Vers des terres inconnues
Les vaillants petits soldats et les grands héros de première ligne commencent enfin à être équipés progressivement des armes défensives minimales pour affronter l'ennemi sournois, invisible et omniprésent.
Il était temps. L'incurie administrative et politique devra être plus tard analysée et sanctionnée.
Mais quid des "petites mains" , jugées enfin aujourd'hui enfin si indispensables, hôtesses d'accueil ou employés au tri postal, exposées et vulnérables ?
J+7 aujourd'hui. C'est comme si c'était il y a si longtemps, dans cette inédite expérience des jours où domine le "rien" et le plein des pensées qui se bousculent, dans la succession d'activités qu'il faut inventer pour exister, instant après instant, surtout quand on se sait assigné à résidence pour de longues semaines encore. Perspective que l'on prenait encore avec une relative légèreté il y a à peine une semaine. Il est difficile de ne pas céder à la tentation du repli, de ne pas devenir victime du confinement, quand les bruits extérieurs se font de plus en plus rares et atténués, quand on ne voit même plus le visage de son voisin d'en face. Comme sur un radeau de sauvetage qui flotte sans boussole vers des terres inconnues, dans le silence de l'espace infini et uniforme.
Dans le jardin, les mésanges insouciantes poursuivent leur balai annuel, dans le fièvre de l'accouplement qui vient et de la préparation des nids. La vie continue, indifférente à nos petits soucis. Et pourtant, elle tourne. La terre en a vu d'autres. L'humanité a connu bien pire, pour autant que l'on remonte dans le temps. Les obsessions d'hier deviennent minuscules ou dérisoires par rapports aux hantises d'aujourd'hui, qui elles mêmes auront une fin. Nécessairement.
L'euphorie de la victoire finale débouchera sans doute sur des années difficiles, un peu comme après 1945, où la vie ne fut pas facile jusqu'au début des années 1950. Les anciens se souviennent.
Ça peut aussi se passer mieux que prévu et un rebond spectaculaire peut avoir lieu si les bonnes décisions sont prises au bon moment. Si les banques et les entreprises jouent le jeu. Dans leur intérêt. On a le droit d'être sceptique.
Morgen ist auch ein Tag, disent nos voisins d'Outre-Rhin. On verra bien demain. A la maison. Zu Hause. C'est moins dur avec un jardin, entretenu comme jamais auparavant. Dans ce temps étiré, quand les enfants sont loin, il va falloir encore prendre sur soi pour inventer un quotidien vide d'événements saillants au sens habituel.
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CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
Le MILLION de visites est atteint.
Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!
mardi 24 mars 2020
lundi 23 mars 2020
Stupeur et tremblements
Se pincer pour y croire.
Une situation bien pire que celle, très passagère et sociale décrite par Amélie Nothomb.
Elle n'avait affaire qu'à des hommes et à leur organisation. Aujourd'hui, l'ennemi est sans visage. Nulle part et partout à la fois. Une situation apparemment sans fin assignable.
On est plus proche de Giono et de certaines de ses évocations, ou de Kafka et de ses descriptions d'ambiances menaçantes indéterminées et toujours résurgentes. Ou d' évocations à la Rimbaud, qui se concrétisent régulièrement. Mieux: relire Boccace éclaire sur la situation et nos réactions.
On n'a vraiment pas envie de rire, sauf dans quelques cas, même si on a besoin de décompresser, par le rire, parfois nerveux, l'humour, souvent noir. Il faut bien lâcher quelques soupapes de sûreté de temps en temps. (*)
On regarde vers l'horizon où une fin assurée est annoncée. Rien n'est clair mais ça aide à tenir au jour le jour, toujours un peu en train de se pincer pour s'assurer que l'on n'est pas dans un mauvais rêve.
Et pourtant. On était prévenu ou on aurait pu l'être. C'est comme à l'aube d'un conflit annoncé: le pire est rarement envisagé. On refoule ou on regarde ailleurs. Ou l'on est aveuglé par les petits intérêts présents. Comme des somnanbules, disait un historien. On aurait du savoir que les épidémies sont i-né-vi-tables, malgré les parades qu'il faut, autant que possible, anticiper.
