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vendredi 25 avril 2008

C.Enderlin: un journaliste exposé

Un correspondant de presse entre deux feux...Français et Israëliens , il subit des critiques de part et d'autre, mais reste ferme sur certains principes d'éthique journalistique (« À partir du moment où un correspondant de presse commence à travailler en tenant compte des réactions éventuelles que son information va susciter, il est fini ».C.E.)

--Par le feu et par le sang---
(Amazon.fr: Par le feu et par le sang)
(Video Charles Enderlin 'Par le feu et par le sang' )

"Ce récit vivant, haletant, raconte l'histoire du combat des militants sionistes de Palestine en vue de la création d'un Etat indépendant, depuis les années 1930 jusqu'à la fondation d'Israël en 1948. Il est fondé sur une enquête de l'auteur auprès des derniers témoins de cette aventure, des sources indiscutables et de nombreux documents inédits.Trois acteurs principaux : l'Angleterre, qui exerce un mandat sur la région depuis la fin de la Première Guerre mondiale, les Arabes (c'est ainsi que l'on nomme les habitants palestiniens) et les Palestiniens (c'est sous ce nom-là que l'on désigne alors les Juifs de Palestine...). La lutte sera sauvage. En vertu de la Déclaration Balfour, prévoyant la fondation d'un Foyer national juif sous le mandat britannique, les militants sionistes poussent leur avantage dans la région, suscitant la révolte des Arabes. Plus tard, lorsqu'éclate la Deuxième Guerre mondiale, l'Irgoun (la principale organisation nationaliste juive) se scinde en deux. La majorité rejoint les Alliés dans le combat contre l'Axe, une minorité poursuit la lutte antibritannique et recherche l'entente avec le Reich. A partir de 1944, toutes les organisations paramilitaires juives (Haganah, Stern, Irgoun) participent à l'action armée contre les Arabes et l'occupant anglais. C'est évidemment le coeur du récit. Attaques contre les postes de police et les bases militaires britanniques, multiplication des attentats, destruction de l'hôtel King David, massacres et explusions en tous genres... : l'Etat d'Israël sera fondé par le feu et par le sang.On a un peu oublié que nombre de leaders politiques israéliens furent des terroristes dans leur jeunesse (Menahem Begin, Yitzhak Shamir, etc.). Ce livre raconte aussi leur histoire."

-Charles Enderlin - Wikipédia
-Charles Enderlin, chroniqueur averti du Proche-Orient
- Charles-enderlin (son blog)
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-Quand Israël favorisait le Hamas.
-Spécial Israël : Une naissance « par le feu et par le sang »,
-Charles Enderlin et le petit Mohammed
-La haine envers Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem
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- USA: contre-lobby juif...
-C.Enderlin: un journaliste exposé

lundi 22 novembre 2010

Guerre des mots au Proche-Orient


Mots, maux et lassitude

Aujourd'hui ou peut-être jamais...

Y a-t-il encore des mots pour parler d'un conflit qui dure depuis si longtemps, sans perspective de solution proche, malgré les promesses, les rares éclaircies, les illusions de paix, les échecs, les provocations, les régressions, l'enlisement?
Les mots semblent avoir perdu leur contenu et l'esprit s'épuise à leur donner encore une signification, comme ceux de"processus de paix","négociations", etc...Mots manipulés, usés et subvertis. Comment encore parler de ce qui n'est souvent que leurre, quand la situation est
devenue absurde, quand les mots ne font plus que renvoyer aux maux qui s'éternisent?..Mots piégés.
__Beaucoup de journalistes eux-mêmes, sur le terrain, sont au bord de la fatigue, de l'accablement
même. Peu s'accrochent encore parfois courageusement, malgré tout, pour produire des analyses autant que possible dégagées des passions, du discours usé, comme Charles Enderlin, qui, en tant que franco-israëlien, est sans doute celui qui est le moins fataliste, probablement parce qu'il connaît bien le terrain et se sent existentiellement impliqué.
___Malgré une volonté sporadique de rompre l'engrenage , de sortir du bourbier, les conditions d'une paix seulement espérée semblent s'éloigner. La surdité du gouvernement israëlien freine toute avancée autre que verbale, pour, à l'évidence, mener à bonne fin le processus de colonisation de la Cisjordanie.
_ Les silences d'Obama
et son ambiguïté désespérants semblent compromettre un déblocage nécessaire, que les USA auraient seuls actuellement la capacité politique d'effectuer.
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"...Dans la région, les mots, il faut s’en méfier."... Doit-on parler de ‘mur de séparation » ou de ‘barrière de sécurité’? De Cisjordanie ou de Judée-Samarie ? De Palestine ? De terroristes, de martyrs ou encore de militants? L’adjectif devient lui aussi suspect. Le journaliste doit-il qualifier les Territoires d’occupés ou parler simplement de palestiniens? Cette guerre des mots ne se limitent pas aux Israéliens et aux Palestiniens. Le Hamas et le Fatah ont également leur rhétorique. Car c’est aussi dans les médias que les bélligérants espèrent gagner la bataille...

Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, tranche d’emblée le débat. Pour lui, il faut employer les mots « homologués » par la communauté internationale et ne pas avoir peur d’appeler un chat un chat...__Pour Christophe Boltanski, la situation est moins lisible aujourd’hui que par le passé. Selon lui, il y a quelques années encore, les journalistes français et leurs homologues américains avaient effectivement tendance à être légitimistes, à « coller » à la diplomatie de leurs gouvernements. Mais quelle est actuellement la position de la France? Les Etats-Unis ne reconnaissent-ils pas officiellement la nécessité de deux Etats? « Tout est aujourd’hui beaucoup plus compliqué. Il faut relire ce que la presse américaine a écrit à l’époque de la guerre de Gaza, c’était extrêmement critique à l’égard des Israéliens », ajoute-t-il. Et puis que signifie être pro-palestinien à la lumière des rivalités entre le Hamas et le Fatah ?...

