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samedi 24 janvier 2026

Baltique

   Devenue la mer de tous les dangers                                                                                                                                Regarder une carte suffit à s'en convaincre

   Des échanges intenses  sur cette  surface quasi fermée. A la pollution extrême.   Pour des raisons                  explicables.                           Un carrefour géopolitique de haute intensité, avec des rapports de forces évolutifs. Une bombe à retardement, au coeur du conflit russo/Otan. Panique dans la Baltique!                                                                                    Une mer sous pression. Quels seront les objectifs de Poutine?  Kaliningrad  étant au coeur des tensions locales.                    

Une Zône grise:   Dans la « zone grise », des facteurs tels que la propagande, le renseignement actif avec passage à la terreur, les opérations psychologiques et l’utilisation d’installations civiles à des fins militaires sont particulièrement importants.


LUKAS MILEVSKILa zone grise est un concept tactique américain dont l’auteur donne ici une description erronée.

Elle n’est en réalité pas du tout asymétrique dans la pensée occidentale et se produit essentiellement lorsque les deux parties sont en conflit mais qu’aucune d’entre elles ne souhaite une escalade vers la guerre — soit par crainte des conséquences, soit parce qu’elles pensent pouvoir obtenir ce qu’elles veulent sans avoir recours à la guerre. L’exemple typique de la zone grise est le conflit en mer de Chine méridionale — qui est de fait le principal cas d’étude à l’origine de l’émergence de ce concept.

Si l’on se limite aux actions hostiles non militaires, il est facile de dresser une très longue liste de celles menées par la Russie ou par des mandataires affiliés au Kremlin dans les États baltes et dans la région baltique. On peut citer les exemples — non exhaustifs — de la manipulation des prix du gaz pour contraindre les États baltes dans les années 1990 ; de la tentative de la mafia russe de subvertir les élections lituaniennes en 2003 ; de l’arrêt du transit du pétrole russe par la Lettonie en 2003 ; de la cyberattaque contre l’Estonie en 2006 ; de la perturbation de l’approvisionnement des raffineries de pétrole en Lituanie en 2006 ; des sabotages de câbles et de pipelines en mer Baltique en 2023-2024 ; de l’utilisation de l’immigration comme arme pour faire pression sur les frontières baltes ces dernières années ; et, plus largement, de la création et du soutien de partis politiques et de réseaux culturels pro-Kremlin, ainsi que de la rhétorique constante visant à délégitimer les États balte

La « zone grise » est un espace à haut risque, non seulement pour les militaires, mais aussi pour les proxy wars

Les conflits qui s’y déroulent peuvent éclater de manière inopinée — mais ils s’appuient généralement sur des antécédents historiques.

Dans la « zone grise », la rivalité ne porte pas sur des objets isolés d’importance tactique ou opérationnelle, mais sur des avantages plus larges de nature informationnelle, ainsi que sur la poursuite d’objectifs économiques. La particularité des « zones grises » est l’absence de moyens juridiques permettant d’atteindre les objectifs fixés.

TEIJA TIILIKAINENEn faisant référence à un « conflit dans la zone grise » comme la « stratégie de l’adversaire », l’auteur utilise le procédé qui consiste à rejeter la responsabilité de ses propres actions sur l’Occident. Par « tactiques ou conflits dans la zone grise », les analystes occidentaux visent en fait la notion russe de « guerre politique ».

Celle-ci trouve son origine dans des documents politiques russes 15 dans lesquels elle est présentée comme une approche globale dont la Russie aurait besoin pour pouvoir répondre à la prétendue hostilité occidentale.

Dans cette guerre politique, la Russie aurait besoin de toutes les armes possibles — des opérations d’information aux outils cybernétiques et aux outils de guerre asymétrique — pour se défendre. 

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Le droit maritime international contemporain a probablement moins souffert des pratiques politiques des dernières décennies — par rapport, par exemple, au droit de la guerre et de la paix — et continue de fonctionner en grande partie. Cela s’explique par le fait que les puissances maritimes sont précisément intéressées par le droit de libre passage et de transit. Les initiatives de la Finlande, de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie pourraient toutefois créer un précédent permettant de restreindre la navigation britannique ou américaine, par exemple en mer de Chine méridionale.

De plus, « en 1996, en réponse à une demande de la Lituanie concernant les activités des forces navales russes dans sa zone économique exclusive (ZEE), le département d’État américain a confirmé que l’article 58 de la convention de 1982 permet à tous les États de jouir des libertés de navigation, de survol, de pose de câbles et de pipelines dans l’exercice de leurs activités dans une ZEE. Pour les navires et aéronefs militaires, ces droits incluent les manœuvres, les exercices militaires, la surveillance, la collecte de renseignements, les tirs et les essais d’armes » 16.

En 2024, les services de renseignement et les ministères des Affaires étrangères des pays d’Europe du Nord et des pays baltes ont organisé une série de réunions afin de recueillir l’avis d’experts sur la possibilité de bloquer légalement l’accès de la Russie au golfe de Finlande et d’imposer un blocus à Kaliningrad. Les conclusions furent les suivantes : en temps de paix, conformément aux normes du droit maritime international, une telle mesure est impossible. Autrement dit, elle ne pourrait être mise en œuvre qu’en cas de conflit armé pleinement reconnu sur le plan juridique. L’alternative serait donc de recourir à des actes de sabotage et à des actes terroristes. C’est précisément cette option qui a été choisie. De plus, elle a été rendue publique dans le but d’exercer une pression psychologique sur la Russie. La chasse aux pétroliers et aux cargos battant pavillon neutre a alors commencé. En revanche, ni en 2024 ni au cours du premier semestre 2025, les navires battant pavillon russe n’ont été la cible d’attaques, d’inspections illégales ou de refoulement vers les eaux territoriales.

LUKAS MILEVSKIUne fois de plus, l’argumentation vise à présenter la Russie en victime, passant sous silence le rôle présumé de sa flotte fantôme dans la destruction d’infrastructures de communication et d’énergie critiques dans les fonds marins de la mer Baltique en 2023-2024 17. Bien qu’il n’existe pour l’instant pratiquement aucune preuve tangible que ces actes aient été des sabotages délibérés menés sur ordre du Kremlin, le fait que ces navires étaient tous au service de la Russie est incontestable. Qualifier la réponse de la Baltique et de l’OTAN de terrorisme est absurde.

TEIJA TIILIKAINENLes experts nordiques et baltes mentionnés n’ont évidemment pas envisagé de bloquer l’accès de la Russie au golfe de Finlande mais ont discuté de mesures juridiques pour réagir aux actes de sabotage contre les infrastructures sous-marines critiques qui se sont multipliés en mer Baltique. Or comme la convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) n’accorde pas aux États côtiers pleine juridiction pour arraisonner les navires soupçonnés de telles activités et ouvrir des enquêtes que dans leurs eaux territoriales, les incidents survenant au-delà de cette zone constituent un défi pour la sécurité de l’État et créent des vulnérabilités exploitables à des fins malveillantes.

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