Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mercredi 11 septembre 2013

Evasion fiscale (suite...sans fin?))

 Les nouveaux braqueurs_____________

                                                        A l'heure où la précarité et la pauvreté touchent une partie de la population de plus en plus grande en Europe, il n'est jamais inutile de revenir sur des pratiques trop souvent tues, parce que non visibles.
  A l'heure où l'on nous dit que les caisses sont vides, que l'Etat est sans moyens, qu'il va falloir se serrer la ceinture en menant des réformes douloureuses et dégraisser les finances publiques, aux dépens de l'éducation et la santé, un rappel est nécessaire sur l'importance des finances qui n'entrent pas dans les caisses de l'Etat.
    On ne parlera jamais assez de cette forme soft mais bien réelle de délinquance.
 Selon l'Expansion, les sommes échappant aux fiscalités de Etats représenteraient 16 000 à 25 000 milliards d'euros, soit le PIB des Etats-Unis plus celui du Japon, ou 10 fois celui de la France. Soit un tiers des ressources financières mondiales. Le scandale ne fait que commencer.
   Hier soir, une excellente émission sur Arte a mis à nu le scandale de l'évasion fiscale, souvent dénoncé, montré du doigt par certains chefs d'Etat, mais qui continue ses pratiques ruineuses, à l'abri de l'anonymat et de pays d'accueil très complaisants.
  Si on veut percer l'opacité en quelques années (ce qui ne peut se faire sans collaboration internationale étroite), on pourrait en France résorber le déficit.
Des mesures efficaces pourraient rapporter  30 à 50 milliards d'euros.
Antoine Peillon
Mais les vélléités politiques ne sont ni fortes, ni  constantes ni convergentes.     
    Le chemin va être long. Malgré les recommandations récentes de l'OCDE et quelques déclarations tonitruantes...( "Nous savons bien qu'avec la mondialisation, aucun pays n'est en mesure, par lui-même, de s'attaquer effectivement à l'évasion fiscale et aux techniques d'évitement les plus agressives. Mais puisque nous formons un groupe de huit économies majeures, nous avons l'occasion de galvaniser des interventions collectives à l'échelle internationale. Chacun de nous a intérêt à pouvoir dire à ses contribuables respectifs, qui travaillent dur et paient la part d'impôts qui leur revient, que nous allons nous assurer que tous les autres en font autant."  (D.Cameron)...les résistances sont nombreuses et les hypocrisies immenses: L'Etat de Delaware aux USA, la City à Londres, le Luxembourg, la Suisse... semblent ne pas exister...
     En France, "le sport national de nos élites et de nos grosses entreprises n’est plus le tennis, dépassé, ni le golf en cours de démocratisation mais l’optimisation fiscale. Ce « Hold-up du siècle » explique « pourquoi les familles »  moyennes « vont payer »...
En récupérant les sommes détournées, on pourrait en théorie combler les déficits nés de la crise.
C’est le cas pour la France. D’un côté, une  évasion fiscale dont le «coût minimum» établi par le Sénat en 2012 se situerait entre 30 et 36 milliards d’euros, voire 50 en intégrant toute une série d’effets collatéraux. De l’autre, une dette publique (1.833 milliards d’euros à la fin 2012, représentant 90,2% du produit intérieur brut) générant une charge de 46,4 milliards d’euros l’an dernier. Et qui en 2013, d’après la loi de finances, devrait atteindre 56 milliards d’euros..."
      Mais tant qu'il y aura dumping fiscal, libre circulation mondiales des capitaux, sans règles ni convergence politique globale, le problème risque de n'être réglé qu'à une marge insignifiante, purement symbolique. Et les paroles conjuratrices ne suffiront pas:
«Des trous noirs comme les centres offshore ne doivent plus exister, et leur disparition doit préluder à une refondation du système financier international»(F.Fillon)
"Les paradis fiscaux, c'est fini!.." (N.Sarkozy)
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- Mille milliards!..
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mardi 10 septembre 2013