Mais après l’excitation des premières années, de nombreux correspondants ressentent une certaine lassitude. Jean-Luc Allouche, un ancien de Libération, a tout simplement renoncé. « Je devenais cynique, je n’avais plus une curiosité suffisante vis-à-vis de mes interlocuteurs », explique-t-il. L’impression de savoir ce que chacune des parties va dire avant même qu’elle ne le fasse, c’est aussi ce qu’est en train de vivre Karim Lebhour, le correspondant de RFI. « Je suis allé faire un reportage sur un village palestinien en conflit avec la colonie israélienne voisine, j’ai interrogé le maire du village et je savais à l’avance ce qu’il allait me dire », raconte-t-il.
__Il y a des mots que Christophe Boltanski ne peut plus prononcer comme « processus de paix », des lieux où il ne voudrait plus aller. « Il n’y a pas un colon d’Hébron qui n’aurait pas été interrogé au moins une fois dans sa vie, c’est de la folie », explique-t-il. Atteindre les limites de l’empathie, avoir l’impression
de remarcher sans cesse sur les mêmes traces. « Il y a un désintêrét dans les rédactions aujourd’hui parce qu’il y a un côté horriblement répétitif à cette histoire et une absence totale de visibilité sur ce qui peut se passer », poursuit-il. Un sentiment que l’ancien correspondant de Libération n’avait pas à l’époque où il était en poste : « Quand j’y étais, on pouvait penser que les choses faisaient sens, soit on allait vers la paix, soit on allait vers la guerre. Mais maintenant, c’est une sorte de serpent qui se mord la queue ». Christophe Boltanski affirme avoir même du mal aujourd’hui à lire des articles sur le conflit.
__Charles Enderlin, lui, ne semble jamais se lasser. Il y est pourtant en poste depuis plus de trente ans. En revanche, il ressent une réelle lassitude chez ses interlocuteurs à Paris. « Il y a encore quelques ann
ées, je diffusais trois ou quatre sujets par semaine. Aujourd’hui, il m’arrive d’en diffuser trois ou quatre par mois ». Cette lassitude, il l’a aussi ressentie outre Atlantique. « Même ABC, la grande chaine américaine, a fait l’impasse sur l’un des derniers voyages d’Hillary Clinton à Ramallah. La fin du moratoire sur les colonies a été complètement passée sous silence par la plupart des grands chaines américaines ». Mais pour l’infatiguable correspondant de France 2, les médias font une erreur d’appréciation. « En dépit du fait qu’il n’y ait pas de violences, on assiste aujourd’hui à un tournant dans l’histoire diplomatique de la région », explique-t-il, ajoutant un peu blasé : » Mais ce n’est pas assez exotique. Ca ressemble à de l’institutionnel »...." [Mediapart_-Grotius.fr]

__Rendre compte des faits sur le terrain est d'autant plus difficile que les mots sont investis, non seulement de passions, de dénégations, mais aussi de mythes identitaires, religieux, concernant la terre elle-même, chargée d'une histoire lourde d'imaginaire, à reconstruire, à réinterpréter. L'autre difficulté, signalée par des journalistes indépendants, est aussi que les mots sont manipulés par une certaine propagande israëlienne, destinée à justifier son intransigeance et à influencer la presse et l'opinion, pour les rallier à ses objectifs.
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Jean-Luc Allouche, les Jours redoutables (Denoel)

Charles Enderlin, Un enfant est mort (Don Quichotte Editions)

Karim Lebhour, Jours tranquilles à Gaza (Riveneuve éditions)

Renaud Girard, La guerre ratée d’Israël contre le Hezbollah (Editions Perrin)

Christophe Boltanski et Jihan El-Tahri, Les sept vies de Yasser Arafat (Grasset)

vendredi 22 novembre 2024

Le piège

Diviser pour mieux régner [Notes de lectures]

            Jouer avec le feu. Calcul machiavélique et impasse tragique. (ici)

                         De la dénégation à la réalité. Prémonition? Naguère déjà Yossi Alpher, un ancien fonctionnaire appartenant au Mossad, le service de renseignements, et ex-conseiller sur les négociations de paix à l’époque où Ehud Barak était Premier ministre, estime que le blocus de la bande de Gaza était un stratégie vouée à l’échec et qui pourrait renforcer le Hamas. « Je ne pense pas que quiconque puisse produire des preuves évidentes montrant que le blocus ait été contre-productif, mais il n’a certainement pas été productif. Il est très possible qu’il ait été contre-productif. C’est une punition collective, une souffrance [au plan] humanitaire. Il n’a pas conduit les Palestiniens dans la bande de Gaza à se comporter de la façon dont nous le voulions. Alors pourquoi le faire ? » déclare-t-il. « Je pense que des gens ont vraiment cru que si on affamait les habitants de Gaza, ils contraindraient le Hamas à cesser les attaques. C’est la répétition d’une politique vouée à l’échec, déraisonnable ».

