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mardi 11 janvier 2011

Possibilité(s) d'une île...rebelle

Révolution silencieuse en Islande?

_Bien sûr, ce n'est qu'une île, à la population réduite, avec ses particularités .
Mais peut-être représente-t-elle une sorte d'exemple de sortie de crise originale et démocratique ou une invitation à inventer d'autres moyens moins douloureux et moins injustes que ceux mis en place dans d'autres pays.
Une remise en question de la dictature des grandes banques d'affaires, qui tiennent ailleurs le pouvoir à leur merci.


__En octobre 2008, le pays des volcans connaissait un éruption inhabituelle, aussi inattendue que brutale.
On découvrait avec stupeur les affres d'un pays que l'on oubliait ou que l'on croyait sans problème.

Mais la faillite éclatait, manifeste. Le pays était au bord du gouffre.
"...
En l’espace de sept jours au mois d’octobre, les trois principales banques du pays sont devenues insolvables et le gouvernement a été forcé d’intervenir pour les reprendre. Le gouvernement travailliste de Gordon Brown en Grande-Bretagne a eu recours aux lois anti-terroristes pour essayer de faire revenir de force les centaines de millions investis en Islande par des particuliers, des fonds de retraites d’entreprises, des municipalités, des associations caritatives et des forces de police. La plupart de ces investissements ne seront pas récupérés.L’échelle colossale des pertes provient de ce que l’Islande a cherché à devenir un centre d’investissements spéculatifs internationaux, et ce en indexant les taux d’intérêt des banques à l’inflation qui dépassait les 15 pour cent. Les banques islandaises proposaient des taux d’intérêt souvent supérieurs de 50 pour cent aux taux disponibles ailleurs.A leur apogée, les banques islandaises détenaient des avoirs étrangers équivalant à dix fois le produit intérieur brut (PIB) du pays, avec la majorité de ces investissements fondés sur des prêts internationaux. Cela représentait une énorme bulle spéculative reposant sur une pyramide de dettes non viables.L’Islande est effectivement en faillite et incapable de rembourser ses dettes colossales...."

__On y voyait une sorte d'annonce d'une possible contagion à d'autres pays d'Europe, l'Irlande notamment.
La
presse découvrait l'Islande, qui n'était plus présentée seulement comme une destination prisée par les touristes avides d'images fortes.
Mais les Islandais ont dit non aux banquiers, qui se prétendaient ignorants de la situation, et ont refusé de répondre aux exigences de remboursement des banques nééerlandaises et anglaises, qui avaient massivement investi.
D'abord aux bruits des casserolles, puis par des mesures radicales, une sorte de nouveau contrat social, facilitées par l'ampleur du problème et la solidarité d'une population réduite.

"...confronté à la faillite brutale du système bancaire, le pays fait le choix de nationaliser les banques. Très vite le pays doit faire face à la faillite d’Icesave, une banque en ligne dont les opérations étaient tournées notamment vers le Royaume-Uni. Sous la pression de la commission européenne le gouvernement soumet un projet de loi au parlement prévoyant le règlement de la dette par l'Etat islandais. Le parlement vote le renflouement des banques. Le texte prévoit le paiement échelonné d'ici à 2024 d'environ 3,8 milliards d'euros, soit l'équivalent de près de 40% du produit intérieur brut annuel de l'île, ruinée par l'effondrement de ses banques en octobre 2008.
Mais les contribuables irlandais ne l'entendent pas de cette oreille. Une pétition citoyenne circule, ratifiée par près d'un islandais sur quatre . Le Président du pays, Olafur Grimsson refuse de promulguer la décision éminemment politique et prend l'initiative de soumettre ce choix de politique à référendum. Les Islandais rejetteront le texte à la majorité écrasante de 93%.
_Consécration de cette
révolution, l’élection d’une Assemblée constituante le 27 novembre 2010. Un appel à candidatures (étaient exclus les élus nationaux. Il fallait avoir dix-huit ans révolus et être soutenu par au moins trente personnes) a suscité des vocations chez 522 volontaires. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants
.__Les constituants se réuniront à partir de la mi-février 2011 et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui rev
iennent le plus souvent, on peut noter la réaffirmation de la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif. Il s’agit donc de l’élaboration d’un nouveau contrat social et, pour un tel objectif, il faut, ce que beaucoup ici semblent ignorer, la participation de toute la nation.
__Dans une interview avec l’agence d’information financière Bloomberg, le Président Olafur Grimsson explique :
« La différence [avec l’Irlande] c’est qu’en Islande nous avons laissé les banques faire faillite. C’étaient des banques privées et on n’y a pas injecté d’argent pour les maintenir à flot ; l’Etat n’a pas à assumer cette responsabilité. » Il renchérit :« L’Islande se porte bien mieux qu’attendu » et ajoute :
« Peut-on demander aux gens ordinaires – les agriculteurs et les pêcheurs, les enseignants, les docteurs et les infirmières – d’assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? Cette question, qui fut au cœur du débat dans le cas de la banque islandaise Icesave, va être la question brûlante dans de nombreux pays européens. » (JJ.R)
_________________
___Comme le dit P.Krugman: "... l'Islande semble faire mieux, pour le moins, que son quasi-homonyme. Sa crise économique ne fut pas pire que celle de l'Irlande, ses pertes d'emplois moins sévères, et elle semble en meilleure posture pour une reprise. En fait, les investisseurs semblent considérer aujourd'hui que la dette islandaise est plus sûre que la dette irlandaise. Comment une telle chose est-elle possible ? …… l'Islande a laissé les créanciers étrangers des banques qui s'étaient emballées payer le prix de leur propre manque de jugeote plutôt que d'obliger ses propres contribuables à garantir de mauvaises dettes privées. Comme le note le Fonds monétaire international - d'un ton approbateur ….
L'Islande a également bénéficié du fait que, contrairement à l'Irlande, elle possède encore sa propre monnaie : la dévaluation du krone, qui a rendu les exportations islandaises plus compétitives, fut un facteur important dans la limitation de la crise islandaise...."

