Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mardi 22 juin 2021

L'historien et le politique

L'art de tordre les faits

                       L'art de l'historien est de prendre la maximum de recul par rapport au présent pour interpréter, de manière toujours renouvelée, les données du passé proche ou lointain. Ce qui n'est jamais une tâche achevée, car le présent, par ses limites et ses points de vue, conditionne toujours en partie la lecture du passé. L'objectivité est un idéal vers lequel il tend en sachant que sa tâche ne sera jamais achevée , à la lumière de nouveaux documents, grâce à des méthodes renouvelées. C'est ainsi qu'on n'aura jamais fini d'écrire l'histoire de la Révolution Française.                                           ___Le danger est que le politique s'empare du passé, du moins ce qu'il veut en retenir, pour valoriser la lecture qu'il veut en donner, pour favoriser ses vues et ses projets.   Les hommes au pouvoir et qui tiennent à le conserver, comme les autocrates, souvent par tous les moyens,  n'aiment pas les historiens. L'histoire donne trop d'exemples en leur défaveur et témoigne toujours d'une chose: tout régime arbitraire connaît un jour une fin. La considération du passé souvent les gêne comme un obstacle à leur domination. Ils essaient souvent de l'instrumentaliser en leur faveur, soit en inventant des généalogies, comme autrefois, soit en idéalisant ce qu'ils considèrent comme allant dans leur sens, soit en taisant des aspects qui les désavantageraient. L'histoire peut parfois être revisitée ou peut être malmenée, jusqu'à des pressions sur les historiens eux-mêmes.

     Ainsi, "La Fédération internationale pour les droits humains publie un document, « Crimes contre l’histoire », qui recense les atteintes systématiques menées ces dernières années par Moscou contre les historiens pour imposer un récit officiel et autolégitimer le pouvoir."                __Les historiens sont parfois vus comme des gêneurs, des empêcheurs de gouverner en tond. On comprend pourquoi. Ils ravivent une mémoire qui peut en perturber plus d'un, en faisant l'histoire de l'esclavagisme, par exemple. L'équilibre entre le relativisme et l'engagement dans le présent est toujours un problème. Les dérives sont encore nombreuses.

        D'où l'importance de faire l'histoire de l'histoire et de son implication dans l'histoire réelle. Le récit (toujours provisoire ) du passé demande le plus souvent une approche critique.   Cela fait partie du travail de l'historien, mais pas seulement, qui sait qu' une relecture des représentations du passé fait partie intégrante de l'étude des faits, qui sont toujours établis à une époque donnée, qu'ils en portent la marque, les limites et l'idéologie.

 Une relecture des représentations populaires, plus ou moins forgées par l'école, mais aussi de leurs prédécesseurs manquant de données, de recul ou de moyens techniques (par exemple, en archéologie, en génétique, en linguistique, etc...)     Il est donc dans la nature même de l'historien de produire des vérités toujours partielles, provisoires, parfois biaisées et de se donner les moyens de se corriger en permanence et de remettre en question des croyances et des mythes qui sont loin d'être toujours innocents.
   Hier comme aujourd'hui.
       L'histoire s'est longtemps construite sur l'idée d'un roman national, flatteur et parfois mobilisateur, mais douteux du point de vue théorique..
    Instrumentaliser les faits ou les sortir de leurs contextes pour mieux agir sur les esprits est une dérive permanente. 
   Des récits non critiqués ont toujours la vie dure dans l'imagination.

      Des Gaulois à De Gaulle, il y a fort à faire parfois pour établir le vrai.
                             Charlemagne a-t-il inventé l'école ? Y-a-t-il un secret des Templiers ? Jeanne d'Arc a-t-elle sauvé la France ? Marignan fut-elle une victoire si importante ? Marie-Antoinette fut-elle une ravissante idiote ? Y-a-t-il eu un génocide vendéen ? Jean Moulin a-t-il été trahi ? La France est-elle malade de la guerre d'Algérie ? Des Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution...
          Une histoire "plurielle" dans une France qui a changé reste à réinventer, en gardant un regard critique sur ses propres productions et celles de son époque.
    Déconstruire les mythologies nationales est une nécessité permanente, malgré les résistances.
       Nous ne sommes pas encore tout à fait sortis de l'histoire à la Jules Michelet.
         Des barbares aux Gaulois, en passant par Charlemagne, Charles Martel et les autres...il est essentiel de dépoussiérer, de rectifier, de relativiser. A la lumière de nouveaux faits, de nouvelles méthodes, de nouvelles recherches.
               La Vérité historique est toujours un horizon...les vérités peuvent toujours s'affiner.

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lundi 21 juin 2021

Otan: nouvelle donne?

A quoi sert l'OTAN? 