                             " Le 7 octobre dernier, Israël était frappé par l’attentat terroriste le plus important de son histoire. Derrière lui, le Hamas laissait des milliers de victimes civiles, directes et indirectes – morts et blessés, traumatisés et endeuillés. Une année durant, le gouvernement de Netanyahou devait méthodiquement pilonner et affamer la Bande de Gaza. Les forces armées israéliennes devaient se livrer à des tueries de civils à un rythme inédit pour le XXIè siècle, tandis que les dirigeants multipliaient les propos considérés comme génocidaires par la Cour internationale de justice (CIJ). À Israël comme à Gaza, le conflit renforçait les forces maximalistes. Tandis que le Hamas était concurrencé par des groupes armés plus radicaux – notamment le Jihad islamique -, Netanyahou se pliait à l’agenda d’une extrême droite suprémaciste. Ce renforcement mutuel n’est pas neuf. Il remonte en réalité à l’assassinat de Yitzhak Rabin. Les dirigeants israéliens, conscients que l’hégémonie du Hamas leur fournirait une justification pour refuser la création d’un État palestinien, ont contribué à le renforcer. Retour sur un sabotage méthodique des issues pacifiques.       la progression du Hamas donne du grain à moudre à la droite (dominée par le Likoud), prompte à qualifier de « terroriste » toute forme d’opposition à la colonisation. Déjà fragile, la confiance de la population à l’égard des processus de pacification s’érode davantage. Il faut dire que la stratégie israélienne n’était pas totalement étrangère à cette montée en puissance du Hamas. En 2006, le reporter Charles Enderlin en résumait la teneur dans Le Monde : « depuis trente ans, les dirigeants israéliens ont misé sur les islamistes pour détruire le Fatah » [NDLR : le principal mouvement de l’OLP]. Depuis les années 1970 en effet, les gouvernements successifs avaient fait le pari de soutenir les Frères musulmans palestiniens pour affaiblir l’OLP. Les premiers étaient tolérés, voire encouragés, tandis que la seconde était prohibée et réprimée. Dans un premier temps, ce choix pouvait s’expliquer par une mésestimation du danger représenté par la mouvance islamiste1. Mais cette orientation stratégique a perduré bien au-delà de la création du Hamas....     


                                                                                                                        
Yitzhak Rabin déclarait que le Likoud était « le meilleur collaborateur dont le Hamas puisse rêver ». Amos Oz ajoutait que le Hamas était « le meilleur instrument que les faucons extrémistes d’Israël avaient à disposition ».                                                  En 2007, alors qu’une guerre civile sanglante déchirait le Hamas et le Fatah à Gaza, le chef des services secrets israéliens Amos Yadlin se déclarait « heureux » de la perspective d’une « conquête par le Hamas de la Bande de Gaza », qui « [permettrait] de la traiter comme un État hostile », ainsi que le rapporte Wikileaks. Durant les mandatures de Benjamin Netanyahou (au pouvoir de 2009 à 2019 puis à partir de 2022), ce soutien tacite au Hamas a continué, soulevant l’indignation répétée de la gauche israélienne.            __
Le Premier ministre a notamment autorisé, sans aucun contrôle, des transferts de fonds qataris et iraniens vers Gaza – autrement soumise à un blocus – qui ont directement alimenté la branche militaire du Hamas. Benjamin Netanyahou a défendu cette politique lors d’une entrevue à la Knesset, en des termes rapportée par plusieurs médias israéliens, dont Haaretz et The Times of Israël : « Quiconque s’oppose à la création d’un État palestinien devrait soutenir l’afflux de fonds vers Gaza, car la séparation entre l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et le Hamas à Gaza empêchera l’établissement d’un État palestinien. »  Au-delà de ces manoeuvres, la politique menée par le premier ministre israélien a contribué à empêcher tout rapprochement entre le Hamas (hégémonique à Gaza) et le Fatah (au pouvoir en Cisjordanie). En 2006, ce dernier refusait de reconnaître la victoire de son concurrent aux élections législatives. De violents affrontements s’en sont suivis : le Fatah a été évincé de la Bande de Gaza, tandis qu’il est demeuré au pouvoir en Cisjordanie (sous l’appellation « d’Autorité palestinienne »).                                                                                  Le Hamas, maître à Gaza, est resté ouvert à une réunification des institutions palestiniennes, tant et si bien qu’en 2014 un pacte est entériné : l’Autorité palestinienne est rétablie dans ses fonctions sur la Bande, tandis qu’un gouvernement unitaire est instauré. Cet accord ne survit pas aux bombardements commandités par Netanyahou en juin, qui accuse le Hamas de la mort de trois adolescents israéliens enlevés dans la zone d’Hébron.                               Cette nouvelle période de tueries signe la fin du rapprochement intra-palestinien. Ainsi que l’écrit le chercheur Jean-Pierre Filiu : « En cet automne 2014, le Hamas peut être reconnaissant à Netanyahou de l’avoir sorti d’une impasse qui aurait pu lui coûter son pouvoir sans partage dans la bande de Gaza. Les pilonnages féroces de l’armée israélienne ont en effet rendu sa légitimité à la “résistance islamique”2. » Plus largement, ajoute-t-il, la cruauté du blocus imposé à Gaza accroît l’emprise de l’organisation sur la Bande : « le refus israélien de desserrer significativement l’étau du siège fait aussi le jeu du Hamas. Le contrôle sourcilleux des points de passage par Israël permet en effet au Hamas d’affecter prioritairement les secours ainsi chichement admis à sa propre clientèle de sympathisants3. » Le « cauchemar dans le cauchemar », ainsi que le qualifie un manifeste gazaoui en 2010, était amené à durer..."                                                                                                                       Comme le note Charles Enderlin « Benjamin Netanyahu a joué avec le feu. De retour au pouvoir en 2009, poursuivant la stratégie de ses prédécesseurs, il a favorisé le contrôle de Gaza par le Hamas. Cette politique destinée à empêcher la création d'un État palestinien, renforcée par son soutien au messianisme juif et au développement de la colonisation a, le 7 octobre 2023, conduit Israël à la plus grande défaite militaire et politique depuis sa création. À partir de sources souvent exclusives, il me fallait raconter et analyser les erreurs de calcul, l'incompréhension, la cécité des dirigeants israéliens et des responsables du renseignement face à l'islam radical. Un aveuglement qui a débuté dans les années soixante-dix lorsque les Israéliens croyaient que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas en 1987, pouvait être "l'antidote à l'OLP", comme, à Washington, la CIA était persuadée qu'Oussama Ben Laden et les Talibans pouvaient servir de rempart au communisme.  Les deux fondamentalismes, juif et musulman, mènent aujourd'hui le Proche-Orient vers une guerre de religion. Il appartient à la communauté internationale d'arrêter cette marche insensée vers de nouvelles tragédies... » [Charles Enderlin]                                                              Et pendant que Gaza se meure...  __________________

lundi 29 décembre 2008

Gaza : l'embrasement


"La politique israélienne contribue à l’islamisation de la société palestinienne." (C.Enderlin)