Une sorte de révolution démocratique
imposée par la nécessisté, l'urgence, et le statut particulier de l'île, hors zône euro. Avec ses limites et ses tâtonnements bien sûr.
Une rebellion
contre la haute finance internationale ,
mais qui ne peut encore se passer de l'aide du FMI, qui vient de débloquer une nouvelle tranche d'aide .

lundi 10 janvier 2011

Drame en Arizona


Ce n'est pas Arizona Dream, mais Arizona Nightmare

Une certaine Amérique, celle qui inquiète...
_Les fruits de la haine républicaine


Une élue du Congrès victime d'une fusillade

_Un fait divers effrayant de plus, comme il s'en passe
régulièrement aux
USA?
Un déséquilibré, qui s'est procuré une arme dans un Etat considéré comme le plus libéral en matière de vente quasiment libre d'engins de mort de toutes sortes, dont G.Giffords fut la principale victime? Une de plus dans une liste déjà longue, depuis Lincoln.

_ C'est plus grave et plus compliqué, même si les motivations du tireur nous échappent pour l'instant, pathologique sans doute (rien à voir avec J.W.Booth), mais aussi porté par le climat délétère qui règne depuis un moment dans le pays du Grand Canyon, où l'ultradroite s'impose. L'Arizona, "capitale" de "la col
ère, la haine, l'intolérance" aux dires d'un shéfif local lui-même (témoignage).
Cela rappelle certaines heures sombres de l'histoire américaine...

__Etant donné la personnalité et la couleur politique de la victime, passant plutôt pour centriste dans la fam
ille démocrate, les problèmes économiques aigüs qui se posent en Arizona particulièrement, les récentes mesures anti-immigration extrêmement restrictives, les violentes campagnes antidémocrates des plus extrêmistes de Tea-Party, même si S.Palin a cru bon de s'indigner officiellement et a tout de même retiré sa liste de cibles. Un mélange détonnant favorisant les pires initiatives.
Pour Obama, le
sale temps continue...

_____________

____________"...Avant même la fusillade qui a visé l'élue démocrate, l'Etat d'Arizona a en effet connu une année politique convulsive devenue le symbole des âpres querelles partisanes qui divisent aujourd'hui une bonne partie des Etats-Unis. La police ignore encore les mobiles de l'auteur de la fusillade. Il se pourrait même qu'ils ne soient pas de nature politique.
Mais ce drame intervient dans un climat lourd de tensions depuis plusieurs mois dans cet Etat voisin du Mexique. Le shérif du comté de Pima, dont Tucson est le chef-lieu, n'a pas hésité à dénoncer la rhétorique incendiaire qui a prévalu ces derniers temps, "
le vitriol qui sort de certaines bouches pour appeler à démolir le gouvernement".
Clarence Dupnik a fustigé "
la colère, la haine, l'intolérance" dont "malheureusement, je pense que l'Arizona est devenu une sorte de capitale". Les lois sur le contrôle des armes à feu sont parmi les plus laxistes du pays. "Le nombre d'armes et le nombre de gens furieux qui y ont accès est ahurissant", explique Alfredo Gutierrez, un ancien élu du parlement d'Arizona. "Le mélange des armes et de la colère en Arizona constitue quasiment une incitation à la violence"....
D'autres
questions divisent l'Arizona, la crise économique en particulier qui a transformé cet Etat du désert dynamique en une des zones les plus touchées du pays par l'effondrement des subprimes et les saisies immobilières. A cela, il faut encore ajouter la hausse des déficits, un thème qui a contribué à porter les conservateurs à la victoire lors des élections de mi-mandat le 2 novembre.
Mais lors de ces élections,
Gabrielle Giffords a, pour sa part, été réélue, après une bataille serrée avec les républicains qui espéraient conquérir sa circonscription. Et elle a dû faire face à une campagne particulièrement violente. Son adversaire à l'élection avait appelé en juin ses partisans à "viser dans le mille" pour la victoire et à l'aider à "chasser" Giffords lors d'un meeting au cours duquel les participants pouvaient tirer avec un fusil automatique. La circonscription de Gabrielle Giffords était ainsi marquée d'une cible sur une carte des Etats-Unis diffusée par Sarah Palin avant les élections législatives. "Ne pas battre en retraite, réarmer", a longtemps été le slogan de cette figure de proue du Tea Party et de l'ultradroite..."

dimanche 9 janvier 2011

Crise sans cause...