Après les signes avant-coureurs auxquels on ne prêtait pas attention, la vague arrive, le tsunami déferle comme il y a peu sur les côtes thaïlandaises.
L'image du gouffre qui s'ouvre devant nous n'est pas inappropriée. Nous avancions en aveugles vers ce que nous ne pouvions pas imaginer.
Les prises de conscience montent enfin au coeur de décisions difficiles à prendre, obligeant à des choix parfois déchirants, des compromis boiteux.. Comment continuer à faire avancer le bateau qui tangue dangereusement par très gros temps vers des côtes hospitalières sans mettre en péril non pas la cargaison, mais les hommes?
A situation d'urgence, mesures d'urgence. Une "union sacrée", mais pas inconditionnelle, pas sans critiques légitimes, doit finir par s'instaurer.
La situation est quasi-explosive dans le milieu carcéral, où la double peine est d'actualité.
Aux USA, les prédateurs s'en tirent cyniquement. tirant les marrons du feu, comme les profiteurs de guerre d' autrefois,
Ailleurs, c'est le déni tragique qui prévaut en haut-lieu, préparant les pires jours.
Isolons-nous, mes frères! Tel est le nouvel appel sacré. Un paradoxal isolement solidaire. Tout le contraire d'une guerre. Un combat silencieux.
___ ((*)
Une situation bien pire que celle, très passagère et sociale décrite par Amélie Nothomb.
Elle n'avait affaire qu'à des hommes et à leur organisation. Aujourd'hui, l'ennemi est sans visage. Nulle part et partout à la fois. Une situation apparemment sans fin assignable.
On est plus proche de Giono et de certaines de ses évocations, ou de Kafka et de ses descriptions d'ambiances menaçantes indéterminées et toujours résurgentes. Ou d' évocations à la Rimbaud, qui se concrétisent régulièrement. Mieux: relire Boccace éclaire sur la situation et nos réactions.
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| 1940? Non, mars 2020... |
On regarde vers l'horizon où une fin assurée est annoncée. Rien n'est clair mais ça aide à tenir au jour le jour, toujours un peu en train de se pincer pour s'assurer que l'on n'est pas dans un mauvais rêve.
Et pourtant. On était prévenu ou on aurait pu l'être. C'est comme à l'aube d'un conflit annoncé: le pire est rarement envisagé. On refoule ou on regarde ailleurs. Ou l'on est aveuglé par les petits intérêts présents. Comme des somnanbules, disait un historien. On aurait du savoir que les épidémies sont i-né-vi-tables, malgré les parades qu'il faut, autant que possible, anticiper.
Après les signes avant-coureurs auxquels on ne prêtait pas attention, la vague arrive, le tsunami déferle comme il y a peu sur les côtes thaïlandaises.
L'image du gouffre qui s'ouvre devant nous n'est pas inappropriée. Nous avancions en aveugles vers ce que nous ne pouvions pas imaginer.
Les prises de conscience montent enfin au coeur de décisions difficiles à prendre, obligeant à des choix parfois déchirants, des compromis boiteux.. Comment continuer à faire avancer le bateau qui tangue dangereusement par très gros temps vers des côtes hospitalières sans mettre en péril non pas la cargaison, mais les hommes?
A situation d'urgence, mesures d'urgence. Une "union sacrée", mais pas inconditionnelle, pas sans critiques légitimes, doit finir par s'instaurer.
La situation est quasi-explosive dans le milieu carcéral, où la double peine est d'actualité.
Aux USA, les prédateurs s'en tirent cyniquement. tirant les marrons du feu, comme les profiteurs de guerre d' autrefois,
Ailleurs, c'est le déni tragique qui prévaut en haut-lieu, préparant les pires jours.
Isolons-nous, mes frères! Tel est le nouvel appel sacré. Un paradoxal isolement solidaire. Tout le contraire d'une guerre. Un combat silencieux.