Un tueur trés présentable

Une arme magique
                                 France 5 a présenté récemment un document sur les conséquences à long terme des armes à uranium appauvri. 
Appauvri, mais riche en éléments toxiques à long terme...
   Le sujet revient assez régulièrement, depuis la première guerre d'Irak et les opérations au Kosovo (syndrome des Balkans). Puis on n'en parle plus...
        La  loi du silence semble de rigueur en plus haut lieu.
Les armes ont de multiples visages et les armées, toujours avides d'innovations, s'adaptent aux progrès scientifiques et techniques.
    L'uranium appauvri , très utile pour perforer efficacement les blindages, apparaît comme un tueur économique,efficace et  très présentable 
 Les armes à l’UA furent d’abord testées en laboratoire dans les années soixante-dix au à LOS ALAMOS (USA), avant de l’être en grandeur nature en Iraq en 1991. En l’absence de réactions de la communauté internationale, leur emploi s’est banalisé et elles sont utilisées lors de toutes les nouvelles guerres menées par les pays occidentaux, sous des formes de plus en plus sophistiquées et puissantes, à des doses croissantes de radioactivité: en Yougoslavie (en Bosnie en 1994-1995, au Kosovo en 1999), de nouveau en Iraq, en 1998 lors de l’opération « Renard du désert » et depuis l’invasion de 2003, en Afghanistan depuis 2001, et enfin, par Israël, au Liban en 2006, et lors de l’opération « plomb durci » à Gaza en 2009. Le PR ROKKE affirme que l'utilisation d'UA par Israël remonterait à la guerre de 1973.
        L'uranium appauvri permet une guerre propre et plus performante. Mais les conséquences sont perverses et insidieuses pour la santé des populations sur le terrain.
"Chimiquement toxique  les projectiles fabriqués ainsi se brisent, se volatilisent et/ou s’enflamment au moment de l’impact, ce qui entraîne la dispersion dans l’atmosphère, parfois sous forme d’aérosol, de fines poussières de ce métal et de ses oxydes. Ces particules, en retombant, recouvrent les objets et le sol. Après remise en suspension aérienne (airborne) fortuite, elles peuvent être inhalées ou dégluties, des jours, des semaines voire des mois et des années plus tard. Il n’est donc pas nécessaire de se trouver à l’intérieur ni à proximité d’un char au moment où il est atteint pour risquer d’absorber ces matières dangereuses.
A ce sujet, le Merck Index. une des « bibles » mondiales de la chimie, mentionnait dans sa neuvième édition (1976) : « Attention, l’uranium et ses sels sont extrêmement toxiques. Une dermatite, des lésions rénales, une nécrose artérielle aiguë peuvent provoquer la mort »....
     20 ans après, le silence de l'OMS reste de rigueur. L'instance internationale ne publie pas son rapport sur l’Irak.
   Le scandale continue
 "En mars 2013, un représentant du ministère irakien de la Santé interviewé par la BBC, déclarait que « toutes les études publiées jusque-là par l’Irak apportaient la preuve d’une augmentation des malformations congénitales et de cancers chez l’enfant ». Le rapport caché montre, quant à lui, que ce problème de santé publique consécutif à l’utilisation d’armement toxique par les forces alliées, constitue un fléau majeur à venir pour les générations futures. Les gouvernorats de Ninive, Anbar, Bassorah et Najaf sont particulièrement touchés. Ce qui correspond aux régions où les munitions à l’uranium ont été massivement utilisées. D’autres études, évidemment rejetées par les États responsables, États-Unis, France et Grande-Bretagne en tête, ont montré des taux anormalement élevés de stérilité, de fausses couches ou de mortinatalité.
Face à l’attitude de l’OMS, 58 scientifiques, professionnels de santé et avocats des droits de l’Homme ont écrit à l’OMS et au ministère irakien de la Santé pour leur demander la publication immédiate du rapport.
           Ils n’ont reçu aucune réponse..."
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- Irak : après les feux de la guerre, les cancers
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lundi 9 septembre 2013

Allemagne: élections en vue..

Quel avenir pour la  Deutschlands Königin?
                                                                           Les élections allemandes approchent.
Elles nous concernent aussi indirectement.
Il y a trois ans, la chancelière, ou plutôt la coalition et les intérêts qu'elle représente, était en difficulté.
Son manque de vision, une gestion erratique des affaires et les contre-coups de la crise grecque semblaient compromettre son succès, notamment  au Bundesrat.
Mais sa capacité à repousser à plus tard les réformes nécessaires (surtout en matière de pauvreté), à éviter les sujets qui fâchent, à balayer la poussière sous le tapis, ainsi que les succès à l'exportation et la faiblesse des forces d'opposition semblent  jouer en sa faveur, face à une opinion publique plutôt apathique.
     Va-t-on cette fois-ci vers le “match nul”?
Elle peut gagner, vu la faiblesse et le manque de projets de l'opposition, au sein d'un électorat abstentionniste, résigné ou peu conscient des problèmes de fond et des questions d'avenir. Mais rien n'est joué. 
De nouvelles forces gagnent du terrain.
   En ce qui concerne les promesses, rien de nouveau... Les éditocrates français s'alarment...
Malgré ses performances industrielles du moment, issues d'une longue tradition industrielle et d'une mercantilisme dynamique (aux dépens de ses partenaires européens), surfant sur un euro qui dope ses exportations, les rapports de force du moment semblent en sa faveur.
 Malgré ce succès probable, contrairement aux mythes colportés, tout ne va pas si bien en Allemagne
 Elle dissimule une dette colossale. Le Handelsblatt lui-même le reconnaît. Le pays n'est pas une île de prospérité. Elle a tendance à oublier aussi son passé en matière de dettes, dans son intransigeance à l' égard des pays du Club Med.
Sa politique objectivement déflationniste ne risque pas de continuer à favoriser les affaires de ses voisins.
 La question de l'euro continue à tarauder certaines forces de l'opposition et quelques têtes pensantes, comme Kai A. Konrad
L'attitude de notre partenaire est ambigüe, dans une Europe de la dé-solidarité et du dumping sous toutes ses formes. 
Mais quel serait son intérêt à faire cavalier seul?
...Des incertitudes qui planent sur une campagne très conventionnelle, même si la Grèce la perturbe
        Le sauvetage de l’euro s’invite dans la campagne. Le parti eurosceptique AfD en profite.
« Nous parlons d’argent que, si ça tourne mal, la génération de nos enfants devra payer pendant trente ans », s’est ému Walter Kohl, qui n’est autre que le fils de l’ancien chancelier chrétien-démocrate (CDU) Helmut Kohl. Il trouve « irresponsable » la politique d’Angela Merkel, que son père surnommait « la fille ». Sa position, à moins d’un mois des élections, fait partie d’un bruit de fond potentiellement dangereux pour la chancelière, dont la campagne devait être un long fleuve tranquille. 
Ce plan a basculé la semaine dernière, lorsque le ministre des Finances a reconnu qu’Athènes aurait besoin d’une rallonge financière. Un cauchemar pour les contribuables allemands, qui se perçoivent comme les victimes de la crise. « Il devra y avoir un nouveau programme d’aide à la Grèce », a déclaré Wolfgang Schäuble. 
Depuis, le sujet qui devait rester tabou fait la une des journaux, qui rappellent avec délectation les promesses non tenues du gouvernement sur le coût des mesures d’aide aux pays en crise. « Sauvetage de l’euro : l’addition s’il vous plaît ! », a titré le quotidien économique « Handelsblatt » avec une caricature d’Angela Merkel en Pinocchio.
« Jusqu’ici, la CDU était parvenue à ce que la Grèce ne soit pas un sujet dans la campagne et il menace maintenant de se transformer potentiellement en avalanche », estime Tilman Mayer, professeur de sciences politiques à l’université de Bonn. (BA)
Dette publique de l’Allemagne : 81,2 % du PIB, soit 2150 milliards d’euros...
L’Union Européenne, c’est des pays surendettés qui se surendettent encore plus, pour pouvoir prêter de l’argent à des pays en faillite qui ne les rembourseront jamais...
Il serait temps d'en tirer les conclusions...
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                             Où sont passées les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?
-  « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)
-  « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)
-  « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)
-  « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)
-  « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)
-  « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)
-  « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)
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- Insaisissable Allemagne
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samedi 7 septembre 2013