Faut-il en rire ou en pleurer?

Dénégation inquiétante pour l'avenir

On savait que Obama avait fini par céder de fait devant la puissance de Wall Street, dont plusieurs conseillers l'entouraient depuis le début de son mandat.
La réforme du système financier n'est plus d'actualité. Celui-ci est même innocenté. Il s'agit de ne froisser personne. La régulation? Aux calendes grecques! _Goldman Sachs peut encore spéculer tranquillement
(too big!)...Pourtant la banque d'affaires avait été accusée un moment de faire obstruction à une enquête sur la crise.
Rassurer la spéc
ulation, voilà le but. Poursuivre sur le mêmes sentiers minés, sans orientation, ni règles de conduites, sans remise en question des perversions qu'a engendrées le système. Les dogmes se maintiennent et se renforcent. L'aveuglement s'intensifie: il y aurait trop de choses à remettre en question. Obama n'est pas Roosevelt. Le vrai pouvoir ne changera pas de main...
La commission d'enquête FCIC accouche d'une souris (ou d'un monstre de souris) qui débouche, presque deux ans après, sur une magnifique et limpide vérité: les marchés financiers ne sont pour rien dans la crise...Dénégation absolue! On voudrait se précipiter vers une crise encore plus sévère qu'on ne s'y prendrait pas autrement. On reste coi!
L'inside Job se poursuit...

Plus c'est gros...
"En mai 2009, Barack Obama créait une commission d'enquête sur la crise, nommée FCIC. Son ordre de mission : "Examiner les causes, intérieures et internationales, des crises financière et économique actuelles aux Etats-Unis." Bipartite, sa composition réunissait des personnalités expérimentées représentant les idées de la nouvelle majorité démocrate et celles de l'ancienne, républicaine. Au total, autour de son président, Phil Angelides, un ex-trésorier général de l'Etat de Californie, elle incluait trois financiers et avocats d'affaires, deux anciens élus au Congrès, deux ex-conseillers économiques de George Bush, un entrepreneur et un ex-régulateur du secteur bancaire. Six penchaient démocrate (dont le président), quatre républicain (dont le vice-président, Bill Thomas, membre de l'ultraconservateur American Enterprise Institute).
__En instaurant cette commission, M. Obama avait forcément pensé à la commission Pecora qui, au début de la Grande Dépression, enquêta sur ses racines et ses instigateurs. Les travaux de cette commission présidée par le procureur Ferdinand Pecora, elle aussi bipartite, nommée en 1932 sous les républicains et redynamisée par le démocrate Franklin Delano Roosevelt, débouchèrent sur une législation (loi Glass-Steagall) séparant activités de dépôt et d'affaires des banques, création d'un "gendarme" des marchés, la Securities and Exchange Commission, et d'autres agences de contrôle) qui configura la vie financière américaine pour un demi-siècle, ouvrant la voie aux grandes réformes socio-économiques qui suivirent.

Dans l'esprit de M. Obama, la FCIC avait deux missions : l'une d'impulsion législative, l'autre pédagogique. Elle devait encourager cette "refondation de l'économie" que lui-même prônait - un concept aujourd'hui abandonné. Las ! Deux fois déjà, la remise de ses conclusions a été reportée. Bipartite, my foot... Aucun compromis n'y a été possible entre prorépublicains et prodémocrates. Après dix-huit mois d'auditions de 800 acteurs directs (PDG, traders, hauts fonctionnaires, experts...), des millions de pages de documents analysées, la commission s'est avérée incapable de dégager un "narrative", comme disent les Américains, un récit collectif des racines et du déroulement de la crise, quitte à signaler des divergences ici ou là.__Les républicains ont tout simplement refusé que le nom "Wall Street" figure dans ce rapport. On a bien lu : aucune "cause" de la crise, pas même partielle, ne saurait être imputable aux marchés financiers. Non seulement ceux-ci sont blancs comme neige, mais des termes comme "dérégulation", "banque fantôme" (pour désigner les fonds spéculatifs), "risque systémique" ou "interconnexion" ne devaient pas non plus apparaître. Mais alors, pourquoi cette crise ?

_Les républicains de la FCIC ont résumé le 15 décembre 2010 leur position : l'unique responsable de la crise, c'est... l'Etat américain ! Pour avoir flatté les pulsions égoïstes des familles à s'endetter afin d'accéder à la propriété, pour avoir trop régulé et instrumentalisé ses bras armés de la réassurance du crédit immobilier nommés Fannie Mae et Freddie Mac, l'Etat est consacré seul coupable de la déroute financière.__Peu importe que l'Etat que dénoncent ces républicains était... le leur : qui donc détenait le pouvoir durant les huit ans ayant précédé la crise financière ? Peu importe que le rêve de l'accès de chacun à la propriété, lancé par le démocrate Bill Clinton, ait été promu avec plus de vigueur encore par le républicain George Bush. Que ce dernier n'a pas surrégulé mais dérégulé autant qu'il a pu. Que Fannie et Freddie n'étaient pas été des entreprises publiques gérées par l'Etat, mais des sociétés parfaitement privées et d'autant mieux cotées en Bourse qu'elles jouissaient d'une "garantie publique". Peu importe que, si Fannie et Freddie ont totalisé des pertes abyssales, ce n'est pas parce qu'elles étaient trop contrôlées, mais libres de leurs mouvements. Qu'enfin ces sociétés n'ont investi que tardivement dans les titres subprimes, qui plus est sous la pression des marchés, pas de l'Etat.