        Il en est de nouveau question après une longue période d'éclipses et de critiques contre cette institution, à l'inspiration déjà ancienne, constituée comme force coalisée pendant la guerre froide, dont on se demande bien aujourd'hui à quoi elle peut servir, mais que Joe Biden veut réactiver, pour resouder les "ex-alliés" contre les menaces que représentent  pour lui la politique poutinienne et les visées de Pékin.                                                                 Mais est-on encore dans un même contexte de "guerre froide" et l'organe international, même réactualisé, va-t-il encore servir de bras armé de Washington et de ses intérêts? Ce fut  il y a peu au Kosovo et en Irak: a-t-on oublié les aveuglements et les échecs sous la bannière de l'ONU, sous la houlette des USA?   La notion de sécurité collective est discréditée pas des dérives certaines,  paralysée par un fonctionnement chaotique ou hégémonique.                 Les "alliés" européens se montrent souvent plus que réservés vis à vis de l'orientation anti-chinoise des déclarations de Biden; un défi systémique, selon lui, alors que l'Ouest a tout fait, d'abord par intérêt, pour donner à la puissance chinoise les moyens de développer l' "atelier du monde". De quoi mettre l'Europe notamment dans l'embarras, notamment l'Allemagne qui fait depuis longtemps les yeux doux à Pékin. La réalité russe est plus complexe que les idées dominantes qui circulent à Washington.

           "....Le président américain est arrivé à Londres le 11 juin et a participé en Cornouailles à la réunion du G7 (États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Italie, Japon), qui représente la fraction occidentale du monde riche (40% de la richesse mondiale). Il a promis 500 millions de doses de vaccins Covid-19 aux pays pauvres (essentiellement africains). Là-dessus, le 14 juin, le président s’est rendu au sommet de l’OTAN à Bruxelles et le lendemain, a rencontré les dirigeants de l’Union européenne. Enfin, il doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine à Genève le 16 juin. Les États-Unis veulent ce faisant apaiser les conflits commerciaux avec leurs alliés européens et s’assurer de leur docilité dans la guerre de moins en moins larvée entre les États-Unis et la Chine populaire...

      Le rôle de l'Otan apparaît comme de plus en plus discutable.  ___ Point de vue.

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dimanche 20 juin 2021

Regards

 __ Assange: liberté de l'information

__ Fiscalité des multinationales

__ Faut bien entretenir le château. Comme Schröder?

__ C News= Fox News?

__ Bacalacon: quel bac?

__ Philo: on dématérialise


__ Logique comptable

__ Démasqués!  Sans masques aujourd'hui dans la rue, je n'ai pas reconnu mon voisin tout de suite. Il avait vieilli de plus d'un an, avait perdu des dents et avait un drôle de bronzage au dessus du nez. Sans doute ce fut réciproque.

🤔😉 Certains avaient l'impression de se retrouver tout nus en public et exhibaient un sourire de soulagement ou une gêne évidente. Une nouvelle phase dans cette histoire de masques qui avait très mal commencé avec le bazar de Mme Buzin. Restera la dernière étape: revoir enfin le sourire de ma boulangère....… 😍 _____________________________________

samedi 19 juin 2021

Fièvre acheteuse

 Je consomme, tu consommes, nous sur-consommons

                                                         Si certains peinent à terminer leurs mois et comptent leur derniers euros, d'autres se laissent happer par le fièvre acheteuse. Acheter pour exister, c'est ce à quoi nous pousse un système productif et ses relais marchands. Je consomme, donc je suis. Tout nous pousse à trouver le sens de notre vie dans l'acte marchand et dans la différenciation sociale qu'il confère: consommer, c'est se distinguer. Pas seulement pour les voitures et les objets aussi luxueux qu'inutiles. L'image de soi en dépend. Le narcissisme est fondateur. C'est le rush, annonciateur de futures ruées frénétiques.
    Les centres commerciaux préparent l'ambiance, chauffe le public (favorisé, surtout), en vue du grand Noël des superprofits.   Amazon a ouvert le bal. Les autres suivent par mimétisme marchand.                             Mon grand-père paysan, qui vivait presque en autarcie, consommait très peu, dans les rares magasins du village ou de la ville voisine. Un costume pouvait durer quasiment une vie, comme une paire de chaussures neuves, qu'on faisait réparer régulièrement. En dehors de cela, quelques biens de consommation courante qu'on ne produisait pas à la ferme.

      Avec le capitalisme marchand, devenu hypertrophié, à partir des années 70, nous sommes entrés dans un ère de consommation généralisée, voire d'hyper-consommation. L'acte d'achat est devenu central dans beaucoup de vies, sans relief ni idéal, voire désespérées, permettant d'oublier, dans des temps considérés comme forts, d'excitation fiévreuse. la banalisation de la vie.
    Acheter, toujours acheter est devenu un leitmotiv, qui finit par envahir les vies jusqu'à la saturation, du moins pour les plus favorisés. On prépare les futures orgies de Noël.
    L'acte d'achat est devenu souvent une fin en soi, les vrai besoins étant passés au second plan, comme les plaisirs authentiques et simples et la satisfaction étant toujours compromise dans une fuite en avant qui n'a plus de sens..

