant..."                                                              La fuite en avant est évidente. L'Europe est juste "inquiète"....Des Israëliens comme Grossman  et des journaux comme Haaretz, le seul de l'opposition, sont aux avant poste de la critique d'un processus politique mortifère. Dans la continuité s'une tradition qui remente à Thédore Herzl, Jabotinski et à différents père fondateurs: "...Premiers conseils donnés aux colons Juifs«Repoussez discrètement hors frontière la population sans le sou en lui refusant le travail... Tant le processus d'expropriation que le transfert des pauvres doivent être menés discrètement et avec circonspection.» Théodore Herzl, fondateur de l'Organisation Sioniste Mondiale, à propos des Arabes de Palestine. Journal, à la date du 12 juin 1895.Radicalisation du projet sioniste«Entre nous, il doit être clair qu'il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays... Il n'y a pas d'autre solution que de transférer les Arabes dans les pays voisins, de les transférer tous; pas un village, pas une tribu ne doit subsister.» Yosef Weitz du Fonds National Juif. Journal, 1940Réflexions significatives de Ben Gourion père fondateur de l'entité sioniste Lucidité prémonitoire«Nous et eux [les Palestiniens] voulons la même chose: nous voulons tous les deux la Palestine. Et c'est le conflit fondamental.» David Ben Gourion en 1936.  «Un État Juif partiel n'est pas une fin, mais seulement un début. Je suis certain que nous ne pourrons pas être empêchés de coloniser d'autres parties du pays et de la région.» David Ben Gourion, dans une lettre à son fils, 1937.Réalisme politique, conscience des enjeux «Ne nous racontons pas d'histoire... Politiquement, nous sommes les agresseurs et ils se défendent... C'est leur pays, parce qu'ils y habitent, alors que nous voulons venir ici et coloniser, et de leur point de vue, nous voulons nous emparer de leur pays.» Discours de David Ben Gourion en 1938)Mise en application du projet sioniste«Nous devons tout faire pour nous assurer qu'ils [les Palestiniens] ne reviendront jamais dans leurs maisons. (...) Les vieux mourront et les jeunes oublieront.» David Ben Gourion dans ses mémoires, le 18 juillet 1948«Nous devons nous préparer à passer à l'offensive. Notre but est d'écraser le Liban, la Transjordanie et la Syrie. Le point faible est le Liban, parce que le régime musulman est artificiel et facile pour nous à déstabiliser. Nous établirons là un État chrétien, et ensuite nous frapperons la Légion Arabe, éliminerons la Transjordanie; la Syrie nous reviendra. Puis, nous bombarderons, avancerons et prendrons Port Saïd, Alexandrie et le Sinaï.» David Ben Gourion, mai 1948, à l'État-Major. «Après la création de l'État, qui fera de nous une force puissante, nous abolirons la partition et nous nous étendrons à toute la Palestine «Ce qui compte n'est pas de maintenir le statu quo. Nous devons créer un État dynamique, orienté vers l'expansion.» Réalisme politique «Si j'étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C'est normal; nous avons pris leur pays. Il est vrai que Dieu nous l'a promis, mais comment cela pourrait-il les concerner? Notre Dieu n'est pas le leur. Il y a eu l'antisémitisme, les Nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute? Ils ne voient qu'une seule chose: nous sommes venus et nous avons volé leur pays. Pourquoi devraient-ils accepter cela?»                                                                                                       L'assassin de Rabin n'a pas surgi du néant. Jabotinky reste toujours une référence, encensé ou critiqué (Vladimir Jabotinsky (1880-1940) : fondateur du parti révisionniste, aile droite du mouvement sioniste, qui réclamait un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain, intégrant aussi la Transjordanie, l’actuelle Jordanie. Dans un livre fameux, le Mur de fer. Nous et les Arabes, publié en 1923, il prônait pour poursuivre la colonisation sioniste de la Palestine la construction d’« un mur de fer que la population autochtone ne pourra pas franchir ».)                                                                                                 Un avenir bien inquiétant.....     
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