___ ((*)
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| On peut voir ça comme ça... (Merci à EV) ______________ |
dimanche 22 mars 2020
Journal de crise (2)
Les jours se suivent...
Et se ressemblent de manière inédite, étrange, dérangeante, perturbante pour beaucoup. Dans une temporalité singulière que nous n'avons jamais connue.
Nous vivons dans un temps suspendu où l'attente paraît sans horizon clair, sans consistance réelle, comme peut l'être celle des travaux et des jours habituels et rassurants.
Un inconfort psychologique qu'il faut bien assumer et transcender par de multiples dérivatifs, inventer d'autres rythmes. Nous sommes dans un entre-deux où l'on tâtonne encore beaucoup, dans l'étrange longueur des jours.
Nous aspirions à du temps libéré, mais il s'offre à nous hors de toute référence connue, sur un fond l'incertitude paralysante, qui côtoie le morbide glaçant et les questions sans réponse qui se bousculent souvent en nous.
Et demain?
On s'est toujours plus ou moins bien relevé d'une "guerre", même terrible, parfois plus vite que l'on aurait cru.
Nous sommes assaillis d'injonctions contradictoires, dont nous ne percevons toujours la logique, énoncées par des responsables souvent aussi incertains que nous.
Il ne faut pas arrêter les activités essentielles, "quel qu'en soit le prix", mais jusqu'où peut-on réduire provisoirement des droits bien établis. La cohérence n'est pas toujours de mise. Chez Amazon, on s'épuise et on prend des risques. Mais le personnel médical au front ne suffit plus.
Les exigences patronales ne sont pas toujours dénuées d'arrière-pensées.
Produire coute que coute, mais quoi, et à quel prix. Des masques? On a trop tardé. Tout n'est pas également important et prioritaire.
Le en même temps a ses limites, même s'il faut s'adapter, parfois au jour le jour.
C'est le temps des fractures et factures, même aux USA, qui se réveille dans le désordre. On subventionne à guichet fermé. La monnaie hélicoptère, promise plus par peur et par intérêt que par générosité soudaine, est plus facile à distribuer quand on est encore le banquier du monde
La récession nous attend, c'est sûr, mais de quelle profondeur et pour quelle durée? La normalité, du moins celle qui nous était familière, ne reviendra pas. Les activités reprendront leur cours, bien sûr, mais dans un contexte que nous avons du mal à imaginer.
Ce sont ces incertitudes qui taraudent notre présent et qui sont au coeur de l'intranquillité des jours, selon l'expression de Pessoa.
Mais un nouveau printemps reviendra.
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Et se ressemblent de manière inédite, étrange, dérangeante, perturbante pour beaucoup. Dans une temporalité singulière que nous n'avons jamais connue.
Nous vivons dans un temps suspendu où l'attente paraît sans horizon clair, sans consistance réelle, comme peut l'être celle des travaux et des jours habituels et rassurants.
Un inconfort psychologique qu'il faut bien assumer et transcender par de multiples dérivatifs, inventer d'autres rythmes. Nous sommes dans un entre-deux où l'on tâtonne encore beaucoup, dans l'étrange longueur des jours.
Nous aspirions à du temps libéré, mais il s'offre à nous hors de toute référence connue, sur un fond l'incertitude paralysante, qui côtoie le morbide glaçant et les questions sans réponse qui se bousculent souvent en nous.
Et demain?
On s'est toujours plus ou moins bien relevé d'une "guerre", même terrible, parfois plus vite que l'on aurait cru.
Nous sommes assaillis d'injonctions contradictoires, dont nous ne percevons toujours la logique, énoncées par des responsables souvent aussi incertains que nous.
Il ne faut pas arrêter les activités essentielles, "quel qu'en soit le prix", mais jusqu'où peut-on réduire provisoirement des droits bien établis. La cohérence n'est pas toujours de mise. Chez Amazon, on s'épuise et on prend des risques. Mais le personnel médical au front ne suffit plus.
Les exigences patronales ne sont pas toujours dénuées d'arrière-pensées.