    Cette hyperconsommation a ses temps forts, comme le jour du Black Friday, où les promotions réelles ou factices attirent le chaland, donnant aux prix une valeur de plus en plus problématique.
    C'est la chasse individualiste à la promo, devenue facticement une urgence. Y aller avant les autres ou contre les autres s'il le faut. Les fauves sont lâchés.
   Les valeurs consuméristes ont pris le dessus, stimulées par une publicité de plus en plus habile et persuasive. Bernays avait ouvert la voie.
   Le mimétisme marchant, prenant parfois des formes extravagantes, finit par miner les existences en tuant le désir.

  Les "vedettes" ouvrent le bal par leurs folles dépenses, qui renforcent les frustrations.
    C'est le piège, la drogue dure, qui peut miner une vie.
 C'est une fuite en avant illusoire, mettant en péril les conditions de survie de notre planète.
   La dictature des consommateurs qui répond à celles des producteurs et des marchands, qui ont toujours un temps d'avance, n'est pas sans conséquences sur notre futur proche.
   Mais qui s'en soucie?
Certains font de la résistance et réfléchissent à une vie juste raisonnable, frugale même, mettant en accord leur vie et leurs principes. dans une consommation responsable Ils sont trop   minoritaires encore.
  Le mythe du client-roi a la vie dure.
       Et le citoyen dans tout cela, dans l'ère de l'individualisme engendré par les marchands d'illusions?

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vendredi 18 juin 2021

Deux mots sur Zemmour

      L'étoile montante de l'extrême droite française, qui fait le bonheur de CNews, la chaîne de Mr Bolloré lui laissant généreusement le micro. Une question de tolérance selon lui. Vraiment?                                     ____CNews n'est pas une chaîne comme une autre, comme Valeurs Actuelles n'est pas un périodique comme les autres, avec un manager comme un autre. Comme Fox News, où on ne s'embarrasse pas de vérités ou de nuances..                 ___L'"ami africain" de Nicolas Sarkozy, qui se construit peu à peu un empire dans plusieurs domaines, s'intéresse beaucoup aux médias. Par pur désintérêt et par amour de l'information bien faite? On peut en douter....        Un appétit qui ne se dément pas chez ce Killer et une complicité qui ne fait plus de doute avec l'éditorialiste qui  -au moins-  fait monter le taux d'audience.   Celui-ci ne s'embarrasse pas de nuances et adore surfer sur la vague nationaliste et xénophobe qui monte, avec un aplomb qui ne se dément pas, laissant même entrevoir une prochaine destinée politique. Un cran de plus dans ce qui se préparait depuis des années. L'occasion fait le larron.                                                                            Le descendant avoué de Juifs berbères fait de moins en moins dans la nuance sur les sujets sociétaux et politiques dont il s'empare. Un beau florilège déjà, pour cet "historien" très sélectif et orienté.

             Singulière conception de l'histoire...
     Gibbon est lu avec de drôles de lunettes.
Pas de critiques de la mondialisation en cours et du système économique qui autorise, encourage même  ce que l'auteur considère comme une déferlante.
     Il en rajoute à  Obertone lui-même , tout dans la nuance l'excès, en déclin maintenant.
_________________ "Le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie", dit par expérience Levi-Strauss
   Il met certains à cran
Lepéniste, Zemmour? Il s'en défend, même s'il a déjeuné avec Jean-Marie, toujours aussi nuancé.
    Peut-être seulement inconséquent, xénophobe (un peu quand même...) et à courte vue, racialisant la délinquance. (*)

Une histoire grand guignol...

      Le bêtisier est impressionnant...Morceaux choisis:
    " Concernant Pétain, je réhabilite l'armistice de 1940. Au fond, le maréchal a fait la même chose qu'en 1917, il a gagné du temps pour attendre les Américains. » 
« Plus je vieillis, plus je pense que nos ancêtres étaient mieux que nous ! La littérature était supérieure aussi. A part la médecine et la technologie, je ne vois pas où sont les progrès.» , etc...
__________________On ne niera pas les problèmes liées à une immigration (souvent réclamée par la patronat) mal maîtrisée, non négociée, dans l'espace-passoire Schengen, au coeur d'une mondialisation ouverte à tout vent...
    Zemmour semble ignorer les causes d'une immigration le plus souvent non choisie.
   Mais on ne va pas pour autant guillotiner le journaliste le plus décrié du PAF ...pour son ignorance et ses élans ethnophobiques. Et paf!
      Malaise à RTL...
       La posture zemmourienne est difficile à défendre.  On peut lui conseiller de calmer ses nerfs, de se retirer du PAF et de faire un peu de sport et surtout beaucoup d'histoire, sérieusement, pas revisitée....pour ne pas nous raconter des histoires
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jeudi 17 juin 2021