Bref, "le seul problème de cette théorie est qu'elle n'est pas conforme aux faits", écrit malicieusement l'enquêteur financier du New York Times, Joe Nocera, qui parle de "véritable honte". Et quand ces membres de la FCIC accusent l'Etat d'avoir précipité la panique générale en... refusant de sauver la banque d'affaires Lehman Brothers, en septembre 2008, on en reste coi ! Ainsi, pour ces pourfendeurs résolus de toute intervention publique dans les affaires économiques, l'Etat est coupable, y compris lorsqu'il suit leurs propres préceptes...

"Tout cela serait risible si les conséquences n'étaient si graves", renchérit Joe Nocera, qui craint que ce texte soit le prélude au sabotage systématique de toute régulation financière par la majorité républicaine du nouveau Congrès, qui commence ses travaux cette semaine. A lire cette vision des origines de la crise, on comprend mieux pourquoi, aux yeux de la gauche américaine - cf. le film Inside Jobs -, une Christine Lagarde apparaît comme un parangon de pensée rationnelle sur la crise du capitalisme..." (S.Sypel)
__________________________________
-Glass-Steagall
-
Comment (peut-on) être banquier ?

samedi 8 janvier 2011

Leurre des 35 heures

Quelques notes d'un béotien intéressé sur une polémique inépuisable...

Une question récurrente

Une problématique déjà ancienne

_Les 35 heures semblent bien être l'exemple même du faux débat
, idéologiquement marqué, caractérisé par nombre de problèmes mal posés, d'aspects masqués, de contradictions et d'impasses, qui éludent d'autres questions bien plus sérieuses, comme le chômage des jeunes, la sortie trop précoce des seniors du monde du travail, la précarisation d'un nombre croissant d'emplois, le stress généré par un certain type de management, etc...
(Quelques échos citoyens...)
Après avoir été la mesure à abattre, la droite s'en est accommodée non sans embarras, après quelques toilettages et bricolages "
La question n'est pas de supprimer les 35 heures, ni de revenir sur un acquis social, mais de permettre de travailler plus" (N.Sarkozy). Difficile d'être plus confus...
_Si on peut faire un bilan des dix ans des 35 heures, comment distinguer le vrai du faux ?
_On est passé de la polémique au recadrage sur fond de guéguerre (feinte?) interne à la droite. Le gouvernement finit par "défendre" les 35 heures et Xavier Bertrand par admettre que: «revenir davantage sur les 35 heures est impensable».
A gauche, Valls "l'ancien", l'opportuniste, à une époque, était «très fier» des 35 heures, mais ce que propose Valls le "moderne" semble daté.
On ne parlera pas de l'inénarrable sortie de notre Séguala national, l'indécent rolexé.

Pour Bernard Maris ,
"les Français travaillent autant que les autres.."
-
Le faux débat sur les 35 heures
-Pourquoi les 35 heures sont aussi une belle aubaine pour les entreprises
-Les 35 heures ne sont pas responsables de tous les malheurs du monde
_-Les Français travaillent moins que dans d'autres pays, mais sont plus productifs

_____________
-Point de vue
-Travail : idées reçues

vendredi 7 janvier 2011

Colères tunisiennes

Du rêve à la réalité

__Réveil d'un pays






_Quand on se rend en Tunisie, pour un séjour ou pour un circuit, on tombe inévitablement sous le charme.
La Tunisie des cartes postales séduit, par son climat, ses plages, ses contrastes, la gentillesse de ses habitants...ses prix.
Tunisie de rêve , qui rend aveugle aux réalités sociales et politiques. Certes, la Tunisie n'est pas le Maroc, il est moins peuplé, plutôt plus développé, plus instruit, plus ouvert, plus tolérant, plus riche, du moins dans les zônes hautement touristiques.
__Mais il existe une misère tunisienne , que l'on ne perçoit guère lors de séjours souvent "ghettoïsés" et l' industrie du tourisme est aujourd'hui un problème, il devient une mécanique infernale qui brise le pays .