Produire coute que coute, mais quoi, et à quel prix. Des masques? On a trop tardé. Tout n'est pas également important et prioritaire.
Le en même temps a ses limites, même s'il faut s'adapter, parfois au jour le jour.
C'est le temps des fractures et factures, même aux USA, qui se réveille dans le désordre. On subventionne à guichet fermé. La monnaie hélicoptère, promise plus par peur et par intérêt que par générosité soudaine, est plus facile à distribuer quand on est encore le banquier du monde
La récession nous attend, c'est sûr, mais de quelle profondeur et pour quelle durée? La normalité, du moins celle qui nous était familière, ne reviendra pas. Les activités reprendront leur cours, bien sûr, mais dans un contexte que nous avons du mal à imaginer.
Ce sont ces incertitudes qui taraudent notre présent et qui sont au coeur de l'intranquillité des jours, selon l'expression de Pessoa.
Mais un nouveau printemps reviendra.
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samedi 21 mars 2020
Journal de crise (1)
Petite revue de presse
On assiste à un confinement, qui commence à affecter en profondeur notre vie quotidienne , après un début teinté d'incrédulité et d'interrogations inquiètes. Tiendrons-nous? Comment? Malgré la volonté de diversification de ses occupations, l' assignation à domicile modifie notre conception du temps, notre rapport au réel, surtout social et familial. La confusion qui a présidé à l'établissement de règles nouvelles, diverses selon les pays, n'est pas faite pour apaiser les esprits les plus critiques.
De plus, ce confinement est à double détente et les situations sont bien diverses selon les lieux et le niveau de vie. Il n'est pas également supporté.
__ Que cette crise montante soit un révélateur de notre société, de ses dysfonctionnements et de ses tares, a été déjà plus d'une fois souligné, à des niveaux divers. Pas seulement au niveau matériel, mais aussi institutionnel. La casse des services publics des vingt dernières années apparaît sous une lumière plus crue, obligeant l'Etat (qui, disait Reagan, était "le problème") à faire machine arrière, de manière parfois chaotique et périlleuse.
__ Les conséquences psychologiques de cette crise inédite risquent d'être lourdes, quand on en fera le bilan, Si un bilan peut être fait de données qui ne sont guère mesurables.
___ On perçoit à peine les incidences économiques globales de cette période dont on n'entrevoit pas la fin, à tous les niveaux, qui obligeront forcément les instances décisionnelles à prendre le chemin d'un new deal, qui devra être mondial ou ne sera pas.
__ Les USA semblent s'engager dans une voie difficile, après les tergiversations de Trump. Les carences du système de santé et les inégalités criantes obligent le pouvoir à reconsidérer (momentanément) quelques principes ultra-libéraux, sans atteindre les engagements de Roosevelt en son temps. Plus par intérêt et par peur, redoutant une tragédie à l'italienne.
___ Un certain humour, heureusement, continue à être entretenu, pour calmer les angoisses et guérir les bleus de l'âme.
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On assiste à un confinement, qui commence à affecter en profondeur notre vie quotidienne , après un début teinté d'incrédulité et d'interrogations inquiètes. Tiendrons-nous? Comment? Malgré la volonté de diversification de ses occupations, l' assignation à domicile modifie notre conception du temps, notre rapport au réel, surtout social et familial. La confusion qui a présidé à l'établissement de règles nouvelles, diverses selon les pays, n'est pas faite pour apaiser les esprits les plus critiques.
De plus, ce confinement est à double détente et les situations sont bien diverses selon les lieux et le niveau de vie. Il n'est pas également supporté.
__ Que cette crise montante soit un révélateur de notre société, de ses dysfonctionnements et de ses tares, a été déjà plus d'une fois souligné, à des niveaux divers. Pas seulement au niveau matériel, mais aussi institutionnel. La casse des services publics des vingt dernières années apparaît sous une lumière plus crue, obligeant l'Etat (qui, disait Reagan, était "le problème") à faire machine arrière, de manière parfois chaotique et périlleuse.