"...La prise de pouvoir du Hamas est présentée comme une preuve de l’arriération et du caractère belliqueux des Palestiniens, alors qu’elle résulte de l’exaspération d’une population qui a vu l’occupant poursuivre inexorablement sa politique de terreur et de spoliation. « On nettoie, et ensuite, peut-être qu’on verra enfin émerger un partenaire palestinien raisonnable », disent en substance les autorités israéliennes aujourd’hui - comme si elles ne s’étaient pas acharnées auparavant à discréditer, à diaboliser, à éradiquer les partenaires raisonnables qu’elles avaient en face d’elles, assiégeant le quartier général de Yasser Arafat tandis que les infrastructures du Hamas et du Djihad islamique restaient debout. Selon toute vraisemblance, c’est plutôt les Palestiniens qu’il s’agit de « nettoyer ». « Sharon fera la paix... quand les Palestiniens seront finlandais », prédisait à juste titre Charles Enderlin (Libération, 20 octobre 2004). C’est tout aussi vrai d’Ehud Olmert. Et cela risque malheureusement d’être encore plus vrai de celui ou celle qui lui succédera en février..." (Mona Chollet)


-Israël-Hamas : il existe d'autres voies que la violence | Rue89:

"Il est de bon ton, pour les diplomates, d'appeler Israéliens et Palestiniens à la "retenue", et de condamner dans le même souffle les raids aériens d'Israël et les lancers de roquettes du Hamas. N'étant pas diplomate, je peux essayer d'aller un peu plus loin.D'abord un constat: la journée du 27 décembre a été la plus meurtrière, entre Israéliens et Palestiniens, depuis 1967, c'est-à-dire depuis l'occupation par Israël des territoires palestiniens de Cisjordanie et de Gaza. C'est dire qu'il ne s'agit pas d'une péripétie de plus dans la longue et sanglante histoire entre ces deux peuples.erre dont pas un seul stratège israélien ne se fait la moindre illusion sur ses chances de succès Il s'agit d'un choix stratégique décidé par un drôle d'attelage: un premier ministre démissionnaire (Ehud Olmert) en attente de procès pour corruption; une ministre des Affaires étrangères (Tzipi Livni) qui part battue aux élections législatives de février et doit montrer qu'elle "en a"; un ministre de la défense (Ehud Barak) qui a raté sa chance historique de conclure la paix, et qui se retrouve à ce poste par hasard, en raison de l'implosion en vol de son prédécesseur lors de l'invasion du Liban en 2006.Pour ces raisons d'immense fragilité interne, Israël aurait pu s'éviter de tomber dans le piège de Gaza, de s'infliger et d'infliger aux Palestiniens cette guerre- si par succès on entend l'objectif d'éliminer ou au moins de saper l'influence et la capacité de nuisance du Hamas.Certes, il y avait ces foutues roquettes sur Israël, régulièrement meurtrières, qui rendaient la trêve impossible à reconduire, et imposaient une réaction avant les élections de février. Mais n'ont-elles pas simplement servi d'appât pour attirer Israël dans une bataille dont les islamistes sauront tirer profit?.."

-Cinq questions clés sur un nouvel embrasement:
"... Si le Hamas a effectivement engagé les hostilités, l’Etat hébreu porte néanmoins une très large responsabilité dans la rupture de la trêve. Celle-ci lui a d’ailleurs servi à préparer son opération militaire. Selon le quotidien israélien Haaretz, les préparatifs ont même commencé six mois plus tôt, alors que le Hamas et Israël négociaient une trêve avec l’aide de l’Egypte. Ehud Barak avait alors demandé à ses services de renseignements de recenser les sites des forces de sécurité du Hamas et d’autres groupes armés dans la bande de Gaza.
Pourquoi maintenant ?
Israël a voulu profiter de la longue transition entre une administration Bush discréditée, et une équipe Obama pas encore en poste et peu désireuse de débuter son mandat par l’épineux dossier israélo-palestinien, pour frapper un grand coup et affaiblir durablement le Hamas, voire établir de nouvelles règles du jeu. Or les Etats-Unis, bien plus qu’une Europe impuissante et alignée sur Washington au Proche-Orient, sont la seule puissance au monde capable, tout à la fois, d’influer sur la politique d’Israël et d’inspirer suffisamment de crainte à ses adversaires. Deuxième facteur décisif, la campagne électorale israélienne en cours. Tzipi Livni, la candidate du parti aujourd’hui au pouvoir, Kadima, était ces dernières semaines à la traîne dans les sondages de Benyamin Nétanyahou, le chef du Likoud, partisan de la manière forte dans la bande de Gaza. Elle a donc poussé le Premier ministre Ehud Olmert et son collègue de la Défense, le travailliste Ehud Barak, a accélérer la mise en œuvre d’une opération prévue de longue date..."

- L'état de "l'occupation-colonisation" des territoires palestiniens par Israël.