Nos ancêtres

 ...Les Gaulois ♪♫♪   (air bien connu) c

                                   Voyage au bout de la pelle et du microscope.
                                         Tous les jours, on en apprend un peu plus sur "nos ancêtres les Gaulois".
   Ils sont loin les mythes véhiculés par Lavisse et consorts, quand les événements imposaient la nécessité d'un sursaut des esprits autour d'un roman national bien ficelé.
     Un mythe encore parfois naïvement instrumentalisé.
       Un récent document, produit sur France5, montre assez bien que depuis quelques dizaines d'années  la connaissance historique sur un peuple qui n'a jamais existé en tant que tel, mais comme un ensemble de communautés parvenues à un degré de développement qu'on ne soupçonnait pas et à une activité économique intense et variée, contrairement à tous les clichés. n' a cessé de progresser.
   On n'a pas fini de revisiter cette période, au fur et à mesure des découvertes, plus nombreuses qu'on ne pouvait prévoir. 
  Les sciences et les techniques annexes de l'histoire: archéologie aérienne, fouilles méthodiques, analyse chimique des reliefs de toutes sortes mis au jour ont donné à la connaissance des moyens inédits.
        Reconsidérer sans cesse l'histoire qui se fait est une nécessité.
__Pour la compréhension de certaines périodes, surtout celles qui n'ont pas laissé de traces écrites, ou qui ont laissé des indices insuffisants, l'historien est souvent confronté au manque de documents lui permettant d'accéder à une compréhension satisfaisante des événements, des données civilisationnelles, des pratiques sociales et économiques, des changements en général.
 L'archéologie, s'enrichissant de méthodes toujours plus élaborées, de techniques toujours plus fines et de moyens sans cesse renouvelés, vient souvent, comme science annexe, donner à l'historien des éclairages nouveaux pour interpréter telle période ou tel aspect d'une époque.
   C'est ainsi, par exemple que la compréhension de la vie en Gaule pré-romaine ne cesse de s' amplifier, grâce aux techniques expertes des fouilles méthodiques, aux décryptages des traces matérielles du passé, préservées plus ou moins partiellement.
  Elles remettent souvent profondément en question des interprétations parfois naïves ou simplistes traditionnelles, des préjugés sur une époque.
      Du coup, on peut dire que l'histoire, surtout ancienne, est régulièrement revisitée, approfondie et corrigée.
 Celle de la France, en particulier, de son passé néolithique ou plus récent.
_"Des sols de France, les archéologues rapportent en effet une nouvelle histoire, très 
différente, souvent opposée à celles des textes et à une historiographie souvent dupe ou complice des idéologies. Celle de notre territoire entier et des sociétés qui l’ont occupé et non limitée à ce dont les textes anciens témoignent. De la préhistoire au néolithique, de l’âge du bronze à l’époque contemporaine, les près de 200 sites de fouilles présentés dressent par de brefs textes et des images un portrait inédit."
            L'histoire des Gaulois sort transformée de fouilles organisées dans les trente dernières années, souvent au hasard des grands travaux urbains ou autoroutiers.
Apparaît maintenant un peuple complexe,organisé, hiérarchisé, raffiné, non démuni de moyens...Une image nouvelle, qui bat en brèche les représentations naïves ou tronquées que des siècles d'écriture historienne et de manuels scolaires ont véhiculées.
 L'occupation du territoire, le type d'économie, les brassages de populations, la nature des "invasions barbares"...tout prend un nouveau sens à la lumière des reliefs que le passé a laissé plus ou moins bien conservés, par une série de hasards heureux.
"L’archéologie donne là du grain à moudre à l’anthropologie, à l’histoire sociale et des idées. Pas seulement par les informations sur la vie quotidienne, l’économie, mais aussi les traces des représentations et des idéologies, comme ce glissement, il y a environ 6000 ans des images de la féminité – sexualité, fécondité – vers celles du masculin, de la guerre, de la domination, du pouvoir. Les tombes les plus riches montrent des chars, des flèches, des canines de loup, des signes solaires..."
   L'archéologie 
aérienne, notamment dans la France du Nord, a renouvelé complètement nos croyances concernant l'occupation du territoire pendant la période gallo-romaine.
____Les exemples sont innombrables.
Bavay, la cité de Grand , cité-sanctuaire gallo-romaine, vouée à l'oubli pendant des siècles, ressuscitée maintenant. Le cas de Thérouanne, plus proche de nous, où les fouilles se poursuivent...
   Pour le passionné, faute de pouvoir se déplacer, il y a de quoi passer des heures, des journées à explorer virtuellement les données de ce portail sur l' archéologie, à approfondir les différents usages de la documentation archéologique, à s'intéresser aux grands sites archéologiques, dans tous les pays, à découvrir même des civilisations oubliées...