__ Les conséquences psychologiques de cette crise inédite risquent d'être lourdes, quand on en fera le bilan, Si un bilan peut être fait de données qui ne sont guère mesurables.
___ On perçoit à peine les incidences économiques globales de cette période dont on n'entrevoit pas la fin, à tous les niveaux, qui obligeront forcément les instances décisionnelles à prendre le chemin d'un new deal, qui devra être mondial ou ne sera pas.
__ Les USA semblent s'engager dans une voie difficile, après les tergiversations de Trump. Les carences du système de santé et les inégalités criantes obligent le pouvoir à reconsidérer (momentanément) quelques principes ultra-libéraux, sans atteindre les engagements de Roosevelt en son temps. Plus par intérêt et par peur, redoutant une tragédie à l'italienne.
___ Un certain humour, heureusement, continue à être entretenu, pour calmer les angoisses et guérir les bleus de l'âme.
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vendredi 20 mars 2020
Une saison en enfer
Par ces temps incertains,...
...Sylvain Tesson nous recommande le détachement, dans son expérience sibérienne de confinement, racontée dans le détail.
Il montre que le confinement peut être assumé, à certaines conditions.
Le problème est que l' isolement pour lui était un choix revendiqué, dans l'esprit de Rimbaud, une sorte d'aventure spirituelle.
Mais on ne peut demander au commun des mortels d'atteindre ce niveau d'ascèse. surtout dans les épreuves du moment, vécu comme une sorte de tremblement de terre.
On ne peut demander à la masse des gens d'assumer dans la sérénité une telle expérience, souvent traumatisante. où il est question de vie ou de mort. La plupart sont désorientés, parfois assommés, et même hagards. Incrédules aussi.
L'avenir n'est même plus mis en perspective, dont on se demande ce qu'il pourra devenir. C'est au jour le jour. Dans un climat de fatalité résignée ou de tensions extrêmes. Dans le repli individualiste ou la compassion réveillée.. Les hommes font l'expérience des sentiments contradictoires qui les animent. Le meilleur ou/et le pire.
La tragédie de Bergame laisse incrédule et semble nous ramener à certaines expériences mortifères des pestiférés du Moyen-Age qu'il fallait fuir, mais sans la consolation de la foi et les interprétations spirituelles des clercs.
Une tragédie qui semble n'épargner personne. Un mort suit l'autre, d'une demi-heure à l'autre. L'armée évacue par camions des corps dont il faut vite se débarrasser. Sans rituel souvent.Hallucinant et terrifiant.
Ce n'est plus le passage épisodique du choléra, comme dans Mort à Venise, c'est l'installation plus durable d'un virus faucheur de vies sans discernement.
La Hollande fait peur avec ses choix discutables, auxquels renonça Boris Johnson finalement.
Le moins pire est de vivre les heures avec résignation, ou mieux dans l'esprit taoïste, le "lâcher prise", pour tenter de désamorcer les tensions permanentes, voire la panique qui parfois submerge, en se disant que rien ne sera plus comme avant.
Le livre de Pessoa peut nous aider à assumer une certaine intranquillité dans les souffrances communes.
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...Sylvain Tesson nous recommande le détachement, dans son expérience sibérienne de confinement, racontée dans le détail.
Il montre que le confinement peut être assumé, à certaines conditions.
Le problème est que l' isolement pour lui était un choix revendiqué, dans l'esprit de Rimbaud, une sorte d'aventure spirituelle.
Mais on ne peut demander au commun des mortels d'atteindre ce niveau d'ascèse. surtout dans les épreuves du moment, vécu comme une sorte de tremblement de terre.
On ne peut demander à la masse des gens d'assumer dans la sérénité une telle expérience, souvent traumatisante. où il est question de vie ou de mort. La plupart sont désorientés, parfois assommés, et même hagards. Incrédules aussi.
L'avenir n'est même plus mis en perspective, dont on se demande ce qu'il pourra devenir. C'est au jour le jour. Dans un climat de fatalité résignée ou de tensions extrêmes. Dans le repli individualiste ou la compassion réveillée.. Les hommes font l'expérience des sentiments contradictoires qui les animent. Le meilleur ou/et le pire.