-Le mossad a développé le hamas contre lolp entre 1972 et 1993:
"...Dans les années 1970, Israël entame, sous les conseils de Golda Meir, alors Premier ministre, une politique de soutien aux associations islamiques et à luniversité de Palestine. Les associations sont autorisées à faire venir de largent de l étranger d après l 'hebdomadaire israélien Koteret Rashit, cité dans Le Monde du 18 novembre 1987. Forts de ce soutien, les islamistes créent des orphelinats et des dispensaires, mettent en place un réseau scolaire, des ateliers de confections pour l emploi des femmes, et dispensent une aide financière aux plus démunis . En 1978, ils créent une université islamique à Gaza. À l heure où les militants du Fatah et de la gauche palestinienne sont les principaux visés par la répression, les associations islamiques prospèrent. Toujours d après Koteret Rashit, le gouvernement militaire était convaincu que ces activités affaibliraient l OLP et les organisations de gauche à Gaza .Le cheikh Yassine fait partie du dispositif...
Rapidement, les intérêts du Likoud et du Hamas vont pourtant se rejoindre : tous deux veulent empêcher les négociations entre les travaillistes israéliens et lOLP. Comme le note Ray Hanania, un journaliste palestinien réputé, les deux ennemis indéfectibles, le Likoud et le Hamas, bénéficient politiquement de l'extrémisme de lautre au fil des années "

-Quand Israël favorisait le Hamas. - Charles Enderlin.:
"Seules quelques Cassandre isolées avaient lancé des mises en garde : la politique israélienne contribue à l’islamisation de la société palestinienne..."

-Programmer le désastre

-Gaza est une prison. Personne n'a le droit de partir.
-Plaidoyer pour l’envoi de casques bleus en Palestine et à Gaza | AgoraVox
- Le silence complice d’Obama sur Gaza

-Gaza, « choc et effroi »:
"...Sur le site en ligne du quotidien Haaretz, Amos Harel signe un commentaire intitulé « IAF strike on Gaza is Israel’s version of ’shock and awe’ ».« Les événements le long du front sud qui ont commencé à 11h30 samedi matin ressemblent fort à une guerre entre Israël et le Hamas. Il est difficile de dire où (géographiquement) et pour combien de temps la violence va se poursuivre avant une intervention de la communauté internationale pour l’arrêt des hostilités. Toutefois, la salve d’ouverture israélienne n’est pas une opération “chirurgicale” ou une frappe limitée. C’est l’assaut le plus violent sur Gaza depuis que ce territoire a été conquis en 1967. »Cette offensive se place aussi dans le cadre, si l’on peut dire, de la campagne électorale israélienne. Des élections générales auront lieu le 10 février 2009 et chacun des candidats fait de la surenchère. Même le parti de gauche Meretz a appelé, avant le déclenchement de l’attaque israélienne, à une action de l’armée [1]. En revanche, Gush Shalom, l’organisation d’Uri Avnery, a fermement condamné l’action israélienne et les soi-disant partisans de la paix, comme Amos Oz, qui la soutiennent.
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- Des « barbares » bombardés à Gaza (Mona Chollet)
- Gaza : détresse explosive