Parcours net

* Carte scolaire: injuste réforme
      Lutter contre l’échec scolaire c’est (aussi) renforcer la qualité du cadre et des conditions d’enseignement dans les lieux qui accueillent les élèves les plus exposés au décrochage scolaire. Il est évident que cela à un coût financier mais qui doit être perçu avant tout comme un pari sur l'avenir. Les préconisations de l’OCDE d'ailleurs vont vers la nécessité d'investissements plus importants pour les établissements défavorisés afin d’accroitre leurs performances et de garantir une plus grande équité.
  Le dossier reste ouvert

 * Les Etats-Unis ont soutenu la campagne d'attaques chimiques de Saddam Hussein
 "Il y a trente ans, les Etats-Unis se montraient (donc) bien plus froidement pragmatiques face à l’utilisation massive des armes chimiques par Saddam Hussein, tant à l’égard de ses ennemis que de ses propres citoyens.
L’administration Reagan décida qu’il était préférable de laisser les attaques se poursuivre si elles permettaient d’inverser le cours de la guerre. Et quand ces attaques furent connues, la CIA s’assura que l’indignation et les condamnations de la communauté internationale soient étouffées..."

 * Euthanasie: la leçon de la Belgique à la France

* Connectés? Oui, mais pour quoi?

* Tous en Suisse!
Cost

* Rugosodon, ex-roi des mammifères 


* Madame Jésus aurait pu exister...

* Le châtelain Fillon vient au peuple

* Trop de vélos tuent le vélo?

* Comment faire  baisser le chômage...
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vendredi 6 septembre 2013