"...«Pour fonctionner, le système touristique tunisien, qui reste très bas de gamme, s'est engagé dans une course à la baisse des prix, explique la chercheuse au Centr
e d'études et de recherches internationales (CERI), Béatrice Hibou, auteur de l'ouvrage La force de l'obéissance. Economie politique de la répression en Tunisie ___ . Cette baisse continue des prix est conduite sous la pression notamment des tour-opérateurs qui ne cessent de faire jouer la concurrence avec d'autres destinations. Les hôteliers ont trois ressorts: proposer des services de qualité de plus en plus médiocre, jouer sur les salaires et ne pas rembourser les dettes contractées auprès des banques et de l'Etat. C'est le plus souvent ces deux derniers ressorts qu'ils utilisent, ce qui a un effet désastreux sur l'économie tunisienne, et sur les Tunisiens.»...
«le manque à g
agner dû à toutes ces pratiques des tour-opérateurs oblige les hôteliers à revoir leurs budgets d'exploitation à la baisse pour minimiser leurs pertes. Le nombre des employés va à la baisse et les salaires stagnent !»...Payés le plus souvent au noir, et de plus en plus mal, la plupart des employés des complexes hôteliers tunisiens ne s'y retrouvent plus..." (Mediapart)
__La crise économique qui mine le pays, ses industries traditionnelles ou plus récentes, est la goutte d'eau qui fait déborder le vase
"... Depuis 2008, la Tunisie vit au rythme des mouvements sociaux d'une intensité sans équivalent au Maghreb, qui agitent en particulier le sud du pays, et les environs de Gafsa, une région minière où plus de la moitié des habitants ne trouvent pas de travail. Cette révolte populaire du bassin minier Gafsa, c'est l'histoire d'une grève générale de plus d'un an et demi dans toute la région sud de la Tunisie, qui n'en peut plus d'être marginalisée par le régime en place. Sous-médiatisée par la presse internationale, ce mouvement n'en a pas moins eu des conséquences dramatiques, lorsqu'à la mi-2008, l'armée intervint à Redeyef, petite ville de la région, pour réprimer une manifestation, tuant au passage un jeune homme âgé de 25 ans..."(Mediapart)

_Aujourd'hui, après de longues années de malaise et d'opposition sourde au régime de Zine el-Abidine Ben Ali , qui se maintient au pouvoir depuis 23 ans, le réveil tunisien se manifeste et la colère est dans la rue.
Un mouvement sans précédent, aux dires de beaucoup de Tunisiens eux-mêmes, par son ampleur, sa force et son extension. On assiste même à une grève massive des avocats.
La répre
ssion entraîne une amplification de la colère. La solidarité s'étend.
__Une colère dirigée surtout contre un système qui accapare ou contrôle tous les pouvoirs, qui a la haute main sur une police omniprésente, qui fait la chasse aux opposants, qui détourne d'énormes richesses, qui entretient une féodalité financière fidélisée, qui a stérilisé tout débat citoyen.
D'où la question qui se pose: si le pouvoir du Président-autocrate vacille, qui pourrait le remplacer ? Il s'est arrangé pour se rendre indispensable, sans assurer une succession en dehors du clan familial. Mais le mouvement en route pourrait bien changer la donne de manière inattendue et briser le système.

L'Europe, qui s'est longtemps arrangée avec ce régime, pour des raisons surtout commerciales et idéologiques, réagit par un silence embarrassé. La France maintient son soutien au dictateur.
Le PS est toujours aussi mal à l'aise avec la Tunisie de Ben Ali
"...Fin 2010, le soutien français à la politique économique de Ben Ali, essentiel pour Tunis quand Paris demeure le premier partenaire économique, se veut donc toujours indéfectible. Est-il encore utile de rappeler que Nicolas Sarkozy avait été le premier, et l'un des seuls chefs d'Etat étrangers, à féliciter Ben Ali l'an passé pour sa réélection à la présidence tunisienne, pour un cinquième mandat de rang? Le soutien français au régime tunisien n'est d'ailleurs pas qu'une affaire d'élites, c'est aussi celui de chaque citoyen, quand 700.000 de nos compatriotes se rendent chaque année sur le sol tunisien pour y couler des jours heureux sur le littoral, le plus souvent au détriment de la population locale..."

-
Le chômage des diplômés, moteur de la révolte tunisienne
-Tunisie : « Le peuple terrorise le gouvernement »
-La semaine qui a fait tomber Ben Ali

jeudi 6 janvier 2011

Marées noires oubliées

Le pétrole de la colère
_On a encore en mémoire l'immense pollution pétrolière du Golfe du Mexique, qui a duré des mois et dont toutes les conséquences à long terme sur les écosystèmes locaux ne sont sans doute pas encore mesurables.