samedi 1 octobre 2016

Colonisation: dénégations et réalité

 Shimon Peres: mythe et réalité
                                     Au milieu des éloges convenus en  de telles circonstances, des dissonances se manifestent sur  le rôle réel joué par le militant et le pionnier des premiers jours, son rôle de fondateur et d'homme politique, jugé souvent ambigü.
     Une vie complexe, à l'image de la société israëlienne, de sa nature particulière et des ses évolutions.
      Que des voix palestiniennes ne ménagent pas leur critiques, cela n'a rien pour étonner, lui qui ne fut pas toujours du côté des négociateurs les plus engagés, comme Rabin, qui, bien que militaire,  voyait avec dégoût se développer l’idolâtrie de la terre, le Bloc de la foi et  écrira dans ses mémoires, que c'était « un cancer au sein de la démocratie israélienne, mais le combat ne pouvait réussir alors que le parti travailliste était profondément divisé face aux militants du Goush Emounim, des gens que le ministre de la Défense, Shimon Peres, qualifiait de véritables idéalistes et soutenait... »
   L'instrumentalisation des idéaux sionistes modérés du début fut assue par des groupes de plus en  plus radicaux, qui causèrent sa mort et pesèrent de tout leur poids pour radicaliser le pouvoir et s'engager dans une occupation, dite d'abord illégale, de ce qu'ils appelèrent Judée-Samarie, avec toutes les conséquences que l'on sait.  Charles Enderlin a bien décrit le processus.
    Un Shimon Peres de légende, qui lâcha prise avec la montée de la droite, du Likoud, puis de l'extrême- droite avec l'équipe de Netanyahou, de Liberman et des religieux les plus radicaux, avec l'ambition affirmée d'un Grand Israël,malgré toutes les protestations internationales et en dépit des accords signés.
      Ils sont beaucoup à ressentir au moins une certaines gêne devant tant d'unanimisme officiel à la fin de sa vie. Le pragmatisme étatique a le plus souvent pris le pas sur la véritable volonté de paix, malgré le Prix Nobel de circonstance.
   Un faucon devenu colombe, dit-on. C'est un peu plus compliqué que cela, quand on se rappelle la critiquable expédition libanaise, ses silences sous Sharon, la montér des radicalismes et ses initiatives dans les premières formes de colonisation, qui ne disait pas encore son nom. . La presse critique israëlienne, ou ce qu'il en reste, en est d'accord.  Dans les années 70, alors qu’il est devenu ministre de la Défense, il cautionne l’émergence des premières colonies juives de Cisjordanie occupée
      Leila Shahid a un jugement plus tranché: il y a eu plusieurs Shimon Peres. L’homme qui a eu l’image respectable, cosmopolite, internationaliste et plutôt laïc d’Israël. Il y a eu plusieurs personnages parce que, comme tous les grands hommes politiques, il était complexe. Mais, pour les Palestiniens, il restera l’homme qui n’a pas mis en œuvre les accords d’Oslo, celui qui n’a pas su succéder à Yitzhak Rabin après son assassinat, celui qui a d’ailleurs perdu les élections face à Netanyahu et, pour cette raison-là, il a été décevant pour les partisans de la paix palestiniens mais aussi israéliens. Et puis surtout, l’homme qui a, au lieu de continuer à défendre le parti travailliste, a choisi d’aller avec Ariel Sharon.
    Un bilan mitigé, très mitigé.
        Même certaines voix israëliennes tempèrent les hommages des inconditionnels.
   Certes  il ne fut pas un faucon, mais il fut un pur sioniste, conforme aux idéaux de Ben Gourion, puis de Golda Meir,,,pour qui la Palestine était considérée comme sans hommes, à la pensée de Jabotinsky .Les projets d'extension étaient déjà présents dans les projets secrets initiaux. 
      La colonisation, engagée par Peres est devenue avec la droite, un phénomène qui est devenu grandissant, encouragé par les gouvernements successifs, qui faisaient semblant de le nier officiellement, poussé par les extrêmistes religieux, les born again, et les opportunistes en tous genres, attirés par les prix attractifs proposés par le gouvernement.
      Puis bientôt naquit l'idée d'un Etat binational, que beaucoup voient comme débouchant nécessairement sur un système d'apartheid.
      Un désastre pour le présent, une  menace pur l'avenir.
                 Arte a récemment très bien décrit l'état et les impasses de ce système. Une bombe à retardement pour un avenir qui risque d'être proche..
 ... En 2016, la colonisation a pris des proportions si vertigineuses qu’elle conditionne littéralement la politique et l’identité d’Israël. Mais les films consacrés par le passé  ces implantations condamnées par les conventions de Genève se sont souvent focalisés sur leurs répercussions, plus rarement sur les forces idéologiques et historiques qui les ont impulsées....
     La situation semble bloquée, sans qu'aucun processus de paix n'apparaissent à l'horizon d'un développement  que certains jugent irréversible. désespérant, juge le journaliste franco-israëlien  Charles Enderlin. Déjà autour de 500000 colons...
Vérité des cartes
   Le journal Haaretz dénonce régulièrement toutes les dérives, connues ou non, qu'engendre cette situation explosive, en modérant les propos excessivement élogieux tenus sur un personnage devenu mythique.
    Les accords d'Oslo furent une initiative qui eût pu aboutir... mais qui fut cousu de fil blanc, comme le reconnut la Banque Mondiale.
    En attendant,  la colonisation continue...
          Est-il encore vrai que la disparition de Peres éloignera toute solution de paix initiée par les Israëliens, ( que)Les Palestiniens ont perdu un interlocuteur digne de leur confiance. Le statu quo a de longs jours devant lui?...Il y a beau temps que Peres ne pesait plus sur le cours des événements qui tendent à s'emballer, sans qu'on en voit une issue. A Washington, qui finance encore Israël, on ferme les yeux ou on regarde ailleurs, dans une politique à courte vue.
   L'obsession sécuritaire prend une importance démesurée, comme le déplorent des journalistes israëliens comme Gidéon Levy et, qui plus est, elle tombe de plus en plus aux mains des nationalistes religieux.
______Le point de vue de Ilan Pape________________________
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mardi 3 mars 2020