La tragédie de Bergame laisse incrédule et semble nous ramener à certaines expériences mortifères des pestiférés du Moyen-Age qu'il fallait fuir, mais sans la consolation de la foi et les interprétations spirituelles des clercs.
Une tragédie qui semble n'épargner personne. Un mort suit l'autre, d'une demi-heure à l'autre. L'armée évacue par camions des corps dont il faut vite se débarrasser. Sans rituel souvent.Hallucinant et terrifiant.
Ce n'est plus le passage épisodique du choléra, comme dans Mort à Venise, c'est l'installation plus durable d'un virus faucheur de vies sans discernement.
La Hollande fait peur avec ses choix discutables, auxquels renonça Boris Johnson finalement.
Le moins pire est de vivre les heures avec résignation, ou mieux dans l'esprit taoïste, le "lâcher prise", pour tenter de désamorcer les tensions permanentes, voire la panique qui parfois submerge, en se disant que rien ne sera plus comme avant.
Le livre de Pessoa peut nous aider à assumer une certaine intranquillité dans les souffrances communes.
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jeudi 19 mars 2020
Fringomanie et environnement.
C'est chic, c'est fashion!
Tout devient fashion, dans la novlangue d'aujourd'hui, pas seulement dans l'habillement.
Mais c'est moins valorisant pour l'environnement. Même pas du tout.
La fast fashion, la fringomanie, la fièvre acheteuse, dans les pays développés, ne connaissent pas de limites, sont en augmentation constante.
Il est temps de mettre un frein. Ethique à l'étiquette!
L'industrie de la mode est certainement la deuxième du monde en terme de pollution globale, en amont comme en aval.
La fast fashion a des conséquences qui sont rarement évoquées.
Les profits tirés de l’industrie de la mode ne cessent de progresser, avec un taux croissance annuel de 8,7 %. D’ici 2023 le marché devrait atteindre 598 milliards de dollars selon Statista. Les grandes enseignes de Fast fashion («Mode Rapide») tirent profit du gaspillage de nos ressources.
Il est temps de remettre en question cette frénésie, qui flatte le narcissisme vestimentaire ambiant.
Malgré des engagements récents, mais qui restent à démontrer, à mettre en oeuvre, à l'encontre de puissants intérêts.
S'habiller responsable? Encore du chemin à faire...
...Entre 2000 et 2010, le nombre de vêtements vendus chaque année dans le monde a doublé. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 100 milliards. En 2014, un Américain moyen s’est débarrassé d’un peu plus de 36 kg de vêtements. Ceux-ci ont en moyenne été portés sept fois avant d’être jetés. Ce sont ces chiffres accablants qu’égraine la journaliste américaine Dana Thomas dans Fashionopolis. Son projet est triple : retracer l’histoire de l’industrie du textile, depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours ; pointer les dérives de la « mode éphémère » (fast fashion en anglais) ; mettre en lumière les alternatives proposées par les tenants d’une confection textile plus responsable.
Thomas parvient à attirer l’attention sur les principaux problèmes posés par cette industrie qui génère 2,4 billions de dollars par an. Et elle le fait d’une façon susceptible d’intéresser non seulement les professionnels du secteur mais aussi ceux qui se préoccupent d’économie, de droits de l’homme et de politiques écologiques » observe la journaliste Tatiana Schlossberg dans The New York Times. Thomas s’est rendue dans les sweatshops du Bangladesh et dans les usines du Xinjiang, cette région de la Chine que l’on surnomme « la capitale mondiale du jeans ». Si des enseignes comme Zara ou H&M se targuent d’afficher des prix défiant toute concurrence, celui payé par la planète est exorbitant, souligne l’auteure. L’industrie textile serait responsable de près de 20 % de la pollution de l’eau dans le monde et de 10 % des émissions totales de CO2, précise-t-elle.