_On oublie trop souvent une autre
pollution d'une plus grande ampleur, beaucoup plus ancienne, quotidienne, qui se passe quasiment dans le silence, moins médiatisée, car concernant un secteur défavorisé de la planète: celle qui concerne le delta du Niger, où des compagnies pétrolières exercent leur activité sans grand souci de l'environnement et des populations, détruisant la pêche côtière,polluant gravement les terres. On estime que autour de dix millions de barils de pétrole ont été déversés dans cette zône marécageuse depuis 10 ans. Des marées noires oubliées
.
" “Nous voyons avec quelle énergie on s’efforce de combattre la marée noire aux Etats-Unis”, commente Nnimo Bassey, responsable au Nigeria de l’organisation écologiste Friends of the Earth International. “Mais au Nigeria, les compagnies pétrolières éludent le problème et détruisent les moyens de subsistance des gens et l’environnement. La marée noire du golfe du Mexique est comme une métaphore pour ce qui se passe chaque jour dans les champs pétrolifères du Nigeria et ailleurs en Afrique. Voilà cinquante ans que ça dure ! Les Nigérians sont totalement tributaires du milieu naturel pour l’eau potable, pour l’agriculture et la pêche. Ils sont stupéfaits de voir le président américain prononcer un discours par jour, parce qu’eux n’entendent pas un mot de la part de leur gouvernement.”
__Mais c'est l'Afrique, n'est-ce pas? Qui devrait s'en soucier?...Les caméras sont peu présentes en ces lieux. Quelques images nous parviennent parfois, montrant l'ampleur du désastre.
Les sabotages de colère ou de détresse, la guerre des bandes rivales locales et la corruption n'expliquent pas tout. Ce sont plutôt les effets d'une situation explosive, fruits d'une mise en coupe réglée des richesses générées par l'or noir, dont la masse ne profite pas. Un problème politique essentiellement.
Le pétrole est au coeur d'une violence qui met en péril la stabilité du pays. En l'occurrence, il prend tout son sens d'"excrément du diable"

« Le peuple du delta sait que le pétrole génère une énorme richesse dont il ne profite pas. (...) [Cette situation] crée aussi des ressentiments, tout autant à l’égard des entreprises qui produisent cette richesse qu’à l’encontre des chefs de communauté, accusés de collusion avec celles-ci. D’autant que des personnes peu scrupuleuses utilisent les griefs de la population pour mener des actions qui mettent en péril les sources mêmes de cette richesse ..." (JC Servant)
_Une "malédiction" particulière, pour la plupart des pays africains:
"...
Les revenus pétroliers posent problème car elle est une incitation forte à la connivence entre les hommes politiques et les hommes d’affaires dans les pays africains producteurs d’hydrocarbures. Cette connivence entretient ainsi l’opacité et la banalisation de la corruption. Au Nigéria, au Congo Brazzaville et en Guinée-Equatoriale, pour ne citer que ceux-ci, la gestion des revenus pétroliers est une affaire privée entre les compagnies pétrolières et le Président. Celui-ci supervise personnellement toutes les transactions financières se rapportant à l’exploitation des hydrocarbures. Au Cameroun les recettes pétrolières n’ont jamais été budgétisées et en Algérie le Fonds de Régulation des Recettes, dont les ressources sont estimées à plus de 32 milliards de dollars à la fin 2007, n’est pas intégré au budget. Par ailleurs, il n’est pas rare en Afrique que les ressources pétrolières soient détournés afin de financer les régimes autoritaires (Nigeria, Tchad), et d’approfondir des tensions ou des conflits armés (Soudan, Angola, Congo Brazzaville). Le pétrole se transforme donc en « carburant » alimentant la corruption et les conflits armés avec pour conséquence une pauvreté endémique, d’où la malédiction pétrolière..."

mercredi 5 janvier 2011

Terres rares et stratégiques

Tempête sur les terres rares


Ce qu'il est convenu d'appeler terres rares est devenu l'objet de nombreuses convoitises, de par leurs usages de plus en plus massifs, notamment dans les domaines les plus pointus, les plus innovants et les plus étendus des techniques, parfois dèja anciennes ou radicalement nouvelles. Terres pas si rares que cela, mais souvent concentrées, donc rentables dans certaines parties de la planète seulement. Des matières d'avenir...