Chemin de Damas

Un chemin semé d'embûches                                        __[Quelques questions]_
                                              Est-il possible de faire le point sur la tragédie syrienne, une situation volcanique, qu'on a laissé devenir inextricable, par indifférence ou par intérêt?
Après avoir longtemps tergiversé, la révolution brouillée aboutit à une situation qui apparaît à court terme sans issue militaire. Quelle place peut-il rester pour la diplomatie, la seule solution qui vaille?
Y aller ou pas? commence-t-on à se demander dans les chancelleries. Oui, peut-être, on verra, attendons...
 L'indignation ne peut tenir lieu de politique étrangère. La France a tout à perdre à se lancer dans une aventure hasardeuse à la remorque des États-Unis.
Punir ou changer la donne? Une réponse forte, c'est à dire rien du tout...
Il n'y a que de mauvaises réponse par rapport à une situation où les Syriens sont abandonnés à leur sort depuis deux ans. 
Un casse-tête géopolitique et un bourbier médiatique.
    « La première victime d’une guerre, c’est la vérité » (Kipling)   « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle doit être protégée par un bouclier de mensonges » (Winston Churchill.)
                La propagande est une donnée qu'il faut prendre en compte, comme dans tout conflit
Les mensonges d'Etat, on connaît, surtout depuis la guerre d'Irak, qui, au lieu de régler les problèmes, n'a fait que créer le chaos. Le désordre créateur, disait-on à Washington.... L'exemple libyen est à méditer....
Certaines sources syriennes d'opposition remettent en question la responsabilité de l'utilisation de gaz de combat.
L' émotionnel est exploité au détriment de l'analyse..
Quels sont les objectifs inavoués?
           A-t-on exploité toutes les possibilités de négociations en temps voulu?
"... C’est Kofi Annan, l’envoyé de l’ONU pour la Syrie (« Sur la Syrie, à l’évidence, nous n’avons pas réussi », LeMonde.fr, 7 juillet 2012), qui le déclarait : aucune des deux parties n’a vraiment essayé, en avril 2012, lors de l’envoi d’observateurs internationaux, de mettre fin aux combats. Et si l’appui de l’Iran, de la Russie et de la Chine à Damas a durci la position du président Bachar Al-Assad, le refus des Occidentaux, Français compris, d’appeler l’opposition à respecter un cessez-le-feu a aussi mis de l’huile sur le feu. A aucun moment ni les Occidentaux, ni Paris n’ont cru en la mission Annan et n’ont fait le moindre effort pour qu’elle réussisse.
Pourquoi ? Parce que l’objectif prioritaire de nombreux protagonistes (Occidentaux, pays du Golfe) est de faire tomber le régime dans le but d’atteindre l’Iran. Leur stratégie s’inscrit dans une jeu géopolitique dangereux, dont les droits humains ne sont qu’une dimension. La Russie et la Chine, favorables à des pressions sur Téhéran mais hostiles à une aventure militaire, s’opposent, bien évidemment, à cette stratégie. « Tout cela est un jeu géopolitique joué avec le sang syrien, m’expliquait, ulcéré, un intellectuel de Damas. Poutine et Obama devraient rendre des comptes devant la justice internationale... »
    Frapper la Syrie serait une aventure hasardeuse.
 La BHLisation des esprits atteind même le journal de référence (1)
Notre Président sait-il où il va?(2)
Et les Droits de l'Homme dans tout ça?  Les donneurs de leçon ont parfois la mémoire courte.
        La paix est-elle encore envisageable dans un espace où l'on a contribué à réveiller de vieux démons, pour satisfaire des intérêts?
The Nation
"...Il n'y a pas d'endroit où la stratégie de guerre permanente a échoué plus misérablement qu'au Moyen-Orient. A long terme, le renversement de Mossadegh en Iran, l'aventure du canal de Suez, les nombreuses guerres israéliennes, les deux guerres du Golfe, les menaces et sanctions d'abord contre l'Irak, ensuite contre l'Iran, n'ont rien accompli d'autre qu'augmenter le  sang versé, la haine et le chaos. La Syrie ne peut être qu'un nouvel échec occidental sans un changement radical de politique.
Le véritable courage ne consiste pas à envoyer des missiles de croisière pour exhiber une puissance militaire qui devient de plus en plus inefficace. Le véritable courage consiste à rompre radicalement avec cette logique mortifère: obliger Israel à négocier de bonne foi avec les Palestiniens, convoquer la conférence Genève II sur la Syrie, et discuter avec les Iraniens de leur programme nucléaire, en prenant honnêtement en compte les intérêts légitimes de l'Iran en matière de sécurité et d'économie..".
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- La Syrie est-elle un piège ?
-Le jour d'après
- La rébellion gangrenée par les islamistes
- Noam Chomsky: La Syrie va droit au suicide
-Enjeux gaziers
-Le Qatar et l'oléoduc.
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jeudi 5 septembre 2013