La bible, le territoire

Et l'exclusion.
                     Après la nouvelle version du nouvel accord de "paix" (sic!)Trump Netanyahu, en l'absence des premiers concernés, qui fut aussi une pièce de plus dans les campagnes électorales respectives des deux signataires, aucune voix ne s'élève en Europe pour contrer le coup de force savamment orchestré..
               Avant hier soir, un débat sur LCP est venu utilement rappeler les nouvelles données du problème. notamment la politique de colonisation  accélérée qui ne dit pas son nom, notamment en Cisjordanie, devenue pour les orthodoxes Judée-Samarie, réduite déjà à une peau de léopard, où la vie quotidienne devient de plus en plus problématique pour les résidents palestiniens encore présents aux marges de murs qui continuent de s'ériger.
   Les projets de colonisation se succèdent sans cesse, soutenus et financés largement par l'Etat, avec un objectif très clair, mais jamais avoué: augmenter rapidement la population, l'objectif démographique étant une priorité politique. Faire des enfants, le plus d'enfants possibles, même chez les ultraorthodoxes qui ne partagent pas les objectifs de Tel Aviv, mais qui progressent dans des conditions particulières.
   Ils ont gagné et pèsent de plus en plus sur la politique israëlienne, qui n'a cessé de se droitiser depuis une dizaine d'années, surtout sous Netanyahou et les franges les plus sionistes-conservatrices-offensives de la Knesset. Le dogme de la terre (dite sainte) devient une obsession, dont la légitimation est recherchée avec fièvre dans les textes, les questions religieuses prenant le pas sur les problèmes politiques. Le Talmud devient une référence cadastrale indiscutée.. S'implanter et s'étendre, telle est l'objectif de ces nouveaux venus de Russie, des USA ou de France, souvent messianistes illuminés et intégristes, pour lesquels un verset de la bible ne se discute pas.
     Depuis l'assassinat de Rabin surtout, une longue dérive s'est dessinée.
               "  ...En 2003, le grand historien Tony Judt, d’origine britannique et devenu l’une des figures du monde intellectuel juif new-yorkais, publiait dans la New York Review of Books un texte aux allures prophétiques et qui allait faire scandale. Analysant le sionisme comme un avatar des nationalismes ethniques centre-européens, il estimait que l’État d’Israël était un anachronisme et s’en prenait vivement aux dirigeants israéliens responsables d’un processus de paix assassiné. « La déprimante vérité est qu’Israël aujourd’hui est devenu mauvais pour les Juifs », écrivait-il.  Quinze ans plus tard, c’est au tour de la célèbre sociologue Eva Illouz de publier en septembre 2018 dans le quotidien israélien Haaretz un long article intitulé « L’État d’Israël contre le peuple juif ». Son propos: l’État d’Israël, son régime et les politiques conduites sont contraires aux intérêts des citoyens juifs israéliens et aussi à ceux des Juifs en général. 
 Fin connaisseur d’Israël, Sylvain Cypel s’est inspiré de ce titre pour publier un essai fortement documenté et qui mériterait un large débat en France. L’État d’Israël contre les Juifs (éditions La Découverte) n’a rien d’un pamphlet. C’est un livre fortement documenté, par les enquêtes de terrain de l’auteur, par les nombreux entretiens conduits mais aussi par une exploration minutieuse des débats extrêmement riches qui traversent le judaïsme américain et certains cercles intellectuels israéliens. En regard, l’impossibilité de mener en France de tels débats sans sombrer dans l’invective et les accusations immédiates d’antisémitisme apparaît désespérante.
Le propos principal du livre de Sylvain Cypel est de raconter la lente dérive de l’État d’Israël vers un régime ethniciste, raciste, belliqueux, faisant un usage systématique et disproportionné de la violence à l’encontre des Palestiniens. C’est la mise en place progressive de ce qui ressemble fort à un régime d’apartheid, c’est aussi un régime illibéral passant des alliances avec des régimes autoritaires tandis que l’extrême droite israélienne n’hésite pas à se rapprocher aux États-Unis avec des groupes évangéliques ou quelques porte-voix des suprémacistes blancs.   
    C’est cette dérive, écrit l’auteur, qui menace aujourd’hui les Israéliens eux-mêmes mais aussi, par ricochet, les Juifs du monde entier. L’alliance Trump-Netanyahou a accéléré encore cette évolution. Et c’est une droite nationaliste et coloniale (au pouvoir durant 39 ans ces 43 dernières années) qui a gagné la bataille culturelle et remodelé la société israélienne. Une illustration spectaculaire de cette dérive est l’adoption, en juillet 2018, d’une loi définissant Israël comme l’État-nation du peuple juif, un texte qui installe la discrimination entre citoyens israéliens juifs et non-juifs...".
     Toujours les mêmes confusions, les mêmes amalgames, les mêmes instrumentalisations. La moindre critique de la politique d'Israël, officielle ou non, est dénoncée de manière systématique comme (forcément) antisémite et paralyse les décideurs étrangers. L'Onu parle dans le vide..quand il parle.
  On peut s'inquiéter de ces dérives, comme le font maints journalistes de Tel-Aviv, dans Haaretz notamment, des historiens juifs comme Marius Schattener, des journalistes franco israëlien comme Charles Enderlin.  Il serait utile de revoir la mini-série anglaise sur les origines de la fondation de l'Etat  d'Israël: Le Serment et de relire le livre de Charles Enderlin: Par les feu et par le sang. Revenir sur le gènèse du pays n'est pas inutile.
   Le pays ne peut avoir un avenir que par l'abandon de certains mythes, dont l'alibi de la "Terre" dite promise, entretenus par une minorité dont la radicalité est tolérée ou encouragée.
   Les futures élections ont peu de chances de changer la donne. La situation est devenue inextricable.  La grande confusion continue.

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jeudi 24 mai 2018

Préjugés, confusions et amalgames

Ici et ailleurs.
             L'exclusion de l'autre, sous toutes ses formes, est une valeur bien partagée. Hélas!
                Depuis des temps indéterminés.A certaines époques plus qu'à d'autres.
                    De l'ethnocentrisme diffus au racisme institutionnel, il y a bien des degrés dans le rejet psychologique, culturel, parfois physique de l'autre.
       L'antisémitisme, en particulier, ne date pas hélas! d'aujourd'hui.