_Ces minerais, dont le marché est contrôlé à 95 % par la Chine, sont devenus un enjeu stratégique mondial. "...La production chinoise a démarré progressivement dans les années 1985. En exportant à des prix très faibles, les Chinois ont éliminé toute concurrence occidentale : leur monopole s'est peu à peu installé. Aux Etats-Unis, la mine Mountain Pass, de Molycorp, est située dans le désert des Mojaves (Californie). Elle a fermé en 2002 pour des raisons environnementales liées à l'usage de solvants pour extraire les terres rares. Après une complète réhabilitation et une mise aux normes actuelles, sa réouverture est à nouveau envisagée en 2012."
_ L’enjeu des « terres rares » est important: Deng Xiaoping disait : « Au Moyen-Orient le pétrole, à la Chine, les terres rares ». L’effort fut poursuivi et amplifié à partir de mars 1997, avec le plan 973, encore à ce jour, un des plus vastes programmes de recherche chinois. 
Moins visionnaires, les pays producteurs (États-Unis ou Australie) laissèrent cette exploitation à la Chine où le coût de revient est peu onéreux, les productions des mines de Mongolie intérieure étant inférieures de plus de 50 % à celles des exploitations américaines ou australiennes. Mais le processus d’extraction et de traitement des terres rares est long et polluant. Les techniques traditionnelles de raffinage utilisent des produits chimiques dont la décharge par les mines dans les rivières n’a jamais été réglementée. Depuis 2009, le gouvernement chinois tente d’imposer des contraintes aux exploitations vétustes et illégales..."
___L'économie verte est donc en danger et la pénurie guette "...Ce qui est vrai aujourd’hui des terres rares le sera sans doute demain du pétrole, du gaz et de l’uranium", car la Chine réduit encore ses quotas à l'export.
__Et la croissance verte accroît la dépendance aux terres rares :"...Ces minerais, produits à 97 % par la Chine, dont la particularité est d’être très difficiles à extraire et à raffiner tout en étant extrêmement précieux car indispensables à la production de nouvelles technologies - ordinateurs, écrans plats ou encore téléphones portables. Leur utilisation s’avère tout sauf durable dans la mesure où les stocks de ces dix-sept éléments sont finis et où leur extraction requiert toujours plus d’énergie - ces minerais étant de moins en moins concentrés - et s’effectue dans des conditions écologiques et sociales désastreuses.
__C’est pourquoi les associations écolos tirent régulièrement la sonnette d’alarme sur l’explosion de la consommation de produits high tech, et leur
“obsolescence programmée”, qui contribue à cet emballement et à la dépendance autour de ces matériaux. Mais là où le journaliste aborde un aspect moins traité et encore plus sensible, c’e
st lorsqu’il souligne que les technologies vertes accentuent elles aussi la consommation de terres rares.
__Et l’article d’égrener une liste d’éléments métalliques considérés comme rares indispensables au développement durable : le terbium est utilisé dans les lampes à basse consommation, le gallium dans les LED et les cellules solaires à haut rendement, l’indium dans les cellules photovoltaïques ou encore le néodyme dans certains moteurs de voitures électriques et générateurs d’éoliennes.Le Canard Enchaîné conclut alors son article en citant l’ouvrage Quel futur pour les métaux ? que viennent de publier deux ingénieurs, Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon : “La croissance verte est un mythe : la course technologique et l’innovation créent un emballement de besoins en métaux, en particulier les plus rares, qui rend cette croissance non durable.” Sans compter que pour ces scientifiques, si le recyclage peut freiner le gaspillage, il ne pourra pas inverser la tendance d’un épuisement de ces ressources..."
__D'où l'urgence d'“augmenter la production de terres rares à travers le globe d’une manière plus responsable, propre et sécurisée et assurer une meilleure diversification dans l’approvisionnement de ces métaux, aujourd’hui concentrés dans les mains d’un seul pays."
Le problème est donc politique, à l'échelle mondiale et la compétition pour les minerais rares peut-être une source de conflits majeurs, dans le cadre de d'"impérialisme des ressources".

_On voit comment en RDC, dans le Kivu, certaines multinationales se disputent le coltan
à la faveur du chaos politique entretenu, avec leurs routes commerciales
particulières...

lundi 3 janvier 2011

Viktor Orban: présidence discutée


Un tel homme peut-il diriger l'Europe?

"Il ne se passe rien sur les rives du Danube..."

_La Hongrie vient d'accéder à la présidence tournante de l'Europe.
Bruxelles devrait avoir du souci à se faire, car
le Premier ministre de ce pays, leader libéral-autoritaire du Fidesz, engage chez lui des réformes qui vont toutes dans le sens du renforcement de son pouvoir personnel, du contrôle des institutions et des médias, au moment où la droite nationaliste et xénophobe a pignon sur rue.
_______Les journalistes s'inquiètent et s'efforcent de s'organiser devant la manière dont ils sont en train d'être "encadrés" , le pouvoir permettant "à un « conseil des médias » pro-gouvernemental de sanctionner les journalistes dépourvus « d'objectivité politique »
__Dans le cadre de la dérive autoritaire et de la pression populiste d'un certain nombre de pays, reflet d’une Europe m
alade, cette présidence ne semble pas affecter outre-mesure les instances bruxelloises. Bruxelles se retrouve face à son impuissance structurelle.
Juste un certain "embarras" chez certains, des "doutes" chez d'autres...
Le national-populisme européen va-t-il s'en trouver encouragé?
Le mauvais visage de l'UE?
_______"Pour la bonne droite européenne, manifestement, il ne se passe rien sur les rives du Danube. Il faut dire que si le PPE commençait à s'inquiéter de la dérive populiste de ses membres voire de leurs alliances avec l'extrême droite, il n'y survivrait pas... "