Les medias et les banlieues

 Faits divers
                     Pas question de contester que certaines banlieues posent problème et que les formes de délinquance nouvelles qui s'y développent interrogent tout le monde, les décideurs politiques en premier lieu.
Il y aurait beaucoup à dire sur ces espaces variés laissés en déshérence, parfois de quasi non-droit, et sur les responsabilités politiques de ces non sens architecturaux et sociaux,  instaurés dans l'urgence dés les années 70, sur les  politiques d'immigration menées sans responsabilité, sur le développement du chômage de masse affectant en priorité ces espaces où la formation n'a jamais été une priorité.
 Au 19°siècle déjà, les banlieues étaient redoutées comme domaines des classes dangereuses
Les problèmes des banlieues françaises, particulièrement parisiennes, et des quartiers dits sensibles posent des questions spécifiques (1), surtout en période de crise économique. Mais pas seulement en France.
            Ce qui pose ici problème est la perception qu'on en a à travers les médias qui en parlent régulièrement et de plus en plus. Ce que l'on peut discuter, c'est la manière dont la presse en général se nourrit et rend compte dans une toujours plus grande rubrique des faits divers. Le nombre des faits divers dans les JT a augmenté de 73 %, aux dépens des problèmes de fond bâclés, qui n'ont droit généralement qu'à quelques allusions.
Les faits divers, souvent hyper-dramatisés, ont souvent fait les choux gras d'une certaine presse, comme pendant longtemps dans le Petit Journal, dont raffolait la bourgeoisie.
La mise en scène  médiatique du moindre dérapage et son éclairage "sauvage", sans analyse de fond et de mise en contexte, permet à une certaine presse en difficulté de sauver les meubles en jouant sur le voyeurisme, la peur ambiante et la demande sécuritaire, en détournant l'attention des problèmes essentiels, dont beaucoup sont à la source des maux dénoncés.  « Le fait-divers fait diversion », disait  Pierre Bourdieu
On observe une place croissante accordée à la médiatisation des « déviances » des quartiers populaires en banlieue
Le métier de journaliste s'est transformé en même temps que la presse changeait de nature.
" « Depuis les années 80, les faits divers ont fait un retour en force par le biais de la télévision. » à la question : Quel type de prisme les faits divers offrent-ils pour saisir la société, en particulier la criminalité ?..« Un prisme totalement déformant, c’est bien le problème ! Il est normal que le débat public s’interroge sur les faits qui sortent de l’ordinaire. L’avion s’est écrasé, pourquoi ce terrible accident alors même que 99,9 % des avions décollent et atterrissent normalement ? Mais certains sujets comme le crime occasionnent beaucoup plus que cela. Loin de passer pour un accident de la vie quotidienne, l’érection du fait divers criminel en priorité de l’information le transforme en un fait de société. Il est promu au rang de symptôme des dérèglements de la vie sociale. Et lorsqu’il rencontre une ambiance générale de morosité et d’inquiétude sur l’avenir, il devient le révélateur d’une décadence. Ainsi le fait divers criminel n’occasionne pas simplement un discours sur la violence qui est insupportable, mais aussi sur la violence qui augmente, qui rajeunit...  " (L.M.)
L' émotion prime sur l'analyse, au risque de dérapages multiples et d'instrumentalisations.
Le niveau de réflexion est la première victime de cette tendance (*)
L'info sans info semble de plus en plus devenir la règle.
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(1) Marseille, ville la plus criminogène de France?
Faudrait voir à voir...
Comme dit un internaute, " Comme le souligne très justement Jérôme Gavaudan, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Marseille - (voir http://presumeinnocent.com/objectio...) A priori, je ne crois pas que Marseille soit une ville plus criminogène que les autres. On a la même situation dans des départements autour de Paris ».
Une affirmation plutôt fondée. Prenons l’exemple de la ville de Paris, entre janvier et décembre 2012, il y eut 35 483 atteintes volontaires à l’intégrité physique dans la capitale contre 30 387 sur la même période dans les Bouches du Rhône, selon les chiffres de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. http://www.inhesj.fr/sites/default/...
Dans Histoire de L’Evché, Alain Tourre, ancien patron de la PJ de Marseille, expose que la réputation sulfureuse de la ville ne date que depuis 1860. Alors que 24 personnes ont été tuées à la suite de règlements de comptes dans la région de Marseille en 2012, le criminologue Alain Bauer considère que « le nombre de règlements de compte s’est stabilisé depuis un demi-siècle, il n’y en a pas plus que les autres années ». La différence tient plus à la nature des crimes commis qu’à leur nombre, favorisé par la situation de ville portuaire : « Marseille est une ville qui a internationalisé, globalisé, professionnalisé les crimes liés aux trafics d’hommes et de stupéfiants ». Même son de cloche du côté de Thierry Colombié, spécialiste du grand banditisme en France, qui estime que Marseille n’est pas une zone de non-droit mais « ce qui est nouveau, c’est l’utilisation d’armes de guerre et en filigrane une recomposition locale et internationale des trafics de drogue ».

Marseille:  la vérité des chiffres, loin des clichés
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mercredi 4 septembre 2013