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mercredi 16 juin 2021

Fin de vie

 Seule compte la vie

                                   La mort n'est "rien" pour nous, comme disait Epicure, qui y voyait le retour à un néant absolu, à une nature qui prend et recycle tout ce qu'elle produit. C'est pourtant "quelque chose", car dans le parcours d'une vie humaine, elle vient inéluctablement mettre un terme à une aventure singulière, à une expérience subjective, existentielle, dont le point final pose toujours problème pour soi et pour les proches. Rien ne vaut la vie, comme chante Souchon, mais il est des cas où la prolonger inconditionnellement peut faire problème, parfois cruellement. Lorsque la médecine a échoué sur tous les plans, lorsque la souffrance, parfois extrême, prend le dessus en permanence, quand les accompagnements ne sont plus d'aucune utilité ou n'existent pas, il devrait être accepté, dans le cadre d'une législation ouverte quoique rigoureuse, de pouvoir mettre un terme, par sa propre décision autaut que possible, à une vie qui en vérité n'en est plus une....      Mais en France, contrairement à beaucoup de pays voisins même de tradition catholique, les lois restent restrictives et ambiguës, malgré les nombreuses et anciennes campagnes d'information, comme à l'AMD, un partie du corps législatif et des organismes d'Etat, s'enferme dans un conservatisme parfois aveugle, organisant une résistance qui, on le sait, ne pourra durer.                                                                                                                   L'exemple récent de Alain Cocq devrait pourtant interpeller, après tant d'autres; "...Il voulait mourir depuis plusieurs années – revendication qu’il avait par ailleurs médiatisée en 2020 – et réclamait le droit à l’euthanasie. Militant français de la fin de vie « digne », Alain Cocq, 58 ans, est mort mardi 15 juin par suicide assisté en Suisse, geste ultime mettant fin à des décennies de souffrance, qu’il a accompagné d’un dernier message fustigeant « le manque de courage » de la classe politique...."

       Mourir "dans la dignité".  Autant qu'il est possible.   Seule vaut la vie, mais quelle vie? 

                     Le débat est à nouveau sur la sellette, aujourd'hui à l'Assemblée. Avec beaucoup de résistances, comme si le sujet était encore tabou, après tant d'années de non dits et d'offensives de milieux conservateurs, souvent ignorants des pratiques réelles sur le terrain, surtout dans le contexte de la grande vieillesse et du milieu hospitalier. Après plusieurs pays d'Europe, dont le très catholique Portugal et l'Espagne . En France, les élus tergiversent, renvoient à la loi Léonetti, qui a montré ses limites, évoquent les soins palliatifs, toujours insuffisants. La proscratination est encore de mise. Beaucoup de confusions , parfois entretenues, règnent encore sur le sujet, malgré les choix et les exemples récents, comme pour Anne Bert ou Paulette. La loi doit s'exercer, non pour imposer quoi que soit, mais pour garantir des conditions de fin de vie qui ne soient pas des calvaires sans fin. C'est au sujet de décider, dans le cadre des conseils médicaux et sous le contrôle de la loi, celle justement qu'il faut changer pour encadrer une pratique souvent clandestine. Houellebeq se trompe. Il ne s'agit pas de fin sur commande. Il s'agit d'une assistance dans certains cas bien particuliers, le sujet état lui-même autant que possible demandeur..  Le terme d'euthanasie prête souvent à confusion.  Pour une mort acceptable     Vieillir:personne ne peut prétendre pouvoir y échapper, sinon en imagination.  Mourir est la seule chose dont nous pouvons être sûrs et fait partie naturellement du cycle de  la vie. Bien vieillir ne dépend pas que de nous.    Ce que nous pouvons parfois choisir, ce sont les conditions de nos derniers instants, les modalités de notre fin programmée.