_E.Plenel a pu parler
d'Europe égarée et de désastre hongrois:"...l'article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE énonce que « toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontières ». « La liberté des médias et leur pluralisme sont respectés », conclut-il.Si ces mots ont encore un sens, la Hongrie devrait être sanctionnée, comme le prévoit, selon une procédure hélas fort lourde et bien complexe, l'article 7 du Traité sur l'Union européenne qui recommande la suppression de certains droits, y compris des droits de vote, pour un Etat membre dont la politique manifesterait « un risque clair de violation grave des valeurs visées à l'article 2 », en l'occurrence celles qui concernent l'Etat de droit. Si, à l'inverse, rien ne bouge, il faudra alors se résoudre à constater la fin de l'Europe politique puisqu'elle ne s'avérerait même plus capable de défendre ce qui la justifie et la légitime. Le mythe aura vécu : derrière ces apparences que sont les traités, les discours et les proclamations, il n'y aurait donc que la réalité crue des intérêts nationaux et des marchés financiers, l'idéal démocratique n'étant plus dès lors qu'une formule creuse..."
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"...Ce n'est pas Viktor Orban « l'Européen » qui inquiète mais Orban « l'autoritaire ». Car le Premier ministre a plusieurs visages. Politicien dynamique, chaleureux, engagé dans l'Europe… et tellement autoritaire chez lui qu'il pose un vrai casse-tête aux autres gouvernements.__La législation sur les médias que sa majorité vient d'adopter est une attaque contre la liberté de la presse et le droit au pluralisme de l'information, des principes inscrits dans le Traité de l'Union, dans la Convention européenne des droits de l'homme et dans la Charte des droits fondamentaux, que la Hongrie a signés.__La commissaire chargée des Télécommunications, Nelly Kroes, a demandé des explications à Budapest sur la loi, et l'Allemagne, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a sommé le gouvernement Orban d'y apporter des modifications. Le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg a, lui, carrément lancé un pavé dans la mare en se demandant :« Un tel pays peut-il diriger l'Europe ? »__Cette législation est le dernier excès. Car depuis son arrivée au pouvoir, en mai, Vikor Orban multiplie les mesures autoritaires. Témoin, le coup de force opéré par le gouvernement sur les fonds de pension privés. C'est le hold-up de l'année, le casse parfait, sans effraction ni bain de sang...___Du côté de Bruxelles, c'est le silence radio sur cette question, bien que plusieurs ministres des Finances aient demandé à la Commission d'agir. Les motifs d'intervenir (par un recours en manquement, comme la Commission l'avait fait contre la France au sujet des Roms), ne manquent pas : spoliation, confiscation de la propriété privée… Mais un pays qui veut sortir du trou vaut peut-être qu'on balaye le reste sous le tapis…_Pour faire passer sa réforme, le Fidesz, profitant de sa majorité des deux tiers au Parlement, a bâillonné la Cour constitutionnelle : elle ne pourra plus s'exprimer sur des questions fiscales ou concernant le droit à la propriété privée. Sauf si, exceptions improbables, elles violent les droits de l'homme, le droit à la vie, la liberté de religion….Aucun Etat membre, pas même l'Italie de Berlusconi, n'était allé aussi loin dans le verrouillage des institutions. Orban a en outre nommé des fidèles de son parti à la tête de toutes les institutions clé qui sont des garde-fous de la démocratie. Surtout, il réforme la Constitution pour un oui et pour un non.__L'opposition et les associations de défense des droits de l'homme estiment que le pays glisse de la démocratie vers la « démocrature », bientôt vers une sorte de dictature sophistiquée..."

dimanche 2 janvier 2011

Barroso: héritage thatchérien

L'homme de l'impasse
__En ce début d'une année qui ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices, l'eurocrise est plus que jamais d'actualité.
Aucune initiative saillante, aucun tournant salvateur ne s'annoncent.
C'est la navigation à vue qui s'impose toujours, sans prise de conscience des enjeux de fond, sans réflexion sur les nécessaires réformes à effectuer, en matière institutionnelle, économique et monétaire.

_Mais faut-il s'en étonn
er, quand on regarde comment fonctionnent les institutions bruxelloises, loin des regards citoyens?
Un personnage-clé s'est imposé depuis 2004:
José Manuel Barroso, qui a donné ces dernières années le ton néolibéral à la zône euro, devenue, la crise aidant, moribond
e , qui a continué à subordonner la politique européenne aux exigences des intérêts anglo-saxons, des marchés financiers internationaux.
Une Europe vassalisée. Résutat de la victoire des thatchériens, où les passages de nombreux commissaires au secteur privé, à la pratique du lobbying, font apparaître les collusions d'intérêts
. Dans ces conditions, cette Europe-là semble irréparable...

"Le 23 novembre 2004, José Manuel Durão Barroso prenait la présidence de la Commission. Le conservateur The Daily Telegraph s’exclame triomphalement : « la Commission européenne passe sous le contrôle des Thatchériens [1] ». La référence à l’ancienne Premier-ministre britannique pourrait sembler anachronique, plus de dix ans après son retrait de la vie politique. Et pourtant. L’ancien maoïste Barroso aurait véritablement eu de quoi séduire la « dame de fer » : anticommuniste, atlantiste et libéral patenté, il a su rassembler autour de lui une équipe de choc à même de poursuivre le travail déjà réalisé par ses illustres prédécesseurs.__Sans renier pour autant son mérite, Barroso avait de qui tenir. Nous avions déjà évoqué le bilan flatteur de certains de ces « hommes de main de la dame de fer » qui ont façonné l’UE. Tout le long des décennies 80 et 90, les Cockfield, Sutherland, Brittan, avec le soutien de Davignon et Delors, ont contribué à abattre une à une les « barrières réglementaires » au libre-échange et entamer la libéralisation de nombreux secteurs de l’économie européenne (télécom, transport aérien, énergie)..."
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Point de vue: vue pour une autre Europe
José Manuel Barroso et son escouade de commissaires à gages