Inégalités d'hier et d'aujourd'hui

Hériter ou travailler?
                                   Certes, le rentier balzacien a vécu (en 1900, la France compte 5% de rentiers, bourgeois ou aristocrates qui se contentent de percevoir le loyer de leurs terres et qui vivent dans un monde de loisirs), mais la rente, qui nuit à l'investissement productif et reproduit et amplifie les inégalités le plus marquées, n'a pas disparu de l'horizon économique, même si elle a changé de visage, surtout depuis une quarantaine d'années. Il y a rente et rente. Il y a épargne de précaution et accumulation.Sans parler de la rente légitime, que constitue la retraite, qui n'est qu'un salaire prolongé, le rentier est toujours là, adossé à son patrimoine, qui spécule plus qu'il ne travaille, qui hérite plus qu'il ne mérite.
Les (de plus en plus) riches rentiers d'aujourd'hui compromettent l’avenir...
         Comme le faisait déjà remarquer l’économiste Thomas Piketty en 2010, aujourd’hui « le rentier et le spéculateur dominent le cadre et l’entrepreneur : le passé dévore l’avenir ».
Le sociologue Christian Baudelot insiste sur cette nouvelle donne sociale qui consacre le triomphe de l’héritage sur le mérite. Car le flux annuel de patrimoine immobilier et financier transmis par voie d’héritage atteint les 15 % en 2010, alors qu’il n’était que de 5 % en 1950. Or « une méritocratie menacée, c’est une démocratie en péril. »
Les rentiers, qui ont horreur de l'inflation, même minime, bloquent toute possibilité de jouer occasionnelement un peu avec une mesure parfois nécessaire pour relancer une économie défaillante, en stimulant les exportations. Dans une économie de spéculation et de rentiers à vue courte, le développement de la rente favorise les profondes inégalités, le chômage, comme le remarque Pierre Rosanvallon dans son introduction à Refaire société.
          Faut-il donc euthanasier les banquiers, comme disait Keynes par boutade?
                                       Piketty, Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole d’économie de Paris,  a publié déjà des travaux marquants, dont Les hauts revenus en France au XXe siècle, ou encore, en collaboration avec Camille Landais et Emmanuel Saez, Pour une révolution fiscale , un ouvrage qui a marqué les débats économiques à gauche et dont le parti socialiste s’est inspiré, avant que François Hollande ne finisse  par opter pour le conservatisme fiscal.
...Thomas Piketty a aussi souvent pris la parole : une fois dans un face-à-face avec François Hollande, en ouverture de la campagne présidentielle ( ici), et de nombreuses autres fois pour analyser la politique fiscale du gouvernement et la déception qu’elle lui inspirait ()...
  Le rendement du capital, dit-il,  est de 4 à 5 % en moyenne, parfois davantage. Cela signifie que, structurellement, le taux de rendement du capital est quatre ou cinq fois plus fort que le taux de croissance. Concrètement, cela veut dire que le patrimoine constitué dans le passé se recapitalise tout seul et que le passé dévore l’avenir. En période de croissance faible, on assiste à un retour de l’héritage et un accroissement vertigineux des inégalités de patrimoine. Ce qui a été constitué dans le passé progresse en effet beaucoup plus vite que les revenus issus de la production, notamment les revenus du travail et les salaires.
... La situation où le taux de rendement du capital est supérieur au taux de croissance crée, naturellement, des inégalités très fortes. Cela durcit et renforce les positions acquises dans le passé. Les patrimoines du passé se recapitalisent plus vite que la croissance de l’économie, en particulier plus vite que ce que les personnes qui n’ont que les revenus de leur travail. Tout cela amplifie donc considérablement les inégalités initiales, même si je pense qu’on n’aura pas une croissance nulle, mais plutôt une croissance faiblement positive. Mais cette situation suffit à conduire à un monde tellement inégalitaire qu’il ne me semble guère compatible avec la démocratie construite dans le cadre des États-Nations au XIXe et au XXe siècle..."
       Un système fiscal indéchiffrable et à l'agonie ne pourra inverser la tendance.
  La révolution fiscale n'a pas eu lieu, qui aurait pu mettre fin notamment aux cadeaux fiscaux et taxer d'avantage l'héritage, comme dans certains pays, dans le cadre d'une réhabilitation de l'impôt,  qui n'est pas une horrible spoliation
                             "Alors que les revenus du patrimoine ne représentent en moyenne que 2 à 3 % des ressources des 90 % des Français les plus modestes, ils pèsent la moitié de celles des 0,01 % les plus riches. La rente occupe donc une place de premier plan dans le monde des riches. Le Crédit Suisse recense chaque année, au niveau mondial, le nombre d’adultes possédant un patrimoine supérieur à 1 million de dollars. Selon les calculs de cette banque, la France rassemble 8 % de ces grosses richesses, ce qui la place au 3e rang mondial. Mais d’où vient le patrimoine de ces quelque 2 millions de personnes ? Le plus souvent, non pas des revenus accumulés par le travail des intéressés, mais… de l’héritage.
Ainsi, parmi les 15 milliardaires français qui apparaissent dans le classement FORBES de 2012, 60 % doivent l’essentiel de leur patrimoine à leurs parents. On est bien loin de l’entrepreneur audacieux et créatif ! Tout cela, les politiques le savent parfaitement. C’est pourquoi il faut s’attaquer aux racines des inégalités, en sachant bien que si l’arme fiscale est importante, la maîtrise de la production et la gestion des richesses le sont encore plus..." (FC)
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- Les êtres humains, dont les Français, n’ont jamais été aussi riches
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mardi 3 septembre 2013

Le temps: de l'argent?

"La précipitation vient du diable; Dieu travaille lentement" (Proverbe persan)

                 La vitesse est dépassée?

C' est ce qu'on entend dire...Mais on n'a plus le temps...,de moins en moins, semble-t-il.

    L'accélération est partout , des rythmes de vie aux TGV et aux flux financiers.Le trading haute-fréquence menace les équilibres boursiers, le TGV, pour un gain d'un quart d'heure, joue parfois dangereusement avec la sécurité, le stress quotidien perturbe l'équilibre psychique.