Une réflexion sans dogme

               Si celle-ci devient une caricature de vie, s'accompagne de souffrances insupportables, de dégradations profondes et irréversibles, l'euthanasie, quand elle peut être choisie, reste une solution permettant de garder une certaine maîtrise  du passage que nous pouvons lucidement assumer.      Mais il peut se faire que l'on décide à notre place si nos instants ultimes sont jugés marqués de trop de dégradations irréversibles, de douleurs insoutenables, de conscience diminuée, les efforts pour la réduire étant vains, les soins palliatifs jugés inutiles ou défaillants.
    L'euthanasie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls soignants, elle ne peut se réduire à un acte technique.
                On sort là de la simple expertise médicale et les médecins sont partagés sur un domaine où l'on touche à des notions subjectives délicates de morale et parfois d'options religieuses, qui n'ont pas fini de faire débat.
         La  fin de vie en France n'est pas ce qu'on croyait.
Les conditions de la mort à l'hpital notamment ont changé et la loi Leonetti n'est plus suffisante ou est mal appliqûée
   En France, près de la moitié des décès (48 % en 2010) a été précédée d'une décision médicale ayant pu hâter la mort du patient. Mais des médicaments ont été donnés pour mettre délibérément fin à la vie dans seulement moins de 1 % des cas. Les décisions prises s'appuient dans leur grande majorité sur les dispositions de la loi Leonetti qui permet sous certaines conditions de limiter ou d'arrêter un traitement, ou d'administrer des médicaments afin de soulager les souffrances du patient, qui peuvent avoir pour effet d'avancer la survenue de la mort. Toutefois, les prescriptions légales encadrant ces décisions ne sont pas encore totalement connues ou respectées : les décisions de fin de vie ne sont pas toujours discutées avec les patients et les équipes soignantes ; la rédaction par les patients de directives anticipées, proposée par la loi Leonetti pour que les soignants prennent en compte leurs souhaits, reste en pratique très rare.
      Des règles s'imposent pour encadrer une pratique souvent tue et des dérives toujours possibles, dans des situations toujours diverses, dans lesquelles le personnel soignant se trouve souvent seul, sans prescription ni garde-fou, seulement livré à sa propre conscience et à des errances possibles. La compassion n'est pas un guide sûr et la décision collective peut aider à la  modération, la décision plus éclairée.
   La réflexion évolue dans les pays européens, où les législations sont assez diverses.
En Belgique, l'euthanasie représente un droit strictement réglementé.
     Le rapport Sicard entrouvre la porte au suicide assisté, définissant que l'assistance pourrait  être envisagée dans certains cas exceptionnels, sans céder au calcul économique , aux intérêts collectifs ou familiaux, au désarroi passager du malade ou aux pressions douteuses des familles.
  Des gardes-fous peuvent être mieux précisés, non pas tant pour prescrire ce qu'il faut faire, mais plutôt pour délimiter le périmètre des conditions d'intervention réfléchies, acceptables, humaines, au cas par cas.
  Droit de mourir dans la dignité, oui, mais à condition que l'on s'entende sur le sens que l'on donne à la notion équivoque de "dignité"...
   Le rapport de 2012 représente un pas important permettant d'affiner le jugement de tous sur ces questions et d'inspirer la réflexion et la pratique médicale, parfois isolée et désemparée.
      On ne meurt plus comme autrefois, on vit plus vieux, à la merci de plus de risques de santé, au sein de structures hospitalières et de soins dont le personnel doit être éclairé, soutenu et déculpabilisé.
             Comme le précise M.Winckler à propos du rapport Sicard , "Dans son rapport, le professeur Sicard porte un regard sévère sur une médecine sourde aux attentes des patients. "Chaque jour voit croître dans notre société une revendication très largement majoritaire (entre 80 % et 90 % selon les sondages d’opinion) de personnes répondant positivement à une demande de légalisation d’euthanasie, lit-on dans le rapport. Il ne s’agit pas de revendications simplistes ou naïves de personnes qui n’auraient pas compris la question. Il s’agit d’une demande profonde des personnes interrogées, de ne pas être soumises dans cette période d’extrême vulnérabilité de la fin de vie à une médecine sans âme." Des débats organisés dans plusieurs villes de France, la mission a ainsi retenu "le malaise, voire la colère" et surtout "la hantise [des Français] de basculer dans une situation de fin de vie insupportable, de souffrir ou de voir souffrir leurs proches".
   Mieux vaut une loi imparfaite et provisoire qu'une pratique secrète et solitaire soumise aux aléas de la subjectivité
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mardi 15 juin 2021

Israël: et après?

 Une chute attendue, une coalition improbable

         Deux mots sur un tournant qui n'en n'est pas vraiment un.

                      C'était attendu. Bibi a chuté. La justice va pouvoir s'exercer enfin.  Mais la suite laisse songeur. Que vaudra une coalition où la chèvre côtoie le choux?    Certains diront: on est passé de la peste au choléra. Difficile de faire pire que Bibi, le roi du chaos. C'est tout le système qui est en crise, et depuis longtemps. Rien ne risque de changer sur le fond, juste moins d'autocratisme et de cynisme.  (*)  
                                   Les résultats qui suivront risquent d'être très inattendus, mais pas dans le sens espéré. Le pourrissement de la situation risque de s'aggraver dans le contexte actuel. L'apartheid de fait peut aller vers un renforcement, tant que les USA soutiennent inconditionnellement Jérusalem. L'absence de constitution et un système  électoral de proportionnalité intégrale n'arrangent pas les choses et favorisent les pires alliances. Rabin, au secours!