Face à un tel gaspillage de nos ressources naturelles, Thomas plaide pour l’adoption d’un modèle basé sur le concept d’économie circulaire. Recyclage et réutilisation : nos vieux vêtements doivent pouvoir trouver une seconde vie. Une solution que certains jugent peu satisfaisante : « J’aurais aimé que Thomas arrête de tourner autour du pot et propose une série de mesures à mettre en place. Qu’elle déclare qu’il devrait y avoir des lois interdisant de piller ainsi la planète. En mettant l’accent sur le changement des comportements individuels, Thomas laisse les patrons des industries textiles les plus nuisibles s’en tirer à bon compte », regrette l’écrivaine américaine Cintra Wilson dans The New York Review of Books. (Pauline Toulet)
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Tout devient fashion, dans la novlangue d'aujourd'hui, pas seulement dans l'habillement.
Mais c'est moins valorisant pour l'environnement. Même pas du tout.
La fast fashion, la fringomanie, la fièvre acheteuse, dans les pays développés, ne connaissent pas de limites, sont en augmentation constante.
Il est temps de mettre un frein. Ethique à l'étiquette!
L'industrie de la mode est certainement la deuxième du monde en terme de pollution globale, en amont comme en aval.
La fast fashion a des conséquences qui sont rarement évoquées.
Les profits tirés de l’industrie de la mode ne cessent de progresser, avec un taux croissance annuel de 8,7 %. D’ici 2023 le marché devrait atteindre 598 milliards de dollars selon Statista. Les grandes enseignes de Fast fashion («Mode Rapide») tirent profit du gaspillage de nos ressources.
Il est temps de remettre en question cette frénésie, qui flatte le narcissisme vestimentaire ambiant.
Malgré des engagements récents, mais qui restent à démontrer, à mettre en oeuvre, à l'encontre de puissants intérêts.
S'habiller responsable? Encore du chemin à faire...
...Entre 2000 et 2010, le nombre de vêtements vendus chaque année dans le monde a doublé. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 100 milliards. En 2014, un Américain moyen s’est débarrassé d’un peu plus de 36 kg de vêtements. Ceux-ci ont en moyenne été portés sept fois avant d’être jetés. Ce sont ces chiffres accablants qu’égraine la journaliste américaine Dana Thomas dans Fashionopolis. Son projet est triple : retracer l’histoire de l’industrie du textile, depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours ; pointer les dérives de la « mode éphémère » (fast fashion en anglais) ; mettre en lumière les alternatives proposées par les tenants d’une confection textile plus responsable.
Thomas parvient à attirer l’attention sur les principaux problèmes posés par cette industrie qui génère 2,4 billions de dollars par an. Et elle le fait d’une façon susceptible d’intéresser non seulement les professionnels du secteur mais aussi ceux qui se préoccupent d’économie, de droits de l’homme et de politiques écologiques » observe la journaliste Tatiana Schlossberg dans The New York Times. Thomas s’est rendue dans les sweatshops du Bangladesh et dans les usines du Xinjiang, cette région de la Chine que l’on surnomme « la capitale mondiale du jeans ». Si des enseignes comme Zara ou H&M se targuent d’afficher des prix défiant toute concurrence, celui payé par la planète est exorbitant, souligne l’auteure. L’industrie textile serait responsable de près de 20 % de la pollution de l’eau dans le monde et de 10 % des émissions totales de CO2, précise-t-elle.Face à un tel gaspillage de nos ressources naturelles, Thomas plaide pour l’adoption d’un modèle basé sur le concept d’économie circulaire. Recyclage et réutilisation : nos vieux vêtements doivent pouvoir trouver une seconde vie. Une solution que certains jugent peu satisfaisante : « J’aurais aimé que Thomas arrête de tourner autour du pot et propose une série de mesures à mettre en place. Qu’elle déclare qu’il devrait y avoir des lois interdisant de piller ainsi la planète. En mettant l’accent sur le changement des comportements individuels, Thomas laisse les patrons des industries textiles les plus nuisibles s’en tirer à bon compte », regrette l’écrivaine américaine Cintra Wilson dans The New York Review of Books. (Pauline Toulet)
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mercredi 18 mars 2020
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