___Dans les faits, combien ont l'impression de passer à côté de leur vie, surtout en milieu urbain et dans beaucoup de conditions de travail actuelles, où la rentabilité (qui inclut la vitesse) est la norme, où les conditions de déplacement (liées au prix de l'immobilier obligeant à se loger loin de son travail) sont souvent stressantes et chronophages, où les tâches parfois inutiles mangent la vie et où parfois les loisirs eux-mêmes sont vécus fébrilement, où l'informatique et ses applications diverses donnent l'impression d'un suivi constant? Les règles insidieuses de la pression  consommatrice imposent le devoir de consommer des produits souvent inutiles dont on pourrait manquer...
Le manque: donnée centrale. Manque de temps.Manque de temps pour aller faire les soldes, pour répondre à l'abondance des e-mails, pour suivre les sollicitations de son portable, pour parler à ses enfants, les écouter...
On vit montre en main. Le temps semble de moins en moins contrôlé. Effet psychologique de structures qui nous imposent leur rythmes, le temps étant ce qu'il est: subjectivement, la durée vécue. Habiter le temps devient rare.
Nos sociétés sont  malades de la vitesse
" ... le phénomène historique de l’accélération fut au départ porté par des sociétés occidentales, qui l’appelaient de leurs vœux, y voyant une promesse de progrès et d’autonomie. Mais, désormais, il court-circuite les institutions et les cadres politiques grâce auxquels il a pu se déployer. Il devient une « force totalitaire interne à la société moderne », dans le sens d’un principe abstrait et omniprésent auquel nul ne peut échapper. Dans son quotidien, l’individu a l’impression de ne faire qu’« éteindre le feu », sans jamais pouvoir prendre du recul sur sa propre vie ; et, au niveau collectif, les communautés politiques perdent la maîtrise de leur destin. Paradoxalement, cette course folle s’accompagne alors d’un sentiment d’inertie et de fatalisme...
 Si, au cours des dernières décennies, le travail s’est intensifié et tend, pour certaines catégories de salariés, à envahir la sphère personnelle, sa durée officielle n’a cessé de baisser depuis le début de l’époque moderne. Les sujets ont donc plus de temps libre, mais ils n’en sont pas moins emportés par le rythme infernal de la vie collective. En outre... ils consacrent souvent leurs loisirs à des activités de peu de valeur à leurs propres yeux, comme regarder la télévision : ils souffrent d’une sorte d’inhibition à faire ce qu’ils ont réellement envie de faire.
Rien d’étonnant à cela. Car le problème du temps n’est pas seulement quantitatif — on en manque toujours —, mais aussi qualitatif : on ne sait plus l’habiter, l’apprivoiser. La conception que l’on s’en fait a été forgée par l’éthique capitaliste, à l’origine d’inspiration protestante, mais largement sécularisée  : il est une ressource abstraite qu’il s’agit de « mettre à profit de manière aussi intensive que possible  ...
 La logique de rentabilité et de compétitivité, propre à l’activité économique (« la concurrence ne dort jamais »), s’étend à tous les domaines de la vie. Le temps libre, d’autant plus précieux qu’il a été gagné, doit lui aussi être géré efficacement ; mais cette réticence à courir le risque de le dilapider a de lourdes conséquences. Il en résulte un handicap qui, pour le coup, est également partagé du haut en bas de l’échelle sociale : « Pas plus que l’exploiteur, l’exploité n’a guère la chance de se vouer sans réserve aux délices de la paresse », écrit Raoul Vaneigem. Or, « sous l’apparente langueur du songe s’éveille une conscience que le martèlement quotidien du travail exclut de sa réalité rentable » ... si l’on veut reprendre la main sur le cours de l’histoire individuelle et collective, il faut avant tout se dégager des « ressources temporelles considérables » pour le jeu, l’oisiveté, et réapprendre à « mal » passer le temps.
Ce qui est en cause, ajoute-t-il, c’est la possibilité de « s’approprier le monde », faute de quoi celui-ci devient « silencieux, froid, indifférent et même hostile » ; il parle d’un « désastre de la résonance dans la modernité tardive ». La chercheuse Alice Médigue, elle aussi, identifie un « phénomène de désappropriation » qui maintient le sujet contemporain dans un état d’étrangeté au monde et à sa propre existence.."
         La vitesse dévore notre temps, comme le symbolise le mythe de Chronos.
 "Un poète grec du temps de Ciceron, Antipatros, chantait l'invention du moulin à eau (pour la mouture du grain ) : il allait émanciper les femmes esclaves et ramener l'âge d'or. (...) Hélas ! les loisirs que le poète païen annonçait ne sont pas venus ; la passion aveugle, perverse et homicide du travail transforme la machine libératrice en instrument d'asservissement des hommes libres : sa productivité les appauvrit " (Paul Lafargue)
            La sieste serait-elle un remède?
Encore faut-il avoir le temps...
                                                           "Il n’est point de problème qu’une inaction prolongée ne puisse résoudre ». (Les Shadocks)
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lundi 2 septembre 2013