     _____(*)  "....Mais le climat dans lequel il quitte ses fonctions, le dépit hargneux qu’il se montre incapable de contenir, comme ses propos provocateurs et irresponsables, sont ceux d’un aventurier de la politique et d’un chef de clan, drogué au pouvoir et avide des honneurs et des privilèges qu’il procure. Un homme dont l’effacement ne peut pas nuire à son pays.    Comment ne pas se réjouir de la chute d’un chef de gouvernement poursuivi pour corruption, fraude, abus de confiance, qui attribue son infortune judiciaire à l’« État profond », aux élites, à la gauche, aux magistrats, à la presse ? Comment ne pas se féliciter, sept mois après la défaite de Donald Trump, d’assister à la sortie de scène de son « ami Bibi », cousin du président américain en mégalomanie et en égocentrisme, comme en déni massif de la réalité ?   Ici s’arrête, hélas, pour les Israéliens et les Palestiniens, la similitude des situations.  Car si, aux États-Unis, Joe Biden est arrivé au pouvoir résolu à rompre avec les grandes lignes de la politique de Trump et à rectifier une partie au moins de ses pires erreurs, Naftali Bennett, le nouveau premier ministre israélien, n’annonce aucune rupture historique et n’incarne rien de réellement nouveau. Ni en matière économique et sociale, ni en politique, ni surtout en ce qui concerne les réponses à la « question palestinienne ».   Seuls devraient changer, au moins à première vue, les personnalités des principaux acteurs de l’exécutif, la vision de certaines questions de société et les aspects les plus choquants de la gouvernance imposée par Netanyahou.   Au « démocrateur » – dictateur démocratiquement élu –, selon les termes de Haaretz, pourrait succéder un chef de gouvernement moins idéologue et plus pragmatique. Plus respectueux des formes de la démocratie parlementaire. Moins influencé par les régimes « illibéraux » d’Europe de l’Est.   Mais rien ne dit qu’à la politique du statu quo et de « gestion du conflit » pratiquée par Netanyahou face aux Palestiniens sera substituée une politique de « résolution du conflit ». Et moins encore un retour au « processus de paix ». Pour une raison simple : le nouveau premier ministre n’y est pas du tout disposé et il n’existe aucun consensus dans ce domaine entre les huit formations qui constituent la nouvelle majorité parlementaire.  Plusieurs d’entre elles, parmi les principales, ont sur ce point des conceptions qui ressemblent fort à du Netanyahou sans Netanyahou : hostiles à la création d’un État palestinien, résolues à poursuivre – voire à développer – la colonisation des territoires occupés, et favorables à l’annexion d’une large partie de la Cisjordanie.   À vrai dire, lorsque leurs dirigeants ont commencé à négocier, elles n’avaient qu’un seul dénominateur commun : « dégager Netanyahou ».  Quels partis trouve-t-on autour de Yesh Atid (« Il y a un avenir »), la formation centriste laïque de l’ancien animateur de télé Yaïr Lapid qui fut l’architecte de la « majorité de changement » désormais au pouvoir ? Leur simple énumération donne une idée de l’hétérogénéité de la nouvelle coalition. Et sans doute de l’un des problèmes majeurs que devra affronter le successeur de Benjamin Netanyahou...."_____________________

lundi 14 juin 2021

Ils sont partout

Les algorithmes. Pour le meilleur et pour le pire. 

               Simples ou sophistiqués, ils sont au coeur des systèmes informatiques, qui ne sont que des modes de calcul de plus en plus performants. Ils sont en action au coeur de nos portables pour simplifier, accélérer et anticiper nos recherches. Ils peuvent aider à prévoir comme en météorologie et même à diagnostiquer, comme en médecine de pointe...Ils ont un avenir quasi infini et souvent prometteur.             Mais c'est certains de leurs usages qui posent problème, parfois de manière très problématique.  Ce ne sont pas des outils neutres. Ils nécessitent d'être maîtrisés, sous peine de dérives sociales et humaines pouvant être graves. Parler de nécessaire contrôle éthique est tout à fait approprié dans certains domaines.                        La numérisation à outrance et sans discernement entraîne des danger méconnus.