        Le dénoncer sous toutes ses formes est un devoir autant moral que civique  L'affaire est entendue. Comme toutes les autres formes de racisme, qui ne se limite pas à cet aspect.
    Ses formes le plus virulentes se développent le plus souvent sur un terreau favorable, quand la peur sociale domine, souvent amplifiée par des crises diverses, exploitée parfois politiquement pour détourner des colères, des frustrations. La théorie du bouc émissaires est maintenant mieux identifiée.
     Mais se pose la question du comment. Comment protester au mieux, collectivement, sous forme de pétitions, par exemple. Sans tomber dans les approximations, les confusions, les amalgames, la polémique discutable.
         L'Appel récents des 300, à cet égard, s'est attiré nombre de critiques, certains ayant dû signer sans avoir lu le texte ou l'ayant seulement survolé.
     Il est des démarches qui peuvent être contre-performantes et, en mélangeant le vrai au faux, se retourner contre leurs auteurs en ne jouant pas dans le sens désiré.
    Surtout quand le sujet est sensible et déclenche trop d'erreurs historiques, d'a priori, de parti-pris, de polémiques masquées.
          Des amalgames aussi, basées sur trop d'approximations et de généralisations.
   Malgré les tensions récentes très médiatisées, parfois imprudemment, il semble que, s'il y a autant de préjugés (ce qui est difficilement mesurable), les actes de racisme en France ont plutôt tendance à diminuer et à être catalogués comme tel trop rapidement, comme dans le cas très litigieux de Mme Knoll.
   Il faut rester prudent et méfiant vis à vis des chiffres qu'on fait parler trop vite, sans tenir compte du contexte.
    Sans contester les véritables dérives, qui ne sont pas que salafistes, il faut tenir compte de l'arrière-plan politique auquel certains font référence sans le dire clairement.  Il y a une prise de parti et une confusion manifeste entre une cause noble et la défense d'une politique qui l'est moins. Des officines de Netanyahou au Crif, l'amalgame est largement diffusé; la critique de la politique sioniste actuelle serait une forme moderne de l'antisémitisme. 
    Il faut rappeler que  l’antisionisme n’est pas un antisémitisme réinventé. Beaucoup de Juifs eux-mêmes, religieux ou non, savent faire la distinction, en Israël ou ailleurs, entre l'Etat actuel sans frontières définies  et colonisateur et la politique menée depuis dix ans surtout pas l'équipe actuellement au pouvoirComme disait de manière raccourcie Esther BenbassaLa thèse de l’antisémitisme a été utilisée comme une arme pour rehausser l’image d’Israël et défendre sa politique. 
  L'histoire est souvent oubliée. Un certains nombre de Juifs européens, comme Buber ou Einstein, furent opposés déjà au mouvement sioniste naissant, dans toute sa rigueur initiale.
 Qu'il soit déjà ancien, de 610 à 1492, plus récent, de1300-1800 notamment, ou cruellement moderne, l'antisémitisme est une constante épisodique en l'Europe, sur fond historique de doctrine chrétienne ostracisante. Les problèmes de la Palestine et du “rêve brisé”   comme dit Charles Enderlin sont encore vifs.
     La grande confusion risque encore de durer, alimentée par un conflit qui s'éternise, de même que des amalgames et les non-dits.
                 ... Amalgame entre, d’une part, des violences et des actes meurtriers perpétrés contre des citoyens juifs français par des terroristes déclarés et, d’autre part, des assassinats de type crapuleux, comme celui de madame Knoll, dont la preuve qu’il relèverait de l’antisémitisme ne repose que sur la connaissance, par l’auteur du crime, de la religion de sa victime.
   Amalgame entre une idéologie politico religieuse, le salafisme, et une religion essentialisée comme seule porteuse de violences, l’islam. Quant à la nécessité de réviser les textes sacrés, ni la Bible ni les Evangiles n’ont été critiqués ou remis en cause par Vatican II qui a fait supprimer de la liturgie, certains passages accusant les juifs de déicide, sauf dans les églises intégristes qui ne reconnaissent pas l’intervention pontificale. Les textes sacrés restent sacrés. Seules leur lecture et interprétation ont été revisitées (cf. Rachid Benzine, « L’urgence n’est pas d’expurger le Coran mais d’en faire une lecture critique », La Croix, 23/04/2018). S’appuyer sur les prêches et interprétations du Coran des imams salafistes pour demander que « des versets du Coran soient frappés d’obsolescence », c’est attribuer à l’ensemble des croyants multiformes musulmans une attitude haineuse envers les juifs.       C’est aussi leur attribuer une identité ethno-religieuse, à l’instar de l’image façonnée, au cours des siècles, des juifs comme « race à part ».
    Amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui assimile la contestation de la politique coloniale et raciale d’Israël à l’égard des Palestiniens (sans oublier les discriminations à l’égard des Falachas juifs d’Ethiopie et de la récente émigration africaine, commises notamment par les courants ultra-orthodoxes) à la dite « volonté de destruction des juifs » par des mouvements extrémistes au Proche-Orient. En oubliant que l’Etat israélien s’autoproclame « Etat juif » et s’arroge le droit de parler au nom des juifs du monde entier. Amalgame dont plusieurs personnalités « hors de tout soupçon »  ont fait les frais (Maspero, Charles Enderlin et tant d’autres) lorsque l’on a cherché à les faire condamner par la justice comme antisémites ou en les empêchant de continuer à exercer leur métier. De même pour tous ceux et celles, juifs et juives, qui ont subi diffamations ou calomnies publiques comme par exemple l’ex-ambassadeur et ancien déporté Stéphane Hessel, auteur du manifeste «  Indignez-vous », Edgar Morin ou l’ancien président du CRIF, Théo Klein dés qu’ils refusèrent de cautionner inconditionnellement la politique l’Etat d’Israël. Et dernièrement, l’actrice Natalie Portman, traînée dans la boue parce qu’elle avait refusé de participer aux cérémonies du prix Genésis ne voulant soutenir ni la politique de Netanyahou ni « la violence, la corruption, les inégalités et l’abus de pouvoir ».
    Il ne faut pas pour autant négliger, dans les prisons comme dans les quartiers que la République française nomme de « non droits », la progression d’idéologies salafiste et wahhabite, qui reprennent la « théorie du complot juif », revisitée par l’extrême-droite et relayée par les réseaux sociaux. Il faut rappeler que cette même république a été sourde aux appels de travailleurs sociaux – laïques et musulmans (mais pourquoi définirait-on certains citoyens par leur appartenance religieuse ?) pour lutter contre les prêches de ces imams. Cette même république a été sourde également aux études des anthropologues et des sociologues sur la montée des mouvements religieux servant de rempart ou de colmatage socio-éducatif au retrait des services publics et des pouvoirs régaliens dans certaines périphéries paupérisées. Les attaques contre la pensée critique, appelée par le manifeste pensée de la « gauche radicale »  réduisent les analyses des phénomènes de paupérisation et de ségrégation sociale – conjugués à la montée du consumérisme et au ressentiment de ne pas être du bon côté de la fracture – à une position idéologique. Les détracteurs de la pensée critique, eux, pensent si bien qu’ils parlent d’épuration ethnique pour désigner la fuite des quartiers paupérisés vers des quartiers plus « sécurisés » et gentrifiés de certaines fractions de la population juive. Quand, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, des fractions aisées de la population noire ont quitté les townships pour des quartiers blancs, et que les Blancs ont déserté ces mêmes quartiers a-t-on parlé d’une « épuration ethnique..?
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Contre l’antisémitisme, avec détermination et sang-froid
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