Point d'histoire

Israël: le mythe de l'exil
                                         Une émission intéressante sur Arte vendredi soir, qui soulève une question débattue en Israël même, qui a été et reste au coeur du projet sioniste.
La notion de l'exil est la thématique dominante du monde juif croyant et préside à la fondation de l'Etat d'Israël, exil conditionnant celle du retour..[ L'an prochain à Jérusalem, ville chargée de  mythes et objet de conflits entre toutes.]
Mais s'agit d'un retour et y a-t-il eu véritablement exil?
      Un chercheur israëlien indiquait que l'exil semble avoir été, si l'on en croit les textes,  toujours d'actualité: depuis Abraham, quittant Ur en Chaldée, les Hébreux fuyant l'Egypte, quittant plus tard Babylone...puis expulsés par les troupes romaines après le deuxième révolte...  si l'on en croit les mythes officiels et les récits bibliques, tels qu'une tradition religieuse les a livrés, contestés par nombre d''intellectuels israëliens eux-mêmes, souvent caricaturés, vu les réactions passionnelles que leurs analyses engendrent.
_Tout porte à croire que le thème du retour a été surtout forgé à Babylone, dans  certains groupes juifs et a servi rétrospectivement à interpréter l'histoire passée et comme de grille de lecture pour les présumées conséquences de l'épisode de l'occupation romaine.
     Or, il n'y aurait pas eu d'exil après la destruction du Temple et il y a de fortes probabilités, de nombreux indices archéologiques et culturels l'indiquent, que les Palestiniens d'aujourd'hui sont les descendants des Juifs d'hier, arabisés à partir du 7° siècle. De plus, il n'était pas dans les pratiques de la politique romaine de vider un pays occupé de ses habitants. Ils en ont certainement déplacé un certain nombre, notamment de Jérusalem, transférés certains à Rome comme signes de victoire, mis quelques-uns en esclavage, mais un transfert massif est de l'ordre de l'imaginaire. De plus, la diaspora juive existait déjà depuis longtemps tout autour de la Méditerranée.
         Cette thèse iconoclaste pour l'orthodoxie juive est confortée par les études historiques de l'historien israëlien Schlomo Sand et indirectement par les recherches archéologiques de l'équipe de Finkelstein.
"La Déclaration d’indépendance d’Israël dit que le peuple juif est né sur la terre d’Israël et a été exilé de son pays natal. Chaque écolier israélien apprend que cela s’est passé pendant la période de domination romaine, en 70 après J-C.. La nation est restée fidèle à sa terre, à laquelle elle a commencé à revenir après deux millénaires d’exil. Faux, dit l’historien Shlomo Sand, dans l’un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps. Il n’y a jamais eu de peuple juif, seulement une religion juive, et l’exil non plus n’a jamais eu lieu - il n’y a donc pas eu de retour. Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l’identité nationale dans la Bible, y compris l’exode d’Égypte et, de façon plus satisfaisante, les horreurs de la conquête sous Josué. Tout cela est de la fiction et un mythe qui a servi d’excuse à la création de l’État d’Israël" affirme Sand. 
 La notion de peuple juif est donc une invention, un mythe, forgé pour les besoins de la cause, à la suite des idées et du projet sioniste de T.Herzl.
                                    "D’après Sand, la description des Juifs comme un peuple d’exilés, errant et se tenant à l’écart, qui « ont erré sur mers et sur terres, sont arrivés au bout du monde et qui, finalement, avec la venue du sionisme, ont fait demi-tour pour revenir en masse sur leur terre orpheline », cette description ne relève que d’une « mythologie nationale ». Tout comme d’autres mouvements nationaux en Europe, qui ont revisité un somptueux âge d’or pour ensuite, grâce à lui, fabriquer leur passé héroïque – par exemple, la Grèce classique ou les tribus teutonnes – afin de prouver qu’ils existaient depuis fort longtemps, « de même, les premiers bourgeons du nationalisme juif se sont tournés vers cette lumière intense dont la source était le royaume mythologique de David » (p. 81).
Mais alors, quand le peuple juif a-t-il réellement été inventé, selon l’approche de Sand ? « Dans l’Allemagne du 19e siècle, à un certain moment, des intellectuels d’origine juive, influencés par le caractère ‘volkiste’ du nationalisme allemand, se sont donné pour mission de fabriquer un peuple « rétrospectivement », avec la soif de créer une nation juive moderne. A partir de l’historien Heinrich Graetz, des intellectuels juifs commencent à esquisser l’histoire du judaïsme comme l’histoire d’un peuple qui avait un caractère national, qui est devenu un peuple errant et qui a finalement fait demi-tour pour revenir dans sa patrie. »
                 La déconstruction du mythe national de l'Etat d'Israël ne va pas sans susciter des réactions parfois violentes, surtout dans le milieu des Juits ultra-orthodoxes et /ou nationalistes. Remettre en question une tradition et des convictions revendiquant la réappropriation de la terre sacralisée (aux contours imprécis) donc légitime ne peut aller pour l'instant sans vives contestations privées ou officielles.Nous avons eu, nous aussi nos mythes historiques.
  Les révélations du réalisateur israélien Ilan Ziv semblent plutôt libératrices.
Selon   Uri Avnery, « Si nous, les Israéliens, voulons consolider notre nation, nous devons nous libérer des mythes qui appartiennent à une autre forme d’existence et redéfinir notre histoire nationale. L’histoire sur l’exode d’Egypte est bonne en tant que mythe et allégorie - elle célèbre la valeur de la liberté - mais nous devons reconnaitre la différence entre mythe et histoire, entre religion et nation, entre une diaspora et un Etat, afin de trouver notre place dans la région dans laquelle nous vivons et développer une relation normale avec les peuples voisins..."
Gush Shalom ajoute:If we, the Israelis, want to consolidate our nation, we have to free ourselves from the myths that belong to another form of existence and re-define our national history.
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