                                 Il importe de démystifier le big data.
 Tout juste des outils imparfaits, surtout dans le domaine des choses humaines.
    Que ce soit dans celui de la justice, de l'éducation, etc...
       Qui peuvent être un danger pour la démocratie:
       Révoltée par la responsabilité des algorithmes dans la crise des subprimes, elle (Cathy) a ensuite démissionné pour rallier les rangs d'Occupy Wall Street, dont elle fut une figure. Depuis, cette militante sonne l'alerte sur les méfaits méconnus de ces outils mathématiques de sélection ou d'évaluation dans les services publics ou, pour nous cibler, dans les bureaux des multinationales. Elle était de passage à Paris à l'occasion de la publication de son livre en français.
Une critique de la "raison numérique" s'impose plus que jamais, comme le souligne Eric Sadin ou Dominique Cardon.        Dans le domaine politique, leur usage débridé comporte de réelles menaces démocratiques
              "La liberté d’expression, comme nous l’entendions jusqu’à présent, reposait sur l’idée que des humains parlaient à d’autres humains. Il y a toujours eu une asymétrie entre ceux qui parlent et ceux qui écoutent, mais cette asymétrie demeurait dans le cadre de l’humanité. Qu’en est-il de cette asymétrie quand ce sont des machines et des algorithmes qui s’adressent aux humains ? Quand les humains qui reçoivent les messages n’ont aucune idée de ce que les machines savent sur eux et de la raison pour laquelle ils les reçoivent.     En 2016, la société Cambridge Analytica innovait en permettant aux organisateurs de la campagne du Brexit d’élaborer et diffuser dans une quinzaine de communautés des messages anti-européens ciblés (“L’Europe, c’est l’impôt”, pour la City, “L’Europe c’est le chômage” et “l’immigration” pour les ouvriers et les chômeurs du nord, “les quotas de pêche” pour les pêcheurs, « la fermeture des services de la NHS » pour les malades), alors que les “remainers”, qui défendaient le maintien dans l’Union Européenne, tentaient de proposer un discours unique, global et cohérent.     C’est ainsi que la vie politique change de nature. L’agenda de la campagne électorale compte beaucoup moins. La bataille pour le contrôler perd de son importance. Il y a encore des débats ou des échanges d’arguments entre responsables politiques, mais l’important se passe en-deçà ou au-delà de l’espace public. Comme le souligne Lessig : « L’économie moderne de la liberté d’expression n’est pas pilotée par des éditeurs qui cherchent à publier ce que leurs lecteurs pourraient comprendre, mais par des machines qui fabriquent un discours fondé sur le comportement que l’on désire obtenir. Dans la plupart des cas, ce comportement est simplement commercial : cliquer sur une publicité. De façon plus préoccupante, ce comportement va parfois au-delà du commercial : prendre d’assaut le Capitole ».         Que devient la démocratie si une campagne électorale cesse d’être ce moment où la communauté nationale, par le débat public et la controverse, décide collectivement de son destin ? Si elle devient la résultante de stratégies d’investissements publicitaires fondées sur un micro-découpage de l’opinion et des micromanipulations quotidiennes ? Que devient, même, la Nation ? La fragmentation de la communauté nationale en de multiples cibles, l’envoi de messages spécifiques à ces micro-segments, dans le secret et sans contradiction, interdisent une réelle délibération politique, préalable au vote. La démocratie est née dans l’agora. Elle a besoin d’un espace public qui soit réellement public. Le microciblage et la publicité politique personnalisée désintègrent l’espace public.                             Certes le RGPD (règlement général sur la protection des données) et l’interdiction de la publicité politique protègent l’Europe de certaines de ces pratiques. Un parti politique français ne pourrait pas constituer une base de données de près de 200 informations différentes sur 80 % du corps électoral pour cibler ses messages, comme le font tous les candidats à la présidentielle américaine. Mais cette protection est largement insuffisante. Les réseaux sociaux et les moteurs de recherche dessinent le territoire numérique dans lequel nous évoluons, sans possibilité d’en sortir, ni, bien sûr, de débattre collectivement des règles du jeu pour choisir celles que nous accepterons. Il ne s’agit pas seulement de publicité : leurs algorithmes nous proposent nos “amis”, filtrent les contenus qui nous sont présentés, choisissent, sur YouTube, les “deuxièmes” vidéos proposées, ou, sur Facebook, les 12% seulement de contenus de nos amis qui sont visibles. Sur Tik Tok, ils sélectionnent les vidéos non datées qui sont proposées, quand nous cherchons un hashtag.  Ils nous constituent en cohortes pour les annonceurs. Et la somme de ces décisions construit une camisole algorithmique propice aux stratégies d’influence politique invisibles dans l’espace public. Cette machinerie peut fonctionner malgré l’interdiction de la publicité politique. Les manipulateurs peuvent adresser des messages non publicitaires, ou non politiques, à des communautés identifiées comme potentiellement réceptives. La société Cambridge Analytica a amplement raconté la manière dont elle a inversé le cours d’une élection à Trinidad et Tobago grâce à une campagne de promotion de l’abstention, dont elle savait qu’elle aurait un impact différencié selon les ethnies. Les hackers et les bots d’Evgueni Prigojine sont très friands de la thématique de la défense des animaux, par exemple. Et nous ne sommes qu’au début d’un processus dont les perspectives sont vertigineuses. Une expérience de psychologie sur les « deepfake » a montré qu’en croisant légèrement les traits d’un homme ou d’une femme politique avec ceux d’une personne, cette dernière trouve le politique plus sympathique et est plus encline à lui accorder sa confiance. Qu’est-ce qui empêchera de concevoir une stratégie présentant à chaque électeur une image du candidat légèrement mêlée à la sienne ?  ....Sans aller jusqu’à ces scénarios extrêmes, pourtant probables, la publicité ciblée et les algorithmes changent déjà en profondeur les règles de la vie politique. Avec quelques millions d’euros d’investissements, il est possible d’influencer significativement le résultat d’une élection dans de nombreux pays...."   __________________